Ordre Rachi / Rambam contre Rabbenou Tam ; deux paires, berakhot et intention ; pas de bal tossif ; poches distinctes ; échange de courroies et de maisons interdit une fois consacrées.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) סדר הנחתן - דע דלכו"ע אם החליף איזה פרשה שנתנה שלא בביתה המיוחד לה פסולין אף דיש ד' פרשיות בד' בתים וכ"ש אם נתן שתי פרשיות בבית אחד:
L’ordre de leur placement — sache que, selon tous les avis, si l’on a interverti une parasha, en la mettant dans une maison qui n’est pas la sienne, elles sont invalides, même s’il y a quatre parashiot dans quatre maisons ; et à plus forte raison si l’on a mis deux parashiot dans une seule maison.
(ב) המניח - ואפילו אם המניח הוא איטר אזלינן בתר ימין ושמאל דעלמא:
Celui qui les pose — et même si celui qui les pose est gaucher, on suit la droite et la gauche du monde.
(ג) ולר"ת - כתבו הפוסקים דגם ר"ת מודה דבעינן כתיבתן כסדר שהם כתובין בתורה שהוא קדש והיה כי יביאך שמע והיה אם שמוע אלא דפליג ארש"י לענין הנחתן בבתים וע"כ הרוצה לכתוב תפילין לדעת ר"ת יכתוב בשל יד שהם בקלף אחד קדש והיה כי יביאך ויניח חלק והיה אם שמוע ויכתוב שמע ואח"כ יכתוב והיה אם שמוע ובש"ר יכתבם בארבע קלפים כסדר ממש ויסדרם בבתים. קדש. והיה כי. והיה אם. שמע. ולענין דיני פתוחות וסתומות בהתפילין איך להתנהג לדעתו כבר ביארנו לעיל בע"ה בסימן ל"ב עי"ש:
Et selon Rabbenou Tam — les décisionnaires ont écrit que Rabbenou Tam aussi convient qu’il faut les écrire dans l’ordre où elles sont écrites dans la Torah, soit Qadech, Véhaya ki yévia’kha, Chema, Véhaya im chamoa ; mais il diverge de Rachi quant à leur placement dans les maisons. Dès lors, qui veut écrire des tefilin selon l’avis de Rabbenou Tam écrira, pour celles de la main qui sont sur un seul parchemin : Qadech et Véhaya ki yévia’kha, laissera un blanc (Véhaya im chamoa) et écrira Chema, puis ensuite il écrira Véhaya im chamoa ; et pour celles de la tête, il les écrira sur quatre parchemins dans l’ordre exact et les disposera dans les maisons : Qadech, Véhaya ki, Véhaya im, Chema. Quant aux règles des ouvertes et des fermées dans les tefilin selon son avis, nous l’avons déjà exposé plus haut, avec l’aide de ה', au siman 32 ; voir là-bas.
(ד) כרש"י והרמב"ם - וכתב בב"י ושאר אחרונים דכן עיקר וכן הסכים הגר"א בביאורו:
Comme Rachi et le Rambam — et le Bet Yossef et d’autres Aharonim ont écrit que c’est l’essentiel ; le Gra aussi en a convenu dans son commentaire.
(ה) ויניח וכו' - והנוהג כן להניח ב' זוגות תפילין יניח של רש"י למטה לצד הפנים ושל ר"ת למעלה. וכ"כ האר"י ז"ל שיכניס תחלה של רש"י ויעמידם לצד הכתף ואחריהם של ר"ת לצד היד ושניהם על הקיבורת ויניח בראשו של רש"י למטה ושל ר"ת יותר למעלה ושניהם במקום הראוי לתפילין והרצועות דר"ת יהיה מכוסה תחת רצועות דרש"י שלא יתגלו רק רצועות דרש"י ותפילין דר"ת יהיו קטנים מתפילין דרש"י עיין ספר הכוונת תפילין פרק י' י"ב. מי שמניח תפילין של יד של דעת ר"ת ותש"ר כדעת רש"י והרמב"ם אם יוצא ידי חובתו פסק שבות יעקב ח"א סי' ב' דאינו יוצא אליבא דכו"ע אבל בשעת הדחק מותר להניחם כך דהא בשעת הדחק יוצא אם מניח אחת לבד ומ"מ לא יברך רק על אותו שנכתבה ע"פ מנהגינו כדעת רש"י והרמב"ם ואם של ראש נכתבה ע"פ דעת רש"י יש להניח של ראש תחילה וכשחולץ חולץ של יד תחלה עי"ש:
Et il posera, etc. — celui qui a l’usage de poser deux paires de tefilin posera celles de Rachi en bas, vers l’intérieur, et celles de Rabbenou Tam en haut. Ainsi a aussi écrit le Ari zal : qu’on introduise d’abord celles de Rachi et qu’on les place vers l’épaule, puis celles de Rabbenou Tam vers la main, les deux sur le muscle du bras ; et sur la tête, celles de Rachi en bas et celles de Rabbenou Tam plus haut, les deux à l’endroit propre aux tefilin. Les courroies de Rabbenou Tam seront couvertes sous les courroies de Rachi, de sorte que seules les courroies de Rachi apparaissent ; et les tefilin de Rabbenou Tam seront plus petits que ceux de Rachi. Voir Sefer HaKavanot, Tefilin, chapitres 10 et 12. Celui qui pose des tefilin de la main selon l’avis de Rabbenou Tam et des tefilin de la tête selon l’avis de Rachi et du Rambam : s’il s’acquitte de son obligation, le Chevout Yaakov I, siman 2, a tranché qu’il ne s’acquitte selon aucun avis ; mais en cas d’urgence il est permis de les poser ainsi, car en cas d’urgence on s’acquitte en n’en posant qu’une paire. Néanmoins, on ne récitera de berakha que sur celles écrites selon notre usage, l’avis de Rachi et du Rambam. Si celles de la tête ont été écrites selon l’avis de Rachi, on posera d’abord celles de la tête, et quand on les retire on retirera d’abord celles de la main ; voir là-bas.
(ו) שניהם - יחד על היד ויברך ויהדקם בבת אחת וה"ה בשל ראש כדי שתהיה הנחת שתיהם סמוך להברכה:
Les deux — ensemble sur la main, on récitera la berakha et on les serrera d’un seul coup ; de même pour celles de la tête, afin que la pose des deux soit proche de la berakha.
(ז) באותם שהם וכו' - דלא יוכל לכוין בשתיהם בעת ההידוק שמהדקן יחד לשם תפילין דהרי אחד מהם אינו תפילין וי"א עוד דיש בזה משום בל תוסיף עכ"פ מדרבנן:
Sur celles qui sont, etc. — car on ne pourra pas avoir l’intention, pour les deux à la fois, au moment du serrage où on les serre ensemble « au nom des tefilin », puisque l’une d’elles n’est pas des tefilin. Certains disent encore qu’il y a en cela un « tu n’ajouteras pas », du moins de par les Sages.
(ח) בעלמא - שהרי ממ"נ אחד מהם פסול וכנ"ל בס"ק א' ודוקא בזה אינו עובר על בל תוסיף שיש בזה שתים למעליותא א' שאחד מהם הוא פסול ב' שכל אחד עומד בפ"ע אבל אם הניח ב' זוגות תפילין כשרים או שהתפילין של ראש עשה של ה' בתים בין שעשהו מתחלה של ה' או שעשהו של ד' וחיבר לו אח"כ עוד בית אחד עבר בזה על הלאו דבל תוסיף ועיין בביאור הגר"א שמשמע מדבריו דאפילו אם הבית החמישי לא חיבר אותו לגמרי עם הד' בתים רק בקשירה בעלמא אפ"ה פסל להתפילין עי"ז וממילא עבר הלאו דבל תוסיף:
En soi — car de toute façon l’une d’elles est invalide, comme ci-dessus au seif katan 1. Uniquement en ce cas on ne transgresse pas « tu n’ajouteras pas », car il y a ici deux points favorables : 1) l’une d’elles est invalide ; 2) chacune se tient à part. Mais si l’on a posé deux paires de tefilin valides, ou si l’on a fait les tefilin de la tête à cinq maisons — qu’on les ait faits dès l’abord à cinq, ou à quatre puis qu’on y ait joint ensuite encore une maison —, on a transgressé l’interdit de « tu n’ajouteras pas ». Voir le commentaire du Gra, d’où il ressort que même si la cinquième maison n’a pas été entièrement jointe aux quatre, mais seulement par un simple lien, cela invalide néanmoins les tefilin, et dès lors on a transgressé l’interdit de « tu n’ajouteras pas ».
(ט) שניהם יחד - פי' כשיהדק שניהם בבת אחת לא יוכל לכוין המקום שיהיה כל אחד מונח על מקומו כדין ע"כ צריך לקשרם עכ"פ תיכף זה אחר זה בלי הפסק ויהיה מועיל הברכה שבירך מתחלה גם על תפילין השניים וזהו מה שכתב המחבר בסמוך ויניח האחרים על סמך וכו' דהיינו שיניח הזוג השני אצל הזוג הראשון וכנ"ל אך שלא בהנחה אחת:
Les deux ensemble — c’est-à-dire que si l’on serre les deux d’un seul coup, on ne pourra pas viser l’endroit pour que chacune repose à sa place selon la règle ; dès lors, il faut au moins les lier l’une après l’autre sans interruption, et la berakha récitée d’abord vaudra aussi pour les seconds tefilin. C’est ce qu’a écrit le Mé’haber juste après : « et il posera les autres en s’appuyant, etc. », c’est-à-dire qu’il posera la seconde paire auprès de la première, comme ci-dessus, mais non en une seule pose.
(י) יניח - כדברי האחד של יד ושל ראש ויניח האחרים על סמך ברכה ראשונה ואם לא יוכל וכו' כצ"ל ולא גרסינן ויסלקם מיד:
Il posera — selon l’un, celles de la main et celles de la tête, et il posera les autres en s’appuyant sur la première berakha. Et s’il ne peut, etc., ainsi faut-il lire, et l’on ne lit pas « et il les ôtera aussitôt ».
(יא) כדברי האחד - המחבר סתם דבריו ולפי הכרעת האחרונים טוב יותר שיסמוך הברכה להתפילין דרש"י:
Selon l’un — le Mé’haber a laissé ses paroles générales ; selon la décision des Aharonim, il est mieux de rattacher la berakha aux tefilin de Rachi.
(יב) של יד ושל ראש - להמחבר בברכה אחת ולפי מנהגינו בב' ברכות וכנ"ל בסימן כ"ה ואח"כ יניח אצלם זוג שניה. ואע"פ שמפסיק ביניהם בהנחת הש"ר של הזוג הראשון וגם בהברכה שמברך עליה לפי מנהגינו אפ"ה ש"ד דהשני ברכות על תרווייהו קאי אבל לא יוכל להניח מתחלה השתים של יד משתי הזוגות ואח"כ השתים של ראש דנמצא מפסיק בין הש"י להש"ר בהנחת השניים:
De la main et de la tête — selon le Mé’haber, avec une seule berakha, et selon notre usage avec deux berakhot, comme plus haut au siman 25 ; puis on posera auprès d’eux la seconde paire. Bien qu’on interrompe entre eux par la pose des tefilin de la tête de la première paire et aussi par la berakha qu’on récite sur eux selon notre usage, cela n’empêche pas, car les deux berakhot portent sur les uns et les autres. Mais on ne pourra pas poser d’abord les deux de la main des deux paires, puis les deux de la tête, car on interromprait alors entre les tefilin de la main et ceux de la tête par la pose des seconds.
(יג) לא יוכל - פי' אפילו בזה אחר זה לא יוכל להניח בב"א כגון שיש לו מכה ואין לו מקום לשתיהן או שמתבייש מפני הבריות המלעיגין עליו יניח של רש"י ויברך עליהם וכו' דהם העיקר לדינא ושל ר"ת יניח אחר התפלה כדי לצאת לד"ה ועיין בביאור הלכה שהוכחנו דמאוד צריך להזהר שלא יכוין בהנחתם רק משום ספקא ולא בסתמא לשם מצוה:
Il ne peut — c’est-à-dire que même l’un après l’autre, il ne peut les poser ensemble, par exemple s’il a une plaie et n’a pas de place pour les deux, ou s’il a honte devant les gens qui se moquent de lui : il posera celles de Rachi et récitera la berakha sur elles, etc., car elles sont l’essentiel pour la halakha ; et celles de Rabbenou Tam, il les posera après la tefila afin de s’acquitter selon tous les avis. Voir au Biour Halakha, où nous avons démontré qu’il faut grandement prendre garde de n’avoir d’intention, en les posant, qu’en raison du doute, et non simplement au nom de la mitsva.
(יד) ואחר התפלה - היינו כדין המבואר לעיל בסימן כ"ה סי"ג ולא כאלו החולצין תפילין דרש"י ומניחין דר"ת תיכף לאחר קדושה של י"ח ובאמת מלבד שעושין שלא כדין המבואר לעיל בסימן כ"ה סי"ג גם צריך לכוין בתפלת י"ח להש"ץ לא לעסוק בדבר אחר [פמ"ג]:
Et après la tefila — c’est-à-dire selon la règle exposée plus haut au siman 25 seif 13, et non comme ceux qui ôtent les tefilin de Rachi et posent ceux de Rabbenou Tam aussitôt après la Qedoucha de la Amida. En vérité, outre qu’ils n’agissent pas selon la règle exposée plus haut au siman 25 seif 13, il faut aussi, pendant la Amida, diriger son attention vers l’officiant et non s’occuper d’autre chose [Pri Megadim].
(טו) שמע והיה א"ש - אבל א"צ פ' ציצית כי חששא דשמא העיד עדות שקר כבר תיקן בב' פרשיות ועיין בפמ"ג דמשמע מיניה דכן יש לנהוג המניח תפילין דר"ת שיניחנו רק לאחר שסילק דרש"י. ופשוט דמי שלובש כל היום תפילין שנכון יותר שילבוש תפילין דרש"י:
Chema et Véhaya im chamoa — mais on n’a pas besoin de la parasha de tsitsit, car la crainte qu’on ait peut-être témoigné un faux témoignage est déjà réparée par deux parashiot. Voir le Pri Megadim, d’où il ressort que tel doit être l’usage de celui qui pose les tefilin de Rabbenou Tam : ne les poser qu’après avoir ôté ceux de Rachi. Et il est évident que celui qui porte les tefilin toute la journée fera mieux de porter les tefilin de Rachi.
(טז) כן - היינו אפילו אם ירצה להניחם רק אחר התפלה וכתב הבה"ט באיש אחד שהיה נוהג להניח תפילין דר"ת לאחר התפלה בפרהסיא בפני הקהל אי מחזי כיוהרא פסק בתשובת מהר"ש הלוי דמחזי כיוהרא וצריך שיבטל מנהגו וכ"כ בתשו' שבות יעקב ח"ב סימן מ"ד שאפילו אם מקצת עושין יש בו משום יוהרא ואם מניחן בפני אדם גדול שאין נוהג להניחן כ"א בקרב ביתו ודאי מחזי כיוהרא ע"ש:
Ainsi — c’est-à-dire même s’il ne veut les poser qu’après la tefila. Le Beer Hetev a écrit, au sujet d’un homme qui avait l’usage de poser les tefilin de Rabbenou Tam après la tefila en public devant la communauté, si cela a l’apparence de l’ostentation : le responsum Maharash HaLevi a tranché que cela a l’apparence de l’ostentation et qu’il doit abolir son usage. De même le responsum Chevout Yaakov II, siman 44 : même si quelques-uns le font, il y a en cela de l’ostentation ; et si on les pose devant un homme important qui n’a pas l’usage de les poser sinon dans l’intimité de sa maison, cela a certainement l’apparence de l’ostentation ; voir là-bas.
(יז) בחסידות - שכיון שהעולם נוהגין כרש"י נראה כיוהרא מי שחושש להחמיר ע"ע בזה אם אינו מוחזק שמחמיר ע"ע ג"כ בשאר דברים:
Par piété — car puisque le monde a l’usage de suivre Rachi, cela paraît de l’ostentation que de s’imposer cette rigueur, si l’on n’est pas réputé s’imposer aussi des rigueurs en d’autres choses.
(יח) לא יניח - ומיירי שהוזמן הכיס תחלה רק לדעת אחד מהם אבל אם נעשה מתחלה להניח בו שניהם שרי:
Il ne posera pas — et l’on parle du cas où l’étui a d’abord été destiné seulement à l’un des deux avis ; mais s’il a été fait dès l’abord pour y mettre les deux, c’est permis.
(יט) בכיס אחד - של תפילין כדמסיים אבל בתיק הטלית מותר להניח שניהם אפילו הם בלא תיק דהרי התיק מיוחד גם לדבר חול דהוא הטלית:
Dans un même étui — de tefilin, comme il poursuit. Mais dans l’étui du talit, il est permis d’y mettre les deux, même s’ils sont sans étui, car cet étui est aussi destiné à une chose profane, le talit.
(כ) הוא חול - וממילא דאסור להחליף הכיסים וכ"ש הבתים והרצועות והפרשיות משל רש"י לר"ת או איפכא. ואם לא הניחם אדם מעולם עליו לשם מצות תפילין יוכל להחליפם ואם הניחן אדם עליו אפילו פ"א לשם מצות תפילין והיו מסודרין ע"פ דעת אחד מהם ר"ת או רש"י אסור להחליפן שוב אח"כ ואפילו אם התנה עליהן מעיקרא להחליפן כשירצה לא מהני דמקודש לחול לא מהני תנאי (אחרונים). כ' הפ"מ דאם מצא רצועות ואינו יודע אם הם של רש"י או של ר"ת יוכל להניחם לפרשיות של רש"י דרובא מניחין של רש"י ואנן סבירא לן ג"כ דרש"י עיקר ומעלין בקודש. ועיין בבאר היטב ובביאור הלכה. ויש מן האחרונים שמקילין יותר דלדידן דסוברין דרש"י עיקר וכנ"ל יוכל להחליף וליטול רצועה משל ר"ת לרש"י כשאין לו אחרת אבל משל רש"י לר"ת אסור ליטול בכל גווני. ואם נזדמן שהוציא כיס של ר"ת תחלה יעבירם כי לדידן רש"י עיקר ולא הוי בזה אין מעבירין על המצות ואעפ"כ לכתחלה יזהר שלא יבוא לכך. בחוה"מ אין להניח של ר"ת. ובט"ב למנחה יניחם הרוצה:
C’est profane — et dès lors il est interdit d’échanger les étuis, et à plus forte raison les maisons, les courroies et les parashiot, de celles de Rachi à celles de Rabbenou Tam ou inversement. Si personne ne les a jamais posés sur soi au nom de la mitsva des tefilin, on peut les échanger. Si quelqu’un les a posés sur soi ne fût-ce qu’une fois au nom de la mitsva des tefilin, et qu’ils étaient disposés selon l’un des avis, Rabbenou Tam ou Rachi, il est interdit de les échanger ensuite ; et même si l’on a stipulé dès l’abord de les échanger quand on voudra, cela n’aide pas, car d’une chose consacrée à une chose profane une condition n’est pas efficace (Aharonim). Le Pri Megadim a écrit que si l’on a trouvé des courroies et que l’on ne sait si elles sont de Rachi ou de Rabbenou Tam, on peut les mettre aux parashiot de Rachi, car la majorité pose celles de Rachi, et nous tenons aussi que Rachi est l’essentiel, et l’on élève dans le sacré. Voir le Beer Hetev et le Biour Halakha. Certains Aharonim sont plus indulgents : pour nous qui tenons que Rachi est l’essentiel, comme ci-dessus, on peut échanger et prendre une courroie de Rabbenou Tam pour Rachi quand on n’en a pas d’autre ; mais de Rachi à Rabbenou Tam, il est interdit de prendre en tout cas. Si l’on s’est trouvé avoir sorti d’abord l’étui de Rabbenou Tam, on les passera, car pour nous Rachi est l’essentiel, et ce n’est pas « on ne passe pas outre les mitsvot » ; néanmoins a priori (lekhathila) on prendra garde de ne pas en arriver là. Pendant Hol Hamoed, on ne posera pas celles de Rabbenou Tam. Le 9 Av, à minha, celui qui le veut les posera.