Depuis que le Beth Hamikdach (le Temple) a été détruit, nos Sages, de mémoire bénie, ont institué que toute réjouissance comporte un souvenir de la destruction, comme il est écrit : Si je t'oublie, Jérusalem, etc., si je n'élève pas Jérusalem au sommet de ma joie (Psaumes 137,5-6). Et ils ont décrété qu'un juif ne se bâtisse pas une construction enduite de chaux et ornée de peintures comme les bâtiments des rois.
מִשֶּׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ תִּקְּנוּ חֲכָמֵינוּ זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה שֶׁבְּכָל שִׂמְחָה יְהֵא בָּהּ זֵכֶר לַחֻרְבָּן, כְּמוֹ שֶׁכָּתוּב, אִם אֶשְׁכָּחֵךְ יְרוּשָׁלַיִם וְגוֹ' אִם לֹא אַעֲלֶה אֶת יְרוּשָׁלַיִם עַל רֹאשׁ שִׂמְחָתִי. וְגָזְרוּ שֶׁלֹּא יִבְנֶה לוֹ יִשְֹרָאֵל בִּנְיָן מְסֻיָּד וּמְצֻיָּר כְּבִנְיָן הַמְּלָכִים.
וְלֹא יְסַיֵּד אֶת כָּל בֵּיתוֹ בְּסִיד, אֶלָּא טָח בֵּיתוֹ בְּטִיט וְסָד בְּסִיד, וּמַנִּיחַ בּוֹ אַמָּה עַל אַמָּה כְּנֶגֶד הַפֶּתַח בְּלֹא סִיד, כְּדֵי לִזְכֹּר הַחֻרְבָּן. וּמַה שֶׁלֹּא נָהֲגוּ כֵן עַתָּה, לֹא יָדַעְנוּ טַעַם בָּרוּר.
Depuis que le Beth Hamikdach (le Temple) a été détruit, nos Sages, de mémoire bénie, ont institué que toute réjouissance comporte un souvenir de la destruction, comme il est écrit : Si je t'oublie, Jérusalem, etc., si je n'élève pas Jérusalem au sommet de ma joie (Psaumes 137,5-6). Et ils ont décrété qu'un juif ne se bâtisse pas une construction enduite de chaux et ornée de peintures comme les bâtiments des rois.
Et il n'enduira pas toute sa maison de chaux, mais il crepit sa maison d'argile et l'enduit de chaux, et il laisse dans celle-ci une amma sur une amma (coudée sur coudée) face à l'entrée sans chaux, afin de se souvenir de la destruction. Et quant au fait que l'on n'agit pas ainsi de nos jours, nous n'en connaissons pas de raison claire.
וְכֵן תִּקְּנוּ שֶׁהָעוֹרֵךְ שֻׁלְחָן לַעֲשׂוֹת סְעוּדָה לְאוֹרְחִים, אֲפִלּוּ סְעוּדַת מִצְוָה, לֹא יִתֵּן כָּל הַתַּבְשִׁילִין הָרְאוּיִין לַסְּעוּדָה, וְכֵן הָאִשָּׁה לֹא תִּתְקַשֵּׁט בְּכָל תַּכְשִׁיטֶיהָ בְּפַעַם אֶחָת. וְהֶחָתָן קֹדֶם חֻפָּתוֹ, נוֹתְנִים אֵפֶר עַל רֹאשׁוֹ בִּמְקוֹם הַנָּחַת תְּפִלִּין.
וְהַמִּכְסֶה שֶׁמְכַסִּים בָּהּ אֶת הַכַּלָּה, לֹא יִהְיוּ בוֹ חוּטֵי כֶסֶף אוֹ זָהָב. גַּם נוֹהֲגִין שֶׁבִּשְׁעַת כְּתִיבַת הַתְּנָאִין, אַחַר קְרִיאָתָן, שׁוֹבְרִין קְדֵרָה לַעֲשׂוֹת זֵכֶר לַחֻרְבָּן, אֲבָל יֵשׁ לִקַּח קְדֵרָה שְׁבוּרָה.
וְתַחַת הַחֻפָּה שׁוֹבֵר הֶחָתָן כְּלִי זְכוּכִית, וְזֶה יָכוֹל לִהְיוֹת כּוֹס שָׁלֵם.
Et de même ils ont institué que celui qui dresse la table pour faire un repas pour des invités, même un repas de mitsva, ne donne pas tous les mets qui conviennent au repas ; et de même la femme ne se pare pas de toutes ses parures en une seule fois. Et au hatan (le marié), avant sa houppa, on met de la cendre sur sa tête à l'endroit où l'on pose les tefilin.
Et le voile dont on couvre la kalla (la mariée) ne comportera pas de fils d'argent ou d'or. On a aussi l'usage qu'au moment de l'écriture des tenaim (les engagements de fiançailles), après leur lecture, on brise une marmite pour faire un souvenir de la destruction ; mais il convient de prendre une marmite déjà brisée.
Et sous la houppa, le hatan brise un ustensile de verre, et celui-ci peut être un verre entier.
וְכֵן גָּזְרוּ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹעַ שׁוּם כְּלֵי שִׁיר, וַאֲפִלּוּ שִׁיר בַּפֶּה. וְאֵין לְשׁוֹרֵר בַּסְּעוּדָה אֶלָּא הַזְּמִירוֹת שֶׁנִּתְקְנוּ, כְּמוֹ בַשַׁבָּת.
אֲבָל פִּיּוּטִים אֲחֵרִים, אָסוּר לְשׁוֹרֵר.
Et de même ils ont décrété de n'écouter aucun instrument de musique, et même pas un chant de la bouche. Et l'on ne doit chanter pendant le repas que les zemirot qui ont été instituées, comme pendant chabbat.
Mais les autres poèmes liturgiques, il est interdit de les chanter.
הִשָּׁמֵר לְךָ מִלִּרְאוֹת קְנִיגְנָאוֹת (*תרגום: צֵיד חַיּוֹת) שֶׁל עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים, וְכֵן מְחוֹלָתָם אוֹ שׁוּם דָּבָר עַל שִׂמְחָתָם.
וְאִם תִּשְׁמַע קוֹלָם שְׂמֵחִים, תֵּאָנַח וְתִצְטַעֵר עַל חֻרְבַּן יְרוּשָׁלַיִם, וְתִתְפַּלֵּל לְהַקָדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עָלֶיהָ, וַאֲפִלּוּ לַקְּנִיגְנָאוֹת שֶׁל יִשְֹרָאֵל, אָסוּר לָלֶכֶת, מִשּׁוּם דַּהֲוֵי מוֹשַׁב לֵצִים (ב"ח חיי"א כלל סג). וְכָל מִינֵי שִׂמְחָה, אָסוּר.
אֶלָּא לְשַׂמֵּחַ חָתָן וְכַלָּה, מֻתָּר. בֵּין בְּשִׁיר בַּפֶּה, בֵּין בְּכֵלִים, וְגַם אֵין לִשְׂמֹחַ בְּיוֹתֵר.
וְאָסוּר לְאָדָם שֶׁיְמַלֵּא שְׂחוֹק פִּיו בָּעוֹלָם הַזֶּה, אֲפִלּוּ בְּשִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה, שֶׁנֶּאֱמַר, אָז יִמָּלֵא שְחוֹק פִּינוּ (סִימָן תקס ובחיי"א).
Garde-toi de regarder les kenignaot (*traduction : chasses aux bêtes) des idolâtres, ainsi que leurs danses ou quoi que ce soit relatif à leurs réjouissances. Et si tu entends leur voix joyeuse, soupire et afflige-toi sur la destruction de Jérusalem, et prie le Saint béni soit-Il a son sujet.
Et même aux kenignaot des juifs, il est interdit d'aller, parce que c'est une assemblée de moqueurs (Bayit Hadach ; Hayye Adam, klal 63). Et toute espèce de réjouissance est interdite ; mais réjouir le hatan et la kalla est permis, que ce soit par le chant de la bouche ou par des instruments, et là non plus il ne faut pas se réjouir à l'excès.
Et il est interdit à l'homme de remplir sa bouche de rire en ce monde, même lors d'une réjouissance de mitsva, ainsi qu'il est dit : Alors notre bouche sera remplie de rire (Psaumes 126,2) (siman 560 et dans le Hayye Adam).