קיצור שלחן ערוך

Kitsour Choulhan Aroukh — Siman 63

Rabbi Chlomo Ganzfried
En bref - de quoi parle ce chiour ?

De même que la fraude est interdite dans l'achat et la vente, ainsi la fraude par les paroles est interdite, car il est dit : 'Que nul de vous ne lèse son prochain, et tu craindras ton Elokim' (Lévitique 25,17) - c'est la fraude par les paroles. Et la fraude par les paroles est plus grave que la fraude portant sur l'argent, car celle-ci peut être restituée et celle-là ne peut pas être restituée ; celle-ci porte sur son argent...

כְּשֵׁם שֶׁאוֹנָאָה אֲסוּרָה בְּמִקָּח וּמִמְכָּר, כָּךְ אֲסוּרָה אוֹנָאָה בִּדְבָרִים, שֶׁנֶּאֱמַר וְלֹא תוֹנוּ אִישׁ אֶת עֲמִיתוֹ וְיָרֵאתָ מֵאֱלֹהֶיךָ, זוֹ אוֹנָאַת דְּבָרִים. וּגְדוֹלָה אוֹנָאַת דְּבָרִים מֵאוֹנָאַת מָמוֹן, שֶׁזֶה נִתָּן לְהִשָּׁבוֹן וְזֶה לֹא נִתָּן לְהִשָּׁבוֹן, זֶה בְּמָמוֹנוֹ וְזֶה בְּגוּפוֹ.

וְהַצּוֹעֵק עַל אוֹנָאַת דְּבָרִים, נַעֲנָה מִיָּד. וְצָרִיךְ לִזָּהֵר בְּיוֹתֵר מֵאוֹנָאַת אִשְׁתּוֹ, שֶׁלֹּא לְצַעֲרָהּ בִּדְבָרִים, לְפִי שֶׁהָאִשָּׁה רַכָּה בַּטֶּבַע, וְעַל צַעַר מְעַט הִיא בּוֹכָה, וְהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ מַקְפִּיד עַל הַדְּמָעוֹת, וְשַׁעֲרֵי דְּמָעוֹת לֹא נִנְעֲלוּ.

De même que la fraude est interdite dans l'achat et la vente, ainsi la fraude par les paroles est interdite, car il est dit : 'Que nul de vous ne lèse son prochain, et tu craindras ton Elokim' (Lévitique 25,17) - c'est la fraude par les paroles. Et la fraude par les paroles est plus grave que la fraude portant sur l'argent, car celle-ci peut être restituée et celle-là ne peut pas être restituée ; celle-ci porte sur son argent et celle-là sur sa personne.

Et celui qui crie à cause d'une fraude par les paroles est exaucé immédiatement. Il faut se garder plus encore de la fraude envers sa femme, de ne pas la peiner par des paroles, car la femme est tendre par nature et pour une petite peine elle pleure ; et le Nom, qu'Il soit béni, est exigeant au sujet des larmes, et les portes des larmes n'ont pas été fermées.

כֵּיצַד הוּא אוֹנָאַת דְּבָרִים. לֹא יֹאמַר לַחֲבֵרוֹ, בְּכַמָּה אַתָּה רוֹצֶה לִתֵּן חֵפֶץ זֶה, וְהוּא אֵינוֹ רוֹצֶה לִקְנֹתוֹ.

הָיָה אֶחָד מְבַקֵּשׁ לִקְנֹת תְּבוּאָה, לֹא יֹאמַר לוֹ, לֵךְ אֵצֶל פְּלוֹנִי, וְהוּא יוֹדֵעַ שֶׁאֵין לוֹ לִמְכֹּר. אִם הָיָה חֲבֵרוֹ בַּעַל תְּשׁוּבָה לֹא יֹאמַר לוֹ, זְכוֹר מַעֲשֶׂיךָ הָרִאשׁוֹנִים.

אִם בָּאוּ יִסּוּרִים עַל חֲבֵרוֹ, רַחְמָנָא לִצְלָן, לֹא יֹאמַר לוֹ כְּדֶרֶךְ שֶׁאָמְרוּ חַבְרֵי אִיּוֹב לְאִיּוֹב, הֲלֹא יִרְאָתְךָ כִּסְלָתֶךָ וְגוֹ', זְכֹר נָא מִי הוּא נָקִי אָבָד, (וְהֵם שֶׁאָמְרוּ לוֹ כֵּן, מִפְּנֵי שֶׁהָיָה מְעַוֵּת דְּבָרִים כְּלַפֵּי הַשְׁגָּחַת הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ וּמִדּוֹתָיו). אִם שָׁאֲלוּ מֵאִתּוֹ אֵיזֶה דְּבַר חָכְמָה, לֹא יֹאמַר לְמִי שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ אוֹתָהּ חָכְמָה, מָה אַתָּה תָּשִׁיב בַּדָּבָר הַזֶּה.

וְכֵן כָּל כַּיּוֹצֵא בִּדְבָרִים אֵלּוּ שֶׁהֵם צַעַר הַלֵּב.

Comment se fait la fraude par les paroles ? Qu'il ne dise pas à son prochain : 'Pour combien veux-tu céder cet objet ?', alors qu'il ne veut pas l'acheter.

Si quelqu'un cherchait à acheter du grain, qu'il ne lui dise pas : 'Va chez untel', alors qu'il sait que celui-ci n'a rien à vendre. Si son prochain était un baal techouva (un homme revenu de ses fautes), qu'il ne lui dise pas : 'Souviens-toi de tes actes d'autrefois'.

Si des souffrances sont venues sur son prochain, que le Miséricordieux nous en préserve, qu'il ne lui parle pas comme les compagnons d'Iyov ont parlé à Iyov : 'Ta crainte n'est-elle pas ta confiance ?' etc., 'Souviens-toi donc : qui, étant innocent, a jamais peri ?' (Iyov 4,6-7). (Et eux lui ont parlé ainsi parce qu'il déformait des paroles à l'égard de la providence du Nom, qu'Il soit béni, et de Ses attributs.) Si on lui a demandé quelque parole de sagesse, qu'il ne dise pas à celui qui ne connaît pas cette sagesse : 'Toi, que répondrais-tu sur cette chose ?' Et ainsi de tout ce qui ressemble à ces paroles, qui sont une peine du cœur.

מִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ שֵׁם כִּנּוּי לִגְנַאי, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא רָגִיל בְּאוֹתוֹ כִּנּוּי, וְאֵינוֹ מִתְבַּיֵּשׁ בּוֹ, אִם זֶה כַּוָּנָתוֹ לְבַיְשׁוֹ, אָסוּר לִקְרֹתוֹ בְּכִנּוּי זֶה, מִשּׁוּם אוֹנָאַת דְּבָרִים.

Celui qui porte un surnom infamant, bien qu'il soit habitué à ce surnom et n'en ait pas honte, si l'intention de celui qui l'emploie est de le faire rougir, il est interdit de l'appeler par ce surnom, à cause de la fraude par les paroles.

אָסוּר לִגְנֹב דַּעַת הַבְּרִיּוֹת (פֵּרוּשׁ לְרַמּוֹת בִּדְבָרִים, אַף עַל פִּי שֶׁאֵין בּוֹ חֶסְרוֹן מָמוֹן), אֲפִלּוּ דַּעַת עוֹבֵד כּוֹכָבִים. וְלָכֵן אָסוּר לִמְכֹּר לוֹ בְּשַׂר נְבֵלָה בְּחֶזְקַת שְׁחוּטָה.

אִם מוֹכֵר אֵיזֶה דָּבָר שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוּם, אַף עַל פִּי שֶׁהַדָּבָר שָׁוֶה כְּמוֹ שֶׁהוּא מוֹכְרוֹ לוֹ, מִכָּל מָקוֹם צָרִיךְ לְהוֹדִיעַ לְהַלּוֹקֵחַ אֶת הַמּוּם (וְעַיֵּן לְקַמָּן סִימָן קפ"ב סָעִיף ד') (וּבְמַתָּנָה לֵכָּא מִשּׁוּם גְּנֵבַת דַּעַת).

Il est interdit de voler la pensée des créatures (explication : de tromper par des paroles, bien qu'il n'y ait pas de perte d'argent), et même la pensée d'un idolâtre. C'est pourquoi il est interdit de lui vendre de la viande de nevela (bête morte, non abattue rituellement) en la faisant passer pour de la viande abattue rituellement.

S'il vend une chose qui a un défaut, bien que la chose vaille le prix auquel il la lui vend, il doit malgré tout informer l'acheteur du défaut (et vois plus loin, siman 182, seif 4) (et pour un cadeau, il n'y a pas d'interdit de vol de la pensée).

לֹא יְבַקֵּשׁ מֵחֲבֵרוֹ שֶׁיֹּאכַל אֶצְלוֹ כְּשֶׁהוּא יוֹדֵעַ שֶׁלֹּא יֹאכֵל. לֹא יִתֵּן לוֹ מַתָּנָה כְּשֶׁהוּא יוֹדֵעַ שֶׁלֹּא יְקַבֵּל, וְכֵן כָּל כַּיּוֹצֵא בָּזֶה, שֶׁהוּא אֶחָד בַּפֶּה וְאֶחָד בַּלֵּב, יַרְאֶה לַחֲבֵרוֹ שֶׁהוּא מְכַבְּדוֹ, וְאֵין כַּוָּנָתוֹ שְׁלֵמָה, אָסוּר, אֶלָּא יְהֵא תָּמִיד פִּיו וְלִבּוֹ שָׁוִים, וְיִנְהַג בִּשְׂפַת אֱמֶת וְרוּחַ נָכוֹן וְלֵב טָהוֹר.

Qu'il ne demande pas à son prochain de manger chez lui alors qu'il sait qu'il ne mangera pas. Qu'il ne lui offre pas un cadeau alors qu'il sait qu'il ne l'acceptera pas, et ainsi de tout ce qui ressemble à cela, où il est un dans la bouche et un dans le cœur : il montre à son prochain qu'il l'honore et son intention n'est pas entière, cela est interdit.

Mais que sa bouche et son cœur soient toujours égaux, et qu'il se conduise avec une langue de vérité, un esprit droit et un cœur pur.