On pose le talit avant les tefilin par montée en sainteté ; berakhot et ordre main puis tête ; interdiction d'interrompre entre les deux ; nœuds, emprunt et vol ; moment où l'on retire les tefilin.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) אחר שלבש וכו' - ואפילו אם הטלית אינו חייב אלא מדרבנן כגון שאולה אחר שלשים יום וכנ"ל בסימן י"ד וכל כה"ג ג"כ יש להקדימו לתפילין [ארה"ח]:
après qu'il a revêtu, etc. - Même si le talit n'oblige qu'en vertu des Sages, par exemple un talit emprunté après trente jours, comme ci-dessus siman 14, et tout analogue : il faut aussi le faire précéder aux tefilin [Artsot Ha'haïm].
(ב) יניח תפילין - ומי שאין ידו משגת לקנות ציצית ותפילין הכריעו האחרונים דתפילין קודמין כי ציצית הוא רק מצוה אם יש לו טלית של ד' כנפות ותפילין הוא חובה ומי שאינו מניחן הוא בכלל פושעי ישראל בגופן וכדלקמן בסימן ל"ז. וכ"ש לענין לקנות תפילין מהודרין וטלית נאה דתפילין קודמין לכו"ע והעולם נכשלין בזה. מי שאין ידו משגת לקנות ציצית ותפילין אין מחוייב לחזור על הפתחים כדי לקנותן אבל מי שידו משגת אך סומך על מה ששואל מאחרים אחר שיצאו בהן כתב הב"ח דעונשו גדול:
il posera les tefilin - Qui n'a pas de quoi acheter tsitsit et tefilin : les Aharonim ont tranché que les tefilin passent avant, car les tsitsit ne sont une mitsva que s'il a un vêtement à quatre coins, alors que les tefilin sont une obligation, et qui ne les pose pas est du nombre des fauteurs d'Israël en leur corps, comme ci-dessous siman 37. À plus forte raison, pour acheter des tefilin de choix et un beau talit, les tefilin passent avant de l'avis de tous ; et le monde y trébuche. Qui n'a pas de quoi acheter tsitsit et tefilin n'est pas tenu d'aller de porte en porte pour les acquérir ; mais qui a de quoi et s'en remet à emprunter ceux des autres après qu'ils s'en sont acquittés : le Ba'h écrit que son châtiment est grand.
(ג) שלא יפגע - פי' אפילו לא יאחוז בהם בידו רק לפי הושטת ידו הם מונחין לפניו תחלה אין מעבירין עליהם וצריך להקדימן וכל זה דוקא אם רוצה להניח עתה התפילין אבל אם עדיין אין רוצה להניחם רק לאחר זמן לא שייך בזה אין מעבירין על המצות:
afin de ne pas les rencontrer - C'est-à-dire : même s'il ne les prend pas en main, dès que, en tendant la main, ils sont posés devant lui d'abord, on ne passe pas dessus et il faut les faire précéder. Tout cela seulement s'il veut poser les tefilin maintenant ; mais s'il ne veut les poser que plus tard, « on ne passe pas sur les mitsvot » ne s'applique pas.
(ד) ויצטרך להניחם - נ"ל פשוט דאם מתפלל בביתו ורוצה להניח טלית ותפילין ובתוך חדר שלפניו מונח התפילין ובתוך חדר אחר מונח הטלית צריך להניח תפילין ברישא כדי שלא יעבור על המצות אחרי דהתפלין מזומנין לפניו תחלה ואף שלא נטל עדיין התפלין בידו [וראיה מהא דיומא ל"ג ע"ב בגמרא וכי עייל להיכל וכו' עיי"ש]:
et il devra les poser - Il me paraît évident que s'il prie chez lui et veut poser talit et tefilin, que les tefilin sont dans la pièce d'avant et le talit dans une autre pièce, il doit poser les tefilin d'abord afin de ne pas passer sur les mitsvot, les tefilin étant prêts devant lui d'abord, même s'il ne les a pas encore pris en main [preuve : Yoma 33b, « lorsqu'il entre dans le Héikhal, etc. », voir là].
(ה) קודם הטלית - ואם עבר והניחם מידו ונטל הטלית שוב אסור לעזבו וליטול התפילין:
avant le talit - S'il a transgressé, les a quittés de sa main et a pris le talit, il lui est alors interdit de le laisser pour reprendre les tefilin.
(ו) ואין לו ציצית - אפילו הוא הולך בלי ד' כנפות וכ"ש לפי מנהגנו דכל אחד זהיר בט"ק:
et il n'a pas de tsitsit - Même s'il va sans vêtement à quatre coins ; et à plus forte raison selon notre usage, où chacun est attentif au talit katan.
(ז) אין צריך - מפני שאין משהין את המצוה אע"פ שי"ל שיעשה אח"כ יותר מן המובחר מצוה בשעתא חביבא וכן בתדיר ושאינו תדיר דקי"ל דתדיר קודם אם אין התדיר לפנינו א"צ להמתין:
il n'a pas à - Parce qu'on ne retarde pas la mitsva, même si l'on peut dire qu'il fera ensuite de façon plus choisie : la mitsva à son heure est chère. De même pour le fréquent et le non-fréquent, où l'on statue que le fréquent précède : si le fréquent n'est pas devant nous, on n'a pas à attendre.
(ח) בביתו - כדי שיצא מפתח ביתו בציצית ותפילין וכמו שהביא הב"י והד"מ בשם הזוהר עי"ש שהוא ענין גדול. ואם יודע שילך דרך מבואות המטונפות או שמצויין נכרים ברחוב יניחם בחצר בית הכנסת ואם אי אפשר יניחם בביתו ויכסם בכובעו או בידו. ועיין באחרונים שכתבו במשכים קודם אור הבוקר ובא לבהכ"נ לא שייך אזהרת הזוהר דעדיין לא מטי זמן חיובא. ומ"מ כשיאור היום יותר טוב שיצא לחצר בהכ"נ וילבשם שם ויכנס אח"כ לבהכ"נ:
chez lui - Afin de sortir de la porte de sa maison avec tsitsit et tefilin, comme l'apportent le Beit Yossef et le Darkhé Moché au nom du Zohar, voir là : c'est une grande chose. S'il sait qu'il passera par des venelles malpropres, ou que des non-juifs se trouvent dans la rue, il les posera dans la cour de la synagogue ; si c'est impossible, il les posera chez lui et les couvrira de son chapeau ou de sa main. Voir les Aharonim : qui se lève avant l'aube et vient à la synagogue, l'avertissement du Zohar ne s'applique pas, le temps de l'obligation n'étant pas encore venu. Néanmoins, quand le jour s'est levé, mieux vaut sortir dans la cour de la synagogue, les y poser, puis entrer.
(ט) ושם יתעטף - ואע"פ שבא הט"ג לידו קודם שהניח התפילין א"צ להתעטף בו בביתו כיון שאין דעתו ללבשו כאן:
et là il s'enveloppera - Bien que le talit gadol lui soit venu en main avant qu'il pose les tefilin, il n'a pas à s'en envelopper chez lui, puisqu'il n'a pas l'intention de le porter ici.
(י) להתעטף - ובמקום שמצויין נכרים ברחוב יתעטף בחצר בית הכנסת אם אפשר לו:
s'envelopper - Là où des non-juifs se trouvent dans la rue, il s'enveloppera dans la cour de la synagogue, s'il le peut.
(יא) ולברך עליו - פי' ברכת להתעטף ויכוין לפטור בברכה זו גם הט"ק וכדלעיל בסימן ח' סעיף יו"ד עי"ש במ"ב ס"ק כ"ד:
et bénir dessus - C'est-à-dire la berakha « lehit'atef », et il aura l'intention d'acquitter par cette berakha aussi le talit katan, comme ci-dessus siman 8 seif 10, voir là Michna Beroura seif katan 24.
(יב) ואז היה וכו' - כדי ליתן שבח והודאה בברכה זו גם על התפילין שנקראין פאר שנאמר פארך חבוש עליך וקאי על תפלין שהן פאר לישראל כמו שנאמר וראו כל עמי הארץ וגו' ויראו ממך ודרשינן אלו תפילין שבראש:
et alors il était, etc. - Afin de rendre louange et reconnaissance, par cette berakha, aussi pour les tefilin, qu'on appelle « parure », car il est dit « mets ta parure sur toi », et cela vise les tefilin, qui sont une parure pour Israël, comme il est dit « tous les peuples de la terre verront, etc., et ils craindront de toi », et l'on explique : ce sont les tefilin de la tête.
(יג) ומברך עוטר וכו' - ובארה"ח כתב לא ראיתי שנוהגין כן רק מניחין תפלין קודם ברכת השחר או אח"כ כ"א לפי מנהגו רק ראיתי מדקדקים למשמש בתש"י וש"ר בשעה שמברך ברכה זו:
et il bénit « qui couronne », etc. - Artsot Ha'haïm écrit : je n'ai pas vu qu'on en use ainsi ; on pose les tefilin avant les berakhot du matin ou après, chacun selon son usage ; seulement j'ai vu des scrupuleux palper le tefilin de la main et celui de la tête au moment de cette berakha.
(יד) בשעת ק"ש ותפלה - ר"ל לכל הפחות בשעת ק"ש ותפלה וכדלקמן בסימן ל"ז ס"ב ואמרינן בגמרא כל הקורא ק"ש בלי תפלין הרי הוא כאלו מעיד עדות שקר בעצמו ח"ו ופירשו בתוספות לפי שאומר וקשרתם לאות וגו' ואין קושר ואף שבדיעבד יצא ידי ק"ש מ"מ יש לו עבירה מצד אחר שמראה על עצמו שאין רוצה לקיים רצון הש"י וזהו עדות שקר שמעיד על עצמו ויש עוד פי' אחר עיין בלבוש וכתב בספר חרדים דמזה נלמוד כשאומר ואהבת את ד' וגו' יראה להכניס אהבת הש"י בלבו שלא יהיה כדובר שקר ח"ו. ודע דלא אמרו כן אלא כשעושה כן במזיד שמתעצל להניח תפלין קודם ק"ש אבל מי שאין לו תפלין או כשהוא בדרך ומחמת קור וצינה אינו יכול להניח תפלין וכל כה"ג בודאי אין לו לאחר ק"ש בזמנה מחמת זה. לבוש בסימן נ"ח והעתקתי שם את לשונו עי"ש:
au moment du Chema et de la tefila - C'est-à-dire au moins au moment du Chema et de la tefila, comme ci-dessous siman 37 seif 2. On dit dans la Guemara : quiconque lit le Chema sans tefilin témoigne un faux témoignage contre lui-même, à Dieu ne plaise. Les Tossafot expliquent : parce qu'il dit « tu les lieras en signe, etc. » et ne lie pas. Même si bediavad (après coup) il s'est acquitté du Chema, il a néanmoins une faute d'un autre côté : il se montre comme ne voulant pas accomplir la volonté de ה', et c'est un faux témoignage qu'il porte sur lui-même. Il y a encore une autre explication, voir le Levouch. Le Sefer 'Harédim écrit qu'on en apprend : quand on dit « tu aimeras ה', etc. », qu'on s'efforce de faire entrer l'amour de ה' dans son cœur, afin de ne pas être comme qui dit un mensonge, à Dieu ne plaise. Sache qu'on n'a dit cela que lorsqu'il le fait mezid (volontairement), par paresse à poser les tefilin avant le Chema ; mais qui n'a pas de tefilin, ou qui est en chemin et, à cause du froid, ne peut poser les tefilin, et tout analogue, ne retardera certainement pas le Chema en son temps pour cela. Levouch siman 58 ; j'en ai recopié le texte là, voir là.
(טו) יכוין בהנחתם - כתב הב"ח בסימן ח' טעם לזה מדכתיב והיה לך לאות על ידך וגו' למען תהיה תורת ד' בפיך כי ביד חזקה הוציאך וגו' יורה כי עיקר המצוה וקיומה תלויה בכונה שיכוין בשעת קיום המצוה וכתב הפמ"ג דמ"מ בדיעבד אפילו אם לא כיון רק לשם מצוה בלבד יצא:
il aura kavana en les posant - Le Ba'h au siman 8 en donne la raison : il est écrit « ce sera pour toi un signe sur ta main, etc., afin que la Torah de ה' soit dans ta bouche, car d'une main forte Il t'a fait sortir, etc. » — cela enseigne que l'essentiel de la mitsva et son accomplissement dépendent de la kavana, qu'on l'ait au moment d'accomplir la mitsva. Le Peri Meguadim écrit que néanmoins, bediavad, même s'il n'a eu en tête que « au nom de la mitsva », il s'est acquitté.
(טז) להניח ד' פרשיות - ויש נוהגים מחמת זה לקרות הארבע פרשיות לאחר הנחת תפלין היינו קדש והיה כי יביאך דשמע והיה אם שמוע בלא"ה קורין כל ישראל בשעת ק"ש. ובתפלין דר"ת יאמר כל הד' פרשיות. ומנהג יפה הוא [ארה"ח]:
poser quatre parachiot - Certains ont de ce fait l'usage de lire les quatre parachiot après la pose des tefilin, c'est-à-dire Kadech, Véhaya ki yeviakha, Chema et Véhaya im chamoa — ces deux dernières, tout Israël les lit de toute façon au Chema. Pour les tefilin de Rabbenou Tam, on dira les quatre parachiot. C'est un bel usage [Artsot Ha'haïm].
(יז) תחלה - דכתיב וקשרתם וגו' והדר והיו לטוטפות וגו':
d'abord - Car il est écrit « tu les lieras, etc. » et ensuite « ils seront en tottafot, etc. ».
(יח) ויברך - ר"ל קודם ההידוק וכדלקמן:
et il bénira - C'est-à-dire avant de serrer, comme ci-dessous.
(יט) תפילין - הלמ"ד בדגש:
tefilin - Le lamed avec daguech.
(כ) על מצות - בפת"ח תחת הוא"ו שהוא לשון יחיד ולא יאמר בחול"ם שהוא לשון רבים שהרי לא ניתקנה ברכה זו כ"א לתש"ר בלבד כמו שיתבאר בסימן כ"ו [כן הכריעו רוב האחרונים דלא כט"ז]:
al mitsvat - Avec pata'h sous le vav, c'est un singulier ; on ne dira pas avec 'holam, qui est un pluriel, car cette berakha n'a été instituée que pour le tefilin de la tête seul, comme on l'expliquera au siman 26 [ainsi ont tranché la plupart des Aharonim, contrairement au Taz].
(כא) וטוב לומר - משום חשש ספק ברכה לבטלה כמש"כ בסימן ר"ו ולא שהוא ספק גמור דא"כ איך יברך מספק ברכה לבטלה ויסמוך על שיאמר בשכמל"ו אלא דאנן בני אשכנז סבירא לן להלכה כדעת ר"ת רק לרווחא דמילתא להוציא עצמינו מידי כל פקפוק נוהגין לומר בשכמל"ו. ויזהר מאוד שלא לומר ברוך שם רק אחר שיהדק הש"ר על ראשו כראוי דאל"כ יהיה הפסק בין הברכה להנחה ויהיה ברכה זו לבטלה בודאי וצריך לחזור ולברך והעולם נכשלין בזה:
et il est bon de dire - Par crainte d'un doute de berakha vaine, comme au siman 206. Ce n'est pas un doute franc, car alors comment bénirait-on au doute une berakha vaine et s'appuierait-on sur « Baroukh chem » ? Mais nous, fils d'Achkenaz, tenons en halakha comme Rabbenou Tam ; seulement, pour plus de sûreté, afin de nous tirer de tout scrupule, nous avons l'usage de dire « Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed ». On prendra grand soin de ne dire « Baroukh chem » qu'après avoir bien serré le tefilin de la tête sur la tête ; sinon il y aurait interruption entre la berakha et la pose, et cette berakha serait certainement vaine, et il faudrait bénir de nouveau. Le monde y trébuche.
(כב) פגע וכו' - דוקא פגע אבל אם הניח ש"ר תחלה או שמצא הש"י שנשמט ממקומו אין להסיר הש"ר דמאי דהוה הוה וימהר להניח ש"י על מקומו ויש חולקין ועיין בביאור הלכה:
il a rencontré, etc. - Seulement s'il a rencontré ; mais s'il a posé celui de la tête d'abord, ou s'il a trouvé celui de la main déplacé, on n'ôtera pas celui de la tête : ce qui est fait est fait ; qu'il se hâte de poser celui de la main à sa place. Certains ne sont pas de cet avis. Voir le Biour Halakha.
(כג) להעביר - כיון דכתיב בקרא מפורש דיד קודם דמתחלה וקשרתם והדר ולטוטפות לפיכך אין משגיחין על העברת המצוה משא"כ לעיל בס"א גבי ציצית ותפלין:
passer - Puisqu'il est écrit expressément dans le verset que la main précède : d'abord « tu les lieras » puis « en tottafot » ; dès lors on n'a pas égard au « passer sur la mitsva », contrairement à ci-dessus seif 1 pour tsitsit et tefilin.
(כד) להניח בקמץ - שהוא לשון הנחה כמש"כ להניח ברכה אל ביתך ולא בפת"ח שהוא לשון עזיבה כמש"כ אחיכם אחד הניחו אתי [אחרונים]:
lehaníah avec kamats - C'est le sens de « poser », comme dans « poser une bénédiction sur ta maison », et non avec pata'h, qui est le sens de « laisser », comme dans « un de vos frères, laissez-le auprès de moi » [Aharonim].
(כה) אחר הנחה וכו' - דקודם לכן לכתחילה אין ראוי לברך דהוי קודם דקודם וצריך לקרב הברכה לעשיית המצוה בכל מה דאפשר:
après la pose, etc. - Avant cela, lekhathila (a priori) il n'est pas convenable de bénir, ce serait « avant l'avant », et il faut rapprocher la berakha de l'acte de la mitsva autant que possible.
(כו) קודם קשירתן - ובדיעבד יברך אפילו אח"כ דמצוה שיש לה משך זמן הוא בכולי יומא:
avant de les nouer - Bediavad, il bénira même après, car c'est une mitsva qui a une durée, tout le jour.
(כז) קודם שמהדקן - כי ההידוק הוא מצות הקשירה וצריך גם כן ליזהר שיהיה הברכה אחר שמונחים על הראש לא כאותן שמברכין בעודם בידם דא"כ הו"ל קודם דקודם. גם בשעת ברכה של תש"ר יראה שיהיה מכוסה ראשו בטלית ולא יברך בגילוי הראש:
avant de les serrer - Car le serrage est la mitsva de ligature. Il faudra aussi prendre garde que la berakha soit dite alors qu'ils sont déjà sur la tête, et non comme ceux qui bénissent encore en les tenant en main : ce serait « avant l'avant ». De même, au moment de la berakha du tefilin de la tête, que la tête soit couverte du talit, et l'on ne bénira pas tête nue.
(כח) אסור להפסיק - אפילו בדיבור של מצוה כגון להשיב שלום לרבו וכל כה"ג כי גורם ברכה שאינה צריכה. ואפילו לאותן המניחין תפילין בחוה"מ בלי ברכה או המניחין תפלין דר"ת אחר שחלץ תפלין דרש"י או שחלץ תפלין ע"מ להחזירן דהרמ"א בסי"ב פסק דא"צ לחזור ולברך כשמניחן אח"כ אפ"ה עבירה היא להסיח ביניהן דלכתחילה בעינן שיהיו סמוכין ותכופין זה לזה דכתיב והיה לך לאות על ידך ולזכרון בין עיניך שיהא הוייה אחת לשתיהן:
il est interdit de s'interrompre - Même par une parole de mitsva, comme rendre le salut à son maître, et tout analogue, car cela entraîne une berakha qui n'est pas nécessaire. Même pour ceux qui posent les tefilin à 'Hol hamoëd sans berakha, ou qui posent ceux de Rabbenou Tam après avoir ôté ceux de Rachi, ou qui les ont ôtés pour les remettre — le Rema au seif 12 a statué qu'on n'a pas à bénir de nouveau en les remettant —, c'est néanmoins une faute de s'interrompre entre eux : lekhathila il faut qu'ils soient proches et jointifs l'un à l'autre, car il est écrit « ce sera pour toi un signe sur ta main et un souvenir entre tes yeux », qu'il y ait une seule « existence » pour les deux.
(כט) בדיבור - ואפילו בלשון הקודש ולכתחילה אסור אפי' להפסיק בשתיקה אם שוהא הרבה שלא לצורך אפילו לא הסיח דעתו. ואפי' לרמז בעיניו ולקרוץ באצבעותיו בין התש"י ובין התש"ר ג"כ יש ליזהר לכתחילה. אם הניח תפלין של יד בבית זה ותש"ר בבית אחר והיה דעתו לזה עיין לעיל בסימן ח' סי"ג ומ"ב שם לענין טלית וה"ה לענינינו:
par la parole - Même en langue sainte. Lekhathila il est même interdit de s'interrompre par un silence trop long sans besoin, même s'il n'a pas détourné son esprit. Même faire signe des yeux et claquer des doigts entre celui de la main et celui de la tête, il faut aussi y prendre garde lekhathila. S'il a posé celui de la main dans cette maison et celui de la tête dans une autre, et qu'il en avait l'intention : voir ci-dessus siman 8 seif 13 et la Michna Beroura là, au sujet du talit ; il en va de même ici.
(ל) ואם הפסיק - אפילו בשוגג:
s'il s'est interrompu - Même shogeg (par erreur).
(לא) ולדידן דנוהגין וכו' - כי הטעם שאנו מברכין שתי ברכות על תפילין ולא די בברכת להניח לבד הוא שאנו סוברין דעיקר תיקון הברכות אלו כך היתה בתחלת הנחתם תקנו לברך להניח וקאי נמי על ש"ר וכשמניח הש"ר ומהדקו מברך נמי על מצות שזו היא גמר המצוה הילכך ממילא אם סח והסיח דעתו צריך לחזור ולברך גם להניח על הש"ר [הרא"ש]:
et pour nous qui avons l'usage, etc. - La raison pour laquelle nous disons deux berakhot sur les tefilin, et que « lehaníah » ne suffit pas, c'est que nous tenons que l'institution première de ces berakhot était ainsi : au début de la pose on bénit « lehaníah », qui porte aussi sur celui de la tête ; et lorsqu'on pose celui de la tête et qu'on le serre, on bénit aussi « al mitsvat », car c'est l'achèvement de la mitsva. Dès lors, s'il a parlé et détourné son esprit, il doit bénir de nouveau aussi « lehaníah » sur celui de la tête [Roch].
(לב) לחזור ולברך - ונכון שימשמש אז בשל יד להזיזו ממקומו ויחזק הקשר ובזה תחזור ברכת להניח גם על הש"י ודומה כאלו הניח עתה הש"י והש"ר תכופים זה לזה ואם בירך בלא משמוש ימשמש אחר הברכה ועיין בבה"ל מה שכתבנו בשם הגרע"א בזה:
revenir et bénir - Il est bon alors de palper le tefilin de la main, de le déplacer légèrement et de resserrer le nœud : par là, la berakha « lehaníah » reprend aussi sur le tefilin de la main, comme s'il venait de poser l'un et l'autre à la suite. S'il a béni sans palper, qu'il palpe après la berakha. Voir le Biour Halakha au nom du Gaon R. Akiva Eiger.
(לג) אם סח - ואפילו אם סח בין ברכת להניח ובין הנחת התש"י ג"כ דינא הכי:
s'il a parlé - Même s'il a parlé entre la berakha « lehaníah » et la pose du tefilin de la main, la même règle s'applique.
(לד) אינו וכו' - אבל לכתחילה אסור להסיח בין ברכת להניח עד אחר הנחה של ראש אפילו בדברים שהן לצורך תפילין אם לא היכי שא"א בענין אחר. אך בחוה"מ שאין מברכין אפשר דיש להקל לכתחילה בדברים שהם לצורך תפילין:
il n'est pas, etc. - Mais lekhathila, il est interdit de s'interrompre, de la berakha « lehaníah » jusqu'après la pose du tefilin de la tête, même pour des paroles nécessaires aux tefilin, sauf s'il n'y a pas d'autre moyen. Toutefois à 'Hol hamoëd, où l'on ne bénit pas, on peut peut-être être indulgent lekhathila pour des paroles nécessaires aux tefilin.
(לה) לא יפסיק - ואפילו לענות אמן על ברכה זו גופא כגון לענות אמן על ברכת תפילין שמברך אחר אסור אם לא שחבירו מכוין להוציאו בברכה זו [תשובת ד"ש והגרע"א בחידושיו דלא כפ"מ עי"ש]:
il n'interrompra pas - Même répondre amen à cette berakha même, par exemple amen à la berakha des tefilin que dit un autre, est interdit, à moins que son compagnon n'ait l'intention de l'acquitter par cette berakha [réponse de D.Ch. et le Gaon R. Akiva Eiger dans ses hidouchim, contrairement au P.M., voir là].
(לו) לענות עמהם - ואם פסק וענה איש"ר או קדושה או ברכו או שענה אמן על איזה ברכה ששמע חוזר ומברך ועיין בבה"ל. ובחוה"מ או המניח תפילין דר"ת וכיוצא שמניח בלי ברכה יש להקל ולהפסיק לעניית איש"ר וקדושה וברכו ואמן אך אח"כ יזיז הש"י ממקומו קודם שיניח הש"ר כדי שיהיה הוייה אחת לשניהן:
répondre avec eux - S'il s'est interrompu et a répondu Yéhé chéméh rabba, Kedoucha, Barkhou ou amen à une berakha entendue, il bénit de nouveau. Voir le Biour Halakha. À 'Hol hamoëd, ou pour qui pose les tefilin de Rabbenou Tam et similaires sans berakha, on peut être indulgent et s'interrompre pour Yéhé chéméh rabba, Kedoucha, Barkhou et amen ; mais ensuite il déplacera le tefilin de la main avant de poser celui de la tête, afin qu'il y ait une seule « existence » pour les deux.
(לז) שותק ושומע - דהשתיקה כענייה לענין לצאת י"ח אבל לא שיחשב כהפסקה
il se tait et écoute - Le silence vaut réponse pour s'acquitter de l'obligation, mais il n'est pas compté comme interruption.
(לח) קודם שיכרוך - הטעם כיון שברכת להניח חוזרת גם על של ראש כנ"ל בס"ק ל"א וכ"ש להמחבר לעיל בס"ה דס"ל דאינו מברך אלא אחת ע"כ ימעט ההפסק בכל מה שיוכל והכריכה סביב הזרוע אינה מעיקר הדין ע"כ טוב לאחר אותה עד שיניח של ראש ובספר כוונות האר"י ז"ל כתוב שהיה נוהג לכרוך השבעה כריכות סביב זרועו תחלה [אבל לא הג' כריכות שעל האצבע] מפני שהוא סובר כיון דלכתחלה גם הכריכות הוא מצוה לפיכך אין זה הפסק וכן המנהג בכ"מ ועיין בתשובת משכנות יעקב סימן כ"ח דעתו ג"כ כמנהגנו לכרוך קודם על הזרוע לחיזוק דבלא"ה לא מתקיים ואינו נקרא קשירה עי"ש כתב בספר מ"מ אם שמע קדיש וקדושה אחר שבירך על של יד ואם יכרוך לא יהיה לו פנאי להניח ש"ר ולענות יניח ש"ר קודם הכריכות אם יכול להדק במקצת שלא ימיש התש"י ממקומו:
avant d'enrouler - La raison : la berakha « lehaníah » porte aussi sur celui de la tête, comme ci-dessus au seif katan 31, et à plus forte raison selon le Mé'haber au seif 5, qui ne bénit qu'une seule fois ; il faut donc réduire l'interruption autant que possible. L'enroulement autour du bras n'est pas de l'essence de la loi ; il est donc bon de le reculer jusqu'après la pose de celui de la tête. Dans le livre des kavanot de l'Ari zal, il est écrit qu'il enroulait d'abord les sept tours autour du bras [mais non les trois de l'annulaire], estimant que lekhathila les tours sont aussi une mitsva, donc ce n'est pas une interruption ; c'est l'usage en beaucoup d'endroits. Voir la réponse Michkenot Yaakov siman 28, qui tient aussi comme notre usage d'enrouler d'abord sur le bras pour le fixer, sinon cela ne tient pas et ce n'est pas une ligature. Le livre M.M. écrit : s'il a entendu kaddish et Kedoucha après avoir béni sur celui de la main, et que s'il enroule il n'aura pas le temps de poser celui de la tête et de répondre, qu'il pose celui de la tête avant les tours, s'il peut le serrer un peu pour que le tefilin de la main ne bouge pas de sa place.
(לט) שאסור וכו' - היינו אפילו אם ירצה להוציא הש"ר והש"י שניהן בשוה מן התיק דבזה אין מעביר על המצות אפ"ה יש ליזהר כי יש בזה טעם ע"פ הקבלה כמש"כ בב"י וכ"ש להניח הש"י מידו ולהתעסק בהוצאת הש"ר מדינא אסור:
qu'il est interdit, etc. - Même s'il veut sortir ensemble du fourreau le tefilin de la tête et celui de la main, auquel cas il n'y a pas « on ne passe pas sur les mitsvot », il faut néanmoins y prendre garde, car il y a une raison selon la Kabbala, comme l'écrit le Beit Yossef. À plus forte raison, poser le tefilin de la main hors de sa main et s'occuper de sortir celui de la tête est interdit de par la loi.
(מ) מונחת - ר"ל שתהיה מהודקת יפה על הזרוע ואז מותר אפי' קודם שעשה השבעה כריכות. ואם אחר יכול להוציא ולתקן ש"ר בעוד שחבירו מניח של יד הפמ"ג מחמיר וארה"ח מיקל עי"ש:
posée - C'est-à-dire bien serrée sur le bras ; alors c'est permis même avant les sept tours. Si un autre peut sortir et arranger celui de la tête pendant que son compagnon pose celui de la main, le Peri Meguadim est rigoureux et Artsot Ha'haïm est indulgent, voir là.
(מא) לא יתקן - ר"ל אפילו אם בעת תיקון הש"ר לא יניח הש"י ג"כ מידו אפ"ה כשמניח אח"כ הש"ר להניח הש"י הוי כמעביר על המצות:
il ne les arrangera pas - Même si, en arrangeant celui de la tête, il ne quitte pas non plus celui de la main, néanmoins, quand il pose ensuite celui de la tête après avoir quitté celui de la main, c'est comme passer sur les mitsvot.
(מב) שתיהן מעומד - עיין במ"א שרוצה להכריע דהנחה של יד תהיה מיושב והברכה תהיה בעמידה אבל בא"ר בשם רש"ל בתשובה סימן צ"ח כתב דמי לנו גדול מר"ש מקינון אחר שלמד קבלה היה מתפלל כתינוק בין יומו דמי שלא יכול להשיג סודה על נכון יבוא לקצץ בנטיעות ע"כ יהיה הברכה והנחה בעמידה ובביאור הגר"א הוכיח דגם לפי הזוהר מותר להניח התש"י בעמידה ע"כ אין לזוז מהמנהג. כתב הכנה"ג בכללי הפוסקים כל דבר שבעלי הקבלה והזוהר חולקין עם הגמרא והפוסקים הלך אחר הגמרא והפוסקים מיהו אם בעלי קבלה מחמירין יש להחמיר ג"כ ואם לא הוזכר בגמרא ובפוסקים אע"פ שנזכר בקבלה אין אנו יכולין לכוף לנהוג כך ודין שאין מוזכר בהיפוך בש"ס ופוסקים יש לילך אחר דברי קבלה וגם במקום שיש פלוגתא בין הפוסקים דברי קבלה יכריע:
les deux debout - Voir le Maguen Avraham, qui voudrait que la pose de celui de la main se fasse assis et la berakha debout. Mais Eliyahou Rabba au nom du Maharshal, réponse siman 98, écrit : qui est plus grand que R. Chimchon de Kinon, qui, après avoir étudié la Kabbala, priait comme un enfant du jour, car qui n'en saisit pas bien le secret en vient à « tailler les plants » ; donc berakha et pose se feront debout. Dans le commentaire du Gaon de Vilna, il est prouvé que même selon le Zohar on peut poser le tefilin de la main debout ; on ne s'écartera donc pas de l'usage. Le Kenesset Haguédola, dans les règles des décisionnaires, écrit : lorsque les maîtres de la Kabbala et le Zohar s'opposent à la Guemara et aux décisionnaires, on suit la Guemara et les décisionnaires ; toutefois, s'ils sont plus rigoureux, on sera aussi rigoureux ; et si la chose n'est pas mentionnée dans la Guemara et les décisionnaires, même mentionnée en Kabbala, on ne peut forcer à cet usage ; une loi non contredite dans le Talmud et les décisionnaires se suit d'après la Kabbala ; et s'il y a dispute entre décisionnaires, la Kabbala tranche.
(מג) בכל פעם - אפילו אם כשסילקן היה דעתו להחזירם תיכף ואפילו אם לא שינה מקומו כלל בינתים. והרמ"א בסמוך פליג ע"ז. ואם בשעת ברכה היה דעתו שאח"כ יסלקם ויחזור ויניחם מוכח מדברי המג"א לעיל בסימן ח' סקט"ז דלכו"ע אין צריך לחזור ולברך:
chaque fois - Même s'il les a ôtés avec l'intention de les remettre aussitôt, et même s'il n'a pas changé de place entre-temps. Le Rema, juste après, n'est pas de cet avis. Si, au moment de la berakha, il avait déjà l'intention de les ôter puis de les remettre, il ressort des propos du Maguen Avraham ci-dessus siman 8 seif katan 16 que, de l'avis de tous, il n'a pas à bénir de nouveau.
(מד) נשמטו - כתב של"ה הא דלא נהיגי האידנא לברך כשנשמטו ממקומם משום דבשעת תפלה מסתמא אינו מסיח דעתו מהם והוי כחולצן ע"מ להחזירן דפסק ההג"ה בסמוך דאין לחזור ולברך. וא"כ אותן שהולכין לפעמים עד חצות בתפילין אם נשמטו ראוי לברך. והח"א כתב דאף בשעת התפלה אם נשמטו המברך לא הפסיד. ומ"מ נראה דלמעט בברכות עדיף:
ils ont glissé - Le Chlah écrit que si l'on n'a plus l'usage de bénir lorsqu'ils ont glissé de leur place, c'est que, pendant la tefila, on ne s'en détourne vraisemblablement pas l'esprit, et c'est comme les ôter pour les remettre, au sujet de quoi la glose proche statue qu'on ne bénit pas de nouveau. Dès lors, ceux qui portent parfois les tefilin jusqu'à midi, s'ils ont glissé, il convient de bénir. 'Haïé Adam écrit que même pendant la tefila, s'ils ont glissé, celui qui bénit n'y perd rien. Quoi qu'il en soit, mieux vaut réduire les berakhot.
(מה) ממקומן - דוקא כולן או רובן אבל מקצתן אף דצריך להחזירן על מקומן אין צריך לחזור ולברך [ט"ז בסימן ח' סט"ו ועי"ש בפמ"ג]:
de leur place - Seulement s'ils ont glissé en entier ou pour la plus grande part ; mais s'il n'en a glissé qu'une partie, même s'il faut les ramener à leur place, on ne bénit pas de nouveau [Taz siman 8 seif 15, et voir le Peri Meguadim là].
(מו) צריך לברך - דכיון שהזיזן ממקומן הוי כמו שהסירן לגמרי:
il doit bénir - Puisqu'il les a déplacés de leur place, c'est comme s'il les avait ôtés complètement.
(מז) שלא לברך - כיון דהזיזן על דעת לחזור משא"כ בנשמטו מעצמן אמרינן דתיכף שנשמט אזדא ליה המצוה ולהכי שתיק ליה הרב להמחבר שם. ודע עוד דה"ה אם הסירם לגמרי אדעתא להחזירם מיד פליג נמי הי"א ואפילו אם שינה מקומו בינתים ופסקו האחרונים כן. ואם לא היה בדעתו להחזירו מיד רק לאחר זמן אפילו אם אח"כ לבשן תיכף או שהיה בדעתו להחזירן תיכף ואח"כ נשתהא הדבר והסיח דעתו בינתים לכו"ע צריך לחזור ולברך. וכן אם חלצן לכנוס לבהכ"ס אפילו היה דעתו ללבשן תיכף צריך לברך לכו"ע דהא אין רשאי לילך בהם לבית הכסא ואדחי ליה וכמ"ש בסימן ס"ה וכתב הח"א דה"ה כשחולץ שצריך להפיח כיון דאסור להפיח בהן צריך לחזור ולברך:
de ne pas bénir - Parce qu'il les a déplacés avec l'intention de les remettre, alors que s'ils ont glissé d'eux-mêmes, on dit que dès qu'ils ont glissé la mitsva s'est dissipée ; c'est pourquoi le Rav s'est tu vis-à-vis du Mé'haber là-bas. Sache encore que de même s'il les a ôtés tout à fait avec l'intention de les remettre aussitôt, le « certains disent » n'est pas d'accord non plus, même s'il a changé de place entre-temps, et les Aharonim ont tranché ainsi. S'il n'avait pas l'intention de les remettre aussitôt mais seulement plus tard, même s'il les a ensuite remis immédiatement, ou s'il avait l'intention de les remettre aussitôt puis la chose s'est attardée et il s'en est détourné l'esprit entre-temps — de l'avis de tous, il doit bénir de nouveau. De même s'il les a ôtés pour entrer aux lieux d'aisance, même s'il avait l'intention de les remettre aussitôt, il doit bénir de l'avis de tous, car on n'a pas le droit d'y aller avec eux et ils sont écartés, comme au siman 65. 'Haïé Adam écrit qu'il en va de même lorsqu'il les ôte parce qu'il doit évacuer un vent, puisqu'il est interdit de le faire en les portant : il doit bénir de nouveau.
(מח) של יד - וה"ה בתפילין של ראש דינא הכי:
de la main - Et la même règle s'applique au tefilin de la tête.
(מט) לא הסיח דעתו - ואפילו אם סח בינתיים לצורך ענין אינו הפסק בדיעבד וכדלקמן סימן קס"ז ס"ו. ועיין לעיל בסי' ח' במ"ב סקכ"ח:
il n'a pas détourné son esprit - Même s'il a parlé entre-temps pour un besoin, ce n'est pas une interruption bediavad, comme ci-dessous siman 167 seif 6. Voir ci-dessus siman 8, Michna Beroura seif katan 28.
(נ) ולברך - דכיון דלא נעשה עדיין מצות הנחה נמצא דלא חלה עדיין הברכה על שום מצוה ועשיית הקשר אינו מפסיק כיון שהוא מענין המצוה ע"כ חייל הברכה על הנחה שניה. ומזה יש ללמוד במי שיש בידו תפילין בלי קשר ובירך ועשה קשר והניח דבדיעבד שפיר עולה לו הברכה שעשה דעשיית הקשר אינו הפסק. ומשמע מדברי השו"ע דאם לאחר שהידק התפילין על הזרוע נפסק הקשר צריך לחזור ולברך דכבר נגמר מעשה המצוה וה"ל כנשמטו ממקומם דצריך לברך כשמחזירם וכנ"ל והאחרונים חלקו ע"ז וכתבו דכיון דברכת להניח שבירך קודם הנחת של יד קאי גם על תפילין של ראש כדאיתא לעיל וא"כ כ"ז שלא הניח תש"ר עדיין עסוק במצות השייך לאותה ברכה ולא נגמר עדיין המצוה שבירך עליו עד שהניח גם הש"ר ע"כ כמו בהותר הקשר של יד קודם הנחת של ראש פסק השו"ע דאינו צריך לחזור ולברך ה"ה נמי אם נפסק הקשר ג"כ אינו צריך לחזור ולברך. ואם נפסק הקשר של ראש או של יד לאחר שכבר הניח הש"ר והדקו צריך לחזור ולברך. ואם אין שם מי שיודע לתקן הקשר והוצרך לקחת תפילין אחרים בכל גווני צריך לחזור ולברך דדמי להא דסימן ר"ו ס"ו:
et bénir - Puisque la mitsva de pose n'est pas encore faite, la berakha n'a encore porté sur aucune mitsva, et faire le nœud n'interrompt pas, car cela appartient à la mitsva ; dès lors la berakha porte sur la seconde pose. On en apprend, pour qui a en main des tefilin sans nœud, a béni, a fait le nœud et les a posés, que bediavad la berakha lui compte, le nœud n'étant pas une interruption. Des propos du Choulhan Aroukh il semble que si, après avoir serré le tefilin sur le bras, le nœud s'est rompu, il doit bénir de nouveau, l'acte de la mitsva étant déjà achevé, et c'est comme s'ils avaient glissé de leur place, ce qui exige une berakha en les remettant, comme ci-dessus. Les Aharonim ont contesté et écrit : puisque la berakha « lehaníah » dite avant la pose de celui de la main porte aussi sur celui de la tête, comme ci-dessus, tant qu'il n'a pas encore posé celui de la tête il est occupé à la mitsva de cette berakha, et la mitsva n'est achevée qu'une fois celui de la tête posé. Donc, de même que si le nœud de la main s'est défait avant la pose de celui de la tête le Choulhan Aroukh statue qu'on ne bénit pas de nouveau, de même si le nœud s'est rompu on ne bénit pas de nouveau. Si le nœud de la tête ou de la main s'est rompu après qu'il a déjà posé celui de la tête et l'a serré, il doit bénir de nouveau. S'il n'y a personne qui sache réparer le nœud et qu'il a dû prendre d'autres tefilin, dans tous les cas il doit bénir de nouveau, analogie du siman 206 seif 6.
(נא) הותר - הקשר. וה"ה אם נשמטו ממקומם ומ"ש הניח ש"ר ר"ל שהדקו דהוא עיקר מצות הנחה וכנ"ל:
s'est défait - Le nœud. De même s'ils ont glissé de leur place. Et « il a posé celui de la tête » veut dire qu'il l'a serré, car c'est là l'essentiel de la mitsva de pose, comme ci-dessus.
(נב) מהדק ומברך - דה"ל כנשמטו ממקומם וכן אם הותר הש"ר לאחר הידוקו צריך לחזור ולברך כשמהדקו על ראשו ולפי מה שכתבנו לעיל בשם השל"ה אין לברך אם הותר התפילין בזמן התפלה בכל גווני:
il resserre et bénit - C'est comme s'ils avaient glissé de leur place. De même si celui de la tête s'est défait après l'avoir serré, il doit bénir de nouveau en le resserrant sur sa tête. Selon ce que nous avons écrit plus haut au nom du Chlah, on ne bénira pas si les tefilin se sont défaits pendant le temps de la tefila, en tous les cas.
(נג) שאולים - ואפילו בשואל שלא מדעת מותר דניחא ליה לאיניש למיעבד מצוה בממוניה רק שיקפלם כבראשונה ולא יוציאם ממקומו הראשון כמו בטלית לעיל בסימן י"ד עי"ש [אחרונים]:
empruntés - Même emprunter à l'insu du propriétaire est permis, car il plaît à l'homme qu'une mitsva se fasse avec son bien, pourvu qu'on les plie comme auparavant et qu'on ne les sorte pas de leur première place, comme pour le talit ci-dessus siman 14, voir là [Aharonim].
(נד) גזולים - דה"ל מצוה הבאה בעבירה ואפילו אחר יאוש ואפילו בדיעבד לא קיים מצות תפילין אך אם מכר התפילין לאחר יאוש לאחר דעת המ"א בתרמ"ט והמחה"ש לעיל בסימן י"א דיוכל השני לברך דלדידיה הוי יאוש ושינוי רשות אכן הט"ז והגר"א בסימן זה כתבו בהדיא דבכל גווני אסור לברך אף דלענין לצאת בהם משמע מדברי הגר"א דיוצא בהם אך לענין הברכה אסור מ"מ משום בוצע ברך דעל ידי לקיחתו יצא הגזילה מרשות הבעלים. אך מי שלקח מהשני הזה נראה דיוכל לברך כן מצאתי בדמשק אליעזר לעיל בסימן י"א עי"ש:
volés - C'est une mitsva venue par une faute ; même après yéouch, et même bediavad, il n'a pas accompli la mitsva des tefilin. Mais s'il les a vendus après yéouch à un autre, l'avis du Maguen Avraham au siman 649 et du Maha'tsit Hachékel ci-dessus siman 11 est que le second peut bénir, car pour lui il y a yéouch et changement de domaine. Toutefois le Taz et le Gaon de Vilna dans ce siman écrivent expressément qu'en tous les cas il est interdit de bénir, même si, pour s'acquitter, il ressort des propos du Gaon qu'on s'acquitte ; mais pour la berakha c'est interdit, à cause de « qui bénit un spoliateur » : par sa prise, l'objet volé est sorti du domaine du propriétaire. Mais qui a pris de ce second, il semble qu'il puisse bénir ; ainsi ai-je trouvé dans Damesek Eliézer ci-dessus siman 11, voir là.
(נה) נהגו העולם - ויש שאין משהין עליהם יותר מן החיוב דצריכין גוף נקי והכל לפי מה שהוא אדם אם אין לו גוף נקי ומתיירא שמא יפיח יסלק מיד ועיין סימן ל"ז ס"ב דמשו"ה אין רוב העולם נוהגים להניחם כל היום ובשם האר"י ז"ל כתבו שלא היה חולץ עד אחר ע"כ נקוה לך. וביום שיש בו מילה ראוי שלא לחלוץ עד אחר המילה כי מילה היא אות ותפילין הם אות:
le monde a l'habitude - Certains ne les laissent pas plus longtemps que l'obligation, car il faut un corps net, et tout selon la personne : s'il n'a pas le corps net et craint d'évacuer un vent, qu'il les ôte aussitôt. Voir siman 37 seif 2 : c'est pourquoi la plupart n'ont pas l'usage de les porter toute la journée. Au nom de l'Ari zal on a écrit qu'il ne les ôtait qu'après « Al kén nekavé lakh ». Un jour de milah, il convient de ne pas les ôter avant la milah, car la milah est un signe et les tefilin sont un signe.
(נו) ג' קדושות - ט"ס הוא ובאמת צ"ל ג' קדישים וד' קדושות. כי ברכו את ד' נחשב חדא שהיא דבר שבקדושה וקדושת שפה ברורה שניה וקדושת העמידה וקדושת ובא לציון. ושלשה קדישים הוא ח"ק שקודם ברכו וחצי קדיש שאחר תפילת י"ח וקדיש שלם שאחר ובא לציון. ומ"מ משמע מפמ"ג ושארי אחרונים דבמקומות שנוהגים לומר קדיש יתום בכל יום אחר עלינו טוב שלא לחלוץ עד אחר קדיש יתום. ואנשים שנוהגין לקפל הטלית ותפילין ולהניחן בתיקן בעת אמירת קדיש לא יפה הן עושין דמאוד יש לכוון בעניית איש"ר כמבואר לקמן בסימן נ"ו בטור ובשו"ע ואיש"ר הוא עוד במדרגה גבוה יותר מקדושה כמבואר שם במ"א סק"א ובודאי לא גרע משאר ברכות דרבנן דאסור לעשות אפי' תשמיש קל בשעה שהוא מברך כמבואר לקמן בסימן קצ"א במ"א סק"ב:
trois kedouchot - C'est une erreur de scribe ; il faut lire trois kaddichim et quatre kedouchot. Car « Barkhou et ה' » compte pour une, étant une chose de sainteté ; la Kedoucha de Safa beroura est la deuxième ; la Kedoucha de l'amida ; et la Kedoucha de Ouva letsion. Les trois kaddichim sont : le demi-kaddish avant Barkhou, le demi-kaddish après l'amida, et le kaddish entier après Ouva letsion. Quoi qu'il en soit, il ressort du Peri Meguadim et d'autres Aharonim que, là où l'on dit chaque jour le kaddish des orphelins après Alénou, il est bon de ne pas les ôter avant ce kaddish. Ceux qui plient le talit et les tefilin et les mettent dans leur fourreau pendant le kaddish ne font pas bien : il faut beaucoup de kavana en répondant Yéhé chéméh rabba, comme ci-dessous siman 56 dans le Tour et le Choulhan Aroukh ; et Yéhé chéméh rabba est d'un degré plus élevé que la Kedoucha, comme l'écrit là le Maguen Avraham seif katan 1 ; cela ne vaut pas moins que les autres berakhot rabbiniques, pendant lesquelles il est interdit de faire même un usage léger, comme ci-dessous siman 191 Maguen Avraham seif katan 2.
(נז) עד שיחזירו - רמז לדבר ויעבור מלכם לפניהם [היינו הס"ת] וד' בראשם [תפילין] ב"י:
jusqu'à ce qu'on les ramène - Allusion : « et leur roi passera devant eux » [c'est le sefer Torah] « et ה' à leur tête » [les tefilin] — Beit Yossef.
(נח) ויניחוהו בהיכל - והחולצן קודם עכ"פ יזהר שלא יחלוץ הש"ר בפני הס"ת כדי שלא יגלה ראשו בפניה אלא יסתלק לצדדין ובש"י דליכא גילוי או בתפילין ש"ר תחת הטלית גדול שרי [פמ"ג]:
et on le pose dans le héikhal - Celui qui les ôte plus tôt prendra garde au moins de ne pas ôter le tefilin de la tête devant le sefer Torah, afin de ne pas découvrir sa tête devant lui, mais s'écartera sur le côté. Pour celui de la main, il n'y a pas de découverte, ou si le tefilin de la tête est sous le talit gadol, c'est permis [Peri Meguadim].
(נט) מוסף - אחר שהחזירו הס"ת בהיכל ובמקומותינו שמכניסים תיכף אחר הקריאה יחלצם אחר הקדיש שקודם תפילת מוסף. ובאליהו רבא כתב דבר"ח יחלוץ אחר קדושת ובא לציון קודם שאומר יהי רצון מלפניך וכו' שנשמור חוקיך ולא ימתין מלחלצם עד אחר קדיש כדי שלא להפסיק בין קדיש להתפלה:
Moussaf - Après qu'on a ramené le sefer Torah dans le héikhal. Dans nos contrées, où on le rentre aussitôt après la lecture, on les ôtera après le kaddish qui précède la tefila de Moussaf. Eliyahou Rabba écrit : à Roch 'Hodech, on les ôtera après la Kedoucha de Ouva letsion, avant de dire « Yehi ratson milfanékha… que nous gardions Tes lois », et l'on n'attendra pas le kaddish, afin de ne pas interrompre entre le kaddish et la tefila.
(ס) וה"ה בחוה"מ - והאחרונים כתבו כיון די"א שלא להניח כלל בחוה"מ כדלקמן בסימן ל"א ימהר לחלצן קודם הלל והש"ץ אחר הלל ובחוה"מ של סוכות שיש פנאי בעוד שממתינין על האתרוג אף הש"ץ יחלוץ קודם הלל. הנוהגין ללבוש כל היום יחזור וילבוש בר"ח אחר תפלת מוסף וא"צ לחזור ולברך אם היה דעתו לזה בשעת חליצתן לפי מה שפסק הרמ"א לעיל בסי"ב ובחוה"מ לא יניחם שוב לגמרי עד הערב. והאנשים המניחין תפילין דר"ת בחוה"מ לא יניחום כלל ובר"ח יוכלו להניחם אחר שיסיים הש"ץ תפלת מוסף או שיסירו התפילין של רש"י קודם ובא לציון ושל ר"ת ילבשו בעת אמירת ובא לציון [פמ"ג]:
et de même à 'Hol hamoëd - Les Aharonim ont écrit : puisque certains disent de ne pas les poser du tout à 'Hol hamoëd, comme ci-dessous siman 31, on se hâtera de les ôter avant le Hallel, et le chalia'h tsibbour après le Hallel. À 'Hol hamoëd de Soukkot, où l'on a le temps d'attendre l'étrog, même le chalia'h tsibbour les ôtera avant le Hallel. Ceux qui les portent toute la journée les remettront à Roch 'Hodech après la tefila de Moussaf, et n'ont pas à bénir de nouveau s'ils en avaient l'intention en les ôtant, selon ce qu'a statué le Rema ci-dessus seif 12. À 'Hol hamoëd, on ne les remettra plus du tout jusqu'au soir. Ceux qui posent les tefilin de Rabbenou Tam à 'Hol hamoëd ne les poseront pas du tout ; à Roch 'Hodech, ils pourront les poser après que le chalia'h tsibbour a fini Moussaf, ou ôter ceux de Rachi avant Ouva letsion et mettre ceux de Rabbenou Tam pendant Ouva letsion [Peri Meguadim].
(סא) קדושת כתר - פי' במקום שאנו אומרים נקדש במוסף אומרים בקצת מקומות כתר יתנו לך לכן אין נכון להיות אז כתר של תפילין עליו ואפילו בעת תפלת הלחש ופשוט דאם שכח והתחיל להתפלל בהם לא יחלצם באמצע דאינו רק מנהגא:
Kedouchat Keter - C'est-à-dire : là où nous disons « Nekadech » à Moussaf, certains lieux disent « Keter yitnou lakh » ; dès lors il n'est pas convenable d'avoir alors la « couronne » des tefilin sur soi, même pendant la tefila à voix basse. Et il est évident que s'il a oublié et commencé à prier avec eux, il ne les ôtera pas au milieu, car ce n'est qu'un usage.
(סב) בכל מקום - והט"ז כתב דהנוהג שאינו חולץ במוסף אין עליו תלונה מאחר שאין אנו אומרים קדושת כתר יתנו לך ושמעתי על גדול הדור אחד שלא היה חולצם במוסף אך המתפלל בצבור בודאי לא ישנה מנהגא דצבורא:
en tout lieu - Le Taz écrit que celui qui a l'usage de ne pas les ôter à Moussaf n'est pas à blâmer, puisque nous ne disons pas « Kedouchat Keter yitnou lakh ». J'ai entendu d'un grand de la génération qu'il ne les ôtait pas à Moussaf. Mais qui prie avec le tsibbour ne changera certainement pas l'usage du tsibbour.