Lire tout le Chema avec crainte, comme un édit royal. Compléter 248 mots par l’officiant ou El melekh neeman. Allonger le ‘het et le dalet de E’had. Ne pas doubler Chema. Baroukh Chem à voix basse. Articuler sans avaler les lettres. Toucher les tefilin et les tsitsit aux versets correspondants.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) שמע - היינו כל קריאת שמע דמה שנתבאר בסוף סימן הקודם הוא רק לענין דיעבד:
Chema - C’est-à-dire toute la lecture du Chema ; ce qui a été expliqué à la fin du siman précédent n’est que pour l’après coup (bediavad).
(ב) בכונה - אליהו רבא הביא בשם הכלבו והוא בירושלמי סוף פ"ק דברכות דבק"ש מרומז עשרת הדברות. בד' אלהינו מרומז אנכי ד' אלהיך. ד' אחד דיבור לא יהיה לך. ובפסוק ואהבת מרומז דיבור לא תשא דמאן דרחים למלכא לא מישתבע בשמיה לשיקרא. ובפסוק וכתבתם דיבור לא תחמוד דכתיב ביתך ולא בית חבירך. ובפסוק ואספת דגנך דיבור לא תגנוב דדגנך ולא תאסוף דגן חבירך. ובפסוק ואבדתם מהרה דיבור לא תרצח דמאן דקטל יתקטל. ובפסוק למען ירבו ימיכם דיבור כבד את אביך. ובפסוק ולא תתורו וגו' ואחרי עיניכם דיבור לא תנאף. ובפסוק למען תזכרו וגו' דיבור זכור את יום השבת שהוא שקול ככל התורה. ובפסוק אני ד' אלהיכם דיבור לא תענה ברעך עד שקר. ע"כ צריך האדם להתבונן בהם בעת אמירת ק"ש כדי שלא יבוא לעבור על אחת מהן:
Avec kavana - Eliyahou Rabba rapporte, et c’est dans le Yerushalmi à la fin du premier chapitre de Berakhot, que dans le Chema sont allusés les Dix Commandements. Dans « ה' Elohénou » est allusé « Je suis ה' ton Dieu ». « ה' E’had » : le commandement « tu n’auras pas ». Et dans le verset Veahavta est allusé le commandement « tu ne prononceras pas », car qui aime le roi ne jure pas par Son Nom en vain. Et dans le verset Oukhtavtam : le commandement « tu ne convoiteras pas », car il est écrit « ta maison » et non la maison de ton prochain. Et dans le verset Veasafta deganekha : le commandement « tu ne voleras pas », car « ton grain » et tu n’amasseras pas le grain de ton prochain. Et dans le verset Vaavadtem mehera : le commandement « tu ne tueras pas », car qui tue sera tué. Et dans le verset Lemaan yirbou yemékhem : le commandement « honore ton père ». Et dans le verset Velô tatourou etc. vea’haré énékhem : le commandement « tu ne commettras pas d’adultère ». Et dans le verset Lemaan tizkerou etc. : le commandement « souviens-toi du jour du Chabbat », qui équivaut à toute la Torah. Et dans le verset Ani ה' Elohékhem : le commandement « tu ne déposeras pas contre ton prochain un faux témoignage ». C’est pourquoi l’homme doit les considérer au moment de dire le Chema, afin de ne pas en venir à enfreindre l’un d’eux.
(ג) באימה ויראה - ונראה דאימה ויראה זו היא באופן זה שיכוין בשעה שהוא קורא את שמע לקבל עליו עול מ"ש להיות נהרג על קידוש השם המיוחד דזהו בכל נפשך אפילו נוטל את נפשך ועל זה אמר הכתוב כי עליך הורגנו כל היום כי אז בכונה זו יקראנה באימה ויראה ורתת וזיע:
Avec effroi et crainte - Et il paraît que cet effroi et cette crainte sont de cette manière : qu’il vise, à l’heure où il lit le Chema, à accepter sur lui le joug de la royauté céleste jusqu’à être tué pour la sanctification du Nom unique, car c’est cela « de toute ton âme », même s’Il prend ton âme. Et là-dessus le verset a dit « car pour Toi nous sommes tués tout le jour ». Car alors, avec cette kavana, il le lira avec effroi et crainte, tremblement et frisson.
(ד) ברתת וזיע - כתב הטור בשם רב עמרם לישוייה איניש לק"ש בכל זמן דקרי לה כפרוטגמא חדשה [הוא כתב צווי המלך על בני מדינתו] ויחשוב בלבו אלו מלך ב"ו שולח פרוטגמא חדשה בודאי היו כל בני המדינה קוראין אותה באימה ויראה ברתת וזיע ק"ו לק"ש שהוא פרוטגמא של מלך ממ"ה הקב"ה שחייב כ"א לקרותה באימה ויראה ברתת וזיע וכתב הפרישה דלהכי המשילו לפרוטגמא כתב וצווי המלך לומר לך שלא תקרא ק"ש בחטיפה ובמרוצה ובעירבוב הדברים אלא במתון מלה במלה ובהפסק בין דבר לדבר כאדם הקורא צווי המלך שקורא במתון גדול כל צווי בפני עצמו להבינו על תכונתו כך יקרא ק"ש כל צווי וצווי עונש ועונש הנזכר בו ישים אל לבו להבינו כי הוא צווי המלך הגדול ברוך הוא:
Avec tremblement et frisson - Le Tour a écrit au nom de Rav Amram : que l’homme rende le Chema, chaque fois qu’il le lit, comme un édit royal nouveau [il a écrit : un ordre du roi à ses sujets]. Qu’il pense dans son cœur : si un roi de chair et de sang envoyait un édit nouveau, certainement tous les gens du pays le liraient avec effroi et crainte, tremblement et frisson ; à plus forte raison le Chema, qui est l’édit du Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il, que chacun est tenu de lire avec effroi et crainte, tremblement et frisson. Et le Pericha a écrit : c’est pourquoi on l’a comparé à un édit écrit et un ordre du roi, pour te dire que tu ne liras pas le Chema à la hâte, en courant et en brouillant les paroles, mais avec lenteur, mot à mot, et avec une pause d’une chose à l’autre, comme un homme qui lit l’ordre du roi, qui lit avec grande lenteur chaque ordre à part pour l’entendre selon sa teneur ; ainsi lira-t-il le Chema : chaque ordre et chaque châtiment qui y est mentionné, qu’il mette à cœur de l’entendre, car c’est l’ordre du grand Roi, béni soit-Il.
(ה) אצלו - וכתב הפמ"ג שעאכ"ו צריך שיראה להבין בכל פעם מה שאומר ולא לקרותה במרוצה כפי ההרגל ורק לצאת ידי קריאה:
Pour lui - Et le Peri Megadim a écrit qu’à plus forte raison il faut veiller à entendre chaque fois ce qu’il dit, et ne pas le lire en courant selon l’habitude, seulement pour s’acquitter de la lecture.
(ו) להשלים רמ"ח - כדאיתא במדרש הנעלם פתח ר' יהודה ואמר רפאות תהי לשריך ושיקוי לעצמותיך התורה היא רפואה לגוף ולעצמות בעוה"ז ובעוה"ב דאמר ר' נהוראי אמר ר' נחמיה בק"ש רמ"ח תיבות כמנין איבריו של אדם והקורא ק"ש כתיקונו כל אבר ואבר נוטל תיבה אחת ומתרפא בו ודא רפאות תהי לשריך וכו' והלא בק"ש אין שם אלא רמ"ה תיבות וכו' מאי תקנתיה תיקנו שיהא ש"ץ חוזר ג' תיבות ומאן נינהו ד' אלהיכם אמת כדי להשלים רמ"ח תיבות על הקהל וכו' וכל האומר ק"ש שלא עם הצבור אינו משלים איבריו מפני שחסרו ג' תיבות שש"ץ חוזר מאי תקנתיה יכוין בט"ו ווי"ן דבאמת ויציב ועם כל דא היה קורא עליו אבא מעוות לא יוכל לתקון וחסרון לא יוכל להמנות אותם ג' תיבות דק"ש שש"ץ חוזר לא יוכל להמנות אותם לתשלום רמ"ח כשאר הצבור עכ"ל בקיצור [ב"י]:
Pour compléter deux cent quarante-huit - Comme il est dans le Midrach Haneelam : Rabbi Yehouda ouvrit et dit « ce sera une guérison pour ta chair et un rafraîchissement pour tes os » : la Torah est une guérison pour le corps et pour les os en ce monde et dans le monde à venir. Car Rabbi Nehoraï a dit au nom de Rabbi Ne’hemia : dans le Chema il y a deux cent quarante-huit mots, selon le compte des membres de l’homme, et qui lit le Chema selon sa règle, chaque membre prend un mot et en est guéri ; et c’est « ce sera une guérison pour ta chair etc. ». Or dans le Chema il n’y a que deux cent quarante-cinq mots etc. Quel est le remède ? On a institué que l’officiant répète trois mots, et quels sont-ils ? « ה' Elohékhem emet », afin de compléter deux cent quarante-huit mots pour l’assemblée etc. Et quiconque dit le Chema sans le tsibbour ne complète pas ses membres, parce que manquent les trois mots que l’officiant répète. Quel est son remède ? Qu’il vise aux quinze vav de Emet veyatsiv. Et malgré tout, Abba lisait sur lui « ce qui est tordu ne peut se redresser, et ce qui manque ne peut se compter » : ces trois mots du Chema que l’officiant répète, on ne peut les compter pour le complément de deux cent quarante-huit comme le reste du tsibbour. Fin de citation en abrégé [Beth Yossef].
(ז) מסיים ש"ץ - והיחיד בלחש מסיים ג"כ בתיבת אמת אבל אח"כ אינו חוזר לומר אמת כ"א שמתחיל ויציב ונכון וכו' וכדלקמן בסימן ס"ו סעיף י' בהג"ה:
L’officiant achève - Et le yahid à voix basse achève aussi par le mot emet, mais ensuite il ne répète pas emet : il commence seulement Veyatsiv venakhon etc., comme plus bas au siman 66 seif 10 dans la glose.
(ח) ה' אלהיכם אמת - ובספר עשרה מאמרות כתב שהש"ץ לא יסיים בלחש בתיבת אמת כ"א כשחוזר ואומר בקול רם ובזה ימצא החשבון רמ"ח דאל"ה יהיה רמ"ט. אך המנהג כהשו"ע שיש לומר גם בפעם הראשון אמת שלא להפריד ביניהם ואמת השני אינו מן המנין אלא ברכת אמת ויציב היא כ"כ הפמ"ג והגר"א כתב שהעיקר כהעשרה מאמרות:
ה' Elohékhem emet - Et dans le livre Assara Maamarot il a écrit que l’officiant n’achèvera pas à voix basse par le mot emet, seulement lorsqu’il répète et dit à voix haute ; et par là se trouvera le compte de deux cent quarante-huit, sinon ce serait deux cent quarante-neuf. Mais l’usage est selon le Choulhan Aroukh : il faut dire aussi la première fois emet, pour ne pas les séparer, et le second emet n’est pas du compte, ce n’est que la berakha Emet veyatsiv ; ainsi le Peri Megadim. Et le Gra a écrit que l’essentiel est selon Assara Maamarot.
(ט) וחוזר ואומר - ובמקום שלא נהגו לחזור מוחין בידן:
Et il répète et dit - Et là où l’on n’a pas l’usage de répéter, on les en empêche.
(י) ה' אלהיכם אמת - ולא יחזור ג"כ תיבת אני:
ה' Elohékhem emet - Et il ne répétera pas aussi le mot ani.
(יא) בדבר - אבל אינו אומר אמת לחודיה עם הש"ץ דהוי כשמע שמע ואעפ"כ אין משתקין אותו אם שהה בינתיים:
En la chose - Mais il ne dit pas emet tout seul avec l’officiant, car ce serait comme « Chema Chema » ; malgré cela on ne le fait pas taire s’il a tardé entre-temps.
(יב) בט"ו ווי"ן - ובערבית יכוין שאמת עולה במקום ג' שמות הנ"ל:
Aux quinze vav - Et à Arvit il visera que emet monte à la place des trois Noms susdits.
(יג) הרי צ"א - כמנין אמן וכמנין וכו' [ד"מ]:
Voici quatre-vingt-onze - Selon le compte d’amen et selon le compte etc. [Darké Moché].
(יד) יאמר אמ"נ - עיין מ"א וב"ח דמנהג קדוש הוא [פמ"ג]:
Il dira El melekh neeman - Voir le Magen Avraham et le Ba’h : c’est un usage saint [Peri Megadim].
(טו) יאמר אמן - ומ"מ אין ללמוד מזה לענין אם בירך על הפרי או שסיים ברכת המוציא ולא אכל עדיין ובתוך כך סיים חבירו אותה הברכה שיענה אחריו אמן עיין פמ"ג וכן מוכח לעיל בביאור הגר"א בסימן נ"ט אות י"ב עי"ש שטעם ההג"ה בזה משום שהברכות לא נתקנו דוקא על ק"ש:
Il dira amen - Toutefois on n’apprendra pas de là pour le cas où l’on a béni sur un fruit, ou achevé la berakha Hamotsi et n’a pas encore mangé, et que dans cet intervalle son prochain a achevé cette berakha, pour qu’il réponde amen après lui ; voir le Peri Megadim. Et ainsi appert-il ci-dessus du Biour HaGra au siman 59 lettre 12, voir là : la raison de la glose en cela est que les berakhot n’ont pas été instituées précisément sur le Chema.
(טז) וכן נוהגין - עיין פמ"ג ועיין במה שכתבנו לעיל דלכתחילה יותר טוב שיסיים בשוה עם הש"ץ ולא יצטרך לענות אמן אחריו עי"ש:
Et ainsi est l’usage - Voir le Peri Megadim, et voir ce que nous avons écrit plus haut : a priori (lekhathila) il est encore mieux d’achever en même temps que l’officiant et de n’avoir pas besoin de répondre amen après lui, voir là.
(יז) ידיהם - ר"ל יד ימין:
Leurs mains - C’est-à-dire la main droite.
(יח) להאריך בחי"ת - כתב המ"א בשם המ"ע שיאריך בחי"ת כשיעור שליש ובד' כשיעור ב' שלישים. וי"א שלא יאריך בחי"ת כלל רק יכוין הכל בדלי"ת וכ"כ הגר"א בביאורו:
D’allonger le ‘het - Le Magen Avraham a écrit au nom du Migdal Oz qu’on allonge le ‘het la mesure d’un tiers et le dalet la mesure de deux tiers. Et certains disent qu’on n’allongera pas du tout le ‘het, seulement on visera le tout dans le dalet ; ainsi a écrit le Gra dans son commentaire.
(יט) ולא יאריך יותר - עפמ"ג בשם הפר"ח:
Et il n’allongera pas plus - Voir le Peri Megadim au nom du Pri ‘Hadash.
(כ) המחשבה - אע"ג דאמרינן הקורא את שמע לא יקרוץ בעיניו וכו' דהתם הקריצה והרמיזה לצורך ד"א ומבטלין הכונה אבל הכא הרמיזה היא לצורך הכונה והטייה צריכה להיות מזרח צפון מערב דרום ולא יטה הראש מזרח מערב צפון דרום דהוי ח"ו שתי וערב:
La pensée - Bien que l’on dise « qui lit le Chema ne clignera pas des yeux etc. », là le clignement et le signe sont pour un autre besoin et annulent la kavana ; mais ici le signe est pour le besoin de la kavana. Et l’inclinaison doit être est, nord, ouest, sud, et l’on n’inclinera pas la tête est-ouest-nord-sud, car ce serait, à Dieu ne plaise, comme une croix.
(כא) בדלי"ת - ולא ידגיש יותר מדאי שנראה כאלו הד' נקודה בשו"א או בציר"י אלא הכונה שיטעימנה בפה יפה:
Au dalet - Et l’on n’insistera pas trop, au point qu’il paraisse que le dalet est ponctué d’un sheva ou d’un tséré ; l’intention est de le faire bien goûter dans la bouche.
(כב) שמע ב"פ - משום דנראה כאלו מקבל עליו שתי רשויות ח"ו ואם לא כיון מעיקרא יחזור ויקרא בלחש ואם ליכא שומעין אפילו בקול רם מותר אבל אם כיון מעיקרא אפילו בלחש אסור ובסליחות מותר לומר שמע בכל פעם שאומר ויעבור דכיון שמפסיק הרבה בינתים לא מיחזי כשתי רשויות. ועיין בט"ז בסימן ס"ג ס"ג שכתב ג"כ דאם ממתין איזה זמן בין הקריאה ראשונה לשנייה שרי דאין משתקין אותו אא"כ קורא ב"פ רצופים ואפילו מגונה נמי לא הוי:
Chema deux fois - Parce qu’il paraît comme s’il acceptait sur lui deux pouvoirs, à Dieu ne plaise. Et s’il n’a pas visé d’emblée, il reviendra et lira à voix basse ; et s’il n’y a pas d’auditeurs, même à voix haute c’est permis. Mais s’il a visé d’emblée, même à voix basse c’est interdit. Et dans les Seli’hot il est permis de dire Chema chaque fois qu’on dit Vayaavor, car puisqu’on interrompt beaucoup entre-temps, cela ne paraît pas comme deux pouvoirs. Voir le Taz au siman 63 seif 3, qui a aussi écrit que s’il attend un certain temps entre la première lecture et la seconde, c’est permis : on ne le fait pas taire à moins qu’il ne lise deux fois de suite, et même alors ce n’est pas non plus laid.
(כג) בין שכופל - ובדיעבד בכפילת הפסוק יצא ובכפילת התיבות צ"ע ועי' בבה"ל:
Soit qu’il double - Et après coup, en doublant le verset on s’est acquitté ; en doublant les mots, cela demande examen ; voir le Biour Halakha.
(כד) הפסוק ראשון - איתא בב"י דמפסוק ראשון והלאה אין חשש ומלשון הרי"ף לכאורה לא משמע כן עי"ש ועיין במגן גבורים שגם המאירי מחמיר בזה אך על מטתו בודאי אין להחמיר בזה:
Le premier verset - Il est dans le Beth Yossef que depuis le premier verset et ensuite il n’y a pas de crainte ; mais du langage du Rif apparemment il n’appert pas ainsi, voir là. Voir le Maguen Guiborim, que aussi le Méiri est rigoureux en cela ; mais sur son lit, certainement il ne faut pas être rigoureux en cela.
(כה) על מטתו - משמע דוקא על מטתו כדי להשתקע בשינה מתוך ק"ש משום שמירה אבל במקום אחר אסור לקרות אפילו פרשה כולה ב"פ ועל מטתו ג"כ אין מותר אא"כ קורא הפרשה ולא פסוק ראשון בלבד [הגר"א] ונ"ל דכ"ז דוקא אם קורא פרשת שמע לבדה אבל אם קורא ג"כ שאר הפרשיות אין חשש בדבר:
Sur son lit - Il appert : précisément sur son lit, afin de s’enfoncer dans le sommeil depuis le Chema, à cause de la garde ; mais ailleurs il est interdit de lire même une parasha entière deux fois. Et sur son lit aussi ce n’est permis que s’il lit la parasha et non le premier verset seulement [Gra]. Et il me semble que tout cela est précisément s’il lit la parasha Chema seule ; mais s’il lit aussi les autres parashiot, il n’y a pas de crainte en la chose.
(כו) שלא יאמרו - והב"ח כתב דאין לבטל המנהג במקום שנהגו כן וכ"כ א"ר אבל הלבוש והל"ח והמ"א אוסרין ומדברי הגר"א משמע ג"כ שאוסר:
Afin qu’ils ne disent pas - Et le Ba’h a écrit qu’il ne faut pas abolir l’usage là où l’on a coutume ainsi, et de même Eliyahou Rabba ; mais le Levouch, le L"h et le Magen Avraham l’interdisent, et des paroles du Gra il appert aussi qu’il l’interdit.
(כז) מנהג כשר הוא - שמשבחין לבורא ית' שדר למעלה משבעה רקיעים גם מצינו בקרא ב"פ ד' הוא האלקים גבי אליהו ומה שאומרים ג"פ בשכמל"ו ביוה"כ ג"כ מותר דלא חשיב לשתי רשויות אלא בפסוק שמע שהוא עיקר קבלת עומ"ש וכיון שקבל עליו עומ"ש פ"א אין חשש באמירת בשכמל"ו יותר מפעם אחד דהא קאי על פסוק שמע ישראל וליכא מאן דאתי למיטעי:
C’est un usage valable - Car on loue le Créateur, qu’Il soit exalté, qui demeure au-dessus des sept firmaments. On trouve aussi dans l’Écriture deux fois « ה' est le Dieu » au sujet d’Éliyahou. Et ce qu’on dit trois fois Baroukh Chem kevod malkhouto leolam vaed à Yom Kippour est aussi permis, car on ne compte comme deux pouvoirs que dans le verset Chema, qui est l’essentiel de l’acceptation du joug de la royauté céleste ; et puisqu’il a accepté sur lui le joug de la royauté céleste une fois, il n’y a pas de crainte à dire Baroukh Chem plus d’une fois, car cela porte sur le verset Chema Israël, et personne n’en viendrait à se tromper.
(כח) ב"פ אמן - דג"ז מחזי כשתי רשויות ועיין במ"א שמיקל בדבר אבל האחרונים הסכימו לאסור ואם הוא אומר אמן ואמן שרי כדכתיב ברוך ד' לעולם אמן ואמן ועיין בפמ"ג שכתב דבר חדש בזה והוא דיש תרי גווני אמן אחד שאני מאמין ומחזק שכן הוא האמת והשני שהוא פי' של בקשה ר"ל שיאמנו הדברים וימלא משאלותינו וא"כ בברכה שיש בה שני ענינים על דרך משל רפאנו ד' ונרפא רופא חולי וכו' שפיר י"ל ב"פ אמן. ואם נזדמן לו לענות על ב' דברים אפשר דאמן אחד יעלה לכאן ולכאן ואם יאמר אמן ואמן עדיף טפי:
Deux fois amen - Car cela aussi paraît comme deux pouvoirs. Voir le Magen Avraham qui est indulgent en la chose, mais les Aharonim ont convenu d’interdire. Et s’il dit « amen veamen », c’est permis, comme il est écrit « Béni soit ה' à jamais, amen veamen ». Voir le Peri Megadim qui a écrit une chose nouvelle en cela : il y a deux sortes d’amen, l’un « je crois et je confirme qu’il en est ainsi en vérité », le second au sens d’une demande, c’est-à-dire que les choses se vérifient et que nos requêtes soient comblées ; ainsi, dans une berakha qui a deux sujets, par exemple Refaénou ה' venerafe, Rofé ‘holé etc., on peut bien dire deux fois amen. Et s’il lui est arrivé de répondre sur deux choses, il se peut qu’un seul amen monte ici et là ; et s’il dit « amen veamen », c’est encore mieux.
(כט) בשכמל"ו - ואם לא אמר יש דיעות בין הפוסקים אם מחזירין אותו עיין במ"א ועיין בבה"ל:
Baroukh Chem kevod malkhouto leolam vaed - Et s’il ne l’a pas dit, il y a des avis parmi les décisionnaires s’il faut le faire revenir ; voir le Magen Avraham et voir le Biour Halakha.
(ל) בחשאי - שכשקרא יעקב אבינו ע"ה לבניו בקש לגלות להם את הקץ כדכתיב ואגידה לכם את אשר יקרא אתכם באחרית הימים ונסתלקה ממנו שכינה ולא הניחתו לגלותו אמר לבניו שמא יש בכם מי שאינו הגון פתחו כולם ואמרו שמע ישראל ד' אלהינו ד' אחד פתח הזקן ואמר בשכמל"ו ואמרו רבנן היכי נעביד נימריה לא אמר משה לא נימריה הא אמר יעקב תקנו לאמר אותו בחשאי והוא היכר שאינו מן הפרשה הכתובה בתורה רק יעקב אמרו:
À voix basse - Car lorsque Yaakov notre père, que la paix soit sur lui, appela ses fils, il voulut leur révéler la fin, ainsi qu’il est écrit « et je vous annoncerai ce qui vous arrivera à la fin des jours », et la Présence se retira de lui et ne le laissa pas le révéler. Il dit à ses fils : peut-être y a-t-il parmi vous qui n’est pas digne. Tous ouvrirent et dirent « Chema Israël ה' Elohénou ה' E’had ». Le vieillard ouvrit et dit Baroukh Chem kevod malkhouto leolam vaed. Les Sages dirent : que ferons-nous ? Si nous le disons, Moïse ne l’a pas dit ; si nous ne le disons pas, Yaakov l’a dit. On a institué de le dire à voix basse, et c’est un signe qu’il n’est pas de la parasha écrite dans la Torah, seulement Yaakov l’a dit.
(לא) בין לעולם ועד - דבשכמל"ו ג"כ בכלל קבלת מ"ש הוא ע"כ צריך להמתין אחריו מעט:
Entre leolam vaed - Car Baroukh Chem aussi est compris dans l’acceptation du joug de la royauté céleste ; c’est pourquoi il faut attendre un peu après lui.
(לב) שלא תבלע וכו' - השו"ע נקט בהני פסוקי וה"ה בכל ק"ש יראה שלא להבליע האותיות ולא להחליפם באותיות אחרות כגון פסוק ואהבת וגו' לא יראה כמי שקורא ואהפת לבפך נבשך מודיך וכה"ג בכל ק"ש יזהר לקרות במתון כל תיבה ותיבה בפ"ע ולהוציא את התיבה מפיו כהלכתה ויושלמו לו כל רמ"ח איבריו עי"ז וכנ"ל בסק"ו ועיין לקמן בסימן ס"ב במשנה ברורה סק"א:
Afin qu’elle ne soit pas avalée etc. - Le Choulhan Aroukh a retenu ces versets, et de même dans tout le Chema on veillera à ne pas avaler les lettres et à ne pas les échanger contre d’autres lettres. Par exemple le verset Veahavta etc., qu’il ne paraisse pas comme qui lit « veahafta levapekha nafchekha méodékha », et semblables. Dans tout le Chema on prendra garde de lire avec lenteur chaque mot à part et de sortir le mot de sa bouche selon sa règle, et par là tous ses deux cent quarante-huit membres lui seront complétés, comme ci-dessus au seif katan 6. Voir plus bas au siman 62, Michna Beroura seif katan 1.
(לג) בכל לבבך - אין הכוונה שיפסיק ביניהם רק שיקרא בענין שישתמע שהם שני למדי"ן אבל מ"מ צריך מקף בינתים כי בלא מקף צריך לקרות בכל בחול"ם ובמקף בקמ"ץ:
Bekhol levavekha - L’intention n’est pas qu’on interrompe entre eux, seulement qu’on lise de manière qu’on entende que ce sont deux lamed ; mais toutefois il faut un makaf entre eux, car sans makaf il faut lire bekhol avec ‘holam, et avec makaf avec kamats.
(לד) כקורא מותם - א"ר הביא בשם של"ה דה"ה בכל אלף שאחר מ"ם צריך להפסיק כגון ועבדתם אלהים אחרים. עיניכם אשר זונים אחריהם. אלהיכם אשר. לאלהיכם אני. אלהיכם אמת. גם כל תיבה שתחלתה אלף ואפשר שלא ירגישנה במבטא צריך הפסק כגון אשר אנכי. מטר ארצכם. ועצר את. אשר ד'. דברי אלה. ויאמר ד' אל. דבר אל. מצות ד'. אשר אתם וכל כה"ג. גם כל תיבה שתחלתה יו"ד צריך להדגיש במבטא שלא יראה כאלו נמשכת אחר התיבה שלפניה כגון פן יפתה לא יראה כאלו קורא פניפתה או פן איפתה וכן בתיבת ירבו וכל כה"ג:
Comme qui lit « moutam » - Eliyahou Rabba a rapporté au nom du Chelah que de même pour tout alef après un mem il faut séparer, par exemple Vaavadtem elohim a’herim ; énékhem acher zonim a’haréhem ; Elohékhem acher ; lElohékhem ani ; Elohékhem emet. Aussi tout mot dont le début est un alef et qu’il est possible qu’on ne le sente pas dans la prononciation, il faut une séparation, par exemple acher anokhi ; matar artsékhem ; veatsar et ; acher ה' ; divré éllé ; vayomer ה' el ; daber el ; mitsvot ה' ; acher atem, et tout semblable. Aussi tout mot dont le début est un youd, il faut l’insister dans la prononciation afin qu’il ne paraisse pas comme s’il se prolongeait après le mot précédent, par exemple pen yifté, qu’il ne paraisse pas comme qui lit penifté ou pen ifté ; et de même au mot yirbou et tout semblable.
(לה) יש ליזהר - ולא הזהירו על ק"ש אלא משום שמסורה לכל ויש בה יחוד שמים:
Il faut prendre garde - Et l’on n’a averti ainsi pour le Chema que parce qu’il est transmis à tous et qu’il y a en lui l’unicité des Cieux.
(לו) הנח - שו"א הנחטפת נקראת נח כגון בסוף תיבה או באמצע תיבה הבאה אחר תנועה קטנה ושו"א נד נקרא המתנועעת כגון בראש תיבה או באמצע תיבה הבאה אחר תנועה גדולה. וסימן ת"ג פיתוחי חותם רק החיריק כשיש יו"ד אצלה נקראת ת"ג וכשאין יו"ד אצלה נקראת ת"ק:
Le na’h - Un sheva « happé » s’appelle na’h, par exemple à la fin d’un mot ou au milieu d’un mot venant après une voyelle brève ; et un sheva na s’appelle celui qui se meut, par exemple en tête de mot ou au milieu d’un mot venant après une voyelle longue. Et le signe : « taam gadol pitou’hé ‘hotam » ; seulement le ‘hirik, quand il y a un youd auprès de lui, s’appelle voyelle longue, et quand il n’y a pas de youd auprès de lui s’appelle voyelle brève.
(לז) כן - אך שצריך ליזהר לפסוק במקום הראוי להפסיק לפי הענין כדי שיהיה טעם והבנה לדבריו ע"כ יראה לקרותה בנחת דאל"ה ישתנה לפעמים הבנת דבריו עי"ז:
Ainsi - Toutefois il faut prendre garde de ponctuer à l’endroit où il convient de s’arrêter selon le sens, afin qu’il y ait un sens et une intelligence à ses paroles. C’est pourquoi on veillera à le lire posément, sinon parfois l’intelligence de ses paroles en sera changée.
(לח) בכך - ובלבד שיכוין כי הנגינה למי שלא הורגל בה מפסיד הכונה:
En cela - Pourvu qu’il vise, car la cantilation, pour qui n’y est pas habitué, fait perdre la kavana.
(לט) כשיאמר וקשרתם לאות - וכן בפרשה שניה כשמזכיר ענין תפילין צריך למשמש:
Lorsqu’il dira oukchartam leot - Et de même dans la seconde parasha, lorsqu’il mentionne le sujet des tefilin, il doit palper.
(מ) יש נוהגים וכו' - לענין אם יוצא בק"ש ע"י אחר שיכוין להוציאו עיין במ"א ופמ"ג ורוב האחרונים סוברים דיוצא בזה ועדיף זה מהרהור דהרהור לאו כדיבור דמי משא"כ בזה דשומע כעונה וכתב ע"ת ונראה דדוקא במבין הלשון ואפילו בלה"ק בעינן דוקא שיבין השומע עיין בסימן קצ"ג ס"א ובשכנה"ג הביא בשם ברכת אברהם דדוקא ביחיד המוציא את היחיד אבל יחיד המוציא את הרבים או יחיד המוציא את השנים בבהמ"ז אפילו אינם מבינים בלשון הקודש יוצאים:
Certains ont l’usage etc. - Quant à savoir si l’on s’acquitte du Chema par un autre qui vise à l’acquitter, voir le Magen Avraham et le Peri Megadim ; la plupart des Aharonim tiennent qu’on s’en acquitte, et cela vaut mieux que la pensée, car la pensée n’est pas comme la parole, tandis qu’ici qui entend est comme qui répond. L’Olat Tamid a écrit : et il paraît que c’est précisément pour qui entend la langue ; et même en langue sainte, il faut précisément que l’auditeur comprenne ; voir au siman 193 seif 1. Et le Chiyouré Knesset Hagedola a rapporté au nom de Birkat Avraham : précisément un yahid qui acquitte le yahid ; mais un yahid qui acquitte la multitude, ou un yahid qui acquitte les deux au Birkat hamazon, même s’ils ne comprennent pas la langue sainte, ils s’acquittent.