משנה ברורה

Michna Beroura — siman 53

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi de celui qui est apte à descendre devant le pupitre
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Qualités exigées de l’envoyé de la communauté : dignité, passé sans mauvaise réputation, humilité, voix et lecture. Âge, barbe et eunuque. Prononciation, vêtements, aveugle. Nomination, opposition d’un yahid, salaire, deuil et yahrzeit. Destitution pour faute, saleté ou airs étrangers. Succession du fils et sidour.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLoi de celui qui est apte à descendre devant le pupitre — Yichtaba'h avant le kaddish ; qualités de l’envoyé de la communauté : dignité, passé, humilité, voix et lecture ; âge, barbe, eunuque ; prononciation, vêtements, aveugle ; nomination, opposition d’un yahid, salaire, deuil et yahrzeit ; destitution ; succession du fils et sidour
À FAIRESe tenir debout pour Yichtaba'h
Même en yahid, Chabbat comme semaine (hommes d’action, Gra, Ateret Zekenim) ; l’envoyé s’y place pour enchaîner le kaddish sans interruption
À FAIREDire les quinze louanges sans s’interrompre
De « chant et louange » jusqu’à « dès maintenant » ; grande peine à qui s’interrompt ; pas besoin d’un seul souffle (Hayei Adam au nom du Gra ; Zohar Térouma, contrairement au Chlah)
À FAIREDire d’abord Baroukh sheamar avant Yichtaba'h
Yichtaba'h commence sans « Béni » parce qu’elle est accolée à Baroukh sheamar ; sans elle, berakha vaine
À FAIREEndeuillé ou yahrzeit arrivé tard près de Bérekhou
Dire d’abord pour soi Baroukh sheamar et Achrei, puis Yichtaba'h au pupitre ; le hazan le Chabbat : Baroukh sheamar, Achrei et Nishmat
À FAIRETalit et tefilin pendant les Pessouqei Dezimra
Entre les chapitres on les met et on bénit ; surtout en public, par honte de rester sans eux
À FAIREL’envoyé met talit et tefilin aussitôt entre Yichtaba'h et le kaddish
Honte pour le tsibbour d’attendre ; le kaddish porte aussi sur Yichtaba'h ; s’ils n’arrivent qu’après Yichtaba'h, on les met là et l’assemblée attend
À FAIRELe yahid dit Yichtaba'h tout de suite
L’envoyé attend le minyan pour enchaîner le kaddish ; il peut attendre une demi-heure en silence, sans reprendre depuis le début
À FAIREBediavad, minyan arrivé après Yichtaba'h
Dire au moins trois versets des Pessouqei Dezimra puis le kaddish
À FAIREQualités de l’envoyé
Vêtements longs pour qu’on ne voie pas ses pieds ; entrer le premier, sortir le dernier ; capable de parler des affaires de la communauté ; juste, humble, habitué à lire
À FAIREChercher un juste fils de juste
La tefila d’un juste fils de juste n’est pas comparable à celle d’un juste fils de méchant ; le père ne doit pas être un méchant, même si la lignée n’est pas haute
À FAIREVoix agréable pour le Saint
Chanter pour ה' et non d’autres chants ; s’il a craché, s’essuyer la bouche puis prier
À FAIRESe récuser une fois puis accepter
On se récuse une fois ; pas devant un grand, sauf en matière d’orgueil et de fonction (Tossafot)
À FAIRELaisser l’endeuillé prier s’il n’y a ni règlement ni coutume contraire
Apaisement pour le mort ; s’il n’articule pas, il n’a pas à prier au pupitre
À FAIREEnvoyé salarié plutôt que bénévole
Nul indigne n’osera s’avancer ; il sera plus attentif ; même les pauvres donnent
À FAIREPrier dans le sidour
Convenable pour le yahid, à plus forte raison pour l’envoyé, qui doit voir comment il lira
À ÉVITERDire Yichtaba'h sans Baroukh sheamar
Voyageurs ou pressés qui commencent à Yichtaba'h : berakha vaine
À ÉVITERBénir le talit entre Yichtaba'h et Yotser
La berakha finale doit rester proche des Pessouqei Dezimra ; sauf s’il n’en avait pas, et surtout l’envoyé
À ÉVITERNommer un envoyé indigne
« Elle a élevé la voix contre Moi » : envoyé qui n’est pas digne ; on empêche ainsi le bien d’Israël
À ÉVITERNommer a priori qui a une mauvaise réputation, même ancienne
Même s’il a fait techouva dans sa jeunesse ; un serment violé suffit à ne pas le nommer (Eliyahou Rabba)
À ÉVITERNommer qui n’est pas habitué à lire
Sa tefila est une abomination (« qui détourne son oreille pour ne pas entendre la Torah »)
À ÉVITERFaire descendre aux jeûnes, Roch Hachana et Yom Kippour qui n’a pas la barbe pleine
Même à l’occasion ; le tsibbour ne peut y renoncer
À ÉVITERMineur au pupitre
Avant treize ans révolus (de date à date, dès le début de la nuit) ; l’ajout du Chabbat le vendredi n’y fait rien
À ÉVITERConfondre aleph et ayin, het et hé, chibolet et sibolet
Sauf si tous parlent ainsi (Radbaz) ; lourd de bouche : on ne le fait pas descendre
À ÉVITERBras et épaules découverts devant le pupitre
Ni vêtements de couleur s’il s’y est récusé ; s’il s’est récusé, même s’il se repent ensuite on ne le lui permet pas
À ÉVITERS’attarder contre la volonté de l’assemblée
Même Chabbat et Yom Tov ; trop c’est laid
À ÉVITERAirs des nations propres à leur culte
Inapte ; de même qui va aux tribunaux des nations, du moins à Roch Hachana et Yom Kippour à moins de techouva
À ÉVITERVêtements sales
Changer les vêtements souillés ; aux Jours redoutables, du moins se plonger et ôter le sale
À ÉVITERSe quereller avec le tsibbour pour n’importe quelle mitsva
Sauf si la mitsva serait tout à fait annulée (accueil des hôtes, soutien de la Torah)
OUIShogeg qui s’est repenti
Juste parfait ; on peut le nommer a priori
OUITechouva après faute volontaire
On ne l’écarte pas s’il est déjà nommé ; pour le nommer a priori, beaucoup le permettent le reste de l’année, stricts aux jeûnes et Jours redoutables
OUITreize ans et deux poils
Même envoyé fixe le reste de l’année ; on n’a pas à vérifier les poils (majorité, matière rabbinique)
OUIEunuque
Seulement à partir de vingt ans, quand les signes sont apparus ; avant, il est encore mineur
OUIAveugle, même des deux yeux
Tenu de toutes les mitsvot ; certains stricts a priori aux Jours redoutables s’il s’en trouve un autre convenable (Havat Yaïr) ; on ne l’écarte pas s’il est devenu aveugle en charge
OUIConverti
Peut dire « Dieu de nos pères » : Avraham est père d’une multitude de nations ; les avis contraires ont été écartés
OUIOpposition d’un yahid à la nomination
Autrefois oui ; aujourd’hui on suit la majorité des contribuables ou les sept notables / élus, afin que les disputes ne se multiplient pas
OUIEnnemi déclaré de longue date
Peut s’opposer à la nomination ; après consentement, plus d’opposition, mais l’envoyé doit ôter la jalousie de son cœur
OUIFils de l’envoyé qui a vieilli
Passe avant, même s’il y en a de plus grands, puisqu’il occupe la place de ses pères
OUIDeux hazanim égaux
Le kohen avant le lévi, le lévi avant l’Israélite, le sage de Torah avant l’ignorant même kohen
NONYichtaba'h sans aucun verset de Pessouqei Dezimra entendu par le minyan
Pas de kaddish
NONBarbe non pleine aux Jours redoutables et jeûnes
Même à l’occasion et même avec pardon du tsibbour
NONFaute volontaire sans techouva
Inapte même à l’occasion ; plusieurs fois des viandes interdites sous sa main : on l’écarte (jugé comme volontaire)
NONSourd qui n’entend pas du tout
A priori il faut faire entendre à son oreille ; il n’acquitte pas les autres a priori (R. Akiva Eiger)
NONMépriser l’honneur du tsibbur
Le tsibbour ne peut y renoncer (barbe, tenue)
REMADéfauts corporels : n’invalident que les kohanim, non l’envoyé (« un cœur brisé et abattu, ה' ne le méprise pas »). Marié passe avant célibataire même à barbe pleine ; à RH et YK on exige trente ans et mariage (siman 581). Arvit : certains lieux font descendre un mineur, l’auteur estime que ce n’est pas convenable a priori (Barkhou). Mamzer : discussion liée aux tefilin ; Birkéi Yossef conclut qu’il ne sera pas envoyé. Salaire : moitié fortune / moitié têtes, ou selon la coutume du lieu ; le rav et more tsedek passe avant le hazan si l’on ne peut payer les deux. On n’écarte pas sur un simple murmure une fois établi ; on n’écarte pas après techouva. Sidour du tsibbour plutôt que celui du yahid s’il est écrit pour le Nom ; dans les imprimés, pas de différence. Qui menace de livrer aux nations : on gronde ; s’il ajoute, on écarte.
On ne dit pas Yichtaba'h sans Baroukh sheamar, on l’enchaîne au kaddish, on se tient. L’envoyé doit être digne, humble, lisant juste, de passé net a priori, à barbe pleine aux Jours redoutables. On nomme selon la majorité ou les élus ; on n’écarte après techouva. L’endeuillé prie s’il sait et si la communauté le veut. Mieux un envoyé salarié ; le fils succède ; on prie les yeux sur le sidour.

Glossaire

chalia'h tsibbour
envoyé de la communauté
lifnei hateva
devant le pupitre
Pessoukei deZimra
versets de louange
Baroukh Chéamar
Béni Celui qui a dit
Yichtaba'h
Que soit loué
Yotser
Qui forme [la lumière]
Bérekhou
Bénissez
oness
contrainte
bediavad
après coup
lekhathila
a priori
shogeg
par erreur
mezid
volontairement
anos
contraint
yahrzeit
anniversaire du décès
saris
eunuque
pocheach
aux vêtements déchirés, bras découverts
mamzer
enfant né d’une union interdite
tovei ha'ir
notables de la ville
parnassim
administrateurs de la communauté
piyoutim
poèmes liturgiques
more tsedek
juge qui enseigne la loi
techouva
repentir
chohet
sacrificateur rituel
ménakker
débineur

(א) שליח ציבור וכו' - כדי שיסמוך לו הקדיש מיד ולא יצטרך להפסיק ביניהן בהעמידה לפני התיבה אבל בסימן נ"א ס"ו בהג"ה משמע דאפילו מי שמתפלל ביחידי צריך ג"כ לעמוד באמירת ישתבח ועיין באליהו רבא שתירץ דהתם ממנהגא והכא מדינא וכן כתב הגר"א וכן כתב בעט"ז דנוהגים אנשי מעשה לעמוד כשאומרים ישתבח בין בשבת בין בחול ואפילו ביחידי. כל הט"ו שבחים שבישתבח מן שיר ושבחה עד מעתה יזהר מאד שלא להפסיק ביניהן והמפסיק עונשו גדול אבל א"צ שיהיה בנשימה אחת [ח"א בשם הגר"א וכן כתב הגרי"ע וכן משמע בזוהר תרומה דלא כשל"ה]:

L'envoyé de la communauté, etc. - Afin d'enchaîner le kaddish aussitôt et de n'avoir pas à s'interrompre entre les deux en se plaçant devant le pupitre. Mais au siman 51 seif 6 dans la glose, il ressort que même celui qui prie en yahid doit aussi se tenir debout en disant Yichtaba'h. Voir l'Eliyahou Rabba qui explique que là-bas c'est d'après la coutume et ici d'après la loi. Ainsi a écrit le Gra, et ainsi a écrit le Ateret Zekenim : les hommes d'action ont coutume de se tenir debout en disant Yichtaba'h, Chabbat comme jour de semaine, et même en yahid. Les quinze louanges de Yichtaba'h, de « chant et louange » jusqu'à « dès maintenant », on veillera beaucoup à ne pas s'interrompre entre elles ; celui qui s'interrompt a une grande peine. Mais il n'est pas nécessaire de les dire d'un seul souffle [Haïé Adam au nom du Gra ; ainsi a écrit le Gri"a ; ainsi ressort-il du Zohar Térouma, contrairement au Chlah].

(ב) אין לומר - בין ש"ץ ובין אדם אחר:

On ne dira pas - Que ce soit l'envoyé de la communauté ou un autre homme.

(ג) אא"כ - דישתבח היא הברכה אחרונה שניתקנה לומר לאחר פסד"ז ומתחלת בלא ברוך כי היא סמוכה לברכת ב"ש ע"כ אין לומר אותה בלא ב"ש ולא כטועין שכשהם בדרך או שאר שעת הדחק מתחילין מישתבח שמברכין עי"ז ברכה לבטלה:

À moins que - Car Yichtaba'h est la berakha finale instituée après les Pessoukei deZimra ; elle commence sans « Béni », car elle est accolée à la berakha de Baroukh Chéamar. On ne la dira donc pas sans Baroukh Chéamar. Contrairement à ceux qui se trompent et qui, en voyage ou en d'autres moments de détresse, commencent à Yichtaba'h : ils font ainsi une berakha vaine.

(ד) אמר ב"ש - ע"כ אבל או יארצייט שהתאחרו לבוא לבהכ"נ עד קרוב לברכו ומוכרחים לעמוד עכ"פ לומר ישתבח לפני התיבה כי אסור להפסיק בין ישתבח לקדיש יראו עכ"פ לומר מתחלה לעצמם ב"ש ואשרי וכן החזן בשבת שהתאחר לבוא עד קרוב לברכו יראה עכ"פ לומר מתחלה לעצמו ב"ש ואשרי ונשמת וכנ"ל בסימן נ"ב במ"ב סק"ה:

Il a dit Baroukh Chéamar - C'est pourquoi. Mais un endeuillé ou un yahrzeit arrivé en retard au beit haknesset, près de Bérekhou, et forcé de se tenir au moins pour dire Yichtaba'h devant le pupitre — car il est interdit de s'interrompre entre Yichtaba'h et le kaddish — veillera au moins à dire d'abord pour lui-même Baroukh Chéamar et Achrei. De même le hazan le Chabbat qui est arrivé tard, près de Bérekhou, veillera au moins à dire d'abord pour lui-même Baroukh Chéamar, Achrei et Nichmat, comme ci-dessus au siman 52, MB SK 5.

(ה) אין לברך - אפילו אם לא היה לו טלית עד עתה ואף שהוא בין הפרקים מ"מ כיון שהברכה קאי על פסוקי דזמרה אין ראוי שיהא הפסק בינם לבין ברכה אחרונה דידהו דהברכה ראויה להיות סמוך להמצוה אבל מקודם לזה בפסוקי דזמרה עכ"פ בין הפרקים יניח הטלית ויברך ומכ"ש לענין תפילין דמותר לברך עליהן בין הפרקים ובפרט אם הוא ברבים ומתבייש לישב בלי טלית ותפילין:

On ne bénira pas - Même s'il n'avait pas de talit jusqu'à présent, et même si c'est entre les chapitres : puisque la berakha porte sur les Pessoukei deZimra, il n'est pas convenable qu'il y ait interruption entre eux et leur berakha finale, car la berakha doit être proche de la mitsva. Mais avant cela, pendant les Pessoukei deZimra, du moins entre les chapitres, il mettra le talit et bénira. À plus forte raison pour les tefilin : il est permis de bénir sur eux entre les chapitres, surtout s'il est en public et a honte de rester assis sans talit ni tefilin.

(ו) ציצית - וה"ה לענין תפילין. א"ר:

Tsitsit - Et de même pour les tefilin. Eliyahou Rabba.

(ז) בין ישתבח ליוצר - כ"ז הוא דוקא אם לא היה לו מקודם דאל"ה גם זה אסור וזהו שציין רמ"א ועיין לקמן וכו':

Entre Yichtaba'h et Yotser - Tout cela seulement s'il n'en avait pas auparavant ; sinon cela aussi est interdit. C'est ce qu'a indiqué le Rema. Voir plus loin, etc.

(ח) מיהו הש"ץ וכו' - דגנאי הוא לציבור להמתין עליו בין ישתבח לקדיש וגם הקדיש קאי על ישתבח ע"כ יתעטף תיכף בטלית וה"ה בתפילין ויברך אך אם לא הביאו לו הטלית עד לאחר שגמר ישתבח קודם שאמר הקדיש יכול להניח שם ולברך והקהל ימתינו הואיל וא"א בלא"ה וכמו שיתבאר לקמן בסוף סימן נ"ד בהג"ה עי"ש:

Toutefois l'envoyé de la communauté, etc. - Car c'est une honte pour le tsibbour d'attendre après lui entre Yichtaba'h et le kaddish, et le kaddish porte aussi sur Yichtaba'h. Il s'enveloppera donc aussitôt du talit, et de même des tefilin, et bénira. Mais si on ne lui a apporté le talit qu'après qu'il a fini Yichtaba'h, avant le kaddish, il peut le mettre là et bénir, et l'assemblée attendra puisqu'on ne peut faire autrement, comme il sera expliqué à la fin du siman 54 dans la glose.

(ט) ימתין הש"ץ - כדי שיהיה יוכל להסמיך לו אח"כ הקדיש מיד אבל היחיד יאמר ישתבח מיד וכן בשבת אם גמר פסוקי דזמרה קודם הש"ץ יאמר ישתבח מיד:

L'envoyé de la communauté attendra - Afin de pouvoir ensuite enchaîner le kaddish aussitôt. Mais le yahid dira Yichtaba'h tout de suite. De même le Chabbat, s'il a fini les Pessoukei deZimra avant l'envoyé de la communauté, il dira Yichtaba'h tout de suite.

(י) וישתוק - פי' שלא יפסיק בדיבור ויוכל להמתין חצי שעה עם ישתבח ואפילו שהא מחמת אונס כדי לגמור כולה א"צ לחזור לראש:

Et il se taira - C'est-à-dire qu'il ne s'interrompra pas par la parole. Il peut attendre une demi-heure avec Yichtaba'h. Même si cela vient d'une contrainte (oness), afin de tout achever, il n'a pas à reprendre depuis le début.

(יא) ישתבח וקדיש - ובדיעבד אם גמר ג"כ ברכת ישתבח ואח"כ באו מנין יאמרו עכ"פ שלשה פסוקים מפסוקי דזמרה ויוכל הש"ץ לומר קדיש כי בלא"ה אין לומר קדיש כיון שלא היו בעת אמירת קצת פסוקי דזמרה או ישתבח עכ"פ:

Yichtaba'h et kaddish - Et après coup (bediavad), s'il a aussi fini la berakha de Yichtaba'h et qu'ensuite un minyan est arrivé, on dira au moins trois versets des Pessoukei deZimra, et l'envoyé de la communauté pourra dire le kaddish. Car autrement on ne dit pas le kaddish, puisqu'ils n'étaient pas présents lors de quelques Pessoukei deZimra ou au moins de Yichtaba'h.

(יב) צריך - דכתיב נתנה עלי בקולה ע"כ שנאתיה ואחז"ל זה ש"ץ שאינו הגון. והספרים האריכו מאד בגודל גנות הממנים ש"ץ שאינו הגון כי מונעים עי"ז טוב מישראל:

Il faut - Car il est écrit : « elle a élevé la voix contre Moi, c'est pourquoi Je l'ai haïe » ; et nos Sages ont dit : c'est l'envoyé de la communauté qui n'est pas digne. Les livres ont fort développé la grande honte de ceux qui nomment un envoyé de la communauté indigne, car ils empêchent ainsi le bien d'Israël.

(יג) הגון - וראוי שיהיו בגדי ש"ץ ארוכים שלא יראו רגליו ויכנס לבהכ"נ ראשון ויצא אחרון. ולא יהיה טפש וסכל אלא שיהיה יוכל לדבר בעיסקי הקהל כפי מה שצריך. טוב להדר אחר ש"ץ צדיק בן צדיק כי אינו דומה תפלת צדיק בן צדיק לתפלת צדיק בן רשע ומה שכתב הרא"ש שאין מעלת הש"ץ תלוי ביחוס משפחה דאפילו אם הוא ממשפחה בזויה וצדיק טוב לקרב מזרע רחוקים ר"ל ג"כ רק שאינו מיוחס אבל מ"מ אין אביו רשע [אחרונים] אין מומין פוסלין אלא בכהנים ולא בש"ץ ואדרבה לב נשבר ונדכה אלקים לא תבזה ויש מחמירין בזה לכתחלה היכא דאיכא ראוי והגון כיוצא בו ועיין לקמן בס"ק מ"א לענין סומא מה שכתבנו שם:

Digne - Il convient que les vêtements de l'envoyé de la communauté soient longs, afin qu'on ne voie pas ses pieds ; qu'il entre le premier au beit haknesset et en sorte le dernier. Qu'il ne soit pas sot ni stupide, mais capable de parler des affaires de la communauté selon le besoin. Il est bon de rechercher un envoyé de la communauté juste fils de juste, car la tefila d'un juste fils de juste n'est pas comparable à celle d'un juste fils de méchant. Ce qu'a écrit le Roch, que le mérite de l'envoyé de la communauté ne dépend pas de la lignée familiale — même s'il est d'une famille méprisée, s'il est juste il est bon de rapprocher la descendance éloignée — s'entend aussi seulement qu'il n'est pas de haute lignée, mais que son père n'est pas un méchant [Aharonim]. Les défauts n'invalident que les kohanim, non l'envoyé de la communauté ; au contraire, « un cœur brisé et abattu, ה' ne le méprise pas ». Certains sont stricts a priori (lekhathila) s'il s'en trouve un autre digne et convenable comme lui. Voir plus loin SK 41 au sujet de l'aveugle.

(יד) מעבירות - העובר על השבועה אין ביתו ריקם ואע"פ שעדיין לא העידו עליו מ"מ יש לחוש לקול להושיב ב"ד על ככה ואפילו אם לא עבר רק על שבועת ביטוי דלהבא מ"מ אין ראוי למנותו לש"ץ עי"ש [א"ר] וכתב שם עוד בשם משפט צדק דמי שהוא פסול מחמת עבירה פסול להיות ש"ץ אפילו באקראי וכתב הפמ"ג דהיינו דוקא בשלא עשה תשובה:

De fautes - Celui qui transgresse un serment, sa maison n'est pas vide. Même si l'on n'a pas encore témoigné contre lui, il faut craindre la rumeur et siéger un tribunal à ce sujet. Même s'il n'a transgressé qu'un serment de déclaration pour l'avenir, il n'est pas convenable de le nommer envoyé de la communauté [Eliyahou Rabba]. Il a encore écrit là au nom de Michpat Tsedek que celui qui est inapte à cause d'une faute est inapte à être envoyé de la communauté même à l'occasion. Le Peri Megadim a écrit : cela n'est que s'il n'a pas fait techouva.

(טו) ושלא יצא וכו' - דוקא למנותו לכתחלה אבל להעבירו ולסלקו אחר שהוחזק ש"ץ אין לנו כיון שלא נשמע עליו עתה מאומה מיהו כשיצא עליו עתה ש"ר והוא קלא דלא פסק אפילו יחיד מוחה עליו להעבירו [כה"ג בשם ראב"ח] ועיין לקמן בסעיף כ"ה בבה"ל מה שכתבנו בזה ואפילו אם נתברר בעדים שחטא אם עשה תשובה אין מעבירין אותו לכו"ע:

Et qu'il n'ait pas circulé, etc. - Seulement pour le nommer a priori. Mais pour le destituer et l'écarter après qu'il s'est établi comme envoyé de la communauté, nous n'avons pas [à le faire], puisqu'on n'entend rien de lui maintenant. Toutefois, si une mauvaise réputation circule maintenant sur lui, et que c'est une rumeur qui n'a pas cessé, même un yahid peut s'opposer pour le faire écarter [Kenesset Hagedola au nom du Raana'h]. Voir plus loin seif 25 dans le Biour Halakha ce que nous avons écrit là-dessus. Même s'il est établi par témoins qu'il a fauté, s'il a fait techouva on ne l'écarte pas, de l'avis de tous.

(טז) בילדותו - אפילו נתברר לנו שעשה אז תשובה ע"ז הענין אפ"ה אין למנותו לכתחלה לש"ץ. ש"ץ שכבר העבירוהו ועמד כך ימים ושנים בהסכמת הקהל ורוצים עכשיו למנותו הוי כתחלת קבלה ואפילו מיעוט יכולים למחות. אם המוחים הם המנהיגים הוי כאלו מוחים כל הקהל אם לא במקום שיש בוררים ויש תקנה שלא לשנות גזרתם אז אין מועיל מחאת הפרנסים:

Dans sa jeunesse - Même s'il nous est établi qu'il a alors fait techouva à ce sujet, on ne le nommera pourtant pas a priori envoyé de la communauté. Un envoyé de la communauté qu'on a déjà écarté et qui est resté ainsi des jours et des années avec l'accord de la communauté, et qu'on veut maintenant nommer : c'est comme un commencement d'acceptation, et même une minorité peut s'y opposer. Si les opposants sont les dirigeants, c'est comme si toute la communauté s'opposait, sauf là où il y a des arbitres et un règlement de ne pas changer leur décret : alors l'opposition des parnassim n'y fait rien.

(יז) לעם - כתב בתשובת מהר"מ מינ"ץ יזהר החזן אם יש ריב וקטטה בין שני בע"ב שיהא בשב ואל תעשה הן בדיבור הן במעשה הן בגלוי הן בסתר וכ"ש אם יש עסק ריב עם אדם אחר שאינו מהעיר עם בע"ב שיהא בשב ואל תעשה ואפילו אם אותו האדם הוא מחותנו או קרוב שלו. ואם יש לו שום קטט ואיבה עם אחד מהקהל אז צריך להעמיד את הדבר לפני הרב או הקהל לפשר ולעשות ככל אשר נראה להם נכון ואם יש חסרון ומניעה מצד שכנגדו אז הוא נקי ומה יש לו לעשות:

Au peuple - Il est écrit dans les responsa du Maharim Mintz : le hazan veillera, s'il y a querelle et dispute entre deux maîtres de maison, à rester inactif, en parole comme en acte, au découvert comme en secret. À plus forte raison s'il y a affaire de querelle d'un homme d'une autre ville avec un maître de maison : qu'il reste inactif, même si cet homme est son gendre ou son proche. S'il a quelque dispute ou inimitié avec l'un de la communauté, il doit porter l'affaire devant le rav ou la communauté pour concilier et faire tout ce qui leur paraît juste. S'il y a défaut et empêchement du côté de l'autre, alors il est quitte : que ferait-il ?

(יח) ורגיל לקרות - כדי שיהיו הפסוקים המעורבים בתוך התפלה סדורים בפיו גם אם אינו רגיל לקרות הוא בכלל מסיר אזנו משמוע תורה גם תפלתו תועבה [א"ר]. כתב בפמ"ג בסימן תקפ"א ס"א איתא דבר"ה ויוה"כ בעינן שיהא נשוי ובן שלשים ומשמע בשאר ימות השנה אפילו אינו נשוי מ"מ נ"ל דנשוי קודם לבחור ואפילו אם נתמלא זקנו:

Et habitué à lire - Afin que les versets mêlés dans la tefila soient bien ordonnés dans sa bouche. S'il n'est pas habitué à lire, il entre aussi dans « qui détourne son oreille pour ne pas entendre la Torah », et sa tefila est une abomination [Eliyahou Rabba]. Le Peri Megadim a écrit : au siman 581 seif 1 il est dit qu'à Roch Hachana et Yom Kippour on exige qu'il soit marié et âgé de trente ans ; il en ressort que le reste de l'année, même s'il n'est pas marié [cela suffit]. Toutefois il me semble qu'un marié passe avant un célibataire, même si sa barbe est déjà pleine.

(יט) הוא קודם - אפילו להיות ש"ץ קבוע כל שהוא י"ג שנה והביא שתי שערות:

Il passe avant - Même pour être envoyé de la communauté fixe, dès qu'il a treize ans et a poussé deux poils.

(כ) מותר להיות - דלא מיקרי אין פרקו נאה אלא דוקא שהיה מועד לעשות דברים שאינן מהוגנים אבל מי שבא לידו שגגת מעשה ומתחרט ה"ז צדיק גמור לכל דבריו ומותר למנותו לכתחלה לש"ץ:

Il est permis d'être - On n'appelle « dont le passé n'est pas beau » que celui qui était habitué à faire des choses inconvenantes. Mais celui à qui est arrivée une faute par erreur (shogeg) et qui s'en repent, celui-là est un juste parfait en tout, et l'on peut le nommer a priori envoyé de la communauté.

(כא) עשה במזיד - לאו דוקא הרג דה"ה שאר עבירות וכדלעיל בסעיף ד' דבעינן שלא יצא עליו שם רע אפילו מילדותו וכ"כ בכל בו בפירוש [א"ר]:

Il l'a fait volontairement (mezid) - Pas seulement un meurtre : de même les autres fautes, comme plus haut au seif 4, où l'on exige qu'une mauvaise réputation n'ait pas circulé sur lui même depuis sa jeunesse. Ainsi est-il écrit explicitement [Eliyahou Rabba].

(כב) דמ"מ יצא וכו' - עיין במ"א שהביא בשם הרבה פוסקים דאפילו במזיד כל ששב שרי להיות ש"ץ קבוע דדוקא לענין ת"צ מחמרינן שלא יצא עליו ש"ר אפילו מילדותו אבל להיות ש"ץ קבעו לשאר ימות השנה מותר למנותו אפילו לכתחלה כל ששב בתשובה וכזה הביא הפמ"ג בשם א"ר להלכה וכתב בא"ר דבימים נוראים עכ"פ יש להחמיר לדון בדין תעניות דבאמת אפילו בשאר ימות השנה יש בזה הרבה דיעות בין הפוסקים עיין בכה"ג ובביאור הגר"א וכ"ז היינו שלא למנותו לכתחלה אבל אין מסלקין אותו לכו"ע אם שב בתשובה. ש"ץ שהוציא פעמים רבות טריפות מת"י מסלקין אותו מש"ץ דשוב דיינינן ליה כמזיד ועיין בפמ"ג דמסתפק דאפילו בפ"א ידינוהו כמזיד. ומ"מ אם שב בתשובה אין מסלקין אותו מש"ץ אפילו אם הוציא פעמים רבות:

Car de toute façon il est sorti, etc. - Voir le Magen Avraham qui a rapporté au nom de nombreux décisionnaires que même volontairement, dès qu'il s'est repenti, il est permis d'être envoyé de la communauté fixe : c'est seulement pour les jeûnes publics que l'on est strict à ce qu'une mauvaise réputation n'ait pas circulé sur lui même depuis sa jeunesse ; mais pour être envoyé de la communauté fixe le reste de l'année, on peut le nommer même a priori dès qu'il s'est repenti. Ainsi a rapporté le Peri Megadim au nom de l'Eliyahou Rabba pour la halakha. L'Eliyahou Rabba a écrit qu'aux Jours redoutables il faut au moins être strict et juger selon le droit des jeûnes ; car en vérité, même le reste de l'année, il y a beaucoup d'avis parmi les décisionnaires : voir Kenesset Hagedola et le Biour du Gra. Tout cela s'entend pour ne pas le nommer a priori ; mais on ne l'écarte pas, de l'avis de tous, s'il s'est repenti. Un envoyé de la communauté qui a plusieurs fois fait sortir des viandes interdites de sous sa main : on l'écarte de la charge, car désormais on le juge comme ayant agi volontairement. Voir le Peri Megadim qui doute si même une seule fois on le jugerait comme volontaire. Toutefois, s'il s'est repenti, on ne l'écarte pas de la charge, même s'il a fait sortir plusieurs fois.

(כג) כבוד הצבור - ואין הצבור יכולים למחול על כבודם בזה:

L'honneur du tsibbour - Et le tsibbour ne peut pas renoncer à son honneur en cela.

(כד) באקראי - כ"ז בשאר ימות השנה אבל בתעניות ובר"ה ויוה"כ אפילו באקראי אין מורידין למי שלא נתמלא זקנו וגם בזה אין להקל אפילו ע"י מחילת הצבור:

À l'occasion - Tout cela le reste de l'année. Mais aux jeûnes, à Roch Hachana et à Yom Kippour, même à l'occasion, on ne fait pas descendre celui dont la barbe n'est pas pleine. Et en cela on ne relâchera pas, même par le pardon du tsibbour.

(כה) משהביא שתי שערות - ר"ל אחר שהגיע לי"ג שנה דקודם לא מהני השערות ועיין במ"א שכתב דמסתמא אין צריך לבדוק אחר השערות בזה דבדבר דרבנן אזלינן בתר רובא שמביאין ב' שערות באותו הזמן ועיין בפמ"ג שכתב דלהרמב"ם דסובר תפלה דאורייתא יהיה אסור להש"ץ הזה להוציא ידי אחרים בתפלה עד שנדע בודאי שהביא ב"ש ע"ש:

Dès qu'il a poussé deux poils - C'est-à-dire après qu'il a atteint treize ans : avant cela les poils n'y font rien. Voir le Magen Avraham qui a écrit qu'apparemment on n'a pas à vérifier les poils en cela, car en matière rabbinique on suit la majorité, qui pousse deux poils à ce moment-là. Voir le Peri Megadim qui a écrit que selon le Rambam, pour qui la tefila est de la Torah, il serait interdit à cet envoyé de la communauté de faire acquitter les autres par la tefila jusqu'à ce que l'on sache avec certitude qu'il a poussé deux poils.

(כו) ידועים - דזה הוי קביעות לאותם העתים ואין בכלל זה אם מינוהו הקהל שיהיה הוא מוכן להתפלל אם לפעמים לא יהיה החזן בבהכ"נ שיעמוד זה להתפלל אין בזה איסור כלל דאין זה מיקרי קבוע כיון שאפשר שלא יבוא לידי כך ולא אסרו בקבוע אלא לעתים ידועים שבאותו העת הוא קבוע בודאי [ט"ז] וב"ח וא"ר חולקין דג"ז מיקרי קבוע ולא מקרי אקראי אלא כשלא נתמנה כל עיקר:

Connues - Car cela constitue une charge fixe pour ces moments-là. N'entre pas dans cela le cas où la communauté l'a nommé pour être prêt à prier si parfois le hazan n'est pas au beit haknesset, afin que celui-ci se tienne pour prier : il n'y a là aucune interdiction, car on n'appelle pas cela fixe, puisqu'il se peut que cela n'arrive pas. On n'a interdit le fixe que pour des moments connus où, à ce moment-là, il est certainement fixe [Taz]. Le Ba'h et l'Eliyahou Rabba contestent : cela aussi s'appelle fixe, et l'on n'appelle occasionnel que s'il n'a pas été nommé du tout.

(כז) שאין לו זקן - ולפי גירסת הגר"א במסכת סופרים פי"ד עי"ש יהיה תלוי דין זה בדין מינוי הסריס המבואר בס"ט:

Qui n'a pas de barbe - Et selon la leçon du Gra dans Massekhet Sofrim chapitre 14, ce droit dépendrait du droit de nomination de l'eunuque exposé au seif 9.

(כח) סריס - דהיינו שנראו בו סימני סריס דאל"ה כיון שלא הביא שתי שערות אמרינן עדיין הוא קטן כמו שכתב סימן נ"ה ס"ה עי"ש במ"ב. ומהרש"ל בחולין סימן מ"ה כתב שאין למנות סריס דגנאי הוא לצבור:

Eunuque - C'est-à-dire que les signes de l'eunuque sont apparus en lui ; sinon, puisqu'il n'a pas poussé deux poils, nous disons qu'il est encore mineur, comme il est écrit au siman 55 seif 5, voir là le MB. Le Maharshal dans Houllin siman 45 a écrit qu'on ne nomme pas un eunuque, car c'est une honte pour le tsibbour.

(כט) בן עשרים - דקודם אפילו נראו בו סימני סריס בלא"ה לא יוכל להיות ש"ץ אפילו באקראי דעדיין הוא קטן:

Âgé de vingt ans - Car avant cela, même si les signes de l'eunuque sont apparus en lui, il ne pourra de toute façon pas être envoyé de la communauté même à l'occasion, car il est encore mineur.

(ל) תפלת ערבית - לפי שאין מוציאין את הרבים ידי חובתן שהרי אינן מחזירין את התפלה רק שאומרים ברכו וקדיש. ועוד טעמים אחרים עיין בב"י וכ"ז נדחק רק לקיים המנהג אבל הוא בעצמו סובר דאין נכון לכתחלה לעשות כן:

La tefila d'Arvit - Parce qu'on n'acquitte pas le public de son obligation : on ne répète pas la tefila, on dit seulement Bérekhou et kaddish. Et d'autres raisons encore, voir le Beit Yossef. Tout cela n'est qu'une justification pour maintenir la coutume ; mais lui-même estime qu'il n'est pas convenable de le faire a priori.

(לא) במוצאי שבתות - ה"ה ערבית דחול אלא שהמנהג שנהגו באותן המקומות היה במוצאי שבתות:

Aux sorties de Chabbat - De même Arvit de semaine ; seulement, la coutume de ces lieux était aux sorties de Chabbat.

(לב) בתפילת ערבית - משום ברכו שבה וה"ה שלא יפרוס על שמע למי שלא שמע ברכו בשחרית דבאמת ברכו נמי מצוה על כל הצבור לשמען שחרית וערבית וקטן שאין חייב אינו מוציאם בזה:

Dans la tefila d'Arvit - À cause du Bérekhou qui s'y trouve. De même, on ne fera pas « péricope sur Chema » pour celui qui n'a pas entendu Bérekhou le matin : en vérité Bérekhou aussi est une mitsva pour tout le tsibbour de l'entendre, matin et soir, et un mineur qui n'est pas obligé n'acquitte pas les autres en cela.

(לג) דהרי עדיין - ר"ל במקומות שנוהגין להתפלל של שבת בע"ש מבעוד יום משום תוספת שבת מ"מ הרי עדיין לא נשלמו לו י"ג שנה עד ליל שבת שתוספת שבת אינו מועיל לענין שנות ימי הנער אבל אם מתפלל בלילה ערבית אחר צאת הכוכבים מותר לירד לפני התיבה ומה שאמר בכל מקום י"ג שנה ויום אחד לא שצריך יום אחד יותר אלא ר"ל שצריך י"ג שנים שלימות מיום אל יום לאפוקי חסרון מקצת שעות הלכך מיד בתחלת לילה נתמלאו שנותיו והוי גדול. ואפילו נולד ביום ר"ה קודם בין השמשות נעשה ב"מ בתחלת ליל ר"ה של שנת י"ד:

Car il n'a pas encore - C'est-à-dire : dans les lieux où l'on a coutume de prier celle du Chabbat le vendredi encore jour, à cause de l'ajout du Chabbat, néanmoins ses treize ans ne sont pas encore accomplis avant la nuit du Chabbat ; l'ajout du Chabbat n'y fait rien pour les années de l'enfance. Mais s'il prie le soir Arvit après la sortie des étoiles, il lui est permis de descendre devant le pupitre. Ce qu'on dit partout « treize ans et un jour » ne signifie pas qu'il faille un jour de plus, mais qu'il faut treize années complètes de date à date, à l'exclusion du manque de quelques heures : dès le début de la nuit ses années sont accomplies et il est majeur. Même s'il est né le jour de Roch Hachana avant le crépuscule, il devient obligé des mitsvot au début de la nuit de Roch Hachana de sa quatorzième année.

(לד) ש"ץ - מי שיש לו קול נעים ירנן להקב"ה ולא שאר רננות ואם רקק יקנח פיו ואח"כ יתפלל [ס"ח סי' רנ"א]:

Envoyé de la communauté - Celui qui a une voix agréable chantera pour le Saint, béni soit-Il, et non d'autres chants. S'il a craché, qu'il s'essuie la bouche puis prie [Sefer Hassidim siman 251].

(לה) מגונה - איתא בס"ח בשעה שרשב"ג יצא לדין ליהרג אמר לר' ישמעאל כה"ג אחי מפני מה אני יוצא ליהרג א"ל שמא היית דורש ברבים ושמח לבך ונהנית מד"ת א"ל אחי נחמתני:

Laid - Il est dit dans le Sefer Hassidim : lorsque Rabban Chimone ben Gamliel sortit pour le jugement afin d'être tué, il dit à Rabbi Yichmaël, grand prêtre : mon frère, pourquoi sors-je pour être tué ? Il lui dit : peut-être exposais-tu en public, ton cœur se réjouissait et tu jouissais des paroles de Torah. Il lui dit : mon frère, tu m'as consolé.

(לו) הצבור - כתב בים של שלמה סי' נ' אסור לו להאריך שלא ברצון הקהל אפילו בשבת ויו"ט ואף ברצון הקהל יותר מדאי מגונה כי אין זה לא מחציו לד' ולא מחציו לכם. כתב שכנה"ג בשם תשובת ר"י ברונא ש"ץ שנפסל קולו אם נשמע כאלו הוא מרתת ושבור פסול. עוד כתב אם שני חזנים שוים כהן קודם ללוי לוי לישראל ות"ח קודם לע"ה אפילו הוא כהן וכ"ש לוי:

Le tsibbour - Il est écrit dans Yam Chel Chelomo siman 50 : il lui est interdit de s'attarder contre la volonté de l'assemblée, même Chabbat et Yom Tov ; et même avec la volonté de l'assemblée, trop c'est laid, car ce n'est ni la moitié pour ה' ni la moitié pour vous. Le Kenesset Hagedola a écrit au nom d'une responsum de Rabbi Israël Bruna : un envoyé de la communauté dont la voix s'est altérée, si on l'entend comme tremblante et brisée, est inapte. Il a encore écrit : si deux hazanim sont égaux, le kohen passe avant le lévi, le lévi avant l'Israélite, et le sage de Torah avant l'ignorant, même si celui-ci est kohen, et à plus forte raison lévi.

(לז) לאלפי"ן עייני"ן - פי' הברת העין הוא בחוזק ועמוקה יותר מהברת האלף וה"ה למי שקורא חתי"ן ההי"ן או שקורא לשיבולת סיבולת. ואם כולם מדברים כך מותר להיות ש"ץ [מ"א בשם הרדב"ז] ודע עוד דה"ה לכל מי שאינו יכול להוציא האותיות כתיקונן כגון שהוא כבד פה וכבד לשון ג"כ אין מורידין אותו לפני התיבה [כן מוכח מהרמב"ם פט"ו מהלכות נשיאת כפים ה"א ופ"ח מה' תפלה הלכה י"ב עי"ש בכ"מ וצ"ע מירושלמי פ' היה קורא הלכה ד' דאיתא שם היה לשונו ערוך ע"ש בפני משה דמתיר בענין זה מפני שמ"מ אינו משנה האותיות מהוייתן עי"ש אכן לפי מה שפירש שם הבעל ספר חרדים את דברי הירושלמי ניחא]:

Les aleph comme des ayin - C'est-à-dire : le son de l'ayin est plus fort et plus profond que le son de l'aleph. De même celui qui lit les het comme des hé, ou qui lit « sibolet » au lieu de « chibolet ». Si tous parlent ainsi, il est permis d'être envoyé de la communauté [Magen Avraham au nom du Radbaz]. Sache encore que de même, quiconque ne peut pas sortir les lettres comme il faut, par exemple s'il est lourd de bouche et lourd de langue, on ne le fait pas non plus descendre devant le pupitre [ainsi ressort-il du Rambam, Hilkhot Nessiat Kapayim 15:1 et Hilkhot Tefila 8:12 ; voir le Kessef Michné. Et cela demande examen d'après le Yerouchalmi, chapitre « Il lisait », halakha 4, où il est dit « sa langue était ordonnée » ; voir le Penei Moché qui le permet en cela, parce qu'après tout il ne change pas les lettres de leur être. Mais selon ce qu'a expliqué là l'auteur du Sefer Haredim sur le Yerouchalmi, cela s'arrange].

(לח) ולעייני"ן אלפי"ן - עיין בפר"ח שהעלה דבזמן דליכא אחר ראוי כמותו מותר להורידו לתיבה אפילו בחתי"ן ההי"ן אבל בעל פני משה הנ"ל חולק עליו וסובר דאפילו בדליכא אחר לא שרי כ"א היכא דכשהוא מכוין לקרות אותו לחי"ת על ידי טורח יכול לקרות אותו שפיר ונראה עוד דאפי' לפר"ח אין מותר למנותו לש"ץ בקבע פן יזדמן מחר אחר טוב ממנו רק לפעם זה מותר להורידו בדליכא ראוי כמותו כההיא מעשה דר"ח שם בגמרא:

Et les ayin comme des aleph - Voir le Peri Hadach qui a conclu : quand il n'y en a pas d'autre convenable comme lui, il est permis de le faire descendre au pupitre, même s'il lit les het comme des hé. Mais l'auteur du Penei Moché ci-dessus le conteste et tient que même s'il n'y en a pas d'autre, ce n'est permis que s'il s'applique à lire ce het avec effort et peut alors le lire correctement. Il semble encore que même selon le Peri Hadach, on ne le nommera pas envoyé de la communauté à demeure, de peur qu'il ne se trouve demain quelqu'un de meilleur que lui : seulement pour cette fois il est permis de le faire descendre s'il n'y en a pas d'autre convenable comme lui, comme dans le fait de Rav Hisda là-bas dans la Guemara.

(לט) וזרועותיו - וגם כתפיו:

Et ses bras - Et aussi ses épaules.

(מ) לפני התיבה - להעשות ש"ץ להתפלל אבל פורס הוא על שמע לבד וגם אינו קורא בתורה שגנאי הוא:

Devant le pupitre - Pour devenir envoyé de la communauté et prier. Mais il fait la « péricope sur Chema » seulement, et il ne lit pas non plus dans la Torah, car c'est une honte.

(מא) סומא - אפילו בשתי עיניו וחייב בכל המצות מן התורה דקי"ל כרבנן דר' יהודא. ובתשובת חות יאיר סי' קע"ו העלה שאעפ"כ לא יתפלל סומא בימים נוראים אפי' באחד מעיניו היכא דאיכא אחר ראוי והגון כיוצא בו ע"ש טעמו ובספר אליהו רבא באות י' חולק עליו ונ"ל דאף לדברי החו"י היינו רק שלא למנותו לכתחלה אבל לא לסלקו מש"ץ אם נעשה סומא. ש"ץ שיש לו כבידות אזנים שאינו שומע כלל מסיק בחידושי רע"א דלא יהיה ש"ץ דאף דאם לא השמיע לאזנו יצא מ"מ כיון דלכתחלה צריך להשמיע לאזנו אינו מוציא אחרים לכתחלה:

Aveugle - Même des deux yeux. Il est tenu de toutes les mitsvot de la Torah, car nous tenons comme les Sages contre Rabbi Yehouda. Dans les responsa Havat Yaïr siman 176, il a conclu que néanmoins un aveugle ne priera pas aux Jours redoutables, même d'un seul œil, s'il s'en trouve un autre convenable et digne comme lui ; voir sa raison. Dans le livre Eliyahou Rabba, lettre 10, il le conteste. Il me semble que même selon le Havat Yaïr, cela s'entend seulement pour ne pas le nommer a priori, mais non pour l'écarter de la charge s'il est devenu aveugle. Un envoyé de la communauté qui a les oreilles lourdes et n'entend pas du tout : les Hidouchim de Rabbi Akiva Eiger concluent qu'il ne sera pas envoyé de la communauté, car même si, n'ayant pas fait entendre à son oreille, il est quitte, néanmoins a priori il faut faire entendre à son oreille, et il n'acquitte pas les autres a priori.

(מב) שלא יקרא - עיין לקמן סימן קל"ט ס"ד בהג"ה:

Afin qu'il ne lise pas - Voir plus loin siman 139 seif 4 dans la glose.

(מג) ולא ימתין - שהרי כבר מינוהו לזה:

Et il n'attendra pas - Puisqu'on l'a déjà nommé pour cela.

(מד) לסרב - שליח ציבור שלא רצה להיות עוד ש"ץ וקבלו אחר במקומו א"צ רשות כיון שבידו עוד להיות ש"ץ ודוקא מהקהל א"צ רשות אבל מהש"ץ השני צריך ליטול רשות כן כתב בתשובת יד אליהו ולפי מה שביארנו בבה"ל גם ש"ץ כזה צריך ליטול רשות מתחלה:

À se récuser - Un envoyé de la communauté qui n'a plus voulu l'être et dont on a accepté un autre à sa place n'a pas besoin d'autorisation, puisqu'il peut encore l'être. Seulement de la communauté il n'a pas besoin d'autorisation, mais du second envoyé de la communauté il doit prendre autorisation : ainsi a écrit dans les responsa Yad Eliyahou. Et selon ce que nous avons expliqué dans le Biour Halakha, même un tel envoyé de la communauté doit d'abord prendre autorisation.

(מה) כלל - דאין מסרבין לגדול. וכתבו התוספות סוף פרק ז' דפסחים דבדבר גסות ושררה אפילו האומר לו הוא אדם גדול יסרב:

Du tout - Car on ne se récuse pas devant un grand. Les Tossafot à la fin du chapitre 7 de Pessahim ont écrit : en matière d'orgueil et de fonction, même si celui qui le lui dit est un grand homme, qu'il se récuse.

(מו) לא ירד - ואפילו אם הוא מתחרט אח"כ ואומר הריני עובר בצבועים לא שבקינן ליה:

Il ne descendra pas - Et même s'il se repent ensuite et dit : « me voici, je passe avec des vêtements de couleur », on ne le lui permet pas.

(מז) באותה תפלה - דכיון שלא שמענו ממנו בהדיא דברי אפיקורסות די לחוש עי"ז לאותה תפלה לבד:

Dans cette tefila - Puisque nous n'avons pas entendu de lui explicitement des paroles d'hérésie, il suffit de craindre pour cette tefila seulement.

(מח) אמתלא - כגון שאמר שדיבורו היה לכבוד המקום וללבוש לבנים מ"מ כיון שהצבור בקשו ממנו להתפלל להם כך לא היה לו להיות סרבן כיון דמדינא מותר. כתב הפר"ח דוקא אם אח"כ אמר האמתלא אבל אם מיד כשאמר שאיני עובר בצבועים אמר תיכף הטעם שאין דרך כבוד לד' כ"א בלבנים ירד עי"ש:

Un prétexte - Par exemple s'il a dit que sa parole était pour l'honneur du Lieu et pour porter du blanc. Néanmoins, puisque le tsibbour lui a demandé de prier ainsi, il n'aurait pas dû se récuser, car d'après la loi c'est permis. Le Peri Hadach a écrit : seulement s'il a dit le prétexte ensuite ; mais s'il a dit tout de suite, en disant « je ne passe pas avec des vêtements de couleur », la raison que ce n'est pas une voie d'honneur pour ה' sinon en blanc, il descendra.

(מט) מלהיות ש"ץ - לפי שלא יוכל לאמר אלהי אבותינו אבל כשהוא מתפלל בינו לבין עצמו יאמר אלהי אבות ישראל:

D'être envoyé de la communauté - Parce qu'il ne pourra pas dire « Dieu de nos pères ». Mais quand il prie entre lui et lui-même, il dira « Dieu des pères d'Israël ».

(נ) ונדחו דבריהם - דהוא יכול לומר ג"כ אלהי אבותינו דאברהם נקרא אב המון גוים כדכתיב כי אב המון וגו' מפני שלמד לכל העולם אמונת ד'. ש"ץ ממזר תלוי במחלוקת אם ממזר כשר לכתוב תפילין [כן כתוב בשיורי כנה"ג] ולפי זה להמ"א בסי' ל"ט שכתב בשם הד"מ דמותר לכתוב תפילין מותר להיות ש"ץ אמנם בספר ברכי יוסף ביו"ד רפ"א מסיק דש"ץ לא יהיה ותפילין שכתב כשרים:

Et leurs paroles ont été écartées - Car il peut aussi dire « Dieu de nos pères » : Avraham est appelé père d'une multitude de nations, comme il est écrit « car père d'une multitude, etc. », parce qu'il a enseigné à tout le monde la foi en ה'. Un envoyé de la communauté mamzer dépend de la discussion : un mamzer est-il apte à écrire des tefilin [ainsi est-il écrit dans Chiyourei Kenesset Hagedola]. Selon cela, d'après le Magen Avraham au siman 39 qui a écrit au nom du Darkhei Moché qu'il est permis d'écrire des tefilin, il est permis d'être envoyé de la communauté. Toutefois le livre Birkéi Yossef, Yoré Déa début 281, conclut qu'il ne sera pas envoyé de la communauté, et que les tefilin qu'il a écrits sont kasher.

(נא) יכול לעכב - בעת ההתמנות והטעם שהרי התפלות במקום התמידים תקנום וכל ישראל יש להם חלק בתמידים ומי יוכל להקריב קרבנו שלא מדעתו אם לא שכבר הסכים עליו ואז אין יחיד וגם חצי הקהל יכולין להעבירו אפי' רוצים ליתן לו שכרו משלם כיון שלא עשה שלא כהוגן אבל רוב הקהל יכולין להעבירו אם נותנין לו שכרו משלם [א"ז] ועכשיו הרשות להעבירו רק ביד ז' טובי העיר או הנבררים כל מקום ומקום לפי התקנה [פמ"ג]:

Peut empêcher - Au moment de la nomination. La raison : les tefilot ont été instituées à la place des sacrifices perpétuels, et tout Israël a part aux perpétuels ; qui pourrait offrir le sacrifice d'autrui sans son aveu, à moins qu'il n'ait déjà consenti ? Alors ni un yahid ni la moitié de la communauté ne peuvent l'écarter, même s'ils veulent lui donner son salaire entier, puisqu'il n'a pas agi inconvenablement. Mais la majorité de la communauté peut l'écarter s'ils lui donnent son salaire entier [Or Zaroua]. Et maintenant le pouvoir de l'écarter n'est qu'entre les mains des sept notables de la ville ou des élus, chaque lieu selon son règlement [Peri Megadim].

(נב) איני רוצה - ודוקא שיש ש"ץ אחר שיוכלו הקהל להשכירו בדמיו אבל אם אינו בנמצא או שהוא בנמצא אלא שבא להוסיף בדמים יכולין הקהל לומר לו אין בידינו להוסיף אלא הוא יוסיף משלו ואף אם יברר טענתו שזה השני הוא מעולה מן הראשון כנגד תוספות הדמים אפ"ה יכולין הקהל לומר אין יכולת כ"כ בידינו להוסיף בדמים:

Je ne veux pas - Et seulement s'il y a un autre envoyé de la communauté que la communauté peut embaucher à son prix. Mais s'il ne s'en trouve pas, ou s'il s'en trouve un mais qui vient demander davantage, la communauté peut lui dire : nous n'avons pas de quoi ajouter, c'est lui qui ajoutera de son argent. Même s'il établit son argument que le second est supérieur au premier au regard du surcroît de prix, la communauté peut néanmoins dire : nous n'avons pas tant de moyen d'ajouter au prix.

(נג) שפלוני יהיה חזן - ה"ה בכל המינוים יכול למחות אפילו בחכם מרביץ תורה [תופס ישיבה] ודוקא כשרוצה לקבל אחר אבל אם מוחה שאינו רוצה שיהיה מרביץ תורה בקהל פשיטא שאין במחאתו כלום ואפילו המיעוט יכולין לכוף לרוב ואפילו ברוצה למנות אחר אם אותו שרוב הקהל מסכימים עליו הוא עדיף מזה ג"כ אינו יכול למחות ואפשר דאפילו מיעוט יכולין לכוף לרוב לשכור מעולה [כנה"ג] כתבו האחרונים שזה הדין דשו"ע הוא דוקא בימיהם אבל היום שידוע שבעו"ה הרבה מחזיקין במחלוקת בלי טעם וריח וכונתם שלא לש"ש אם היו צריכין לשאול לכל יחיד ויחיד בענין המינויים בין לענין מינוי הש"ץ או מרביץ תורה ואב"ד בעיר וכל כה"ג לא היו מסכימים לעולם ע"כ הולכין אחר רוב פורעי המס ואפילו פסולי קורבי ביניהם [מ"א] ועכשיו המנהג שהולכין אחר ז' טובי העיר או אחר הנבררים מן הקהל ע"ז כל מקום ומקום לפי מנהגו [פמ"ג] והכל שלא ירבו המחלוקת ואין משגיחין על יחיד והמ"א כתב עוד טעם דלא שייך היום דין דעיכוב יחיד לענין ש"ץ דדוקא בזמניהם שהיה הש"ץ מוציא רבים י"ח בתפילתו אז היה יחיד יכול לעכב דאין נעשה שלוחו בע"כ משא"כ עתה שכולם בקיאים רק הש"ץ הוא לפיוטים אע"פ שאומר קדיש וברכו אין כל כך קפידא:

Qu'un tel soit hazan - De même dans toutes les nominations on peut s'opposer, même à un sage qui répand la Torah [qui tient une yechiva]. Seulement s'il veut en accepter un autre ; mais s'il s'oppose à ce qu'il y ait un maître qui répande la Torah dans la communauté, son opposition ne vaut évidemment rien, et même la minorité peut contraindre la majorité. Même s'il veut en nommer un autre, si celui sur qui la majorité de la communauté s'accorde est meilleur que celui-ci, il ne peut pas non plus s'opposer. Et il se peut que même une minorité puisse contraindre la majorité à embaucher un meilleur [Kenesset Hagedola]. Les Aharonim ont écrit que ce droit du Choulhan Aroukh n'était qu'en leur temps ; mais aujourd'hui, où l'on sait que par nos nombreux péchés beaucoup s'attachent à la dispute sans raison ni parfum et que leur intention n'est pas pour le Nom, s'il fallait demander à chaque yahid pour les nominations — nomination de l'envoyé de la communauté, du maître qui répand la Torah ou de l'av beit din de la ville, et tout ce qui s'ensuit — on ne s'accorderait jamais. On suit donc la majorité des contribuables, même s'il y a parmi eux des inaptes par parenté [Magen Avraham]. Et maintenant la coutume est de suivre les sept notables de la ville ou les élus de la communauté pour cela, chaque lieu selon sa coutume [Peri Megadim]. Le tout afin que les disputes ne se multiplient pas, et l'on n'a pas égard à un yahid. Le Magen Avraham a encore écrit une raison : le droit d'empêchement d'un yahid pour l'envoyé de la communauté ne s'applique plus aujourd'hui ; c'était seulement en leur temps, où l'envoyé de la communauté acquittait le public de son obligation par sa tefila, qu'un yahid pouvait empêcher, car on ne devient pas son envoyé malgré soi ; ce qui n'est pas le cas maintenant, où tous sont compétents et l'envoyé de la communauté n'est que pour les piyoutim : bien qu'il dise kaddish et Bérekhou, il n'y a pas tant à y regarder.

(נד) מתחלה - ואם קבלוהו לזמן ונשלם הזמן לא מקרי הסכים עליו מתחלה דעכשיו הוי קבלה חדשה וכאלו לא היה שם עדיין [ט"ז] ועיין מה שכתבנו בסוף ס"ק הקודם. ראובן שהיה ש"ץ שכיר שנה והשלים שנתו והתחיל להתפלל ימים מספר מהשנה החדשה ומקצת אנשים מיחו בו באמרם שכבר נשלם השנה שהשכירוהו ושאינם רוצים אותו עוד והש"ץ טען שמאחר שכבר התחיל להתפלל בהימים נוראים שהם מהשנה החדשה ולא מיאנו בו שלהיותו שכיר שנה מקצתה ככולה ושיפרעו לו משלם פסק בתשובת מ"ץ דהדין עם הש"ץ. עיין לקט הקמח י"ד ע"א:

Dès le début - Et s'ils l'ont accepté pour un temps et que le temps est achevé, on n'appelle pas cela qu'il a consenti dès le début : maintenant c'est une acceptation nouvelle, comme s'il n'avait pas encore été là [Taz]. Voir ce que nous avons écrit à la fin du SK précédent. Réouven était envoyé de la communauté embauché pour un an ; il a achevé son année et a commencé à prier quelques jours de la nouvelle année ; quelques hommes se sont opposés à lui en disant que l'année pour laquelle on l'avait embauché était déjà achevée et qu'ils ne le veulent plus ; l'envoyé de la communauté a argué que puisqu'il avait déjà commencé à prier aux Jours redoutables, qui sont de la nouvelle année, et qu'on ne s'y était pas opposé, être embauché une partie de l'année c'est comme le tout, et qu'on lui paie entièrement. Il a été tranché dans les responsa du Mahari Mintz que le droit est avec l'envoyé de la communauté. Voir Leket HaKemah 14a.

(נה) טובי העיר - ר"ל שהציע לפניהם איזה ענין שבשביל זה אינו מתרצה בו כגון שמידותיו אינם ישרים בעיניו וכה"ג ולא טענת פסול דבזה לכו"ע אין יחיד יכול למחות כל זמן שלא בירר כי יש לחוש לפגמו:

Les notables de la ville - C'est-à-dire qu'il a exposé devant eux quelque affaire pour laquelle il n'est pas d'accord avec lui, par exemple que ses traits ne lui semblent pas droits, et semblable ; et non une allégation d'inaptitude : en cela, de l'avis de tous, un yahid ne peut s'opposer tant qu'il n'a pas établi [les faits], car il faut craindre d'entacher sa réputation.

(נו) שונאו - ר"ל שידוע באמת מכבר שהם שונאים זה לזה לכך יכול למחות בו דאינו נעשה שלוחו לתפלה בע"כ אבל אם אומר שהוא שונאו לאו כל כמיניה:

Son ennemi - C'est-à-dire qu'il est vraiment connu de longue date qu'ils se haïssent l'un l'autre ; c'est pourquoi il peut s'y opposer, car on ne devient pas son envoyé pour la tefila malgré soi. Mais s'il dit qu'il est son ennemi, ce n'est pas en son pouvoir.

(נז) קודם וכו' - אבל אם נעשה שונא לש"ץ לאחר שהסכים עליו תו אין היחיד יכול למחות אלא הש"ץ מחוייב לומר בפירוש שיסיר הקנאה מלבו ויוציאנו בתפלתו. גם אם מכוין שלא להוציא השונא גם אוהבים לא יצאו ע"כ צריכין החזנים ליזהר בזה [פמ"ג] כתב בד"מ בשם א"ז אין ש"ץ צריך להחניף לצבור במילי דשמיא וצריך להוכיחן. אך בעניני עצמו יראה להעביר על מדותיו ויהיה אהוב להקהל וכדלקמיה:

Avant, etc. - Mais s'il est devenu ennemi de l'envoyé de la communauté après avoir consenti, le yahid ne peut plus s'opposer ; seulement l'envoyé de la communauté est tenu de dire explicitement qu'il ôtera la jalousie de son cœur et l'acquittera par sa tefila. S'il a aussi l'intention de ne pas acquitter l'ennemi, les amis non plus ne sont pas quittes ; c'est pourquoi les hazanim doivent y veiller [Peri Megadim]. Il est écrit dans le Darkhei Moché au nom de l'Or Zaroua : l'envoyé de la communauté n'a pas à flatter le tsibbour en matière céleste, et il doit les reprendre. Mais en ses propres affaires, qu'il s'efforce de passer sur ses traits et d'être aimé de la communauté, comme plus loin.

(נח) שונא לש"ץ - ר"ל כיון שהוא שונא לש"ץ מסתמא הש"ץ ג"כ אינו אוהבו כי כמים הפנים לפנים וגו' ואולי יכוין ש"ץ הקורא בהתוכחה נגד פניו וחשש סכנה היא לו ע"כ פסק דמפני זה אפילו קראהו לא יעלה וכנה"ג כתב דיותר טוב שיעלה משיכנס לעונש בשביל שהוא מבזה כבוד התורה וכן הסכים הגר"א וכן כתב בספר שערי אפרים וז"ל צריך שיהיה אהוב להצבור והוא אוהבם ואם אירע שהקורא יש לו שנאה על אחד מהצבור מוטל על הסגן שלא יצוה לקרות לזה לפרשת התוכחה מפני שסכנה היא ואם יודע שהקורא שונאו ומתיירא שמא יקראוהו יצא בין גברא לגברא מבהכ"נ עד שיקראו אחר ויכנס אח"כ ואם לא יצא וקראוהו יעלה כיון שהוא מתכוין משום כבוד התורה שומר מצוה לא ידע דבר רע. ואסור להקורא לחשוב בשעת קריאתו ענין קללה לנוכח שום אדם עי"ש וכתב בפתחי שערים דאף להמג"א יעלה בדיעבד אם קראהו:

Ennemi de l'envoyé de la communauté - C'est-à-dire : puisqu'il hait l'envoyé de la communauté, à coup sûr l'envoyé de la communauté non plus ne l'aime pas, car « comme l'eau le visage vers le visage, etc. » ; et peut-être l'envoyé de la communauté qui lit dans la Réprimande visera-t-il contre son visage, et c'est un souci de danger pour lui. C'est pourquoi on a tranché que pour cela, même si on l'a appelé, il ne montera pas. Le Kenesset Hagedola a écrit qu'il est mieux qu'il monte plutôt que d'entrer dans une peine pour avoir méprisé l'honneur de la Torah ; ainsi a convenu le Gra ; ainsi a écrit le livre Chaaré Efraïm, et voici ses mots : il faut qu'il soit aimé du tsibbour et qu'il les aime ; s'il arrive que le lecteur ait de la haine contre l'un du tsibbour, il incombe à l'adjoint de ne pas ordonner d'appeler celui-ci à la paracha de la Réprimande, car c'est un danger ; et s'il sait que le lecteur le hait et craint qu'on ne l'appelle, qu'il sorte d'un appelé à l'autre du beit haknesset jusqu'à ce qu'on en appelle un autre, puis qu'il rentre ; et s'il n'est pas sorti et qu'on l'a appelé, qu'il monte, puisqu'il a l'intention pour l'honneur de la Torah : « qui garde la mitsva ne saura pas de chose mauvaise ». Il est interdit au lecteur de penser, pendant sa lecture, une affaire de malédiction envers qui que ce soit. Voir là. Le Pithei Shearim a écrit que même selon le Magen Avraham il montera après coup si on l'a appelé.

(נט) בשביל אביו - פי' שמת אביו ורוצה להתפלל כדרך האבלים כי תפלה היא יותר מצוה מאמירת הקדיש:

Pour son père - C'est-à-dire que son père est mort et qu'il veut prier comme font les endeuillés, car la tefila est une plus grande mitsva que de dire le kaddish.

(ס) שירצה הקהל - הטעם דדוקא קדיש יכול לומר בשביל אביו ואין רשות ביד הקהל לדחותו אבל לא יכול להיות שליח הקהל להתפלל על כרחם ולענין זה הוא ג"כ כמו בש"ץ שאין יחיד מוחה כדי שלא ירבה המחלוקת אלא הולכין אחר רוב או הנבררים לזה וכמו שכתבנו לעיל בשם האחרונים. יש מקומות שיש להם תקנה בבהכ"נ שאין מניחין לאבל להתפלל כל השבוע לפני התיבה כ"א להש"ץ הקבוע שלהם אין לדחות התקנה [ונעשית מפני ע"ה שאינם יודעים ומבינים הברכות והתפילות ואומרים טעות ואיכא זילותא לכך תקנו אפילו על היודעים שלא יתפללו משום דלא ליתי לאנצויי] אכן במקום דליכא תקנה ומנהג קבוע מצוה לקהל להניח לאבל להתפלל שהוא נחת רוח למת ומצילו מדינו של גהינם ומיהו ודאי כשאין יכול לחתוך האותיות וכדומה אין לו להתפלל לפני העמוד. כתב המ"א אם יש אבל ומוהל נדחה האבל מן התפלה מחמת המוהל ויום שמת בו אביו ואמו שקורין יארצייט דוחה למוהל ולאבל וכל זה שאין הקהל מקפידין ע"ז אבל יש רשות ביד הקהל לבחור עליהם מי שירצו:

Que voudra la communauté - La raison : seulement le kaddish, il peut le dire pour son père, et la communauté n'a pas le pouvoir de le repousser ; mais il ne peut pas être l'envoyé de la communauté pour prier contre leur gré. Pour cela aussi, c'est comme pour l'envoyé de la communauté : un yahid ne s'oppose pas, afin que la dispute ne se multiplie pas ; on suit la majorité ou les élus pour cela, comme nous l'avons écrit plus haut au nom des Aharonim. Il est des lieux qui ont un règlement au beit haknesset de ne pas laisser l'endeuillé prier toute la semaine devant le pupitre, mais seulement leur envoyé de la communauté fixe : on ne repoussera pas le règlement [il a été fait à cause des ignorants qui ne savent ni ne comprennent les berakhot et les tefilot, disent des erreurs, et il y a abaissement ; on a donc institué même pour ceux qui savent de ne pas prier, afin qu'on n'en vienne pas à se quereller]. Mais là où il n'y a ni règlement ni coutume fixe, c'est une mitsva pour la communauté de laisser l'endeuillé prier : c'est un apaisement pour le mort et cela le sauve du jugement de la Géhenne. Toutefois, certainement, s'il ne peut pas articuler les lettres et semblable, il n'a pas à prier devant le pupitre. Le Magen Avraham a écrit : s'il y a un endeuillé et un mohel, l'endeuillé est écarté de la tefila à cause du mohel ; et le jour où son père ou sa mère est mort, qu'on appelle yahrzeit, écarte le mohel et l'endeuillé. Tout cela si la communauté n'y tient pas ; mais la communauté a le pouvoir de choisir sur eux qui elle veut.

(סא) הוא יאמר - ובתפלת מעריב שהיא אינו כנגד תמידים רק כנגד איברים ופדרים אפשר דא"צ דעת בעלים ואין הקהל יכולין לעכב לאבל להתפלל מעריב דמצוה שיתפלל מי שמת לו אביו ואמו ומ"מ ודאי אין להתקוטט בשביל שום מצוה עם הצבור וכדלקמיה בסעיף קטן ס"ה [פמ"ג]:

C'est lui qui dira - Et dans la tefila de Maariv, qui n'est pas en regard des sacrifices perpétuels mais en regard des membres et des graisses, il se peut qu'on n'ait pas besoin de l'aveu des propriétaires, et que la communauté ne puisse pas empêcher l'endeuillé de prier Maariv, car c'est une mitsva que prie celui dont le père ou la mère est mort. Toutefois, certainement, on ne se querellera pas avec le tsibbour pour n'importe quelle mitsva, comme plus loin au SK 65 [Peri Megadim].

(סב) אף שרוב הצבור חפצים בו - והשר ביקש מהמיעוט הממאנים שיסכימו עליו כי חלילה לקבל עבודת בוראנו ע"י העכומ"ז:

Même si la majorité du tsibbour le désire - Et le prince a demandé à la minorité récalcitrante de consentir à lui, car loin de nous d'accepter le service de notre Créateur par l'intermédiaire des nations.

(סג) בשכר עדיף - שבזה אין אחר שאינו הגון רשאי לפשוט רגלו להתפלל ואם היה בנדבה הרשות נתונה לכל וכפרוץ הדבר יעלה מי שאינו הגון ועוד הש"ץ יהי' בעצמו יותר נזהר בתפלתו ובתיקונו הואיל ושכיר הוא. ואף שיש בחנם צריכין העניים ג"כ ליתן שכירות הש"ץ שש"ץ בשכר עדיף [פמ"ג]:

Avec salaire, c'est mieux - Car ainsi nul autre qui n'est pas digne n'osera avancer le pied pour prier ; si c'était bénévolement, la permission serait donnée à tous, et à mesure que la chose s'ouvrirait monterait qui n'est pas digne. De plus l'envoyé de la communauté sera lui-même plus attentif à sa tefila et à sa tenue, puisqu'il est salarié. Même s'il y en a un gratuit, les pauvres aussi doivent donner le salaire de l'envoyé de la communauté, car un envoyé de la communauté salarié est préférable [Peri Megadim].

(סד) להתפלל - או לתקוע [ב"י]:

Pour prier - Ou pour sonner [Beit Yossef].

(סה) בלא רצון - ואין לאדם להתקוטט בעבור שום מצוה כגון גלילות ס"ת וכיוצא בו שהרי שנינו הצנועים מושכים את ידיהם מלחם הפנים והגרגרנים חוטפים ואכילת לחם הפנים הוא מצוה ופשוט דדוקא אם המצוה תתקיים ע"י אחר אבל אם המצוה תתבטל לגמרי כגון הכנסת אורחים או החזקת ת"ת ויש בידו למחות בודאי מחוייב למחות כדי להחזיק המצוה שהרי מדינא כופין על ענינים כאלו כמבואר בח"מ בסימן קס"ג ס"א בהג"ה וסוף סעיף ג':

Sans la volonté - Et l'homme ne se querellera pas pour n'importe quelle mitsva, par exemple l'enroulement du sefer Torah et semblable : nous avons appris que les modestes retirent les mains du pain de proposition et que les gloutons s'en emparent ; or manger le pain de proposition est une mitsva. Et il est évident que c'est seulement si la mitsva s'accomplira par un autre ; mais si la mitsva serait tout à fait annulée, par exemple l'accueil des hôtes ou le soutien de la Torah, et qu'il a le pouvoir de s'opposer, certainement il est tenu de s'opposer pour maintenir la mitsva : d'après la loi on contraint sur de telles affaires, comme exposé dans Hochen Michpat siman 163 seif 1 dans la glose et à la fin du seif 3.

(סו) אין עונין - שאין זה מברך אלא מנאץ שנאמר בוצע ברך ניאץ ד':

On ne répond pas - Car celui-là ne bénit pas, il insulte, ainsi qu'il est dit : « le cupide a béni, il a insulté ה'. »

(סז) שכר ש"ץ - ובסימן נ"ה סכ"א שפוסק דחציו לפי ממון וחציו לפי נפש עיין בספר אליהו רבא שמחלק דבחזן שאני עי"ש ובביאור הגר"א משמע שהמחבר חזר בו ופסק שם כהג"ה שבכאן:

Le salaire de l'envoyé de la communauté - Et au siman 55 seif 21 il tranche : moitié selon la fortune et moitié selon les têtes. Voir le livre Eliyahou Rabba qui distingue : pour le hazan c'est autre chose. Et dans le Biour du Gra il ressort que l'auteur est revenu et a tranché là comme la glose d'ici.

(סח) מקופת הקהל - שניגבית לפי הממון:

De la caisse de la communauté - Qu'on lève selon la fortune.

(סט) חצי וכו' - כי יש סברא לומר שהעני צריך להחזן כמו העשיר ויש לפעמים שהעשירים נותנים יותר ממון להחזן שקולו ערב יותר גם שהעני יכול לילך למקום אחר ע"כ עשו פשרה זאת:

Moitié, etc. - Car il y a lieu de dire que le pauvre a besoin du hazan autant que le riche ; et parfois les riches donnent plus d'argent au hazan dont la voix est plus agréable ; et aussi le pauvre peut aller ailleurs. On a donc fait ce compromis.

(ע) הקהילות - בדרכי משה כתב דמנהג מדינותינו דל ועשיר נותנין בשוה וזהו החציו שלפי נפשות וגם מכל נשואין מגיע לו כפי נדן והוא החציו שלפי ממון ולבוש כתב דבמקום שאין מנהג יגבו לפי ממון עיין בח"מ סימן קס"ג ס"א בהג"ה [מ"א] ועיין בדרכי משה דמשמע מיניה דאפילו דעת הפוסקים דפוסקים לפי ממון איננו רק בשכירות הש"ץ ששוכרין אותו לימים נוראים דבזה ס"ל לפי ממון כי העשירים מחמת עשרם לא יוכלו לצאת מבתיהם ולהניחם ריקם והעניים יכולים לילך על עתים הללו לעיר אחרת משא"כ בש"ץ ששוכרין על כל השנה אין מחשבין לפי ממון לבד:

Les communautés - Dans Darkhei Moché il a écrit que la coutume de nos pays est que pauvre et riche donnent également : c'est la moitié selon les têtes ; et de chaque mariage lui revient selon la dot : c'est la moitié selon la fortune. Le Levouch a écrit : là où il n'y a pas de coutume, on lèvera selon la fortune ; voir Hochen Michpat siman 163 seif 1 dans la glose [Magen Avraham]. Voir Darkhei Moché d'où il ressort que même l'avis des décisionnaires qui tranchent selon la fortune n'est que pour le salaire de l'envoyé de la communauté qu'on embauche pour les Jours redoutables : en cela ils tiennent selon la fortune, car les riches, à cause de leur richesse, ne peuvent sortir de leurs maisons et les laisser vides, tandis que les pauvres peuvent aller en ces temps-là dans une autre ville ; ce qui n'est pas le cas de l'envoyé de la communauté qu'on embauche pour toute l'année : on ne calcule pas selon la fortune seulement.

(עא) הוא קודם - אע"ג דיחסר להם עי"ז מצות תפלה שלא יהיה להם מי שיוציאם ידי חובתם זה שיהיה רב ומ"ץ שיודיעם תורת ד' ומשפטיה עדיף מן התפלה ועיין בבה"ל שכתבנו גודל החיוב בכל עיר לזה וכתב בתשו' ח"ס חא"ח סי' ר"ו דכל אנשי העיר מחוייבים ליתן לזה ואין א' יכול לאמר אין אני צריך לרב ומ"ץ דמ"מ צריך לישא בעול עם הצבור דומיא דכל אנשי העיר מחוייבין ליתן על המקוה עי"ש:

Il passe avant - Bien que par là leur manque la mitsva de tefila, de n'avoir pas qui les acquitte de leur obligation : celui qui sera rav et more tsedek, qui leur enseignera la Torah de ה' et ses jugements, est préférable à la tefila. Voir le Biour Halakha où nous avons écrit la grande obligation de cela en chaque ville. Il est écrit dans les responsa Hatam Sofer, Orah Haim siman 206, que tous les gens de la ville sont tenus de donner pour cela, et que l'un ne peut dire « je n'ai pas besoin de rav et de more tsedek » : néanmoins il doit porter le joug avec le tsibbour, de même que tous les gens de la ville sont tenus de donner pour le mikvé.

(עב) ואם לאו - ר"ל כיון דבלא"ה לא יוכל להורות לעם האיך שיתנהגו ע"פ התורה ש"ץ קודם שיוציאם עכ"פ ידי חובתם בתפלה:

Et sinon - C'est-à-dire : puisqu'autrement il ne pourra pas enseigner au peuple comment se conduire selon la Torah, l'envoyé de la communauté passe avant, afin qu'il les acquitte au moins de leur obligation par la tefila.

(עג) חזן מאומנתו - וה"ה לכל התמנות במקום שלא נהגו למנות לזמן ידוע והטעם שלא יחשדום שנמצא בהם פסול:

Hazan de son métier - Et de même pour toute nomination, là où l'on n'a pas coutume de nommer pour un temps connu. La raison : afin qu'on ne les soupçonne pas qu'on a trouvé en eux une inaptitude.

(עד) בו פסול - בעדים. ואז אין מקבלין אותו עד שישוב בתשובה שלמה בלי ערמה ומרמה אבל בשבועה בעלמא שלא ילך בדרכים אלו לא מהני דבלא"ה מושבע ועומד מהר סיני הוא:

En lui une inaptitude - Par témoins. Alors on ne l'accepte pas jusqu'à ce qu'il fasse une techouva complète, sans ruse ni tromperie. Mais un serment simplement de ne plus aller dans ces voies n'y fait rien, car de toute façon il est déjà juré et tenu depuis le Sinaï.

(עה) ואין מסלקין - אבל למנותו לכתחלה אפילו בשביל רינון בעלמא יש למנוע ואפילו אם הרינון היה עליו רק בילדותו וכדלעיל בסעיף ד':

Et l'on n'écarte pas - Mais pour le nommer a priori, même pour un simple murmure, il faut s'en tenir, même si le murmure n'était sur lui que dans sa jeunesse, comme plus haut au seif 4.

(עו) שנתפס וכו' - ומ"מ יש לחוש לקול להושיב ב"ד על ככה. ש"ץ שבתו זינתה תחת בעלה אין למנותו לכתחלה אך אם נעשה זה אחר שכבר נתמנה נראה דאין להורידו בשביל זה:

Qui a été pris, etc. - Néanmoins il faut craindre la rumeur et siéger un tribunal à ce sujet. Un envoyé de la communauté dont la fille a fauté sous son mari : on ne le nommera pas a priori ; mais si cela est arrivé après qu'il a déjà été nommé, il semble qu'on ne le fasse pas descendre pour cela.

(עז) או שמסר אדם - ש"ץ המאיים ע"ח למוסרו לעכו"ם ולא מסר אע"פ שמכוער הדבר אפי' לאדם שאינו ש"ץ אינו נפסל על כך אלא גוערין בו ומתרין בו שאם יוסיף לומר כדברים הללו שיעבירוהו ממעלתו ואם הוסיף במרדו ראוי להעבירו:

Ou qui a livré un homme - Un envoyé de la communauté qui menace son prochain de le livrer aux nations et ne l'a pas livré : bien que la chose soit laide, même pour un homme qui n'est pas envoyé de la communauté, il n'est pas rendu inapte pour cela ; on le gronde et on l'avertit que s'il ajoute à dire de telles paroles, on l'écartera de sa charge. S'il a ajouté dans sa rébellion, il convient de l'écarter.

(עח) עליו עדים - ומדברי המ"א לעיל בסק"ז משמע דאפילו בקלא דלא פסיק יחיד מוחה עליו להעבירו וכן משמע ביש"ש חולין סוף סימן נ"ב ועיין בבה"ל:

Sur lui des témoins - Et des paroles du Magen Avraham plus haut au SK 7 il ressort que même pour une rumeur qui n'a pas cessé, un yahid s'oppose pour le faire écarter. Ainsi ressort-il du Yam Chel Chelomo, Houllin fin du siman 52. Voir le Biour Halakha.

(עט) מעבירין אותו - ואם עשה תשובה מהני שלא לסלקו אף אם עבר במזיד אבל למנותו מבואר בס"ה בהג"ה דבמזיד לא מהני תשובה דאין פרקו נאה ועי"ש במ"ב סקכ"ב. ואם עשה בילדותו עבירה ועדיין לא שב אף אם מינוהו מעבירין אותו דפסול בעבירה לעדות [פמ"ג]:

On l'écarte - Et s'il a fait techouva, cela sert à ne pas l'écarter, même s'il a transgressé volontairement. Mais pour le nommer, il est exposé au seif 5 dans la glose que volontairement la techouva n'y fait rien, car son passé n'est pas beau ; voir là MB SK 22. S'il a fait une faute dans sa jeunesse et n'est pas encore revenu, même si on l'a nommé, on l'écarte, car il est inapte par faute pour le témoignage [Peri Megadim].

(פ) הצואין - ש"ץ שמתוך חליו לאנסו א"א לנקות להיותו טהור מקרה לילה ואין מטהר עצמו כלל והוא ש"ץ אפשר בימים נוראים יש לגעור בו שיטבול ועכ"פ שיוציא הבגדים הצואים מעליו ואם לא ישמע לדברי חכמים לרחוץ יפה ולהסיר הבגדים הצואים מעליו ראוי להעבירו:

Sales - Un envoyé de la communauté qui, par sa maladie, contraint (anos), ne peut se tenir net d'un accident de nuit et ne se purifie pas du tout, et qui est envoyé de la communauté : aux Jours redoutables on pourra le gronder pour qu'il se plonge, et du moins qu'il ôte de sur lui les vêtements sales. S'il n'écoute pas les paroles des Sages pour se laver bien et ôter de sur lui les vêtements sales, il convient de l'écarter.

(פא) להחליף - וטוב שיחליף בגדיו המלוכלכים כל היום כשהולך בין הבריות שלא יהא בכלל המשניאים דכשם שת"ח אסור לצאת בשוק בבגדיו המלוכלכים כך ש"ץ אע"פ שאינו ת"ח:

Pour changer - Et il est bon qu'il change ses vêtements souillés tout le jour, quand il va parmi les créatures, afin de ne pas entrer dans ceux qui rendent haïssable : de même qu'il est interdit à un sage de Torah de sortir au marché dans ses vêtements souillés, ainsi l'envoyé de la communauté, même s'il n'est pas sage de Torah.

(פב) בשירי הנכרים - ר"ל בניגון שהנכרים מנגנים בו לעבודת גילולים שלהם וב"ח בתשובה סי' קכ"ז כתב דוקא בניגון שמיוחד לזה. ההולך בערכאות של עו"ג פסול להיות ש"ץ בר"ה ויוה"כ אלא א"כ עשה תשובה [א"ר בשם תורת אמת] ונ"ל דמיירי שלא נשאר עי"ז ממון חבירו בידו כגון שהיה בזה דיניהם כדיננו אפ"ה פסול עכ"פ בר"ה ויוה"כ דהוא עון גדול מצד עצמו כדאיתא בח"מ סימן כ"ו דאל"ה הלא הפסול מחמת עבירה אפילו בשאר ימות השנה אין לו להיות ש"ץ כדלעיל בס"ק י"ד ואולי בזמנינו בעו"ה דנשתכח האיסור מכמה אנשים ואפשר דהוא שוגג בדבר אין לפוסלו וכדאיתא כעין זה בח"מ סימן ל"ד סעיף ד' ע"ש ועכ"פ לענין ש"ץ בר"ה ויוה"כ בודאי יש להחמיר. ש"ץ שהיה שוחט ונמצא שמכר טרפה בחזקת כשרה בשוגג או שהיה מנקר ונמצא אחריו חלב אע"פ שאין מסלקין אותו מש"ץ מ"מ אין למנותו לכתחלה [כנה"ג] ואם עשה תשובה מותר אפילו למנותו כדלעיל בס"ה בהג"ה. קהל שחלקו תפלת ר"ה ויוהכ"פ כנהוג אם חלה אחד מהם ולא יכול להתפלל אינו רשאי להעמיד איש אחר במקומו וביד הקהל דוקא להעמידו [שערי אפרים סימן ל"א ועיין בתשובת כנסת יחזקאל סי' י"ג]:

Sur les chants des nations - C'est-à-dire un air que les nations chantent pour leur culte d'idoles. Le Ba'h dans une responsum siman 127 a écrit : seulement un air qui leur est propre. Celui qui va aux tribunaux des nations est inapte à être envoyé de la communauté à Roch Hachana et Yom Kippour, à moins d'avoir fait techouva [Eliyahou Rabba au nom de Torat Emet]. Il me semble qu'il s'agit de cas où l'argent du prochain n'est pas resté par là en sa main, par exemple si leur droit était comme le nôtre : néanmoins il est inapte du moins à Roch Hachana et Yom Kippour, car c'est une grande faute en soi, comme il est dit dans Hochen Michpat siman 26 ; sinon, l'inaptitude pour faute, même le reste de l'année, l'empêche d'être envoyé de la communauté, comme plus haut au SK 14. Peut-être qu'en notre temps, par nos nombreux péchés, l'interdiction s'est oubliée de plusieurs, et il se peut qu'il soit dans l'erreur (shogeg) en cela : on ne le rendra pas inapte, comme il est dit de semblable dans Hochen Michpat siman 34 seif 4. Du moins pour être envoyé de la communauté à Roch Hachana et Yom Kippour, certainement il faut être strict. Un envoyé de la communauté qui était chohet et dont on a trouvé qu'il avait vendu de la viande interdite pour permise par erreur, ou qui était ménakker et dont on a trouvé après lui de la graisse interdite : bien qu'on ne l'écarte pas de la charge, on ne le nommera pourtant pas a priori [Kenesset Hagedola]. S'il a fait techouva, il est permis même de le nommer, comme plus haut au seif 5 dans la glose. Une communauté qui a partagé la tefila de Roch Hachana et de Yom Kippour comme de coutume : si l'un d'eux est tombé malade et ne peut prier, il n'est pas en droit de mettre un autre à sa place ; c'est seulement en la main de la communauté de le mettre [Chaaré Efraïm siman 31 ; voir responsa Kenesset Yehezkel siman 13].

(פג) שליח ציבור שהזקין - וה"ה בכל המינויים ג"כ בנו קודם ואפילו יש אחרים גדולים ממנו כיון שהוא ממלא מקום אבותיו. י"א דבחכם הממונה להרביץ תורה או לדון לא אמרינן שבניהן קודמין ויש חולקין עיין במ"א ובכנה"ג ובע"ת ובתשו' ח"ס חא"ח סי י"ג:

Un envoyé de la communauté qui a vieilli - Et de même dans toutes les nominations, son fils passe aussi avant, même s'il y en a d'autres plus grands que lui, puisqu'il occupe la place de ses pères. Certains disent que pour un sage nommé pour répandre la Torah ou pour juger, on ne dit pas que leurs fils passent avant ; d'autres contestent. Voir le Magen Avraham, Kenesset Hagedola, Olat Tamid, et responsa Hatam Sofer Orah Haim siman 13.

(פד) ורוצה וכו' - כתב הרשב"א שם ה"ה דבכל עניני המינויים אם רוצה המנוי שאחד יסייענו באותו מינוי לפרקים הרשות בידו וכתב הכנה"ג דוקא אם הוא ראוי לכך הן בענין המלאכה הן ביראת שמים:

Et il veut, etc. - Le Rachba a écrit là : de même dans toutes les affaires de nominations, si le nommé veut qu'un autre l'assiste dans cette charge par moments, le pouvoir est en sa main. Le Kenesset Hagedola a écrit : seulement s'il est convenable pour cela, tant pour le métier que pour la crainte du Ciel.

(פה) ערב - ובלבד שלא יהא קולו משונה. אין להעביר ש"ץ בשביל אחר שקולו ערב. ואם הרוב חפצים באחר ישמשו שניהם כאחד:

Agréable - Pourvu que sa voix ne soit pas étrange. On n'écartera pas un envoyé de la communauté à cause d'un autre dont la voix est agréable. Si la majorité désire un autre, ils officieront tous deux ensemble.

(פו) הצבור לזמן - עיין בתשובת חמדת שלמה סי' ז' בשכרו חזן לזמן ג' שנים דמסיק אהך דינא דהכא דהוא דוקא במקום שהמנהג שלאחר הזמן יצאו אלו אבל בזמננו דאין דרך לסלק בלא חשדא ודאי אין לסלקו בחנם משום שלא לעשות עליו חשדא עי"ש. ועיין בתשובת ח"ס סי' ר"ו ג"כ כעין זה אם לא כשהתנו בפירוש שלאחר הזמן שגבלו יהיה כלה זמנו ושני הצדדים יהיו יכולין לחזור וצריך קבלה ומנין חדש עי"ש:

Le tsibbour pour un temps - Voir les responsa Hemdat Chelomo siman 7 : on a embauché un hazan pour un temps de trois ans ; il conclut sur ce droit d'ici que c'est seulement là où la coutume est qu'après le temps ceux-ci sortent ; mais de notre temps, où l'on n'a pas l'habitude d'écarter sans soupçon, certainement on ne l'écartera pas pour rien, afin de ne pas faire peser sur lui un soupçon. Voir aussi les responsa Hatam Sofer siman 206 de semblable, sauf s'ils ont expressément stipulé qu'après le temps qu'ils ont fixé son temps serait achevé et que les deux parties pourraient revenir, et qu'il faut une acceptation et un minyan nouveaux.

(פז) נכתב לשמו - פי' נכתב לש"ש ולא לשם התפארות ואפילו אם הסידור של היחיד הוא בכתב נאה יותר מהצבור. ובספרים הנדפסים אין חילוק בין של צבור ליחיד. כ' הפמ"ג נכון אף ליחיד להתפלל מתוך הסידור כ"ש ש"ץ שאימת צבור עליו שיתפלל בפנים. וקורין ש"ץ חזן שצריך לראות האיך יקרא ותרגום וירא וחזי [רד"א]:

Écrit à son nom - C'est-à-dire écrit pour le Nom, et non pour la vanité. Même si le sidour du yahid est d'une plus belle écriture que celui du tsibbour. Dans les livres imprimés, il n'y a pas de différence entre celui du tsibbour et celui du yahid. Le Peri Megadim a écrit : il est convenable même pour un yahid de prier dans le sidour, à plus forte raison l'envoyé de la communauté, sur qui pèse la crainte du tsibbour, de prier les yeux sur le texte. On appelle l'envoyé de la communauté « hazan » parce qu'il doit voir comment il lira ; et le Targoum de « et il vit » est « et hazi » [Radak].