Lois de l'écriture des quatre parashiot des tefilin : ordre obligatoire, encre noire, klaf préparé lichma, forme des lettres, encerclement de gvil, corrections sans hak tokhot ni écriture hors ordre, parashiot ouvertes et fermées, battim carrés et noirs, chin saillante, enroulement, tendons et couture, nœuds du Nom Chadaï.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Ordre d’écriture des quatre parashiot des tefilin (main et tête) : ordre obligatoire, encre noire, klaf préparé lichma, forme des lettres, encerclement de gvil, corrections sans hak tokhot ni écriture hors ordre, parashiot ouvertes et fermées, battim carrés et noirs, chin saillante, enroulement, tendons et couture, nœuds du Nom Chadaï. [FAIRE] Ordre des parashiot | Les écrire toutes, main et tête, dans l’ordre de la Torah (« qu’elles soient dans leur être ») ; chaque parasha elle-même dans son ordre, sans qu’il n’y manque même une lettre. [FAIRE] Dalet de e'had | Coutume : l’écrire seulement plus grand que les autres dalet de la même écriture (Magen Avraham : comme quatre petits dalet). [FAIRE] Main d’abord | A priori d’abord celles de la main (glose du Rav). Séfer HaKavanot : toutes d’affilée, tête et main, sans parole entre elles. [FAIRE] Support | Main : un seul klaf, quatre colonnes (une parasha par colonne). Tête : quatre klafim. [FAIRE] Encre noire | Écrire à l’encre noire. Usage actuel : noix de galle + qoma + qanqantum, cuits ensemble. L’encre n’a pas besoin d’être lichma. [FAIRE] Klaf et tannage lichma | Peau dans la chaux (ou noix de galle) jusqu’à ce que le poil tombe de lui-même — sinon diftera. Prononcer de ses lèvres au début (mise dans la chaux). Convenable : « en vue de la sainteté d’un séfer Torah » et stipulation de pouvoir changer pour toute chose. [FAIRE] Juif au début du tannage | L’Israélite met lui-même les peaux dans la chaux lichma et dit au non-Juif de faire aussi le reste lichma. [FAIRE] Main droite et réglure | Écrire de la main droite. A priori régler au moins la ligne supérieure ; on peut régler toutes les lignes pour embellir. [FAIRE] Encerclement de gvil | Chaque lettre, même la dernière de la ligne et la pointe du youd, entourée de gvil de ses quatre côtés — indispensable même après coup. [FAIRE] Forme des lettres | Écriture parfaite (pas un bet comme un kaf, un zayin comme un noun). Youd : épine gauche et jambe droite. Tiyoug des chaatnez gatz a priori. [FAIRE] Lichma d’écriture et Noms | De sa bouche, au début des parashiot : « j’écris ces parashiot en vue de la sainteté des tefilin » (mieux : chaque parasha). A priori sanctifier chaque mention du Nom ; deux Noms sans interruption : une sanctification suffit. La pensée ne suffit pas, même après coup. [FAIRE] D’après l’écrit | Écrire d’après un modèle ou un lecteur, et savoir lire. Beaucoup d’Aharonim : prononcer chaque mot avant de l’écrire. Relire ce qu’on a écrit dans cette parasha avant de poursuivre. [FAIRE] Marges | En haut : de quoi le toit d’un lamed ; en bas : khaf et noun allongés + un peu de gvil. A priori ne pas laisser entrer la tête du lamed dans la ligne du dessus, ni un khaf allongé dans celle du dessous. [FAIRE] Petuhot et setouma | Surtout à la main (un klaf) : Qadech, Véhaya ki yévia'kha et Chema ouvertes (neuf lettres en fin de colonne précédente, début au début de ligne) ; Véhaya im chemoua fermée. A priori de quoi trois mots « acher ». Terminer « al haarets » en fin de dernière ligne. Tête : en droit on n’y est pas minutieux ; a priori on a coutume de l’être. [FAIRE] Battim | Cuir d’animal pur (aussi titoura et ma'avarta), tanné lichma là où c’est possible. A priori un seul cuir véritable. Carrés : battim sur toute la hauteur (main et tête ; les quatre maisons ensemble), titoura haut et bas, coutures. Mesurer longueur = largeur et les deux diagonales. Sillons des quatre maisons reconnaissables au-dehors, a priori jusqu’en bas. [FAIRE] Noir et chin | Noircir les battim. Chin saillante du cuir même, des deux côtés : l’un de trois têtes et l’autre de quatre ; droite = droite du monde. Les youd du chin touchent en bas. A priori le chin atteint la titoura. [FAIRE] Enroulement et pose | Enrouler de la fin au début. Entourer poil de veau et petit klaf (les deux avis). Poil qui sort moindre qu’un grain d’orge, du côté Véhaya im chemoua vers Qadech. Poser dressées, début de parasha à droite du lecteur. [FAIRE] Couture et nœuds | Tendons de bête pure (talon, blancs), douze coutures des deux directions, d’un seul fil ; coudre ensemble le cuir des battim et la titoura. Nœud : loi donnée à Moïse au Sinaï, lichma, pas trop petit, en forme de dalet (Nom Chadaï). [EVITER] Encre non noire | Rouge, vert et semblables ; même une partie de lettre (pointe du youd) d’une autre couleur. Galle seule ou qanqantum seul : invalide même après coup. [EVITER] Commencer hors ordre | Ne pas commencer p.ex. par Véhaya ki yévia'kha puis joindre un Qadech d’ailleurs sans certitude qu’il a été écrit avant — doute de Torah, on est strict. [EVITER] Compléter une lettre manquante après | S’il y a des Noms qui ne s’effacent pas jusqu’à la fin de la parasha, pas de remède par complément. [EVITER] Formule vague de tannage | « En vue d’un séfer Torah, ou de tefilin, ou de mezouzot, ou de toute chose permise » : les Aharonim doutent si cela est efficace. Tannage pour lanières puis parashiot : inefficace (sainteté plus grave). [EVITER] Écrire de la bouche ou du pied | Pas la manière d’écrire de personne — invalide même s’il n’y a pas d’autres tefilin. [EVITER] Réglure au plomb, à l’encre, au siqra | Interdit a priori, même entre les lignes. Doute fort si réglure noire (contact des lettres), sauf écrire sous la réglure. [EVITER] Trou qui divise la lettre | Percé au point que l’encre ne passe pas : la lettre paraît coupée — invalide même au milieu du trait, encre tout autour. [EVITER] Hak tokhot | Creuser le vide ou racler sans acte dans le corps de la lettre pour « faire » la lettre — ce n’est pas une écriture. Réparer après les lettres suivantes : pas de remède (ordre exigé). [EVITER] Collage hé, qouf, alef | Même fil de cheveu au toit du hé ou du qouf : racler toute la jambe (simple séparation = hak tokhot). Youd de l’alef collé au toit : racler tout le youd. [EVITER] Passer le calame sur encre disparue | Si toute l’encre a sauté et qu’il ne reste qu’une trace de rouille : hors ordre. Encre non noire dès l’origine : hors ordre. [EVITER] Battim non carrés, sillons feints, chin rapporté | Pas de tête de main ronde. Pas de carré par enduit rapporté. Enduit noir pelable comme un papier : invalide. Chin d’un autre klaf collé : invalide. Cuir suspendu sur quatre maisons avec sillons au couteau : invalide (devient comme tefilin de la main). [EVITER] Cuir ou tendons impurs | Même cuir pur recouvert d’impur (fût-ce en coupant pour voir le chin) : invalide. Tendons d’impur, d’oiseau ou boyaux : invalide. [CAS:OUI] Bediavad ordre main / tête | Après coup, de l’avis de tous, pas de difficulté si l’on a écrit la tête d’abord. [CAS:OUI] Joindre une parasha d’ailleurs | Si l’on a commencé par Véhaya ki yévia'kha, on peut joindre un Qadech d’autres tefilin s’il est certain qu’il a été écrit avant. [CAS:OUI] Mot en trop | Le racler ; le vide n’invalide pas s’il n’atteint pas l’espace de neuf lettres ; parfois prolonger la lettre d’avant. Ce raclage n’est pas hak tokhot. [CAS:OUI] Encre de vin / or passé | Encre de vin ordinaire de non-Juifs : permise. Passer de l’or sur l’écriture n’est pas une écriture hors ordre. [CAS:OUI] Tannage pour séfer Torah | Permis de changer pour tefilin et mezouzot. Tannage pour tefilin : efficace aussi pour la mezouza. Après coup, pensée seule suffit pour le lichma des lèvres du tannage. [CAS:OUI] Ambidextre / pas d’autres tefilin | S’il maîtrise les deux mains, écriture de la gauche valide. Droitier ayant écrit de la gauche : on les met sans bénédiction s’il n’y en a pas d’autres. Lignes courbes sans réglure : après coup on n’invalide pas. [CAS:OUI] Trou minuscule / vide du hé | Si le calame bouche le trou et qu’on ne le sent pas : valide. Vide du hé percé après écriture : pas besoin de gvil à l’intérieur (hors Yerouschalmi) ; trait fin au-dehors suffit. [CAS:OUI] Lettre percée après l’écriture | S’il reste du trou vers le haut la mesure d’un youd avec sa pointe inférieure : valide. Doute de date du trou : on présume après l’écriture (sauf trou très petit). Enfant ni savant ni sot : utile seulement en doute de mesure, pas si nos yeux voient qu’il n’y a plus forme de lettre. [CAS:OUI] Goutte, contact, ajouter de l’encre | Goutte sans changement de forme : on peut l’ôter (pas hak tokhot). Cire : permis de l’enlever. Réch↔dalet, khaf↔bet : ajouter de l’encre si l’on n’a pas encore écrit après. Racler un contact entre lettres achevées encore reconnaissables : l’hors-ordre n’empêche pas. Youd sans épine gauche seulement : on peut réparer. [CAS:OUI] Petuhot toutes / Nom sorti | Rema : après coup toutes ouvertes valide, aussi pour Rabbenou Tam. Véhaya im chemoua ouverte : les Aharonim valident (dans la Torah elle n’est pas voisine de Chema). Nom sorti de la ligne : après coup beaucoup n’invalident pas pour tefilin ; on peut tirer bet, dalet, réch des lignes d’au-dessus. [CAS:OUI] Quatre klafim à la main / 4e parasha | Si déjà écrites sur quatre klafim : coller (colle de bête pure) et mettre. Erreur dans la quatrième : permis de l’écrire sur un klaf seul même a priori et de la coller. Pas d’espace pour dresser : valide (dressure = mitsva). Chin n’atteint pas la titoura : valide si la forme est là. [CAS:OUI] Pas de cuir lichma pour les battim | S’appuyer sur le Rambam plutôt que d’être empêché de la mitsva ; ensuite geniza et remplacer. Ma'avarta rompue : permis de la coudre. Titoura et ma'avarta d’un cuir à part : valide. [CAS:NON] Parasha antérieure invalidée ensuite | Toutes les suivantes sont annulées. Assemblage d’ailleurs : seulement si l’on sait qu’elles ont été écrites avant. [CAS:NON] Tannage pour mezouza seul | Inefficace pour les tefilin et pour un séfer Torah. Non-Juif au début sans que le Juif le guide : inefficace même selon le Roch. [CAS:NON] Gaucher qui a écrit de sa droite physique | Invalide comme la gauche d’un homme ordinaire. Une seule lettre non lichma : invalide ; repasser le calame lichma inutile. [CAS:NON] Pointe du youd sans gvil | Invalide (Mena'hot 29). Trou avant écriture qui coupe la lettre : invalide. Collage d’une pièce inefficace pour le gvil (il faut le corps même du klaf). Klaf coupé dès le début sans gvil autour de la lettre : invalide. [CAS:NON] Goutte qui change la figure | Lettre non reconnaissable (bet devenu pé, pointe du youd manquante) : racler le vide n’est pas utile. Mem bouché au milieu du mot : invalide ; l’ouvrir = hak tokhot. [CAS:NON] Lettres collées / forme entièrement perdue | Même contact minime après achèvement : invalide (manque de gvil). Youd sans jambe droite, chin sans youd, tsadi séparé en deux lettres, 'het = deux zayin : si l’on a déjà écrit après, aucune réparation (hors ordre). [CAS:NON] Ouverte devenue fermée | Les trois premières parashiot faites fermées : invalide de l’avis de tous. Véhaya im chemoua sans aucun espace de neuf lettres : changement entier, invalide de tous. Ouverte non commencée au début de ligne : fermée selon le Rambam, invalide même après coup. [CAS:NON] Chin et poil | Deux chin de trois seulement, ou de quatre seulement, ou un chin omis : invalide. Youd du chin qui ne touchent pas en bas : empêche après coup. Pas de poil autour de la parasha : invalide même si un klaf l’entoure (loi donnée à Moïse au Sinaï). [CAS:NON] Battim non carrés / sillon invisible | Empêche après coup (Rambam) ; s’il n’y en a pas d’autres, les mettre sans bénédiction. Carré gâté ensuite (battim courbés, arêtes rondes, titoura déformée) : il faut recarrer. Sillons non reconnaissables au-dehors : même quatre maisons au-dedans, ce n’est pas utile. [REMA] Encre de fumée de bois : mitsva de choix seulement ; on n’en use plus. Yerouschalmi : gvil aussi à l’intérieur — lieu d’être strict. Scribes trébuchent sur le toit du khaf allongé trop large (paraît dalet ou réch) et sur les apprentis qui écrivent sans lichma (Levouch). Petuhot : a priori trois « acher » ; après coup neuf youd. Taz : setouma selon tous = moins de neuf en fin de Chema et moins de neuf en tête de Véhaya im chemoua, par jonction. Dans ces contrées, usage de toutes ouvertes (Rema, pour ne pas blâmer les premiers) ; Levouch et Gra : mieux comme le Choulhan Aroukh. Battim : Gueonim deux doigts a priori avec la titoura ; très petits → parashiot souvent médiocres. Noir des battim : mitsva selon le Mekhaber ; plusieurs (Gra) : halakha leMoshe miSinaï. Chin au moule : usage actuel. Collage à la colle des battim répandu ; a priori un seul cuir véritable, maisons séparées (ainsi les tefilin du Gra). Nœud dalet plus dirigé que mem fermé. Nœud de la main dénoué : remettre et lire le Chema sans bénédiction. Nœud de la tête dénoué : réparer seulement, ne pas dénouer la main. [SYNTHESE] Les tefilin ne sont valides que si les quatre parashiot sont écrites dans l’ordre (et chaque parasha dans le sien) à l’encre noire sur klaf tanné lichma, chaque lettre dans sa forme et entourée de gvil au moment de l’écriture. On ne répare ni par hak tokhot ni hors ordre. La main va sur un klaf en quatre colonnes avec petuhot et setouma ; la tête sur quatre klafim dans des battim carrés noirs d’un cuir pur, chin saillante, parashiot enroulées avec poil, cousues de tendons, nœuds du Nom Chadaï. Beaucoup d’usages a priori ; plusieurs défauts invalident même après coup, surtout une fois les lettres suivantes écrites.
(א) ופרשת שמע - וצריך לכתוב ד' דאחד כל כך גדולה כמו ד' דלתי"ן קטנים [מ"א] ואפשר שאין משערין באותו כתב רק כל שיש בו דלתי"ן קטנים מאד סגי ומשום הכי נוהגין לכתוב רק גדולה משאר דלתי"ן שבאותו כתב:
Et la parasha Chema - Il faut écrire le dalet de e'had aussi grand que quatre petits dalet [Magen Avraham] ; et il se peut qu'on ne mesure pas d'après cette écriture-là, mais que dès qu'il y a des dalet très petits cela suffit ; c'est pourquoi l'on a coutume d'écrire seulement plus grand que les autres dalet de cette même écriture.
(ב) לכתבם - כל הפרשיות בין מהש"י ובין מהש"ר:
De les écrire - Toutes les parashiot, tant celles de la main que celles de la tête.
(ג) כסדר הזה - דכתיב והיו הדברים וגו' בהוייתן יהו. וכ"ש שצריך ליזהר מטעם זה שיהיה כל פרשה ופרשה גופא נכתבת כסדרה שלא יחסר בה אפילו אות אחת כי לא יהיה לו תקנה אח"כ להשלימה וכדלקמן בסעיף כ"ג:
Dans cet ordre - Car il est écrit « et ces paroles seront » etc. : qu'elles soient dans leur être. Et à plus forte raison faut-il, pour cette même raison, veiller à ce que chaque parasha elle-même soit écrite dans son ordre, sans qu'il n'y manque même une lettre, car on n'aura plus ensuite de remède pour la compléter, comme ci-dessous au seif 23.
(ד) פסול - היינו התפילין שנעשו מאותן הפרשיות אבל הפרשיות עצמן לא נפסלו כגון אם התחיל לכתוב מפרשת והיה כי יביאך יוכל לצרף לזה פרשת קדש מתפילין אחרים אם יודע בודאי שנכתב קודם אלו דאל"ה ספק תורה לחומרא וה"ה אם בעת הכתיבה היה כסדרן רק אח"כ נפסל פרשה אחת המוקדמת נתבטל ממילא כל הפרשיות שאחריה ולענין צירוף מפרשיות אחרים ג"כ הדין כנ"ל:
Invalides - C'est-à-dire les tefilin faits de ces parashiot ; mais les parashiot elles-mêmes ne sont pas invalidées. Par exemple, s'il a commencé à écrire à partir de la parasha Véhaya ki yévia'kha, il pourra y joindre une parasha Qadech provenant d'autres tefilin, s'il sait avec certitude qu'elle a été écrite avant celles-ci ; sinon, doute de Torah, on est strict. De même, si au moment de l'écriture elles étaient dans l'ordre, mais qu'ensuite une parasha antérieure a été invalidée, toutes les parashiot qui la suivent sont de ce fait annulées ; et pour l'assemblage à partir d'autres parashiot, la règle est également comme ci-dessus.
(ה) קודם - משום דמוקדם בפסוק וי"א להיפך מפני שש"ר קדושתו חמורה משל יד ואנו נוהגין כמ"ש הרב בהגה ובדיעבד לכו"ע אין קפידא. כתוב בספר הכוונות שלכתחלה יזהר לכתוב כל הפרשיות ש"ר ושל יד רצופים ולא יפסיק ביניהם בשום דיבור כלל ועי' בש"ת:
D'abord - Parce qu'elle est antérieure dans le verset ; et certains disent le contraire, parce que la sainteté de celles de la tête est plus grave que celle de la main ; et nous suivons ce qu'a écrit le Rav dans la glose. Après coup (bediavad), de l'avis de tous, il n'y a pas de difficulté. Il est écrit dans le Séfer HaKavanot qu'a priori (lekhathila) on veillera à écrire toutes les parashiot de la tête et de la main d'affilée, sans interrompre entre elles par aucune parole ; voir au Cha'aré Techouva.
(ו) בקלף אחד - מדכתיב והיה לאות על ידך דמשמע אות אחד כלומר בית אחד וכשם שהוא אות אחד מבחוץ כך יש להיות לכתחלה אות א' מבפנים שתהיה על קלף אחד אבל בש"ר שיש בו ד' בתים צריך שיהי' הפרשיות כתובות בד' קלפים וכ"ז רק לכתחלה וכמו שיתבאר הכל לקמן בסעיף מ"ז. ודע דתש"י צריך להיות ג"כ כתוב דוקא בד' עמודים כל פרשה בעמוד אחר:
Sur un seul klaf - Parce qu'il est écrit « et ce sera un signe sur ta main », ce qui implique un seul signe, c'est-à-dire une seule maison ; et de même qu'il est un signe unique au-dehors, de même a priori faudra-t-il qu'il soit un signe unique au-dedans, écrit sur un seul klaf. Mais pour celles de la tête, qui ont quatre maisons, il faut que les parashiot soient écrites sur quatre klafim. Tout cela n'est qu'a priori, comme on l'expliquera tout au seif 47. Sache aussi que celles de la main doivent également être écrites précisément en quatre colonnes, chaque parasha dans une colonne distincte.
(ז) בדיו שחור - ודיו שמראהו דומה למראה הכחול עיין בביאור הלכה:
Avec de l'encre noire - Quant à une encre dont l'aspect ressemble au bleu, voir au Béour Halakha.
(ח) מעשן עצים - פי' ולא יטיל לתוכו קומא או קנקנתום [שקורין בל"א קופער וואסער] כי לכתחלה בעינן כתב שיוכל להמחק וע"י קומא או קנקנתום הכתב עומד ואין נמחק וזהו הכל למצוה מן המובחר בלבד אבל לדינא גם הרמ"א מודה דמותר לעשות ממי עפצים וקומא וקנקנתום וכן נוהגין לעשות כהיום ע"י תערובות שלשתן וע"י בישול דהכי עדיף טפי [וכמו שכתב בתשובת משכנות יעקב סי' ל"ז] ועיין במ"א שכתב דבימיו לא ראה ג"כ לאחד מן הגדולים שנהג לעשות בדיו העשוי מעשן עצים ושמנים [אך אפשר דהיו עושין מדיו של קוצים כמו שסיים בשם מהרי"ל] וכן פסק בספר גט מקושר ובספר ברכי יוסף לעשות כמנהגינו עכשיו דהדיו העשוי מעשן עצים ושמנים מתקלקל ונמחק בנקל ע"כ אין נוהגין בו עכשיו ודיו העשוי ממי עפצים בלבד בלא קומא [שקורין בל"א גומא] או מקנקנתום בלבד פסול אפילו דיעבד כן כתב הגר"א בביאורו לקמן בסי' תרצ"א עי"ש ועיין בבה"ל. מותר לכתוב תו"מ בדיו הנעשה מסתם יינם ועי' בש"ת ס"ק ד'. דיו אין צריך לעשות לשמה:
De fumée de bois - C'est-à-dire sans y jeter de qoma ni de qanqantum [qu'on appelle en allemand Kupferwasser], car a priori il nous faut une écriture qui puisse s'effacer ; or par la qoma ou le qanqantum l'écriture tient et ne s'efface pas. Tout cela n'est que pour la mitsva de choix ; mais en droit, même le Rema convient qu'il est permis de faire [l'encre] avec de l'eau de noix de galle, de la qoma et du qanqantum ; et ainsi l'on a coutume de faire aujourd'hui, par le mélange des trois et par cuisson, car cela est meilleur [comme il est écrit dans les responsa Michkenot Yaakov, siman 37]. Voir au Magen Avraham, qui a écrit que de son temps il n'avait pas non plus vu un seul des grands qui eût coutume de faire avec l'encre faite de fumée de bois et d'huiles [mais il se peut qu'on fît avec l'encre d'épines, comme il conclut au nom du Maharil]. Ainsi ont tranché le Séfer Get Mekoushar et le Séfer Birké Yossef : faire selon notre usage actuel, car l'encre de fumée de bois et d'huiles se gâte et s'efface facilement ; c'est pourquoi l'on n'en use plus aujourd'hui. L'encre faite d'eau de noix de galle seule, sans qoma [qu'on appelle en allemand Goma] ou de qanqantum seul, est invalide même après coup ; ainsi a écrit le Gra dans son commentaire, plus bas au siman 691, voir là-bas, et voir au Béour Halakha. Il est permis d'écrire les séfarim Torah, tefilin et mezouzot avec une encre faite de vin ordinaire de non-Juifs ; voir Cha'aré Techouva, seif katan 4. L'encre n'a pas besoin d'être faite lichma.
(ט) אות אחת - ל"ד דה"ה מקצת האות כגון קוצו של יוד:
Une seule lettre - Ce n'est pas précis : de même une partie de lettre, comme la pointe du youd.
(י) בשאר מיני צבעונים - שאינם שחור כגון האדום והירוק וכיוצא בהם:
Avec d'autres sortes de couleurs - Qui ne sont pas noires, comme le rouge, le vert et leurs semblables.
(יא) מעביר הזהב - ואע"ג דכל זמן שאין מעביר פסול דכתב העליון מבטל כתב התחתון לא מיקרי ע"י ההעברה כתיבה שלא כסדרן כיון שאין כותב כ"א מעביר ונשאר כתב התחתון ממילא:
Il passe l'or - Bien que tant qu'il n'a pas passé [l'or], ce soit invalide, car l'écriture supérieure annule l'écriture inférieure, on n'appelle pas, du fait de ce passage, une écriture hors ordre, puisqu'il n'écrit pas, il ne fait que passer, et l'écriture inférieure demeure d'elle-même.
(יב) בחברתה - ואם האות גדול ונדבק בסופו באופן שאם נגרר מה שדבק מ"מ ישאר צורת אות יש מכשירין ויש פוסלין והסכימו האחרונים להחמיר ע"כ צריך לגרור מקום הדבק ואף בתפילין ומזוזות מהני תיקון כיון דלא נשתנה צורת האות מקודם:
À sa voisine - Si la lettre est grande et collée à son extrémité, de telle sorte que si l'on racle ce qui est collé il reste néanmoins la forme de la lettre, certains valident et certains invalident ; les Aharonim se sont accordés à être stricts. Il faut donc racler l'endroit du collage ; et même pour les tefilin et les mezouzot, la réparation est efficace, puisque la forme de la lettre n'a pas changé par rapport à auparavant.
(יג) כל אות - ואפילו האות האחרון מהשיטה צריכה להיות מוקפת גויל מארבע רוחותיה ולעיכובא הוא אפילו בדיעבד וכדלקמן בסוף סעיף ט"ז ואפילו אם יחסר הקפת גויל להקוץ של היוד ג"כ פסול הוא וכדאיתא במנחות דף כ"ט וכל פרטי דין הזה עיין לקמן בסעי' י"ז ובסימן ל"ו:
Chaque lettre - Même la dernière lettre de la ligne doit être entourée de gvil de ses quatre côtés ; et cela est indispensable, même après coup, comme ci-dessous à la fin du seif 16. Même s'il manque l'encerclement de gvil à la pointe du youd, c'est aussi invalide, comme il est dans Mena'hot 29. Tous les détails de cette règle : voir ci-dessous au seif 17 et au siman 36.
(יד) כתיבה תמה - דהיינו שלא יכתוב ביתי"ן כפי"ן כפי"ן ביתי"ן זייני"ן נוני"ן נוני"ן זייני"ן וכל כיוצא בזה:
Une écriture parfaite - C'est-à-dire qu'on n'écrive pas des bet comme des kaf, des kaf comme des bet, des zayin comme des noun, des noun comme des zayin, et tout ce qui est semblable.
(טו) קוצו של יוד - היינו עוקץ שמאל של יוד וכ"ש אם חסר רגל ימין דפסול ותמונת היוד עיין לקמן בדיני צורת האותיות בסימן ל"ו ומש"כ בשם הפמ"ג:
La pointe du youd - C'est-à-dire l'épine gauche du youd ; et à plus forte raison si la jambe droite manque, c'est invalide. La figure du youd : voir ci-dessous dans les lois de la forme des lettres, siman 36, et ce qu'il a écrit au nom du Peri Megadim.
(טז) כהלכתו - באותיות שעטנ"ז ג"ץ וזה הוא רק לכתחלה דבדיעבד כשר לרוב הפוסקים אם לא תייג וכדלקמן בסימן ל"ו ס"ג עי"ש שמבואר שם כל פרטי דיני התיוג:
Selon sa loi - Pour les lettres chaatnez gatz ; et cela n'est qu'a priori, car après coup c'est valide selon la plupart des décisionnaires s'il n'a pas mis les couronnes, comme ci-dessous au siman 36 seif 3, voir là-bas où sont exposés tous les détails des lois du tiyoug.
(יז) שיכתוב בימינו - דאין דרך כתיבה בשמאל וה"ה לעשות איזה תיקון בשמאל בענין הכתיבה דפסול אבל להפריד נגיעות שבאותיות נראה דכשר אפילו בשמאל דומיא דמכשרינן באנשים הפסולין לזה לקמן בסימן ל"ט עכ"פ בדיעבד עי"ש:
Qu'il écrive de la main droite - Car ce n'est pas la manière d'écrire de la gauche ; de même, faire quelque réparation de la gauche en matière d'écriture est invalide. Mais séparer des contacts entre lettres semble valide même de la gauche, à l'instar de ce que l'on valide chez les hommes inaptes à cela, ci-dessous au siman 39, du moins après coup, voir là-bas.
(יח) בשמאל - היינו בשולט בימין לבד אבל אם שולט בשתי ידיו אפילו כתב בשמאלו כשר ואפילו אם שולט בימינו לבד אם אי אפשר למצוא אחרים יניחם אך לא יברך עליהם. וסופר שכותב בימין וכל מלאכתו בשמאל או להיפך כתב הפמ"ג שנכון לכתחלה שלא לקבלו לסופר ובדיעבד אין לאסור עי"ש הטעם:
De la gauche - C'est-à-dire chez celui qui ne maîtrise que la droite ; mais s'il maîtrise ses deux mains, même s'il a écrit de la gauche, c'est valide. Même s'il ne maîtrise que la droite, s'il est impossible de trouver d'autres [tefilin], on les mettra, mais on ne bénira pas sur elles. Un scribe qui écrit de la droite et fait tout son [autre] travail de la gauche, ou l'inverse : le Peri Megadim a écrit qu'il convient a priori de ne pas l'accepter comme scribe, et qu'après coup il n'y a pas lieu d'interdire ; voir là-bas la raison.
(יט) הוי ימין - ע"כ אם כתב בימינו פסול כמו בשמאל דעלמא וכנ"ל אם אפשר למצוא אחרים וכתב הרמ"ע מעשה היה במצרים שתפס אחד הקולמוס בשפתיו וכתב בו ופסלו דאין דרך כתיבה בפה לכו"ע וכתב המ"א דפסול אפילו אם א"א למצוא אחרים. ועיין בספר משנת אברהם בשם הגט מקושר ועוד פוסקים דמשוין זה או הכותב ברגלו להכותב ביד שמאל:
C'est la droite - C'est pourquoi, s'il a écrit de sa droite, c'est invalide comme de la gauche d'un homme ordinaire ; et comme ci-dessus, si l'on peut trouver d'autres. Le Ram'a (de Fano) a écrit qu'il y eut un fait en Égypte : quelqu'un saisit le calame entre ses lèvres et écrivit avec, et on l'invalida, car ce n'est la manière d'écrire de la bouche pour personne. Le Magen Avraham a écrit que c'est invalide même s'il est impossible de trouver d'autres. Voir dans le Séfer Michnat Avraham, au nom du Get Mekoushar et d'autres décisionnaires, qui assimilent cela, ou celui qui écrit du pied, à celui qui écrit de la main gauche.
(כ) שיטה עליונה - משום דתפילין אין עליה הלמ"מ לשרטט כמו מזוזה רק משום דאסור לכתוב ג' תיבות מפסוק בלי שרטוט ע"כ כשמשרטט שיטה עליונה די כי סתם בני אדם יודעים לאמן ידם לכתוב כל השיטות ישרות אחר שכתבו שיטה עליונה וקאמר אין צריך משום דאם ירצה לשרטט כל השיטין כדי לכתוב יותר ביושר ליפות השיטות הרשות בידו. ואם לא שירטט אפילו שיטה עליונה עיין בביאור הלכה:
La ligne supérieure - Parce que les tefilin n'ont pas de loi donnée à Moïse au Sinaï d'être réglés comme la mezouza, mais seulement parce qu'il est interdit d'écrire trois mots d'un verset sans réglure ; c'est pourquoi, quand on règle la ligne supérieure, cela suffit, car les gens savent d'ordinaire dresser leur main pour écrire toutes les lignes droites après avoir écrit la ligne supérieure. Il dit « il n'est pas besoin » parce que s'il veut régler toutes les lignes afin d'écrire plus droit et d'embellir les lignes, il en a le droit. S'il n'a pas réglé même la ligne supérieure, voir au Béour Halakha.
(כא) ישרטט - פי' לכתחלה משום זה אלי ואנוהו אבל בדיעבד אפילו אם לא שירטט וכתב השיטות עקומות אין לפסול התפילין:
Il réglera - C'est-à-dire a priori, à cause de « ceci est mon Dieu et je L'embellirai » ; mais après coup, même s'il n'a pas réglé et a écrit les lignes courbes, on n'invalidera pas les tefilin.
(כב) בעופרת - וכן בדיו ובסיקרא וכל כיוצא בזה ואפילו בין השיטין אסור לשרטט בו וכל זה לכתחלה אבל בדיעבד אין להחמיר כן כתב הל"ח והא"ר ובתשובת דבר שמואל סימן שס"ב מפקפק בזה מאוד אם משורטט בשום צבע שחור מחמת נגיעת אות באות ע"י השירטוט השחור אם לא דכתב מתחת השירטוט עי"ש:
Au plomb - De même à l'encre, au siqra et à tout ce qui est semblable ; et même entre les lignes, il est interdit d'y régler. Tout cela a priori ; mais après coup, il n'y a pas lieu d'être strict : ainsi ont écrit le Le'hem 'Hamed et l'Elia Rabba. Dans les responsa Devar Chemouel siman 362, on met fort en doute cela si l'on règle avec une couleur noire quelconque, à cause du contact d'une lettre avec l'autre par la réglure noire, à moins d'écrire sous la réglure ; voir là-bas.
(כג) בעפצים או בסיד - ולעיכובא הוא דלא מיקרי קלף בלא זה רק דיפתרא ויניח העור בסיד עד שיפול השער מאליו ולא ע"י גרירה ואם הוציאו קודם לכן לא יכתוב עליו דהוי דיפתרא עדיין ופסול ויש מי שחולק וכתב דסופר שהוציא העורות לאחר ד' ימים ועדיין לא עבר שערות מעליהן נראה דבדיעבד אין קפידא דלא תליא בשער כלל דכיון דכבר הונח בסיד וניתקן כהוגן לא מיקרי דיפתרא עי"ש:
Avec des noix de galle ou de la chaux - Et c'est indispensable : sans cela on n'appelle pas [cela] klaf, seulement diftera. On laissera la peau dans la chaux jusqu'à ce que le poil tombe de lui-même, et non par raclage. Si on l'a retirée auparavant, on n'écrira pas dessus, car c'est encore diftera et c'est invalide. Il y en a qui contestent et ont écrit qu'un scribe qui a retiré les peaux après quatre jours, alors que les poils n'étaient pas encore partis d'elles, il semble qu'après coup il n'y ait pas de difficulté, car cela ne dépend pas du tout du poil : dès lors qu'elles ont déjà été mises dans la chaux et préparées convenablement, on n'appelle pas cela diftera ; voir là-bas.
(כד) בשפתיו - ובדיעבד דיו במחשבה:
De ses lèvres - Et après coup, la pensée suffit.
(כה) בתחלת - ויותר אין צריך לא להוציא בשפתיו ולא לחשוב שמתעבדים לשמה אלא בתחלתו בלבד ואפילו נמשך העיבוד כמה ימים דכל העושה על דעת ראשונה הוא עושה. ותחילת העיבוד מיקרי כשמשים העורות לתוך הסיד ולא בעת שמשימם לתוך המים קודם מפני דזה לא מיקרי עדיין עיבוד:
Au début - Et ensuite, il n'est plus besoin ni de prononcer de ses lèvres ni de penser qu'elles se tannent lichma, mais seulement au début ; même si le tannage se prolonge plusieurs jours, car quiconque agit le fait selon sa première intention. Le début du tannage s'appelle quand on met les peaux dans la chaux, et non au moment où on les met dans l'eau auparavant, parce que cela ne s'appelle pas encore tannage.
(כו) לשם ס"ת - דקדושתה חמורה מתפילין ובכלל מאתים מנה ואעפ"כ מותר לשנות לתו"מ אף דקדושתם קלה ממנה אבל לדבר חול אסור לשנותו לבד אם התנה בפירוש בתחלת עיבודן שיהא מותר לשנותו אף לדבר חול אז מותר לשנותו. והנכון שינהגו כן הסופרים לכתחלה בעת שמשימים העורות לתוך הסיד שיאמרו אני נותן עורות אלו לתוך הסיד לשם קדושת ס"ת ואני מתנה לכשארצה שאוכל לשנותו לכל דבר ולא כמו שנהגו הסופרים שאומרים לשם ס"ת או תפילין או מזוזות או שאר דבר רשות דאז מסתפקים האחרונים אם מהני ועיין בביאור הלכה:
En vue d'un séfer Torah - Dont la sainteté est plus grave que celle des tefilin, et « deux cents comprennent une mine » ; néanmoins, il est permis de changer pour les tefilin et mezouzot, bien que leur sainteté soit plus légère. Mais pour une chose profane, il est interdit de le changer, sauf s'il a stipulé expressément au début de leur tannage qu'il soit permis de le changer même pour une chose profane : alors il est permis de le changer. Le convenable est que les scribes en usent ainsi a priori, au moment où ils mettent les peaux dans la chaux, qu'ils disent : « je mets ces peaux dans la chaux en vue de la sainteté d'un séfer Torah, et je stipule que, quand je voudrai, je pourrai le changer pour toute chose » ; et non comme ont coutume les scribes de dire « en vue d'un séfer Torah, ou de tefilin, ou de mezouzot, ou de toute autre chose permise », car alors les Aharonim doutent si cela est efficace ; voir au Béour Halakha.
(כז) פסול - ולא מהני רק למזוזה בלבד דקדושתה קלה מתפילין ואם עיבד לתפילין מהני אף למזוזה ולא לס"ת ואם עיבד העור לשם רצועות לא מהני לכתוב פרשיות עליו אם עשה אח"כ קלף מהן דקדושתן חמורה ואפילו לעשות מהן עור בתים יש לומר נמי דפסול דקדושתן חמורה מרצועה [פמ"ג וע"ש עוד מה שכתב בזה]:
Invalide - Et cela n'est efficace que pour la mezouza seule, dont la sainteté est plus légère que celle des tefilin. S'il a tanné pour les tefilin, cela est efficace même pour la mezouza, mais non pour un séfer Torah. S'il a tanné la peau en vue des lanières, cela n'est pas efficace pour écrire des parashiot dessus si l'on en a ensuite fait du klaf, car leur sainteté est plus grave ; et même pour en faire le cuir des battim, on peut aussi dire que c'est invalide, car leur sainteté est plus grave que celle de la lanière [Peri Megadim, et voir encore ce qu'il a écrit là-dessus].
(כח) אפילו - דס"ל להרמב"ם דעכו"ם עושה אדעתא דנפשיה ואף על פי שהעכו"ם אומר ששומע לישראל אין פיו ולבו שוין בזה אבל הרא"ש ס"ל דכיון שהוא עומד ע"ג בתחלה בעת שמשים העורות לתוך הסיד ואומר לו שיתנם אז לתוך הסיד לשמה ולא בעינן הכונה של העכו"ם לזה רק בעת רגע נתינתם לסיד ציית ליה אשעה מועטת כזה ונותנם אדעתא דהכי אבל אם הישראל העומד ע"ג חישב בלבו לבד לשמה לא מהני ואפילו אומר לו בפירוש כל שעומד מרחוק ואינו מלמדו לא מהני אפילו להרא"ש:
Même - Car le Rambam tient que le non-Juif agit selon sa propre intention, et bien que le non-Juif dise qu'il écoute l'Israélite, sa bouche et son cœur ne sont pas égaux en cela. Mais le Roch tient que, puisqu'il se tient auprès de lui au début, au moment où l'on met les peaux dans la chaux, et qu'il lui dit de les mettre alors dans la chaux lichma, on n'a pas besoin de l'intention du non-Juif pour cela, seulement à l'instant de leur mise dans la chaux il lui obéit pour un moment si bref et les met dans cette intention. Mais si l'Israélite qui se tient auprès n'a pensé lichma que dans son cœur, cela n'est pas efficace ; et même s'il le lui dit expressément, dès lors qu'il se tient de loin et ne le guide pas, cela n'est pas efficace, même selon le Roch.
(כט) קצת - אפי' אם לא סייעו רק בסוף העיבוד ואפילו גם זה הסיוע לא היה רק בשותפות עם העכו"ם כשר וכ"ז למצוה בעלמא אבל בדיעבד להרא"ש כשר אפילו לא סייעו כלל דעכו"ם אדעתא דישראל המצווהו לעשות לשמה עביד:
Un peu - Même s'il ne l'a aidé qu'à la fin du tannage, et même si cette aide n'était qu'en association avec le non-Juif, c'est valide. Tout cela n'est que pour une mitsva en soi ; mais après coup, selon le Roch, c'est valide même s'il ne l'a pas du tout aidé, car le non-Juif agit selon l'intention de l'Israélite qui lui a ordonné de faire lichma.
(ל) וכן נוהגין - והמנהג לפי דברי אחרונים לכתחלה צריך להיות כך שישים הישראל בעצמו העורות לתוך הסיד לשמה ויאמר לעכו"ם שכל שאר מלאכת העיבוד שיעשה הוא יעשה ג"כ לשמה ויכול העכו"ם אח"כ להוציאו בעצמו ולתקנו וא"צ עוד לעמוד ע"ג ולסייעו עוד. ואם נתן הישראל העורות בעצמו לתוך הסיד לשמה ולא אמר כלום להעכו"ם כתב הפמ"ג דצ"ע בזה [כי לפי דברי הב"י ביו"ד בסימן רע"א כשר אפילו לדברי הרמב"ם והב"ח אוסר] אכן לפי דברי הנו"ב בסימן קע"ה עי"ש וביאורי הגאון מהר"מ בנעט על המרדכי סוף הלכות ס"ת יש להקל בדיעבד. ואם סייעו הישראל להעכו"ם קצת בסוף ובזה גמר מלאכת העיבוד ולא אמר לעכו"ם כלל שיעשה לשמה זה בודאי לא מהני דמסייע אין בו ממש. וה"מ שזה גמר העיבוד לא עשה בעצמו רק בסיוע עם העכו"ם אבל אם גמרו הישראל בעצמו בלא סיוע העכו"ם כגון שהוציא הישראל העורות מן הסיד קודם שנגמר עיבודן וחזר והניחם בתוך הסיד לשמה הט"ז ביו"ד והגאון מהר"מ הנ"ל מקילין בזה ואין למחות ביד הנוהג להקל כדבריהן וכמו שביררנו בביאור הלכה:
Et ainsi l'on a coutume - L'usage, selon les paroles des Aharonim, est qu'a priori il faut qu'il en soit ainsi : que l'Israélite lui-même mette les peaux dans la chaux lichma, et qu'il dise au non-Juif que tout le reste du travail de tannage qu'il fera, il le fera aussi lichma ; et le non-Juif pourra ensuite les retirer lui-même et les préparer, sans qu'il soit encore besoin de se tenir auprès et de l'aider davantage. Si l'Israélite a lui-même mis les peaux dans la chaux lichma et n'a rien dit au non-Juif, le Peri Megadim a écrit que cela demande examen [car selon les paroles du Bet Yossef en Yoré Déa siman 271, c'est valide même selon le Rambam, et le Ba'h interdit]. Toutefois, selon les paroles du Noda Biyouda siman 175, voir là-bas, et les éclaircissements du Gaon Maharam Banet sur le Mordekhaï, fin des lois du séfer Torah, on peut être indulgent après coup. S'il a un peu aidé le non-Juif à la fin, et que par là le travail de tannage s'est achevé, et qu'il n'a rien dit au non-Juif de faire lichma, cela certainement n'est pas efficace, car un aide n'a pas de consistance. Cela, lorsque cet achèvement du tannage, il ne l'a pas fait lui-même, seulement en aide avec le non-Juif ; mais si l'Israélite l'a achevé lui-même sans l'aide du non-Juif, par exemple si l'Israélite a retiré les peaux de la chaux avant que leur tannage fût achevé et les a remises dans la chaux lichma, le Taz en Yoré Déa et le Gaon Maharam susdit sont indulgents en cela, et l'on ne réprimandera pas celui qui a coutume d'être indulgent selon leurs paroles, comme nous l'avons éclairci au Béour Halakha.
(לא) בטביעות עין - שנתן בסימנין או שאלו הנקבים נעשו יותר מחדש משלו וי"א שיכתוב בראש בפנים במקום שאין דרך לעבד הראש וישאר הכתב עד אחר העיבוד ולא יסמן במרצע מחמת חשש זיוף ובדיעבד יש להקל כהש"ע:
Par reconnaissance - Qu'il y ait mis des signes, ou que ces trous aient été faits plus récemment que les siens. Certains disent qu'il écrira en tête, à l'intérieur, à un endroit où l'on n'a pas coutume de tanner la tête, et que l'écriture restera jusqu'après le tannage ; et qu'on ne marquera pas à l'alêne, par crainte de falsification. Après coup, on peut être indulgent comme le Choulhan Aroukh.
(לב) לשתים - שהוא קטן כל כך עד שכשמעביר עליו בקולמוס נסתם הנקב בדיו ואין הנקב נרגש בקולמוס כותבין עליו אע"פ שנפל מעט דיו במקום ההוא ונראה נקב דק כנגד השמש כשר אבל אם ניקב כ"כ שאין הדיו עובר עליו פסול שהאות נראית חלוקה לשתים על ידו ואפילו אם הנקב באמצע עובי האות בגגו או בירכו ודיו מקיפה מכל צד פסול ואפילו אם עד מקום הנקב יש צורת אות. וכ"ז קודם כתיבה אבל אם לאחר כתיבה נחלק האות לשתים ע"י נקב רואין אם יש בו צורת האות עד מקום הנקב כשר וכמו שיתבאר בסמוך בסעיף ט"ז ועיין ביאור הלכה:
En deux - C'est-à-dire qu'il est si petit que, lorsqu'on passe dessus au calame, le trou se bouche à l'encre et que le trou ne se sent pas au calame : on écrit dessus, bien qu'un peu d'encre soit tombé à cet endroit et qu'un trou fin se voie contre le soleil, c'est valide. Mais s'il est percé au point que l'encre ne passe pas dessus, c'est invalide, car la lettre paraît divisée en deux par lui. Même si le trou est au milieu de l'épaisseur de la lettre, dans son toit ou dans sa jambe, et que l'encre l'entoure de tous côtés, c'est invalide ; même s'il y a jusqu'à l'endroit du trou la forme d'une lettre. Tout cela avant l'écriture ; mais si après l'écriture la lettre s'est divisée en deux par un trou, on regarde : s'il y a en elle la forme de la lettre jusqu'à l'endroit du trou, c'est valide, comme on l'expliquera tout près au seif 16 ; voir Béour Halakha.
(לג) והדק ממנו לפרשת והא"ש - ט"ס וצ"ל לפרשת והיה כי יביאך שהיא יותר גדולה ולפרשת קדש ולפרשת והא"ש שהם ארוכות וכו' [ביאור הגר"א ויד אהרן] ורמ"י כתב שהסופרים שלהם עושים תיקון אחר שכל הקלפים הם שוים באורך א' ובעובי א' אלא שמניחין גליונין מפרשיות הקצרות:
Et le plus fin d'entre eux pour la parasha Véhaiech - C'est une faute de scribe, et il faut lire : pour la parasha Véhaya ki yévia'kha, qui est plus grande, et pour la parasha Qadech et pour la parasha Véhaya im chemoua, qui sont longues, etc. [Béour HaGra et Yad Aharon]. Rami a écrit que leurs scribes font une autre réparation : tous les klafim sont égaux en une même longueur et une même épaisseur, seulement on laisse des marges aux parashiot courtes.
(לד) לאחר שנכתב וכו' - נקדים ב' הקדמות ואח"כ נבאר בעזה"י. א' כל אות צריך שיהא עליו צורתו הראוי לאותו אות וא"ל פסול ובזה אין חילוק אם לא נכתב כהלכתו או אם אח"כ נתקלקל. ב' כל אות שאין גויל מוקף לה מארבע רוחותיה פסולה ובדין זה יש שני פרטים. א' דוקא אם לא היה מוקף גויל קודם כתיבה אבל אם לאחר כתיבה נעשה נקב או קרע סמוך לאות מבחוץ ועי"ז אינו מוקף גויל כשר וכמו שיתבאר בסעיף ט"ז בשו"ע. ב' דעת רוב הפוסקים דאין צריך להיות מוקף גויל רק מבחוץ להאותיות ולא בתוכן חוץ מהירושלמי שמחמיר בזה. ועתה נבוא לבאר השו"ע אם לאחר שנכתב ניקב וכו' הטעם דבפנים אין צריך להקפת גויל ולפ"ז אפילו אם הנקב קודם כתיבה כשר והאי דנקט אם לאחר שנכתב ניקב משום דלכתחלה אין לכתוב אפילו אם הנקב באמצע חללו ואין ממלא את תוכו אבל באמת אם עבר וכתב אפילו אם היה הנקב קודם שנכתב כשר וא"צ שום תקון:
Après qu'elle a été écrite, etc. - Nous avançons deux prémisses, puis nous expliquerons avec l'aide de ה'. Première : chaque lettre doit avoir sur elle la forme qui convient à cette lettre, sinon elle est invalide ; et en cela il n'y a pas de différence si elle n'a pas été écrite selon sa loi ou si elle s'est ensuite gâtée. Seconde : toute lettre qui n'a pas de gvil l'entourant de ses quatre côtés est invalide ; et dans cette règle il y a deux détails. Premier : précisément si elle n'était pas entourée de gvil avant l'écriture ; mais si après l'écriture il s'est fait un trou ou une déchirure près de la lettre au-dehors, et que par là elle n'est plus entourée de gvil, c'est valide, comme on l'expliquera au seif 16 du Choulhan Aroukh. Second : l'avis de la plupart des décisionnaires est qu'il n'est besoin d'être entouré de gvil que du dehors des lettres, et non à leur intérieur, hors le Yerouschalmi qui est strict en cela. Et maintenant nous venons expliquer le Choulhan Aroukh : « si après qu'elle a été écrite elle a été percée, etc. » La raison est qu'à l'intérieur on n'a pas besoin de l'encerclement de gvil ; et selon cela, même si le trou était avant l'écriture, c'est valide. S'il a dit « si après qu'elle a été écrite elle a été percée », c'est parce qu'a priori on n'écrira pas même si le trou est au milieu de son vide et ne remplit pas son intérieur ; mais en vérité, s'il a transgressé et écrit, même si le trou était avant qu'elle fût écrite, c'est valide et l'on n'a besoin d'aucune réparation.
(לה) בתוך הה"א - וה"ה שאר אותיות שיש להן ג' דפנות ויש חלל בתוכו אבל ך' פשוטה וכ"ש וי"ו וכדומה לאו תוך מיקרי:
Dans le hé - De même les autres lettres qui ont trois parois et un vide à l'intérieur ; mais un khaf allongé, et à plus forte raison un vav et leurs semblables, ne s'appellent pas « intérieur ».
(לו) כל החלל - ואפילו נגע הנקיבה באות גופא כל שנשאר שריטה דקה מבחוץ כשר דאין שיעור לעובי האותיות:
Tout le vide - Même si la perforation a touché la lettre elle-même, dès lors qu'il reste un trait fin au-dehors, c'est valide, car il n'y a pas de mesure à l'épaisseur des lettres.
(לז) שגם בפנים וכו' - וא"כ דינו כמבחוץ אם היה הנקב בתוכו קודם כתיבה פסול ועיין בט"ז ובפמ"ג בשם הלבוש שיש להחמיר כהירושלמי. ודע דלהירושלמי צריך הקפת גויל בכל הצדדים מבפנים כמו מבחוץ ע"כ אם ניקב בתוכו קודם הכתיבה אצל האות ועי"ז איננו מוקף גויל יש לגרור מעט מבפנים מעובי הקו של האות ויהיה מוקף גויל ועיין בביאור הלכה סוף ד"ה אבל בירושלמי וכו':
Qu'aussi à l'intérieur, etc. - Et dès lors sa règle est comme au-dehors : si le trou était dans son intérieur avant l'écriture, c'est invalide. Voir au Taz et au Peri Megadim au nom du Levouch, qu'il y a lieu d'être strict comme le Yerouschalmi. Sache que selon le Yerouschalmi il faut l'encerclement de gvil de tous les côtés à l'intérieur comme au-dehors ; c'est pourquoi, si elle a été percée dans son intérieur avant l'écriture auprès de la lettre, et que par là elle n'est pas entourée de gvil, on raclera un peu à l'intérieur de l'épaisseur du trait de la lettre, et elle sera entourée de gvil. Voir au Béour Halakha, fin du paragraphe « mais dans le Yerouschalmi, etc. ».
(לח) ניקב - וה"ה אם נמחק קצת מהדיו ולא ניקב. ודוקא בה"א פליג הרא"ש ומכשיר אם נשאר כל שהוא בין למעלה מהנקב ובין למטה דסבר דאין שיעור להנקודה התלויה בה ואפילו אם כתב מתחלה רגל קצר כזה כשר להרא"ש אבל בשאר אותיות כמו חי"ת וכדומה גם הרא"ש מודה דהרגל השמאלי דינו כמו רגל ימיני:
A été percée - De même si un peu de l'encre s'est effacé et qu'elle n'a pas été percée. Et précisément pour le hé le Roch diverge et valide s'il reste tant soit peu, tant au-dessus du trou qu'en dessous, car il tient qu'il n'y a pas de mesure au point suspendu en elle ; même s'il a d'abord écrit une jambe courte ainsi, c'est valide selon le Roch. Mais pour les autres lettres, comme le 'het et leurs semblables, le Roch aussi convient que la jambe gauche a la même règle que la jambe droite.
(לט) מצריכין כמלא וכו' - ומיירי בענין שאין בו חסרון משום הקפת גויל כגון שניקב לאחר הכתיבה כדבסמוך סט"ז בסופו דאל"ה פסול אפי' אם נשתייר יותר מכמלא אות קטנה גם להרא"ש:
Ils exigent la mesure d'une, etc. - Et l'on parle d'un cas où il n'y a pas de défaut d'encerclement de gvil, par exemple si elle a été percée après l'écriture, comme tout près à la fin du seif 16 ; sinon, c'est invalide même s'il est resté plus que la mesure d'une petite lettre, aussi selon le Roch.
(מ) והכי הלכתא - מדבריו אלו משמע דלא להחמיר בלבד פסק כדעת ש"פ אלא דפשיטא ליה דהלכה כוותיהו וא"כ צריך להזהיר מאד להסופרים שנכשלין בזה. ובתפילין ומזוזות דבעינן כסדרן לכאורה לא מהני שום תיקון אפילו התינוק קוראו לאות כיון שאנו רואין שאין לו צורת אות דבלא זה לא מיקרי ה' לפי דעת אלו הפוסקים וכדלקמן בסכ"ה ע"ש. ומ"מ נראה דיש להקל ע"י תיקון ודומיא שהקיל הפמ"ג בכף פשוטה שעשאו מרובע ע"י תיקון עי"ש:
Et telle est la halakha - De ces paroles-ci il appert qu'il n'a pas tranché comme l'avis de plusieurs décisionnaires seulement pour être strict, mais qu'il lui est évident que la halakha est selon eux ; dès lors, il faut fort avertir les scribes qui trébuchent en cela. Pour les tefilin et les mezouzot, où l'on exige l'ordre, à première vue aucune réparation n'est efficace, même si l'enfant la lit comme cette lettre, puisque nous voyons qu'elle n'a pas la forme d'une lettre : sans cela on n'appelle pas [cela] un hé selon l'avis de ces décisionnaires, comme ci-dessous au seif 25, voir là-bas. Néanmoins, il semble qu'on puisse être indulgent par une réparation, à l'instar de ce que le Peri Megadim a été indulgent pour un khaf allongé qu'on a rendu carré par une réparation ; voir là-bas.
(מא) ניקב - וה"ה אם נפסק האות בלא נקב או נמחק קצה האות ומיירי השו"ע בארכו וה"ה אם נפסק קצת מעביו בין ע"י נקיבה או ע"י מחיקה אם נשאר שריטה דקה שחור כמו וי"ו או יו"ד דקה כשר דאין שיעור לעובי האותיות אלא דבניקב בין בעביו בין בארכו בעינן שניקב לאחר הכתיבה וכדלקמן בסט"ז [ממ"א ודה"ח]:
A été percée - De même si la lettre a été interrompue sans trou, ou si l'extrémité de la lettre s'est effacée. Le Choulhan Aroukh parle de sa longueur ; de même si elle a été un peu interrompue dans son épaisseur, que ce soit par perforation ou par effacement : s'il reste un trait fin noir comme un vav ou un youd fin, c'est valide, car il n'y a pas de mesure à l'épaisseur des lettres. Seulement, qu'elle ait été percée dans son épaisseur ou dans sa longueur, il faut qu'elle ait été percée après l'écriture, comme ci-dessous au seif 16 [d'après le Magen Avraham et le Derekh Ha'hayim].
(מב) הימיני - של ה"א. כתב הפמ"ג נראה לי דה"ה לשאר אותיות כגון ד' ל' פ' פשוטה צ' פשוטה קו"ף רי"ש או תי"ו או חי"ת [לכאורה בחי"ת בין רגלה הימיני או השמאלי] אם נשאר מהירך הימיני כיו"ד די בכך עכ"ל ועיין לקמן בסימן ל"ו בדיני צורת האותיות באות ל' ופ' פשוטה וצ' פשוטה וקו"ף ובאות תי"ו:
Le droit - Du hé. Le Peri Megadim a écrit : il me semble que de même pour les autres lettres, comme dalet, lamed, pé allongé, tsadi allongé, qouf, réch ou tav, ou 'het [à première vue, pour le 'het, que ce soit sa jambe droite ou la gauche], s'il reste de la jambe droite comme un youd, cela suffit. Voir ci-dessous au siman 36, dans les lois de la forme des lettres, aux lettres lamed, pé allongé, tsadi allongé, qouf et tav.
(מג) אם נשתייר - היינו מהנקב לצד מעלה ולא מצרפינן ליה מה שלמטה מהנקב אפילו אם תינוק דלא חכים ולא טיפש קראה לאות כיון דאנו רואין שלא נשאר צורת האות כתיקונו וכמו שנתבאר בסמוך בשם הט"ז אבל אם נשתייר מהנקב ולמעלה [או מההפסק ולמעלה אם נפסק האות באמצע] כשיעור אות קטנה כשר ואין צריך להראותו לתינוק וה"ה אם כתב לכתחלה רגל קטנה קצרה כזה דכשר ועיין ביד אפרים ובביאור הלכה:
S'il est resté - C'est-à-dire du trou vers le haut, et l'on n'y joint pas ce qui est au-dessous du trou, même si un enfant ni savant ni sot l'a lue comme cette lettre, puisque nous voyons qu'il n'est pas resté la forme de la lettre comme il convient, ainsi qu'on l'a exposé tout près au nom du Taz. Mais s'il est resté du trou vers le haut [ou de l'interruption vers le haut, si la lettre a été interrompue au milieu] la mesure d'une petite lettre, c'est valide et l'on n'a pas besoin de la montrer à un enfant. De même s'il a d'abord écrit une jambe petite et courte ainsi, c'est valide. Voir Yad Ephraïm et Béour Halakha.
(מד) מלא או"ק - היינו יו"ד ובקוץ התחתון שלו לפי מה דפסק לקמן בסי' ל"ו בב"י דלא מיקרי יו"ד בלא קוץ התחתון:
La mesure d'une petite lettre - C'est-à-dire un youd, avec sa pointe inférieure, selon ce qu'il a tranché ci-dessous au siman 36 d'après le Bet Yossef : on n'appelle pas youd sans la pointe inférieure.
(מה) נפסק - י"ל בשני אופנים או מחמת נקב וזה אין כשר כ"א בניקב אח"כ כמו שיתבאר בסמוך בפנים או ע"י שנחסר הדיו באותו מקום ובאופן זה היה קאי הדין דשו"ע אפילו אם בתחלת הכתיבה נעשה כך:
A été interrompue - On peut le dire de deux manières : ou à cause d'un trou, et cela n'est valide que si elle a été percée ensuite, comme on l'expliquera tout près dans le texte ; ou parce que l'encre a manqué à cet endroit, et de cette manière la règle du Choulhan Aroukh s'applique même si cela s'est fait dès le début de l'écriture.
(מו) הפשוטות - ולפיכך אין מועיל בה אם נשתייר כמלא יו"ד דאדרבה נראית כיו"ד ופסול הלכך בעינן תינוק בזה:
Les allongées - C'est pourquoi il n'est pas utile en elle qu'il soit resté la mesure d'un youd : au contraire, elle paraît comme un youd et c'est invalide ; dès lors, il nous faut un enfant en cela.
(מז) או שנפסק רגל הנו"ן - כצ"ל. ופי' נו"ן פשוטה וכיוצא בה כגון כ"ף פשוטה שרגלה קצרה ודומה קצת לדל"ת או לרי"ש [מפמ"ג ודה"ח]:
Ou que la jambe du noun a été interrompue - Ainsi faut-il lire. C'est-à-dire un noun allongé et ses semblables, comme un khaf allongé dont la jambe est courte et ressemble un peu à un dalet ou à un réch [d'après le Peri Megadim et le Derekh Ha'hayim].
(מח) אם תינוק - עיין בט"ז שכתב דהך נפסק מיירי שנפסק קצת מאורך האות ולמטה לגמרי ולא נשאר ממנו רק החלק שקודם ההפסק אז תלוי בקריאת התינוק אם ספק לנו אם נשאר כשיעור של האות ההוא אבל אם נשתייר גם למטה מן ההפסק דהיינו שנעשה ההפסק ברחבו של רגל האות ואחר ההפסק נשאר עוד למטה חלק מן הרגל בזה לא מועיל תינוק דהתינוק יצרף מה שלמטה ממנו לחלק העליון ובאמת אין לו צירוף וזה דומה לנפסק רגל הא' אלא צריך לכסות את חלק הנשאר אחר ההפסק ואין זה דומה למש"כ השו"ע כאן דאין צריך לכסות שאר האותיות דבזה ודאי מודה דצריך לכסות וכן הסכמת האחרונים [דלא כמש"כ בספר ישועות יעקב להקל כשיטת המאירי. ובביאור הגר"א בסימן ל"ו משמע ג"כ כהט"ז דלא מצרפינן להאות מה שלמטה]:
Si un enfant - Voir au Taz, qui a écrit que cette « interruption » s'entend d'une interruption un peu de la longueur de la lettre, et tout à fait vers le bas, et qu'il n'en reste que la partie d'avant l'interruption : alors cela dépend de la lecture de l'enfant, s'il y a pour nous un doute s'il est resté la mesure de cette lettre. Mais s'il est resté aussi au-dessous de l'interruption, c'est-à-dire que l'interruption s'est faite dans la largeur de la jambe de la lettre et qu'après l'interruption il reste encore en bas une partie de la jambe, en cela un enfant n'est pas utile, car l'enfant joindra ce qui est au-dessous de lui à la partie supérieure, et en vérité il n'y a pas de jonction ; cela ressemble à la jambe du alef interrompue. Il faut donc couvrir la partie restante après l'interruption ; et cela ne ressemble pas à ce qu'a écrit ici le Choulhan Aroukh, qu'il n'est pas besoin de couvrir les autres lettres, car en cela il convient certainement qu'il faut couvrir. Ainsi l'accord des Aharonim [et non comme a écrit le Séfer Yechouot Yaakov pour être indulgent selon l'avis du Méïri. Et dans le Béour HaGra au siman 36, il appert aussi comme le Taz : on ne joint pas à la lettre ce qui est au-dessous].
(מט) לא חכם - היינו חכם כ"כ שמבין הענין ומתוך זה הוא אומר האות הנפסק ויהיה מתפרש שפיר אבל אין נקרא חכם אם הוא חכם בהכרת האותיות היטיב ואין מבין מה שכתוב לפניו דזהו ודאי ג"כ כשר:
Ni savant - C'est-à-dire savant au point de comprendre le sujet et, de là, de dire la lettre interrompue, et qu'elle s'interprète bien ; mais on n'appelle pas savant s'il est savant à bien reconnaître les lettres et ne comprend pas ce qui est écrit devant lui, car cela certainement est aussi valide.
(נ) ולא טפש - טיפש היינו שאינו יודע לקרות האותיות וכל שיודע לקרות האותיות אע"ג דאינו בקי כ"כ בצורת האותיות כל שאומר דאין בו צורת אות פסול הוא:
Ni sot - Sot, c'est-à-dire qu'il ne sait pas lire les lettres ; et dès qu'il sait lire les lettres, bien qu'il ne soit pas si expert en la forme des lettres, dès lors qu'il dit qu'il n'y a pas en elle forme de lettre, elle est invalide.
(נא) וא"צ לכסות - וכן כתב הלבוש אבל המ"א בשם מהרי"ט כתב דצריך לכסות מה שלפניו שאם יתחיל מתחלת המקרא סרכיה נקיט ואזיל ואפילו תינוק שלא למד באותה פרשה אפילו הכי צריך לכסות לו מה שלפניו עד תיבה זו אבל תיבה זו וגם מה שלאחריה א"צ לכסותו כלל בכל גווני:
Et l'on n'a pas besoin de couvrir - Ainsi a aussi écrit le Levouch. Mais le Magen Avraham au nom du Maharit a écrit qu'il faut couvrir ce qui est devant lui, car s'il commence du début du verset, son habitude l'entraîne ; même un enfant qui n'a pas appris cette parasha, néanmoins il faut lui couvrir ce qui est devant lui jusqu'à ce mot. Mais ce mot et aussi ce qui est après lui, on n'a pas du tout besoin de le couvrir, en tous les cas.
(נב) האות - כגון אלפי"ן שאין היו"ד שלהן נוגעת אל עצמן וכן נקודת הפ"א שאין נוגעת לגגה וכן לכל אותיות שאינן פשוטות שיש הפסק באמצען שהוא פסול בין אם נעשה זה בעת הכתיבה או לאחר הכתיבה שלא מהני קריאת התינוק אלא היכא שנפסק האות ובציר לה משיעורא ומחמת זה דומה האות במקצת לאות אחר כגון וי"ו קטיעה שאנו מסופקין אם הגיע לאורך וי"ו או כשיעור יו"ד ולכך תועיל קריאת התינוק דגילוי מילתא בעלמא הוא דאורך וי"ו יש לה מדלא קראה יו"ד וה"ה לאות נו"ן פשוטה וכ"ף פשוטה שיש ספק אם יש להם שיעור ארכן או כ' כפופה שדומה במקצת לבי"ת וכה"ג שיש להסתפק אם תמונתה דומה לאות אחרת אבל היכא שאנו רואין שאין האות נשאר בצורתה מה מועיל בראיית התינוק ועינינו רואין שאין האות בצורתה. ולכן אין להכשיר האל"ף שרגל שמאלו אין נוגע לקו האמצעי בשביל שהתינוק יקראנה אל"ף דמפני הפירוד לא יטעה לומר שהיא עיין הפוכה. וה"ה בפשוטות אם אנו רואים ודאי שאין בו צורת אות לא מהני מה דתינוק קורא אותו כך רק בספק לנו אם יש בו שיעור כראוי מהני וכ"ז בלא תיקון ולענין תיקון עיין בבה"ל:
La lettre - Par exemple des alef dont le youd ne touche pas le corps, et de même le point du pé qui ne touche pas son toit, et de même pour toutes les lettres qui ne sont pas allongées, où il y a une interruption au milieu : c'est invalide, que cela se soit fait au moment de l'écriture ou après l'écriture ; la lecture de l'enfant n'est utile que là où la lettre a été interrompue et qu'il lui manque de la mesure, et que par là la lettre ressemble un peu à une autre lettre, comme un vav tronqué dont nous doutons s'il a atteint la longueur d'un vav ou la mesure d'un youd ; alors la lecture de l'enfant est utile, car ce n'est qu'une révélation de chose : elle a la longueur d'un vav puisqu'il ne l'a pas lue youd. De même pour un noun allongé et un khaf allongé dont on doute s'ils ont leur mesure de longueur, ou un khaf recourbé qui ressemble un peu à un bet, et ainsi de suite, où l'on peut douter si sa figure ressemble à une autre lettre. Mais là où nous voyons que la lettre n'est pas restée dans sa forme, à quoi sert la vue de l'enfant, alors que nos yeux voient que la lettre n'est pas dans sa forme ? C'est pourquoi l'on ne validera pas l'alef dont la jambe gauche ne touche pas le trait médian parce que l'enfant le lirait alef, car à cause de la séparation il ne se trompera pas pour dire que c'est un 'ayin renversé. De même pour les allongées : si nous voyons avec certitude qu'il n'y a pas en elle forme de lettre, il n'est pas utile qu'un enfant la lise ainsi ; seulement dans le doute pour nous s'il y a en elle la mesure convenable, cela est utile. Tout cela sans réparation ; quant à la réparation, voir au Béour Halakha.
(נג) כשנפסק אות - וה"ה מה דמכשיר לעיל בסט"ו את ניקב רגל הה"א אבל בניקב חללו דמכשיר שם המחבר הוא אפילו ניקב קודם הכתיבה ולא נקט שם אם לאחר שנכתב וכו' אלא משום סיפא דניקב רגל:
Quand une lettre a été interrompue - De même ce qu'il valide ci-dessus au seif 15 pour la jambe du hé percée ; mais pour le vide percé, que le Mekhaber y valide, c'est même si elle a été percée avant l'écriture ; et il n'a dit là « si après qu'elle a été écrite, etc. » qu'à cause de la fin, la jambe percée.
(נד) ואח"כ נפסק - והטעם דלא בעינן מוקף גויל רק בעת הכתיבה ולפ"ז אפילו אם מגיע הנקב מאות לאות שסמוך לו ג"כ כשר אכן הדה"ח בהלכות קה"ת בדין כ"ו מחמיר בזה ועיין בביה"ל. ודע עוד דבענין נגיעת האותיות אפילו אם יודע בבירור שנעשה לאחר הכתיבה ג"כ פסול [דה"ח שם וכן משמע בב"ש באה"ע בסימן קכ"ה סקכ"ט עי"ש דס"ל ג"כ דצריך לחוש לתי' א' שבב"י בד"ה וא"ת וכו' דאין מחלק בנגיעה בין אם לא הוקף בעת הכתיבה או אח"כ]:
Et ensuite a été interrompue - La raison est qu'on n'exige l'encerclement de gvil qu'au moment de l'écriture ; et selon cela, même si le trou atteint d'une lettre à celle qui lui est proche, c'est aussi valide. Toutefois le Derekh Ha'hayim, dans les lois de la lecture de la Torah, règle 26, est strict en cela ; voir au Béour Halakha. Sache encore qu'en matière de contact des lettres, même s'il sait avec certitude que cela s'est fait après l'écriture, c'est aussi invalide [Derekh Ha'hayim là-bas, et ainsi appert au Bet Chemouel en Even Haézer siman 125 seif katan 29, voir là-bas, qui tient aussi qu'il faut craindre la première réponse du Bet Yossef au paragraphe « et si tu dis, etc. », qui ne distingue pas, pour le contact, entre si elle n'était pas entourée au moment de l'écriture ou ensuite].
(נה) מתחלה - ובספק מתי נעשה הנקב תולין דאחר הכתיבה נעשה דמסתמא אם היה בעת הכתיבה היה הסופר רואהו אם לא שהנקב קטן מאד [דה"ח]:
Dès le début - Et dans le doute de quand le trou s'est fait, on présume qu'il s'est fait après l'écriture, car vraisemblablement, s'il avait été au moment de l'écriture, le scribe l'aurait vu, à moins que le trou ne soit très petit [Derekh Ha'hayim].
(נו) נקב - דוקא נקב או קרע אף שאין ניכר כלל ההפסק ומשום דלא היה מוקף גויל בעת הכתיבה [לבוש"ר] אבל הפסק בעלמא כשר וא"צ שום תיקון כיון שיש שיעור אות עד מקום ההוא וכדלעיל בסט"ו וסט"ז. ואם נמצאות שריטות דקות בתוך שיעור אות עיין בביאור הלכה בסעיף כ"ה:
Un trou - Précisément un trou ou une déchirure, même si l'interruption n'est pas du tout perceptible, parce qu'il n'y avait pas d'encerclement de gvil au moment de l'écriture [Levouché Sarad]. Mais une interruption quelconque est valide et l'on n'a besoin d'aucune réparation, puisqu'il y a la mesure d'une lettre jusqu'à cet endroit, comme ci-dessus aux seifim 15 et 16. S'il se trouve des traits fins dans la mesure d'une lettre, voir au Béour Halakha au seif 25.
(נז) רגל - וכ"ש גגי האותיות ואמצען שאין להם היקף גויל בעת הכתיבה ונקט רגל לרבותא אף דבעת כתיבת סוף הרגל כבר נגמר צורת האות כראוי אפ"ה כל זמן שלא סלק ידו מן האות מיקרי ד"ז בעת הכתיבה ובעינן לכל האות הקפת גויל:
Une jambe - Et à plus forte raison les toits des lettres et leur milieu, qui n'ont pas d'encerclement de gvil au moment de l'écriture. Il a dit « jambe » pour forcer : bien qu'au moment de l'écriture de la fin de la jambe la forme de la lettre soit déjà achevée comme il convient, néanmoins tant qu'il n'a pas retiré sa main de la lettre, cela s'appelle au moment de l'écriture, et il nous faut pour toute la lettre l'encerclement de gvil.
(נח) בלי הקף - ואפילו אם היא ארוכה כראוי דהיינו שיש בה שיעור שאפילו אם נגררה קצת למטה ישאר צורת אות מ"מ פסול [מ"א בס"ק כ"א ועיין במ"א סק"ג]:
Sans encerclement - Même si elle est longue comme il convient, c'est-à-dire qu'il y a en elle une mesure telle que même si on la raclait un peu vers le bas il resterait la forme d'une lettre, néanmoins c'est invalide [Magen Avraham seif katan 21, et voir Magen Avraham seif katan 3].
(נט) מתחלתו - אבל אם נחתך הקלף אח"כ ועי"ז אין מוקף גויל כשר:
Dès son début - Mais si le klaf a été coupé ensuite, et que par là elle n'est pas entourée de gvil, c'est valide.
(ס) פסול - ואם רוצה לתקן יגרר קצת כדי שיהיה מוקף גויל אבל דיבוק מטלית לא מהני להקפת גויל דבעינן הקפת האות מגוף הסת"מ:
Invalide - S'il veut réparer, il raclera un peu afin qu'elle soit entourée de gvil ; mais le collage d'une pièce n'est pas efficace pour l'encerclement de gvil, car il nous faut l'encerclement de la lettre du corps même du séfer Torah, des tefilin ou de la mezouza.
(סא) דיו - וה"ה צבע אחר אם עי"ז נשתנה צורת האות אבל נטף שעוה על האות אף שמכסה להאות ואינה ניכרת אעפ"כ מותר לסלק דשעוה אין מבטל הכתב ועיין בבה"ל:
De l'encre - De même une autre couleur, si par là la forme de la lettre a changé. Mais si de la cire a goutté sur la lettre, bien qu'elle la couvre et qu'elle ne soit pas reconnaissable, néanmoins il est permis de l'enlever, car la cire n'annule pas l'écriture ; voir au Béour Halakha.
(סב) לתוך - בין שנגע הטיפה בגוף האות או לא. וה"ה אם נפלה הטפה על קווי האות ממש ונתפשט הטפה גם מבחוץ להאות עד שאינו ניכר האות בתמונתו עי"ז:
À l'intérieur - Que la goutte ait touché le corps de la lettre ou non. De même si la goutte est tombée sur les traits mêmes de la lettre et s'est étendue aussi au-dehors de la lettre jusqu'à ce que la lettre ne soit plus reconnaissable dans sa figure par là.
(סג) ואינה ניכרת - בין שעי"ז נשתנה תמונתה לאות אחרת כגון שנפלה טפה תוך חלל ב' ונראית כפ"א או שאבדה תמונתה ואין שמה עליה. וה"ה בשאר אותיות ואפילו אם ע"י הטיפה נחסר רק קוצה של יו"ד בין בימין או שמאל פסול. ואם מסתפק בהאות אם צורתו עליו או לא מראה לתינוק דלא חכים ולא טיפש:
Et elle n'est pas reconnaissable - Que par là sa figure ait changé en une autre lettre, par exemple qu'une goutte soit tombée dans le vide d'un bet et qu'elle paraisse comme un pé, ou qu'elle ait perdu sa figure et n'ait plus son nom. De même pour les autres lettres ; même si par la goutte il n'a manqué que la pointe du youd, à droite ou à gauche, c'est invalide. S'il doute de la lettre, si sa forme est sur elle ou non, on la montre à un enfant ni savant ni sot.
(סד) לגרור - ואפילו מעביר קולמוס על האות לאחר שחק תוכו אינו מועיל. מ"א:
De racler - Même passer le calame sur la lettre après qu'on a creusé son intérieur n'est pas utile. Magen Avraham.
(סה) הדיו - ואפילו אם הטפה לח עדיין והאות כבר נתייבש לא אמרינן שהיא ככסוי בעלמא על האות כיון שעכ"פ נפסל צורת האות קודם התיקון:
L'encre - Même si la goutte est encore humide et que la lettre est déjà sèche, on ne dit pas qu'elle n'est qu'un couvercle sur la lettre, puisqu'en tout état la forme de la lettre a été invalidée avant la réparation.
(סו) חק תוכות - פי' שחוקק התוך של האות וסביבו וממילא נשאר מה שאינו מוחק בצורת אות:
Gravure du vide - C'est-à-dire qu'il creuse l'intérieur de la lettre et son entour, et que de soi-même reste ce qu'il n'efface pas, en forme de lettre.
(סז) ולא וחקק - וזה ג"כ חקיקה מיקרי כיון שאינו עושה מעשה בגוף האות אלא יגרור ג"כ קצת מהאות עד שלא ישאר צורתו עליו ואח"כ יתקננו אם לא כתב עדיין אחר אות זו דאל"ה פסול בתו"מ דבעינן כסדרן. וכ"ז הדין דשו"ע הוא מחמת שהאות אינו ניכר ונתבטל עי"ז כתיבה הראשונה אבל אם לא נשתנה צורת האות יכול למחוק טיפת הדיו ואין חילוק בין שנפל הדיו לתוך חלל האות בלבד או גם על האות גופא ונתעבה גג האות או גם הירך עי"ז אפ"ה יוכל לתקן ולא מיקרי חק תוכות מאחר שהאות ניכר עדיין. ומדינא אפילו תיקון לא בעי בזה רק יותר טוב שיתקן ע"כ יכול לעשות תיקון זה אפילו בתו"מ דבעינן כסדרן ועיין בבה"ל. ודע עוד דהשו"ע מיירי אפילו נפלה הטיפה אחר שנגמר האות וכ"ש אם נפלה קודם שנגמר האות כדין וגמר מתחלה האות ואין ניכר עדיין דבזה כו"ע סוברים דאין תקנה בגרירת הטפה דהרי לא היה עליו מעולם שם אות רק עתה ע"י גרירה והוי חק תוכות ממש אך אם גרר מתחלה הטפה ורוצה עתה לגמור האות בזה יש דיעות בין הפוסקים דהרד"ך סובר דלא מהני דס"ל דכיון שנפלה הטפה על מקצת האות נתבטל ממנו שם כתיבה והוי כחקיקה בעלמא ומה מהני אף אם יגמר האות ע"י כתיבה וכ"ש אם נפלה על הקלף טפת דיו ממש ונעשה כמין חצי אות דלא שרי להשלים האות ע"י כתיבה והב"י והרמ"א [באה"ע בסי' קכ"ה ס"ד] מקילין אפילו בזה הדין האחרון וסוברין דלא מיקרי חק תוכות אלא כשגומר האות ע"י חקיקה אך האחרונים מצדדין להחמיר בזה הדין האחרון אם לא שמושך הטפת דיו הלחה ומזיזה ממקום למקום עד שעושה ממנה אות שלם דזה הוי כתיבה:
Et non s'il a gravé - Cela aussi s'appelle gravure, puisqu'il ne fait pas d'acte dans le corps de la lettre, seulement il raclera aussi un peu de la lettre jusqu'à ce que sa forme ne reste plus sur elle, puis il la réparera, s'il n'a pas encore écrit après cette lettre ; sinon, c'est invalide pour les tefilin et mezouzot, où l'on exige l'ordre. Toute cette règle du Choulhan Aroukh est parce que la lettre n'est pas reconnaissable et que par là la première écriture a été annulée. Mais si la forme de la lettre n'a pas changé, on peut effacer la goutte d'encre, et il n'y a pas de différence entre si l'encre est tombée seulement dans le vide de la lettre ou aussi sur la lettre elle-même et que le toit de la lettre, ou aussi la jambe, s'est épaissi par là : néanmoins on peut réparer, et on n'appelle pas cela gravure du vide puisque la lettre est encore reconnaissable. En droit, même une réparation n'est pas requise en cela, seulement il est mieux de réparer ; c'est pourquoi on peut faire cette réparation même pour les tefilin et mezouzot, où l'on exige l'ordre ; voir au Béour Halakha. Sache encore que le Choulhan Aroukh parle même si la goutte est tombée après que la lettre a été achevée, et à plus forte raison si elle est tombée avant que la lettre fût achevée comme il faut et qu'il a d'abord achevé la lettre et qu'elle n'est pas encore reconnaissable : en cela tous tiennent qu'il n'y a pas de remède par le raclage de la goutte, car jamais le nom de lettre n'a été sur elle, seulement maintenant par le raclage, et c'est vraiment gravure du vide. Mais s'il a d'abord raclé la goutte et veut maintenant achever la lettre, en cela il y a des avis parmi les décisionnaires : le Radakh tient que ce n'est pas utile, car il tient que, dès que la goutte est tombée sur une partie de la lettre, le nom d'écriture en a été annulé et ce n'est que gravure, et à quoi sert-il même s'il achève la lettre par écriture ; et à plus forte raison si une goutte d'encre même est tombée sur le klaf et qu'il s'est fait comme une demi-lettre, il n'est pas permis de compléter la lettre par écriture. Le Bet Yossef et le Rema [en Even Haézer siman 125 seif 4] sont indulgents même dans cette dernière règle et tiennent qu'on n'appelle gravure du vide que lorsqu'on achève la lettre par gravure. Mais les Aharonim penchent à être stricts dans cette dernière règle, à moins qu'il ne tire la goutte d'encre humide et ne la déplace d'un endroit à l'autre jusqu'à en faire une lettre entière : cela est une écriture.
(סח) אין תקנה - פי' ע"י המחיקה אין תקנה אבל מותר להוסיף דיו ולעשותו עגול. וכן אם טעה וכתב רי"ש במקום ד' וכ' במקום ב' והוו אותיות עבין אין תקנה שיגררן ויעמידן בתמונת ד' וב' אבל מותר להוסיף עליהן דיו ולעשותן בתמונת ד' וב'. וכן אם טעה וכתב במקום זיי"ן נו"ן פשוטה אין תקנה שיגררו ויעמידו על זיי"ן דזה הוי חק תוכות ממש אלא צריך למוחקו לגמרי וכן אם טעה וכתב ה"א במקום ד' אין תקנה לגרור הרגל של הה"א וישאר ד' דדומה לסמ"ך וב' שנפל טפת דיו שם ונתקלקל תמונתו עי"ז דלא מהני גרירת הטפה משום דאין עושה מעשה בגוף האות וה"נ כה"ג אלא צריך לגרור ג"כ קצת הגג עד שישאר כמו וי"ו או לגרור הירך עד שלא ישאר צורת ד' עליו ואח"כ יתקננו כללא דמילתא גורר לא מהני להיות כתיבה בכך ומיקרי חק תוכות אבל כותב מהני שמעבה האות מדלי"ת רי"ש או מרי"ש ד' שכותב התג. ולענין שלא כסדרן נהפוך הוא גורר כשר כגון בדיבוק אות לאות וכדלקמן דזה לא מיקרי מעשה בגוף האות וכותב פסול. ומה שהתרנו להוסיף דיו ולהעמידן על תמונתן היינו כשלא כתב האותיות שאחר זה:
Il n'y a pas de remède - C'est-à-dire que par l'effacement il n'y a pas de remède ; mais il est permis d'ajouter de l'encre et de le rendre rond. De même s'il a erré et écrit un réch à la place d'un dalet, et un khaf à la place d'un bet, et que ce sont des lettres épaisses, il n'y a pas de remède qu'il les racle et les établisse en figure de dalet et de bet ; mais il est permis d'ajouter sur elles de l'encre et de les faire en figure de dalet et de bet. De même s'il a erré et écrit à la place d'un zayin un noun allongé, il n'y a pas de remède qu'il racle et l'établisse sur un zayin, car c'est vraiment gravure du vide ; il faut l'effacer entièrement. De même s'il a erré et écrit un hé à la place d'un dalet, il n'y a pas de remède de racler la jambe du hé et qu'il reste un dalet : cela ressemble au samekh et au bet sur lesquels une goutte d'encre est tombée et dont la figure s'est gâtée par là, où le raclage de la goutte n'est pas utile parce qu'il ne fait pas d'acte dans le corps de la lettre ; de même ici. Il faut aussi racler un peu du toit jusqu'à ce qu'il reste comme un vav, ou racler la jambe jusqu'à ce que la forme d'un dalet ne reste plus sur elle, puis la réparer. Règle générale : racler n'est pas utile pour être une écriture par là, et s'appelle gravure du vide ; mais écrire est utile : on épaissit la lettre d'un dalet en réch, ou d'un réch en dalet, en écrivant le tag. Quant à l'hors-ordre, c'est l'inverse : racler est valide, par exemple pour un collage d'une lettre à l'autre, comme ci-dessous, car cela ne s'appelle pas un acte dans le corps de la lettre, et écrire est invalide. Ce que nous avons permis d'ajouter de l'encre et de les établir dans leur figure, c'est lorsqu'on n'a pas écrit les lettres qui sont après cela.
(סט) למחוק התג - ואפילו אם אח"כ ימשוך ג"כ גגו ותחתיתו של הכ' לא מהני דבלא"ה צורתה עליה:
D'effacer le tag - Même s'il tire ensuite aussi son toit et le bas du khaf, ce n'est pas utile, car de toute façon sa forme est sur elle.
(ע) שנדבק - ואם פוסל בזה נגיעה דקה כחוט השערה עיין מה שכתבנו לקמן לענין ה"א ועיין בבה"ל:
Qui s'est collé - S'il invalide en cela un contact fin comme un fil de cheveu, voir ce que nous avons écrit ci-dessous au sujet du hé, et voir au Béour Halakha.
(עא) ונסתמה - והוי כמ"ם סתום שמקומו רק בסוף תיבה ולא באמצעותה וכן כל אותיות מנצפ"ך הכפולין בא"ב כותב את הראשונות בתחלת התיבה ובאמצעיתה והאחרונות בסוף ואם שינה פסול:
Et s'est bouché - Et c'est comme un mem fermé, dont la place n'est qu'en fin de mot et non en son milieu. De même toutes les lettres manatspa'kh doublées dans l'alphabet : on écrit les premières au début du mot et en son milieu, et les dernières à la fin ; s'il a changé, c'est invalide.
(עב) ולפותחה - וה"ה שאר אותיות שנתקלקל תמונתם בעת הכתיבה או אח"כ וע"י הגרירה יעמדו על תמונתם כגון ד' שהמשיך רגלו ודומה לך' פשוטה וכל כה"ג אין מועיל להן גרירה כיון שאינו עושה מעשה בגוף האות הנשאר אלא ימחוק רגלו וכנ"ל בס"ק ס"ח ואח"כ יתקננו. וה"ה דמהני בזה אם המשיך גגו של האות לרחבה עד שנראה לכל שהוא ד' אבל לעיל בכתב ה"א במקום ד' דכתבנו שם דצריך ג"כ למחוק רגל הד' או גגו מלבד רגל הה"א לא מהני עצה זו דהמשכת גג הד' דהרי בלא"ה צורתו עליו לכך לא מיקרי זה שום תיקון:
Et de l'ouvrir - De même les autres lettres dont la figure s'est gâtée au moment de l'écriture ou ensuite, et que par le raclage elles s'établiraient dans leur figure, par exemple un dalet dont il a prolongé la jambe et qui ressemble à un khaf allongé, et tout ce qui est semblable : le raclage ne leur est pas utile, puisqu'il ne fait pas d'acte dans le corps de la lettre qui reste ; il effacera sa jambe, comme ci-dessus au seif katan 68, puis la réparera. De même est utile en cela s'il a prolongé le toit de la lettre en largeur jusqu'à ce qu'il paraisse à tous que c'est un dalet. Mais ci-dessus, pour un hé écrit à la place d'un dalet, où nous avons écrit qu'il faut aussi effacer la jambe du dalet ou son toit outre la jambe du hé, ce conseil n'est pas utile — prolonger le toit du dalet — car de toute façon sa forme est sur elle ; c'est pourquoi on n'appelle pas cela une réparation.
(עג) כחק תוכות - דבגוף האות אין עושה שום מעשה אלא גורר הסתימה וה"ה אם טעה וכתב ח' במקום ב' זייני"ן אין מועיל לגרור הגג לבד מהך טעמא אלא צריך לגררם עד שיבטלם מתמונתם. וכן אם טעה ועשה ך' פשוטה למעלה כעין דל"ת שלפי דעת הרבה מן הפוסקים היא פסולה כמו שיבואר לקמן בסי' ל"ו ג"כ אין מועיל לגרור התג ולעשותה עגולה דהוי חק תוכות אלא יוסיף עליה דיו ויעשה עגולה. ונראה דלא מעכב שלא כסדרן בתיקון זה דבלא"ה צורתה עליה:
Comme gravure du vide - Car dans le corps de la lettre il ne fait aucun acte, seulement il racle le bouchage. De même s'il a erré et écrit un 'het à la place de deux zayin, il n'est pas utile de racler le toit seul, pour cette même raison ; il faut les racler jusqu'à les annuler de leur figure. De même s'il a erré et fait un khaf allongé en haut comme un dalet, qui selon l'avis de beaucoup de décisionnaires est invalide, comme on l'expliquera ci-dessous au siman 36, de même il n'est pas utile de racler le tag et de le rendre rond, car c'est gravure du vide ; il ajoutera sur lui de l'encre et le rendra rond. Il semble que l'hors-ordre n'empêche pas dans cette réparation, car de toute façon sa forme est sur elle.
(עד) ומה תקנתה - כל שכתוב בסעיף זה שיש תקנה היינו קודם שכתב אות שאחריו דאל"ה פסול בתו"מ דבעינן בהן כסדרן דוקא לבד מהיכא שנבאר בהדיא דלא מעכב בזה כסדרן:
Et quel est son remède - Tout ce qui est écrit dans ce seif qu'il y a un remède, c'est avant qu'il ait écrit la lettre d'après ; sinon, c'est invalide pour les tefilin et mezouzot, où l'on exige précisément l'ordre, sauf là où nous expliquerons expressément que l'ordre n'empêche pas en cela.
(עה) כצורת נ"כ - כי כתיבת המ' פתוחה הוא בב' כתיבות דהיינו בתחלה כותבין כמו נו"ן כפופה ואח"כ תולין בצדה כמו וי"ו וא"כ כל שנעשה הפסול בו דהיינו הו' צריך לגוררו כולו אבל הנו"ן שנכתב בהכשר אין צריך לגוררו וה"ה בכל אות שנכתב בב' כתיבות כגון ג' וכיו"ב ונעשה פסול בכתיבה א' אין צריך לגרור רק אותה לאפוקי ברי"ש שעשאה כמין ד' דבפעם א' נכתב הכל בפסול צריך הכל לגרור:
Comme la forme d'un noun-kaf - Car l'écriture du mem ouvert se fait en deux écritures : d'abord on écrit comme un noun recourbé, puis l'on suspend à son côté comme un vav ; dès lors, tout ce en quoi le défaut s'est fait, c'est-à-dire le vav, il faut le racler entièrement, mais le noun qui a été écrit validement, on n'a pas besoin de le racler. De même pour toute lettre écrite en deux écritures, comme le guimel et leurs semblables : si le défaut s'est fait dans une écriture, on n'a besoin de racler que celle-là ; à l'exclusion d'un réch qu'on a fait comme un dalet, où tout a été écrit d'une fois dans l'invalidité : il faut tout racler.
(עו) ורי"ש - או וי"ו שעשאו כמין רי"ש וכל כה"ג שנעשה בכתיבה אחת:
Et un réch - Ou un vav qu'on a fait comme un réch, et tout ce qui est semblable, qui s'est fait en une seule écriture.
(עז) כמין ד' - וה"ה בגגו של כ' פשוטה שעשאו רחב עד שנראה כד' או רי"ש ועיין בבה"ל. והסופרים נכשלין בזה בעו"ה:
Comme un dalet - De même pour le toit d'un khaf allongé qu'on a fait large jusqu'à paraître comme un dalet ou un réch ; voir au Béour Halakha. Les scribes trébuchent en cela, par nos nombreux péchés.
(עח) שנגמרה - האות בארכו כראוי כגון שכתב תיבת לו ונדבק הוי"ו בקצהו להלמ"ד וכל כיוצא בזה ואפילו בנגיעה כל דהו שלא נשתנית עי"ז האות מצורתה אפ"ה פסול דבעינן שיהא האות מוקף גויל. ואם נתפשטו האותיות מכח לחות הדיו שקורין גיפלאסין עד שנראין כדבוקין ומ"מ נראה שאין האותיות נוגעין כשר ואם האותיות נוגעין אף שנעשה זה לאחר הכתיבה אפ"ה פסול אה"ע בסימן קכ"ה סט"ז בהג"ה ובב"ש עי"ש ועיין לעיל בבה"ל בסוף סט"ז. ואם נמצא דיבוק בין אות לאות כשהוציאו ס"ת לקריאה עיין לקמן בסימן קמ"ג בבה"ל:
Qui a été achevée - La lettre dans sa longueur comme il convient, par exemple s'il a écrit le mot « lo » et que le vav s'est collé à son extrémité au lamed, et tout ce qui est semblable ; même pour un contact tant soit peu, sans que par là la lettre ait changé de sa forme, néanmoins c'est invalide, car il nous faut que la lettre soit entourée de gvil. Si les lettres se sont étendues par l'humidité de l'encre, qu'on appelle gipassin, jusqu'à paraître collées, et que néanmoins il paraît que les lettres ne se touchent pas, c'est valide. Si les lettres se touchent, même si cela s'est fait après l'écriture, néanmoins c'est invalide : Even Haézer siman 125 seif 16 dans la glose, et au Bet Chemouel, voir là-bas ; et voir ci-dessus au Béour Halakha à la fin du seif 16. S'il se trouve un collage entre une lettre et l'autre lorsqu'on a sorti un séfer Torah pour la lecture, voir ci-dessous au siman 143 au Béour Halakha.
(עט) כשר - וה"ה אם רגלי האותיות או גגן ואמצען מגיע לסוף בלי היקף קלף רשאי לגרר קצת דלא גרע מנדבק אות לאות דמהני גרירה. ודע דבזה אין מעכב שלא כסדרן כמבואר לקמן בסכ"ה מאחר דאין מוסיף בגוף האות. ואפילו באותיות השם שנגמרו ודיבוקן למטה רשאי לגרור:
Valide - De même si les jambes des lettres, ou leurs toits et leur milieu, atteignent le bord sans encerclement de klaf, on peut racler un peu, cela n'est pas moindre qu'une lettre collée à une autre, où le raclage est utile. Sache qu'en cela l'hors-ordre n'empêche pas, comme exposé ci-dessous au seif 25, puisqu'on n'ajoute pas dans le corps de la lettre. Même pour les lettres du Nom qui ont été achevées et dont le collage est en bas, on peut racler.
(פ) חק תוכות - ומיירי שלא נשתנה האות מצורתה ע"י הדביקות אבל אם נשתנית האות מצורתה ואין התינוק יכול לקרותה וכ"ש אם נשתנית לצורת אות אחרת כגון וי"ו שנדבק בסופו לנו"ן כפופה דיבוק עב שנראית כצורת טי"ת עד שתינוק דלא חכים ולא טיפש יקרא אותו לטי"ת לא מהני גרירת הדיבוק בזה דהוי כמ"ם שנסתמה ומקרי חק תוכות וע"כ צריך לגרור גם הנו"ן שגם הוא נשתנה מצורתו ונפסל ע"י הדיבוק וכן כל כיוצא בזה:
Gravure du vide - Et l'on parle de cas où la lettre n'a pas changé de sa forme par le collage. Mais si la lettre a changé de sa forme et que l'enfant ne peut la lire, et à plus forte raison si elle a changé en forme d'une autre lettre, par exemple un vav collé à son extrémité à un noun recourbé d'un collage épais qui paraît comme la forme d'un tet, jusqu'à ce qu'un enfant ni savant ni sot le lise tet : le raclage du collage n'est pas utile en cela, car c'est comme un mem qui s'est bouché et s'appelle gravure du vide. Il faut donc racler aussi le noun, qui lui aussi a changé de sa forme et a été invalidé par le collage ; et ainsi de tout ce qui est semblable.
(פא) כתקונה - ובנפלה טפת דיו בסי"ז אף דנכתבה מתחלה כתקונה נתקלקלה ע"י הטפה ואינה ניכרת משא"כ בזה דאפילו קודם הגרירה ניכר היטב כל אות בפני עצמה ולפ"ז אם כל אורך האות דבוקה לחברתה לא מהני גרירה. והפר"ח מיקל בזה. ועיין בש"א ובנתיב חיים:
Comme il convient - Et pour une goutte d'encre tombée au seif 17, bien qu'elle ait d'abord été écrite comme il convient, elle s'est gâtée par la goutte et n'est pas reconnaissable ; ce qui n'est pas le cas ici, où même avant le raclage chaque lettre est bien reconnaissable à part. Selon cela, si toute la longueur de la lettre est collée à sa voisine, le raclage n'est pas utile. Le Peri 'Hadash est indulgent en cela. Voir au Cha'aré Ephraïm et au Netiv 'Hayim.
(פב) אם נגעו - אבל אם יש הפסק דק אפילו רק כחוט השערה כשר:
Si elles se sont touchées - Mais s'il y a une interruption fine, même seulement comme un fil de cheveu, c'est valide.
(פג) הה"א - אף אם נדבק רק כחוט השערה באופן שהתינוק יודע שהוא ה"א אפ"ה צריך לגרור כל הרגל דכל שאין צורת אות עליו כמו שנמסרה למשה מסיני אין שם אות עליו וכן בקו"ף לא מהני קריאת התינוק:
Le hé - Même s'il ne s'est collé que comme un fil de cheveu, de telle sorte que l'enfant sache que c'est un hé, néanmoins il faut racler toute la jambe, car dès lors qu'elle n'a pas la forme de lettre telle qu'elle a été transmise à Moïse au Sinaï, le nom de lettre n'est pas sur elle. De même pour le qouf, la lecture de l'enfant n'est pas utile.
(פד) יגרור - ולא מהני הפרדה בעלמא משום דהוי כחק תוכות:
Il raclera - Et une simple séparation n'est pas utile, parce que c'est comme gravure du vide.
(פה) הרגל - פי' כולו בין בה"א בין בקו"ף כיון שנעשה בפיסול ועיין בבה"ל:
La jambe - C'est-à-dire tout entière, tant pour le hé que pour le qouf, puisqu'elle s'est faite dans l'invalidité ; voir au Béour Halakha.
(פו) בגג האל"ף - דאין להיו"ד העליון והתחתון ליגע בהגג אלא בדקות שבהם כמו שיתבאר לקמן במ"ב בסימן ל"ו בדיני צורת האותיות:
Au toit de l'alef - Car le youd supérieur et l'inférieur ne doivent pas toucher le toit, seulement par leur finesse, comme on l'expliquera ci-dessous au Michna Beroura siman 36, dans les lois de la forme des lettres.
(פז) פני האל"ף - היינו היו"ד העליון והיינו דוקא שנדבקה כולה שנפסדה צורתה אבל אם נתפשט מעט ואינו דק כראוי ליופי הכתיבה אם נשאר הפרש אין בכך כלום ואין צריך שום תיקון:
Le visage de l'alef - C'est-à-dire le youd supérieur ; et précisément s'il s'est collé tout entier, que sa forme s'est perdue. Mais s'il s'est un peu étendu et n'est pas fin comme il convient pour la beauté de l'écriture, s'il reste une séparation, il n'y a rien à cela et l'on n'a besoin d'aucune réparation.
(פח) להפרידה - פי להפריד את הנגיעה לבדה וישאר האות ממילא כראוי:
De la séparer - C'est-à-dire de séparer le contact seul, et que la lettre reste d'elle-même comme il convient.
(פט) כל וכו' - היינו שיגרור הרגל כולו ולא סגי שיפריד הרגל מעל האל"ף עד שיבטלנו מצורת אות לבד כיון שנכתב כל הרגל בפסול. וכן בנדבק יו"ד שעל האל"ף בגג שתחתיו צריך לגרור כל היו"ד ולכותבו מחדש ויש שמחמירין בנדבק היו"ד העליון בעת הכתיבה לגרור כל האל"ף עבור זה כי ממילא נכתב אח"כ שאר האות בפסול עי"ז אך בדיעבד צ"ע אם יש להחמיר בזה וכמו שכתבתי בבה"ל:
Toute, etc. - C'est-à-dire qu'il raclera la jambe tout entière, et il ne suffit pas de séparer la jambe d'avec l'alef jusqu'à l'annuler seulement de la forme de lettre, puisque toute la jambe a été écrite dans l'invalidité. De même, si le youd qui est sur l'alef s'est collé au toit au-dessous de lui, il faut racler tout le youd et l'écrire à nouveau. Il y en a qui sont stricts, si le youd supérieur s'est collé au moment de l'écriture, de racler tout l'alef pour cela, car de soi-même le reste de la lettre s'écrit ensuite dans l'invalidité par là ; mais après coup, il y a lieu d'examiner s'il faut être strict en cela, comme j'ai écrit au Béour Halakha.
(צ) ביוד"י - דהיינו שהיו"ד נעשה קו ישר ולית צורת יו"ד אבל אין מזיק אם נתעבה הקו מעט:
En youd - C'est-à-dire que le youd est devenu un trait droit et n'a pas forme de youd ; mais il ne nuit pas si le trait s'est un peu épaissi.
(צא) והפ"א - וה"ה אם רגל השמאלי של התי"ו נעשה ישר ולא יוצא למטה לחוץ. ועיין בלבושי שרד שנשאר בצ"ע למה צריך כלל גרירה ימשיך אח"כ ויעבה מעט את יו"ד השי"ן עד שיהיה כהוגן וכן כה"ג ברגל התי"ו עי"ש וכן משמע בפמ"ג במ"ז אות כ' דמהני עצה זו אפילו באל"ף ועיין בסוף דברי הלבושי שרד. וכ"ז כשלא כתב התיבות שאח"ז דאל"ה בודאי לא מהני תיקון להתי"ו וכה"ג משום שלא כסדרן כיון שאין בו עתה צורת תי"ו:
Et le pé - De même si la jambe gauche du tav est devenue droite et ne sort pas en bas vers le dehors. Voir au Levouché Sarad, qui reste en examen : pourquoi faut-il du tout un raclage ? Qu'il prolonge ensuite et épaississe un peu le youd du chin jusqu'à ce qu'il soit comme il faut, et de même pour la jambe du tav, voir là-bas. Ainsi appert au Peri Megadim, Eshel Avraham lettre 20, que ce conseil est utile même pour l'alef ; voir à la fin des paroles du Levouché Sarad. Tout cela lorsqu'on n'a pas écrit les mots qui sont après cela ; sinon, certainement la réparation n'est pas utile pour le tav et leurs semblables, à cause de l'hors-ordre, puisqu'il n'y a pas maintenant forme de tav.
(צב) בתחלת - דאם יהיה אף אות אחת שלא נכתב לשם תפילין פסול ולא מהני העברת קולמוס לשמה [יו"ד רע"ד] ותחלת ר"ל תחלת כל הפרשיות יאמר אני כותב פרשיות אלו לשם וכו' ומהני זה מדינא אפילו אם הפסיק בין הפרשיות אך מ"מ טוב יותר שיאמר תחלת כל פרשה וכו':
Au début - Car s'il y avait même une seule lettre qui n'ait pas été écrite en vue des tefilin, c'est invalide, et le passage du calame lichma n'est pas utile [Yoré Déa 274]. « Au début » veut dire : au début de toutes les parashiot, il dira « je écris ces parashiot en vue de, etc. » ; et cela est utile en droit même s'il a interrompu entre les parashiot ; néanmoins il est mieux qu'il dise au début de chaque parasha, etc.
(צג) הכתיבה - נראה דה"ה בתיקון האותיות הנפרדות דצריך לשמן הואיל דבלא"ה התפילין הם פסולים דאין עליהם צורת אותיות כראוי:
L'écriture - Il semble que de même pour la réparation des lettres séparées, il faut [le faire] lichman, puisque de toute façon les tefilin sont invalides, n'ayant pas sur elles la forme de lettres comme il convient.
(צד) יאמר - ואם אחר כותב צריך גם הוא לומר כן אף באמצע כשהוא מתחיל:
Il dira - Si un autre écrit, il faut aussi qu'il dise ainsi, même au milieu, quand il commence.
(צה) בפיו - ולא סגי במחשבה אף בדיעבד [א"ר ופמ"ג] ועיין בחידושי רע"א:
De sa bouche - Et la pensée ne suffit pas, même après coup [Elia Rabba et Peri Megadim] ; voir aux 'Hidouchim de R. Aqiva Eiger.
(צו) אני כותב וכו' - יש שכתבו דנכון שיאמר אז ג"כ וכל אזכרות שבו לשם קדושת השם דשמא ישכח אח"כ לקדש השם במקומו ועיין בבה"ל:
Je écris, etc. - Certains ont écrit qu'il convient qu'il dise alors aussi : « et toutes les mentions du Nom qui s'y trouvent, en vue de la sainteté du Nom », de peur qu'il n'oublie ensuite de sanctifier le Nom à sa place ; voir au Béour Halakha.
(צז) בכל פעם - ואם כותב ב' אזכרות בלי הפסק די בקידוש אחד:
Chaque fois - S'il écrit deux mentions du Nom sans interruption, une seule sanctification suffit.
(צח) בתחילת הכתיבה - שהוא כותב לשם קדושת תפילין ואף דלא הזכיר בתחלה קדושת האזכרות סגי דמ"מ הרי הזכיר לשם קדושה אבל אם גם בתחלה לא הזכיר בפירוש רק במחשבה בעלמא או שעתה לא קידש את האזכרות אפי' במחשבה אפילו בדיעבד לא יצא:
Au début de l'écriture - Qu'il écrit en vue de la sainteté des tefilin ; et bien qu'il n'ait pas mentionné au début la sainteté des mentions du Nom, cela suffit, car néanmoins il a mentionné en vue de la sainteté. Mais s'il n'a pas non plus mentionné expressément au début, seulement par une pensée quelconque, ou que maintenant il n'a pas sanctifié les mentions du Nom même par pensée, même après coup il n'est pas quitte.
(צט) בדיעבד - אבל לכתחלה צריך לומר בפירוש בכל פעם שכותב האזכרה לשם קדושת השם אפילו אם אמר בתחלת הכתיבה וכל האזכרות שבו וכן פסקו האחרונים:
Après coup - Mais a priori, il faut dire expressément chaque fois qu'il écrit la mention du Nom, en vue de la sainteté du Nom, même s'il a dit au début de l'écriture « et toutes les mentions du Nom qui s'y trouvent » ; ainsi ont tranché les Aharonim.
(ק) חסר או יתר - אפילו אם התיבה לא נשתנה לקריאתה בזה כגון במלא וחסר וכדלקמן:
Manquante ou en trop - Même si le mot n'a pas changé pour sa lecture par là, comme dans le plein et le défectif, et comme ci-dessous.
(קא) אות אחת - ואפילו אם קוצו של יו"ד חסר מעכב כדאיתא מנחות כ"ט א':
Une seule lettre - Même si la pointe du youd manque, cela empêche, comme il est dans Mena'hot 29a.
(קב) מרובה - מלבד עון גזל החמור:
Abondante - Outre la faute grave du vol.
(קג) וחרד לדבר השם - ראיתי להעתיק פה לשון הלבוש הצריך מאד לענינינו דז"ל ולא כמו שעושין עכשיו כמה סופרים שמניחין נערים המתלמדין לכתוב תפילין כדי שירגילום בכתב ואח"כ רואה הסופר אם נכתבו כהלכתן בחסירותן ויתירותן וסגי ליה בהכי ואח"כ מניחין אותן בבתים ומוכרין אותם ומחשבין להם הסופרים אותן המעות בשכר הלימוד להנער ומראים להם פני היתר לומר הרי אנו בזה כגומלי חסדים עם הנערים העניים ללמוד להם מלאכת הכתיבה בחנם והיא מלאכת ה' אבל אני אומר יצא שכרם בהפסדם ואדרבה לא טוב המה עושים בעמם כי הנער נער ואין יודע בין ימינו לשמאלו ואין לו שום כונה בעולם רק הם כמתעסקים בכתיבה ליפות הכתב ולא לשום קדושה ושום כונת מצוה בעולם והרי עונש הסופר מרובה מאד שמכשיל את הבריות שמניחין אותן התפילין הפסולין [וכדלעיל בסעיף י"ט] ולא עוד כדי להשביח את מקחו יאמר הסופר לכל אני כתבתים ובכוונה כתבתים וכו' וכל העושין כן בודאי עתידין ליתן את הדין ולקבל עונשין הרבה מאוד ועליהם נאמר ארור עושה מלאכת ה' רמיה ע"כ יזהר כל סופר ויתרחק מזה וטוב לו דלשמן האמור אצל תפילין אין הכונה לשם בעל התפילין כמו גבי גט דצריך לשם האיש והאשה רק לשם קדושת תפילין עי"ש וסיים ע"ז ומן הראוי למי שיש כח בידו למנות כותבי תפילין מהוגנים אנשי אמת שונאי בצע בעלי תורה יראי אלקים וחרדים על דברו בכל עיר כמו שממנים שוחטים ובודקים שלא יאמינו לכל הסופרים שאין כוונתם אלא להרויח ממון ע"י כתיבה ותיקון יפה בעשיית התפילין ואף כי גם כוונה זו טובה היתה לייפות המצוה בנוייה זה דוקא אם היה להם כוונה קדושה ג"כ אבל בזה אינם נזהרים ודי בזה עכ"ל הטהור. וכתב בספר ב"ש יכתוב אותיות טובים ותמימות ולא שבורות ובמתון ובכוונה גדולה ולא ימהר אדם בכתיבתה כדי להרויח ממון הרבה כי אותו ריוח ילך לאיבוד ולדיראון ויפסיד נשמתו כי הוא מחטיא את הרבים וכל מי שכותב תפילין טובים וכשרים כפי יכולתו שכרו כפול ומכופל וניצול מדינה של גיהנם. וכתב בס"ח סי' פ"ה וצדקתו עומדת לעד זה המזכה רבים כגון המלמד ליראי השם תיקון תפילין לתקן לאחרים ועיין בסימן ל"ט מתי אדם ראוי לכתוב תפילין:
Et qui tremble pour la parole de ה' - J'ai vu bon de copier ici le langage du Levouch, fort nécessaire à notre sujet, et voici ses paroles : « Et non comme font maintenant plusieurs scribes, qui laissent des garçons apprentis écrire des tefilin afin de les habituer à l'écriture, puis le scribe voit si elles ont été écrites selon leur loi, dans leurs défectifs et leurs pleins, et cela lui suffit ; puis on les met dans les battim et on les vend, et les scribes comptent cet argent comme salaire d'apprentissage au garçon, et ils se montrent une face de permission en disant : voici, nous sommes en cela comme des bienfaiteurs envers les garçons pauvres, pour leur apprendre le métier de l'écriture gratuitement, et c'est le métier de ה'. Mais moi je dis : leur salaire sort dans leur perte ; au contraire, ils ne font pas bien avec eux, car le garçon est un garçon et ne sait pas distinguer sa droite de sa gauche, et n'a aucune intention au monde, seulement ils s'occupent d'écrire pour embellir l'écriture, et non pour aucune sainteté ni aucune intention de mitsva au monde. Or la peine du scribe est fort abondante, qui fait trébucher les créatures qui mettent ces tefilin invalides [comme ci-dessus au seif 19] ; et non seulement cela, mais pour vanter sa marchandise le scribe dira à chacun : c'est moi qui les ai écrits, et avec intention je les ai écrits, etc. Tous ceux qui font ainsi devront certainement rendre des comptes et recevoir des peines fort nombreuses, et sur eux il est dit : maudit qui fait l'œuvre de ה' avec ruse. C'est pourquoi tout scribe prendra garde et s'éloignera de cela, et ce sera bon pour lui. Car le « lichman » dit au sujet des tefilin n'est pas l'intention en vue du maître des tefilin, comme pour un get où il faut en vue de l'homme et de la femme, seulement en vue de la sainteté des tefilin ; voir là-bas. » Et il a conclu là-dessus : « Et il convient à qui a du pouvoir en main de nommer des scribes de tefilin convenables, hommes de vérité, haïssant le gain, maîtres de Torah, craignant Dieu et tremblant sur Sa parole, dans chaque ville, comme l'on nomme des cho'hatim et des contrôleurs, afin qu'on ne croie pas tous les scribes dont l'intention n'est que de gagner de l'argent par l'écriture et une belle réparation dans la facture des tefilin ; et bien que cette intention aussi fût bonne pour embellir la mitsva dans sa beauté, c'est précisément s'ils avaient aussi une intention sainte ; mais en cela ils ne prennent pas garde, et cela suffit. » Fin de son langage pur. Le Séfer Bet Chemouel a écrit : qu'il écrive de bonnes lettres et parfaites, et non brisées, avec lenteur et une grande intention, et que l'homme ne se hâte pas dans son écriture afin de gagner beaucoup d'argent, car ce gain-là ira à la perte et à l'abomination, et il perdra son âme, car il fait pécher le grand nombre. Quiconque écrit de bons tefilin valides selon son pouvoir, son salaire est double et redoublé, et il est sauvé du jugement de la Géhenne. Le Séfer 'Hassidim siman 85 a écrit : « et sa justice demeure à jamais » : c'est celui qui fait mériter le grand nombre, comme celui qui enseigne aux craignant ה' la réparation des tefilin pour réparer pour autrui. Voir au siman 39 quand un homme est apte à écrire des tefilin.
(קד) יקראנה היטב - שאם ימצא איזה אות חסר באיזה פרשה לא היא לבדה נפסלה אלא גם כל מה שאחריה משום שיהיו שלא כסדרן וכדלעיל בריש הסימן:
Il la lira bien - Car s'il trouve quelque lettre manquante dans quelque parasha, ce n'est pas elle seule qui est invalidée, mais aussi tout ce qui est après elle, parce qu'elles seraient hors ordre, comme ci-dessus au début du siman.
(קה) קודם שיתחיל - אינו ר"ל בתחלת הפרשה דוקא אלא קודם שיתחיל לכתוב בהפרשה:
Avant de commencer - Cela ne veut pas dire précisément au début de la parasha, mais avant de commencer à écrire dans la parasha.
(קו) מה שכתב - באותה פרשה ולא השלפניה:
Ce qu'il a écrit - Dans cette parasha, et non celle d'avant.
(קז) על ידו - וכשטובל הקולמוס לכתוב בו את השם לא יתחיל לכתוב אותו מיד שלא יפסידנו ברבוי דיו או אולי יש עליו שער ולא יצא הכתב מיושר וגם משום שצריך לקדש הדיו שעל הקולמוס טרם שיכתוב השם לכן יכוין להניח אות אחת מלכתוב קודם השם ובאותו אות יתחיל לכתוב ואם לא עשה כן יחפש אחר אות או תג שצריכה דיו וימלאנה וכותב את השם ואם צריך דיו קודם שיגמור השם אז יטבול באותיות שלפני השם שהם לחים עדיין ויגמור השם אבל לא יטבול באותיות השם עצמן ויש מקילין לטבול באותיות השם עצמן דביזוי ליכא כיון שהוא כדי להשלים בו את השם. ואם האותיות שלפניו אינם לחין אזי יטבול מחדש ויחפש אחר אות או תג שצריכין דיו וכנ"ל וכ"ז הוא למצוה ולא לעיכובא בדיעבד:
Par lui - Et quand il trempe le calame pour y écrire le Nom, il ne commencera pas à l'écrire aussitôt, afin de ne pas le gâter par trop d'encre, ou peut-être y a-t-il sur lui un poil et l'écriture ne sortira pas droite ; et aussi parce qu'il faut sanctifier l'encre qui est sur le calame avant d'écrire le Nom. C'est pourquoi il aura l'intention de laisser une lettre sans l'écrire avant le Nom, et par cette lettre il commencera à écrire ; s'il n'a pas fait ainsi, il cherchera une lettre ou un tag qui a besoin d'encre et la remplira, puis écrira le Nom. S'il a besoin d'encre avant d'achever le Nom, alors il trempera dans les lettres d'avant le Nom qui sont encore humides et achèvera le Nom ; mais il ne trempera pas dans les lettres du Nom elles-mêmes. Certains sont indulgents pour tremper dans les lettres du Nom elles-mêmes, car il n'y a pas d'avilissement, puisque c'est afin de le compléter. Si les lettres d'avant lui ne sont pas humides, alors il trempera à nouveau et cherchera une lettre ou un tag qui ont besoin d'encre, comme ci-dessus. Tout cela est pour la mitsva, et n'empêche pas après coup.
(קח) תקנה - בהשלמה ומיירי שמכאן עד סוף הפ' יש שמות שאינם נמחקין דאל"ה יגרוד עד סופה:
De remède - Par le complément ; et l'on parle de cas où d'ici jusqu'à la fin de la parasha il y a des Noms qui ne s'effacent pas ; sinon, il raclera jusqu'à sa fin.
(קט) בהוייתן יהו - פי' כסדר שנכתבות בתורה יהיו כתובין:
Qu'elles soient dans leur être - C'est-à-dire dans l'ordre où elles sont écrites dans la Torah, qu'elles soient écrites.
(קי) אות אחת - ואם כתב תיבה יתירה יגררנה ויוכל להניח המקום חלק [אם אין לו אותיות מהתיבות שלפניה שיהיה יוכל להמשיכן במקום ההוא] ואין החלק פוסל כל שאין במקומו כשיעור הריוח שבין פרשה לפרשה שהוא כדי ט' אותיות. ולפעמים יש תקנה אפילו בזה כגון שיכול להמשיך האות מן התיבה שלפניה כדי למעט הרויח של ט' אותיות. ויותר מזה דבאופן זה שיפסל התפילין מחמת הרויח אז אפילו אם בסיום התיבה שלפניה יש שם ה"א או קו"ף יוכל להמשיך גגן כדי למעט הריוח ואע"פ שע"י ההמשכה לא יהיה הרגל של הה"א והקו"ף בסופה אין קפידא בדיעבד. וכתב הפמ"ג דבתיבה כפולה טוב יותר למחוק השניה דתיבה הראשונה כדין נכתב. ואם קודם הראשונה יש אות שיכול למושכו טוב יותר שימחוק תיבה הראשונה כדי לחוש אף לדעת ר"ת דשיעור פרשה הוא ג' אותיות:
Une seule lettre - S'il a écrit un mot en trop, il le raclera et pourra laisser l'endroit vide [s'il n'a pas de lettres des mots d'avant lui qu'il puisse prolonger à cet endroit] ; et le vide n'invalide pas dès lors qu'il n'y a pas à sa place la mesure de l'espace entre une parasha et l'autre, qui est de quoi neuf lettres. Parfois il y a un remède même en cela, par exemple s'il peut prolonger la lettre du mot d'avant lui afin de diminuer l'espace de neuf lettres. Plus encore : de cette manière, si les tefilin seraient invalidés à cause de l'espace, alors même si à la fin du mot d'avant lui il y a un hé ou un qouf, il pourra prolonger leur toit afin de diminuer l'espace, et bien que par la prolongation la jambe du hé et du qouf ne soit pas à leur fin, il n'y a pas de difficulté après coup. Le Peri Megadim a écrit que pour un mot doublé, il est mieux d'effacer le second, car le premier mot a été écrit selon la règle. Si avant le premier il y a une lettre qu'on peut tirer, il est mieux d'effacer le premier mot, afin de craindre aussi l'avis de Rabbenou Tam, pour qui la mesure d'une parasha est de trois lettres.
(קיא) שיגרור - ולא מיפסל הפרשה משום חק תוכות כיון שאינו עושה מעשה בגוף התיבות והאותיות:
Qu'il racle - Et la parasha n'est pas invalidée pour cause de gravure du vide, puisqu'il ne fait pas d'acte dans le corps des mots et des lettres.
(קיב) נראה כשתי תיבות - ופעמים שתיקון מועיל ע"י שיגררנה וימשיך האות שלפניה שתמלא מקומה כגון לאבותיך שכתב מלא וי"ו אחר הב' יגררנה וימשוך הב' שלפניה שתמלא מקומה. וכן אם התיקון תלוי בכ"ף או דלי"ת או רי"ש שאפשר להמשיכן מעט למלא מקום אות היתרה שנגררה אבל אם האותיות שאפשר להמשיכן הן אחר האות היתרה שא"א להמשיכן לאחוריהן עד שיגרר מהם תחלה כגון שאר שכתוב בתורה שכתבה מלא וי"ו אחר האל"ף שא"א למשוך הרי"ש לאחריה עד שיגרר רגלה תחלה ונמצא שביטל צורתה וכשמתקנה אח"כ נמצא כותב שלא כסדרן ואין תקנה אא"כ יכול למלאות מקומו ע"י שיעבה קצת האות שלפניה ושלאחריה שאין בזה משום שינוי האות משא"כ כשהאותיות שאפשר להמשיכן הן לפני האות היתרה אזי אפשר להמשיכן הרבה מבלי שיגרע מהם כלום. אך יש להסתפק במצות הראשון שדינו להיות חסר וכתבו מלא ומחק אח"כ הוי"ו אם מועיל אריכת הצדי"ק למטה אח"כ או דילמא כל עוד שאינו מאריך האות למעלה נחשב כשני תיבות אע"פ שסמכה מלמטה וכן נתן שמשפטו להיות חסר וכן הוצאך אם כתבו מלא ביו"ד בין צדי"ק לאל"ף בכל אלו יש להסתפק אם יש להם תיקון בהאריך האות שלפניו למטה ומ"מ כל שנראה כב' תיבות פסולה אבל אם בתחלת הכתיבה ממשיך רגל התחתון של הנו"ן והצד"י וכותב האות הסמוכה לתוכה כגון פני או ארצי כשר כיון דבתיבה אחת נכתבו ומ"מ לכתחלה אין נכון לעשות כן להבליע אות בתוך אות כי יש מחמירין בזה:
Paraît comme deux mots - Parfois une réparation est utile en raclant et en prolongeant la lettre d'avant elle pour qu'elle en remplisse la place, par exemple « laavotekha » qu'il a écrit plein d'un vav après le bet : il le raclera et tirera le bet d'avant lui pour qu'il en remplisse la place. De même si la réparation dépend d'un khaf, d'un dalet ou d'un réch qu'on peut un peu prolonger pour remplir la place de la lettre en trop qu'on a raclée. Mais si les lettres qu'on peut prolonger sont après la lettre en trop, qu'on ne peut pas tirer en arrière jusqu'à en racler d'abord, par exemple « chear » qui est écrit dans la Torah et qu'il a écrit plein d'un vav après l'alef, qu'on ne peut pas tirer le réch en arrière jusqu'à en racler d'abord la jambe, et l'on se trouve avoir annulé sa forme, et quand on la répare ensuite on se trouve écrire hors ordre, et il n'y a de remède que s'il peut en remplir la place en épaississant un peu la lettre d'avant elle et d'après elle, ce en quoi il n'y a pas de changement de la lettre. Ce qui n'est pas le cas lorsque les lettres qu'on peut prolonger sont avant la lettre en trop : alors on peut les prolonger beaucoup sans rien en retrancher. Mais on peut douter pour « mitsvot » le premier, dont la règle est d'être défectif et qu'on a écrit plein, et qu'on a ensuite effacé le vav : est-il utile d'allonger ensuite le tsadi vers le bas, ou bien tant qu'on n'allonge pas la lettre vers le haut cela compte comme deux mots, bien qu'on l'ait rapprochée par le bas ? De même « natan », dont la règle est d'être défectif, et de même « hotsia'kha » si on l'a écrit plein d'un youd entre le tsadi et l'alef : en tous ceux-là on peut douter s'ils ont un remède en allongeant la lettre d'avant lui vers le bas. Néanmoins, tout ce qui paraît comme deux mots est invalide. Mais si dès le début de l'écriture il prolonge la jambe inférieure du noun et du tsadi et écrit la lettre voisine dans son intérieur, comme « pené » ou « artsi », c'est valide, puisqu'elles ont été écrites en un seul mot ; néanmoins a priori il n'est pas convenable de faire ainsi, d'engloutir une lettre dans une lettre, car il y en a qui sont stricts en cela.
(קיג) הגרר - הגרר מיקרי כשגררו משנתיבש והמחק מיקרי כשמחקו בעודו לח ומש"כ ולא ימחוק עצה טובה קמ"ל ועיין בפמ"ג שכתב דאם ישאר שום רושם דיו אפי' בדיעבד יש חשש בזה ואפילו תיבה בעלמא דלא אזכרה אסור לכתוב על מקום זה:
Le raclage - On appelle raclage quand on a raclé après que c'est sec, et on appelle effacement quand on a effacé tant que c'est encore humide. Ce qu'il a écrit « et qu'il n'efface pas » nous enseigne un bon conseil ; voir au Peri Megadim, qui a écrit que s'il reste quelque trace d'encre, même après coup il y a une crainte en cela, et même un mot quelconque qui n'est pas une mention du Nom, il est interdit d'écrire à cet endroit.
(קיד) כל אות וכו' - סעיף זה יבואר בו דין שלא כסדרן ועניניו ארוכין ואכלול בקצרה בדין זה יש בו ג' פרטים [א] אם יש קלקול באיזה אות בין שנעשה זה בעת הכתיבה או שנעשה לאחר הכתיבה [פמ"ג בפתיחה] אם נר' לעין כל שאין צורתו עליו כגון יו"ד שחסר לו רגלו הימני או שי"ן שחסר לו יו"ד אחד וכל כי האי גונא שחסר באות איזה דבר עד שעי"ז אין תמונתו עליו אפילו אין נדמה משום זה לאות אחר וכתב לפניו לא מהני ליה שום תיקון ואפילו אם אירע שהתינוק קראו לאות אפ"ה פסול משום שלא כסדרן וכ"ש אם ע"י קלקולו וחסרונו נדמה לאות אחר כגון דלי"ת דומה לרי"ש או ב' דומה לכ' או חי"ת שברגל שמאלו יש הפסק בין הרגל להגג ונראה כה"א או צדי"ק שיש בו הפסק במקום נגיעת היו"ד לעצמותו ונראה לעין כל כיו"ד ונו"ן וכל כה"ג שאין משגיחין על התינוק ולא מהני ליה תיקון [ב] אם ע"י קלקולו וחסרונו לא נפסד מצורתו לגמרי כגון שיש הפסק דק באיזה אות באמצעו ועדיין עיקר צורתו עליו או כגון שלא היו היודי"ן שעל האלפי"ן והשיני"ן ורגלי התוי"ן נוגעים בגוף האות אם תינוק דלא חו"ט מכירם אף דלא מתכשר האות עי"ז משום דאין צורתו עליו בשלימות עכ"פ מהני זה דנשאר עליו עיקר צורתו לענין שיהא מותר לתקנו ולא יקרא שלא כסדרן. ויש עוד אופן שלישי שאע"פ שעיקר צורתו יש עליו ותינוק קוראו לאות אפ"ה לא מהני ליה שום תיקון כגון אות שנפסל באיזה דבר שתיקונו הוא לגרור מקצתו ולכותבו מחדש [כגון רגל הה"א והקו"ף שנגעו למעלה אפילו נגיעה דקה כחוט השערה שתיקונו הוא לגרור כל הרגל ולכותבו מחדש דלא מהני ליה הפרדה בעלמא משום חק תוכות וכן נגע רגל האל"ף בגג האל"ף וכה"ג וכנ"ל בסעיף י"ח] ואירע שקודם תיקונו כתב לפניו בזה לא יצוייר שום תיקון דהא צריך לגרור כל מה שנכתב בפסול וא"כ מה שמתקנה אח"כ הוי שלא כסדרן. ועתה נתחיל לבאר בעזה"י את הסעיף. כל אות שהיא כתובה וכו' וה"ה אם נתקלקלה אח"כ:
Chaque lettre, etc. - Dans ce seif on expliquera la règle de l'hors-ordre, et ses sujets sont longs ; je les comprendrai brièvement. Dans cette règle il y a trois détails. [1] S'il y a un défaut dans quelque lettre, que cela se soit fait au moment de l'écriture ou après l'écriture [Peri Megadim dans l'introduction], s'il paraît aux yeux de tous qu'elle n'a pas sa forme sur elle, par exemple un youd auquel manque sa jambe droite, ou un chin auquel manque un youd, et tout ce qui est semblable, où il manque à la lettre quelque chose jusqu'à ce que par là sa figure ne soit pas sur elle, même si par là elle ne ressemble à aucune autre lettre, et qu'il a écrit devant elle : aucune réparation ne lui est utile, même s'il est arrivé que l'enfant l'ait lue comme cette lettre, néanmoins c'est invalide pour cause d'hors-ordre ; et à plus forte raison si par son défaut et son manque elle ressemble à une autre lettre, comme un dalet semblable à un réch, ou un bet semblable à un khaf, ou un 'het dont la jambe gauche a une interruption entre la jambe et le toit et paraît comme un hé, ou un tsadi où il y a une interruption à l'endroit du contact du youd avec son corps et qui paraît aux yeux de tous comme un youd et un noun, et tout ce qui est semblable : on ne fait pas attention à l'enfant, et aucune réparation ne lui est utile. [2] Si par son défaut et son manque elle n'a pas entièrement perdu sa forme, par exemple s'il y a une interruption fine dans quelque lettre en son milieu et que néanmoins l'essentiel de sa forme est sur elle, ou par exemple que les youd qui sont sur les alef et les chin et les jambes des tav ne touchaient pas le corps de la lettre : si un enfant ni savant ni sot les reconnaît, bien que la lettre ne soit pas validée par là, parce que sa forme n'est pas sur elle en entier, du moins cela est utile en ce que l'essentiel de sa forme est resté sur elle, pour qu'il soit permis de la réparer et que cela ne s'appelle pas hors ordre. Il y a encore une troisième manière : bien que l'essentiel de sa forme soit sur elle et qu'un enfant la lise comme cette lettre, néanmoins aucune réparation ne lui est utile, par exemple une lettre invalidée par quelque chose dont la réparation est de racler une partie et de l'écrire à nouveau [comme la jambe du hé et du qouf qui ont touché en haut, même d'un contact fin comme un fil de cheveu, dont la réparation est de racler toute la jambe et de l'écrire à nouveau, car une simple séparation n'est pas utile pour cause de gravure du vide ; de même si la jambe de l'alef a touché le toit de l'alef, et leurs semblables, comme ci-dessus au seif 18], et qu'il est arrivé qu'avant sa réparation il ait écrit devant elle : en cela aucune réparation n'est imaginable, car il faut racler tout ce qui a été écrit dans l'invalidité, et dès lors ce qu'il répare ensuite est hors ordre. Et maintenant nous commençons, avec l'aide de ה', à expliquer le seif. « Toute lettre qui est écrite, etc. » — de même si elle s'est gâtée ensuite.
(קטו) ואין צורתה עליה - פי' שנראה לעין כל שאין צורתה עליה כלל ואף דבנגעה רגל האל"ף בגג האל"ף או פני האל"ף בגגו או רגל ה"א וקו"ף הנוגעין למעלה ניכר עליו עדיין עיקר צורת האות ותינוק יקראהו לאות אפ"ה כיון שפסול זה אין תיקונו כ"א ע"י גרירת כל מה שנעשה בפסול וכנ"ל בסעיף י"ח ממילא נתבטל צורתו לגמרי ואם יתקנם אח"כ הוי שלא כסדרן:
Et sa forme n'est pas sur elle - C'est-à-dire qu'il paraît aux yeux de tous qu'elle n'a pas du tout sa forme sur elle. Bien que, si la jambe de l'alef a touché le toit de l'alef, ou le visage de l'alef son toit, ou la jambe du hé et du qouf qui touchent en haut, l'essentiel de la forme de la lettre soit encore reconnaissable sur elle et qu'un enfant la lise comme cette lettre, néanmoins, puisque ce défaut n'a de réparation que par le raclage de tout ce qui s'est fait dans l'invalidité, comme ci-dessus au seif 18, de soi-même sa forme a été entièrement annulée, et s'il les répare ensuite c'est hors ordre.
(קטז) רגל האל"ף - וה"ה כל הני דכתב רמ"א בהג"ה סוף סי"ח הנ"ל:
La jambe de l'alef - De même tous ceux qu'a écrits le Rema dans la glose à la fin du seif 18 susdit.
(קיז) נוגעים - אפילו נגיעה דקה כחוט השערה:
Touchent - Même d'un contact fin comme un fil de cheveu.
(קיח) צד"י שכתב - פי' שחלק היו"ד מהנו"ן כ"כ עד שנראה כשני אותיות וכן בכל אינך לכן אפילו אם אירע דתינוק קראו כהלכתו אין יכול לתקנן אח"כ שכיון שעינינו רואות שיש להן צורת אותיות אחרות א"כ כשמתקנם אח"כ הרי זה כתיבה מחדש ושלא כסדרן. וה"ה אפילו אם אין להם צורת אותיות אחרות רק שנראה לעין הכל שאין לה עיקר צורתה כגון יו"ד שלא עשה לה רגל הימיני או אל"ף שחסר לה היו"ד העליון וכל כה"ג אין יכול לתקנם אח"כ אבל אם לא עשה להיו"ד רגל שמאלי אף דאם ישאר כך פסול דאיננו יו"ד כראוי לפי דעת רוב הפוסקים כדלקמן בסי' ל"ו מ"מ כיון דיש לה עיקר צורתה דאפילו בלא עוקץ שם יו"ד עליה לכן יכול לתקנה ואין בזה משום שלא כסדרן:
Un tsadi qu'il a écrit - C'est-à-dire qu'il a séparé le youd du noun à tel point qu'il paraît comme deux lettres ; de même pour tous les autres. C'est pourquoi, même s'il est arrivé qu'un enfant l'ait lu selon sa loi, on ne peut les réparer ensuite, puisque nos yeux voient qu'elles ont forme d'autres lettres : dès lors, quand on les répare ensuite, c'est une écriture à nouveau et hors ordre. De même, même si elles n'ont pas forme d'autres lettres, seulement il paraît aux yeux de tous qu'elle n'a pas l'essentiel de sa forme, par exemple un youd auquel on n'a pas fait la jambe droite, ou un alef auquel manque le youd supérieur, et tout ce qui est semblable : on ne peut les réparer ensuite. Mais si l'on n'a pas fait au youd la jambe gauche, bien que s'il reste ainsi ce soit invalide, car ce n'est pas un youd comme il convient selon l'avis de la plupart des décisionnaires, comme ci-dessous au siman 36, néanmoins, puisqu'il a l'essentiel de sa forme — même sans épine le nom de youd est sur elle —, on peut donc la réparer et il n'y a pas en cela d'hors-ordre.
(קיט) עי"ן יו"ד - וה"ה מ"ם פתוחה שכתבו כ"ו בלי משיכת התג שביניהם:
'Ayin youd - De même un mem ouvert qu'on a écrit comme kaf-vav, sans tirer le tag qui est entre eux.
(קכ) או חי"ת שני זייני"ן - אפילו אם עשה חוטרא על גביהן רק שאין נוגעים זה לזה למעלה וניכר להדיא פרידתן ה"ז הפסידה עיקר צורתה שנראה כשני זייני"ן:
Ou un 'het deux zayin - Même s'il a fait une barre au-dessus d'eux, seulement ils ne se touchent pas l'un l'autre en haut et leur séparation est clairement reconnaissable : voici qu'elle a perdu l'essentiel de sa forme, qui paraît comme deux zayin.
(קכא) יודי"ן שעל האלפי"ן - וה"ה אם היה הפסק באיזה אות באמצעו [פמ"ג בא"א בפתי']:
Les youd qui sont sur les alef - De même s'il y avait une interruption dans quelque lettre en son milieu [Peri Megadim, Eshel Avraham, dans l'introduction].
(קכב) ותינוק וכו' - פי' לכן אפילו אם פרידתן ניכר להדיא [דהיינו תומ"י כשראה אותן] יכול לתקנם דהרי לא הפסיד עדיין האות עיקר צורתה מדקראה התינוק לאות [כן כתב הגרע"א בחידושיו ודלא כפמ"ג שהחמיר בזה ועיין בבה"ל] אבל אם אין פרידתן ניכר להדיא עד שמסתכל בה אין צריך להראות להתינוק. ומ"מ אם אירע שהראה להתינוק ולא קרא לו אות הולכין אחריו להחמיר ואין יכול לתקן [כמו שכתב הפמ"ג]:
Et un enfant, etc. - C'est-à-dire : c'est pourquoi, même si leur séparation est clairement reconnaissable [c'est-à-dire aussitôt qu'on les a vues], on peut les réparer, car la lettre n'a pas encore perdu l'essentiel de sa forme, puisque l'enfant l'a lue comme cette lettre [ainsi a écrit R. Aqiva Eiger dans ses 'Hidouchim, et non comme le Peri Megadim qui a été strict en cela ; voir au Béour Halakha]. Mais si leur séparation n'est pas clairement reconnaissable jusqu'à ce qu'on y regarde, on n'a pas besoin de la montrer à l'enfant. Néanmoins, s'il est arrivé qu'on l'ait montrée à l'enfant et qu'il ne l'ait pas lue comme une lettre, on le suit pour être strict et l'on ne peut réparer [comme a écrit le Peri Megadim].
(קכג) ויש מי שאומר - אין כאן מחלוקת רק חידוש דין:
Et il y en a qui disent - Il n'y a pas ici de contestation, seulement une nouveauté de règle.
(קכד) להדיא - דאם היה ניכר להדיא ה"ז הפסידה עיקר צורתה וכמו שכתבנו בס"ק ק"כ:
Clairement - Car si c'était clairement reconnaissable, voici qu'elle a perdu l'essentiel de sa forme, comme nous l'avons écrit au seif katan 120.
(קכה) מותר להדביקם - דאין התינוק מורגל בחי"ת כזה דאפילו המוכשר כתיקונו יקראהו ב' זייני"ן:
Il est permis de les coller - Car l'enfant n'est pas habitué à un 'het tel, et même le valide comme il convient, il le lirait deux zayin.
(קכו) דבוקות - בין למעלה ובין למטה וה"מ שנדבקו בעת הכתיבה אבל אם נדבקו לאחר גמר הכתיבה אסור להפרידם ועיין בבה"ל:
Collées - Tant en haut qu'en bas. Cela, lorsqu'elles se sont collées au moment de l'écriture ; mais si elles se sont collées après l'achèvement de l'écriture, il est interdit de les séparer ; voir au Béour Halakha.
(קכז) להפרידם - ואין בו משום איסור מחיקה כיון שמתקן בזה וכ"ש אם היו דבוקות לאותיות אחרות דמותר להפריד האותיות האחרות מהם בכל גווני ובלבד שיזהר שלא יגע הסכין באותה נקודה אחרונה המדובקת עם השם [בה"ט בשם שכנה"ג ומ"ש בשעת הדחק זה אינו להמעיין שם]:
De les séparer - Et il n'y a pas en cela d'interdit d'effacement, puisqu'on répare par là ; et à plus forte raison si elles étaient collées à d'autres lettres, il est permis de séparer les autres lettres d'elles en tous les cas, pourvu qu'on prenne garde que le couteau ne touche pas ce dernier point collé avec le Nom [Baér Hetev au nom du Sdei 'Hemed, et ce qu'il a écrit « en temps de nécessité » n'est pas [exact] pour qui y regarde là-bas].
(קכח) שנמחקו קצת - פי' שהלך מעל האותיות קצת מראה הדיו שלהן. ואם בתחלת הכתיבה לא היה הדיו שחור אלא דומה ללבן שהוכהה מראיתו או לאדום וצריך להעביר עליהם קולמוס הוי שלא כסדרן אבל בהאי דהשו"ע לא מיקרי שלא כסדרן כיון שגם עכשיו הכתב הוא כשר ומה שמוסיף עליו אינו אלא משמרו שלא יתמחק יותר. בד"א כשמקצת צבע הדיו קיים אבל אם קפץ כל הדיו מהקלף ולא נשאר רק רושם אדמומית מהחלודה של הדיו כשמעביר קולמוס עליהן ה"ז כותב שלא כסדרן ולפיכך אם נקלף ממקצת אורך הוי"ו קצת דיו ונשאר רק רושם החלודה באותו מקום וצריכין להראותו להתינוק אם יש בחלק העליון שיעור וי"ו צריך לכסות להחלק התחתון שלא יצרפהו התינוק ודומיא דמה שכתבנו לעיל בס"ק מ"ח. ודע עוד דדעת הפמ"ג הוא דאפילו נשאר ממשות דיו רק שנקלף שחרות העליון ונשאר אדום הוה שלא כסדרן דאודם אין כשר לתפילין אבל החתם סופר בחיו"ד בסי' רנ"ו פליג עליו וסובר דאם השינוי לאדמומית הוא מחמת יושן הרי הוא כשר שהרי הוא נכתב בדיו ולהכי נאמרה ההלכה לכתוב בדיו להורות דצריכה היא רק להכתב בדיו וכך דרכו של רוב דיו לכשיזקין יכהה מראיתו ויתהפך קצת לאדמדם ונעשית כעין מראה [שקורין בל"א ברא"ן] מ"מ טוב להעבירו בקולמוס ואפילו בשמות הקדושים קרוב לודאי דמותר כדיו ע"ג דיו דאין כאן מחיקה ואם נשתנה לאודם ממש שאין כן דרכן של סתם דיו או אפילו רק לאדמומית רק שנשתנה מיד מהר לאחר הכתיבה אין תקנה לאותה ס"ת שנראה שאינו מחמת יושן ועל כרחך יש חסרון בעיקר הדיו שנעשית מסממנים אחרים וע"כ פסול מעיקרא כי לא נכתב בדיו ובשמות אסור להעביר עליו דיו וכו' עי"ש שמאריך בכ"ז מילתא בטעמא:
Qui se sont un peu effacées - C'est-à-dire que un peu de l'aspect de leur encre s'est en allé d'elles. Si dès le début de l'écriture l'encre n'était pas noire, seulement semblable au blanc dont l'aspect s'est terni, ou au rouge, et qu'il faut passer le calame dessus, c'est hors ordre. Mais dans ce cas du Choulhan Aroukh, on n'appelle pas hors ordre, puisque même maintenant l'écriture est valide, et ce qu'on y ajoute n'est que pour la garder de s'effacer davantage. En quoi cela ? Quand une partie de la couleur de l'encre existe encore. Mais si toute l'encre a sauté du klaf et qu'il n'est resté qu'une trace rougeâtre de la rouille de l'encre, quand on passe le calame dessus, voici qu'on écrit hors ordre. C'est pourquoi, si d'une partie de la longueur du vav un peu d'encre s'est pelée et qu'il n'est resté à cet endroit que la trace de la rouille, et qu'il faut le montrer à l'enfant : s'il y a dans la partie supérieure la mesure d'un vav, il faut couvrir la partie inférieure afin qu'il ne la joigne pas, à l'instar de ce que nous avons écrit ci-dessus au seif katan 48. Sache encore que l'avis du Peri Megadim est que même s'il est resté de la substance d'encre, seulement le noir supérieur s'est pelé et il est resté rouge, c'est hors ordre, car le rouge n'est pas valide pour les tefilin. Mais le 'Hatam Sofer en 'Hidouché Yoré Déa siman 256 diverge de lui et tient que si le changement vers le rougeâtre est dû à la vétusté, voici que c'est valide, car elle a été écrite à l'encre ; et c'est pourquoi la halakha a été dite d'écrire à l'encre, pour enseigner qu'il ne faut qu'elle soit écrite à l'encre, et tel est le chemin de la plupart des encres : quand elle vieillit, son aspect se ternit et se tourne un peu vers le rougeâtre, et elle devient comme un aspect [qu'on appelle en allemand Braun] ; néanmoins il est bon d'y passer le calame, et même pour les Noms saints, il est quasi certain que c'est permis, comme encre sur encre, car il n'y a pas ici d'effacement. Si elle a changé en un rouge véritable, ce qui n'est pas le chemin des encres ordinaires, ou même seulement en rougeâtre, seulement qu'elle a changé aussitôt, rapidement après l'écriture, il n'y a pas de remède pour ce séfer Torah, car il paraît que ce n'est pas dû à la vétusté, et forcément il y a un défaut dans l'essentiel de l'encre, faite d'autres drogues ; c'est pourquoi elle est invalide dès l'origine, car elle n'a pas été écrite à l'encre, et pour les Noms il est interdit d'y passer de l'encre, etc. ; voir là-bas où il s'étend en tout cela avec raison.
(קכט) שלא יכנס - אפילו כל שהוא ראש הלמ"ד בשורה שלמעלה הימנה וה"ה בך' פשוטה וכדומה שלא יכנס בשורה שלמטה באות ט' וע' וכדומה:
Qu'il n'entre pas - Même tant soit peu, la tête du lamed dans la ligne au-dessus d'elle ; de même pour un khaf allongé et leurs semblables, qu'il n'entre pas dans la ligne au-dessous, dans une lettre tet et 'ayin et leurs semblables.
(קל) באויר הה"א - וה"ה באויר אל"ף או תי"ו וכדומה וכ"ש שיזהר שלא יכנס באויר ד' או רי"ש שלא יראה כה"א וכדלקמיה:
Dans l'air du hé - De même dans l'air d'un alef ou d'un tav et leurs semblables ; et à plus forte raison prendra-t-on garde qu'il n'entre pas dans l'air d'un dalet ou d'un réch, afin qu'il ne paraisse pas comme un hé, comme ci-après.
(קלא) או החי"ת - וה"ה אם נכנס ראש למ"ד לתוך אויר של כ' פשוטה וכדלקמיה בס"ק קל"ב [תשובת מהרי"מ מבריסק בסי' ח' עי"ש וכן הקיל בזה הגאון רע"א בחידושיו בדיעבד]:
Ou le 'het - De même si la tête du lamed est entrée dans l'air d'un khaf allongé, comme ci-après au seif katan 132 [responsa Mahari'm de Brisk siman 8, voir là-bas ; ainsi a aussi été indulgent en cela le Gaon R. Aqiva Eiger dans ses 'Hidouchim, après coup].
(קלב) בלא נגיעה - דבנגיעה בלא"ה פסול משום חסרון הקפת גויל. ומשמע מלשון השו"ע דכתב שיש ליזהר דדוקא לכתחלה אבל לא לעיכובא בדיעבד וה"מ שלא נכנס בענין שיפסד צורת האות עי"ז כגון שנכנס רק מעט אבל אם נכנס כ"כ בענין שנשתנה צורת האות שתינוק דלא חכים ולא טיפש אם נכסה לו שיטה התחתונה שלא יהא נראה רק ראש הלמ"ד ולא גוף הלמ"ד לא יכיר האות מה הוא הוי שינוי צורת האות ופסול [וגם לא יצוייר בו תיקון משום שלא כסדרן] וכ"ש אם נכנס ראש הלמ"ד בתוך חלל ד' או רי"ש ונראית כה"א דפסול ואינו מועיל בזה קריאת התינוק כהוגן שהרי עינינו רואות שנשתנה עי"ז לאות אחר:
Sans contact - Car avec contact, de toute façon c'est invalide pour défaut d'encerclement de gvil. Et il appert du langage du Choulhan Aroukh, qui a écrit « il faut prendre garde », que c'est précisément a priori, mais que cela n'empêche pas après coup. Cela, lorsqu'elle n'est pas entrée de manière à perdre par là la forme de la lettre, par exemple si elle n'est entrée qu'un peu. Mais si elle est entrée à tel point que la forme de la lettre a changé, qu'un enfant ni savant ni sot, si on lui couvre la ligne inférieure afin qu'on ne voie que la tête du lamed et non le corps du lamed, ne reconnaîtra pas quelle est la lettre : voici un changement de forme de la lettre, et c'est invalide [et l'on n'y imaginera pas non plus de réparation pour cause d'hors-ordre]. Et à plus forte raison si la tête du lamed est entrée dans le vide d'un dalet ou d'un réch et qu'elle paraît comme un hé : c'est invalide, et la lecture de l'enfant comme il faut n'est pas utile en cela, car nos yeux voient qu'elle a changé par là en une autre lettre.
(קלג) שגורות בפיו - דהיינו בעת שהוא מתחיל לכתוב מסתמא עדיין אין בקי בקריאתן בע"פ כראוי ובפרט במלא וחסר:
Qui lui sont familières de bouche - C'est-à-dire qu'au moment où il commence à écrire, vraisemblablement il n'est pas encore expert à les lire par cœur comme il convient, et surtout dans le plein et le défectif.
(קלד) מתוך הכתב - או מפי מקריא כדי שלא יטעה. ואם מקצת הפרשה שגורה בפיו מותר לכתוב אותו מקצת בע"פ. ועיין בב"ח שכתב דמ"מ מצוה מן המובחר לכתוב בכל גווני מתוך הכתב:
D'après l'écrit - Ou de la bouche d'un lecteur, afin de ne pas errer. Si une partie de la parasha lui est familière de bouche, il est permis d'écrire cette partie de mémoire. Voir au Ba'h, qui a écrit que néanmoins la mitsva de choix est d'écrire en tous les cas d'après l'écrit.
(קלה) יודע לקרות - דאל"ה בקל יכול לטעות ואינו מרגיש:
Sait lire - Sinon, il peut facilement errer et ne s'en aperçoit pas.
(קלו) מתוך הכתב - משמע דכשכותב מתוך הכתב א"צ להוציא בפה ומיירי דוקא כששגורות לו ג"כ ואז לא חיישינן שמא יטעה [כן כתב המ"א וא"ר לתרץ דלא תקשה מהא להא דהיו"ד בסי' רע"ד ס"ב ועיין בפמ"ג שכן כוונת המ"א] אבל הרבה מאחרונים חלקו ע"ז ופסקו דבכל גווני צריך להוציא התיבה מפיו קודם שיכתבנה והטעם כתב הב"ח דכך היא מצות כתיבת סת"מ כדי שתהא קדושת הבל קריאת כל תיבה ותיבה היוצא מפי הקורא נמשכת על האותיות כשכותב אותן בקלף וכ"ז לכתחלה אבל בדיעבד אין נפסל בכל גווני אם לא טעה:
D'après l'écrit - Il appert que lorsqu'il écrit d'après l'écrit, il n'a pas besoin de prononcer de la bouche ; et l'on parle précisément lorsque [les parashiot] lui sont aussi familières, et alors on ne craint pas qu'il n'erre [ainsi ont écrit le Magen Avraham et l'Elia Rabba pour résoudre qu'il n'y ait pas de difficulté de ceci à ceci, Yoré Déa siman 274 seif 2 ; voir au Peri Megadim, que telle est l'intention du Magen Avraham]. Mais beaucoup d'Aharonim ont divergé de cela et ont tranché qu'en tous les cas il faut prononcer le mot de sa bouche avant de l'écrire ; et la raison, a écrit le Ba'h, est que telle est la mitsva de l'écriture des séfarim Torah, tefilin et mezouzot : afin que la sainteté du souffle de la lecture de chaque mot sortant de la bouche du lecteur se prolonge sur les lettres quand il les écrit sur le klaf. Tout cela a priori ; mais après coup, on n'invalide en aucun cas s'il n'a pas erré.
(קלז) ע"פ שמקרא וכו' - ואפילו הוא שגור בפיו ג"כ:
Par un lecteur qui lit, etc. - Même s'il lui est aussi familier de bouche.
(קלח) ויקרא בפיו - כל תיבה ותיבה קודם שיכתבנה כדי שלא יטעה וכ"ש אם הוא כותב ע"פ בלי מקריא:
Et il lira de sa bouche - Chaque mot avant de l'écrire, afin de ne pas errer ; et à plus forte raison s'il écrit de mémoire sans lecteur.
(קלט) למעלה - מהשיטות כדי גגה של למ"ד ונ"ל דהיינו מכתב בינוני אפילו הוא כותב רק כתב קטן [דהלא אמרו במנחות ל"א כמלא אטבא דספרי ופירשו הראשונים שהוא כדי לכתוב גגה של וכו' הנ"ל ואם איתא דיש חילוק בזה איה שיעורם ואפשר לדחות בדוחק דהגמרא לא איירי רק בכותב כתב בינוני]:
En haut - Des lignes, de quoi le toit d'un lamed ; et il me semble que c'est d'une écriture moyenne, même s'il n'écrit qu'une petite écriture [car on a dit dans Mena'hot 31 « comme la mesure d'une tablette de scribes », et les Rishonim ont expliqué que c'est de quoi écrire le toit de, etc. susdit ; et s'il y avait une différence en cela, où est leur mesure ? Et l'on peut écarter à grand-peine que la Gemara ne parle que de qui écrit une écriture moyenne].
(קמ) פשוטה - ועוד משהו להקפת גוילם וטעם לכל זה כדי שכשיזדמן לו לכתבם שיהיה לו מקום לזה וי"א דצריך להניח עוד למעלה מגגה של למ"ד ולמטה מך' ונו"ן פשוטה כדי חצי ציפורן וזה רק לכתחלה:
Allongée - Et encore un peu pour leur encerclement de gvil. La raison de tout cela est afin que, s'il lui arrive de les écrire, il ait de la place pour cela. Certains disent qu'il faut encore laisser en haut au-dessus du toit du lamed et en bas au-dessous du khaf et du noun allongé de quoi un demi-ongle ; et cela n'est qu'a priori.
(קמא) כלל - רק משהו להקפת גוילם:
Du tout - Seulement un peu pour leur encerclement de gvil.
(קמב) קצת - היינו קצת יותר מהקפת גויל. ויש מחמירין דלכתחלה צריך בתחלה קלף כדי לגלול כל הפרשה כמו מזוזה:
Un peu - C'est-à-dire un peu plus que l'encerclement de gvil. Il y en a qui sont stricts : a priori il faut au début un klaf de quoi enrouler toute la parasha, comme une mezouza.
(קמג) אות - קטנה שהוא יו"ד ובדיעבד אין לפסול אא"כ נראית כתיבה אחת לתינוק דלא חו"ט:
Une lettre - Petite, qui est un youd ; et après coup on n'invalidera pas, à moins qu'elle ne paraisse comme une seule écriture à un enfant ni savant ni sot.
(קמד) שיטה - וי"א דאין צריך להניח אלא בס"ת וכן נהגו הסופרים שאין מדקדקין בזה:
Une ligne - Et certains disent qu'il n'est besoin de laisser que dans un séfer Torah ; ainsi ont coutume les scribes, qui n'y sont pas minutieux.
(קמה) חוט השערה - היינו רק לכתחלה אבל בדיעבד אין לפסול אא"כ נראית התיבה חלוקה לשתים וכמו שנתבאר כ"ז ביו"ד בסי' רע"ז לענין ס"ת:
Un fil de cheveu - C'est-à-dire seulement a priori ; mais après coup on n'invalidera pas, à moins que le mot ne paraisse divisé en deux, comme tout cela a été exposé en Yoré Déa siman 277 au sujet du séfer Torah.
(קמו) מעט חלק - אבל המ"א בשם כמה אחרונים והגר"א בביאורו הכריעו דאין צריך להניח חלק יותר מבין תיבה לתיבה באמצע פסוק [ודלא כמ"ש הש"ך ביו"ד רע"ד סק"ו ע"ש]:
Un peu vide - Mais le Magen Avraham au nom de plusieurs Aharonim et le Gra dans son commentaire ont tranché qu'il n'est pas besoin de laisser vide plus qu'entre un mot et l'autre au milieu d'un verset [et non comme a écrit le Chakh en Yoré Déa 274 seif katan 6, voir là-bas].
(קמז) ואחת יוצאת - ואפילו אות אחת משום זה אלי ואנוהו:
Et l'une sort - Même une seule lettre, à cause de « ceci est mon Dieu et je L'embellirai ».
(קמח) ג' אותיות - מדלא חילק משמע דאפילו אם אלו הג' אותיות הם מיעוט התיבה אסור וביו"ד סימן רע"ג פסק כהרמב"ם דלא קפדינן אלא שלא יכתוב רוב התיבה חוץ לשיטה ואם התיבה בת ח' אותיות מותר לכתוב החציה חוץ לשיטה ועיין בש"ך שם שכתב שיש להחמיר כהך דהכא ועיין בא"ר שדעתו דעכ"פ בתפילין שהגליונות קצרים יש להחמיר:
Trois lettres - Puisqu'il n'a pas distingué, il appert que même si ces trois lettres sont la minorité du mot, c'est interdit. En Yoré Déa siman 273 il a tranché comme le Rambam, qu'on n'est minutieux que de ne pas écrire la majorité du mot hors de la ligne ; et si le mot a huit lettres, il est permis d'en écrire la moitié hors de la ligne. Voir au Chakh là-bas, qui a écrit qu'il y a lieu d'être strict comme celui d'ici ; et voir à l'Elia Rabba, dont l'avis est qu'en tout état pour les tefilin, dont les marges sont courtes, il y a lieu d'être strict.
(קמט) ואם כתבם - בין שהיה הבליטה בתחלת השיטה או בסופה:
Et s'il les a écrites - Que la saillie ait été au début de la ligne ou à sa fin.
(קנ) לא פסל - ואפילו אם כתב תיבה שלמה חוץ לשיטה כל שניכר שהיא נקרית עם אותה השיטה ולא עם העמוד האחר שבצדה:
Il n'a pas invalidé - Même s'il a écrit un mot entier hors de la ligne, dès lors qu'il est reconnaissable qu'il se lit avec cette ligne et non avec la colonne d'à côté.
(קנא) תיבה אחת - ואם התיבה היא בת שלש מותר לכתוב ממנה שתי אותיות חוץ לשיטה אף שהם רוב התיבה יו"ד סימן רע"ג ועיין בבה"ל:
Un seul mot - Si le mot a trois [lettres], il est permis d'en écrire deux lettres hors de la ligne, bien qu'elles soient la majorité du mot : Yoré Déa siman 273 ; voir au Béour Halakha.
(קנב) אותיות השם - אפילו שאר שמות שאינם נמחקין:
Les lettres du Nom - Même les autres Noms qui ne s'effacent pas.
(קנג) צריך וכו' - המ"א בשם הגאון מהר"ר יצחק מפוזנא [וכן הע"ת והא"ר וכמה מהאחרונים] אסיק דדוקא לכתחלה אבל בדיעבד אין להחמיר ומ"מ אם אירע כן בס"ת הורה למחוק כל השורות העליונות אם אין בהם שום שם משמות שאינם נמחקין ולמשוך אותם שיהיו שוות עם השם דמאחר דאפשר לתקוני לא מיקרי דיעבד אבל אם היה שם למעלה איזה שם או בתפילין ומזוזות דא"א למחוק משום שלא כסדרן כשר כך בלי תיקון ויש מחמירין אפילו בדיעבד והסכים עמהם הגרע"א והדה"ח. אך אם בשורות העליונות אות האחרון ב' ד' ר' וכדומה שיכול למושכן כולהו מודו דבין בס"ת ובין בתו"מ ימשוך אותן כדי שיהיו שוות עם האות מהשם שיצא חוץ לשיטה ואין בזה משום שלא כסדרן. וכן אם לא כתב עוד רק שורה אחת ובשורה שניה משך השם חוץ לשיטה יעשה שרטוטים אחרים וימשכם שיהיו ארוכים עד סוף השם ובשביל שורה הראשונה אין קפידא. ודע עוד דבאותיות הנטפלות להשם הסכמת אחרונים דאין להחמיר בדיעבד ביוצא חוץ לשיטה:
Il faut, etc. - Le Magen Avraham au nom du Gaon R. Yits'haq de Posen [ainsi que l'Elyia Touva, l'Elia Rabba et plusieurs Aharonim] a conclu que c'est précisément a priori, mais qu'après coup il n'y a pas lieu d'être strict. Néanmoins, s'il est arrivé ainsi dans un séfer Torah, il a prescrit d'effacer toutes les lignes supérieures s'il n'y a en elles aucun Nom parmi les Noms qui ne s'effacent pas, et de les tirer pour qu'elles soient égales avec le Nom, car dès lors qu'on peut réparer, on n'appelle pas après coup. Mais s'il y avait en haut quelque Nom, ou pour les tefilin et mezouzot où l'on ne peut effacer pour cause d'hors-ordre, c'est valide ainsi sans réparation. Il y en a qui sont stricts même après coup, et R. Aqiva Eiger et le Derekh Ha'hayim se sont accordés avec eux. Mais si dans les lignes supérieures la dernière lettre est un bet, un dalet, un réch et leurs semblables qu'on peut tirer, tous conviennent que, tant dans un séfer Torah que dans les tefilin et mezouzot, on les tirera afin qu'elles soient égales avec la lettre du Nom qui est sortie hors de la ligne, et il n'y a pas en cela d'hors-ordre. De même, s'il n'a encore écrit qu'une seule ligne et que dans la seconde ligne il a tiré le Nom hors de la ligne, il fera d'autres réglures et les tirera pour qu'elles soient longues jusqu'à la fin du Nom ; et pour la première ligne, il n'y a pas de difficulté. Sache encore que pour les lettres jointes au Nom, l'accord des Aharonim est qu'après coup il n'y a pas lieu d'être strict si elles sortent hors de la ligne.
(קנד) מהם כלל - אפילו אות אחת ואפשר דאף רובו ככולו אבל מקצת האות לית לן בה ואם יצא השם כולו חוץ לגליון העמוד כשר בדיעבד ואינו דומה ליוצא אות אחד חוץ לשיטה דמה שיוצא לחוץ הוא חשוב כתליה וקי"ל ביו"ד רע"ו דמקצת השם אין תולין משא"כ בזה כן כתב הבני יונה והגרע"א בחידושיו בסי' זה מחמיר גם בזה עי"ש אבל בביאור הגר"א מוכח בהדיא כהבני יונה להקל:
D'elles du tout - Même une seule lettre ; et il se peut que même sa majorité comme son tout, mais une partie de la lettre, il n'y a rien pour nous. Si le Nom tout entier est sorti hors de la marge de la colonne, c'est valide après coup, et cela ne ressemble pas à une lettre qui sort hors de la ligne, car ce qui sort au-dehors compte comme une suspension, et nous tenons en Yoré Déa 276 qu'une partie du Nom on ne suspend pas ; ce qui n'est pas le cas ici. Ainsi a écrit le Bné Yona ; et R. Aqiva Eiger dans ses 'Hidouchim à ce siman est aussi strict en cela, voir là-bas. Mais dans le Béour HaGra il est clairement prouvé comme le Bné Yona, pour être indulgent.
(קנה) כל פרשיותיה - ר"ל מהתפילין של יד הואיל והן נכתבות בקלף אחד ושייך בהן פתוחה וסתומה דהיינו שכשמניח מקום חלק בסוף שיטה אחרונה של פרשה ראשונה כדי ט' אותיות ומתחיל פרשה שלאחריה בראש השיטה בדף הב' הרי פרשה שלאחריה נקרא פתוחה כמו שבס"ת נקראת פרשה המתחלת בראש השיטה פרשה פתוחה לכו"ע כשיש ריוח כדי ט' אותיות לפניה בשיטה הקודמת לה או בסוף שיטה אחרונה שבדף הקודם אבל בתש"ר שהפרשיות נכתבין על ד' קלפים אין להקפיד בהן בפתוחות וסתומות אך נהגו לכתחלה להקפיד בזה כ"כ האחרונים ועיין בבה"ל במה שכ' בשם הפמ"ג בזה:
Toutes ses parashiot - C'est-à-dire des tefilin de la main, puisqu'elles s'écrivent sur un seul klaf et qu'il y a lieu en elles d'ouverte et de fermée : c'est-à-dire que lorsqu'on laisse un endroit vide à la fin de la dernière ligne de la première parasha de quoi neuf lettres et qu'on commence la parasha d'après au début de la ligne dans la seconde colonne, voici que la parasha d'après s'appelle ouverte, comme dans un séfer Torah on appelle parasha qui commence au début de la ligne une parasha ouverte de l'avis de tous, quand il y a un espace de quoi neuf lettres devant elle dans la ligne précédente, ou à la fin de la dernière ligne de la colonne précédente. Mais pour celles de la tête, dont les parashiot s'écrivent sur quatre klafim, on n'y sera pas minutieux pour les ouvertes et les fermées ; toutefois on a coutume a priori d'y être minutieux, ainsi ont écrit les Aharonim ; voir au Béour Halakha ce qu'il a écrit au nom du Peri Megadim en cela.
(קנו) פתוחות חוץ וכו' - מפני שג' ראשונות שהם קדש והיה כי יביאך שמע הם פתוחות בתורה ופרשת והיה אם שמוע סתומה לפיכך צריך לכתוב בתפילין ג"כ ככה. דהיינו שיניח מקום חלק כדי ט' אותיות בסוף שיטה אחרונה שבפ' קדש כדי שבפ' והיה כי יביאך שיתחיל בראש השיטה הא' שבדף הב' תהיה הפרשה פתוחה כמו שהיא בתורה וכן אחר פ' והיה כי יביאך כדי שפ' שמע תהיה פתוחה אבל פ' והיה אם שמוע יעשה סתומה ואופן סתימתה יבואר לקמיה. ופרשת קדש אף דבתורה היא פתוחה מחמת שהוא מפסיק בריוח ט' אותיות בשורה הקודמת לה וכאן אין שייך זה דהיא פרשה ראשונה מ"מ כיון שהוא מתחילה בראש שיטה ואין כתוב לפניה כלום היא נקראת פתוחה דאין כתב אחר סותמה:
Ouvertes, hors, etc. - Parce que les trois premières, qui sont Qadech, Véhaya ki yévia'kha et Chema, sont ouvertes dans la Torah, et la parasha Véhaya im chemoua est fermée ; c'est pourquoi il faut aussi écrire ainsi dans les tefilin. C'est-à-dire qu'on laissera un endroit vide de quoi neuf lettres à la fin de la dernière ligne de la parasha Qadech, afin que dans la parasha Véhaya ki yévia'kha, qui commencera au début de la première ligne de la seconde colonne, la parasha soit ouverte comme elle l'est dans la Torah ; et de même après la parasha Véhaya ki yévia'kha, afin que la parasha Chema soit ouverte. Mais la parasha Véhaya im chemoua, on la fera fermée, et la manière de sa fermeture s'expliquera ci-après. Quant à la parasha Qadech, bien que dans la Torah elle soit ouverte parce qu'on interrompt par un espace de neuf lettres dans la ligne précédente, et qu'ici cela n'a pas lieu, car elle est la première parasha, néanmoins, puisqu'elle commence au début d'une ligne et que rien n'est écrit devant elle, elle s'appelle ouverte, car aucune autre écriture ne la ferme.
(קנז) ואם שינה - בין שעשאה מסתומה פתוחה או מפתוחה סתומה:
Et s'il a changé - Qu'il l'ait faite d'une fermée une ouverte, ou d'une ouverte une fermée.
(קנח) ויש מכשירין - ר"ל בדיעבד וטעמם שאף שבתורה פ' והיה אם שמוע היא סתומה מ"מ כיון שבתורה אינה סמוכה כלל לפרשת שמע אין זה נחשב שינוי מה שהריוח שבינה לפרשת שמע הוא פתוח ולא סתום כמו שסתום הריוח שלפניה בתורה כיון שגם בתורה יש בינה לפרשת שמע שבתורה ריוח הרבה פתוח וכן הסכימו האחרונים:
Et certains valident - C'est-à-dire après coup ; et leur raison est que, bien que dans la Torah la parasha Véhaya im chemoua soit fermée, néanmoins, puisque dans la Torah elle n'est pas du tout voisine de la parasha Chema, ce n'est pas compté comme un changement que l'espace entre elle et la parasha Chema soit ouvert et non fermé comme l'est l'espace d'avant elle dans la Torah, puisqu'aussi dans la Torah il y a entre elle et la parasha Chema de la Torah un grand espace ouvert. Ainsi se sont accordés les Aharonim.
(קנט) בכולם פתוחות - ולהיפך אם עשה איזו פרשה מהשלש פרשיות סתומה לכו"ע פסול כ"כ האחרונים עוד כתבו דדוקא אם עשה לפרשת והיה א"ש פרשה פתוחה כשר לדעה זו אבל אם אין לפניה ריוח כלל בינה לפרשת שמע לא בדף שלה ולא בדף של פרשת שמע דהיינו שהתחיל אותה בראש שיטה העליונה שבדף ולא הניח ריוח כלל לפניה באותה שיטה ולא בסוף שיטה של פ' שמע או שהניח ריוח ואין בו כשיעור ריוח שבין פרשה לפרשה דהיינו כדי לכתוב ט' אותיות ה"ז נחשב שינוי גמור ממה שהיא כתובה בתורה ופסול לכו"ע אפילו בפרשה זו. ובסוף פרשת והיה א"ש אין צריך להניח שום ריוח וכן נוהגין לסיים על הארץ בסוף שיטה התחתונה:
Toutes ouvertes - Et à l'inverse, s'il a fait quelque parasha des trois parashiot fermée, de l'avis de tous c'est invalide, ainsi ont encore écrit les Aharonim. Ils ont encore écrit que précisément s'il a fait à la parasha Véhaya im chemoua une parasha ouverte, c'est valide selon cet avis ; mais s'il n'y a devant elle aucun espace du tout entre elle et la parasha Chema, ni dans sa colonne ni dans la colonne de la parasha Chema, c'est-à-dire qu'il l'a commencée au début de la ligne supérieure de la colonne et n'a laissé aucun espace devant elle dans cette ligne ni à la fin de la ligne de la parasha Chema, ou qu'il a laissé un espace et qu'il n'y a pas en lui la mesure de l'espace entre une parasha et l'autre, c'est-à-dire de quoi écrire neuf lettres : voici que cela compte comme un changement entier de ce qu'elle est écrite dans la Torah, et c'est invalide de l'avis de tous, même pour cette parasha. À la fin de la parasha Véhaya im chemoua, on n'a besoin de laisser aucun espace, et ainsi l'on a coutume de terminer « al haarets » à la fin de la ligne inférieure.
(קס) ובמדינות אלו וכו' - ואף דלכתחלה מצוה לעשות אותה סתומה גם להיש מכשירים וא"כ המנהג הזה הוא שלא כהוגן מ"מ העתיקו הרמ"א דכיון שהעיקר הוא שבדיעבד כשר בכל ענין וא"א לעשותה סתומה לד"ה יש להחזיק בהמנהג הזה כדי שלא להוציא לעז על הראשונים וכ"כ המ"א בשם הל"ח אבל מדברי הלבוש והגר"א משמע שיותר טוב לעשות כמה שכתוב בשו"ע:
Et dans ces contrées, etc. - Bien qu'a priori ce soit une mitsva de la faire fermée aussi selon ceux qui valident, et dès lors cet usage n'est pas convenable, néanmoins le Rema l'a copié, parce que l'essentiel est qu'après coup c'est valide en tous les cas, et qu'il est impossible de la faire fermée selon tous les avis ; il y a lieu de tenir à cet usage afin de ne pas jeter le blâme sur les premiers. Ainsi a aussi écrit le Magen Avraham au nom du Le'hem 'Hamed. Mais des paroles du Levouch et du Gra il appert qu'il est mieux de faire comme ce qui est écrit dans le Choulhan Aroukh.
(קסא) נוהגים אף וכו' - וכן בתפילין של ר"ת יעשה ג"כ כולם פתוחות ואף שכותב והיה א"ש אחר שמע כדלקמן בסימן ל"ד במ"ב סק"ג יניח כשיעור ט' אותיות אחר על הארץ וכשכותב פרשת שמע מתחיל בתחלת העמוד בראש השיטה:
On a coutume même, etc. - De même pour les tefilin de Rabbenou Tam, on fera aussi toutes ouvertes ; et bien qu'on écrive Véhaya im chemoua après Chema, comme ci-dessous au siman 34 au Michna Beroura seif katan 3, on laissera la mesure de neuf lettres après « al haarets », et quand on écrit la parasha Chema on commence au début de la colonne, au début de la ligne.
(קסב) מתחילין בראש וכו' - דזה עושה אותה לפתוחה לכו"ע כשהשאיר חלק כדי ט' אותיות בסוף שיטה התחתונה בעמוד הקודם ואם לא התחיל בראש השיטה אלא הניח מעט ריוח אפילו פחות מט' אותיות הרי פרשה זו נקראת סתומה להרמב"ם ופסולה אפילו דיעבד ובפמ"ג [אות כ"ו] כתב דאפי' אם לא המשיך לפנים בראש קדש או והיה כ"י או שמע רק אות אחת או שתים ג"כ י"ל דפסול וצ"ע בזה ובספר מאמר מרדכי משמע דאין להחמיר בזה בדיעבד ועכ"פ לכתחלה יש ליזהר בזה מאוד [ואם השאיר כשיעור תיבת אשר נ"ל דיש להחמיר אפילו בדיעבד דהרי בשיעור זה בוודאי יש כששה אותיות קטנות ויותר וכמו שכתב המחה"ש והרי לדעת הט"ז מצטרף מדינא לכו"ע להקרא סתומה אפילו לא היה הריוח שלמעלה ולמטה רק כשיעור ט' אותיות קטנות ע"י צירוף וכמו שכתב הפמ"ג הרי דמה שכתב הרמב"ם ויניח מעט ריוח וכו' הוא שיעור קטן מאוד] ע"כ אם רואה שהתחיל הפרשה אפילו אות אחת לפנים שלא במקום ששירטט מתחילה יראה לעשות גם שאר השורות באופן זה:
On commence au début, etc. - Car cela la rend ouverte de l'avis de tous, quand on a laissé vide de quoi neuf lettres à la fin de la ligne inférieure de la colonne précédente. S'il n'a pas commencé au début de la ligne, seulement laissé un peu d'espace, même moins de neuf lettres, voici que cette parasha s'appelle fermée selon le Rambam, et elle est invalide même après coup. Au Peri Megadim [lettre 26] il a écrit que même s'il n'a pas avancé au début de Qadech ou de Véhaya ki yévia'kha ou de Chema seulement une lettre ou deux, on peut aussi dire que c'est invalide, et cela demande examen ; et dans le Séfer Maamar Mordekhaï il appert qu'après coup il n'y a pas lieu d'être strict en cela ; en tout état a priori il faut fort y prendre garde. [Et s'il a laissé la mesure du mot « acher », il me semble qu'il y a lieu d'être strict même après coup, car dans cette mesure il y a certainement comme six petites lettres et plus, comme a écrit le Ma'hatsit Hashekel ; et selon l'avis du Taz, cela se joint en droit de l'avis de tous pour s'appeler fermée, même si l'espace d'en haut et d'en bas n'était que la mesure de neuf petites lettres par jonction, comme a écrit le Peri Megadim ; voici que ce qu'a écrit le Rambam « et il laissera un peu d'espace, etc. » est une mesure fort petite.] C'est pourquoi, s'il voit que la parasha a commencé même d'une lettre en avant, non à l'endroit qu'il avait d'abord réglé, il verra à faire aussi les autres lignes de cette manière.
(קסג) ט' אותיות - כתבו האחרונים דלכתחילה צריך להניח כדי ג' תיבות אשר ע"כ צריך להניח ג"כ ריוח מלא ב' אותיות קטנות מלבד הט' אותיות דהא בין תיבה לתיבה צריך להניח מלא אות קטנה ובדיעבד יש להקל כשמניח רק כמלא ט' אותיות קטנות [דהיינו יודי"ן] וכמשמעות השו"ע כאן וכתב הפמ"ג דמשערין הריוח של הט' אותיות כפי אותו הכתב וכל השיעור הזה הוא בין לפתוחה או לסתומה:
Neuf lettres - Les Aharonim ont écrit qu'a priori il faut laisser de quoi trois mots « acher » ; c'est pourquoi il faut aussi laisser un espace plein de deux petites lettres outre les neuf lettres, car entre un mot et l'autre il faut laisser la mesure d'une petite lettre. Après coup, on peut être indulgent quand on ne laisse que la mesure de neuf petites lettres [c'est-à-dire des youd], comme l'implication du Choulhan Aroukh ici. Le Peri Megadim a écrit qu'on mesure l'espace des neuf lettres selon cette écriture-là, et toute cette mesure est tant pour l'ouverte que pour la fermée.
(קסד) סתומה לדעת הרמב"ם - ואף דלדעת הרא"ש היא פתוחה מ"מ אנו עושין כך כי א"א לעשות בתפילין צורת סתומה שיצא בה אליבא דכו"ע כי סתומה שאנו נוהגין לעשות בס"ת דהיינו שמסיים הפרשה שלפניה באמצע שיטה ומפסיק כדי ט' אותיות ואח"כ מתחיל הפרשה שאחריה ג"כ באותה השיטה והיא נקראת סתומה אליבא דכו"ע דסתומה מלפניה ומלאחריה וא"א לעשותה פה בתפילין דכל פרשה הוא בעמוד אחר וכן אם ירצה להניח שיטה אחת חלק בתחלת פרשת והיה א"ש ולהתחילה בראש שיטה שנייה זה ג"כ איננה סתומה לכו"ע דהיא רק להרא"ש ולא להרמב"ם דלדידיה היא פתוחה וכיון שא"א לעשותה סתומה לד"ה נהגו כהרמב"ם לפי שכן עיקר אף בס"ת אם א"א לעשות לד"ה כמ"ש ביו"ד סימן ער"ה. ובט"ז המציא עצה לעשותה סתומה שיצא אליבא דכו"ע דהיינו שבפרשה או"ב יעשה הכל כמו שכתוב בשו"ע רק שבפרשה שמע בסופה יניח ריוח פחות מכדי ט' אותיות קטנות וכן יניח ריוח פחות מט' אותיות קטנות בתחלת פרשת והיה א"ש דעי"ז שאין לה ט' אותיות במקום אחד כ"א ע"י צירוף היא נקראת סתומה לכו"ע וכ"כ בתשובת הרמ"ע מפאנו ובביאור הגר"א וכן משמע מפמ"ג שגם הוא נהג לעשות כן. ודע דבדיעבד אפילו אם שייר ריוח כט' אותיות גדולות מכל צד ג"כ כשר דלהרמב"ם היא סתומה ולהרא"ש היא פתוחה וכתבנו לעיל בס"ק קנ"ח בשם האחרוני' דהסכימו דהלכה כהיש מכשירין הנ"ל ויש מהגדולים שנהגו לעשות כן לכתחילה ונהרא נהרא ופשטיה ועיין בבה"ל:
Fermée selon l'avis du Rambam - Bien que selon l'avis du Roch elle soit ouverte, néanmoins nous faisons ainsi, car il est impossible de faire dans les tefilin une forme de fermée dont on sorte selon tous les avis. Car la fermée dont nous avons coutume de faire dans un séfer Torah, c'est-à-dire qu'on achève la parasha d'avant elle au milieu d'une ligne et qu'on interrompt de quoi neuf lettres, puis on commence la parasha d'après aussi dans cette même ligne, et elle s'appelle fermée de l'avis de tous, fermée devant elle et derrière elle : et il est impossible de la faire ici dans les tefilin, car chaque parasha est dans une autre colonne. De même, s'il veut laisser une ligne vide au début de la parasha Véhaya im chemoua et la commencer au début de la seconde ligne, cela non plus n'est pas une fermée selon tous : elle ne l'est que selon le Roch et non selon le Rambam, pour qui elle est ouverte. Et puisqu'il est impossible de la faire fermée selon tous les avis, on a coutume comme le Rambam, parce que tel est l'essentiel, même dans un séfer Torah, s'il est impossible de faire selon tous les avis, comme il est écrit en Yoré Déa siman 275. Le Taz a inventé un conseil pour la faire fermée dont on sorte selon tous les avis : c'est-à-dire que dans les parashiot Qadech ou Véhaya ki yévia'kha on fera tout comme il est écrit dans le Choulhan Aroukh, seulement dans la parasha Chema, à sa fin, on laissera un espace de moins de quoi neuf petites lettres, et de même on laissera un espace de moins de neuf petites lettres au début de la parasha Véhaya im chemoua ; par là, n'ayant pas neuf lettres en un seul endroit, seulement par jonction, elle s'appelle fermée de l'avis de tous. Ainsi a aussi écrit dans les responsa du Rama de Fano et dans le Béour HaGra, et ainsi appert du Peri Megadim, qu'il avait aussi coutume de faire ainsi. Sache qu'après coup, même s'il a laissé un espace de neuf grandes lettres de chaque côté, c'est aussi valide, car selon le Rambam elle est fermée et selon le Roch elle est ouverte ; et nous avons écrit ci-dessus au seif katan 158 au nom des Aharonim qu'ils se sont accordés que la halakha est comme ceux qui valident susdits. Il y a parmi les grands qui ont eu coutume de faire ainsi a priori ; chaque fleuve va son cours ; voir au Béour Halakha.
(קסה) עור הבתים - וה"ה עור התיתורא והמעברתא כיון שמחובר ותפור בהבתים:
Le cuir des battim - De même le cuir de la titoura et de la ma'avarta, puisqu'il est joint et cousu aux battim.
(קסו) טהורים - דכתיב למען תהיה תורת ה' בפיך מן המותר בפיך וכיון דאות שי"ן שהוא מרמז על שם שדי נקמט בעור התפילין הוא בכלל תורת ה'. ואין חילוק בין הש"ר או הש"י:
Purs - Car il est écrit « afin que la Torah de ה' soit dans ta bouche », de ce qui est permis dans ta bouche ; et puisqu'un chin, qui fait allusion au Nom Chadaï, est plissé dans le cuir des tefilin, il est compris dans « la Torah de ה' ». Et il n'y a pas de différence entre celles de la tête ou celles de la main.
(קסז) מקלף - ואע"פ שהוא דק שפיר מיקרי עור:
De klaf - Bien qu'il soit fin, il s'appelle bien cuir.
(קסח) שליל - דגם עורו נקרא עור ואע"ג דהוא נקרא בשר לענין טומאה מ"מ לא גרע מעור עוף:
D'un fœtus - Car son cuir aussi s'appelle cuir ; et bien qu'il s'appelle chair pour la souillure, néanmoins il n'est pas moindre que le cuir d'un oiseau.
(קסט) לעשותן מקלף - רק שישחירם דרצועות שחורות הלמ"מ:
De les faire de klaf - Seulement qu'on les noircisse, car les lanières noires sont une loi donnée à Moïse au Sinaï.
(קע) מעובד לשמו - ואם העיבוד היה רק לרצועות לא מהני להבתים דקדושתן חמורה:
Tanné lichmo - Si le tannage n'était que pour les lanières, cela n'est pas utile pour les battim, dont la sainteté est plus grave.
(קעא) היכא דאפשר - כי הרמב"ם ס"ל דלא בעי כלל עיבוד עור הבתים דאדרבה יותר חזק הוא כשלא נתעבד משום הכי כשר אפילו עור שאינו מעובד כלל וכ"ש דלא בעי עיבוד לשמה ורוב הפוסקים חולקים עליו ומצרכי עיבוד וגם לשמה ופסק השו"ע דהיכא דאפשר בעי לשמה אבל היכא דלא אפשר למצוא חיפוי הבתים מעור המעובד לשמה מותר לסמוך על דברי הרמב"ם מלהתבטל ממצות תפילין וכשימצא אח"כ מעור המעובד לשמה יגנוז הבתים אלו ויעשה מעור המעובד לשמה ונחלקו האחרונים אם לע"ע יניחם בברכה או בלא ברכה והברכי יוסף הסכים להמ"א דיוכל לברך ועיין בבה"ל:
Là où c'est possible - Car le Rambam tient qu'on n'exige du tout le tannage du cuir des battim ; au contraire, il est plus fort quand il n'a pas été tanné ; c'est pourquoi est valide même un cuir qui n'est pas du tout tanné, et à plus forte raison n'exige-t-on pas un tannage lichma. La plupart des décisionnaires divergent de lui et exigent le tannage et aussi lichma. Le Choulhan Aroukh a tranché que là où c'est possible, on exige lichma ; mais là où il n'est pas possible de trouver un revêtement des battim d'un cuir tanné lichma, il est permis de s'appuyer sur les paroles du Rambam plutôt que d'être empêché de la mitsva des tefilin. Et quand on en trouvera ensuite d'un cuir tanné lichma, on mettra ces battim-ci au geniza et on en fera d'un cuir tanné lichma. Les Aharonim ont divergé si pour le moment on les mettra avec bénédiction ou sans bénédiction ; le Birké Yossef s'est accordé avec le Magen Avraham qu'on peut bénir ; voir au Béour Halakha.
(קעב) מעור אחד - וחתיכת עור תפורים יחד מצדד המ"א דחשובים כעור אחד וכ"כ בתשובת ח"ס או"ח סימן ה' שיש להקל בתפורות ואם היו רק דבוקות בדבק מחמיר שם אבל בח"א משמע דה"ה אם הם דבוקות בדבק וכן משמע באו"ז וכן נתפשט עתה המנהג במדינותינו ומ"מ לכתחילה ראוי ונכון לעשותו מעור אחד ממש כי יש מחמירין וסוברין דלא מהני בחתיכות תפורות יחד או מדובקות בדבק ועיין בח"א דעכ"פ צריכין שיהיו הד' בתים פרודות זה מזה ולא יהיו מדובקין ולא כמו שעושין הסופרים שמדבקין ע"י דבק רק שלמעלה עושין סימנים כמו חריץ בעלמא דצ"ע אם להכשיר אפילו בדיעבד דממ"נ אם אנו חושבין ע"י דיבוק עור אחד א"כ אין לנו אלא בית אחת ובתוכו ד' מחיצות דפסול ואם אין הדבק עושה עור אחד ויש כאן ד' בתים עם ד' חריצים דהדיבוק כנפרד דמי א"כ התפילין גופייהו נעשו משתי עורות ופסולים ובאמת טוב הוא שאפילו העושין מעור אחד ממש יהיו תפיליהן פרודות דשמא הדיבוק חבור וכן התפילין של הגר"א היו פרודות ועיין בבה"ל:
D'un seul cuir - Des morceaux de cuir cousus ensemble, le Magen Avraham penche qu'ils comptent comme un seul cuir ; ainsi a aussi écrit dans les responsa 'Hatam Sofer Ora'h 'Hayim siman 5, qu'il y a lieu d'être indulgent pour les cousues. S'ils n'étaient que collés à la colle, il y est strict ; mais dans le 'Hayé Adam il appert que de même si elles sont collées à la colle, et ainsi appert dans l'Or Zaroua, et ainsi s'est répandu maintenant l'usage dans nos contrées. Néanmoins a priori il est convenable et bon de le faire d'un seul cuir véritable, car il y en a qui sont stricts et tiennent que ce n'est pas utile avec des morceaux cousus ensemble ou collés à la colle. Voir au 'Hayé Adam : en tout état il faut que les quatre maisons soient séparées l'une de l'autre et ne soient pas collées, et non comme font les scribes qui collent par de la colle, seulement qu'en haut ils font des signes comme un sillon quelconque : cela demande examen s'il faut valider même après coup. De deux côtés : si par le collage nous comptons un seul cuir, dès lors nous n'avons qu'une seule maison et en elle quatre cloisons, ce qui est invalide ; et si la colle ne fait pas un seul cuir et qu'il y a ici quatre maisons avec quatre sillons, le collage étant comme séparé, dès lors les tefilin eux-mêmes ont été faits de deux cuirs et sont invalides. En vérité il est bon que même ceux qui font d'un seul cuir véritable, leurs tefilin soient séparés, de peur que le collage ne soit une jonction ; ainsi les tefilin du Gra étaient séparés ; voir au Béour Halakha.
(קעג) שיהיו מרובעות - ואם לא עשה מרובעות מעכב בדיעבד [הרמב"ם פ"ג מהלכות תפילין עי"ש] ומ"מ אם אין לו תפילין אחרים יניחם לע"ע בלא ברכה וכשיזדמן לו תפילין אחרים יניחם ועיין בבה"ל:
Qu'elles soient carrées - S'il ne les a pas faites carrées, cela empêche après coup [Rambam, chapitre 3 des lois des tefilin, voir là-bas]. Néanmoins, s'il n'a pas d'autres tefilin, il les mettra pour le moment sans bénédiction, et quand il lui en arrivera d'autres, il les mettra ; voir au Béour Halakha.
(קעד) שיהיו ריבוען - של התפירות ונ"ל פשוט דצריך להיות התפירות מרובע בין למעלה ובין למטה ואף דלא ברירא לי לענין דיעבד מ"מ לכתחילה בודאי יש ליזהר בזה:
Que leur carré - Des coutures ; et il me semble simple qu'il faut que les coutures soient carrées tant en haut qu'en bas ; et bien que ce ne soit pas clair pour moi quant à l'après coup, néanmoins a priori certainement il faut y prendre garde.
(קעה) כדי שיהי' וכו' - פי' בריבוע גמור שארכו כרחבו ממש שיערו חכמים כל השיעור שיש לו יש לו באלכסון ב' חומשים נוסף על אותו השיעור וגם כאן צריך שיהיה מרובע ממש אבל אם לא יהיה מרובע ממש לא יהיה באלכסון שלו כשיעור ב' חומשים תוספות אלא שיעור אחר. וע"כ ימדדנו בד' קוים וידע אם הוא מרובע דהיינו תחלה ימדוד קו אחד באורך וקו אחד ברוחב שיהי' שוה אך שמא באמצעו שוה ובצדדיו מתמעט לכן ימדדנו עוד בשני קוים באלכסונו שיהיו שוים ב' קוי האלכסון ג"כ:
Afin qu'il y ait, etc. - C'est-à-dire dans un carré parfait, dont la longueur est exactement comme la largeur : les Sages ont mesuré que toute mesure qu'il a, il a en diagonale deux cinquièmes de plus que cette mesure ; et ici aussi il faut qu'il soit vraiment carré. Mais s'il n'est pas vraiment carré, sa diagonale n'aura pas la mesure de deux cinquièmes d'ajout, seulement une autre mesure. C'est pourquoi on le mesurera en quatre traits et l'on saura s'il est carré : c'est-à-dire d'abord on mesurera un trait en longueur et un trait en largeur, qu'ils soient égaux ; mais peut-être qu'en son milieu il est égal et sur ses côtés il diminue ; c'est pourquoi on le mesurera encore en deux traits en sa diagonale, que les deux traits de la diagonale soient aussi égaux.
(קעו) וצריך לרבע וכו' - וגם זה הוא מהלמ"מ לדעת רוב הפוסקים. וגם זה הוא בריבוע גמור כמו בהתפירה ואף דמרובע ממש במלאכת הבתים דהיינו שיהיה בתכלית הצמצום הוא כמעט מן הנמנע מ"מ כל מה דאפשר לו לאדם לעשות בענין זה בודאי חייב הוא לעשות ועיין בע"ד:
Et il faut carrer, etc. - Et cela aussi est une loi donnée à Moïse au Sinaï selon l'avis de la plupart des décisionnaires. Et cela aussi est dans un carré parfait, comme pour la couture. Bien qu'un carré véritable dans le travail des battim, c'est-à-dire qu'il soit à l'extrême de la précision, soit presque impossible, néanmoins tout ce qu'il est possible à l'homme de faire en cette matière, certainement il est tenu de le faire ; voir au 'Aroukh Hashoul'han.
(קעז) מושבן - והוא התיתורא דהיינו שיחתוך המעברתא מב' צדדיו כדי שיהא ניכר ריבוע התיתורא וכדלקמן בסמ"ד. וצריך להשגיח מאד ע"ז כי כל זה מעכב אפילו בדיעבד וגם יש להשגיח בענין התפירה כי מחמת שהסופרים עושין נקבים גדולים קצת נמשך החוט לצדדין ועי"ז אין התפירות שוות בריבוע זה נכנס וזה יוצא. והתיתורא צריכה להיות מרובע בין מלמעלה ובין מלמטה ועכשיו בעו"ה הרבה שאין משגיחין על תפיליהן שיהיו מרובעין כדין אפילו המדקדקין במצות יש שאין משגיחין כ"א על ראש הבתים שיהיו מרובעין ואין משגיחין על התיתורא ועל התפירות שהוא ג"כ מעיקר הדין והוא דבר הנקל לתקן:
Leur base - Et c'est la titoura : c'est-à-dire qu'on coupera la ma'avarta de ses deux côtés afin que le carré de la titoura soit reconnaissable, comme ci-dessous au seif 44. Il faut fort y veiller, car tout cela empêche même après coup. Il faut aussi veiller en matière de couture, car parce que les scribes font des trous un peu grands, le fil se tire vers les côtés, et par là les coutures ne sont pas égales en carré : celle-ci entre, celle-là sort. La titoura doit être carrée tant d'en haut que d'en bas. Et maintenant, par nos nombreux péchés, beaucoup ne veillent pas à ce que leurs tefilin soient carrés selon la règle, même les minutieux dans les mitsvot : il y en a qui ne veillent qu'à la tête des battim pour qu'ils soient carrés, et ne veillent pas à la titoura et aux coutures, ce qui est aussi de l'essentiel de la règle, et c'est une chose facile à réparer.
(קעח) וגם הבתים - דלא כמו שנוהגין קצת לעשות של יד עגולה בראשו רק שמרבע התיתורא מלמטה אלא בין הש"י ובין הש"ר יהיו מרובעים. והכוונה בהש"ר כשהארבעה בתים יחד יהיו מרובעים ולא כל אחד בפני עצמו. וריבוע הבתים צ"ל בכל משך גובהן וגם הריבוע יהיה ע"י הבתים עצמן ולא ע"י ד"א שמטיח עליהם ועיין לקמן ס"ק קפ"ה:
Et aussi les battim - Et non comme ont coutume quelques-uns de faire celles de la main rondes à leur tête, seulement qu'ils carrent la titoura par en bas ; mais tant celles de la main que celles de la tête seront carrées. L'intention pour celles de la tête est que les quatre maisons ensemble soient carrées, et non chacune à part. Le carré des battim doit être dans toute la durée de leur hauteur, et le carré sera par les battim eux-mêmes, et non par autre chose qu'on enduit sur eux ; voir ci-dessous seif katan 185.
(קעט) נתקלקל ריבוען - כגון שנתעקמו הבתים זה פונה למזרח וזה למערב או שנתקלקל חודי הבתים לגמרי עד שנעשה עגול או שנתקלקל התיתורא או התפירה עד שאבדו ריבוען:
Leur carré s'est gâté - Par exemple si les battim se sont courbés, celui-ci tourné vers l'est et celui-là vers l'ouest, ou si les arêtes des battim se sont entièrement gâtées jusqu'à devenir rondes, ou si la titoura ou la couture s'est gâtée jusqu'à ce qu'elles aient perdu leur carré.
(קפ) יש מי שאומר - אין חולק בזה ודרך המחבר כן בהרבה מקומות וכמש"כ לעיל בס"ק קכ"ג:
Il y en a qui disent - Nul ne diverge en cela, et c'est la manière du Mekhaber en beaucoup d'endroits, comme j'ai écrit ci-dessus au seif katan 123.
(קפא) שצריך לרבען - דכיון דריבוען הוא הלמ"מ בכל שעתא בעינן שיהיו מרובעין ומ"מ אין צריך למודדן בכל יום אם ריבועם קיים שמעמידים אותם על חזקתם אם לא שרואה שנתקלקל ואם נתעקם התיתורא אף שבעצם הוא מרובע רק מחמת התעקמות התיתורא נראית כמו שאינו מרובע יחזור ויתקן:
Qu'il faut les carrer - Car puisque leur carré est une loi donnée à Moïse au Sinaï, à tout moment il nous faut qu'ils soient carrés. Néanmoins on n'a pas besoin de les mesurer chaque jour si leur carré existe : on les maintient dans leur présomption, à moins qu'on ne voie qu'il s'est gâté. Si la titoura s'est courbée, bien qu'en soi elle soit carrée, seulement qu'à cause de la courbure de la titoura elle paraît comme n'étant pas carrée, on reviendra et l'on réparera.
(קפב) ויעשה - ובדיעבד אפילו אחד רחב מחבירו כשר:
Et il fera - Après coup, même si l'une est plus large que l'autre, c'est valide.
(קפג) הבתים - וכ"ש שידקדק שהשי"ן יהיה שחור ולפעמים מחמת רוב יושנו נקלף ממנו השחרות:
Les battim - Et à plus forte raison sera-t-il minutieux que le chin soit noir ; parfois, à cause de sa grande vétusté, le noir s'en pèle.
(קפד) מצוה וכו' - משמע דבדיעבד אינו לעיכובא ויש פוסקים דס"ל דהוא הלמ"מ כמו הרצועות ולעיכובא הוא אפילו בדיעבד ובביאור הגר"א משמע שהוא מצדד כן להלכה וכן בישועות יעקב וכן משמע בא"ר ובשכנה"ג דיש להחמיר אם לא במקום דלא אפשר יש לסמוך אדברי המקילין כדי שלא להתבטל ממצות תפילין:
C'est une mitsva, etc. - Il appert qu'après coup cela n'empêche pas. Il y a des décisionnaires qui tiennent que c'est une loi donnée à Moïse au Sinaï comme les lanières, et que cela empêche même après coup. Dans le Béour HaGra il appert qu'il penche ainsi pour la halakha, de même dans Yechouot Yaakov, et ainsi appert à l'Elia Rabba et au Sdei 'Hemed : il y a lieu d'être strict, à moins qu'en un endroit où ce n'est pas possible on puisse s'appuyer sur les paroles des indulgents afin de ne pas être empêché de la mitsva des tefilin.
(קפה) שחור - והשחרות טוב יותר שיהיה בצבע שחור שאין בו ממש כלל והתפילין יהיו שחורים רק בחזותא בעלמא ומ"מ המשחירין במין גלאנ"ץ שא"א לקלפו אע"פ שיכולין להסיר מן הקלף ע"י פירורין דקין אין להחמיר בדיעבד ועיין במה שכ' בסעיף מ"ח בבה"ל בשם הפמ"ג שדעתו ג"כ דאין להחמיר בזה אכן מה שחדשו סופרי זמנינו שמשחירין בטיחה שיכולין לקלוף בשלימות מכל צד מן התפילין וצורתו כמו נייר שחור זהו פסול [מספר נשמת אדם ושהסכים אתו הגאון בעל בית מאיר דלא כנב"י עי"ש]:
Noir - Et le noir, il est mieux qu'il soit d'une couleur noire qui n'a aucune substance, et que les tefilin ne soient noirs que dans l'apparence seule. Néanmoins, ceux qui noircissent avec une sorte de Glanz qu'on ne peut peler, bien qu'on puisse l'ôter du klaf par de fins émiettements, il n'y a pas lieu d'être strict après coup ; voir ce qu'il a écrit au seif 48 au Béour Halakha au nom du Peri Megadim, dont l'avis est aussi qu'il n'y a pas lieu d'être strict en cela. Toutefois, ce qu'ont innové les scribes de notre temps, qui noircissent par un enduit qu'on peut peler entièrement de tous les côtés des tefilin, et dont la forme est comme un papier noir : cela est invalide [d'après le Séfer Nichmat Adam, et le Gaon auteur du Bet Méïr s'est accordé avec lui, et non comme le Noda Biyouda ; voir là-bas].
(קפו) סי' ל"ג - בס"ד בהג"ה ועי"ש במ"ב דהרמ"א קאזיל לשיטת המחבר הכא דהוא רק מצוה בעלמא ולפי מה שכ' באות קפ"ד יש לעיין בזה:
Siman 33 - Au seif 4 dans la glose, et voir là-bas au Michna Beroura : le Rema va selon l'avis du Mekhaber ici, que ce n'est qu'une mitsva quelconque ; et selon ce qu'il a écrit à la lettre 184, il y a lieu d'examiner cela.
(קפז) והוא שיהיה וכו' - אבל אם אינו ניכר מבחוץ אף שמבפנים יש ד' בתים וכל פרשה ופרשה מונחת בית בפ"ע לא מהני:
Et c'est qu'il soit, etc. - Mais s'il n'est pas reconnaissable au-dehors, bien qu'au-dedans il y ait quatre maisons et que chaque parasha soit posée dans une maison à part, ce n'est pas utile.
(קפח) ניכר החריץ - אבל שריטה או רשימה בעלמא לא מהני כלל כי עכ"פ צריך הבדל מעט בין הבתים שיהיו החריצין ניכרים ממש וכן הח"א מיאן במעשה הסופרים שמדבקין הבתים וטחין את כל הבית בטיח או בגלאנ"ץ רק שעושין רושם בהגלאנ"ץ ומה גם דלכתחלה בעינן שיהי' החריץ מגיע עד למטה ועיין בבה"ל וכ"ש הסופרים שתולין עור על הד' בתים ורושמין בו חריצין בסכין שתהיה נראה כארבעה בתים דפסול דעי"ז נעשה תפילה של יד:
Que le sillon soit reconnaissable - Mais un trait ou une marque quelconque n'est pas du tout utile, car en tout état il faut une petite séparation entre les maisons, que les sillons soient vraiment reconnaissables. De même le 'Hayé Adam a refusé le fait des scribes qui collent les maisons et enduisent toute la maison d'enduit ou de Glanz, seulement qu'ils font une marque dans le Glanz ; et d'autant plus qu'a priori il nous faut que le sillon atteigne jusqu'en bas ; voir au Béour Halakha. Et à plus forte raison les scribes qui suspendent du cuir sur les quatre maisons et y marquent des sillons au couteau afin qu'il paraisse comme quatre maisons : c'est invalide, car par là cela devient des tefilin de la main.
(קפט) אורך ורוחב - ומ"מ נכון לחוש לדברי הגאונים שסוברין שלכתחילה לא יעשה אותן קטנים מאצבעיים על אצבעיים והיינו עם התיתורא ועיין בע"ת שכתב דאם אין מחזיק עם התיתורא רק כאצבע על אצבע אפילו בדיעבד פסול וכן פסק בספר ביאור מרדכי ועיין בספר א"ר שלמד עליהם זכות ומ"מ סיים דכל בעל נפש יזהר לעשות התיתורא רחב ב' אצבעיים ולבד כל אלו מצוי מאוד באלו התפילין הקטנים שפרשיותיהן גרועות עד מאד מצד דחק המקום כאשר בעיני ראיתי הרבה מהם ע"כ השומר נפשו ישמור מהם:
Longueur et largeur - Néanmoins il est convenable de craindre les paroles des Gueonim qui tiennent qu'a priori on ne les fera pas plus petits que deux doigts sur deux doigts, c'est-à-dire avec la titoura. Voir à l'Elyia Touva, qui a écrit que s'il ne tient avec la titoura que comme un doigt sur un doigt, même après coup c'est invalide ; ainsi a aussi tranché le Séfer Béour Mordekhaï. Voir au Séfer Elia Rabba, qui a plaidé en leur faveur, et néanmoins a conclu que tout maître d'âme prendra garde de faire la titoura large de deux doigts. Outre tout cela, il est fort fréquent dans ces petits tefilin que leurs parashiot sont fort médiocres à cause de l'étroit de la place, comme j'en ai vu beaucoup de mes yeux ; c'est pourquoi qui garde son âme s'en gardera.
(קצ) הלכה למשה מסיני - ואם נתקלקל השי"ן ואינו ניכר צריך לתקנו מחדש דומיא דאם נתקלקל ריבוע המבואר בסמוך:
Loi donnée à Moïse au Sinaï - Si le chin s'est gâté et n'est pas reconnaissable, il faut le réparer à nouveau, à l'instar de si le carré s'est gâté, exposé tout près.
(קצא) כמין שי"ן - ומשמע באחרונים דתמונת שיני"ן שלנו שאנו עושין בתפילין די דלא בעינן דוקא כתב סת"מ ממש אלא דוגמא ומנהג סופרים כהיום באיזה מקומות להדר ולעשותן בכתב אשורית ממש:
Comme une sorte de chin - Et il appert des Aharonim que la figure des chin que nous faisons dans les tefilin suffit, et qu'on n'exige pas précisément une écriture de séfer Torah, tefilin et mezouzot véritable, seulement un modèle. L'usage des scribes aujourd'hui en quelques endroits est de rechercher à les faire en écriture achouri véritable.
(קצב) בולטת וכו' - ואם עשה השי"ן בקלף אחר והדביק בדבק על הבית פסול:
Saillante, etc. - S'il a fait le chin d'un autre klaf et l'a collé à la colle sur la maison, c'est invalide.
(קצג) מקמטי העור - דהיינו שמקמט העור במלקט ע"י כפילה שכופל מהעור עד שנעשו סעיפי השי"ן. ולעשותן ע"י דפוס דהיינו שעל הדפוס חקוק שי"ן בולטת ודוחק הדפוס בעור הבית ונעשה תואר שי"ן עיין בט"ז ומ"א דמשמע דלכתחילה טוב למנוע מזה ובכנה"ג בשם תשובת הרמ"ע כתב דזהו יותר הידור וכן המנהג פשוט כהיום לעשותן בדפוס מפני שעי"ז יש לה תואר שי"ן בחוליותיה וזיונה יותר משי"ן המקומטת מהעור:
Des plis du cuir - C'est-à-dire qu'on plisse le cuir à la pince par un pli, qu'on plie du cuir jusqu'à ce que se fassent les branches du chin. Quant à les faire par un moule, c'est-à-dire que sur le moule est gravé un chin saillant et qu'on presse le moule dans le cuir de la maison et qu'il se fait un aspect de chin : voir au Taz et au Magen Avraham, dont il appert qu'a priori il est bon de s'en abstenir ; et au Kenesset Hagedola au nom des responsa du Ram'a (de Fano), il a écrit que c'est un plus grand embellissement, et ainsi l'usage est simple aujourd'hui de les faire au moule, parce que par là il a un aspect de chin dans ses articulations et son éclat plus qu'un chin plissé du cuir.
(קצד) של ימין המניח - ואין חילוק בזה בין איטר לאחר דבתר ימין ושמאל דעלמא אזלינן:
De la droite de celui qui les met - Et il n'y a pas de différence en cela entre un gaucher et un autre : on va selon la droite et la gauche du monde.
(קצה) אינו נפסל - אבל אם עשה בשני הצדדים רק שי"ן של שלשה ראשים או ארבע פסול וכ"ש אם חיסר לגמרי שי"ן אחד:
Il n'est pas invalidé - Mais s'il n'a fait des deux côtés que des chin de trois têtes ou de quatre, c'est invalide ; et à plus forte raison s'il a entièrement omis un chin.
(קצו) של שי"ן - בין דימין ובין דשמאל:
Du chin - Tant de droite que de gauche.
(קצז) יגיע וכו' - דהיינו עד התיתורא ממש ובדיעבד כשר אפילו לא הגיע כל שיש צורת השי"ן עליו:
Il atteindra, etc. - C'est-à-dire jusqu'à la titoura même ; et après coup c'est valide même s'il n'a pas atteint, dès lors que la forme du chin est sur lui.
(קצח) היו"ד שבשי"ן - יש מהגדולים שמחלקין בין שי"ן הימיני להשמאלי שבשמאלי אדרבה ידקדק שלא יגעו היודי"ן בשולי השי"ן למטה אבל המ"א פסק דאין לחלק בין הימיני להשמאלי ובהשמאלי בעינן ששני היודי"ן יהיו נוגעין למטה בשוליה וכ"כ הפמ"ג דכן ראוי לעשות וכ"כ בברכי יוסף בשם מהר"י עי"ש וכ"פ שארי אחרונים עוד כתב הפמ"ג דיראה שיהיה על השיני"ן צורת יודי"ן לא קוין פשוטין בעלמא:
Le youd qui est dans le chin - Il y a parmi les grands qui distinguent entre le chin de droite et celui de gauche : dans celui de gauche, au contraire, on sera minutieux que les youd ne touchent pas le bas du chin en bas. Mais le Magen Avraham a tranché qu'il n'y a pas lieu de distinguer entre celui de droite et celui de gauche, et que dans celui de gauche il nous faut que les deux youd touchent en bas son bas ; ainsi a aussi écrit le Peri Megadim, que ainsi il convient de faire, ainsi au Birké Yossef au nom de Mahari, voir là-bas, et ainsi ont tranché les autres Aharonim. Le Peri Megadim a encore écrit qu'on verra qu'il y ait sur les chin forme de youd, non de simples traits droits.
(קצט) ליגע למטה - דבלא"ה אין שם שי"ן עליו ולעיכובא הוא אפילו בדיעבד ובשי"ן השמאלי אם אחד נוגע ואחד אינו נוגע פסול ועיין בבה"ל:
De toucher en bas - Car autrement le nom de chin n'est pas sur lui, et cela empêche même après coup. Dans le chin de gauche, si l'un touche et l'autre ne touche pas, c'est invalide ; voir au Béour Halakha.
(ר) שגם שולי השי"ן - ר"ל חודיהן של השיני"ן והטעם דצריך שיהא כל השי"ן נראה ולקיים מה דכתיב וראו כל עמי הארץ כי שם ה' נקרא עליך וא"ר אלעזר אלו תפילין שבראש שם ה' נקרא ר"ת שי"ן ובדיעבד אם נכנס מעט לתוך התיתורא עד שאין לו עי"ז תמונת שי"ן כראוי צ"ע ועיין בבה"ל:
Que aussi le bas du chin - C'est-à-dire leurs arêtes des chin. La raison est qu'il faut que tout le chin soit visible, et pour accomplir ce qui est écrit « et tous les peuples de la terre verront que le Nom de ה' est appelé sur toi », et R. Elazar [a dit] : ce sont les tefilin qui sont sur la tête ; le Nom de ה', les initiales chin. Après coup, s'il est un peu entré dans la titoura jusqu'à n'avoir pas par là la figure d'un chin comme il convient, cela demande examen ; voir au Béour Halakha.
(רא) שישים וכו' - ואפילו לדעת הסוברים דהבתים צריכים להיות כולם מעור אחד ממש מ"מ לא בעינן שיהא התיתורא והמעברתא עם הבתים מעור אחד אלא אפילו אם הוא עור בפני עצמו כשר וזהו שכתב המחבר שישים וכו'. ומ"מ אם באפשרי טוב להדר גם בזה לצאת דעת המחמירין בזה ועיין בבה"ל:
Qu'il mette, etc. - Même selon l'avis de ceux qui tiennent que les battim doivent tous être d'un seul cuir véritable, néanmoins on n'exige pas que la titoura et la ma'avarta soient avec les battim d'un seul cuir ; même si c'est un cuir à part, c'est valide ; et c'est ce qu'a écrit le Mekhaber « qu'il mette, etc. ». Néanmoins, si c'est possible, il est bon de rechercher aussi en cela à sortir l'avis des stricts en cela ; voir au Béour Halakha.
(רב) יהא ארוך - ואם נפסקה מותר לתופרה:
Qu'elle soit longue - Si elle s'est rompue, il est permis de la coudre.
(רג) שיהא ניכר - כי גם התיתורא צריכה מדין להיות מרובע וכמו שכתבנו למעלה בסעיף ל"ט:
Qu'il soit reconnaissable - Car la titoura aussi doit en droit être carrée, comme nous l'avons écrit ci-dessus au seif 39.
(רד) מסופה לתחלתה - בעת שנותנה לביתה כמו מזוזה שנגללת מאחד כלפי שמע ולא להיפך מטעם שנתבאר ביו"ד סי' רפ"ח:
De sa fin à son début - Au moment où on la met dans sa maison, comme une mezouza qu'on enroule de l'un vers Chema et non l'inverse, pour la raison exposée en Yoré Déa siman 288.
(רה) וכורכם וכו' - ר"ל לכתחלה אבל אם לא כרכם כשר בדיעבד אם אין לו אחרים ועיין במחצית השקל ובבה"ל:
Et on les entoure, etc. - C'est-à-dire a priori ; mais si on ne les a pas entourées, c'est valide après coup s'il n'en a pas d'autres ; voir au Ma'hatsit Hashekel et au Béour Halakha.
(רו) בקלף קטן - וה"ה בחתיכת בגד אם אין לו קלף [פמ"ג] ועיין בביאור הגר"א:
D'un petit klaf - De même d'un morceau de tissu s'il n'a pas de klaf [Peri Megadim] ; voir au Béour HaGra.
(רז) בקלף כשר - ר"ל אבל לא מבהמה וחיה טמאה אבל במטלית גם לדיעה זו שפיר דמי ועיין בב"י שכתב בטעם הדבר דכיון שהוא מביא קלף צריך להיות דוקא מן המותר לפיך כמו לבתים ולרצועות ובביאור הגר"א מפקפק בדין זה:
D'un klaf valide - C'est-à-dire, mais non d'une bête et d'un animal impurs ; mais d'un chiffon, aussi selon cet avis, cela convient bien. Voir au Bet Yossef, qui a écrit pour raison de la chose que, puisqu'il apporte un klaf, il faut qu'il soit précisément de ce qui est permis à ta bouche, comme pour les battim et les lanières ; et dans le Béour HaGra on met en doute cette règle.
(רח) והלמ"מ - לכן אם לא כרך השיער עליה פסול אף שכרך עליה קלף:
Et la loi donnée à Moïse au Sinaï - C'est pourquoi, si l'on n'a pas entouré le poil sur elle, c'est invalide, même si l'on a entouré sur elle un klaf.
(רט) ונוהגין לכרוך וכו' - כי י"א שיכרוך השער על גוף הפרשה ואח"כ יכרוך הקלף למעלה וי"א להיפך לכך נוהגין לקיים דברי שניהם ועיין בביאור הגר"א שכתב דמדינא אין קפידא איזו קודם:
Et l'on a coutume d'entourer, etc. - Car certains disent qu'on entoure le poil sur le corps de la parasha, puis on entoure le klaf au-dessus ; et certains disent l'inverse ; c'est pourquoi l'on a coutume d'accomplir les paroles des deux. Voir au Béour HaGra, qui a écrit qu'en droit il n'y a pas de difficulté lequel est d'abord.
(רי) של עגל - כדי שיזכור מעשה עגל ולא יחטא וגם כדי לכפר על עון זה וכתב הא"ר דמזה הטעם טוב לעשות כל תיקון תפילין מעור עגל ולאפוקי מאותן שעושין הרצועות מעור תייש:
De veau - Afin qu'il se souvienne du fait du veau et ne pèche pas, et aussi afin d'expier cette faute. L'Elia Rabba a écrit que pour cette raison il est bon de faire toute la réparation des tefilin de cuir de veau, à l'exclusion de ceux qui font les lanières de cuir de bouc.
(ריא) קצת שער - עיין במ"א ועיין בחידושי רע"א שהסכים ששער היוצא יהיה פחות מאורך שעורה:
Un peu de poil - Voir au Magen Avraham, et voir aux 'Hidouchim de R. Aqiva Eiger, qui s'est accordé que le poil qui sort soit moindre que la longueur d'un grain d'orge.
(ריב) חוץ לבתים - י"א שיהיה אצל הבית שמונח בו פרשת קדש וי"א אצל והיה א"ש וטוב שיצא מפרשת והיה א"ש בצד הפונה לפרשת קדש:
Hors des battim - Certains disent que ce soit auprès de la maison où est posée la parasha Qadech, et certains disent auprès de Véhaya im chemoua ; et il est bon qu'il sorte de la parasha Véhaya im chemoua du côté tourné vers la parasha Qadech.
(ריג) זקופה - כדרך קריאתה וכדרך שמעמידין ס"ת בהיכל ובדיעבד אם נתנה שם מושכבת אין לפסול התפילין בשביל זה כ"כ הב"י בשם הר"י בן חביב וכ"כ הב"ח ועיין במ"א ונראה דמ"מ על להבא צריך לתקן דהיינו שיוציאם ויניחם כהלכה:
Droite - Selon la manière de sa lecture et selon la manière dont on dresse un séfer Torah dans le hékal. Après coup, si on l'y a mise couchée, on n'invalidera pas les tefilin pour cela : ainsi a écrit le Bet Yossef au nom de R. Yits'haq ben 'Habib, ainsi le Ba'h ; voir au Magen Avraham. Il semble que néanmoins pour l'avenir il faut réparer, c'est-à-dire les sortir et les poser selon la loi.
(ריד) לצד פה - דאל"ה יעמדו האותיות הפוכות נגד הקורא:
Du côté de la bouche - Sinon les lettres se tiendront inversées face au lecteur.
(רטו) כהלכתן - שהרי מצינו שסדר הנחתן בבתים ג"כ הם מסודרים לפני ימין הקורא אשר הוא עומד נגד המניח שיהיה קורא כסדר מתחלה פ' קדש של ימינו ואח"כ פ' והיה כ"י ושאר הפרשיות כמש"כ בסי' ל"ד ע"כ צריך להיות סוף הגלילה שהוא ראש הפרשה ג"כ מצד ימין נגדו:
Selon leur loi - Car nous trouvons que l'ordre de leur pose dans les maisons aussi est ordonné face à la droite du lecteur qui se tient face à celui qui les met, afin qu'il lise dans l'ordre, d'abord la parasha Qadech de sa droite, puis la parasha Véhaya ki yévia'kha et les autres parashiot, comme il est écrit au siman 34. C'est pourquoi il faut que la fin de l'enroulement, qui est le début de la parasha, soit aussi du côté droit face à lui.
(רטז) אפילו אין וכו' - ר"ל וכ"ש כשיש ריוח בין הפרשיות שיוכל לחתכם וישתייר כדי היקף גויל לכל אחת דשפיר דמי אף דבעת הכתיבה כתבן בקלף אחד וכתבו האחרונים אע"ג דכשאין ריוח ביניהם יהיה מוכרח להניח כל פרשה בביתה שלא בזקיפה אפ"ה כשר כי הזקיפה אינה אלא למצוה [כן מתבאר הפירוש לפי מש"כ הב"י בשם מהרי"א ומהר"י בן חביב וכן הסכים הב"ח ועיין במ"א בשם הד"מ]:
Même s'il n'y a pas, etc. - C'est-à-dire, et à plus forte raison quand il y a un espace entre les parashiot, qu'on puisse les couper et qu'il reste de quoi l'encerclement de gvil pour chacune : cela convient bien, bien qu'au moment de l'écriture on les ait écrites sur un seul klaf. Les Aharonim ont écrit que, bien que s'il n'y a pas d'espace entre elles on soit forcé de poser chaque parasha dans sa maison non dressée, néanmoins c'est valide, car la dressure n'est que pour la mitsva [ainsi s'explique le commentaire selon ce qu'a écrit le Bet Yossef au nom du Maharia et de Mahari ben 'Habib, et ainsi s'est accordé le Ba'h ; voir au Magen Avraham au nom du Darké Moché].
(ריז) או משיחה - ר"ל דכיון שכתב הפרשיות בעור אחד צריך להפסיק בחוט או משיחה או בגיד כמו שאנו נוהגין בין בית לבית כדי לתת היכר שהבתים מובדלים אבל בכתב הפרשיות על ד' עורות א"צ לתת כלום בין בית לבית ויש פוסקים דבכל גווני צריך לתת הבדל בין הבתים וכן יש לנהוג כמו שכתב המחבר לקמן בסעיף נ"א ויעביר חוט וכו' ומ"מ לענין דיעבד כתב הט"ז דאינו מעכב שם שהעיקר כסברא הראשונה:
Ou d'un fil - C'est-à-dire que, puisqu'il a écrit les parashiot sur une seule peau, il faut interrompre par un fil ou une mèche ou un tendon, comme nous avons coutume, entre une maison et l'autre, afin de donner une reconnaissance que les maisons sont séparées. Mais s'il a écrit les parashiot sur quatre peaux, on n'a besoin de rien mettre entre une maison et l'autre. Il y a des décisionnaires qui en tous les cas exigent de mettre une séparation entre les maisons, et ainsi faut-il en user, comme a écrit le Mekhaber ci-dessous au seif 51 : « et il passera un fil, etc. ». Néanmoins, quant à l'après coup, le Taz a écrit que cela n'empêche pas là-bas, car l'essentiel est comme le premier avis.
(ריח) בארבעה בתים - וכ"ש אם הניחם בבית אחד דטפי עדיף:
Dans quatre maisons - Et à plus forte raison s'il les a mises dans une seule maison, c'est encore mieux.
(ריט) והמנהג וכו' - ר"ל אם הניחם בבית אחד אף דבודאי יצא מ"מ לכתחלה מצוה לדבקם. כתבו האחרונים דאף שלכתחלה מצוה לכתוב הד' פרשיות של יד בקלף אחד מ"מ אם כבר כתב בד' קלפים חשוב כדיעבד ומותר להניחם לכתחלה אם מדביקם מקודם ואם נמצא טעות בפרשה רביעית מותר לכותבה בקלף לבד אפילו לכתחלה ולהדביקה דזה הוי כדיעבד:
Et l'usage, etc. - C'est-à-dire que s'il les a mises dans une seule maison, bien qu'il soit certainement quitte, néanmoins a priori c'est une mitsva de les coller. Les Aharonim ont écrit que, bien qu'a priori ce soit une mitsva d'écrire les quatre parashiot de la main sur un seul klaf, néanmoins si on les a déjà écrites sur quatre klafim, cela compte comme après coup, et il est permis de les mettre a priori si on les colle auparavant. S'il se trouve une erreur dans la quatrième parasha, il est permis de l'écrire sur un klaf seul même a priori et de la coller, car cela est comme après coup.
(רכ) דבק כשר - ר"ל מבהמה טהורה. וכתב בפמ"ג דזה רק למצוה אבל לא לעיכובא כיון דהדיבוק אינו מעכב ממילא אין קפידא במה מדבק:
D'une colle valide - C'est-à-dire d'une bête pure. Le Peri Megadim a écrit que cela n'est que pour la mitsva, mais n'empêche pas, puisque le collage n'empêche pas, de soi-même il n'y a pas de difficulté avec quoi l'on colle.
(רכא) או בעור - פי' שעשה עור מתחלה מבהמה טהורה ואח"כ ציפה על אותו עור מבהמה טמאה אפ"ה פסולים ואפילו חתך במקום השיני"ן שהשי"ן נראה [פמ"ג] ועיין בבה"ל:
Ou de cuir - C'est-à-dire qu'il a d'abord fait un cuir d'une bête pure, puis a recouvert sur ce cuir d'une bête impure : néanmoins ils sont invalides ; même s'il a coupé à l'endroit des chin afin que le chin se voie [Peri Megadim] ; voir au Béour Halakha.
(רכב) בגידי בהמה - ולוקחין מהעקב שהם לבנים ואם הם קשים מרככים באבנים עד שיעשו כפשתן וטווין אותם ושוזרין אותם ודעת המ"א בסוף ס"ק ס"ו דבעינן בזה הטוייה לשמה והא"ר ופמ"ג מפקפקין בזה:
De tendons de bête - Et l'on prend du talon, qui sont blancs ; s'ils sont durs, on les amollit aux pierres jusqu'à ce qu'ils deviennent comme du lin, on les file et on les retord. L'avis du Magen Avraham à la fin du seif katan 66 est qu'on exige en cela le filage lichma ; l'Elia Rabba et le Peri Megadim mettent cela en doute.
(רכג) טהורים - אפילו מנבילות וטריפות שלהם:
Purs - Même de leurs nevelot et terefot.
(רכד) בגידי שור - ואם אין לו יקח מגידי בהמה דקה אבל מטמאה אפילו בדיעבד פסול וצ"ע אם מותר לתפור בגיד הנשה [אחרונים]:
De tendons de bœuf - S'il n'en a pas, il prendra de tendons de menu bétail ; mais d'impur, même après coup c'est invalide. Il y a lieu d'examiner s'il est permis de coudre du tendon de la hanche [Aharonim].
(רכה) דחיישינן וכו' - ודוקא כשהוא הולך לבתי הנכרים לקנות מהם גידין וגם ידוע לו שמקצת מן הנכרים הנוטלין הגידין מבהמה טמאה לכן אע"פ שהרוב נוטלין מטהורה כיון שהוא הולך אצל נכרי בשעה שהם קבועין בבתיהם אין הולכין אחר הרוב שכל קבוע כמחצה על מחצה דמי אבל אם העו"ג הביא לשוק מותר לקנות ממנו שכיון שפירש מקביעותו אמרינן כל דפריש מרובא פריש אם לא שמוכרין שם בשוק בחנויות אז חוזרין לקביעותן וכן אם אין ידוע שמקצתן נוטלין אותן מבהמה טמאה ג"כ מותר לקנות מהם בכל ענין שרוב גידין הם מבהמות טהורות אך כ"ז בגידין שאינן טויין אבל בגידין טויין דעת המ"א דאסור לקנות מהם אפילו הוא יודע שהם מבהמה טהורה שכיון שהוא הלמ"מ צריך שתהיה עשייתן לשמה וטויית הגידין זו היא עשייתן ונכרים לאו בני לשמה נינהו וכבר כתבנו דהא"ר ופמ"ג מפקפקים אי בעי כלל בזה טוייה לשמה:
Car nous craignons, etc. - Et précisément quand il va aux maisons des non-Juifs pour leur acheter des tendons, et qu'il lui est aussi connu que quelques-uns des non-Juifs prennent les tendons d'une bête impure : c'est pourquoi, bien que la majorité les prennent d'une pure, puisqu'il va chez le non-Juif au moment où ils sont fixés dans leurs maisons, on ne va pas selon la majorité, car tout fixe est comme moitié contre moitié. Mais si le non-Juif a apporté au marché, il est permis d'acheter de lui, car puisqu'il s'est séparé de sa fixité, on dit : tout ce qui s'est séparé s'est séparé de la majorité ; à moins qu'on ne vende là au marché dans des boutiques, alors ils reviennent à leur fixité. De même, s'il n'est pas connu que quelques-uns les prennent d'une bête impure, il est aussi permis d'acheter d'eux en tous les cas, car la majorité des tendons sont de bêtes pures. Mais tout cela pour des tendons qui ne sont pas filés ; pour des tendons filés, l'avis du Magen Avraham est qu'il est interdit d'acheter d'eux même s'il sait qu'ils sont d'une bête pure, car puisque c'est une loi donnée à Moïse au Sinaï, il faut que leur facture soit lichma, et le filage des tendons, c'est leur facture, et les non-Juifs ne sont pas sujets du lichma. Nous avons déjà écrit que l'Elia Rabba et le Peri Megadim doutent si l'on exige du tout en cela un filage lichma.
(רכו) בטאליאדור"ש - הם חוטין הנעשים מן הקלף ובמקום הדחק ס"ל כיון דמינו הוא הם כגידין עצמן וכשרים לתפור בהם סת"ם:
De taliadores - Ce sont des fils faits du klaf ; et en temps de nécessité, il tient que, puisqu'ils sont de son espèce, ils sont comme les tendons eux-mêmes et valides pour coudre les séfarim Torah, tefilin et mezouzot.
(רכז) עד שיזדמנו - כדי שלא להתבטל ממצות תפילין וכשיזדמן לו גידים יתירם ויתפור בגידים ויש מאחרונים שחוששין שלא לצאת בהם אפילו בשעת הדחק שהרי הלמ"מ הוא גידין והטאליאדור"ש עור הוא שהוא הקלף ועור לתפירה לא שמענו ולפי"ז אם אין לו גידים אחרים עכ"פ לא יברך עליהם וכן בני מעיים דקים ויבשים כמין חוטים של גידים אין לתפור בהם דהלמ"מ הוא דוקא גידים עוד כתבו שאין לתפור בגידי עוף טהור כי מי יכריע איזה מהם קרוי גידין ואיזה מהם חוטין ואיזה מהם וורידין ואנן גידין בעינן:
Jusqu'à ce qu'il s'en présente - Afin de ne pas être empêché de la mitsva des tefilin ; et quand des tendons se présenteront, on les détachera et l'on coudra de tendons. Il y a parmi les Aharonim qui craignent de ne pas en sortir même en temps de nécessité, car la loi donnée à Moïse au Sinaï est des tendons, et les taliadores sont du cuir, qui est le klaf, et du cuir pour la couture nous n'avons pas entendu. Selon cela, s'il n'a pas d'autres tendons, en tout état on ne bénira pas sur eux. De même des boyaux fins et secs comme des fils de tendons, on n'y coudra pas, car la loi donnée à Moïse au Sinaï est précisément des tendons. Ils ont encore écrit qu'on ne coudra pas de tendons d'oiseau pur, car qui tranchera lesquels d'entre eux s'appellent tendons, lesquels fils, et lesquels veines, et nous, des tendons nous exigons.
(רכח) בכל צד - טעם לי"ב תפירות נגד י"ב שבטי ישראל ולא בעינן תפירה תוך הבית רק סמוך להבית ואין תופרין כתופר בגדים בשפת הבגד בלי שיור אלא משייר מן התיתורא חוץ להתפירה וצריך שעור הבתים מלמטה לפיו יהיו יוצאים מכל ארבע רוחותיהם עד שיהיו מגיעים תחת נקבי התפירה כדי שיתפור עור הבתים מכל צד עם התיתורא ולא כהסופרים המקצרין עור של הבתים שאינו עובר הלאה תחת נקבי התפירה ואינה נתפרת כלל עם התיתורא רק שמהדקין הבית בתוך הארובה של התיתורא והברוך שאמר כתב שפסל כמה תפילין מחמת זה אלא צריך לתפור יחד העור של הבתים עם התיתורא:
De chaque côté - La raison des douze coutures : contre les douze tribus d'Israël. On n'exige pas une couture à l'intérieur de la maison, seulement près de la maison ; et l'on ne coud pas comme qui coud des vêtements, au bord du vêtement sans reste, seulement on laisse de la titoura hors de la couture. Il faut que le cuir des battim, d'en bas vers sa bouche, sorte de ses quatre côtés jusqu'à atteindre sous les trous de la couture, afin de coudre le cuir des battim de chaque côté avec la titoura, et non comme les scribes qui raccourcissent le cuir des battim, qui ne passe pas plus loin sous les trous de la couture et n'est pas du tout cousu avec la titoura, seulement qu'ils serrent la maison dans l'ouverture de la titoura. Le Baroukh Cheamar a écrit qu'il a invalidé plusieurs tefilin pour cela ; il faut coudre ensemble le cuir des battim avec la titoura.
(רכט) משתי רוחות - ר"ל שכל התפירה יהא מסובבת משני צדדין פנים ואחור נמצא תופר בב' מחטין אחת יוצאת לאחור ואחת נכנסת לצד פנים:
De deux directions - C'est-à-dire que toute la couture soit entourée de deux côtés, face et dos ; on se trouve coudre de deux aiguilles, l'une sortant en arrière et l'une entrant du côté face.
(רל) מיהו אם וכו' - וכן אם לא העביר חוט התפירה אינו מעכב בדיעבד ועיין לעיל בס"ק רי"ז:
Toutefois si, etc. - De même si l'on n'a pas passé le fil de la couture, cela n'empêche pas après coup ; voir ci-dessus au seif katan 217.
(רלא) בחוט אחד - ואם נפסק י"א דיכול לקושרו וי"א דיטלנו כולו משם ויחזור ויתפור מחדש בחוט אחר שכיון שנפסק בשעת התפירה ניכר שהחוט קלוש ועומד ליפסק ואינו כלום אבל כשהחוט קצר מתחלתו ואינו נפסק לכו"ע יכול לקשור לו חוט אחר לגמור התפירה וכתב הפמ"ג דאם אין לו גידין אחרים יש לסמוך על סברא הראשונה ולקשור חוט שנפסק וכ"ז אם נפסק באמצע התפירה אבל אם נפסק אחר התפירה עיין לקמן סימן ל"ג ס"ב:
D'un seul fil - S'il s'est rompu, certains disent qu'on peut le nouer, et certains disent qu'on l'ôtera tout entier de là et qu'on reviendra coudre à nouveau d'un autre fil, car puisqu'il s'est rompu au moment de la couture, il est reconnaissable que le fil est mince et prêt à se rompre, et ce n'est rien. Mais quand le fil est court dès son début et ne se rompt pas, de l'avis de tous on peut lui nouer un autre fil pour achever la couture. Le Peri Megadim a écrit que s'il n'a pas d'autres tendons, on peut s'appuyer sur le premier avis et nouer le fil qui s'est rompu. Tout cela si c'est rompu au milieu de la couture ; mais si c'est rompu après la couture, voir ci-dessous siman 33 seif 2.
(רלב) ויעשה קשר - וקשר של תפילין הוא הלכה למשה מסיני ונראה שצריך לעשותו לשמה ולא יעשהו קטן [פמ"ג]:
Et il fera un nœud - Et le nœud des tefilin est une loi donnée à Moïse au Sinaï ; et il semble qu'il faut le faire lichma, et qu'on ne le fera pas petit [Peri Megadim].
(רלג) כמין ד' - ויש שעושין קשר כמ"ם סתומה שנראה כשני דלתי"ן משני צדדין רגלו של זה בצד ראשו של זה ועיין בספר תפארת אריה שהביא בשם תשובה מאהבה והסכים עמו לדינא דאלו העושים קשר של דלי"ת מכוון יותר לדינא. גם לא יעשה קשר העשוי להשמט אנה ואנה כמו שביארתי בבה"ל. כתב א"ר מעשה באחד שראה אחר חליצת התפילין שהותר הקשר ש"י והוריתי לחזור ולהניחן ולקרות ק"ש בלי ברכה דהא מצות תפלין כל היום עכ"ל וטעמו דלשיטת רש"י דס"ל דהיו"ד הוא הלמ"מ לא יצא עדיין ידי המצוה:
Comme une sorte de dalet - Et certains font un nœud comme un mem fermé, qui paraît comme deux dalet de deux côtés, la jambe de celui-ci à côté de la tête de celui-là. Voir au Séfer Tiféret Aryé, qui a apporté au nom de Techouva Méahava et s'est accordé avec lui en droit : ceux qui font un nœud de dalet sont plus dirigés vers le droit. Aussi ne fera-t-on pas un nœud fait pour glisser çà et là, comme j'ai expliqué au Béour Halakha. L'Elia Rabba a écrit : un fait, quelqu'un vit après le retrait des tefilin que le nœud de celles de la main s'était dénoué, et j'ai prescrit de revenir les mettre et de lire le Chema sans bénédiction, car la mitsva des tefilin est tout le jour. Fin de ses paroles. Sa raison est que selon l'avis de Rachi, qui tient que le youd est une loi donnée à Moïse au Sinaï, il n'est pas encore quitte de la mitsva.
(רלד) להעביר - הטעם לפי שהתפילין ש"י משימין אותם תחת הבגדים ומתנדנדים ונפסדים ומתקלקלין לכך נהגו להעביר רצועה זו עליהן לחזקן ועכשיו באלו הארצות לא נהגו בזה [א"ר ע"ש]:
De faire passer - La raison est que les tefilin de la main, on les met sous les vêtements, et elles se balancent, se détériorent et se gâtent ; c'est pourquoi l'on a coutume de faire passer cette lanière sur elles pour les fortifier. Et maintenant, dans ces contrées, on n'en a pas coutume [Elia Rabba, voir là-bas].
(רלה) אלא לאחר וכו' - ר"ל כן נכון לכתחלה ואי איתרמי שהותר הקשר ש"ר א"צ רק לתקנו ולא להתיר הש"י:
Seulement après, etc. - C'est-à-dire qu'ainsi il convient a priori ; et s'il est arrivé que le nœud de celles de la tête se soit dénoué, on n'a besoin que de le réparer, et non de dénouer celles de la main.