קיצור שלחן ערוך

Kitsour Choulhan Aroukh — Siman 56

Rabbi Chlomo Ganzfried
En bref - de quoi parle ce chiour ?

S'il s'est trompé et a fait la berakha bore mine mezonot (qui crée les différentes sortes d'aliments) sur du pain véritable, ou bien la berakha hamotsi (qui fait sortir le pain de la terre) sur du pat kisnin (pâtisserie), il est quitte. Mais s'il a fait la berakha hamotsi sur un plat cuit, même fait des espèces de céréales, il n'est pas quitte (חיי"א, Haye Adam, règle 58).

טָעָה וּבֵרַךְ עַל לֶחֶם גָּמוּר בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת אוֹ עַל פַּת כִּיסְנִין הַמּוֹצִיא, יָצָא. אֲבָל אִם בֵּרֵךְ עַל תַּבְשִׁיל אֲפִלּוּ מִמִּינֵי דָּגָן הַמּוֹצִיא, לֹא יָצָא (חיי"א כלל נ"ח) טָעָה וּבֵרַךְ עַל עֲנָבִים בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן, יָצָא.

וְכֵן אִם טָעָה בִּבְרָכָה אַחֲרוֹנָה וּבֵרַךְ עַל הַגֶּפֶן, יָצָא. שֶׁהֲרֵי גַּם הָעֲנָבִים פְּרִי הַגֶּפֶן הֵם (ר"ח).

S'il s'est trompé et a fait la berakha bore mine mezonot (qui crée les différentes sortes d'aliments) sur du pain véritable, ou bien la berakha hamotsi (qui fait sortir le pain de la terre) sur du pat kisnin (pâtisserie), il est quitte. Mais s'il a fait la berakha hamotsi sur un plat cuit, même fait des espèces de céréales, il n'est pas quitte (חיי"א, Haye Adam, règle 58).

S'il s'est trompé et a fait la berakha bore peri hagafen (qui crée le fruit de la vigne) sur des raisins, il est quitte. De même, s'il s'est trompé dans la berakha finale et a fait la berakha al hagefen (sur la vigne), il est quitte, car les raisins eux aussi sont fruit de la vigne (ר"ח).

טָעָה וּבֵרַךְ עַל פְּרִי הָעֵץ בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה, אוֹ שֶׁהָיוּ שְׁנֵיהֶם לְפָנָיו וְטָעָה וְהִקְדִּים לְבָרֵךְ עַל פְּרִי הָאֲדָמָה וְנִתְכַּוֵּן לִפְטוֹר בָּזֶה גַּם אֶת פְּרִי הָעֵץ, יָצָא, שֶׁהֲרֵי גַּם הָעֵץ יוֹנֵק מִן הָאֲדָמָה. אֲבָל אִם בֵּרֵךְ עַל פְּרִי הָאֲדָמָה בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ, לֹא יָצָא.

וְלָכֵן אִם הוּא מְסֻפָּק בְּאֵיזֶה פְּרִי אִם הוּא פְּרִי הָעֵץ אוֹ פְּרִי הָאֲדָמָה וְאִי אֶפְשָׁר לוֹ לְבָרֵר בְּשׁוּם אֹפֶן, יְבָרֵךְ עָלָיו בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה.

S'il s'est trompé et a fait la berakha bore peri haadama (qui crée le fruit de la terre) sur un fruit de l'arbre, ou bien si les deux étaient devant lui et qu'il s'est trompé et a fait passer en premier la berakha sur le fruit de la terre en ayant l'intention d'acquitter par elle aussi le fruit de l'arbre, il est quitte, car l'arbre lui aussi tire sa nourriture de la terre. Mais s'il a fait la berakha bore peri haets (qui crée le fruit de l'arbre) sur un fruit de la terre, il n'est pas quitte.

C'est pourquoi, s'il a un doute au sujet d'un fruit, s'il est fruit de l'arbre ou fruit de la terre, et qu'il lui est impossible de le déterminer d'aucune manière, il fera sur lui la berakha bore peri haadama.

טָעָה וּבֵרַךְ עַל הַיַּיִן בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ, אִם נִזְכַּר מִיָּד, יֹאמַר תּוֹךְ כְּדֵי דִּבּוּר, בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן. וְאִם לֹא נִזְכַּר מִיָּד יָצָא בְּדִיעֲבַד (ר"ח).

S'il s'est trompé et a fait la berakha bore peri haets sur du vin : s'il s'en est souvenu immédiatement, il dira, dans le laps de temps d'une parole (tokh kede dibour), bore peri hagafen. Et s'il ne s'en est pas souvenu immédiatement, il est quitte après coup (ר"ח).

עַל כָּל דָּבָר אֲפִלּוּ עַל הַפַּת וְעַל הַיַּיִן, אִם טָעָה וּבֵרַךְ שֶׁהַכֹּל יָצָא (וְעַיֵּן לעיל סִימָן נ' ס"ב).

Sur toute chose, même sur le pain et sur le vin, s'il s'est trompé et a fait la berakha chehakol (que tout fut par sa parole), il est quitte (et voir plus haut siman 50, seif 2).

אַף עַל פִּי שֶׁלְּכַתְּחִלָּה צָרִיךְ לְדַקְדֵק וּלְכַוֵּן עַל מַה שֶּׁהוּא מְבָרֵךְ (כְּמוֹ שֶׁכָּתַבְתִּי בְּסִימָן נ' סָעִיף ג') מִכָּל מָקוֹם בְּדִיעֲבַד אִם טָעָה בַּכַּוָּנָה, כְּגוֹן שֶׁלָּקַח בְּיָדוֹ כּוֹס קָסָבַר שֶׁהוּא יַיִן, וּבֵרַךְ עַל דַּעַת, שֶׁהוּא יַיִן, וְקֹדֶם שֶׁאָמַר בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן נִזְכַּר שֶׁהוּא מַיִם אוֹ שֵׁכָר וְסִיֵּם שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ, אֵינוֹ צָרִיךְ לַחֲזוֹר וּלְבָרֵךְ, דְּמִשּׁוּם טָעוּת בְּכַּוָּנָה אֵינוֹ צָרִיךְ לַחֲזוֹר וּלְבָרֵךְ. וְכָל שֶׁכֵּן אִם טָעָה בְּהִפּוּךְ, שֶׁהָיָה סָבוּר שֶׁהוּא שֵׁכָר אוֹ מַיִם וּבֵרַךְ עַל דַּעַת לוֹמַר שֶׁהַכֹּל, וְקֹדֶם שֶׁאָמַר שֶׁהַכֹּל נִזְכַּר שֶׁהוּא יַיִן, וְסִיֵּם בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן, שֶׁיָּצָא.

שֶׁהֲרֵי אֲפִלּוּ אִם הָיָה מְסַיֵּם כְּפִי הַכַּוָּנָה הָיָה יוֹצֵא.

Bien qu'au départ il faille être précis et diriger son intention sur ce dont on fait la berakha (comme je l'ai écrit au siman 50, seif 3), malgré tout, après coup, s'il s'est trompé dans l'intention, par exemple s'il a pris en main un verre en pensant qu'il contenait du vin, et qu'il a commencé la berakha dans l'idée qu'il s'agissait de vin, et qu'avant d'avoir dit bore peri hagafen il s'est souvenu qu'il s'agissait d'eau ou de bière, et qu'il a achevé par chehakol nihya bidvaro, il n'a pas besoin de refaire la berakha, car pour une erreur d'intention on n'a pas besoin de refaire la berakha. Et à plus forte raison s'il s'est trompé dans le sens inverse, c'est-à-dire qu'il pensait qu'il s'agissait de bière ou d'eau et qu'il a commencé la berakha dans l'idée de dire chehakol, et qu'avant d'avoir dit chehakol il s'est souvenu qu'il s'agissait de vin, et qu'il a achevé par bore peri hagafen, il est quitte.

Car même s'il avait achevé conformément à son intention, il aurait été quitte.

אֲפִלּוּ אִם סִיֵּם כָּל הַבְּרָכָה בְּטָעוּת, אֶלָּא שֶׁנִּזְכַּר תּוֹךְ כְּדֵי דִּבּוּר וְתִקֵּן אֲמִירָתוֹ, כְּגוֹן שֶׁלָּקַח כּוֹס מַיִם אוֹ שֵׁכָר קָסָבַר שֶׁהוּא יַיִן וּבֵרַךְ בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן, וְנִזְכַּר מִיָּד שֶׁהוּא מַיִם אוֹ שֵׁכָר וְסִיֵּם שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ, וְכָךְ הָיְתָה אֲמִירָתוֹ, בּוֹרֵא פְּרִי הַגָּפֶן שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ, יָצָא.

Même s'il a achevé toute la berakha par erreur, mais qu'il s'en est souvenu dans le laps de temps d'une parole et qu'il a corrigé ce qu'il disait, par exemple s'il a pris un verre d'eau ou de bière en pensant qu'il s'agissait de vin et qu'il a fait la berakha bore peri hagafen, et qu'il s'est souvenu immédiatement qu'il s'agissait d'eau ou de bière et qu'il a achevé par chehakol nihya bidvaro, de sorte que sa parole a été ainsi : bore peri hagafen chehakol nihya bidvaro, il est quitte.

וְאִם לֹא נִזְכַּר תּוֹךְ כְּדֵי דִּבּוּר, צָרִיךְ לְבָרֵךְ מֵחָדָשׁ בִּרְכַּת שֶׁהַכֹּל אִם הוּא רוֹצֶה לִשְׁתֹּת כּוֹס זֶה. וְאִם הָיָה בְּדַעְתּוֹ לִשְׁתּוֹת גַּם יַיִן אַחֵר, יִקַּח יַיִן וְיִשְׁתֶּה מִיָד, וְאֵינוֹ צָרִיךְ בְּרָכָה שְׁנִיָּה כֹּל שֶׁלֹּא הִפְסִיק בְּדִבּוּר (עַיֵן לְעֵיל סִימָן נ' סָעִיף ד' וְסָעִיף ה').

וַאֲפִלּוּ טָעַם תְּחִלָּה מִן הַכּוֹס וְעַל יְדֵי טְעִימָתוֹ נוֹדַע לוֹ שֶׁהוּא מַיִם אוֹ שֵׁכָר מִכָּל מָקוֹם לֹא הֲוֵי הֶפְסֵק בְּדִיעֲבַד (ולענין קידוש ע"ל ס' עז ס' יב).

Et s'il ne s'en est pas souvenu dans le laps de temps d'une parole, il doit faire de nouveau la berakha chehakol s'il veut boire ce verre. Et s'il avait dans l'intention de boire aussi un autre vin, il prendra du vin et le boira immédiatement, et il n'a pas besoin d'une seconde berakha, tant qu'il n'a pas interrompu par une parole (voir plus haut siman 50, seif 4 et seif 5).

Et même s'il a d'abord goûté au verre et que c'est par ce goût qu'il a su qu'il s'agissait d'eau ou de bière, malgré tout cela ne constitue pas une interruption, après coup (et pour ce qui concerne le kidouch, voir plus loin siman 77, seif 12).