Celui qui rencontre son prochain sur le chemin et dont la bête est couchée sous sa charge, que la charge posée sur elle soit celle qui lui convient ou qu'elle soit plus lourde que ce qui lui convient, celui-là à l'obligation de l'aider à décharger, ainsi qu'il est dit : 'Tu l'aideras certainement avec lui' (Chemot 23,5). Et après avoir déchargé, il ne laissera pas son prochain dans la peine pour s'en aller, mais il l'aidera à...
מִי שֶׁפָּגַע בַּחֲבֵרוֹ בַּדֶּרֶךְ וּבְהֶמְתּוֹ רוֹבֶצֶת תַּחַת מַשָּׂאָהּ, בֵּין שֶׁהָיָה עָלֶיהָ מַשָּׂא הָרָאוּי לָהּ, בֵּין שֶׁהָיָה עָלֶיהָ יוֹתֵר מִמַּה שֶׁרָאוּי לָהּ, הֲרֵי זֶה מְצֻוֶה לְסַיְעוֹ לִפְרֹק מֵעָלֶיהָ, שֶׁנֶּאֱמַר, עָזֹב תַּעֲזֹב עִמּוֹ. וּלְאַחַר שֶׁפָּרַק, לֹא יַנִּיחַ אֶת חֲבֵרוֹ בְּצַעַר וְיֵלֵךְ לוֹ, אֶלָּא יַעֲזוֹר לוֹ לַחֲזוֹר וְלִטְעוֹן עָלֶיהָ, שֶׁנֶּאֱמַר, הָקֵם תָּקִים.
וְאִם הִנִּיחַ אֶת חַבֵרוֹ וְלֹא פָרַק וְלֹא טָעַן, בִּטֵּל מִצְוַת עֲשֵׂה וְעָבַר עַל מִצְוַת לֹא תַעֲשֶׂה, שֶׁנֶּאֱמַר, לֹא תִרְאֶה אֶת חֲמוֹר אָחִיךָ וְגוֹ'.
Celui qui rencontre son prochain sur le chemin et dont la bête est couchée sous sa charge, que la charge posée sur elle soit celle qui lui convient ou qu'elle soit plus lourde que ce qui lui convient, celui-là à l'obligation de l'aider à décharger, ainsi qu'il est dit : 'Tu l'aideras certainement avec lui' (Chemot 23,5). Et après avoir déchargé, il ne laissera pas son prochain dans la peine pour s'en aller, mais il l'aidera à charger de nouveau sur la bête, ainsi qu'il est dit : 'Tu le relèveras certainement' (Devarim 22,4).
Et s'il a laissé son prochain et n'a ni déchargé ni chargé, il a annulé une mitsva positive et transgressé une mitsva négative, ainsi qu'il est dit : 'Tu ne verras pas l'âne de ton frère, etc.' (Devarim 22,4).
פָּרַק וְטָעַן וְחָזַר וְנָפַל, חַיָב לִפְרֹק וְלִטְעֹן פַּעַם אַחֶרֶת, וַאֲפִלּוּ מֵאָה פְעָמִים, שֶׁנֶּאֱמַר, עָזֹב תַּעֲזֹב, הָקֵם תָּקִים עִמּוֹ. לְפִיכָךְ צָרִיךְ לֵילֵךְ עִמּוֹ עַד פַּרְסָה, שֶׁמָּא יִצְטָרֵךְ לוֹ, אֶלָּא אִם כֵּן אוֹמֵר לוֹ בַּעַל הַמַּשָּׂא, אֵינִי צָרִיךְ לָךְ.
S'il a déchargé et chargé, puis que la charge est tombée de nouveau, il est tenu de décharger et de charger une autre fois, et même cent fois, ainsi qu'il est dit : 'Tu l'aideras certainement, tu le relèveras certainement avec lui'. C'est pourquoi il doit marcher avec lui jusqu'à une parsa (mesure de distance), car il pourrait avoir besoin de lui, sauf si le maître de la charge lui dit : 'Je n'ai pas besoin de toi'.
מִצְוַת פְּרִיקָה, צָרִיךְ לַעֲשׂוֹת בְּחִנָּם. אֲבָל לִטְעֹן, אֵינוֹ מְחֻיָב אֶלָּא בְּשָׂכָר, וְכֵן בְּעַד מַה שֶּׁהוֹלֵךְ עִמּוֹ, מְחֻיָב לְֹשַלֵּם לוֹ.
La mitsva de décharger, il doit l'accomplir gratuitement. Mais pour charger, il n'y est tenu que contre salaire, et de même pour le trajet qu'il fait avec lui, on est tenu de le lui payer.
בֶּהֱמַת גוֹי, אִם הָיָה הַגּוֹי מְחַמֵּר אַחַר בְּהֶמְתּוֹ, בֵּין שֶׁהַמַּשָׂא הוּא שֶׁל יִשְֹרָאֵל בֵּין שֶׁהוּא שֶׁל גּוֹי, אֵינוֹ חַיָב, רַק לִפְרֹק, מִשּׁוּם צַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים, וְיָכוֹל לְקַבֵּל שָׂכָר עַל זֶה. אֲבָל לִטְעֹן, אֵינוֹ חַיָב כְּלָל, רַק אִי אִיכָּא מִשּׁוּם אֵיבָה.
וְאִם אֵין שָׁם גּוֹי, אֶלָּא יִשְֹרָאֵל מְחַמֵּר אַחַר הַבְּהֵמָה, חַיָב גַּם כֵּן לִטְעֹן מִשּׁוּם צַעַר הַיִשְֹרָאֵל. וְכֵן בֶּהֱמַת יִשְֹרָאֵל וְהַמַּשָּׂא שֶׁל גּוֹי, חַיָב לִפְרֹק וְלִטְעֹן מִשּׁוּם צַעַר הַיִשְֹרָאֵל.
La bête d'un non-Juif : si le non-Juif conduisait sa bête, que la charge appartienne à un Juif ou qu'elle appartienne au non-Juif, il n'est tenu que de décharger, en raison de la souffrance des êtres vivants (tsaar baalei hayim), et il peut recevoir un salaire pour cela. Mais pour charger, il n'y est pas tenu du tout, sauf s'il y a un motif d'hostilité.
Et s'il n'y a pas là de non-Juif, mais que c'est un Juif qui conduit la bête, il est également tenu de charger, en raison de la peine du Juif. De même, la bête d'un Juif avec une charge appartenant à un non-Juif, il est tenu de décharger et de charger, en raison de la peine du Juif.
כְּתִיב, כִּי תִרְאֶה חֲמוֹר שׂנַאֲךָ רֹבֵץ תַּחַת מַשָּׂאוֹ וְגוֹ', שׂוֹנֵא זֶה לֹא מֵהַגּוֹיִם הוּא, (שֶׁהֲרֵי אֵינָם בְּמִצְוַת טְעִינָה וּפְרִיקָה, אֶלָּא מִשּׁוּם צַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים), אֶלָּא מִיִשְֹרָאֵל. וְהֵיאַךְ יִהְיֶה יִשְֹרָאֵל שׂוֹנֵא לְיִשְֹרָאֵל, וְהַכָּתוּב אוֹמֵר, לֹא תִשְׂנָא אֶת אָחִיךָ בִּלְבָבֶךָ.
אָמְרוּ חֲכָמִים, כְּגוֹן שֶׁהוּא לְבַדּוֹ רָאָהוּ שֶׁעָבַר עֲבֵרָה, וְהִתְרָה בוֹ וְלֹא חָזַר, הֲרֵי מְצֻוֶּה לִשְׂנֹאתוֹ עַד שֶׁיַעֲשֶה תְשׁוּבָה וְיָשׁוּב מֵרִשְׁעָתוֹ. וְאַף עַל פִּי שֶׁעֲדַיִן לֹא עָשָׂה תְשׁוּבָה, אִם מְצָאוֹ בְּצַעַר עַל מַשָּׂאוֹ, מִצְוָה לִפְרֹק וְלִטְעֹן עִמּוֹ וְלֹא יַנִּיחֶנּוּ כָּךְ, כִּי שֶׁמָּא יִשְׁהֶה בִּשְׁבִיל מָמוֹנוֹ וְיָבוֹא לִידֵי סַכָּנָה, וְהַתּוֹרָה הִקְפִּידָה עַל נַפְשׁוֹת יִשְֹרָאֵל, בֵּין רְשָׁעִים בֵּין צַדִּיקִים, מֵאַחַר שֶׁהֵם נִלְוִים אֶל ה' וּמַאֲמִינִים בְעִקַּר הַדָּת, שֶׁנֶּאֱמַר, אֱמוֹר אֲלֵיהֶם חַי אָנִי נְאֻם ה' אֱלֹהִים אִם אֶחְפֹּץ בְּמוֹת הָרָשָׁע כִּי אִם בְּשׁוּב רָשָׁע מִדַרְכּוֹ וְחָיָה.
Il est écrit : 'Si tu vois l'âne de celui que tu hais couché sous sa charge, etc.' (Chemot 23,5). Cet ennemi n'est pas d'entre les non-Juifs (car ils ne sont pas compris dans la mitsva de charger et de décharger, sinon en raison de la souffrance des êtres vivants), mais il est d'Israël.
Et comment un Juif haïra-t-il un Juif, alors que le verset dit : 'Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur' (Vayikra 19,17) ? Les Sages ont dit : par exemple lorsque lui seul l'a vu commettre une transgression, qu'il l'a averti et qu'il n'est pas revenu, il a alors l'obligation de le haïr jusqu'à ce qu'il fasse techouva et revienne de sa méchanceté.
Et bien qu'il n'ait pas encore fait techouva, s'il le trouve dans la peine à cause de sa charge, c'est une mitsva de décharger et de charger avec lui et de ne pas le laisser ainsi, car il pourrait s'attarder pour son argent et en venir à un danger. Et la Torah s'est souciée des vies d'Israël, tant des méchants que des justes, dès lors qu'ils sont attachés à ה' et croient au principe de la religion, ainsi qu'il est dit : 'Dis-leur : par ma vie, dit ה' אֱ-לֹהִים, je ne désire pas la mort du méchant, mais que le méchant revienne de sa voie et vive' (Yehezkel 33,11).
בְּנֵי חֲבוּרָה שֶׁאֵרַע לְאֶחָד מֵהֶם שֶׁרַגְלֵי חֲמוֹרוֹ רָעוּעוֹת, אֵין בְּנֵי חֲבוּרָה רַשָּׁאִים לִפָּרֵד עִם חֲמוֹרֵיהֶם וּלְהַנִּיחוֹ לְבַדּוֹ בַדָּרֶך. אֲבָל אִם נָפַל חֲמוֹרוֹ וְאֵינוֹ יָכוֹל עוֹד לֵילֵךְ כְּלָל, רַשָּׁאִים לִפָּרֵד מִמֶּנּוּ, וְאֵין צְרִיכִין לְהִתְעַכֵּב בִּשְׁבִילוֹ יוֹתֵר מִדָּי.
וְכֵן בְּנֵי חֲבוּרָה שֶׁנּוֹסְעִין בַּעֲגָלוֹת, וְאֵרַע לְאֶחָד מֵהֶם אֵיזֶה קִלְקוּל, שֶׁצָּרִיךְ לִשְׁהוֹת מְעַט לְתַקֵן, אֵין חֲבֵרָיו רַשָּׁאִים לִפָּרֵד מִמֶּנּוּ, אֶלָּא אִם כֵּן צָרִיךְ לְהִתְעַכֵּב הַרְבֵּה יוֹתֵר מִדָּי.
Des membres d'une caravane, lorsqu'il est arrivé à l'un d'eux que les pattes de son âne sont affaiblies, les membres de la caravane n'ont pas le droit de se séparer avec leurs ânes et de le laisser seul sur le chemin. Mais si son âne est tombé et qu'il ne peut plus marcher du tout, ils ont le droit de se séparer de lui, et ils n'ont pas besoin de s'attarder pour lui plus que de mesure.
De même, des membres d'un groupe qui voyagent en charrettes, et qu'il arrive à l'un d'eux quelque avarie, de sorte qu'il doit s'arrêter un peu pour réparer, ses compagnons n'ont pas le droit de se séparer de lui, sauf s'il faut s'attarder beaucoup plus que de mesure.