משנה ברורה

Michna Beroura — siman 8

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lois des tsitsit et de l'enveloppement
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Quand et comment s'envelopper du talit et bénir ; talit gadol et talit katan ; vérification des fils ; interruptions, changement de lieu, chute du talit ; intention de faire s'acquitter l'un par l'autre.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Lois des tsitsit et de l’enveloppement — talit gadol et katan, vérification, interruptions, chute, intention d’acquitter [FAIRE] S’envelopper aussitôt | Dès après netilat yadayim, afin de ne pas marcher quatre coudées sans tsitsit. [FAIRE] Debout, berakha avant l’acte | Enveloppement et berakha se font debout lekhathila. La berakha précède l’enveloppement : talit déjà en main, prêt à s’en servir — non encore plié (« avant l’avant »). [FAIRE] Enveloppement qui acquitte selon tous | Couvrir la tête du talit jusqu’à la bouche, jeter les quatre tsitsit à gauche le temps de quatre coudées, puis laisser apparaître un peu les tefilin de tête et placer chaque tsitsit à sa place. Rester enveloppé au moins le temps de quatre coudées. [FAIRE] Formule | Sur le talit gadol : « à s’envelopper ». Sur le talit katan dont on ne s’enveloppe pas : « sur la mitsva de tsitsit ». Prononcer « batsitsit » avec un cheva sous le beit. [FAIRE] Bénir le gadol et viser le katan | Usage de notre temps. Mieux que deux berakhot, qui risquent une berakha inutile. Au moment de la berakha, tsitsit découverts le temps de quatre coudées. [FAIRE] Vérifier les fils chaque matin | Chaque vêtement, aussi du trou au nœud (un seul fil rompu là invalide). Même le Chabbat selon Bach et Eliya Rabba. Séparer les fils pour qu’ils ne soient pas enchevêtrés. [FAIRE] Palper les tsitsit | Si l’on bénit déjà revêtu : cela compte un peu comme si on le revêtait alors. De même si le talit est tombé pendant les dix-huit et qu’on le remet : palper et bénir une fois la tefila finie. [FAIRE] Laisser voir les tsitsit | « Vous le verrez et vous vous souviendrez ». Le Maguen Avraham : les tsitsit du katan au-dehors, non enfoncés dans les coins. [EVITER] Talit plié autour du cou | Les voyageurs qui le font pendre sur les épaules ne s’acquittent pas : ce n’est pas un enveloppement selon tous. [EVITER] Tirer le talit au milieu de sa longueur | La tête au milieu du talit ne s’appelle pas enveloppement. [EVITER] Enfoncer les tsitsit dans le pantalon | On ferme les yeux sur le verset et l’on avilit la mitsva. Parmi les nations, les rentrer dans le coin suffit ; on n’a pas à les cacher entièrement. [EVITER] Bénir sur le katan si l’on revêt le gadol aussitôt | Provocation d’une berakha inutile. De même, ne pas parler entre les deux. [EVITER] Bénir le talit encore plié | Ce serait avant l’accomplissement de l’accomplissement. [CAS:OUI] Bediavad | Enveloppement ou berakha assis : on s’acquitte. Formule inversée (« à s’envelopper » sur un katan, « sur la mitsva » sur un gadol) : on s’acquitte. [CAS:OUI] Un seul bénit pour plusieurs | L’auditeur vise à s’acquitter, le bénédisant à faire s’acquitter ; répondre amen. Même déjà quitte ou sans s’envelopper (tout Israël garant). Aujourd’hui on n’en use plus, faute d’expertise à viser. Chéhéyanou sur talit neuf : chacun pour soi. [CAS:OUI] Mesure du talit katan | Enfant de neuf ans s’y couvre tête et majeure partie du corps ; adulte de treize n’a pas honte d’en sortir à l’occasion. Au moins trois quarts de coudée de chaque côté ; le trou du col ne compte pas ; ouvert en majeure partie. Hommes d’action : une coudée devant et une derrière. [CAS:OUI] Vérification déjà faite | Si l’on manquerait le minyan ou une montée à la Torah, on revêt sans revérifier pourvu que les fils fussent entiers hier. Talit emprunté pour monter (on n’y bénit pas) : pas de vérification. Vérifié en l’ôtant et mis dans l’étui : pas besoin le lendemain. Ôté puis remis peu après : nouvelle berakha si l’esprit s’est diverti, pas de nouvelle vérification. En retard pour le minyan : pas besoin d’être minutieux à démêler les fils. [CAS:OUI] Ôté avec intention de le remettre aussitôt | Pas de nouvelle berakha, même sans katan restant, même après un passage aux commodités (le talit n’y est pas interdit de par la loi). Ôté pendant la tefila : comme si l’on avait l’intention de le reprendre. Chambre à chambre n’est pas un changement de lieu si l’on avait l’intention. [CAS:OUI] Tombé de la main avant l’enveloppement | Ramassé et revêtu : pas de seconde berakha. Tsitsit invalidés alors et réparés aussitôt : pas de seconde berakha (la mitsva n’avait pas encore été faite). [CAS:NON] Changement de lieu vers le beit haknesset | Le trajet n’est pas une interruption, mais les Aharonim exigent une berakha sur le gadol à cause du changement de lieu. Hayé Adam ne bénit que si le trajet est loin, ou sans intention au moment de la berakha, ou avec diversion d’esprit. [CAS:NON] Talit tombé de tout le corps | Nouvelle berakha, même s’il en reste dans la main ou qu’un katan reste. Tombé tout seul, sans intention : la mitsva s’en est allée. Si la majeure partie seulement est tombée, le Mé’haber est souple ; Taz, Eliya Rabba et le Gra contestent. [CAS:NON] Ôté sans intention de le remettre aussitôt | Ou plié dans son étui, ou esprit diverti ensuite : nouvelle berakha selon tous, même s’il reste un katan. [CAS:NON] Nuit et sommeil de midi | La nuit n’est pas le temps des tsitsit : interruption selon l’auteur ; certains contestent (doute de berakhot vers l’indulgence). Viser à l’exempter par le gadol. Si ôté pour ne pas le remettre aussitôt, berakha selon tous. Sommeil de midi : doutes ; bon de rester couvert, alors pas de berakha en le remettant. [REMA] Couvre-chef et atara | Taz : bon de garder le petit bonnet sous le talit pendant la tefila. Bach : talit sur la tête du début à la fin. Ari : couvrir les tefilin de tête sans les couvrir entièrement. Couronne de soie pour garder les tsitsit de devant — l’Ari n’y tenait pas. Un jeune homme ne couvrait pas sa tête du talit, même talmid ḥakham (Guemara). Qui ne bénit jamais sur le katan et s’acquitte par le gadol n’a pas besoin de s’en envelopper. [REMA] Intention, parole, bascule | « Afin que vous vous souveniez » : lekhathila pour la perfection ; bediavad, viser la mitsva positive suffit (Pri Megadim, Gra). Silence même long n’est pas interruption bediavad. Parole nécessaire à l’habillage : pas de nouvelle berakha. Parole inutile : on ne bénit pas de nouveau (doute). Sans intention explicite, la berakha d’un seul vêtement ne s’étend pas aux autres si l’on n’a coutume d’en revêtir qu’un. Si l’on a commencé la berakha du talit, qu’on le retire avant la fin, et que des tefilin sont devant soi : on peut achever « de poser les tefilin » (Hilkhot Ketanot). [SYNTHESE] On s’enveloppe debout dès après netilat yadayim, on bénit avant l’acte, on vérifie les fils, on vise le katan par le gadol et l’on laisse voir les tsitsit. Parole inutile, changement de lieu, chute totale, enlèvement sans intention de reprendre ou nuit peuvent exiger une nouvelle berakha ; l’intention explicite et le katan restant atténuent selon les cas.

Glossaire

lekhathila
a priori
bediavad
après coup
guezéra chava
analogie verbale scripturaire
omer
gerbe d'orge offerte le second jour de Pessaḥ
talmid ḥakham
érudit de Torah
Chéhéyanou
berakha « qui nous a fait vivre »
souka
cabane de Soukkot
Présence
Chekhina

(א) יתעטף בציצית – מיד אחר נטילת ידיים, כדי שלא ילך ארבע אמות בלא ציצית.

Il s'enveloppera de tsitsit - aussitôt après netilat yadayim, afin de ne pas marcher quatre coudées sans tsitsit.

(ב) מעומד – רוצה לומר, העטיפה והברכה שתיהן בעמידה. העטיפה, משום דכתיב "לכם", וילפינן גזרה שווה מעומר דכתיב גם כן "לכם", ובעומר כתיב: "מהחל חרמש בקמה", ודרשינן "בקוֹמה". והברכה, משום דכל ברכת המצוות צריך להיות בעמידה. והוא רק לכתחילה, דבדיעבד יצא בשתיהן בכל גווני. והסכימו רוב האחרונים דלכתחילה צריך להיות הברכה קודם העטיפה, דהיינו בשעה שהוא אוחזו בידו ורוצה להתעטף בו, דזהו עובר לעשייתן ממש. ולא יקדים בשעה שעדיין הטלית מקופלת, דזהו עובר דעובר.

Debout - c'est-à-dire que l'enveloppement et la berakha se font tous deux debout. L'enveloppement, parce qu'il est écrit « pour vous », et l'on apprend une guezéra chava de l'omer, où il est aussi écrit « pour vous », et à propos de l'omer il est écrit : « dès que la faucille commence à la moisson sur pied », et l'on explique « debout ». Et la berakha, parce que toute berakha des mitsvot doit se faire debout. Cela n'est que lekhathila (a priori) ; bediavad (après coup), on s'est acquitté des deux de toute manière. La plupart des Aharonim sont d'accord qu'a priori la berakha doit précéder l'enveloppement, c'est-à-dire au moment où l'on tient le talit en main et que l'on veut s'en envelopper, car c'est réellement avant l'accomplissement. Qu'on ne la devance pas tandis que le talit est encore plié, car ce serait « avant l'avant ».

(ג) בגילוי הראש – דאף על גב דמברכינן "להתעטף", כיסוי הגוף לחודיה הוי עיטוף, והוא עיקר העיטוף. ועוברי דרכים, שמניחין הטלית כשהוא מקופל ומשלשלים סביב צווארם על כתפיהן, אין יוצאין ידי חובת ציצית בזה, דבכהאי גוונא – לכולי עלמא לאו עיטוף הוא.

La tête découverte - car bien que l'on bénisse « à s'envelopper », le seul couvrement du corps est un enveloppement, et c'est l'essentiel de l'enveloppement. Les voyageurs qui posent le talit plié et le font pendre autour du cou sur les épaules ne s'acquittent pas ainsi de l'obligation de tsitsit, car de cette manière, tous s'accordent que ce n'est pas un enveloppement.

(ד) בטלית – שכיסוי זה מכניע לב האדם ומביאו לידי יראת שמים. ועיין בט"ז, שדעתו דנכון שלא יסיר הכובע הקטן שעל ראשו בעת התפילה, אף שהוא מכסה ראשו בהטלית גם כן. וכתב הב"ח דצריך שיהא הטלית על ראשו מתחילת התפלה עד סופה. ועל כל פנים יעמוד כך מעוטף לפחות כדי הילוך ארבע אמות. כתוב בכוונות האר"י ז"ל: היה מכסה הטלית על התפילין של ראש. ועיין סוף סימן כ"ז דעל כל פנים לא יכסה לגמרי. בשעת עטיפה מכסה ראשו בהטלית עד שיגיע עד פיו, ומשליך כל הארבע ציציות לצד שמאל כדי הילוך ארבע אמות. ואחר כך יסיר העטיפה, עד שהשל ראש יהיה נראה קצת, וכנ"ל. ויעמיד כל אחת מהציצית על מקומה, וכדאיתא בסעיף ד'. וזהו העטיפה שיוצאין בה לכולי עלמא. ולא כמו שנוהגין איזה אנשים, שמושכין הטלית על עצמן עד שמגיע הראש לחצי אורך הטלית ומתעטפין בו, דזהו איננו נקרא עטיפה, עיין במועד קטן כד א. משמע בגמרא שבחור לא היה מכסה ראשו בטלית, אפילו הוא תלמיד חכם.

Du talit - car ce couvrement humilie le cœur de l'homme et l'amène à la crainte du Ciel. Voir le Taz, dont l'avis est qu'il est bon de ne pas ôter le petit bonnet de sa tête pendant la tefila, même s'il couvre aussi sa tête du talit. Le Bach a écrit qu'il faut que le talit soit sur sa tête du début de la tefila jusqu'à la fin. En tout cas, qu'il se tienne ainsi enveloppé au moins le temps de parcourir quatre coudées. Il est écrit dans les Kavanol de l'Ari zal : il couvrait les tefilin de tête avec le talit. Voir la fin du siman 27 : en tout cas, qu'on ne les couvre pas entièrement. Au moment de l'enveloppement, on couvre sa tête du talit jusqu'à ce qu'il arrive à la bouche, et l'on jette les quatre tsitsit du côté gauche le temps de parcourir quatre coudées. Ensuite on ôte l'enveloppement jusqu'à ce que les tefilin de tête apparaissent un peu, comme ci-dessus. Et l'on placera chacun des tsitsit à sa place, comme il est dit au seif 4. C'est l'enveloppement par lequel on s'acquitte selon tous. Et non comme usent certaines personnes, qui tirent le talit sur elles jusqu'à ce que la tête arrive au milieu de la longueur du talit et s'en enveloppent : cela ne s'appelle pas enveloppement ; voir Moèd Katan 24a. Il appert dans la Guemara qu'un jeune homme ne couvrait pas sa tête du talit, même s'il était un talmid ḥakham.

(ה) טליתות קטנים – והוא שיש בהם שיעור שהקטן בן תשע שנים יתכסה בו ראשו ורובו, וגדול בן שלוש עשרה שנים על כל פנים לא יתבייש לצאת בו באקראי ברחוב, וכדלקמן בסימן ט"ז, עיין שם במשנה ברורה.

Les petits talit - pourvu qu'ils aient la mesure telle qu'un enfant de neuf ans s'y couvre la tête et la majeure partie du corps, et qu'un adulte de treize ans du moins n'ait pas honte d'en sortir à l'occasion dans la rue, comme plus loin siman 16 ; voir là-bas dans le Michna Beroura.

(ו) יוצאין בהם – דהאידנא כל כסות שלנו דרך כיסוי הם, ועיטוף לא רמיזא באורייתא.

On s'acquitte par eux - car aujourd'hui tous nos vêtements sont un mode de couvrement, et l'enveloppement n'est pas indiqué dans la Torah.

(ז) מעוטף – כדי לצאת נמי דעת הסוברים דבעינן דווקא עיטוף. ונראה דהנוהגין שלא לברך כלל על הטלית קטן, רק פוטרין אותו בברכת הטלית גדול, אין צריך כלל להתעטף בו. ועיין במגן אברהם ובביאור הגר"א.[1]

Enveloppé - afin de s'acquitter aussi de l'avis de ceux qui exigent précisément un enveloppement. Il semble que ceux qui ont l'usage de ne pas bénir du tout sur le talit katan, et de s'en acquitter par la berakha du talit gadol, n'ont pas du tout besoin de s'en envelopper. Voir le Maguen Avraham et le commentaire du Gra.

(ח) ואחר כך – דעיקר הקפידא בעת לבישה.

Et ensuite - car l'essentiel de l'exigence est au moment de l'habillage.

(ט) ציציות – נהגו לעשות עטרה מחתיכת משי, לסימן שאותן ציציות שלפניו יהיו לעולם לפניו, כמו שאמרו חז"ל: קרש שזכה בצפון היה לעולם בצפון. ובכתבי האר"י ז"ל כתב שלא היה האר"י ז"ל מקפיד על זה.

Les tsitsit - on a pris l'usage de faire une couronne d'un morceau de soie, en signe que les tsitsit de devant restent toujours devant, comme l'ont dit nos Sages : la planche qui a mérité le nord était toujours au nord. Dans les écrits de l'Ari zal, il est écrit que l'Ari zal n'y tenait pas.

(י) בציצית – בשו"א תחת הבי"ת:

« Batsitsit » - avec un cheva sous le beit.

(יא) בטלית – והוא הדין בתפילין וכל ברכת המצוות.

Du talit - et de même pour les tefilin et toute berakha des mitsvot.

(יב) כאחת – פירוש, כל אחד מתעטף בטלית מיוחד, אלא שבפעם אחת נעשו כל העטיפות, לאפוקי לאחר כדי דיבור לברכתו דהוי הפסק, וצריך כל אחד לברך לעצמו. ועיין לקמן סימן ר"ו סעיף ג'.

En une fois - c'est-à-dire que chacun s'enveloppe d'un talit distinct, mais que tous les enveloppements se font en une même fois ; à l'exclusion de celui qui bénit après un délai de parole, ce qui est une interruption, et chacun doit bénir pour soi. Voir plus loin siman 206 seif 3.

(יג) ואם רצו – מלשון זה משמע דיותר טוב שכולם יברכו. ובאמת אדרבה, לכתחילה יותר טוב שאחד יברך ויוציא את האחרים, משום "ברוב עם הדרת מלך", וכדלקמן בסימן רח"צ סעיף י"ד. אך לא נהגו עכשיו כן. ואפשר משום שאין הכל בקיאין להתכוון לצאת ולהוציא. ועיין בשערי תשובה.

Et s'ils le veulent - de cette formulation il appert qu'il est mieux que tous bénissent. En vérité, au contraire, a priori il est mieux qu'un seul bénisse et fasse s'acquitter les autres, à cause de « dans la multitude du peuple est la gloire du Roi », comme plus loin siman 298 seif 14. Mais on n'en use plus ainsi aujourd'hui. Peut-être parce que tous ne sont pas experts à viser à s'acquitter et à faire s'acquitter. Voir le Chaarei Techouva.

(יד) אחד מברך – ומוציא את האחרים, ואפילו הם בקיאים. ובלבד שיתכוין השומע לצאת והמשמיע להוציא. ויותר מזה, דאפילו אם המברך כבר יצא לעצמו, או שאינו מתעטף כלל, יכול להוציא אחרים בברכתו, דכל ישראל ערבים זה בזה. אך בזה יש אומרים דאינו מוציא אלא דווקא מי שאינו בקי. כתב הפרי מגדים: אם כמה אנשים קנו טליתים חדשים, ועשו בהם ציצית, ולא ברכו "שהחיינו", דמברכין בעיטוף ראשון כמבואר בסימן כ"ב, נהי דאחד יכול לברך "להתעטף" בשביל כולם, אבל ברכת "שהחיינו" – כל אחד בעצמו יברך.

L'un bénit - et fait s'acquitter les autres, même s'ils sont experts. Pourvu que l'auditeur vise à s'acquitter et que celui qui fait entendre vise à faire s'acquitter. Bien plus : même si le bénédisant s'est déjà acquitté pour lui-même, ou ne s'enveloppe pas du tout, il peut faire s'acquitter les autres par sa berakha, car tout Israël est garant l'un de l'autre. Mais en cela, certains disent qu'il ne fait s'acquitter que celui qui n'est pas expert. Le Pri Megadim a écrit : si plusieurs ont acheté de nouveaux talit et y ont mis des tsitsit, et n'ont pas béni Chéhéyanou — que l'on bénit au premier enveloppement, comme exposé siman 22 —, il est vrai qu'un seul peut bénir « à s'envelopper » pour tous, mais la berakha Chéhéyanou, chacun la bénira lui-même.

(טו) יענו אמן – אף דבלאו הכי צריך לענות אמן אחר כל ברכה, מכל מקום בזו שרוצה לצאת בה – החיוב יותר, שֶמורֶה בזה בפועל שהוא מתכוין לצאת בה. מיהו בדיעבד אפילו לא ענה אמן יצא, וכדלקמן בסימן רי"ג סעיף ב'.

Ils répondront amen - bien que de toute façon il faille répondre amen après toute berakha, néanmoins dans celle-ci, par laquelle on veut s'acquitter, l'obligation est plus grande, car cela montre en acte qu'on vise à s'acquitter par elle. Toutefois après coup, même si l'on n'a pas répondu amen, on s'est acquitté, comme plus loin siman 213 seif 2.

(טז) אלא לובשו – והברכה הוא "להתעטף", כי נוסח הברכה כך הוא, כמו "לישב בסוכה".

Mais il le revêt - et la berakha est « à s'envelopper », car tel est le texte de la berakha, comme « à s'asseoir dans la souka ».

(יז) ואין לשנות – היינו בטלית קטן שלנו, שאין מתעטפין בו. אבל בטלית קטן שמתעטף בו, כמבואר בסעיף ג', יכול לכתחילה לברך "להתעטף". ובדיעבד, אם בירך בכל טלית קטן "להתעטף", או שבירך על טלית גדול "על מצוַת ציצית", יצא. ודע, דאין לברך על טלית קטן עד שיהיה על כל פנים אורכו שלושת רבעי אמה לכל צד, ונקב בית הצוואר אין עולה מן המניין. וגם שיהיה פתוח רובו. ואנשי מעשה נוהגין אמה מלפניהם ואמה מלאחריהם. ועיין במשנה ברורה וביאור הלכה בסימן ט"ז מה שכתבתי עוד מעניין זה.

Et l'on ne changera pas - c'est-à-dire pour notre talit katan, dont on ne s'enveloppe pas. Mais pour un talit katan dont on s'enveloppe, comme exposé au seif 3, on peut a priori bénir « à s'envelopper ». Et après coup, si l'on a béni sur tout talit katan « à s'envelopper », ou sur un talit gadol « sur la mitsva de tsitsit », on s'est acquitté. Sache qu'on ne bénira pas sur un talit katan avant qu'il ait du moins une longueur de trois quarts de coudée de chaque côté, et le trou du col n'entre pas en compte. Qu'il soit aussi ouvert en majeure partie. Les hommes d'action ont l'usage d'une coudée devant eux et une coudée derrière eux. Voir le Michna Beroura et le Biour Halakha au siman 16 sur ce que nous avons encore écrit à ce sujet.

(יח) זה מזה – כל חוט בפני עצמו, שלא יהיו מסובכין אחד בחבירו. ואם נשתהא לבוא לבית הכנסת, ועל ידי זה יתבטל מלהתפלל בציבור, כתב המגן אברהם דאין צריך לדקדק בזה. ועיין בביאור הלכה[2]. כתב האר"י: "ציצת" ראשי תיבות: צדיק יפריד ציציותיו תמיד.

Les uns des autres - chaque fil à part, qu'ils ne soient pas enchevêtrés l'un dans l'autre. Si l'on a tardé à venir au beit haknesset, et que de ce fait on manquerait de prier avec le tsibbour, le Maguen Avraham a écrit qu'il n'est pas besoin d'y être minutieux. Voir le Biour Halakha. L'Ari a écrit : « tsitsit » est l'acrostiche de « le juste séparera toujours ses tsitsit ».

(יט) יכוין בהתעטפו – וזהו מלבד הכוונה שצריך לכוין בלבישה לקיים מצוַת ציצית. וכתב הב"ח שכן הדין בתפילין וסוכה: אף דבשאר מצוות יוצא אף שלא מכוין בה דבר, כי אם שעושה המצוה לשם ה' שציווה לעשותה, הנך שאני. דבציצית כתיב "למען תזכרו", ובתפילין – "למען תהיה תורת ה' בפיך", ובסוכה – "למען ידעו דורותיכם". ומכל מקום נראה דכל זה לכתחילה כדי לקיים המצווה בשלמותה; אבל בדיעבד, אף אם לא כיוון בכל אלו, רק לקיים המצוַת עשה, יצא. ואחר כך מצאתי בפרי מגדים בסימן כ"ה שכתב כן (וכן משמע בעולת תמיד ובביאור הגר"א, שאפילו בציצית אין הכוונה לעיכובא).

Il visera en s'enveloppant - et cela s'ajoute à l'intention qu'il faut viser en s'habillant pour accomplir la mitsva de tsitsit. Le Bach a écrit qu'il en est de même pour les tefilin et la souka : bien que pour les autres mitsvot on s'acquitte même sans viser en elles une chose particulière, sinon que l'on fait la mitsva au nom de ה' qui a commandé de la faire, celles-ci sont différentes. Car pour les tsitsit il est écrit « afin que vous vous souveniez », pour les tefilin « afin que la Torah de ה' soit dans ta bouche », et pour la souka « afin que vos générations sachent ». Néanmoins, il semble que tout cela n'est qu'a priori, pour accomplir la mitsva dans sa perfection ; mais après coup, même si l'on n'a pas visé tout cela, seulement à accomplir la mitsva positive, on s'est acquitté. Ensuite j'ai trouvé dans le Pri Megadim siman 25 qu'il a écrit ainsi (et ainsi cela se dégage de Olath Tamid et du commentaire du Gra : même pour les tsitsit, l'intention n'est pas indispensable).

(כ) יעיין – משמע מדברי הב"ח ואליהו רבא דגם בשבת יש לבדוק הטלית. ועיין בסימן י"ג בביאור הלכה[3].

Il examinera - il appert des propos du Bach et d'Eliahou Rabba que même le Chabbat il faut vérifier le talit. Voir siman 13 dans le Biour Halakha.

(כא) בחוטי הציצית – גם צריך לבודקן למעלה במקום נקב הטלית עד הקשירה, דשם פסול אפילו בנפסק חוט אחד. ועיין בביאור הלכה[4].

Les fils des tsitsit - il faut aussi les vérifier en haut, à l'endroit du trou du talit jusqu'au nœud, car là un seul fil rompu suffit à invalider. Voir le Biour Halakha.

(כב) לבטלה – אף על גב דבלאו הכי יש חשש איסור, שילבש בגד של ארבע כנפות בלי ציצית, מכל מקום מוקמי ליה אחזקתיה שהיה כשר; רק משום חומר ד"לא תשא" שיש על ברכה לבטלה, החמירו לבודקו. ולפי זה, מי שלובש כמה בגדים של ציצית, אין צריך לבדוק אלא אחד מהם, כיוון דברכה אחת לכולם. אבל האחרונים כתבו דצריך לבדוק כולם: אחד, דלא סמכינן אחזקה במקום דיכולין לבררו; וגם דחזקה גרועה היא, דעשויין החוטין ליפסק. ולכן צריך לבדוק בכל יום בבוקר כשלובשן, ואז אף שהסירן והסיח דעתו מהם, אף דצריך ברכה כשחוזר ולובש, אפילו הכי אין צריך לחזור ולבדוק, דבזמן מועט כזה אינו רגיל ליפסק וסמכינן אחזקה. ואפילו בבוקר, אם על ידי הבדיקה יתבטל מתפילה בציבור, או שקראוהו לעלות לתורה, יכול ללבוש טליתו בלי בדיקה. והוא שיודע שהיו החוטין שלמים אתמול. ומכל מקום נכון לעיין קצת מאי דאפשר. ואם שאל טלית מאחֵר לעלות לתורה, דמנהגינו שלא לברך עליו, אין צריך לבודקו כלל [ועיין בביאור הלכה[5]]. ואם בדק הטלית כשהסיר אותו מעליו והניחו בכיסו שלו, אין צריך לחזור ולבודקו למחר כשמתעטף בו.

En vain - bien que de toute façon il y ait un soupçon d'interdit, de revêtir un vêtement à quatre coins sans tsitsit, néanmoins on le laisse sur sa présomption qu'il était kasher ; seulement à cause de la rigueur de « tu ne porteras pas » qui pèse sur une berakha en vain, on a été strict pour le vérifier. D'après cela, celui qui revêt plusieurs vêtements de tsitsit n'a besoin d'en vérifier qu'un, puisqu'une seule berakha vaut pour tous. Mais les Aharonim ont écrit qu'il faut tous les vérifier : d'une part, on ne s'appuie pas sur une présomption là où l'on peut éclaircir ; d'autre part, la présomption est faible, car les fils sont sujets à se rompre. C'est pourquoi il faut vérifier chaque matin en les revêtant ; et alors, même si on les a ôtés et qu'on en a diverti l'esprit, bien qu'il faille une berakha en les revêtant de nouveau, néanmoins on n'a pas besoin de vérifier de nouveau, car en un temps si court ils n'ont pas coutume de se rompre et l'on s'appuie sur la présomption. Même le matin, si par la vérification on manquerait de prier avec le tsibbour, ou qu'on ait été appelé à monter à la Torah, on peut revêtir son talit sans vérification, pourvu qu'on sache que les fils étaient entiers hier. Néanmoins il est bon de jeter un coup d'œil autant que possible. Si l'on a emprunté le talit d'un autre pour monter à la Torah — notre usage étant de ne pas bénir dessus —, on n'a pas du tout besoin de le vérifier [voir le Biour Halakha]. Si l'on a vérifié le talit en l'ôtant et qu'on l'a mis dans son étui, on n'a pas besoin de le vérifier de nouveau le lendemain en s'en enveloppant.

(כג) ימשמש בציצית – דבזה ייחשב קצת כאלו לובשו אז. ואף על גב דקיימא לן בכל המצוות דצריך לברך עובר לעשייתן ממש, הכא שאני, משום דאכתי גברא לא חזי.

Il palpera les tsitsit - car par là cela compte un peu comme s'il le revêtait alors. Bien que nous tenions pour toutes les mitsvot qu'il faut bénir réellement avant de les accomplir, ici c'est différent, parce que l'homme n'est pas encore apte.

(כד) ויכוין לפטור – והכי נהוג בזמנינו, לברך על טלית גדול ולכוין לפטור בזה הטלית קטן. והכי עדיף טפי ממה שנוהגין איזה אנשים, שמברכין על הטלית קטן, ותיכף מברכין על הטלית גדול, שגורמין ברכה שאינה צריכה. ועוד, אפילו אם יפסיק זמן מרובה בין הטלית קטן לגדול, כמה פעמים אין ראוי לברך עליו, דאין פתוח רובו, או דהוא קטן מהשיעור המבואר לקמן בסימן ט"ז, או דהוא ישן בו בלילה; וכדלקמן בסימן ט"ז במשנה ברורה.

Et il visera à exempter - et ainsi est l'usage de notre temps : bénir sur le talit gadol et viser à en exempter le talit katan. Cela vaut mieux que l'usage de certaines personnes qui bénissent sur le talit katan et aussitôt sur le talit gadol, ce qui provoque une berakha inutile. De plus, même s'il s'écoule un long temps entre le talit katan et le gadol, souvent il n'est pas bon de bénir sur celui-là, car il n'est pas ouvert en majeure partie, ou il est plus petit que la mesure exposée plus loin siman 16, ou l'on y dort la nuit ; comme plus loin siman 16 dans le Michna Beroura.

(כה) על בגדיו – ובכתבים איתא דטלית קטן תחת בגדיו. וכתב המגן אברהם, דעל כל פנים צריך שיהיו הציצית מבחוץ, ולא כאינך שתוחבין אותן בהכנפות. אך האנשים שהולכים בין העכו"ם יוצאין בזה. ומכל מקום בשעת הברכה יהיו מגולין [כדי הילוך] ארבע אמות.

Sur ses vêtements - et dans les écrits il est dit que le talit katan est sous les vêtements. Le Maguen Avraham a écrit qu'en tout cas les tsitsit doivent être au-dehors, et non comme ceux qui les enfoncent dans les coins. Mais les hommes qui vont parmi les nations s'acquittent ainsi. Néanmoins, au moment de la berakha, qu'ils soient découverts le temps de parcourir quatre coudées.

(כו) יראהו – כמה דכתיב: "וראיתם אותו וזכרתם" וגו'. ואותן האנשים המשימין הציצית בהמכנסים שלהם, לא די שמעלימין עיניהם ממאי דכתיב: "וראיתם אותו וזכרתם" וגו', עוד מבזין הן את מצוַת השם יתברך, ועתידין הן ליתן את הדין על זה. ומה שאומרין שהולכים בין הנוכרים, לזה היה די שישימו הציצית בתוך הכנף. ואילו היה להם איזה דורון ממלך בשר ודם שחקוק עליו שם המלך, כמה היו מתקשטין בו לפני האנשים תמיד; וקל וחומר בציצית, שמרמז על שם מלך מלכי המלכים הקדוש ברוך הוא, וכדלקמן בסימן כ"ד סעיף ה' – כמה מתכבד האדם הנושא שמו עליו! ואמרו חז"ל: "הזהיר במצוַת ציצית, זוכה ורואה פני השכינה". ומשמע מן הכתובים, דהיהודים שישארו לעת קץ יהיו מצויינים במצווה זו, כמה דכתיב: "ובאו עשרה אנשים מכל לשונות הגוים והחזיקו בכנף איש יהודי" וגו' (זכריה ח, כג). ואמרו חז"ל על זה (שבת לב ב): כל הזהיר במצות ציצית זוכה ומשמשין לו שני אלפים ושמונה מאות עבדים וכו'.

Il le verra - comme il est écrit : « vous le verrez et vous vous souviendrez, etc. » Ceux qui mettent les tsitsit dans leur pantalon, non seulement ils ferment les yeux sur ce qui est écrit « vous le verrez et vous vous souviendrez, etc. », mais encore ils avilissent la mitsva de ה', et ils auront à en rendre compte. Ce qu'ils disent, qu'ils vont parmi les non-Juifs : il suffisait de mettre les tsitsit dans le coin. S'ils avaient un don d'un roi de chair et de sang, gravé du nom du roi, combien s'en pareraient toujours devant les hommes ; à plus forte raison les tsitsit, qui font allusion au Nom du Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il, comme plus loin siman 24 seif 5 — combien l'homme qui porte Son Nom sur lui est honoré ! Nos Sages ont dit : « qui est attentif à la mitsva de tsitsit mérite de voir la face de la Présence. » Et il appert des Écritures que les Juifs qui resteront à la fin des temps seront distingués par cette mitsva, comme il est écrit : « Dix hommes de toutes les langues des nations saisiront le coin d'un homme juif, etc. » (Zacharie 8, 23). Et nos Sages ont dit là-dessus (Chabbat 32b) : quiconque est attentif à la mitsva de tsitsit mérite que deux mille huit cents serviteurs le servent, etc.

(כז) כולם חייבין – רוצה לומר, אם לובשם כולם. אבל אם מונחים בתיבתו – פטורין, דקיימא לן ציצית חובת גברא ולא חובת מנא, כדלקמן בסימן י"ט.

Tous sont tenus - c'est-à-dire si on les revêt tous. Mais s'ils sont posés dans son coffre, on en est exempt, car nous tenons que les tsitsit sont une obligation de la personne et non du vêtement, comme plus loin siman 19.

(כח) מפסיק ביניהם – היינו בהפסק גדול שהוא בכלל היסח הדעת. אבל בשהיית זמן מה, פסק המגן אברהם ושארי אחרונים לקמן בסימן ר"ו דשתיקה לא חשיבא הפסקה בדיעבד, ואפילו אם שהה הרבה יותר מכדי דיבור. ואם שח ביניהם, אם היה הדיבור לצורך לבישה, כגון שאמר: "תנו לי בגד ללבוש" וכהאי גוונא, פשיטא דאין צריך לחזור ולברך. אבל אם לא היה לצורך לבישה, יש דיעות בין הפוסקים. ודעת המחבר לקמן בסעיף י"ג ומגן אברהם והרבה מן האחרונים [עיין בש"ך יורה דעה בסימן י"ט ס"ק ז'] כהפוסקים דאפילו שיחה בעלמא גם כן הוי בכלל הפסק לעניין זה. אבל יש מן האחרונים שפוסקין, דכיוון דיש שסוברין בזה דאין צריך לחזור ולברך, דהוי כמו שסח באמצע סעודה, מוטב שלא להכניס בספק ברכה. וכן הסכים הפמ"ג. לכן יזהר כל אדם שלא לסוח. ואם דיבר, אין חוזר ומברך. וכל שכן שיזהר שלא להפסיק הפסק גדול, דאסור לגרום ברכה שאינה צריכה, וכדלקמן בסימן רט"ו.

Il interrompt entre eux - c'est-à-dire par une grande interruption qui entre dans la diversion de l'esprit. Mais pour une attente d'un certain temps, le Maguen Avraham et d'autres Aharonim ont décidé plus loin siman 206 que le silence n'est pas compté comme interruption après coup, même si l'on a attendu bien plus qu'un délai de parole. Si l'on a parlé entre-temps : si la parole était nécessaire à l'habillage, par exemple « donnez-moi un vêtement à revêtir » et semblable, il est évident qu'on n'a pas besoin de bénir de nouveau. Mais si ce n'était pas nécessaire à l'habillage, il y a des avis parmi les décisionnaires. L'avis de l'auteur plus loin seif 13, du Maguen Avraham et de beaucoup d'Aharonim [voir le Chakh, Yoré Déa siman 19 sk 7] est selon ceux pour qui même une conversation quelconque entre aussi dans l'interruption à cet égard. Mais certains Aharonim décident que, puisqu'il y en a qui tiennent qu'on n'a pas besoin de bénir de nouveau, cela ressemblant à qui a parlé au milieu du repas, mieux vaut ne pas s'introduire dans un doute de berakha. Ainsi a conclu le Pri Megadim. C'est pourquoi que chacun prenne garde de ne pas parler. Si l'on a parlé, on ne bénit pas de nouveau. Et à plus forte raison prendra-t-on garde de ne pas faire une grande interruption, car il est interdit de provoquer une berakha inutile, comme plus loin siman 215.

(כט) לא היה בדעתו – רוצה לומר, שלא היה בדעתו בפירוש, רק שבירך סתמא.

Il n'en avait pas l'intention - c'est-à-dire qu'il n'en avait pas l'intention explicite, seulement qu'il a béni sans précision.

(ל) הוי כמפסיק – מדסתם, משמע דמיירי אפילו היו מונחים לפניו כל הבגדים של הארבע כנפות בשעת הברכה, ואפילו הכי צריך לחזור ולברך, דמיירי שהוא רגיל רק ללבוש אחת, ועל כן בסתמא אין עולה הברכה לכולם, דהוי כנמלך, אלא אם כן היה דעתו עליהם בפירוש. והוא הדין אם בירך על טלית קטן "על מצוַת", כמנהגנו, ולקח מיד הטלית גדול, אם היה דעתו בפירוש לפטור ב"על מצוַת", אין צריך לחזור ולברך; ובסתמא חוזר ומברך, דבסתמא אין דעתו ב"על מצוַת" כי אם על טלית קטן. אך מכל מקום לכתחילה בוודאי יש להיזהר שלא לברך על טלית קטן אם דעתו ללבוש תיכף הטלית גדול, משום גרם ברכה שאינה צריכה. אם לבש טלית בלא בדיקה ומצא אותו פסול, או שנפסלו ציציותיו אחר כך, ולובש טלית אחר, צריך לברך פעם אחרת, אם לא שהיה בדעתו בפירוש בשעת ברכה על כל מה שילבש אחר כך.

C'est comme une interruption - du fait qu'il a parlé sans précision, il appert qu'il s'agit même si tous les vêtements à quatre coins étaient posés devant lui au moment de la berakha ; néanmoins il faut bénir de nouveau, car il s'agit de quelqu'un qui n'a coutume de n'en revêtir qu'un, et donc sans précision la berakha ne s'étend pas à tous, c'est comme s'il s'était ravisé, à moins d'avoir eu l'intention explicite sur eux. De même, si l'on a béni sur un talit katan « sur la mitsva », selon notre usage, et qu'on a pris aussitôt le talit gadol : si l'on avait l'intention explicite d'exempter par « sur la mitsva », on n'a pas besoin de bénir de nouveau ; sans précision, on bénit de nouveau, car sans précision l'intention de « sur la mitsva » n'est que pour le talit katan. Néanmoins a priori il faut certes prendre garde de ne pas bénir sur le talit katan si l'on a l'intention de revêtir aussitôt le talit gadol, à cause de la provocation d'une berakha inutile. Si l'on a revêtu un talit sans vérification et qu'on l'a trouvé pas kasher, ou que ses tsitsit se soient ensuite invalidés, et que l'on revêt un autre talit, il faut bénir une autre fois, à moins d'avoir eu l'intention explicite au moment de la berakha sur tout ce que l'on revêtirait ensuite.

(לא) אם פשט – האחרונים חולקין על זה, וסבירא להו דהפשיטה לא הוי הפסק לכולי עלמא. ואינו דומה למה שכתב המחבר בסעיף י"ד דהפשיטה הוי הפסק, דהתם לא היה דעתו בשעת ברכה שיפשיטנו ויחזור וילבש; אבל הכא היה דעתו בשעת ברכה על לבישת הבגד השני.

S'il l'a ôté - les Aharonim contestent cela et tiennent que l'enlèvement n'est une interruption selon personne. Cela ne ressemble pas à ce qu'a écrit l'auteur au seif 14, que l'enlèvement est une interruption : là-bas, on n'avait pas l'intention au moment de la berakha de l'ôter et de le revêtir de nouveau ; ici, on avait l'intention au moment de la berakha sur le revêtement du second vêtement.

(לב) לברך עליו – אפילו אם תיכף הלך לבית הכנסת ולא הסיח דעתו בינתיים כלל

Bénir dessus - même si l'on est allé aussitôt au beit haknesset et qu'on n'a pas du tout diverti son esprit entre-temps.

(לג) דהליכה – והאחרונים הסכימו דעצם הליכה לא חשיב הפסק. ואף על פי כן כתבו דצריך לברך על הטלית גדול, משום שינוי מקום. ולפי זה, הוא הדין אם כשיצא מביתו חזר מיד לביתו ולבש שם הטלית גדול, גם כן צריך לברך עליו, אף דהיה דעתו גם על הטלית גדול בשעת ברכה; דהוי כדברים שאין טעונין ברכה לאחריהם, דשינוי מקום הוי הפסק, כמו שכתוב סימן קע"ח. ועיין בס"ק שאחר זה.

Car le trajet - et les Aharonim sont d'accord que le trajet en lui-même n'est pas compté comme interruption. Néanmoins ils ont écrit qu'il faut bénir sur le talit gadol, à cause du changement de lieu. D'après cela, de même si en sortant de chez soi on est revenu aussitôt chez soi et qu'on y a revêtu le talit gadol, il faut aussi bénir dessus, même si l'on avait aussi l'intention sur le talit gadol au moment de la berakha ; car c'est comme les choses qui n'exigent pas de berakha après elles, pour lesquelles le changement de lieu est une interruption, comme il est écrit siman 178. Voir le seif katan suivant.

(לד) חשיבה הפסק – והחיי אדם חשש לדעת הסוברים דשינוי מקום לא הוי הפסק בזה, על כן החמיר שלא לברך, אם לא שהיה הבית הכנסת רחוק מביתו, או שלא היה דעתו בשעת ברכה גם עליו, או שהסיח דעתו ביניהם.

Est compté comme interruption - et le Hayei Adam a craint l'avis de ceux qui tiennent que le changement de lieu n'est pas une interruption en cela ; c'est pourquoi il a été strict de ne pas bénir, à moins que le beit haknesset ne fût loin de chez soi, ou qu'on n'eût pas l'intention aussi sur lui au moment de la berakha, ou qu'on eût diverti son esprit entre-temps.

(לה) בתוך ביתו – אפילו אם הטלית קטן לבש בחדר זה והטלית גדול בחדר אחר, דשינוי מקום לא הוי מחדר לחדר, כיוון דהיה דעתו לזה, וכדלקמן בסימן רע"ג סוף סעיף א'. ומה שכתב בשיחה, הוא אפילו תיבה אחת. ועיין לעיל בס"ק כ"ח במה שכתבנו בשם האחרונים לדינא.

Dans sa maison - même si l'on a revêtu le talit katan dans cette pièce et le talit gadol dans une autre pièce, car le changement de lieu d'une pièce à l'autre n'en est pas un, puisqu'on en avait l'intention, comme plus loin siman 273 fin du seif 1. Ce qu'il a écrit sur la conversation, c'est même un seul mot. Voir plus haut sk 28 ce que nous avons écrit au nom des Aharonim pour la pratique.

(לו) צריך לברך – אפילו נשאר עליו טלית קטן, ואפילו אם תיכף נתעטף בו ולא שינה מקומו כלל בינתים, דהפשיטה גופא הפסק הוא בזה. ועיין לעיל בסימן זה ס"ק ל"א מה שכתבנו שם.

Il faut bénir - même s'il lui reste un talit katan, et même si l'on s'en est aussitôt enveloppé sans changer de lieu du tout entre-temps, car l'enlèvement lui-même est ici une interruption. Voir plus haut dans ce siman sk 31 ce que nous avons écrit là-bas.

(לז) שאין מברכין – אפילו אם בעת הפשיטה לא נשאר עליו טלית קטן. וכן פסקו האחרונים. וטעם היש אומרים הוא, דכיוון דבעת הפשיטה היה דעתו תיכף ללובשו וכן עשה, לא הוי הפשיטה הפסק. ואפילו אם שינה מקומו בינתים, כגון שפשט אותו ליכנס לבית הכסא וכל כיוצא בזה, לא הוי השינוי מקום בזה הפסק, כיוון שחזר ולבש אותו טלית עצמו. ואינו דומה למה דהסכימו הפוסקים בסימן כ"ה [בסעיף י"ב, ועיין שם במשנה ברורה], דאם פשט תפילין אדעתא ליכנס לבית הכסא הוי הפסק על ידי זה. דשאני התם, כיוון דבית הכסא אסור בתפילין, הוי הפסק גמור. מה שאין כן בטלית, דמדינא אינו אסור, רק דאינו נכון לעשות כן, על כן לא הוי הפסק על ידי זה. ודע, דאם בעת הפשיטה לא היה דעתו ללבוש מיד, רק אחר איזה זמן, אף שאחר כך חזר ונתעטף בו מיד, לכולי עלמא צריך לחזור ולברך, ואפילו אם נשאר עליו טלית קטן; דתיכף שפשטוֹ, אזדא לה המצווה. והוא הדין להיפך: אם בעת הפשיטה היה דעתו ללבוש מיד, ואחר כך נשתהא איזה זמן והסיח דעתו, גם בזה לכולי עלמא צריך לחזור ולברך, אפילו אם נשאר עליו טלית קטן.

Qu'on ne bénit pas - même si au moment de l'enlèvement il ne restait pas sur lui de talit katan. Ainsi ont décidé les Aharonim. La raison des « certains disent » est que, puisqu'au moment de l'enlèvement on avait l'intention de le revêtir aussitôt et qu'on l'a fait, l'enlèvement n'est pas une interruption. Même si l'on a changé de lieu entre-temps, par exemple on l'a ôté pour entrer aux commodités et semblable, le changement de lieu n'est pas ici une interruption, puisqu'on a revêtu le même talit. Cela ne ressemble pas à ce dont les décisionnaires sont d'accord au siman 25 [seif 12, et voir là-bas dans le Michna Beroura] : si l'on a ôté les tefilin dans l'intention d'entrer aux commodités, cela est une interruption. Car là-bas c'est différent : les commodités sont interdites avec les tefilin, c'est une interruption complète ; ce qui n'est pas le cas du talit, qui n'est pas interdit de par la loi, seulement qu'il n'est pas convenable de faire ainsi, c'est pourquoi cela n'est pas une interruption. Sache que si au moment de l'enlèvement on n'avait pas l'intention de le revêtir aussitôt, seulement après un certain temps, même si ensuite on s'en est aussitôt enveloppé de nouveau, tous s'accordent qu'il faut bénir de nouveau, même s'il restait un talit katan ; car dès qu'on l'a ôté, la mitsva s'en est allée. Et de même à l'inverse : si au moment de l'enlèvement on avait l'intention de le revêtir aussitôt, et qu'ensuite on a tardé un certain temps et diverti son esprit, là aussi tous s'accordent qu'il faut bénir de nouveau, même s'il restait un talit katan.

(לח) דווקא כשנשאר – האחרונים פסקו כהיש אומרים הזה, אך דמסקי דהיש אומרים הזה לא איירי רק כשפשט הטלית היה בסתמא, לכן אמרינן דאם נשאר עליו טלית קטן – עדיין לא הסיח דעתו מן המצווה, ובאם לאו – מסתמא הסיח דעתו. אבל אם היה דעתו בפירוש לחזור וללובשו מיד, אין צריך לחזור ולברך כשלובשו מיד, אפילו אם לא נשאר עליו טלית קטן. וכן להיפך לא מהני הטלית קטן, וכמו שכתבנו למעלה. ונראה דאם פשט אותו בתוך התפילה, אפילו בסתמא הוי כמו שפשט אותו על דעת לחזור. וכן אם קיפלו והניחו בתוך כיסו, הוי כמו שפשט אותו בפירוש על דעת שלא לחזור.

Seulement s'il en est resté - les Aharonim ont décidé comme ces « certains disent », mais ils concluent que ces « certains disent » ne parlent que si l'on a ôté le talit sans précision ; c'est pourquoi l'on dit que s'il restait un talit katan, on n'a pas encore diverti son esprit de la mitsva, et sinon, sans précision on a diverti son esprit. Mais si l'on avait l'intention explicite de le revêtir aussitôt de nouveau, on n'a pas besoin de bénir de nouveau en le revêtant aussitôt, même s'il ne restait pas de talit katan. Et à l'inverse, le talit katan n'y fait rien, comme nous l'avons écrit plus haut. Il semble que si on l'a ôté pendant la tefila, même sans précision, c'est comme si on l'avait ôté dans l'intention de le reprendre. De même, si on l'a plié et mis dans son étui, c'est comme si on l'avait ôté explicitement dans l'intention de ne pas le reprendre.

(לט) שלא במתכוין – אפילו למה דפסקינן דבהסיר טליתו על דעת להחזירו אין צריך לברך, בזה גרע יותר, דהא נפלה בלא דעת ואזדא לה מצוותה. ואפילו נשאר עליו טלית קטן לא מהני.

Sans le faire exprès - même selon ce que nous décidons : si l'on a ôté son talit dans l'intention de le remettre, on n'a pas besoin de bénir ; ici c'est plus grave, car il est tombé sans intention et sa mitsva s'en est allée. Même s'il restait un talit katan, cela n'y fait rien.

(מ) צריך לברך – אפילו אם לובשו מיד. ואם נפל ממנו באמצע תפלת שמונה עשרה, והחזירוהו אחרים עליו – כשיסיים תפלת שמונה עשרה, ימשמש בציצית ויברך.

Il faut bénir - même si on le revêt aussitôt. S'il est tombé de lui au milieu de la tefila des dix-huit, et que d'autres le lui ont remis — quand il aura fini la tefila des dix-huit, il palpera les tsitsit et bénira.

(מא) אף על פי שנפלה רובה – הט"ז ואליהו רבא חולקין על זה, וגם הגר"א מצדד לדברי הט"ז. ולכולי עלמא, אם נפל מעל כל הגוף, אף על פי שנשארת בידו, צריך לברך, דאזדא לה מצוותה; שעיקר מצוַת עיטוף הוא בגוף. אם בירך על הטלית, ונפל מידו קודם שנתעטף בו והגביהו ולבשו, אין צריך לברך שנית. ואפילו נפסלו אז ציציותיו, והיה לו ציצית מזומנים ותיקנם מיד, אינו צריך לברך שנית; דכיוון שעדיין לא עשה מצוותו, לא הסיח דעתו [כמו בתפילין לקמן בסימן כ"ה סעיף י"ב, עיין שם בט"ז ס"ק י"ב]. ומי שלקח טלית להתעטף בו והתחיל לברך עליו, וקודם שסיים הברכה לקחוהו ממנו, ותפילין לפניו, יכול לסיים הברכה "אשר קדשנו במצוותיו וציוונו להניח תפילין", ויוצא בזה [הלכות קטנות סימן קנ"ג, והאה"ח הסכים עמו להלכה].

Bien que la majeure partie soit tombée - le Taz et Eliahou Rabba contestent cela, et le Gra aussi incline vers les propos du Taz. Tous s'accordent que si le talit est tombé de tout le corps, même s'il en reste dans la main, il faut bénir, car sa mitsva s'en est allée : l'essentiel de la mitsva d'enveloppement est sur le corps. Si l'on a béni sur le talit, qu'il est tombé de la main avant qu'on s'en enveloppe, qu'on l'a ramassé et revêtu, on n'a pas besoin de bénir une seconde fois. Même si alors ses tsitsit se sont invalidés, et qu'on avait des tsitsit prêts et qu'on les a réparés aussitôt, on n'a pas besoin de bénir une seconde fois ; car puisqu'on n'avait pas encore fait sa mitsva, on n'a pas diverti son esprit [comme pour les tefilin plus loin siman 25 seif 12 ; voir là-bas Taz sk 12]. Celui qui a pris un talit pour s'en envelopper et a commencé à bénir dessus, et qu'avant d'avoir fini la berakha on le lui a pris, et qu'il a des tefilin devant lui, peut achever la berakha « qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot et nous a commandé de poser les tefilin », et il s'en acquitte [Hilkhot Ketanot siman 153, et Artsot Haḥayim a conclu avec lui pour la pratique].

(מב) צריך לברך – דקיימא לן לילה לאו זמן ציצית הוא, והוי הפסק. ויש חולקין בזה, כיוון דכסות יום חייב אף בלילה לדעת מקצת הפוסקים, וכדלקמן בסימן י"ח, וספק ברכות להקל. ומכל מקום נכון לכוון לפטור אותה בטלית גדול. וכל זה כל זמן שלא פשטו. אבל אם פשטו על דעת שלא ללובשו תיכף, צריך לברך אחר כך כשלובשו לכולי עלמא. ומכל מקום לכתחילה אין נכון לעשות עצה זו כדי שיתחייב בברכה לכולי עלמא, משום ברכה שאין צריכה לדעת הפוטרים. הישן ביום שינת הצהריים ומסיר מעליו הטלית קטן, יש דעות בין הפוסקים אם זה בכלל היסח הדעת. על כן מהנכון שעל כל פנים יכסה בו בשעת השינה, וכשלובשו אחר כך אין צריך ברכה לכולי עלמא.

Il faut bénir - car nous tenons que la nuit n'est pas le temps des tsitsit, et c'est une interruption. Certains contestent cela, puisque le vêtement de jour est tenu même la nuit selon quelques décisionnaires, comme plus loin siman 18, et le doute de berakhot va vers l'indulgence. Néanmoins il est bon de viser à l'exempter par le talit gadol. Tout cela tant qu'on ne l'a pas ôté. Mais si on l'a ôté dans l'intention de ne pas le revêtir aussitôt, il faut bénir ensuite en le revêtant, selon tous. Néanmoins a priori il n'est pas bon de prendre ce conseil pour se tenir à la berakha selon tous, à cause d'une berakha inutile selon ceux qui en exemptent. Celui qui dort le jour d'un sommeil de midi et ôte de lui le talit katan : il y a des avis parmi les décisionnaires si cela entre dans la diversion de l'esprit. C'est pourquoi il est bon qu'en tout cas on s'en couvre pendant le sommeil, et en le revêtant ensuite on n'a pas besoin de berakha selon tous.

(מג) יעשה – עיין בט"ז שכתב דהאי "וכן" אינו מדוקדק, דבזה צריך מדינא למשמש בבוקר כשהוא מברך על הטלית.

Il fera - voir le Taz, qui a écrit que ce « et de même » n'est pas exact, car en cela il faut de par la loi palper le matin quand on bénit sur le talit.

(מד) מצות ציצית – דציצית חובת גברא, לעניין זה שאם נתכסה בטלית, אז חל עליו החיוב. עיין סימן י"ז.

La mitsva de tsitsit - car les tsitsit sont une obligation de la personne, en ce sens que si l'on s'est couvert d'un talit, alors l'obligation pèse sur soi. Voir siman 17.