Yichtaba'h est accolée à Baroukh Chéamar. Où répondre amen. Interdiction de parler entre Yichtaba'h et Yotser, sauf besoin de mitsva. Kaddish seulement après quelques versets. Pose du talit et des tefilin entre Yichtaba'h, le kaddish et Bérekhou.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) שהיא סמוכה - ואע"ג דפסוקים מפסיקים ביניהם לא הוי הפסק כמו ברכה אחרונה שבק"ש או שבהלל שג"כ אינה מתחלת בברוך מהאי טעמא:
Parce qu'elle est accolée - Et bien que des versets s'interposent entre elles, cela n'est pas une interruption, comme la berakha finale du Chema ou celle du Hallel, qui non plus ne commencent pas par « Béni », pour cette même raison.
(ב) בתשבחות - זו היה נוסחתו אבל נוסחתנו אל מלך גדול בתשבחות ור"ל שאחר שסיים הש"ץ בישתבח בא"י אל מלך גדול בתשבחות לא יענה שום אדם ע"ז אמן דאכתי לא הוי סיום הברכה עד שאמר ג"כ אל ההודאות וכו' עד חי העולמים. בנוסח חי העולמים יש גורסין בציר"י ויש גורסין בפת"ח ואפילו לדעה זו מ"מ יאמר העולמים בה"א כי פירושו חי בשני העולמים ושליט בעוה"ז ובעוה"ב:
Dans les louanges - C'était sa version. Mais notre version est « Dieu, Roi grand dans les louanges ». C'est-à-dire : après que l'envoyé de la communauté a fini dans Yichtaba'h « Béni sois-Tu, ה', Dieu, Roi grand dans les louanges », personne ne répondra amen là-dessus, car ce n'est pas encore la fin de la berakha jusqu'à ce qu'il ait dit aussi « Dieu des actions de grâce, etc. » jusqu'à « Vivant des mondes ». Dans la version « Vivant des mondes », certains lisent avec tséré et certains avec patah ; même selon cet avis, on dira « haolamim » avec un hé, car le sens est : vivant dans les deux mondes, et dominant en ce monde-ci et dans le monde à venir.
(ג) ששם הוא - צ"ע אי מותר אז להפסיק ולענו' איש"ר וקדושה כי מאמר אחד הוא עד סוף ועיין בח"א כלל ה' סי"ג דבכל ברכה קצרה אסור להפסיק באמצע אפי' לאיש"ר וקדושה ויש לחלק וצ"ע:
Car c'est là - Cela demande examen : est-il alors permis de s'interrompre et de répondre Yehe chemeh rabba et Kedoucha, car c'est un seul énoncé jusqu'à la fin. Voir Haïé Adam, klal 5 seif 13 : dans toute berakha courte il est interdit de s'interrompre au milieu, même pour Yehe chemeh rabba et Kedoucha. On peut distinguer, et cela demande examen.
(ד) המספר - ובכתבים כתב לומר בעשי"ת מזמור ממעמקים קראתיך ד' בין ישתבח ליוצר וצ"ע:
Celui qui parle - Et dans les écrits il a écrit de dire pendant les Dix jours de techouva le psaume « Des profondeurs je T'ai appelé, ה' » entre Yichtaba'h et Yotser. Cela demande examen.
(ה) מעורכי המלחמה - ר"ל דכתיב בקרא מי האיש הירא ורך הלבב ילך וישוב לביתו ואחז"ל הירא מעבירות שבידו וזו ג"כ בכלל עבירה היא והא"ר כתב בשם מטה משה שהקליפות מבטלים לעלות התפלה וע"י פסוקי דזמרה מכריתים אותם וכששח חוזרין עליה בשביל העבירה הזאת אותם הגדודים שהם מעריכים מלחמה בינינו בעו"ה ע"כ ראוי שלא לספר:
De ceux qui rangent la bataille - C'est-à-dire qu'il est écrit dans le verset : « quel est l'homme craintif et tendre de cœur ? Qu'il aille et retourne à sa maison » ; et nos Sages ont dit : qui craint les fautes qu'il a en main. Celle-ci aussi entre dans la faute. L'Eliyahou Rabba a écrit au nom de Maté Moché que les kelipot empêchent la tefila de monter, et que par les Pessoukei deZimra on les extirpe ; et quand il a parlé, ces troupes qui rangent bataille parmi nous, par nos nombreux péchés, reviennent sur elle à cause de cette faute. C'est pourquoi il convient de ne pas parler.
(ו) לפסוק צדקה - וה"ה לכל דבר מצוה ודוקא בין ישתבח ליוצר שהוא ענין אחר אבל בין קדיש וברכו או בין הפרקים של ק"ש וברכותיה או של פסוקי דזמרה אסור להפסיק אפילו בצרכי רבים ולדבר מצוה וכדלעיל בסימן נ"א ס"ד [א"ר והגר"א לעיל בסימן נ"א שם עי"ש]:
Pour assigner la tsédaka - Et de même pour toute affaire de mitsva. Seulement entre Yichtaba'h et Yotser, qui est un autre sujet. Mais entre kaddish et Bérekhou, ou entre les chapitres du Chema et de ses berakhot, ou des Pessoukei deZimra, il est interdit de s'interrompre même pour les besoins du public et pour une affaire de mitsva, comme plus haut au siman 51 seif 4 [Eliyahou Rabba et le Gra plus haut au siman 51, voir là].
(ז) הש"ץ - משמע דאפילו אם לא אמר רק הוא לבד הפסוקים יכול לומר קדיש:
L'envoyé de la communauté - Il en ressort que même s'il n'a dit les versets que lui seul, il peut dire le kaddish.
(ח) מקצת פסד"ז - ואם לא אמר פסוקים לא יאמר קדיש רק יתחיל ברכו בלא קדיש שלעולם לא תמצא קדיש בלי פסוקים שלפניו אם לא הש"ץ אחר חזרת התפלה או בלחש בערבית שהקדיש קאי על התפלה וכתב המ"א שלכן נהגו לומר פריסת שמע [ברכו נקראת פריסת שמע כדלקמן בסימן ס"ט] אחר גמר תפלת י"ח בלחש כדי שיאמר הקדיש על תפלת י"ח אבל אח"כ לא שייך לומר קדיש אם לא אמר תחלה מקצת פסוקים. ועתה חדשים מקרוב באו שפורסין שמע אחר קדיש בתרא ואומרים שנית קדיש ואינו נכון דמה ענין לומר שני קדישים סמוכין זה לזה ועכ"פ יש ללמדם שיאמרו מקצת פסוקים בין שני קדישים:
Quelques Pessoukei deZimra - Et s'il n'a pas dit de versets, il ne dira pas le kaddish, mais commencera Bérekhou sans le kaddish : jamais on ne trouve de kaddish sans versets avant lui, sauf l'envoyé de la communauté après la répétition de la tefila, ou à voix basse à Arvit, où le kaddish porte sur la tefila. Le Magen Avraham a écrit : c'est pourquoi l'on a coutume de dire la péricope sur Chema [Bérekhou s'appelle péricope sur Chema, comme plus loin au siman 69] après la fin de la tefila des dix-huit à voix basse, afin de dire le kaddish sur la tefila des dix-huit. Mais ensuite on ne peut dire le kaddish si l'on n'a pas d'abord dit quelques versets. Or voici que des nouveaux sont venus récemment, qui font la péricope sur Chema après le kaddish final et disent un second kaddish : ce n'est pas convenable, car quel rapport y a-t-il à dire deux kaddish l'un contre l'autre ? Du moins faut-il leur enseigner de dire quelques versets entre les deux kaddish.
(ט) בלא תהלה - או אחר תפלה וכמו שכתבנו בס"ק הקודם וכן אחר שלמד איזה ענין מתורה שבע"פ יוכל לומר קדיש דרבנן ועיין במ"א שמסיק דדוקא אם אמר אח"ז עכ"פ מקצת דבר אגדה ואז יוכל לומר הקדיש דרבנן כי עיקר הקדיש זה נתקן על דבר אגדה וע"כ מנהג כל ישראל לומר אחר פרקי אבות ואחר במה מדליקין המאמר דר' חנניא בן עקשיא או אר"א א"ר חנינא ת"ח מרבים שלום וכו'. ולפ"ז יש ליזהר כשלומדים משניות יאמרו בסוף הלימוד המאמר דר' חנניא בן עקשיא וכדומה כדי שיהיו יוכלו לומר עי"ז אח"כ הקדיש דרבנן. ואחר תנ"ך אומרים קדיש שלם אפילו רק אחר ג' פסוקים. ואין לומר קדיש אא"כ היו עשרה אנשים בבהכ"נ בשעת אמירת הפסוקים והלימוד וכמו שיתבאר בסימן נ"ה במ"ב סק"ב ואפילו אם רק ב' וג' לומדים אומרים קדיש כשיש שם עשרה ואפילו מי שלא למד יכול ג"כ לומר הקדיש כמו בפריסת שמע לקמן בסימן ס"ט:
Sans louange - Ou après une tefila, comme nous l'avons écrit au SK précédent. De même, après avoir étudié quelque sujet de Torah orale, on peut dire le kaddish derabanan. Voir le Magen Avraham qui conclut : seulement s'il a dit ensuite au moins quelque parole d'aggada ; alors on peut dire le kaddish derabanan, car l'essentiel de ce kaddish a été institué sur une parole d'aggada. C'est pourquoi la coutume de tout Israël est de dire après Pirké Avot et après Bameh Madlikine la sentence de Rabbi Hanania ben Akachia, ou « Rabbi Elazar a dit au nom de Rabbi Hanina : les sages de Torah multiplient la paix, etc. ». Selon cela, on veillera, quand on étudie des michnayot, à dire à la fin de l'étude la sentence de Rabbi Hanania ben Akachia et semblable, afin de pouvoir dire ensuite par là le kaddish derabanan. Après le Tanakh on dit un kaddish complet, même seulement après trois versets. On ne dira le kaddish que s'il y avait dix hommes au beit haknesset au moment de dire les versets et l'étude, comme il sera expliqué au siman 55, MB SK 2. Même si seulement deux ou trois étudient, on dit le kaddish quand il y a là dix, et même celui qui n'a pas étudié peut aussi dire le kaddish, comme pour la péricope sur Chema plus loin au siman 69.
(י) ערבית בלא קדיש - עיין לקמן בסימן ס"ט מה שכתבנו שם בזה:
Arvit sans kaddish - Voir plus loin au siman 69 ce que nous avons écrit là-dessus.
(יא) וכן מי שלא - דכ"ז הוא צורך מצוה ע"כ מותר להפסיק לאחר שגמר ברכת ישתבח:
Et de même celui qui n'a pas - Car tout cela est un besoin de mitsva ; c'est pourquoi il est permis de s'interrompre après avoir fini la berakha de Yichtaba'h.
(יב) והביאו לו - בין ליחיד ובין לש"ץ ואע"פ דגנאי הוא לצבור להמתין מ"מ הואיל דא"א בלא"ה שרי ובזה אין צריך הש"ץ לחזור ולומר פסוקים דשהייה מועטת היא [דה"ח] ונראה דביחיד מיירי באופן שיהיה יכול לגמור הנחת טלית ותפילין קודם שיגיע הש"ץ לאיש"ר וברכו או שכבר שמע קדיש וברכו דאל"ה הלא קי"ל בסימן כ"ה דאסור להפסיק בין השל יד להשל ראש אפילו לענות איש"ר וברכו אלא שותק ושומע ומכוין למה שאומרים וזה אין נכון לעשות כן לכתחלה לצאת בזה אפילו למאי דקי"ל שומע כעונה כדמוכח בברכות כ"א ע"ב בתוד"ה עד וברא"ש שם ובאופן זה טוב יותר שימתין מלהניח התפילין עד שיסיים הש"ץ ברכו ואז יניחם ולענין הברכות עיין בס"ק הסמוך:
Et on lui a apporté - Que ce soit au yahid ou à l'envoyé de la communauté. Bien que ce soit une honte pour le tsibbour d'attendre, néanmoins, puisqu'on ne peut faire autrement, c'est permis. En cela l'envoyé de la communauté n'a pas à revenir dire des versets, car l'attente est brève [Derech Hahaim]. Il semble que pour le yahid il s'agit d'un cas où il pourra finir la pose du talit et des tefilin avant que l'envoyé de la communauté n'arrive à Yehe chemeh rabba et Bérekhou, ou qu'il a déjà entendu kaddish et Bérekhou ; sinon, nous tenons au siman 25 qu'il est interdit de s'interrompre entre celui du bras et celui de la tête, même pour répondre Yehe chemeh rabba et Bérekhou : il se tait, écoute et a l'intention de ce qu'on dit. Ce n'est pas convenable de le faire a priori (lekhathila) pour s'en acquitter, même selon ce que nous tenons « qui entend est comme qui prononce », comme il ressort de Berakhot 21b dans Tossafot s.v. « jusqu'à » et dans le Roch là. De cette façon, il est mieux qu'il attende de poser les tefilin jusqu'à ce que l'envoyé de la communauté ait fini Bérekhou, puis qu'il les pose. Quant aux berakhot, voir le SK suivant.
(יג) בין קדיש - ר"ל משעה שהתחיל קדיש דהקדיש לברכו ג"כ שייך ועיין באחרונים שכתבו דבין קדיש לברכו דינו לכל מילי כבין הפרקים ותיכף אחר ברכו אף שלא התחיל עדיין ברכת יוצר הוי כאמצע הפרק דמשם ואילך הוא כהתחלת יוצר כי עיקר כונת הש"ץ מה שאומר ברכו את ד' היינו שיברכוהו אח"כ בברכת יוצר ע"כ בין יחיד ובין ש"ץ אם לא נזדמן לו טלית עד שהתחיל קדיש יכול להתעטף בו תיכף אבל לא יברך עד לאחר התפלה ואז ימשמש בו ויברך ותפילין אם נזדמן לו קודם ברכו יכול לברך עליהן לפי מה שהסכימו האחרונים בסימן ס"ו דיוכל לברך על התפילין בין הפרקים אבל אם לא נזדמן לו עד שהתחיל ברכו שוב לא יוכל לברך עליהן אלא יניחן בלי ברכה וכשיגיע קודם אהבה רבה ימשמש בהן ויברך עליהן ועיין בסמוך:
Entre kaddish - C'est-à-dire dès qu'il a commencé le kaddish, car le kaddish se rattache aussi à Bérekhou. Voir les Aharonim qui ont écrit qu'entre kaddish et Bérekhou le droit est, pour toute chose, comme entre les chapitres ; et aussitôt après Bérekhou, même s'il n'a pas encore commencé la berakha de Yotser, c'est comme le milieu du chapitre : de là en avant c'est comme le commencement de Yotser, car l'intention essentielle de l'envoyé de la communauté en disant « Bénissez ה' » est qu'on Le bénisse ensuite dans la berakha de Yotser. C'est pourquoi, yahid comme envoyé de la communauté, si le talit ne lui est arrivé que lorsqu'il a commencé le kaddish, il peut s'en envelopper aussitôt, mais il ne bénira qu'après la tefila ; alors il y touchera et bénira. Les tefilin, s'ils lui sont arrivés avant Bérekhou, il peut bénir sur eux, selon ce qu'ont convenu les Aharonim au siman 66 : on peut bénir sur les tefilin entre les chapitres. Mais s'ils ne lui sont arrivés que lorsqu'il a commencé Bérekhou, il ne pourra plus bénir sur eux : il les posera sans berakha, et quand il arrivera avant Ahava Rabba il y touchera et bénira sur eux. Voir ci-après.
(יד) לאחר שאמר וכו' - מלשון זה מוכח דאפילו יחיד לא יפסיק ועיין בס"ק הקודם ונראה דכ"ז דוקא באופן שמיירי בפנים דהיינו שכבר גמר ברכת ישתבח ועומד להתחיל ברכת יוצר אור אבל אם הוא עוסק עדיין בפסוקי דזמרה וכ"ש אם בא עתה להתפלל ורוצה להתפלל כסדר ולא לדלג הפסד"ז ולפתוח מברכת יוצר ושמע קדיש וברכו אין דינו בזה כאמצע הפרק ולכו"ע יכול להניח טלית ותפילין ולברך עליהן וע' בהגהות הגאון ר' חיים צאנזאר:
Après qu'il a dit, etc. - De ce langage il ressort que même un yahid ne s'interrompra pas. Voir le SK précédent. Il semble que tout cela seulement dans le cas dont parle le texte, c'est-à-dire qu'il a déjà fini la berakha de Yichtaba'h et se tient pour commencer la berakha de Yotser Or. Mais s'il est encore occupé aux Pessoukei deZimra, et à plus forte raison s'il vient maintenant prier et veut prier dans l'ordre sans sauter les Pessoukei deZimra pour ouvrir à la berakha de Yotser, et qu'il a entendu kaddish et Bérekhou : son droit n'est pas en cela comme le milieu du chapitre, et de l'avis de tous il peut poser talit et tefilin et bénir sur eux. Voir les gloses du Gaon Rabbi Haim de Sanz.