Il est interdit de voler par violence (gzela) ou de dérober en cachette (gneva) même la moindre chose, que ce soit à un Juif ou à un non-Juif. Il est enseigné dans le Tanna deBei Eliyahou : il arriva qu'un homme me raconta qu'il avait commis une injustice envers un non-Juif dans le mesurage des dattes qu'il lui avait vendues, et qu'ensuite il acheta de l'huile avec tout cet argent, et la cruche se brisa et l'huile se répandit.
אָסוּר לִגְזוֹל אוֹ לִגְנוֹב אֲפִלּוּ כָּל שֶׁהוּא, בֵּין מִיִשְֹרָאֵל בֵּין מִגּוֹי. אִיתָא בְּתַנָּא דְבֵי אֵלִיָהוּ, מַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁסִּפֵּר לִי, שֶׁעָשָׂה עַוְלָה לַגּוֹי בִּמְדִידַת הַתְּמָרִים שֶׁמָּכַר לוֹ, וְאַחַר כָּךְ קָנָה בְּכָל הַמָּעוֹת שֶׁמֶן, וְנִשְׁבַּר הַכַּד וְנִשְׁפַּךְ הַשֶׁמֶן.
וְאָמַרְתִּי, בָּרוךְ הַמָּקוֹם שֶׁאֵין לְפָנָיו מַשּׂוֹא פָּנִים. הַכָּתוּב אוֹמֵר, לֹא תַעֲשׂק אֶת רֵעֲךָ וְלֹא תִגְזֹל.
וְגֵזֶל הַנָכְרִי, גָּזֵל.
Il est interdit de voler par violence (gzela) ou de dérober en cachette (gneva) même la moindre chose, que ce soit à un Juif ou à un non-Juif. Il est enseigné dans le Tanna deBei Eliyahou : il arriva qu'un homme me raconta qu'il avait commis une injustice envers un non-Juif dans le mesurage des dattes qu'il lui avait vendues, et qu'ensuite il acheta de l'huile avec tout cet argent, et la cruche se brisa et l'huile se répandit.
Et j'ai dit : béni soit le Lieu (nom du Saint béni soit-Il), devant lequel il n'y a pas de favoritisme. Le verset dit : tu n'exploiteras pas ton prochain et tu ne le voleras pas (Lévitique 19,13).
Et le vol commis sur un non-Juif est un vol.
אִם הוּא דָבָר מֻעָט כָּל כָּךְ שֶׁאֵין מִי שֶׁיַקְפִּיד עָלָיו כְּלָל, כְּגוֹן לִטּוֹל מֵהַחֲבִילָה קֵיסָם לַחֲצוֹץ בּוֹ שִׁנָּיו, מֻתָּר. וּמִדַּת חֲסִידוּת לְהִמָּנַע גַּם מִזֶה.
Si c'est une chose tellement minime que personne ne s'en formaliserait du tout, comme prendre d'un fagot un brin de bois pour se curer les dents, cela est permis. Et c'est une mesure de piété (midat hassidout) de s'abstenir de cela aussi.
אֲפִלּוּ לִגְנוֹב עַל דַּעַת לְהַחֲזִיר, אֶלָּא שֶׁרוֹצֶה לְצַעֲרוֹ קְצָת אוֹ בְּדֶרֶךְ שְׂחוֹק, גַּם כֵּן אָסוּר.
Même dérober avec l'intention de rendre, seulement qu'il veut le peiner un peu ou par manière de plaisanterie, cela aussi est interdit.
אָסוּר לַעֲשׂק אֶת חֲבֵרוֹ אֲפִלּוּ כָּל שֶׁהוּא, שֶׁנֶּאֱמַר, לֹא תַעֲשׂק אֶת רֵעֲךָ. וְאֵיזֶהוּ עושֵׁק.
זֶה שֶׁבָּא מָמוֹן חֲבֵרוֹ לְיָדוֹ בִּרְצוֹן חֲבֵרוֹ, כְּגוֹן שֶׁיֵשׁ לוֹ בְיָדוֹ הַלְוָאָה אוֹ שְׂכִירוּת, וְאֵינוֹ רוֹצֶה לְשַׁלֵּם לוֹ, אוֹ שֶׁדּוֹחֵהוּ בְּלֵךְ וָשׁוּב, לֵךְ וָשׁוּב. וְכֵיוָן דִּכְתִיב רֵעֲךָ, אֵינוֹ אָסוּר בַּגּוֹי.
וְהוּא שֶׁאֵין חִלוּל הַשֵּׁם בַּדָּבָר, כְּגוֹן שֶׁלָּוָה מִגּוֹי וָמֵת, רַשַׁאי לְכַחֵשׁ לִבְנוֹ, שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּבֵרוּר שֶׁהוּא מְשַׁקֵּר. אֲבָל כְּשֶׁהַגּוֹי יוֹדֵעַ שֶׁהוּא מְשַּׁקֵּר, אָסוּר, מִפְּנֵי חִלוּל הַשֵּׁם.
וְאַף בְּמָקוֹם שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ, אֵינוֹ רַשַׁאי אֶלָּא לְהַפְקִיעַ הַלְוָאָתוֹ אוֹ שְׁאָר חוֹב שֶׁהוּא חַיָב לוֹ. אֲבָל חֵפֶץ שֶׁהוּא בְעָיִן, אָסוּר לִכְפֹּר, שֶׁהֲרֵי זֶה הֲוֵי גָזֵל מַמָּשׁ.
וְלֹא עוֹד, אֶלָּא אֲפִלּוּ קָנָה מִמֶּנוּ חֵפֶץ, אָסוּר לְהַטְעוֹת אוֹתוֹ בְּחֶשְׁבּוֹן בִּנְתִינַת הַמָּעוֹת, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר, וְחִשַּׁב עִם קוֹנֵהוּ, דְּמַיְרֵי בַּגּוֹי, שֶׁהֲרֵי אֵינוֹ מַקְנֶה לוֹ הַחֵפֶץ אֶלָּא בְּעַד הַסְּכוּם שֶהִשְׁתַּוּוּ. וְהַמַּטְעֵהוּ בְּחֶשְׁבּוֹן הַמָּעוֹת, הֲרֵי זֶה כְּגוֹנֵב אֶת הַחֵפֶץ וְלֹא כְּמַפְקִיעַ חוֹבוֹ.
וַאֲפִלּוּ גְנֵבַת דַּעַת שֶׁאֵין בָּהּ חֶסְרוֹן מָעוֹת, אָסוּר בְּמַשָּׂא וּמַתָּן, כְּמוֹ שֶׁכָּתַבְתִּי בְסִימָן סג. וּמִכָּל מָקוֹם אִם הַגּוֹי טָעָה בְעַצְמוֹ, מֻתָּר אִם לֹא יִהְיֶה חִלוּל הַשֵׁם בַּדָּבָר, שֶׁלֹּא יִוָּדַע לוֹ.
וְנָכוֹן שֶׁיֹּאמַר לוֹ הַיִשְֹרָאֵל, רְאֵה שֶעַל חֶשְׁבּוֹנְךָ אֲנִי סוֹמֵךְ.
Il est interdit d'exploiter son prochain même de la moindre chose, comme il est dit : tu n'exploiteras pas ton prochain (Lévitique 19,13). Et qui est celui qui exploite ?
Celui entre les mains de qui est venu l'argent de son prochain avec le consentement de son prochain, par exemple s'il détient de lui un prêt ou un salaire, et qu'il ne veut pas le lui payer, ou qu'il le repousse en lui disant : va et reviens, va et reviens. Et puisqu'il est écrit ton prochain, cela n'est pas interdit envers le non-Juif.
Et cela à condition qu'il n'y ait pas dans l'affaire de profanation du Nom (hilloul haChem), par exemple s'il a emprunté à un non-Juif et que celui-ci est mort, il lui est permis de nier devant son fils, car celui-ci ne sait pas avec certitude qu'il ment. Mais lorsque le non-Juif sait qu'il ment, cela est interdit, à cause de la profanation du Nom.
Et même dans un cas où il ne sait pas, il ne lui est permis que d'annuler son prêt ou une autre dette dont il lui est redevable. Mais un objet qui est en nature, il est interdit de le nier, car cela est un vol véritable.
Et non seulement cela, mais même s'il lui a acheté un objet, il est interdit de le tromper dans le compte lors de la remise de l'argent, comme il est dit : et il comptera avec celui qui l'a acquis (Lévitique 25,50), verset qui parle du non-Juif, car celui-ci ne lui transmet l'objet que pour la somme sur laquelle ils se sont accordés. Et celui qui le trompe dans le compte de l'argent est comme celui qui dérobe l'objet et non comme celui qui annule sa dette.
Et même le vol de l'esprit (gnevat daat, tromperie qui ne comporte pas de perte d'argent), il est interdit dans le commerce, comme je l'ai écrit au siman 63. En tout cas, si le non-Juif s'est trompé de lui-même, cela est permis s'il n'y aura pas dans l'affaire de profanation du Nom, c'est-à-dire que cela ne sera pas su de lui.
Et il convient que le Juif lui dise : vois que c'est sur ton compte que je m'appuie.
כָּל הַחוֹמֵד בֵּיתוֹ אוֹ כֵּילָיו שֶׁל חֲבֵרוֹ, אוֹ כָּל דָּבָר שֶׁאֵין בְּדַעַת חֲבֵרוֹ לְמָכְרוֹ, וְהוּא הִרְבָּה עָלָיו רֵעִים אוֹ שֶׁהִפְצִיר בּוֹ בְעַצְמוֹ עַד שֶׁמְּכָרוֹ לוֹ, הֲרֵי זֶה עוֹבֵר בְּלֹא תַחְמֹד. וּמִשָּׁעָה שֶׁנִּפְתָּה בְּלִבּוֹ וְחָשַׁב אֵיךְ יִקְנֶה חֵפֶץ זֶה, עָבַר בְּלֹא תִתְאַוֶּה, כִּי אֵין תַּאֲוָה אֶלָּא בַלֵּב בִּלְבָד, וְהַתַּאֲוָה מְבִיאָה לִידֵי חִמּוּד.
וְהַקּוֹנֶה אֶת הַדָּבָר שֶׁהִתְאַוָּה לוֹ, עוֹבֵר בִּשְׁנֵי לָאוִין. וּלְכָךְ נֶאֱמַר, לֹא תַחְמֹד וְלֹא תִתְאַוֶּה.
Quiconque convoite la maison de son prochain ou ses ustensiles, ou toute chose que son prochain n'a pas l'intention de vendre, et qu'il a multiplié contre lui des amis pour le presser, ou qu'il l'a pressé lui-même jusqu'à ce qu'il la lui vende, celui-là transgresse tu ne convoiteras pas (Exode 20,14). Et dès l'instant où son cœur s'est laissé séduire et qu'il a pensé comment il acquerrait cet objet, il a transgressé tu ne désireras pas (Deutéronome 5,18), car le désir n'est que dans le cœur seul, et le désir amène à la convoitise.
Et celui qui achète la chose qu'il a désirée transgresse deux interdits. Et c'est pourquoi il est dit : tu ne convoiteras pas, et tu ne désireras pas.
מִצְוַת עֲשֵׂה עַל הַגּוֹזֵל לְהַחֲזִיר אֶת הַגְּזֵלָה עַצְמָהּ אִם הִיא בְעֵינָהּ וְלֹא נִשְּׁתַּנֵית, שֶׁנֶּאֱמַר, וְהֵשִׁיב אֶת הַגְּזֵלָה אֲשֶׁר גָּזָל. וְהוּא הַדִין לְגַנָּב.
וְאֵינוֹ יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בִּנְתִינַת דָּמִים, אֲפִלּוּ אִם כְּבָר נִתְיָאֲשׁוּ הַבְּעָלִים. אֲבָל אִם אָבְדָה אוֹ שֶׁנִּשְׁתַּנִית בְּשִׁנוּי שֶׁאֵינוֹ חוֹזֵר לִבְרִיָתוֹ אוֹ שֶׁשִקְעָהּ בַּבִנְיָן, שֶׁיִהְיֶה לוֹ הֶפְסֵד גָּדוֹל לִסְתֹּר אֶת הַבִּנְיָן, יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בִּנְתִינַת דָּמִים, כְּמוֹ שֶׁהָיְתָה שָוֶה בִּשְׁעַת הַגְּזֵלָּה.
וְאִם הַנִּגְזָל הוּא בְּמָקוֹם אַחֵר, אֵינוֹ צָרִיךְ לִשְׁלוֹחַ אֶת הַמָּעוֹת לִמְקוֹמוֹ, אֶלָּא מוֹדִיעוֹ שֶׁיָבוֹא וִישַׁלֵּם לוֹ. אִם מֵת הַנִּגְזָל, יַחֲזִיר לְיוֹרְשָׁיו.
C'est un commandement positif (mitsva assee) pour celui qui a volé par violence de rendre l'objet volé lui-même s'il est en nature et qu'il n'a pas été modifié, comme il est dit : et il rendra l'objet volé qu'il a volé (Lévitique 5,23). Et la même loi vaut pour celui qui dérobe en cachette.
Et il ne s'acquitte pas de son obligation par le versement d'argent, même si les propriétaires ont déjà renoncé (yeouch, renoncement du propriétaire). Mais s'il a été perdu, ou s'il a été modifié par un changement qui ne revient pas à son état premier, ou qu'il l'a incorporé dans une construction, de sorte qu'il aurait une grande perte à démolir la construction, il s'acquitte de son obligation par le versement d'argent, selon la valeur qu'il avait au moment du vol.
Et si celui qui a été volé se trouve dans un autre endroit, il n'a pas besoin d'envoyer l'argent à son lieu, mais il l'informe qu'il vienne et il le lui paiera. Si celui qui a été volé est mort, il rendra à ses héritiers.
הַגּוֹזֵל אֶת הָרַבִּים, כְּגוֹן שֶׁהָיָה חֶנְוָנִי וּמָדַד בְּמִדָּה חֲסֵרָה אוֹ שֶׁשָּׁקַל בְּמִשְׁקָל חָסֵר וְכַדּוֹמֶה, אוֹ שֶׁהָיָה מְמֻנֶּה בַּקָּהָל וְהֵקֵל עַל קְרוֹבָיו וְהִכְבִּיד עַל אֲחֵרִים, וְכֵן מִי שֶׁנָטַל רִבִּית מֵרַבִּים, תְּשׁוּבָתוֹ קָשָה. לְפִיכָךְ יַעֲשֶׂה צָרְכֵי רַבִּים, שֶׁגַּם הַנִּגְזָלִים יֵהָנוּ מֵהֶם.
וּמִכָּל מָקוֹם לָאֵלֶּה שֶׁהוּא יוֹדֵעַ שֶׁגָּזַל מֵהֶם, מְחֻיָב לְהַחֲזִיר לָהֶם, וְאֵינוֹ יוֹצֵא יְדֵי חוֹבָתוֹ בְּמַה שֶׁעָשָׂה צָרְכֵי רַבִּים.
Celui qui vole le public, par exemple s'il était commerçant et a mesuré avec une mesure déficiente, ou a pesé avec un poids déficient et choses semblables, ou s'il était préposé dans la communauté et a allégé pour ses proches et alourdi pour les autres, et de même celui qui a pris un intérêt de beaucoup de gens, son repentir est difficile. C'est pourquoi il pourvoira aux besoins du public, afin que ceux qu'il a volés en profitent eux aussi.
Et en tout cas, envers ceux dont il sait qu'il les a volés, il est tenu de leur rendre, et il ne s'acquitte pas de son obligation par ce qu'il a fait pour les besoins du public.
אָסוּר לִקְנוֹת מֵהַגַנָּב אוֹ מֵהַגַּזְלָן אֶת הַחֵפֶץ שֶׁגָּנַב אוֹ גָזָל. וְאֵין חִלּוּק בֵּין שֶׁהוּא יִשְֹרָאֵל אוֹ נָכְרִי, כִּי גַם הַנָּכְרִי נִצְטַוֶּה עַל אִסּוּר גְּנֵבָה וּגְזֵלָה אֲפִלּוּ מִנָּכְרִי חֲבֵרוֹ, וְהוּא מִשֶּׁבַע מִצְוֹת שֶׁנִּצְטַוּוּ עֲלֵיהֶם.
וְעָוֹן גָּדוֹל הוּא לִקְנוֹת מִן הַגַּנָּב אוֹ מִן הַגַּזְלָן, שֶׁהֲרֵי הוּא מַחֲזִיק יְדֵי עוֹבְרֵי עֲבֵרָה. וְעַל זֶה נֶאֱמַר, חוֹלֵק עִם גַּנָּב שׂוֹנֵא נַפְשׁוֹ, וְגוֹרֵם לַגַּנָּב שֶׁיִגְנוֹב עוֹד גַּם גְּנֵבוֹת אֲחֵרוֹת, וְאִם לֹא יִמְצָא לוֹקֵחַ, לֹא יִגְנוֹב.
וְאַף עַל פִּי שֶׁאֶפְשָׁר לוֹ לְהוֹלִיךְ אֶת הַגְּנֵבָה לְמָקוֹם שֶׁאֵין מַכִּירִין אוֹתוֹ, אֵין זֶה מָצוּי לוֹ כָּל כָּךְ. וְאִם הַקּוֹנֶה מִתְכַּוֵּן לְטוֹבַת הַבְּעָלִים לְהַחֲזִירוֹ לָהֶם כְּשֶׁיַחֲזִירוּ לוֹ מְעוֹתָיו, מֻתָּר.
וְדַוְקָא כְּשֶׁלֹּא הָיָה אֶפְשָׁרִי לַבְּעָלִים בְּעַצְמָם לְהַצִיל. וְכֵן אָסוּר לְקַבֵּל בְּפִקָּדוֹן דָּבָר שֶׁנִּרְאֶה שֶׁהוּא גָנוּב אוֹ גָזוּל.
Il est interdit d'acheter à celui qui a dérobé en cachette ou à celui qui a volé par violence l'objet qu'il a dérobé ou volé. Et il n'y a pas de différence entre un Juif et un non-Juif, car le non-Juif aussi a reçu le commandement sur l'interdit du vol en cachette et du vol par violence, même envers un autre non-Juif, et cela fait partie des sept commandements qui leur ont été ordonnés.
Et c'est une grande faute d'acheter à celui qui dérobe ou à celui qui vole, car il soutient ainsi les mains de ceux qui transgressent. Et à ce sujet il est dit : celui qui partage avec un voleur hait son âme (Proverbes 29,24).
Et il fait que le voleur dérobe encore d'autres vols, car s'il ne trouve pas d'acheteur, il ne dérobera pas. Et bien qu'il lui soit possible de porter l'objet dérobé dans un endroit où on ne le connaît pas, cela ne lui est pas tellement accessible.
Et si l'acheteur a l'intention d'agir pour le bien des propriétaires, afin de le leur rendre lorsqu'ils lui rembourseront son argent, cela est permis. Et cela précisément lorsqu'il n'était pas possible aux propriétaires eux-mêmes de le sauver.
Et de même, il est interdit de recevoir en dépôt une chose dont il apparaît qu'elle a été dérobée ou volée.
אֲפִלוּ לֵהָנוֹת שׁוּם הֲנָאָה מִן הַגְּנֵבָה אוֹ מִן הַגְּזֵלָה כָּל זְמַן שֶׁהִיא בְּיַד הַגַּנָב אוֹ הַגַּזְלָן, אָסוּר. וַאֲפִלּוּ הֲנָאָה מֻעֶטֶת שֶׁגַּם בְּעָלֶיהָ לֹא הָיוּ מַקְפִּידִים עָלֶיהָ, כְּגוֹן חִלּוּף מַטְבְּעוֹת בְּשָׁוְיָן, אָסוּר בְּמָעוֹת גְּנוּבוֹת אוֹ גְּזוּלוֹת.
וְכֵן לִכָּנֵס לְבַיִת גָּזוּל, בַּחַמָּה מִפְנֵי הַחַמָּה וּבַגְשָׁמִים מִפְּנֵי הַגְשָׁמִים, אוֹ לַעֲבוֹר בְּשָׂדֶה גְזוּלָה, אָסוּר.
Même tirer un quelconque profit de la chose dérobée ou de la chose volée, tant qu'elle est entre les mains de celui qui l'a dérobée ou volée, est interdit. Et même un profit minime dont les propriétaires eux-mêmes ne se seraient pas formalisés, comme échanger des pièces de monnaie à leur valeur, cela est interdit avec de l'argent dérobé ou volé.
Et de même, entrer dans une maison volée, au soleil à cause du soleil et sous la pluie à cause de la pluie, ou passer dans un champ volé, cela est interdit.
וְלָכֵן מִי שֶׁהוּא גַנָּב אוֹ גַזְלָן מְפֻרְסָם, שֶׁאֵין לוֹ מְלָאכָה אַחֶרֶת אֶלָּא זֹאת, וְכָל מְמוֹנוֹ בְּחֶזְקַת גָנוּב אוֹ גָזוּל, אָסוּר לֵהָנוֹת מִמֶּנוּ, וְאָסוּר לְעָנִי לָקַחַת מִמֶּנּוּ צְדָקָה.
Et c'est pourquoi celui qui dérobe ou qui vole de manière notoire, qui n'a pas d'autre métier que celui-là, et dont tout l'argent est présumé dérobé ou volé, il est interdit de tirer profit de lui, et il est interdit à un pauvre de recevoir de lui la tsedaka.
וְכֵן אִם אֶחָד רוצֶה לִמְכֹּר אֵיזֶה חֵפֶץ שֶׁנִּרְאֶה שֶׁהוּא גָנוּב, כְּגוֹן שׁוֹמְרֵי פֵּרוֹת שֶׁמּוֹכְרִים פֵּרוֹת בְּמָקוֹם צָנוּעַ, אוֹ מוֹכֵר אַחֵר שֶׁנּוֹשֵׂא אֵיזֶה דָבָר בְּהַצְנֵעַ לְמָכְרוֹ, אוֹ שֶׁאוֹמֵר לְהַקּוֹנֶה, הַטְמֵן, אָסוּר לִקְנוֹת. וַאֲפִלּוּ לִקְנוֹת מֵאִשָּׁה אֵיזֶה דָבָר שֶׁיֵשׁ לָחוּשׁ שֶׁהִיא מוֹכֶרֶת שֶׁלֹּא מִדַּעַת בַּעְלָּה, אוֹ לִקְנוֹת מֵאִישׁ דָּבָר מִתַּכְשִׁיטֵי הָאִשָּׁה וּמַלְבּוּשֶׁיהָ, שֶׁיֵשׁ לָחוּשׁ שֶׁהוּא מוֹכְרוֹ שֶׁלֹּא מִדַּעַת אִשְׁתּוֹ, אָסוּר.
Et de même, si quelqu'un veut vendre un objet dont il apparaît qu'il a été dérobé, par exemple des gardiens de fruits qui vendent des fruits dans un endroit discret, ou un autre vendeur qui porte une chose en cachette pour la vendre, ou qui dit à l'acheteur : cache-là, il est interdit d'acheter. Et même acheter à une femme une chose dont il y a lieu de craindre qu'elle la vende à l'insu de son mari, ou acheter à un homme une chose parmi les parures de la femme et ses vêtements, dont il y a lieu de craindre qu'il la vende à l'insu de sa femme, cela est interdit.
מִי שֶׁנִּתְחַלְפוּ לוֹ כֵּלָיו בְּבֵית הַמִּשְׁתֶּה וְכַדּוֹמֶה, הַרֵי זֶה לֹא יִשְׁתַּמֵּשׁ בְּכֵלִים אֵלוּ שֶׁבָּאוּ לְיָדוֹ וְאֵינָם שֶׁלּוֹ. וּכְשֶׁיָבוֹא בַּעַל הַחֵפֶץ, צָרִיךְ לְהַחֲזִירוֹ לוֹ, וְאַף עַל פִּי שֶׁהַחֵפֶץ שֶׁלּוֹ נֶאֱבָד.
וְכֵן כּוֹבֶסֶת הַמְכַבֶּסֶת לְרַבִּים וְהֵבִיאָה לוֹ חָלוּק שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ, אָסוּר לְלָבְשוֹ, אֶלָּא צָרִיךְ לְהַחֲזִירוֹ לִבְעָלָיו, וְאַף עַל פִּי שֶׁשֶּׁלּוֹ נֶאֱבָד. אַךְ אִם מֻנָּח אֶצְלוֹ יָמִים רַבִּים, עַד שֶׁאִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא חָקְרוּ הַבְּעָלִים בֵּינְתַיִם אַחַר שֶׁלָּהֶם, אָז מֻתָּר לוֹ לְלָבְשוֹ, כִּי מִסְּתָמָא סִלְּקָה הַכּוֹבֶסֶת אֶת בְּעָלָיו וְשִׁלְּמָה בְּעַד הֶחָלוּק הַזֶה.
Celui à qui on a échangé ses vêtements dans une salle de festin ou lieu semblable ne se servira pas de ces vêtements qui sont venus entre ses mains et qui ne sont pas les siens. Et lorsque viendra le propriétaire de l'objet, il doit le lui rendre, et cela bien que son propre objet soit perdu.
Et de même, une blanchisseuse qui lave pour beaucoup de gens et qui lui a apporté une chemise qui n'est pas la sienne, il est interdit de la porter, mais il doit la rendre à son propriétaire, et cela bien que la sienne soit perdue. Toutefois, si elle est restée chez lui de nombreux jours, au point qu'il est impossible que les propriétaires n'aient pas cherché entre-temps ce qui leur appartient, alors il lui est permis de la porter, car il est à présumer que la blanchisseuse a dédommagé son propriétaire et a payé pour cette chemise.
אָסוּר לֵהָנוֹת מִשׁוּם דָּבָר שֶׁל חֲבֵרוֹ שֶׁלֹּא מִדַּעְתּוֹ. אַף עַל פִּי שֶׁבָּרוּר לוֹ שֶׁכְּשֶיִוָּדַע לִבְעָלָיו יִשְׂמְחוּ וְיָגִילוּ מִפְנֵי אַהֲבָתָם אוֹתוֹ.
מִכָּל מָקוֹם אָסוּר. לְפִיכָךְ הַנִּכְנָס לְפַרְדֵּס אוֹ לְגִנַּת חֲבֵרוֹ, אָסוּר לוֹ לִלְקֹט פֵּרוֹת שֶׁלֹּא מִדַּעַת הַבְּעָלִים.
אַף עַל פִּי שֶׁבַּעַל הַפַּרְדֵּס וּבַעַל הַגִּנָּה אוֹהֲבוֹ וְרֵעוֹ אֲשֶׁר כְּנַפְשוֹ, וּבְּוַדַּאי יִשְׂמַח וְיָגִיל כְּשֶׁיִוָּדַע לוֹ שֶׁנֶּהֱנָה זֶה מִפֵּרוֹתָיו, מִכָּל מָקוֹם כֵּיוָן שֶׁעַכְשָו אֵינוֹ יוֹדֵעַ מִזֶה, הֲרֵי הוּא נֶהֱנֶה בְּאִסּוּר. וְצָרִיךְ לְהַזְהִיר לָרַבִּים, שֶׁנִּכְשָׁלִין בָּזֶה מֵחֲמַת חֶסְרוֹן יְדִיעָה.
Il est interdit de tirer profit d'une chose quelconque de son prochain sans son consentement, et cela bien qu'il lui soit clair que lorsque cela sera su de ses propriétaires ils se réjouiront et seront dans l'allégresse à cause de l'affection qu'ils lui portent : en tout cas c'est interdit. C'est pourquoi celui qui entre dans le verger ou dans le jardin de son prochain, il lui est interdit de cueillir des fruits à l'insu des propriétaires.
Et bien que le maître du verger et le maître du jardin soit celui qui l'aime et son compagnon qui est comme son âme, et qu'il se réjouira certainement et sera dans l'allégresse lorsqu'il apprendra que celui-ci a profité de ses fruits, en tout cas, puisque à présent il n'en sait rien, voici qu'il en tire profit de manière interdite. Et il faut avertir le public, car on trébuche en cela par manque de connaissance.
וּמִכָּל מָקוֹם מֻתָּר לְבֶן בֵּיתוֹ שֶׁל אָדָם לִתֵּן פְּרוּסָה לְעָנִי אוֹ לִבְנוֹ שֶׁל אוֹהֲבוֹ שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת שֶׁלֹּא מִדַּעְתּוֹ, לְפִי שֶׁכָּךְ נָהֲגוּ בַּעֲלֵי הַבָּתִּים. וְאֵין זֶה נִקְרָא שֶׁלֹּא מִדַּעַת הַבְּעָלִים, כֵּיוָן שֶׁכָּךְ נָהֲגוּ, וְהַבְּעָלִים יוֹדְעִין מִזֶּה הַמִּנְהָג.
וּמִטַּעַם זֶה, מֻתָּר לְקַבֵּל צְדָקָה מִן הַנָּשִׁים דָּבָר מֻעָט שֶׁלֹּא מִדַּעַת הַבְּעָלִים, הוֹאִיל וְדַרְכָּן בְּכָךְ, וְיוֹדְעִין הַבְּעָלִים שֶׁדַּרְכָּן בְּכָךְ. וְכֵן בְּפַרְדֵּס, אִם הוּא רָגִיל בּוֹ לֶאֱכֹל מִפֵּרוֹתָיו מִדַּעַת הַבְּעָלִים, מֻתָּר.
וְכֵן כָּל כַּיוֹצֵא בָזֶה.
Et en tout cas, il est permis à un membre de la maison d'un homme de donner un morceau de pain à un pauvre ou au fils de celui qui aime le maître de maison, sans son consentement, car tel est l'usage des maîtres de maison. Et cela n'est pas appelé à l'insu des propriétaires, puisque tel est l'usage et que les propriétaires connaissent cet usage.
Et pour cette raison, il est permis de recevoir des femmes une tsedaka de peu de valeur à l'insu des maris, puisque telle est leur habitude et que les maris savent que telle est leur habitude. Et de même pour un verger : s'il a coutume d'y manger de ses fruits avec le consentement des propriétaires, cela est permis.
Et de même pour tout cas semblable.
הַמּוֹצֵא פֵרוֹת בַּדֶּרֶךְ תַּחַת אִילָן שֶׁהוּא נוֹטֶה עַל הַדֶּרֶך, אִם הֵם פֵּרוֹת שֶׁדַּרְכָּן לִפּוֹל מִן הָאִילָן וּבִנְפִילָתָם הֵם נִמְאָסִים, אוֹ אֲפִלּוּ אֵינָם נִמְאָסִים אֶלָּא שֶׁרֹב הָעוֹבְרִים שָׁמָּה הֵמָּה גוֹיִם, אוֹ שֶׁהֵם פֵּרוֹת שֶׁדֶּרֶךְ הַבְּהֵמוֹת לֶאֱכֹל אוֹתָם, וְהֵן עוֹבְרוֹת דֶרֶךְ שָׁם, הֲרֵי הַבְּעָלִים כְּבָר נִתְיָאֲשׁוּ מֵהֶם וּמֻתָּרִים. אֲבָל אִם הֵם פֵּרוֹת שֶׁאֵינָם נִמְאָסִים בִּנְפִילָתָם, וְרֹב הָעוֹבְרִים שָׁמָּה הֵמָּה יִשְׂרְאֵלִים, אֲסוּרִים מִשׁוּם גָּזֵל.
וְאִם הֵם שֶׁל יְתוֹמִים קְטַנִּים, אֲסוּרִים בְּכָל עִנְיָן, כִּי הַקְּטַנִּים, אֵין הַיֵאוּשׁ וְהַמְּחִילָה שֶׁלָּהֶם כְּלוּם
Celui qui trouve des fruits sur le chemin, sous un arbre qui penche au-dessus du chemin : s'il s'agit de fruits qui ont coutume de tomber de l'arbre et qui, en tombant, deviennent répugnants, ou même s'ils ne deviennent pas répugnants mais que la plupart de ceux qui passent là sont des non-Juifs, ou bien s'il s'agit de fruits que les bêtes ont coutume de manger et qu'elles passent par là, alors les propriétaires y ont déjà renoncé et ils sont permis. Mais s'il s'agit de fruits qui ne deviennent pas répugnants en tombant, et que la plupart de ceux qui passent là sont des Juifs, ils sont interdits à cause du vol.
Et s'ils appartiennent à des orphelins mineurs, ils sont interdits dans tous les cas, car pour les mineurs, leur renoncement et leur remise ne sont rien.
דִּינָא דְּמַלְכוּתָא דִּינָא.
La loi du royaume est la loi (dina demalkhouta dina).