קיצור שלחן ערוך

Kitsour Choulhan Aroukh — Siman 185

Rabbi Chlomo Ganzfried
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Celui qui emprunte ou qui loue un animal ou des objets mobiliers à son prochain n'a pas le droit de les prêter ni de les louer à un autre sans l'accord des propriétaires. Même des livres, dont le prêt comporte une mitsva, on ne dit pas : a priori il agrée aux propriétaires qu'une mitsva soit accomplie avec leur bien, car peut-être ne veulent-ils pas qu'une chose leur appartenant se trouve entre les mains d'un autre qui n'est...

הַשׁוֹאֵל אוֹ הַשּׂוֹכֵר בְּהֵמָה אוֹ מִטַּלְטְלִין מֵחֲבֵרוֹ, אֵינוֹ רַשַּׁאי, לֹא לְהַשְׁאִילָם וְלֹא לְהַשְׂכִּירָם לְאַחֵר שֶׁלֹּא מִדַּעַת בְּעָלִים. אֲפִלּוּ סְפָרִים שֶׁיֵשׁ מִצְוָה בְּהַשְׁאָלָתָן, אֵין אוֹמְרִים, מִן הַסְּתָם נִיחָא לַבְּעָלִים שֶׁתֵּעָשֶׂה מִצְוָה בְּמָמוֹנָם, כִּי שֶׁמָּא אֵין רְצוֹנָם שֶׁיְהֵא דָבָר שֶׁלָּהֶם בְּיַד אַחֵר שֶׁאֵינוֹ נֶאֱמָן בְּעֵינֵיהֶם.

אֲבָל מֻתָּר לַשּׁוֹאֵל סֵפֶר לְהַנִּיחַ לְאַחֵר לִלְמֹד בּוֹ בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִלְמַד, רַק יְחִידִי, וְלֹא שְׁנֵיהֶם בְּיָחַד. וְאִם יָדוּעַ שֶׁדַּרְכָּן שֶׁל הַבְּעָלִים לְהַאֲמִין לָזֶה הַשֵּׁנִי בִּדְבָרִים כָּאֵלּוּ, מֻתָּר הַשּׁוֹאֵל לְהַשְּׁאִיל לוֹ וְהַשּׂוֹכֵר לְהַשְּׂכִּיר לוֹ.

Celui qui emprunte ou qui loue un animal ou des objets mobiliers à son prochain n'a pas le droit de les prêter ni de les louer à un autre sans l'accord des propriétaires. Même des livres, dont le prêt comporte une mitsva, on ne dit pas : a priori il agrée aux propriétaires qu'une mitsva soit accomplie avec leur bien, car peut-être ne veulent-ils pas qu'une chose leur appartenant se trouve entre les mains d'un autre qui n'est pas digne de confiance à leurs yeux.

Mais il est permis à celui qui a emprunté un livre de laisser un autre y étudier à l'intérieur de sa maison, pourvu qu'il n'y étudie que seul, et non pas les deux ensemble. Et s'il est connu que l'usage des propriétaires est de faire confiance à ce second dans de telles choses, il est permis à l'emprunteur de le lui prêter et au locataire de le lui louer.

מִצְוָה לָתֵת שְׂכַר פְּעֻלַּת שָׂכִיר בִּזְמַנּוֹ. וְאִם אֵחַר, עוֹבֵר בְּלֹא תַעֲשֶׂה, שֶׁנֶאֱמַר, בְּיוֹמוֹ תִתֵּן שְׂכָרוֹ וְלֹא תָבוֹא עָלָיו הַשֶׁמֶשׁ.

וּכְמוֹ כֵן מִצְוָה לָתֵת שְׂכַר בְּהֵמָה אוֹ כְלִי בִּזְמַנּוֹ. וְאִם אַחֲרוֹ, עוֹבֵר בְּלָאו, שֶנֶּאֱמַר, לֹא תַעֲשׂק שָׂכִיר עָנִי וְאֶבְיוֹן וְגוֹ' בְּיוֹמוֹ תִתֵּן שְׂכָרוֹ.

וְאֵיזֶהוּ זְמַנּוֹ. אִם כָּלְתָה הַמְּלָאכָה בַּיּוֹם, זְמַנּוֹ כָּל הַיּוֹם.

וְאִם עָבַר הַיּוֹם וְלֹא נָתַן לוֹ, עוֹבֵר עַל בְּיוֹמוֹ תִתֵּן שְׂכָרוֹ וְלֹא תָבוֹא עָלָיו הַשֶׁמֶשׁ. וְאִם כָּלְתָה הַמְּלָאכָה לְאַחַר שֶׁיָצָא הַיוֹם וְנִכְנַס הַלַּיְלָה, זְמַנוֹ כָּל הַלָּיְלָה.

עָבַר הַלַּיְלָה וְלֹא נָתַן לוֹ, עוֹבֵר עַל לֹא תָלִין פְּעֻלַת שָׂכִיר אִתְּךָ עַד בֹּקֶר. וְכֵן שְׂכִיר שָׁבוּעַ, שְׂכִיר חֹדֶשׁ, שְׂכִיר שָׁנָה, יָצָא מִמְּלַאכְתּוֹ בַיוֹם, יֶשׁ לוֹ זְמָן כָּל הַיוֹם.

יָצָא מִמְּלַאכְתּוֹ בַלַּיְלָה, יֶשׁ לוֹ זְמָן כָּל הַלַּיְלָה וְלֹא יוֹתֵר.

C'est une mitsva de donner le salaire du travail d'un salarié en son temps. Et s'il a tardé, il transgresse un commandement négatif, car il est dit : "le jour même tu lui donneras son salaire, et le soleil ne se couchera pas sur lui" (Deutéronome 24,15).

De même c'est une mitsva de donner le prix de location d'un animal ou d'un ustensile en son temps. Et s'il l'a retardé, il transgresse un interdit, car il est dit : "tu n'exploiteras pas le salarié pauvre et indigent, etc., le jour même tu lui donneras son salaire" (Deutéronome 24,14-15).

Et quel est son temps ? Si le travail s'est achevé pendant le jour, son temps est tout le jour.

Et si le jour est passé et qu'il ne lui a pas donné, il transgresse "le jour même tu lui donneras son salaire, et le soleil ne se couchera pas sur lui". Et si le travail s'est achevé après que le jour est sorti et que la nuit est entrée, son temps est toute la nuit.

Si la nuit est passée et qu'il ne lui a pas donné, il transgresse "le salaire du salarié ne demeurera pas chez toi jusqu'au matin" (Lévitique 19,13). Et de même le salarié à la semaine, le salarié au mois, le salarié à l'année : s'il est sorti de son travail pendant le jour, il a pour temps tout le jour ; s'il est sorti de son travail pendant la nuit, il a pour temps toute la nuit et pas davantage.

וְכֵן אִם נָתַן טַלִיתוֹ לְאֻמָּן לְתַקְּנָהּ בְּקַבְּלָנוּת וֶהֱבִיאָהּ לוֹ בַיוֹם, יֶשׁ לוֹ זְמָן כָּל הַיוֹם בִּלְבָד. הֱבִיאָהּ לוֹ בַלַּיְלָה, יֶשׁ לוֹ זְמָן כָּל הַלַּיְלָה בִּלְבָד.

אֲבָל כָּל זְמַן שֶׁהַטַּלִּית בְּיַד הָאֻמָּן, אַף עַל פִּי שֶׁנִּגְמְרָה וְכָלְתָה מְלַאכְתָּהּ, אֵין בַּעַל הַבַּית עוֹבֵר, אֲפִלּוּ הִיא אֵצֶל הָאֻמָּן כַּמָּה יָמִים. וַאֲפִלּוּ הוֹדִיעוֹ שֶׁיָבִיא לוֹ מָעוֹת וְיִטּוֹל אֶת שֶׁלּוֹ, מִכָּל מָקוֹם אֵינוֹ עוֹבֵר.

Et de même, s'il a donné son talit à un artisan pour le réparer à forfait et que celui-ci le lui a rapporté pendant le jour, il n'a pour temps que tout le jour. S'il le lui a rapporté pendant la nuit, il n'a pour temps que toute la nuit.

Mais tant que le talit est entre les mains de l'artisan, bien qu'il soit achevé et que son travail soit terminé, le maître de maison ne transgresse pas, même s'il se trouve chez l'artisan plusieurs jours. Et même si l'artisan lui a fait savoir qu'il lui apporte l'argent et qu'il prenne ce qui lui appartient, en tout état de cause il ne transgresse pas.

אֵינוֹ עוֹבֵר משּׁוּם בַּל תָּלִין וְלֹא תָבוֹא עָלָיו הַשֶּׁמֶשׁ, אֶלָּא אִם כֵּן תְּבָעוֹ הַשָּׂכִיר וְיֶשׁ לוֹ מָעוֹת לִתֵּן לוֹ. אֲבָל אִם לֹא תְבָעוֹ הַשָּׂכִיר, אוֹ שֶׁתְּבָעוֹ וְאֵין לוֹ מָעוֹת, אֵינוֹ עוֹבֵר.

וּמִכָּל מָקוֹם מִדַּת חֲסִידוּת הִיא לִלְווֹת וְלִפְרֹעַ לַשָּׂכִיר בִּזְמַנּוֹ, כִּי הוּא עָנִי וְאֵלָיו הוּא נוֹשֵׁא אֶת נַפְשׁוֹ. וּמִי שֶׁדַּרְכּוֹ שֶׁלֹּא לִפְרֹעַ לַפּוֹעֲלִים עַד לְאַחַר הַחֶשְׁבּוֹן, אֲפִלּוּ תָבְעוּ מִמֶּנּוּ דָבָר מֻעָט שֶׁבְּוַדַּאי מַגִּיעַ לָהֶם, מִכָּל מָקוֹם אֵינוֹ עוֹבֵר, שֶׁכֵּיוָן שֶׁיָדוּעַ שֶׁדַּרְכּוֹ כֵן, עַל דַּעַת כֵּן נִשְׂכְּרו אֶצְלוֹ.

Il ne transgresse l'interdit de faire passer la nuit au salaire (bal talin) ni celui de "le soleil ne se couchera pas sur lui" que si le salarié l'a réclamé et qu'il a de l'argent pour le lui donner. Mais si le salarié ne l'a pas réclamé, ou qu'il l'a réclamé et qu'il n'a pas d'argent, il ne transgresse pas.

En tout état de cause, c'est une mesure de piété (midat hassidout) que d'emprunter et de payer le salarié en son temps, car il est pauvre et c'est vers ce salaire qu'il élève son âme. Et celui dont l'usage est de ne pas payer les ouvriers avant le décompte, même s'ils lui ont réclamé une petite somme qui leur revient assurément, en tout état de cause il ne transgresse pas, car puisqu'il est connu que tel est son usage, c'est dans cette intention qu'ils se sont loués chez lui.

שָׂכִיר שֶׁעָשָׂה מְלָאכָה לְבַעַל הַבַּיִת וְהִפְסִידָהּ, אֲפִלּוּ בִפְשִׁיעָה, בְּאֹפֶן שֶׁעַל פִּי הַדִין הוּא חַיָב בְּתַשְׁלוּמִין, מִצְוָה עַל בַּעַל הַבַּיִת לְהִכָּנֵס עִמּוֹ לִפְנִים מִשׁוּרַת הַדִּין וְלִמְחוֹל לוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר, לְמַעַן תֵּלֵךְ בְּדֶרֶךְ טוֹבִים. וְאִם הַשָׂכִיר עָנִי הוּא וְאֵין לוֹ מַה יֹּאכַל, מִצְוָה לִתֵּן לוֹ שְׂכָרוֹ, שֶׁנֶּאֶמַר, וְאָרְחוֹת צַדִּיקִים תִּשְׁמֹר.

וְזֶה הוּא אֹרַח צַדִּיקִים, לִשְׁמֹר דֶרֶךְ ה' לַעֲשׂוֹת צְדָקָה וּמִשְׁפָּט לִפְנִים מִשׁוּרַת הַדִּין.

Un salarié qui a fait un travail pour le maître de maison et l'a gâté, même par négligence, de telle sorte que selon la loi il est tenu de dédommager, c'est une mitsva pour le maître de maison d'entrer avec lui en deçà de la ligne du droit (lifnim mi-chourat ha-din) et de le lui remettre, car il est dit : "afin que tu marches dans la voie des bons" (Proverbes 2,20). Et si le salarié est pauvre et n'a pas de quoi manger, c'est une mitsva de lui donner son salaire, car il est dit : "et que tu gardes les sentiers des justes" (Proverbes 2,20).

Et voici le sentier des justes : garder la voie de ה' pour pratiquer la charité et la justice en deçà de la ligne du droit.

כְּדֶרֶךְ שֶׁבַּעַל הַבַּיִת מֻזְהָר שֶׁלֹּא לִגְזֹל שְׂכַר הֶעָנִי וְלֹא לְאַחֲרוֹ, כָּךְ הֶעָנִי מֻזְהָר שֶׁלֹא יִבָּטֵל מִמְּלֶאכֶת בַּעַל הַבָּיִת. וְחַיָב לַעֲבוֹד בְּכָל כֹּחוֹ, כְּמוֹ שֶׁאָמַר יַעֲקֹב אָבִינוּ עָלָיו הַשָׁלוֹם, כִּי בְּכָל כֹּחִי עָבַדְתִּי אֶת אֲבִיכֶן.

לְפִיכָךְ אֵין הַפּוֹעֵל רַשַּׁאי לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה בַלַּיְלָה וּלְהַשְׂכִּיר עַצְמוֹ בַיּוֹם, (שֶׁכְּבָר נֶחֱלַשׁ מֵהַלַּיְלָה), וְכֵן אֵינוֹ רַשַּׁאי לַעֲשׂוֹת מְלָאכָה בִּבְהֶמְתּוֹ בַלַּיְלָה וּלְהַשְׂכִּירָהּ בַּיוֹם. וְאֵין הַפּוֹעֵל רַשַּׁאי לְהַרְעִיב וּלְסַגֵּף עַצְמוֹ, שֶׁהֲרֵי מַחֲלִישׁ כֹּחוֹ וְלֹא יוּכַל לַעֲשׂוֹת מְלֶאכֶת בַּעַל הַבִַּיִת כָּרָאוּי.

וְכֵן הוּא דִּין הַמְלַמֵּד (עַיֵּן לְעֵיל סִימָן קסה סָעִיף יב).

De même que le maître de maison est averti de ne pas voler le salaire du pauvre et de ne pas le retarder, ainsi le pauvre est averti de ne pas chômer du travail du maître de maison. Et il est tenu de travailler de toute sa force, comme l'a dit Yaakov notre père, que la paix soit sur lui : "car c'est de toute ma force que j'ai servi votre père" (Genèse 31,6).

C'est pourquoi l'ouvrier n'a pas le droit de faire un travail la nuit et de se louer le jour (car il est déjà affaibli par la nuit), et de même il n'a pas le droit de faire un travail avec son animal la nuit et de le louer le jour. Et l'ouvrier n'a pas le droit de s'affamer et de se mortifier, car il affaiblit par là sa force et ne pourra pas faire le travail du maître de maison comme il convient.

Et telle est aussi la loi concernant celui qui enseigne (voir plus haut siman 165 seif 12).