משנה ברורה

Michna Beroura — siman 17

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Qui est tenu aux tsitsit
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Aveugle tenu, femme et esclave exempts comme commandement lié au temps ; androgyne et tumtoum par doute ; éducation de l’enfant ; ce n’est pas une obligation d’acquérir un talit.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETQui est tenu aux tsitsit — aveugle tenu ; femme et esclave exempts ; androgyne et tumtoum par doute ; éducation de l’enfant ; pas d’obligation d’acquérir un talit
À FAIREAveugle
tenu et peut bénir ; contrôler d’abord en palpant ou faire contrôler par un autre
À FAIREFemmes qui veulent les porter
peuvent bénir : même non commandé qui fait a une récompense ; « et Il nous a commandés » se dit parce que les hommes l’ont été
À FAIREÉducation de l’enfant
lui prendre un vêtement à quatre coins et y poser des tsitsit ; mesure : de quoi s’envelopper tête et majeure partie, la sienne, mesurée sur lui
À FAIREDès treize ans
tenu comme un adulte
À ÉVITERS’appuyer sur la coutume d’attendre le mariage
le Maharil rapporte que de grands garçons n’en portent pas jusqu’au mariage — chose étonnante : on ne reste pas oisif de la mitsva
OUIAveugle
son vêtement est en vue chez les autres, contrairement au vêtement de nuit
OUIEnfant qui a la mesure
le père y pose des tsitsit et bénit avec lui
OUIAndrogyne et tumtoum
tenus par doute (doute de Torah à la rigueur) ; sans berakha, car la berakha est de par les Sages
NONFemme et esclave
exempts : commandement positif lié au temps ; analogie tefilin / « tu les enseigneras à tes fils » ; esclave par « lah / lah »
NONEnfant sans la mesure
on ne bénit pas dessus
NONAndrogyne ou tumtoum sur obligation seulement rabbinique
talit emprunté après trente jours, ou vêtement à moitié ouvert : ils peuvent y aller sans tsitsit ; le Pri Megadim évoque une rigueur d’apparence
REMADeux vers l’indulgence : obligation de la personne (tant qu’on ne porte pas, même quatre coins, on est exempt) et non-obligation de la personne (on n’est pas tenu d’acheter un talit ; seulement si l’on en porte un, on y fait des tsitsit). Loulav est différent : obligation du corps. Artsot ha-Haïm : androgyne est un doute, non une créature à part. Voir siman 19 et siman 67 pour les règles générales de berakha.
L’aveugle est tenu. Femme et esclave sont exempts comme mitsva liée au temps, mais une femme peut bénir si elle porte. Androgyne et tumtoum : doute de Torah, sans berakha. On éduque l’enfant dès qu’il a sa propre mesure ; dès treize ans il est tenu. On n’a pas à acheter un talit : l’obligation naît du port.

Glossaire

מצוות עשה שהזמן גרמא
commandement positif lié au temps
חובת גברא
obligation de la personne
חובת מנא
obligation du vêtement (de l’objet)
טומטום
tumtoum (sexe indiscernable)
אנדרוגינוס
androgyne
חינוך
éducation [de l’enfant aux mitsvot]
מראית העין
apparence aux yeux

(א) חייב בציצית - ופשוט דיכול לברך ג"כ עליהן אך שיבדוק אותן מתחלה במשמוש ידיו או יבקש לאחר לבדקם:

Est tenu aux tsitsit — et il est évident qu’il peut aussi bénir dessus, seulement qu’il les contrôle d’abord en les palpant de ses mains, ou qu’il demande à un autre de les contrôler.

(ב) כסות לילה - והסברא נותנת לרבות כסות סומא ולמעט כסות לילה משום דכסות סומא ישנו עכ"פ בראיה אצל אחרים אבל כסות לילה אינו בראיה אצל אחרים:

Vêtement de nuit — et la raison porte à inclure le vêtement de l’aveugle et à exclure le vêtement de nuit : car le vêtement de l’aveugle est du moins en vue chez les autres, tandis que le vêtement de nuit n’est pas en vue chez les autres.

(ג) שהזמן גרמא - דהא בלילה לאו זמן ציצית הוא וכל מ"ע שהזמן גרמא נשים פטורות מהם אפילו מדרבנן דהוקשה כל התורה לתפילין דכתיב בהו למען תהיה תורת ה' בפיך וכמו דפטורות מתפילין דאיתקיש לת"ת דכתיב בה ושננתם לבניך ולא לבנותיך כן פטורות מכל מ"ע שהזמן גרמא ועבדים ילפינן בג"ש לה לה מאשה דכל מצוה שהאשה פטורה גם העבד פטור:

Lié au temps — car la nuit n’est pas le temps des tsitsit, et tout commandement positif lié au temps, les femmes en sont exemptes même de par les Sages : toute la Torah a été assimilée aux tefilin, dont il est écrit « afin que la Torah de ה' soit dans ta bouche » ; et de même qu’elles sont exemptes des tefilin, qui ont été assimilés à l’étude de la Torah dont il est écrit « tu les enseigneras à tes fils » et non à tes filles, de même elles sont exemptes de tout commandement positif lié au temps. Les esclaves, nous les apprenons par analogie de mots « lah / lah » de la femme : toute mitsva dont la femme est exempte, l’esclave aussi en est exempt.

(ד) ולברך עליו - דאף מי שאינו מצווה ועושה יש לו שכר ושייך לומר וציונו כיון שהאנשים נצטוו גם הם יש להם שכר:

Et bénir dessus — car même celui qui n’est pas commandé et qui fait a une récompense, et il convient de dire « et Il nous a commandés », puisque les hommes ont été commandés : elles aussi ont une récompense.

(ה) ואינו חובת גברא - בזה מתרץ למה מברכות הנשים על לולב דהוא ג"כ מ"ע שהזמ"ג ותירץ שאני התם שאינו חובת גברא שאפילו איש אין עליו חיוב דאורייתא לקנות טלית בת ד' כנפות אלא אם מתעטף חייב לעשות בו ציצית משא"כ לולב דגבי איש הוא חובת גברא שהוא חובת הגוף. ודע דאנן פסקינן גבי ציצית חובת גברא ולאו ח"ג ותרוייהו לקולא חובת גברא לקולא למעוטי חובת מנא שכל זמן שאינו לובש הטלית אע"פ שיש לו ד' כנפות פטורה מציצית לאו חובת גברא שאינו חייב לקנות לו טלית כדי שיתחייב בציצית רק אם יש לו טלית מד' כנפות ולובשו אז חייב בציצית עיין סי' י"ט:

Et ce n’est pas une obligation de la personne — par là il résout pourquoi les femmes bénissent sur le loulav, qui est aussi un commandement positif lié au temps. Il a résolu : là c’est différent, ce n’est pas une obligation de la personne, car même un homme n’a pas sur lui d’obligation de la Torah d’acheter un talit à quatre coins ; seulement s’il s’en enveloppe, il est tenu d’y faire des tsitsit. Ce n’est pas comme le loulav, où pour l’homme c’est une obligation de la personne, obligation du corps. Sache que nous tranchons au sujet des tsitsit : obligation de la personne et non obligation de la personne, et les deux vers l’indulgence. Obligation de la personne vers l’indulgence, pour exclure l’obligation du vêtement : tant qu’on ne porte pas le talit, même si l’on a quatre coins, il est exempt de tsitsit. Non obligation de la personne : on n’est pas tenu d’acheter un talit afin de se tenir aux tsitsit ; seulement si l’on a un talit à quatre coins et qu’on le porte, alors on est tenu aux tsitsit ; voir siman 19.

(ו) חייבין מספק - דספק תורה לחומרא כן כתב ב"י ומשמע מזה דדבר שחיובו רק מדרבנן כגון טלית שאולה אחר ל' יום וכנ"ל בסימן י"ד או בגד שחיובו רק מטעם ספק כגון בגד שחציו פתוח וחציו סתום וכנ"ל בסימן י' ס"ז רשאין לילך בו בלא ציצית ועיין בפמ"ג שכתב עוד כעין זה ואולי דיש להחמיר בכל זה מפני מראית העין וכדאיתא שם בס"ח:

Sont tenus par doute — car un doute de Torah va à la rigueur ; ainsi a écrit le Bet Yossef. Il en ressort que pour une chose dont l’obligation n’est que de par les Sages, par exemple un talit emprunté après trente jours, comme plus haut au siman 14, ou un vêtement dont l’obligation n’est que pour raison de doute, par exemple un vêtement à moitié ouvert et à moitié fermé, comme plus haut siman 10 seif 7, ils peuvent y aller sans tsitsit. Voir le Pri Megadim qui a encore écrit quelque chose de semblable ; et peut-être faut-il être rigoureux en tout cela à cause de l’apparence aux yeux, comme il est dit là au seif 8.

(ז) בלא ברכה - כיון דעיקר החיוב הוא רק משום ספיקא לענין ברכה שהוא מדרבנן אזלינן בה לקולא. ועיין לקמן בסימן ס"ז במ"ב מה שנכתוב שם אי"ה כמה כללים בשם הפוסקים בזה:

Sans berakha — puisque l’essentiel de l’obligation n’est que pour raison de doute, pour la berakha qui est de par les Sages on va à l’indulgence. Voir plus bas siman 67 dans la Michna Beroura ce que nous y écrirons, s’il plaît à ה', quelques règles générales au nom des décisionnaires là-dessus.

(ח) זכרות ונקבות - והוא ג"כ ספק זכר או נקבה ועיין בארצות החיים שהביא ראיה מכמה מקומות דפסקינן כן להלכה דהוא בגדר ספק ולא כמ"ד דהוא בריה בפני עצמו:

Mâle et femelle — et c’est aussi un doute s’il est mâle ou femelle. Voir l’Artsot ha-Haïm qui a apporté une preuve de plusieurs endroits que nous tranchons ainsi pour la pratique : il est dans la catégorie du doute, et non comme l’avis que c’est une créature à part.

(ט) ליקח לו ציצית - פי' ליקח לו בגד של ד' כנפות ולהטיל בו ציצית כדי לחנכו במצות. ושיעור טליתו כתב בפמ"ג בסי' ט"ז ובדרך החיים שהוא כדי להתעטף בו ראשו ורובו שלו ומשערינן בקטן עצמו שמתעטף בו לפי גדלו ולפי קטנו ואם יש בו זה השיעור אז צריך אביו להטיל בו ציצית ולברך עמו ואם אין בו זה השיעור אין מברכין עליו:

De lui prendre des tsitsit — c’est-à-dire de lui prendre un vêtement à quatre coins et d’y poser des tsitsit afin de l’éduquer aux mitsvot. La mesure de son talit, le Pri Megadim l’a écrite au siman 16 et le Derekh ha-Haïm : c’est de quoi s’en envelopper la tête et la majeure partie, la sienne ; on mesure sur le petit enfant lui-même qui s’en enveloppe, selon sa grandeur et selon sa petitesse. S’il a cette mesure, alors son père doit y poser des tsitsit et bénir avec lui ; s’il n’a pas cette mesure, on ne bénit pas dessus.

(י) לחנכו - כ"ז דוקא כשלא הגיע עדיין לי"ג אבל מי"ג ואילך חייב בציצית כגדול ומ"ש בדרשות מהרי"ל בהלכות נשואין שנוהגין שגם נערים גדולים אין מתעטפים בציצית עד שנושאין להם נשים וסמכו להן אקרא דכתיב גדילים תעשה לך וסמיך ליה כי יקח איש אשה הוא דבר תמוה דעד שלא ישא אשה יהיה יושב ובטל ממצות ציצית:

De l’éduquer — tout cela uniquement s’il n’a pas encore atteint treize ans ; mais de treize ans et au-delà, il est tenu aux tsitsit comme un adulte. Ce qu’a écrit dans les Derashot du Maharil, lois du mariage, que l’on a l’habitude que même de grands garçons ne s’enveloppent pas de tsitsit jusqu’à ce qu’on leur prenne femme, et qu’ils s’appuient sur le verset « tu te feras des franges » adjacent à « lorsqu’un homme prendra une femme » : c’est une chose étonnante, qu’avant de prendre femme il resterait oisif de la mitsva des tsitsit.