קיצור שלחן ערוך

Kitsour Choulhan Aroukh — Siman 215

Rabbi Chlomo Ganzfried
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne s'afflige pas sur le mort plus que de mesure, car il est dit : Ne pleurez pas le mort et ne le plaignez pas (Jérémie 22,10). Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : est-il possible de parler ainsi ?

אֵין מִתְקַשִּׁין עַל הַמֵּת יוֹתֵר מִדָּי, שֶׁנֶּאֱמַר, אַל תִּבְכּוּ לְמֵת וְאַל תָּנוּדוּ לוֹ. וְאָמְרוּ חֲכָמֵינוּ, זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה, וְכִי אֶפְשָׁר לוֹמַר כֵּן.

אֶלָּא עַל תִּבְכּוּ לְמֵת יוֹתֵר מִדָּי, וְאַל תָּנוּדוּ לוֹ יוֹתֵר מִכְּשִׁעוּר. הָא כֵּיצַד.

שְׁלֹשָׁה יָמִים לְבֶכִי, שִׁבְעָה לְהֶסְפֵּד, וּשְׁלשִׁים לְגִהוּץ וּלְתִסְפֹּרֶת (וְכִמְבֹאָר לְעֵיל). מִכָּאן וְאֵילָךְ, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, אִי אַתֶּם רַשָּׁאִים לְרַחֵם עָלָיו יוֹתֵר מִמֶּנִּי.

וְאָמְרוּ חֲכָמֵינוּ, זכְרוֹנָם לִבְרָכָה, כָּל הַמִּתְקַשֶּׁה עַל הַמֵּת יוֹתֵר מִדָּי, עַל מֵת אַחֵר הוּא בוֹכֶה. בַּמֶּה דְבָרִים אֲמּוּרִים, בִּשְׁאָר הָעָם.

אֲבָל תַּלְמִיד חָכָם, הַכֹּל לְפִי חָכְמָתוֹ. וּמִכָּל מָקוֹם, אֵין בּוֹכִין עָלָיו יוֹתֵר מִשְּׁלשִׁים יוֹם, דְּלָא עָדִיף מִמּשֶׁה רַבֵּנוּ, עָלָיו הַשָּׁלוֹם, דִּכְתִיב בּוֹ, וַיִבְכּוּ בְנֵי יִשְֹרָאֵל אֶת משֶׁה וְגוֹ'.

שְׁלֹשִׁים יוֹם.

On ne s'afflige pas sur le mort plus que de mesure, car il est dit : Ne pleurez pas le mort et ne le plaignez pas (Jérémie 22,10). Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : est-il possible de parler ainsi ?

Mais cela veut dire : ne pleurez pas le mort plus que de mesure, et ne le plaignez pas au-delà de la mesure fixée. Comment cela ?

Trois jours pour les pleurs, sept pour le hesped (oraison funèbre), et trente pour le repassage des vêtements et la coupe de cheveux (comme cela a été expliqué plus haut). À partir de là, dit le Saint béni soit-Il, vous n'avez pas le droit d'avoir pitié de lui plus que Moi.

Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : quiconque s'afflige sur le mort plus que de mesure, c'est sur un autre mort qu'il pleure. Dans quel cas cela est-il dit ?

Pour le reste du peuple. Mais pour un talmid hakham (érudit en Torah), tout se mesure selon sa sagesse.

Et en tout cas, on ne pleure pas sur lui plus de trente jours, car il n'est pas supérieur à Moshe Rabbenou, la paix soit sur lui, dont il est écrit : Et les enfants d'Israël pleurèrent Moshe, etc., trente jours (Devarim 34,8).

אָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ, זִכְרוֹנָם לִבְרָכָה, אֶחָד מִבְּנֵי הַמִּשְׁפָּחָה שֶׁמֵּת, יִדְאֲגוּ כָּל הַמִּשְׁפָּחָה. מָֹשָל לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה, לְכִפָּה שֶל אֲבָנִים, כֵּיוָן שֶׁנִּזְדַּעזְעָה אַחַת מֵהֶן, נִזְדַּעְזְעוּ כֻלָן.

כְּלוֹמַר, שֶׁמִּדַת הַדִּין מָתוּחָה כְנֶגְדָּם עַד שֶׁתִּתְרַפֶּה מְעַט מְעָט. כִּי כָל שִׁבְעָה, הַחֶרֶב שְׁלוּפָה, וְעַד שְׁלֹשִׁים, הִיא רוֹפֶפֶת, וְאֵינָהּ חוֹזֶרֶת לְתַעְרָהּ עַד אַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ.

לְפִיכָךְ שְׁלשָׁה יָמִים הָרִאשׁוֹנִים, יִרְאֶה הָאָבֵל אֶת עַצְמוֹ, כְּאִלּוּ חֶרֶב מֻנַּחַת לוֹ בֵּין כְתֵפָיו. מִשְּׁלֹשָׁה וְעַד שִׁבְעָה, כְּאִלּוּ זְקוּפָה כְנֶגְדּוֹ בְּקֶרֶן זָוִית.

מִשִּׁבְעָה וְעַד שְׁלֹשִׁים, כְּאִלּוּ עוֹבֶרֶת לְפָנָיו בַּשּׁוּק. וְאַחַר כָּךְ כָּל אוֹתָהּ הַשָּׁנָה, עֲדַיִן מִדַּת הַדִּין מְתוּחָה כְּנֶגֶד אוֹתָה הַמִּשְׁפָּחָה.

וְאִם נוֹלַד בֵּן זָכָר בְּאוֹתָה מִשְׁפָּחָה, נִתְרַפְּאָה כָּל הַמִּשְׁפָּחָה. וְדַוְּקָא זָכָר.

דְזָכָר בָּא לָעוֹלָם, שָׁלוֹם בָּא לָעוֹלָם. וְכֵן אֶחָד מֵהַחֲבוּרָה שֶׁמֵּת, מִדַּת הַדִּין מְתוּחָה כְּנֶגֶד כָּל הַחֲבוּרָה וְיִדְאֲגו כֻלָּם.

Nos Maîtres, de mémoire bénie, ont dit : lorsque l'un des membres de la famille meurt, toute la famille doit s'inquiéter. À quoi la chose ressemble-t-elle ?

À une voûte de pierres : dès lors que l'une d'elles s'est ébranlée, toutes se sont ébranlées. C'est-à-dire que la midat hadin (mesure de rigueur) est tendue contre eux jusqu'à ce qu'elle se relâche peu à peu.

Car durant les sept jours, l'épée est dégainée ; et jusqu'à trente jours, elle est vacillante ; et elle ne retourne dans son fourreau qu'après douze mois. C'est pourquoi, durant les trois premiers jours, l'endeuillé doit se considérer lui-même comme si une épée était posée entre ses épaules.

Du troisième jour au septième, comme si elle était dressée face à lui dans un coin. Du septième au trentième, comme si elle passait devant lui dans la rue.

Et ensuite, durant toute cette année-là, la midat hadin est encore tendue contre cette famille. Et s'il naît un garçon dans cette famille, toute la famille est guérie.

Et précisément un garçon, car lorsqu'un mâle vient au monde, la paix vient au monde. De même, lorsque l'un des membres d'un groupe meurt, la midat hadin est tendue contre tout le groupe, et tous doivent s'inquiéter.

כָּל מִי שֶׁאֵינוֹ מִתְאַבֵּל כְּמוֹ שֶׁצִוּוּ חֲכָמִים, הֲרֵי זֶה אַכְזָר. אֶלָּא יֵעוֹר מִשְׁנָתוֹ, וְיִפְחַד וְיִדְאַג וִיפַשְׁפֵּשׁ בְּמַעֲשָׂיו, וְיַחֲזֹר בִּתְשׁוּבָה, אוּלַי יִנָצֵל מֵחַרְבּוֹ שֶׁל מַלְאַךְ הַמָּוֶת.

הֲרֵי הוּא אוֹמֵר, הִכִּיתָה אֹתָם וְלֹא חָלוּ, מִכְּלָל שֶׁצָּרִיךְ לְהָקִיץ וְלָחוּל וְלַחֲזוֹר בִּתשׁוּבָה.

Quiconque ne porte pas le deuil comme les Sages l'ont ordonné, celui-là est cruel. Il doit plutôt s'éveiller de son sommeil, craindre, s'inquiéter, examiner ses actes et revenir par la techouva (repentir), peut-être sera-t-il sauve de l'épée de l'ange de la mort.

Voici qu'il est dit : Tu les as frappés et ils n'ont pas été saisis de douleur (Jérémie 5,3) ; d'où l'on déduit qu'il faut s'éveiller, être saisi de douleur et revenir par la techouva.