Le défaut de précision (espaces entre lettres collées, articulation du zaïn de tizkerou, etc.) n’empêche pas d’être quitte, mais a priori il faut y veiller fortement. On peut lire le Chema dans toute langue que l’on comprend ; de nos jours on le lit en langue sainte. Il faut le faire entendre à son oreille ; la seule méditation du cœur n’acquitte pas, sauf contrainte, et même alors on relit dès que la contrainte cesse.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) ולא דקדק - אין הענין שלא הזכיר התיבות והאותיות שבודאי לא יצא אבל ענין לא דקדק הוא שלא נתן ריוח בין הדבקים או שלא התיז הז' של תזכרו וכדומה וכנ"ל בסימן ס"א [ב"ח וא"ר בשם החינוך וכן מוכח מפרש"י שם במתניתין דף ט"ו עי"ש ומהגמרא שם ע"ב עי"ש]:
Et il n’a pas été précis - Il ne s’agit pas de n’avoir pas prononcé les mots et les lettres, car alors on n’est certainement pas quitte ; « n’avoir pas été précis » signifie n’avoir pas ménagé d’espace entre les lettres qui se collent, ou n’avoir pas articulé nettement le zaïn de tizkerou, et ainsi de suite, comme ci-dessus au siman 61 [Ba'h et Eliyah Rabba au nom du 'Hinoukh ; et cela ressort aussi de Rachi sur la michna p. 15, voir là-bas, et de la Guemara ibid. p. 15b, voir là-bas].
(ב) יצא - מ"מ יזהר מאד לכתחילה בזה ואיתא בש"ס המדקדק בהן שכרו שמצננין לו גיהנם שהוא מדה כנגד מדה שמאחר שהוא מעורר עצמו בזה ומניע את חומו הטבעי לדקדק באותיות ובשכר זה החום הטבעי שהוא מעורר מצננין לו כנגדו חום אחר שהוא בגיהנם [ב"י]:
Il est quitte - Néanmoins on y veillera beaucoup a priori (lekhathila). Il est dit dans le Talmud : celui qui est précis en cela, sa récompense est qu’on lui refroidit la Géhenne : c’est mesure pour mesure, car puisqu’il s’éveille lui-même à cela et met en mouvement sa chaleur naturelle pour préciser les lettres, en récompense de cette chaleur naturelle qu’il éveille, on lui refroidit en contrepartie une autre chaleur, celle de la Géhenne [Beit Yossef].
(ג) בכל לשון - ודוקא שמבין באותו הלשון. וה"ה בתפלה ובה"מ ובקידוש וברכת המצות והפירות והלל [אחרונים ועיין בבה"ל] וכ"ז מצד הדין אבל למצוה מן המובחר הוא דוקא בלשה"ק כן כתב הב"ח בסימן קצ"ג ועיין בספרי האחרונים דבימינו אף מצד הדין יש ליזהר שלא לקרותה בלשון אחר כ"א בלשון הקודש כי יש כמה וכמה תיבות שאין אנו יודעים איך להעתיקם היטב כגון תיבת ושננתם יש בו כמה ביאורים אחד לשון לימוד ואחד לשון חידוד כמו שאמרו חז"ל שיהו ד"ת מחודדין בפיך שאם ישאלך אדם דבר אל תגמגם ותאמר לו. וכן כמה וכמה תיבות שבק"ש שאין אנו יודעין היטב ביאורו על לשון אחר כגון תיבת את ותיבת לטוטפות וכדומה אבל כשאנו קוראין שמע בלשה"ק וכן בתפלה וברכת המזון וקידוש ושארי ברכות אפילו אם אינו מבין הלשון יצא דזה אינו מצוי שבן ישראל לא ידע ביאור הפסוק ראשון שבק"ש שהכונה בו לעיכובא וכמו שכתוב בסימן ס"ג ס"ד:
Dans toute langue - À condition toutefois de comprendre cette langue. Il en va de même pour la tefila, le Birkat hamazone, le Kiddouch, les bénédictions des mitsvot et des fruits, et le Hallel [A'haronim ; voir Béour Halakha]. Tout cela du point de vue de la loi ; mais pour la mitsva de choix, c’est uniquement en langue sainte : ainsi a écrit le Ba'h au siman 193. Voir les ouvrages des A'haronim : de nos jours, même du point de vue de la loi, il faut veiller à ne la lire dans aucune autre langue que la langue sainte, car il y a nombre de mots dont nous ne savons pas comment les traduire exactement. Ainsi le mot vechinantam comporte plusieurs sens : l’un de « enseignement », l’autre d’« aiguisement », comme l’ont dit nos Sages : que les paroles de Torah soient aiguisées dans ta bouche, de sorte que si quelqu’un te demande une chose, tu ne bégaies pas pour lui répondre. De même nombre de mots du Chema dont nous ne savons pas bien le sens dans une autre langue, comme le mot et et le mot letotafot, et ainsi de suite. Mais lorsque nous lisons le Chema en langue sainte, et de même la tefila, le Birkat hamazone, le Kiddouch et les autres bénédictions, même si l’on ne comprend pas la langue, on est quitte : car il n’est pas courant qu’un fils d’Israël ne connaisse pas le sens du premier verset du Chema, dont l’intention est indispensable, comme il est écrit au siman 63 seif 4.
(ד) צריך וכו' - מדרבנן [ב"ח] ודעת הראב"ד הובא בחידושי הרשב"א דהוא מדאוריי' לכתחלה:
Il faut etc. - De rabbinique [Ba'h]. L’avis du Raavad, rapporté dans les 'Hiddouchim du Rachba, est que c’est de Torah a priori.
(ה) להשמיע לאזנו - בק"ש וה"ה בברכותי' וכדלקמן ר"ו ס"ג:
Faire entendre à son oreille - Pour le Chema, et de même pour ses bénédictions, comme plus bas siman 206 seif 3.
(ו) ובלבד וכו' - אבל אם הרהר בלבו לא יצא דקי"ל הרהור לאו כדיבור דמי ועיין בביאור הלכה:
Pourvu que etc. - Mais s’il n’a fait que méditer dans son cœur, il n’est pas quitte : car nous tenons que la méditation n’est pas assimilée à la parole. Voir Béour Halakha.
(ז) יצא - האי יצא לא לגמרי קאמר דהא קי"ל הרהור לאו כדיבור דמי אלא ר"ל דעכ"פ בשעה שאינו יכול לדבר יהרהר ק"ש בלבו והקב"ה יקבע לו שכר עבור זה אבל בעצם אינו יוצא בזה על כן כשיסתלק האונס אם עדיין לא עבר זמן ק"ש מחוייב לחזור ולקרותה [הסכמת רוב אחרונים ועיין בביאור הלכה]:
Il est quitte - Ce « quitte » n’est pas dit pleinement, car nous tenons que la méditation n’est pas assimilée à la parole ; cela signifie seulement qu’en tout cas, au moment où il ne peut parler, qu’il médite le Chema dans son cœur et le Saint béni soit-Il lui assignera une récompense pour cela ; mais en soi, on n’est pas quitte par là. Aussi, lorsque la contrainte (oness) disparaît, si le temps du Chema n’est pas encore passé, on est tenu de relire [accord de la majorité des A'haronim ; voir Béour Halakha].
(ח) ואף לכתחלה וכו' - כתב הט"ז מזה יש ללמוד במי שצמא בלילה במטתו שא"א לו ליטול ידיו ולברך יהרהר הברכה בלבו וישתה. ובספר מטה יהודא חולק עליו וכתב דהרי אפשר לו לעמוד וליטול ידיו ואין דומה לחולה ולאנוס דאין דנין אפשר משאי אפשר ואפילו אם אין לו מים על הנטילה והשתייה או שקשה לו לעמוד מפני הקור הרי יוכל לקנח ידיו בכותל או בכל מידי דמנקי וזה מהני אפילו כשיודע בודאי שנגע בידיו במקומות המכוסים וכדלעיל בסימן ד' סעיף כ"ב וכ"ג:
Et même a priori etc. - Le Taz a écrit : on apprend de là, pour celui qui a soif la nuit dans son lit et ne peut se laver les mains et bénir, qu’il médite la bénédiction dans son cœur et boive. Le livre Maté Yehouda le contredit et écrit : or il lui est possible de se lever et de se laver les mains, et cela ne ressemble ni au malade ni au contraint (anos), car on ne juge pas le possible d’après l’impossible. Même s’il n’a pas d’eau pour le lavage des mains et pour boire, ou s’il lui est difficile de se lever à cause du froid, il peut s’essuyer les mains au mur ou avec tout objet qui nettoie ; cela suffit même lorsqu’il sait avec certitude qu’il a touché de ses mains des endroits couverts, comme ci-dessus au siman 4 seif 22 et 23.
(ט) שלא יהא וכו' - ואם המקום ההוא מטונף לגמרי לא יהרהר נוסח קריאת שמע או הברכה רק יחשוב בלבו שמחוייב ואינו יכול לקיים ויצטער על זה וד' יראה ללבב ליתן לו שכר המחשבה כיון שהוא אנוס. ונראה פשוט דהשותין בבית המרחץ שלא כדין עושין דהרי שם אסור אפילו ההרהור ואינו אנוס לשתייה זו ועיין לקמן בסימן פ"ד מה שאכתוב שם בשם הפרי מגדים בענין זה:
Afin qu’il n’y ait pas etc. - Et si cet endroit est entièrement souillé, qu’il ne médite pas le texte de la lecture du Chema ou de la bénédiction : qu’il pense seulement dans son cœur qu’il est tenu et ne peut s’acquitter, et qu’il s’en afflige ; ה' voit le cœur pour lui donner la récompense de la pensée, puisqu’il est contraint. Il paraît évident que ceux qui boivent au bain ne font pas selon la loi, car là-bas même la méditation est interdite, et ils ne sont pas contraints à cette boisson. Voir plus bas au siman 84 ce que j’écrirai au nom du Peri Megadim à ce sujet.