קיצור שלחן ערוך

Kitsour Choulhan Aroukh — Siman 188

Rabbi Chlomo Ganzfried
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Celui qui dépose de l'argent chez son prochain : de nos jours, ou toutes nos affaires se font par le commerce et où tout le monde a besoin d'argent, on considère par défaut que le déposant a donné son accord pour que le dépositaire dépense cet argent lorsqu'il en aura besoin. C'est pourquoi il lui est permis de le dépenser, et cet argent est chez lui comme un prêt, sauf si le déposant a manifesté son intention de ne pas le...

הַמַּפְקִיד מָעוֹת אֵצֶל חֲבֵרוֹ, עַתָּה בַּזְּמַן הַזֶּה שֶׁכָּל עֲסָקֵינוּ בְּמַשָּׂא וּמַתָּן וְהַכֹּל צְרִיכִין לְמָעוֹת, מִן הַסְּתָם נִתְרַצָּה הַמַּפְקִיד, שֶׁהַנִּפְקָד יוֹצִיאֵן כְּשֶׁיִצְטָרֵךְ. וְלָכֵן מֻתָּר לוֹ לְהוֹצִיאָן, וַהֲרֵי הֵן אֶצְלוֹ כְּמוֹ מִלְוֶה, אֶלָּא אִם כֵּן גִּלָּה הַמַּפְקִיד דַּעְתּוֹ שֶׁאֵין רְצוֹנוֹ בְּכָךְ, כְּגוֹן שֶׁחֲתָמָן אוֹ קְשָרָן בְּקֶשֶׁר מְשֻׁנֶּה, אָז אֵין הַנִּפְקָד רַשַּׁאי לְהוֹצִיאָן.

Celui qui dépose de l'argent chez son prochain : de nos jours, ou toutes nos affaires se font par le commerce et où tout le monde a besoin d'argent, on considère par défaut que le déposant a donné son accord pour que le dépositaire dépense cet argent lorsqu'il en aura besoin. C'est pourquoi il lui est permis de le dépenser, et cet argent est chez lui comme un prêt, sauf si le déposant a manifesté son intention de ne pas le vouloir ainsi, par exemple s'il a scellé l'argent ou s'il l'a attaché par un nœud inhabituel : dans ce cas, le dépositaire n'a pas le droit de le dépenser.

הַמַּפְקִיד שְׁאָר חֵפֶץ אֵצֶל חֲבֵרוֹ, אָסוּר לְהַנִּפְקָד לְהִשְּׁתַּמֵּשׁ בְּחֵפֶץ זֶה לְצָרְכּוֹ. וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין הַחֵפֶץ מִתְקַלְקֵל כְּלָל בְּתַשְׁמִישׁ זֶה, מִכָּל מָקוֹם הֲוֵי שׁוֹאֵל שֶׁלֹּא מִדָּעַת.

וְשׁוֹאֵל שֶׁלֹּא מִדַּעַת, גַּזְלָן הוּא. וְאִם יָדוּעַ בְּבֵרוּר שֶׁאֵין הַמַּפְקִיד מַקְפִּיד עָלָיו, מֻתָּר.

וְיֵשׁ אוֹסְרִין גַּם בָּזֶה, מִשּׁוּם דְּפִקָּדוֹן אֲפִלּוּ בְדָבָר שֶׁאֵין דֶּרֶךְ בְּנֵי אָדָם לְהַקְפִּיד, אָסוּר, מִשּׁוּם דַּהֲוֵי שׁוֹלֵחַ יָד בַּפִּקָּדוֹן גַּם בִּכְהַאי גַּוְנָא. וְיֵשׁ לְהַחְמִיר.

Celui qui dépose un autre objet chez son prochain : il est interdit au dépositaire de se servir de cet objet pour ses propres besoins. Et même si l'objet ne s'abîme en rien par cet usage, il est malgré tout un emprunteur sans autorisation du propriétaire, et un emprunteur sans autorisation est un voleur (gazlan).

Et s'il est connu avec certitude que le déposant n'y voit pas d'objection, cela est permis. Certains interdisent également dans ce cas, car s'agissant d'un dépôt (pikadon), même pour une chose sur laquelle les gens n'ont pas l'habitude d'être pointilleux, cela est interdit, parce que, même dans un tel cas, il porte la main sur le dépôt (chole'ah yad ba-pikadon, usage indu du bien déposé).

Et il convient d'être rigoureux.

חַיָב לִשְׁמֹר אֶת הַפִּקָּדוֹן בְּאֹפֶן הַיוֹתֵר טוֹב כְּפִי הַדֶּרֶךְ לִשְׁמֹר חֲפָצִים כָּאֵלּוּ. וַאֲפִלּוּ אִם הוּא אֵינוֹ מְדַקְדֵק כָּל כָּךְ בִּשְׁמִירַת חֲפָצִים שֶׁלּוֹ בַּפִּקָּדוֹן, חַיָב לְדַקְדֵּק יוֹתֵר.

Il est obligé de garder le dépôt de la meilleure manière possible, selon la façon dont on a coutume de garder de tels objets. Et même s'il n'est pas lui-même très pointilleux dans la garde de ses propres objets, il est obligé d'être plus pointilleux pour le dépôt.

אֵין הַנִּפְקָד רַשַּׁאי לְהַפְקִיד אֶת הַפִּקָּדוֹן בְּיַד אֲחֵרִים, אֲפִלּוּ כְּשֵׁרִים וְנֶאֱמָנִים יוֹתֵר מִמֶּנּוּ, אֶלָּא אִם כֵּן הַמַּפְקִיד גַּם כֵּן רָגִיל לְהַפְקִיד דְּבָרִים כָּאֵלּוּ אֶצְלָם.

Le dépositaire n'a pas le droit de déposer le dépôt entre les mains d'autres personnes, même si elles sont plus dignes et plus fiables que lui, sauf si le déposant a lui aussi l'habitude de déposer de telles choses chez elles.

כְּשֶׁבָּא לְהַחֲזִיר אֶת הַפִּקָּדוֹן, לֹא יַחֲזִירֶנּוּ לְאֶחָד מִּבְּנֵי בֵיתוֹ שֶׁל הַמַּפְקִיד שֶׁלֹּא מִדַּעְתּוֹ. וְכֵן כְּשֶׁבָּא לְהַחֲזִיר לוֹ אֵיזֶה חֵפֶץ שֶׁהִשְׁאִיל לוֹ אוֹ לִפְרֹעַ חוֹבוֹ.

אֲבָל יָכוֹל לְהַחֲזִיר לְאִשְׁתּוֹ, כִּי מִן הַסְּתָם הִיא נוֹשֵׂאת וְנוֹתֶנֶת בְּתוֹךְ הַבַּיִת, וְהַבַּעַל מַפְקִיד כָּל אֲשֶׁר לוֹ בְּיָדָהּ.

Lorsqu'il vient rendre le dépôt, il ne le rendra pas à l'un des membres de la maison du déposant sans l'accord de celui-ci. Et il en va de même lorsqu'il vient lui rendre un objet qu'il lui avait prêté, ou payer sa dette.

Mais il peut le rendre à sa femme, car par défaut c'est elle qui gère les affaires à l'intérieur de la maison, et le mari lui confie tout ce qui lui appartient.