Ahavah rabbah le matin, Ahavat olam le soir. Les berakhot n’empêchent pas le Chema. L’ordre des berakhot n’empêche pas. Les mitsvot requièrent l’intention de s’acquitter ; la kavana du cœur sur les mots n’est indispensable que pour le premier verset du Chema.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) אהבת עולם - פי' תחלת הברכה מתחלת אהבת עולם אבל כל נוסח הברכה וחתימתה היא כמו שאנו אומרין בברכת אהבה רבה אף לדעה זו:
Ahavat olam - C’est-à-dire : le début de la berakha commence par Ahavat olam, mais tout le formulaire de la berakha et sa clôture sont comme nous le disons dans la berakha Ahavah rabbah, même selon cet avis.
(ב) וכן נוהגין - היינו בבקר אבל בערב נוהגין לומר אהבת עולם והטעם שנהגו לומר בבוקר אהבה רבה משום דכתיב חדשים לבקרים רבה אמונתך. וכ"ז לכתחלה אבל בדיעבד אף אם אמר כל הנוסח של אהבת עולם בבוקר יצא ידי חובתו:
Et ainsi est l’usage - C’est-à-dire le matin ; mais le soir l’usage est de dire Ahavat olam. La raison pour laquelle on a pris l’usage de dire le matin Ahavah rabbah est qu’il est écrit « elles se renouvellent chaque matin, grande est Ta fidélité ». Et tout cela a priori (lekhathila) ; mais après coup (bediavad), même s’il a dit tout le formulaire d’Ahavat olam le matin, il s’est acquitté de son obligation.
(ג) וחוזר וקורא וכו' - ר"ל אע"ג דאינן מעכבות לק"ש ויוצא ידי חובת ק"ש אף אם לא בירך כלל מ"מ ידי חובת ברכות לא יצא ויכול לברך בלא ק"ש כי לא ניתקנו דוקא על ק"ש שאין מברך אק"ב וצונו:
Et il revient et lit etc. - C’est-à-dire : bien qu’elles n’empêchent pas pour le Chema, et qu’on s’acquitte de l’obligation du Chema même si l’on n’a pas béni du tout, toutefois de l’obligation des berakhot on ne s’est pas acquitté, et l’on peut bénir sans le Chema, car elles n’ont pas été instituées précisément sur le Chema, puisqu’on ne bénit pas « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a enjoint ».
(ד) עם הברכות - כדי לעמוד בתפילה מתוך ד"ת וק"ש זו נחשבת כקורא בתורה:
Avec les berakhot - Afin de se tenir à la tefila depuis des paroles de Torah ; et ce Chema est compté comme qui lit dans la Torah.
(ה) שנייה לראשונה - וה"ה אם אמר ברכת אמת ויציב קודם ק"ש או שאלו הברכות אמר אחר ק"ש או אפילו אחר התפילה:
La seconde avant la première - Et de même s’il a dit la berakha Emet veyatsiv avant le Chema, ou si ces berakhot il les a dites après le Chema, ou même après la tefila.
(ו) יצא - בדיעבד. ואם בירך ברכה אחת ושנייה לא בירך כלל יוצא מיהא ידי חובתו בההיא שבירך ועיין בבה"ל:
Il s’est acquitté - Après coup. Et s’il a béni une berakha et la seconde il ne l’a pas bénie du tout, il s’acquitte du moins de son obligation par celle qu’il a bénie ; voir le Biour Halakha.
(ז) יש אומרים - דע דלפי המתבאר מן הפוסקים שני כונות יש למצוה א' כונת הלב למצוה עצמה וב' כונה לצאת בה דהיינו שיכוין לקיים בזה כאשר צוה ד' כמו שכתב הב"ח בסי' ח' וכונת המצוה שנזכר בזה הסעיף אין תלוי כלל בכונת הלב למצוה עצמה שיכוין בלבו למה שהוא מוציא מפיו ואל יהרהר בלבו לד"א כגון בק"ש ותפילה ובהמ"ז וקידוש וכדומה דזה לכו"ע לכתחילה מצוה שיכוין בלבו ובדיעבד אם לא כיון יצא לבד מפסוק ראשון של ק"ש וברכת אבות של תפילה כמו שמבואר לקמן רק שמחולקים בענין אם חייב לכוין קודם שמתחיל המצוה לצאת בעשיית אותה המצוה. ולמצוה מן המובחר כו"ע מודים דצריך כונה כדאיתא בנדרים ראב"צ אומר עשה דברים לשם פועלם ונאמר ותהי יראתם אותי מצות אנשים מלומדה וכמו שכתב הגר"א על הא דאיתא בסימן ח' עי"ש:
Certains disent - Sache que, d’après ce qui ressort des décisionnaires, il y a deux kavana pour une mitsva : 1) la kavana du cœur pour la mitsva elle-même ; 2) l’intention de s’en acquitter, c’est-à-dire qu’il vise à accomplir par là ce que ה' a enjoint, comme l’a écrit le Ba’h au siman 8. Et la kavana de la mitsva mentionnée en ce seif ne dépend aucunement de la kavana du cœur pour la mitsva elle-même — qu’il vise dans son cœur à ce qu’il sort de sa bouche et ne rumine pas dans son cœur d’autres pensées, comme dans le Chema, la tefila, le Birkat hamazon, le Kiddouch et semblables : cela, selon tous, a priori c’est une mitsva qu’il vise dans son cœur, et après coup s’il n’a pas visé il s’est acquitté, hormis le premier verset du Chema et la berakha Avot de la tefila, comme il est expliqué plus bas. Ils ne divergent que sur le point de savoir s’il est tenu, avant de commencer la mitsva, de viser à s’acquitter par l’accomplissement de cette mitsva. Et pour une mitsva de choix, tous conviennent qu’il faut la kavana, comme il est dans Nedarim : Rabbi Elazar ben Azaria dit « fais les choses pour le Nom de leur Auteur », et il est dit « leur crainte de Moi n’était qu’un commandement d’hommes appris ». Ainsi a écrit le Gra sur ce qui est au siman 8, voir là.
(ח) שצריכות כונה - ואם לא כיון לצאת ידי חובתו בעשיית המצוה לא יצא מן התורה וצריך לחזור ולעשותה. ואפילו אם ספק לו אם כיון אם הוא מצוה דאורייתא ספיקא לחומרא כ"כ הפמ"ג בסימן תקפ"ט עי"ש. ונ"ל דלא יברך אז על המצוה דבלא"ה יש כמה דיעות בענין הברכה אפילו אם ודאי לא כיון בראשונה:
Qu’elles requièrent la kavana - Et s’il n’a pas visé à s’acquitter de son obligation par l’accomplissement de la mitsva, il ne s’est pas acquitté d’après la Torah et doit revenir la faire. Et même s’il a un doute s’il a visé, si c’est une mitsva de la Torah, le doute va à la rigueur ; ainsi le Peri Megadim au siman 589, voir là. Et il me semble qu’alors il ne bénira pas sur la mitsva, car de toute façon il y a plusieurs avis au sujet de la berakha, même s’il est certain qu’il n’a pas visé la première fois.
(ט) לצאת - לפיכך התוקע להתלמד או המברך בהמ"ז עם קטנים לחנכם במצות והוא היה ג"כ חייב בבהמ"ז ושכח אז להתכוין לצאת בה ג"כ עבור עצמו וכן כה"ג בכל המצות שעשאם לשום איזה ענין לא יצא ידי חובתו ועיין בט"ז בסימן תפ"ט שמוכח מדבריו דהמברך עם קטנים הנ"ל לא יצא אפילו למ"ד מצות אין צריכות כוונה דהוי כמכוין בפירוש שלא לצאת ואם כונתו בעשיית המצוה לשום איזה ענין וגם לצאת בה ידי המצוה יצא:
De s’acquitter - C’est pourquoi celui qui sonne pour s’exercer, ou celui qui bénit le Birkat hamazon avec des enfants pour les éduquer aux mitsvot alors qu’il était lui aussi tenu au Birkat hamazon et a oublié alors de viser à s’en acquitter aussi pour lui-même, et de même en toute chose semblable pour toutes les mitsvot qu’il a faites pour quelque autre motif, il ne s’est pas acquitté de son obligation. Voir le Taz au siman 489, d’où il appert que celui qui bénit avec des enfants comme ci-dessus ne s’est pas acquitté même selon l’avis que les mitsvot ne requièrent pas la kavana, car c’est comme s’il visait expressément à ne pas s’acquitter. Et si son intention en faisant la mitsva est pour quelque motif et aussi de s’en acquitter, il s’est acquitté.
(י) וכן הלכה - כתב המ"א בשם הרדב"ז דזה דוקא במצוה דאורייתא אבל במצוה דרבנן א"צ כונה. ולפ"ז כל הברכות שהם ג"כ דרבנן לבד מבהמ"ז אם לא כיון בהם לצאת יצא בדיעבד אך מכמה מקומות בשו"ע משמע שהוא חולק ע"ז וכן מבאור הגר"א בסימן תפ"ט משמע ג"כ שאין לחלק בין מצוה דאורייתא למצוה דרבנן. ודע דכתב המ"א לקמן בסימן תפ"ט סק"ח דאף דהשו"ע פסק להלכה דמצות צריכות כונה וא"כ היכא שלא כיון בפעם ראשונה צריך לחזור ולעשות המצוה אעפ"כ לא יברך עוד עליה שלענין ברכה צריך לחוש לדעת הי"א שאין צריך כונה ועי' בבה"ל. ודע עוד דכתב הח"א בכלל ס"ח דמה דמצרכינן ליה לחזור ולעשות המצוה היינו במקום שיש לתלות שעשייה הראשונה לא היתה לשם מצוה כגון בתקיעה שהיתה להתלמד או בק"ש שהיתה דרך לימודו וכדומה אבל אם קורא ק"ש כדרך שאנו קורין בסדר תפילה וכן שאכל מצה או תקע ונטל לולב אע"פ שלא כיון לצאת יצא שהרי משום זה עושה כדי לצאת אע"פ שאינו מכוין עכ"ל ור"ל היכא שמוכח לפי הענין שעשייתו הוא כדי לצאת אע"פ שלא כיון בפירוש יצא אבל בסתמא בודאי לא יצא כדאיתא בתוס' סוכה [דף ל"ט ע"א ד"ה עובר עי"ש] וכ"ז לענין בדיעבד אבל לכתחילה ודאי צריך ליזהר לכוין קודם כל מצוה לצאת ידי חובת המצוה וכן העתיקו כל האחרונים בספריהם עיין בח"א בכלל כ"א ובדה"ח הלכות ק"ש ובמעשה רב:
Et telle est la loi - Le Magen Avraham a écrit au nom du Radbaz que cela est précisément pour une mitsva de la Torah, mais pour une mitsva rabbinique il n’est pas besoin de kavana. Selon cela, toutes les berakhot, qui sont aussi rabbiniques hormis le Birkat hamazon, s’il n’a pas visé en elles à s’acquitter, il s’est acquitté après coup. Mais de plusieurs endroits du Choulhan Aroukh il appert qu’il dispute cela, et aussi du Biour HaGra au siman 489 il appert qu’il ne faut pas distinguer entre mitsva de la Torah et mitsva rabbinique. Sache que le Magen Avraham a écrit plus bas au siman 489 seif katan 8 : bien que le Choulhan Aroukh ait tranché pour la loi que les mitsvot requièrent la kavana, et qu’ainsi, là où il n’a pas visé la première fois, il doit revenir faire la mitsva, toutefois il ne bénira plus sur elle, car pour la berakha il faut craindre l’avis de ceux qui disent qu’il n’est pas besoin de kavana ; voir le Biour Halakha. Sache encore que le ‘Hayé Adam a écrit, klal 68 : ce pour quoi nous lui imposons de revenir faire la mitsva, c’est là où l’on peut supposer que le premier acte n’était pas au nom de la mitsva, comme une sonnerie qui était pour s’exercer, ou un Chema qui était par manière d’étude, et semblables ; mais s’il lit le Chema comme nous le lisons dans l’ordre de la tefila, et de même s’il a mangé de la matsah, ou sonné, ou pris le loulav, bien qu’il n’ait pas visé à s’acquitter, il s’est acquitté, car c’est pour cela qu’il le fait, afin de s’acquitter, bien qu’il ne vise pas. Fin de citation. C’est-à-dire : là où il appert selon la circonstance que son acte est afin de s’acquitter, bien qu’il n’ait pas visé expressément, il s’est acquitté ; mais dans le cas ordinaire, certainement il ne s’est pas acquitté, comme il est dans les Tossafot Soukka [39a, s.v. over, voir là]. Et tout cela pour l’après coup ; mais a priori, certainement il faut prendre garde, avant toute mitsva, de viser à s’acquitter de l’obligation de la mitsva. Ainsi ont recopié tous les Aharonim dans leurs livres ; voir le ‘Hayé Adam klal 21, le Derekh Ha’haïm lois du Chema, et Maassé Rav.
(יא) כיון לבו - כונה זו האמורה כאן איננו הכונה האמורה בס"ד דשם הוא הכונה לצאת ידי חובת מצוה זה בעינן לכל הפרשיות [כמו שכתב הריטב"א בר"ה ושיטה מקובצת בברכות] משא"כ כונה זו הוא להתבונן ולשום על לבו מה שהוא אומר ולכך הוא לעיכובא רק בפסוק ראשון שיש בו עיקר קבלת עול מלכות שמים ואחדותו ית' וי"א שאפילו כונה לצאת הוא לעיכובא רק בפסוק ראשון:
Il a visé son cœur - Cette kavana dite ici n’est pas la kavana dite au seif 4 : là c’est l’intention de s’acquitter de l’obligation de la mitsva, et celle-ci est requise pour toutes les parashiot [comme l’a écrit le Ritva à Roch Hachana et la Chitta Mekoubetset à Berakhot]. Tandis que cette kavana-ci est de considérer et de mettre à cœur ce qu’il dit ; c’est pourquoi elle n’est indispensable que pour le premier verset, où se trouve l’essentiel de l’acceptation du joug de la royauté céleste et de Son unité, qu’Il soit exalté. Et certains disent que même l’intention de s’acquitter n’est indispensable que pour le premier verset.
(יב) או מגיה - והוא שקורא כהלכתה:
Ou corrige - Et cela, pourvu qu’il lise selon sa règle.