משנה ברורה

Michna Beroura — siman 39

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Qui est apte à écrire des tefilin et auprès de qui les acheter
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Inaptes à l'écriture (femme, mineur, païen, apostat, délateur), statut de l'apikoros et des tefilin trouvés chez un non-juif, achat chez l'expert, contrôle des parchemins et périodicité de la vérification.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETQui est apte à écrire des tefilin et auprès de qui les acheter
À FAIREAcheter chez l’expert
Pas chez qui n’est pas expert, même si l’acheteur veut examiner : peine de défaire la couture et de recoudre. Sofer attitré du public = expert. Mezouza et parachas des tefilin : même non de l’expert, à condition d’examiner ensuite.
À FAIREExaminer les lettres
Manquantes, surnuméraires, forme selon la loi (siman 36 seif 1). On ne craint pas le tannage non pour le Nom : tous sont experts en cela.
À FAIRERacheter au païen à un peu plus que la valeur
Jusqu’à un demi-dinar pour des tefilin, à proportion pour un sefer Torah — même invalides, afin de les mettre en gueniza et qu’ils ne soient pas traités avec mépris. Pas ceux d’un apikoros, qui doivent être brûlés.
À ÉVITERFaire écrire par un inapte
Femme, toumtoum, androgyne, mineur, Kouti, païen, apostat à l’idolâtrie ou au ḥiloul Chabbat public, délateur. Un majeur près d’eux ne rend pas l’écriture pour le Nom. Même chose pour sefer Torah et mezouza.
À ÉVITERLaisser un adolescent écrire sans signes
Réprimander les soferim qui laissent écrire sans vérifier les signes de majorité : deux poils après treize ans.
À ÉVITERDire au païen de donner trop bas
Interdit, de peur qu’il s’irrite et les traite avec mépris. S’il demande beaucoup : traiter avec lui ; s’il s’en tient à sa parole, on les laisse en sa main.
OUIMajeur ensuite trouvé avec deux poils
On présume qu’il les avait au moment de l’écriture (Ḥochen Michpat 35). Pas le mineur : les poils n’y changent rien après coup.
OUIMain gauche coupée
Peut écrire : l’homme est sujet d’obligation, seul le membre lui fait défaut.
OUITannage par un païen ou une femme
Casher ; pour un païen et un mineur, un Israël se tient auprès et voit que c’est pour le Nom (siman 32 seif 9). Le tannage n’est pas une confection qui rend inapte.
OUITrouvés chez un non-juif
Casher : un païen ordinaire n’est pas habile à écrire ; présomption qu’un Israël les a écrits, surtout en nos lieux. Même un sefer Torah (Chakh Yoré Déa 281 petit seif 4).
OUIAchetés chez un ḥaver ou un digne de foi
Pas besoin d’examen : présomption qu’il ne sort pas de sa main une chose qui n’est pas en ordre. Un seul témoin suffit en interdits ; s’il les revêt lui-même, digne de foi (Maguen Avraham / Chakh Yoré Déa 119).
OUIRevêtement intact
Présomption de casherut tant que le revêtement est intact : on ne craint pas qu’une lettre se soit effacée ou qu’il y ait un trou. Néanmoins il est convenable de les examiner à cause de la sueur. Déchirés, tombés dans l’eau, ou lieu humide : examen aussitôt ; sans examinateur — poser sans berakha.
OUIDéposés et non portés
Examiner de temps à autre, deux fois dans une chemita, par crainte de moisissure.
NONMineur ou doute de deux poils
Inapte, sauf barbe remplie (même poils très petits), ou plupart des années passées, ou signes de saris (siman 55 seif 5). L’éducation n’autorise pas l’écriture.
NONApostat
À l’idolâtrie ou au ḥiloul Chabbat public : comme un apostat à toute la Torah. Apostat aux tefilin, même pas pour irriter : inapte (plus sujet de la ligature), sauf par appétit seulement — encore sujet, mais lekhathila ne pas le laisser écrire. Baér Hétév : même par appétit, même une seule fois. Ḥiloul Chabbat public même derabanan (mouqtsé, karmelit) : Peri Megadim rigoureux au moins lekhathila. Apostat pour irriter, même une seule chose : comme un Kouti (Yoré Déa 2).
NONConfection par un inapte
Acte dans le corps des tefilin — revêtement des boîtiers, couture, confection du chin, corriger une lettre : inapte. Racler la colle entre lettres : lekhathila pas par eux ; bediavad pas rigoureux (le raclage n’est pas une écriture).
NONTefilin d’un apikoros
Mé’haber, Taz, Priisha, Gaon de Vilna : brûler avec leurs Noms. Certains : gueniza. Trouvés chez un apikoros : gueniza par doute ; on ne brûle pas par doute (« vous ne ferez pas ainsi à ה' votre D. »).
NONAprès coup chez un non-expert
Examiner, ou s’il n’y a pas d’expert en ville. S’il dit les avoir écrits lui-même ou pris d’un seul homme : une liasse — si l’un est casher, le reste n’a pas besoin d’examen (Priisha). Même logique s’il dit les avoir pris d’un expert.
REMASujet de la ligature : esclave, femme et Kouti ne sont pas avertis ; mineur même parvenu à l’éducation = de rabbanan seulement (Beit Yossef). Guer tochav : inapte aux sta"m selon tous les derniers (pas sujet de la ligature) ; le Darkhé Moché allégeait pour tefilin et mezouzot, contrairement au sefer Torah. Contrainte par peur d’être tué : n’est pas sorti d’Israël ; Maguen Avraham et GRA — ne pas alléger pour autant s’il est seulement paresseux aux tefilin. Tefilin trouvés jetés en gueniza sans lanières et ouverts : crainte d’un défaut caché ; trouvés dans leur étui selon la manière de les poser : pas de crainte. Déposés sans défaut vu : Ḥokhmat Adam penche pour bénir si on les pose ainsi ; en pratique la chose demande examen — contrairement à ceux tombés dans l’eau ou dont la peau s’est abîmée.
Seul un majeur véritable, sujet de la ligature, est apte à écrire. Acheter chez l’expert et examiner lettres et forme. Tefilin d’apikoros : les brûler selon l’avis principal. Trouvés chez un non-juif : casher. Revêtement intact : présomption, mais il est convenable d’examiner à cause de la sueur ; déposés : deux fois par chemita ; eau, déchirure ou humidité : examen aussitôt.

Glossaire

bediavad
après coup
lekhathila
a priori
oness
contrainte
Kouti
Samaritain
moumar
apostat
moussar
délateur
apikoros
hérétique
bar qechira
sujet de l'obligation de lier les tefilin
gueniza
mise à l'écart sacrée
lichma
pour le Nom, avec l'intention requise
moumhe
expert reconnu
qetsitsot
feuillets, parachas des tefilin
tsevatim
liasses
ḥaver
homme tenu pour scrupuleux
saris
eunuque, signes d'impuberté durable
guer tochav
résident qui a accepté les sept lois noaḥides
mamzer
enfant d'union interdite
karmelit
domaine intermédiaire pour le Chabbat
mouqtsé
objet interdit à manier le Chabbat
kesidran
écrites dans l'ordre

(א) תפילין - וה"ה ס"ת ומזוזה:

Des tefilin - et il en va de même du sefer Torah et de la mezouza.

(ב) או אשה - וה"ה טומטום ואנדרוגינוס דהם בכלל ספק אשה:

Ou une femme - et il en va de même du toumtoum et de l'androgyne, qui sont dans le doute d'une femme.

(ג) או קטן - וכיון דילפינן מקרא בעינן שיהא דוקא גדול ממש דהיינו שהביא ב"ש אחר שהוא בן י"ג שנה אבל אם ספק לנו אם הביא ב"ש פסול לכתוב אם לא שנתמלא זקנו דהיינו שיש ריבוי שער בזקנו אף שהם קטנים מאד [סמ"ע בח"מ סימן ל"ה] או שעברו רוב שנותיו או שנולדו בו סימני סריס וכדלקמן בסימן נ"ה ס"ה. ויש לגעור בסופרים שמניחין לנערים לכתוב תפילין ואין מדקדקין אם הביאו סימני גדלות או לא. ועיין לעיל בסימן ל"ב סעיף קטן ק"ג מש"כ שם בשם הלבוש מענין זה ועיין בבה"ל:

Ou un mineur - et puisque nous l'apprenons du verset, il faut précisément un majeur véritable, c'est-à-dire qu'il ait fait pousser deux poils après avoir treize ans. Mais s'il y a doute s'il a fait pousser deux poils, il est inapte à écrire, à moins que sa barbe se soit remplie, c'est-à-dire qu'il y ait abondance de poils à sa barbe même s'ils sont très petits [Sema dans Ḥochen Michpat siman 35], ou que la plupart de ses années soient passées, ou que soient nés en lui les signes d'un saris, comme plus bas au siman 55 seif 5. Il faut réprimander les soferim qui laissent des adolescents écrire des tefilin sans vérifier s'ils ont amené les signes de majorité ou non. Voir plus haut au siman 32 petit seif 103 ce que nous y avons écrit au nom du Levouch à ce sujet, et voir le Biour Halakha.

(ד) לחינוך - באמת אפילו גדול לא כל זמן שלא ידעינן שהביא ב"ש אך לענין גדול אם אח"כ בדקנוהו ומצאנו שיש לו ב"ש תלינן שהיה לו ג"כ בעת הכתיבה [ח"מ סימן ל"ה] משא"כ בקטן דאינו מועיל אז שערות:

Pour l'éducation - en vérité, même un majeur, tant que nous ne savons pas qu'il a fait pousser deux poils ; mais pour un majeur, si ensuite nous l'avons examiné et trouvé qu'il a deux poils, nous présumons qu'il les avait aussi au moment de l'écriture [Ḥochen Michpat siman 35], ce qui n'est pas le cas du mineur, pour qui les poils n'y changent alors rien.

(ה) או כותי - כצ"ל. דעו"ג בלא"ה פסול שאין כותב לשמה:

Ou un Kouti - ainsi faut-il lire. Car le païen est de toute façon inapte, n'écrivant pas pour le Nom.

(ו) או מומר לעבו"ג - דבזה הוא כמומר לכל התורה וה"ה אם הוא מומר לחלל שבת בפרהסיא אבל אם הוא מומר לשאר עבירות קי"ל דמומר לדבר אחד לא הוי מומר לכל התורה כולה לבד אם הוא עושה להכעיס דבזה אפילו לד"א דינו ככותי וכדאיתא ביו"ד סימן ב'. ויש מחמירין יותר דצריך גניזה. וכ"ז אם הוא מומר לשאר עבירות אבל אם הוא מומר לתפילין שאינו מניח תפילין אפילו אם אינו עושה זה להכעיס פסול דתו איננו בר קשירה לבד אם היה לזה רק מומר לתיאבון כגון שהלך אחר עסקיו עדיין הוא בכלל בר קשירה וכ"ז הוא לענין דיעבד אבל לכתחלה יש להחמיר שלא להניח לאיש כזה לכתוב סת"ם כי יש מחמירין אפילו במומר לתיאבון ואפילו באחרים עומדין ע"ג ואומרין לו שיכתוב לשמה ועיין בבה"ל. וכתב הפמ"ג דאפילו הוא מומר לחלל שבת בפרהסיא באיסור דרבנן כגון מוקצה והוצאה לכרמלית יש להחמיר עכ"פ לכתחלה שלא להניחו לכתוב סת"ם ואפילו בדיעבד צ"ע:

Ou un apostat à l'idolâtrie - car en cela il est comme un apostat à toute la Torah ; et il en va de même s'il est apostat à profaner Chabbat en public. Mais s'il est apostat pour d'autres fautes, nous tenons qu'un apostat pour une chose n'est pas apostat pour toute la Torah, sauf s'il le fait pour irriter : en ce cas, même pour une seule chose, son statut est comme un Kouti, comme il est dans Yoré Déa siman 2. Il en est qui sont plus rigoureux, qu'il faille la gueniza. Et tout cela s'il est apostat pour d'autres fautes ; mais s'il est apostat aux tefilin, qu'il ne pose pas les tefilin, même s'il ne le fait pas pour irriter, il est inapte, car dès lors il n'est plus sujet de la ligature — sauf s'il n'était apostat que par appétit, par exemple s'il allait après ses affaires : il est encore dans la catégorie du sujet de la ligature. Et tout cela est pour après coup (bediavad) ; mais a priori (lekhathila) il faut se montrer rigoureux de ne pas laisser un tel homme écrire des sta"m, car il en est qui sont rigoureux même pour un apostat par appétit, et même si d'autres se tiennent auprès de lui et lui disent d'écrire pour le Nom. Voir le Biour Halakha. Le Peri Megadim a écrit : même s'il est apostat à profaner Chabbat en public pour un interdit rabbinique, comme le mouqtsé et la sortie vers un karmelit, il faut se montrer rigoureux au moins a priori de ne pas le laisser écrire des sta"m, et même après coup la chose demande examen.

(ז) או וכו' - עיין בה"ט דאפילו בלתיאבון לבד ואפילו פ"א:

Ou etc. - voir le Baér Hétév : même par appétit seulement, et même une seule fois.

(ח) שאינו בקשירה וכו' - ועבד ואשה וכותי אין מוזהר על הקשירה וקטן אף שהגיע לחינוך מדרבנן בעלמא הוא [ב"י] ועיין בבה"ל. ובכל אלו לא מהני אפי' גדול עומד על גבו ורואהו שיהיו לשמן:

Qui n'est pas sujet de la ligature, etc. - et l'esclave, la femme et le Kouti ne sont pas avertis de la ligature ; et le mineur, même s'il est parvenu à l'éducation, ce n'est que de rabbanan seulement [Beit Yossef] ; voir le Biour Halakha. Et pour tous ceux-ci, cela n'aide même pas qu'un majeur se tienne auprès de lui et le voie, pour qu'ils soient pour leur nom.

(ט) בכל - ומי שנקטעה ידו השמאלית אע"פ שאינו בקשירה יכול לכתוב תפילין דגברא בר חיובא הוא אלא פומא הוא דכאיב ליה:

En tout - et celui dont la main gauche a été coupée, bien qu'il ne soit pas sujet de la ligature, peut écrire des tefilin, car l'homme est sujet d'obligation : seul le membre lui fait défaut.

(י) עשייתן - ודוקא שעושה מעשה בגוף התפילין כגון חיפוי הבתים ותפירתן וכ"ש עשיית השי"ן בעור הבתים או להגיה איזה אות דעתה הוא פסול וע"י הגהתו יוכשר דזה הוא כתיבה ממש אבל עיבוד הקלף איננו בכלל זה וכשר ע"י עו"ג וכ"ש ע"י אשה רק דבעו"ג בעינן שיהיה ישראל עוע"ג ויראה שיהיה לשמה וכדלעיל בסימן ל"ב ס"ט וה"ה בקטן. והשחרת הבתים והרצועות עיין לעיל בסימן ל"ג שביררנו שם דינם בעזה"י. וגרירת דבק שבין אות לאות לכתחלה יש ליזהר שלא לעשות על ידם ובדיעבד אין להחמיר דגרירה לא מיקרי כתיבה ועיין היטב לעיל בסימן ל"ב סק"פ. וכ"ז בתפילין דבעינן כסדרן אבל בס"ת אם אפשר לגרור צדדי האותיות במקום שנגעו ולחזור ולכותבן יעשה דזה מיקרי לכתחלה:

Leur confection - et uniquement s'il fait un acte dans le corps des tefilin, comme le revêtement des boîtiers et leur couture, et à plus forte raison la confection du chin dans la peau des boîtiers, ou de corriger quelque lettre, car alors il est inapte, et par sa correction cela deviendrait casher, car c'est une écriture véritable. Mais le tannage du parchemin n'est pas compris ici, et il est casher par un païen, et à plus forte raison par une femme ; seulement, pour un païen, il faut qu'un Israël se tienne auprès de lui et voie que ce soit pour le Nom, comme plus haut au siman 32 seif 9, et de même pour un mineur. Le noircissement des boîtiers et des lanières : voir plus haut au siman 33, où nous avons clarifié leur statut avec l'aide de ה'. Racler la colle entre lettre et lettre : a priori il faut prendre garde de ne pas le faire par eux, et après coup il ne faut pas se montrer rigoureux, car le raclage n'est pas appelé écriture ; voir bien plus haut au siman 32 petit seif 80. Et tout cela pour les tefilin, où il faut l'ordre ; mais pour un sefer Torah, s'il est possible de racler les côtés des lettres à l'endroit où elles se sont touchées et de les réécrire, on le fera, car cela s'appelle a priori.

(יא) יראה - שלא יהרגוהו ואף דבאמת הי"ל למסור נפשו על אמונת ה' מ"מ לא יצא מכלל ישראל עי"ז כיון דהיה באונס ועי' במ"א שהעלה דאין להקל בזה אפי' אם בצינעא הוא שומר את התורה רק שבהנחת תפילין הוא מתעצל דהלא עכ"פ אינו בקשירה וכ"ש אם הוא מומר לכל התורה כולה אם לא שמחמת פחד שלא יהרגוהו הוא ירא לקיים את התורה אפילו בצינעא. ועיין בביאור הגר"א שמסכים ג"כ להמ"א. עוד כתב המ"א בשם הד"מ דאף דבס"ת ממזר וגר תושב [היינו שקיבל עליו שבע מצות בני נח] פסולים לכתוב כמו שכתב ביו"ד סימן רפ"א אפ"ה בתפילין ומזוזות אין לחוש וכל האחרונים הסכימו דגר תושב פסול לכתיבת סת"ם דהא אינו בקשירה ועיין בבה"ל:

Par crainte - qu'on ne le tue ; et bien qu'en vérité il eût dû livrer son âme pour la foi de ה', néanmoins il n'est pas sorti du collectif d'Israël par là, puisqu'il était dans la contrainte (oness). Voir dans le Maguen Avraham qui a conclu qu'il ne faut pas alléger en cela, même s'il observe la Torah en privé, seulement que pour la pose des tefilin il est paresseux : car enfin il n'est pas sujet de la ligature ; et à plus forte raison s'il est apostat à toute la Torah, à moins que par peur qu'on ne le tue il craigne d'accomplir la Torah même en privé. Voir dans le commentaire du Gaon de Vilna qui s'accorde aussi au Maguen Avraham. Le Maguen Avraham a encore écrit au nom du Darkhé Moché : bien que pour un sefer Torah le mamzer et le guer tochav [c'est-à-dire celui qui a accepté sur lui les sept mitsvot des fils de Noaḥ] soient inaptes à écrire, comme il est écrit dans Yoré Déa siman 281, néanmoins pour les tefilin et les mezouzot il n'y a pas à craindre ; et tous les derniers ont convenu que le guer tochav est inapte à l'écriture des sta"m, car il n'est pas sujet de la ligature. Voir le Biour Halakha.

(יב) אפיקורוס - ועיין בבה"ל:

Un apikoros - et voir le Biour Halakha.

(יג) ישרפו - עם אזכרותיהן וכדלקמן בסימן של"ד סכ"א עי"ש דסתמו כשכותב לשם עבו"ג הוא כותב:

On les brûlera - avec leurs Noms, comme plus bas au siman 334 seif 21, voir là-bas : le cas non précisé, lorsqu'il écrit, c'est pour le nom de l'idolâtrie qu'il écrit.

(יד) וי"א יגנזו - דאין דרך אפיקורס להניח תפילין ובודאי כתבו למכור לישראל ואפשר שלא כתבו לשם עבו"ג. ודעת המחבר לפסוק כדעה א' לכן כתבו בסתמא וכן דעת הט"ז והפרישה והגר"א בביאורו:

Et il en est qui disent qu'on les mettra en gueniza - car ce n'est pas la voie d'un apikoros de poser les tefilin, et certainement il les a écrits pour les vendre à un Israël, et il se peut qu'il ne les ait pas écrits pour le nom de l'idolâtrie. L'avis du Mé'haber est de décider comme le premier avis, aussi l'a-t-il écrit sans précision ; et tel est l'avis du Taz, de la Priicha et du Gaon de Vilna dans son commentaire.

(טו) יגנזו - מספק שמא הוא כתבן אבל אין לשרוף מספק דהלא כתיב לא תעשון כן לה' אלהיכם:

On les mettra en gueniza - par doute, peut-être est-ce lui qui les a écrits ; mais on ne brûlera pas par doute, car il est écrit « vous ne ferez pas ainsi à ה' votre D. ».

(טז) כשרים - דסתם עו"ג אין בקיאין לכתוב ובודאי ישראל כתבו. ובפרט במקומותינו שידוע שאין א"י יודעין לכתוב אפילו בס"ת שנמצא בידן מסיק הש"ך [ביו"ד בסימן רפ"א סק"ד] דלכו"ע כשרה דתלינן דהא"י בזזו אותה:

Casher - car un païen ordinaire n'est pas habile à écrire, et certainement un Israël les a écrits. Et surtout en nos lieux, où l'on sait que les non-Juifs ne savent pas écrire, même pour un sefer Torah trouvé en leurs mains le Chakh a conclu [dans Yoré Déa siman 281 petit seif 4] que de l'avis de tous il est casher, car on présume que le non-Juif l'a pillé.

(יז) יותר וכו' - אבל במעט יותר משויין [דהיינו עד כדי חצי דינר בתפילין ולפי ערך זה בס"ת] חייבין לקנות מהן ואף דס"ת שנמצא ביד א"י י"א דיגנז [ביו"ד סימן רפ"א] אעפ"כ חייבין לקנות מהם ואפילו במעט יותר וכדי לגונזן בכדי שלא יבואו העו"ג לזלזל בהם ופשוט דה"ה אם הם פסולין מחמת עצמם ג"כ חייבין לקנות מהעו"ג כדי לגונזן אבל בכתבן אפיקורס דטעונין שריפה א"צ ליקח מהם:

Plus, etc. - mais pour un peu plus que leur valeur [c'est-à-dire jusqu'à un demi-dinar pour des tefilin, et à proportion pour un sefer Torah], on est tenu de les leur acheter. Et bien que pour un sefer Torah trouvé en main de non-Juif il en soit qui disent qu'on le mette en gueniza [Yoré Déa siman 281], néanmoins on est tenu de les leur acheter, même pour un peu plus, et cela afin de les mettre en gueniza, pour que les païens n'en viennent pas à les traiter avec mépris. Et il est évident qu'il en va de même s'ils sont invalides par eux-mêmes : on est aussi tenu de les acheter au païen afin de les mettre en gueniza. Mais ceux qu'a écrits un apikoros, qui doivent être brûlés, on n'a pas à les prendre d'eux.

(יח) הרבה - ואעפ"כ לא יסלק עצמו הישראל תיכף ממנו אף שאומר הרבה ומחוייב לעסוק אתו פן ישוה עמו. אך כשהעו"ג עומד על דבריו מניחן בידו. ומבואר בש"ס דאסור לומר לעו"ג שיתנם בזול יותר מדאי דלמא ירגז העו"ג וינהג בהם מנהג בזיון:

Beaucoup - et néanmoins l'Israël ne se retirera pas aussitôt de lui, même s'il demande beaucoup, et il est tenu de traiter avec lui, de peur qu'il ne s'accorde avec lui. Mais lorsque le païen s'en tient à sa parole, on les laisse en sa main. Il est exposé dans le Talmud qu'il est interdit de dire au païen de les donner à trop bas prix, de peur que le païen ne s'irrite et ne les traite avec mépris.

(יט) מן המומחה - אבל לא ממי שאינו מומחה אע"פ שהלוקח רוצה לבדקן לפי שיש לחוש שמא יתעצל בבדיקתן מפני שטורח הוא לו להסיר התפירה ולחזור ולתופרן. ופשוט דמי שהוא סופר קבוע לרבים הוא בכלל מומחה. ומזוזה וה"ה פרשיות של תפילין ניקחות אפילו שלא מן המומחה ובתנאי שיבדקנה אח"כ:

De l'expert - mais non de qui n'est pas expert, même si l'acheteur veut les examiner, car il y a à craindre qu'il ne se néglige dans l'examen, la peine étant grande de défaire la couture et de recoudre. Et il est évident que celui qui est sofer attitré pour le public est dans la catégorie de l'expert. Une mezouza, et de même les parachas des tefilin, s'achètent même non de l'expert, à condition qu'on l'examine ensuite.

(כ) לקח - בדיעבד או שאין שם מומחה בעיר:

Il a pris - après coup, ou s'il n'y a pas d'expert dans la ville.

(כא) לבדקן - בחסירות ויתירות וה"ה בתמונת האותיות אם הם כהלכה וכנ"ל בסי' ל"ו ס"א ואין לחוש שמא עיבדן שלא לשמן דהכל בקיאין בזה:

Pour les examiner - quant aux lettres manquantes et surnuméraires, et de même quant à la forme des lettres, si elles sont selon la loi, comme plus haut au siman 36 seif 1. On n'a pas à craindre qu'il les ait peut-être tannés non pour le Nom, car tous sont experts en cela.

(כב) ואין השאר - והוא שאומר שכתבן בעצמו או שאומר שלקחן מאדם אחד ותלינן שאותו האדם כתבן הכל בעצמו כיון שהם בצבת א' וכמש"כ הפרישה:

Et le reste n'a pas - et cela s'il dit qu'il les a écrits lui-même, ou qu'il dit les avoir pris d'un seul homme : on présume que cet homme les a tous écrits lui-même, puisqu'ils sont en une seule liasse, comme l'a écrit la Priicha.

(כג) גדול - נראה דה"ה אם אמר שלקחן ממומחה:

Grand - il semble qu'il en va de même s'il a dit les avoir pris d'un expert.

(כד) נאמן - דעד אחד נאמן באיסורין וכתב המ"א דעכ"פ בעינן שמכירין אותו שהוא מוחזק בכשרות עיין יו"ד סימן קי"ט ס"ב בהג"ה. ולפי המבואר שם מוכח דאם ראינוהו שלבשן בעצמו נאמן בכל גווני דלעבור בעצמו בודאי אינו חשוד. וע"ש בש"ך סק"א:

Digne de foi - car un seul témoin est digne de foi en matière d'interdits. Le Maguen Avraham a écrit : il faut en tout cas qu'on le connaisse comme tenu pour casher ; voir Yoré Déa siman 119 seif 2 dans la glose. Et selon ce qui y est exposé, il en ressort que si nous l'avons vu les revêtir lui-même, il est digne de foi en tout cas, car pour transgresser lui-même il n'est certainement pas suspect. Voir là-bas le Chakh petit seif 1.

(כה) ואינם צריכין בדיקה - שחזקה על חבר שאינו מוציא מת"י דבר שאינו מתוקן:

Et ils n'ont pas besoin d'examen - car la présomption d'un ḥaver est qu'il ne sort pas de sa main une chose qui n'est pas en ordre.

(כו) לעולם - שכל זמן שחיפויין שלם הרי הן בחזקתן מן הדין ואין חוששין שמא נמחקה אות מתוכן או ניקבה. ומ"מ נכון לבדקן מפני שמתקלקלין מפני הזיעה. ואם נקרע חיפוי הבתים או שנשרו במים צריכין בדיקה תיכף שמא נמחק הכתב או נתקלקל. וכל שצריך בדיקה מן הדין ואין לו מי שיבדוק ויתפור אותם מניחם בלא ברכה דלא שייך אוקמיה אחזקה כה"ג וכתב הח"א דה"ה אם מונחים במקום לח והכל לפי הענין:

À jamais - car tant que leur revêtement est intact, ils sont dans leur présomption de par la loi, et l'on ne craint pas qu'une lettre se soit peut-être effacée du dedans ou qu'il y ait un trou. Néanmoins il est convenable de les examiner, parce qu'ils s'abîment à cause de la sueur. Si le revêtement des boîtiers s'est déchiré, ou s'ils sont tombés dans l'eau, ils ont besoin d'examen aussitôt, de peur que l'écriture ne se soit effacée ou abîmée. Et tout ce qui a besoin d'examen de par la loi, s'il n'a personne pour examiner et recoudre, il les pose sans berakha, car il n'y a pas lieu de les maintenir sur leur présomption en tel cas. Le Ḥokhmat Adam a écrit qu'il en va de même s'ils sont déposés en lieu humide, et tout selon le cas.

(כז) לפרקים - דחיישינן שמא נתעפשו לכך יבדקם שני פעמים בשמיטה:

De temps à autre - car l'on craint qu'ils ne se soient moisés ; aussi les examinera-t-il deux fois dans une chemita.

(כח) יניחם כך - ולענין ברכה משמע מח"א דצריך לברך והטעם נראה משום דלא ראינו עליהן ריעותא ברורה משא"כ בנשרו במים או שנתקלקל העור וכנ"ל ולמעשה צ"ע. המוצא תפילין מושלכין בגניזה בלא רצועות ופתוחים יש לחוש שיש להם פסול נסתר אבל אם מצאן דרך הינוח בכיסן ליכא למיחש:

Il les posera ainsi - et quant à la berakha, il ressort du Ḥokhmat Adam qu'il faut bénir ; la raison semble être que nous n'avons pas vu sur eux un défaut clair, contrairement à ceux qui sont tombés dans l'eau ou dont la peau s'est abîmée, comme plus haut ; et en pratique la chose demande examen. Qui trouve des tefilin jetés en gueniza sans lanières et ouverts, il y a à craindre qu'ils aient un défaut caché ; mais s'il les a trouvés selon la manière de les poser, dans leur étui, il n'y a pas à craindre.