משנה ברורה

Michna Beroura — siman 5

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · L'intention des berakhot
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On vise le sens des mots ; on prononce le Nom comme Adonaï, avec ses voyelles ; on vise aussi « Il était, Il est et Il sera », surtout au Chema.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] L’intention des berakhot — viser le sens des mots et le Nom [FAIRE] Viser le sens | On ne jette pas la berakha de sa bouche : on vise au moment de la dire et l’on bénit posément. Même pour netilat yadayim, fruits ou mitsvot habituelles, diriger le cœur vers le Créateur qui a prodigué Sa bonté et commandé les mitsvot — non par habitude, lèvres sans cœur. [FAIRE] Lire le Nom en Adnout | Il est interdit de lire le Nom comme il est écrit. On le lit comme s’il était écrit Adonaï, avec ses voyelles : alef en hataf patah (ni patah seul ni cheva seul), dalet en holam, noun en kamats ; faire sentir le youd pour qu’il soit distinct. Par l’intention seulement on vise le Nom Havaya. Motif de cantilation : milra. [FAIRE] « Il était, Il est et Il sera » | Au Chema, viser aussi ce sens du Nom. Ailleurs, selon le Gra, il suffit de viser le sens de la lecture. Où il est écrit Alef-Dalet, tous s’accordent : viser seulement qu’Il est Maître de tout. [EVITER] Interrompre un Nom commencé | S’il raconte les bontés de ה' et a déjà mentionné le Nom pour achever sur ce que ה' lui a fait, on ne l’interrompt pas : de peur qu’il n’achève pas et que le Nom soit en vain. [CAS:OUI] Interrompre une malédiction | S’il veut maudire et a commencé par le Nom, c’est une mitsva de l’interrompre pour qu’il n’achève pas et ne faute pas (Séfer Hassidim, R. Akiva Eiger). [REMA] Lecture et secrets | Le Gra : partout on suit la lecture, même si l’écriture recèle de grands secrets ; l’exception est le Chema, où l’on vise aussi « qu’Il était, Il est et Il sera ». [SYNTHESE] On bénit posément en visant le sens. Le Nom se lit Adonaï avec ses voyelles ; l’intention vise Havaya, et au Chema aussi « Il était, Il est et Il sera ». On n’interrompt pas qui a commencé le Nom pour achever une louange ; on interrompt qui l’a commencé pour maudire.

Glossaire

Adnout
prononciation du Nom comme Adonaï
Havaya
le Tétragramme
hataf patah
voyelle composée (semi-ouverte)
milra
accent tonique sur la dernière syllabe

(א) פירוש המלות - כמו שאחז"ל [ברכות מ"ז] שלא יזרוק הברכה מפיו אלא יכוין בעת האמירה ויברך בנחת וז"ל ס"ח סי' מ"ו כשהוא נוטל ידיו או שמברך על הפירות או על המצות השגורות בפי כל אדם יכוין לבו לשם בוראו אשר הפליא חסדו עמו ונתן לו הפירות או הלחם להנות מהם וציוהו על המצות ולא יעשה כאדם העושה דבר במנהג ומוציא דברים מפיו בלא הגיון הלב ועל דבר זה חרה אף ה' בעמו ושלח לנו ביד ישעיה ואמר יען כי ניגש העם הזה בפיו ובשפתיו כבדוני ולבו רחק ממני ועי"ש עוד מה שהאריך בגודל העונש עבור זה:

Le sens des mots - comme l'ont dit nos Sages [Berakhot 47a], qu'on ne jette pas la berakha de sa bouche, mais qu'on vise au moment de la dire et qu'on bénisse posément. Voici les termes du Séfer Hassidim, siman 46 : quand on fait netilat yadayim, ou qu'on bénit sur les fruits ou sur les mitsvot habituelles à toute bouche, qu'on dirige son cœur vers son Créateur, qui a prodigué Sa bonté envers lui et lui a donné les fruits ou le pain pour en jouir, et lui a commandé les mitsvot ; et qu'on n'agisse pas comme celui qui fait une chose par habitude et sort les mots de sa bouche sans que le cœur y pense. C'est pour cela que la colère de ה' s'est enflammée contre Son peuple, et Il nous a envoyé par Isaïe : « Parce que ce peuple s'approche de Moi de sa bouche et de ses lèvres pour M'honorer, mais son cœur est loin de Moi. » Voir encore là-bas ce qu'il a développé sur la gravité de la punition pour cela.

(ב) קריאתו באדנות - כי השם הנכבד והנורא אסור לקרותו ככתבו כמשאחז"ל ההוגה את השם באותיותיו אין לו חלק לעוה"ב אלא צריך לקרותו כאלו היה כתוב שם אדני וגם בנקודת אדני דהיינו האלף בחטף פתח אבל לא בפתח לבד או בשב"א לבד והד' בחולם והנון בקמץ וידגיש היו"ד שתהא ניכרת יפה רק בכונה יכוין לשם הוייה. וטעם הנגינה הוא מלרע:

Sa lecture en Adnout - car le Nom honorable et redoutable, il est interdit de le lire comme il est écrit, ainsi que l'ont dit nos Sages : celui qui prononce le Nom selon ses lettres n'a pas de part au monde futur ; il faut le lire comme s'il était écrit Adonaï, et aussi avec les voyelles d'Adonaï, c'est-à-dire l'alef en hataf patah, mais non en patah seul ni en cheva seul, le dalet en holam et le noun en kamats, et l'on fera sentir le youd pour qu'il soit bien distinct ; seulement par l'intention on visera le Nom Havaya. Le motif de cantilation est milra.

(ג) שהיה וכו' - ובביאור הגר"א כתב דלפי עומק הדין א"צ לכוין אלא פי' קריאתו דבכל מקום הולכין אחר הקריאה אף שיש בהכתיבה סודות גדולות לבד בקריאת שמע שם צריך לכוין ג"כ שהיה וכו' עי"ש. ובמקום שנכתב בא"ד לכו"ע אין צריך לכוין אלא שהוא אדון הכל. אם אחד מספר חסדי ה' שעשה לו ומתחלה מזכיר השם ורוצה לגמור דבריו מה שעשה לו ה' אסור להפסיקו בדברים שמא מתוך כך לא יגמור דבריו ונמצא שהזכיר ש"ש בחנם אבל אם רוצה לקלל שום אדם והתחיל בשם מצוה להפסיקו שלא יגמור דבריו ולא יחטא [ס"ח והובא בחידושי רע"א]:

« Qu'Il était, etc. » - et dans le commentaire du Gra, il a écrit que selon la profondeur de la loi, il n'est besoin de viser que le sens de sa lecture, car partout on suit la lecture, même s'il y a dans l'écriture de grands secrets ; sauf à la lecture du Chema, là il faut viser aussi « qu'Il était, etc. », voir là-bas. Et là où il est écrit Alef-Dalet, tous s'accordent qu'il n'est besoin de viser que le fait qu'Il est Maître de tout. Si quelqu'un raconte les bontés de ה' qu'Il lui a faites, et qu'au début il mentionne le Nom et veut achever ses paroles sur ce que ה' lui a fait, il est interdit de l'interrompre par des propos, de peur que de ce fait il n'achève pas ses paroles et qu'il se trouve avoir mentionné le Nom en vain ; mais s'il veut maudire quelqu'un et a commencé par le Nom, c'est une mitsva de l'interrompre pour qu'il n'achève pas ses paroles et ne faute pas [Séfer Hassidim, rapporté dans les hidouchim de R. Akiva Eiger].