משנה ברורה

Michna Beroura — siman 65

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Celui qui entre à la synagogue et trouve le public en train de lire le Chema, ou qui a interrompu pendant la lecture
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Après une interruption, on reprend où l’on s’est arrêté ; si sous contrainte on a tardé le temps de tout lire, certains disent de revenir au début. En entrant et trouvant le tsibbour au Chema, on dit avec eux au moins le premier verset. On n’interrompt pas les bénédictions du Chema pour se joindre au public, sinon par le chant des mêmes mots.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETInterruption pendant le Chema ; entrée à la synagogue alors que le tsibbour lit
À FAIREReprise après interruption
Parole ou silence : revenir à l’endroit où l’on s’est arrêté — même au milieu d’une berakha, même mezíd (l’interdit n’oblige pas à tout recommencer). Même din : Hallel, Méguila, Birkat hamazon, berakha longue dite par soi-même.
À FAIREEntrée et tsibbour au Chema
Lire avec eux au moins le 1er verset + Baroukh Chem, même s’il a déjà lu. Gra : tout le Chema. Sans tefilin : ne pas viser la mitsva (renvoi fin siman 46). Même bienséance : Tehila leDavid, Alénou.
À FAIREDans Pessouké dezimra / Baroukh chéamar / Yichtaba’h
Interrompre pour accepter le joug avec le tsibbour.
À ÉVITERInterrompre les berakhot du Chema
Ni les berakhot ni entre les sections : chanter les mêmes mots sur l’air du tsibbour, sans quitter sa berakha.
À ÉVITERA priori attendre le temps d’achever le tout
Même sans ones, même simple silence, même pour une chose rabbinique (berakhot du Chema, Hallel, Méguila). Tefila : davantage. Officiant : ne pas trop chanter dans les berakhot du Chema.
OUIAttendre kaddish / Kedoucha
Permis même le temps d’achever le tout. Choulhan Chelomo : seulement près de chira ‘hadacha (fin Emet veyatsiv) ; sinon attendre par intermittence.
OUIReprise à l’arrêt malgré longue attente
Usage Aharonim : on ne revient pas au début (même tefila / Hallel / Méguila / birkat kohanim — BH). L’avis « ones + temps d’achever le tout → au début » : MA le limite à inaptitude d’homme ou de lieu (besoins, excréments), pas brigands.
OUIInterruption dans le Chema vs dans une berakha
Chema + temps d’achever toutes les parashiot sous ones : certains au début du Chema. Berakha : seulement si l’attente = de Yotser or jusqu’à Gaal Israël. Entre berakha et berakha : pas à revenir bénir bediavad.
REMAEntendre d’un autre qui acquitte + parler entre-temps = plus quitte (on n’entend plus). Mezíd dans le Chema : BH — il convient de relire les parashiot (certains au début). Avant birkat haTorah : pas plus que le 1er verset.
Reprise à l’arrêt. A priori ne pas créer une interruption « temps du tout ». Avec le tsibbour : 1er verset (Gra : tout). Berakhot du Chema : on ne quitte pas, on chante avec eux.

Glossaire

mezid
volontairement
anos
contraint
oness
contrainte
bediavad
après coup
lekhathila
a priori
hefsek
interruption
Kedousha
sanctification récitée avec le public
Pessoukei dezimra
versets de louange précédant le Chema
Emet veyatsiv
bénédiction qui suit le Chema du matin
Gaal Israël
« qui a racheté Israël », conclusion de la bénédiction
Yotser or
première bénédiction du Chema du matin
derekh erets
bienséance

(א) בין בדיבור - אפילו אם שח במזיד אף דעשה איסור בזה אעפ"כ א"צ לחזור רק למקום שפסק ואפילו כשפסק באמצע ברכה. וה"ה כששח באמצע הלל ומגילה ובהמ"ז או שאר ברכה ארוכה ודוקא כשהוא אומרן בעצמו דאם שומע מאחר שמוציאו והוא שח בנתיים ממילא אינו שומע ואיך יצא בזה ויבואר אי"ה להלן בכל אחד במקומו עי"ש וע' בבה"ל שכתבנו דבק"ש נכון שיחזור הפרשיות עוד הפעם כשסח במזיד כי יש אומרים דצריך לחזור לראש:

Que ce soit par la parole - Même s’il a parlé volontairement (mezid), bien qu’il ait commis un interdit par là, néanmoins il n’a pas à revenir, seulement à l’endroit où il s’est arrêté, même s’il s’est arrêté au milieu d’une bénédiction. Il en va de même s’il a parlé au milieu du Hallel, de la Méguila, du Birkat hamazone ou de toute autre bénédiction longue. Et uniquement lorsqu’il les dit lui-même : car s’il entend d’un autre qui l’acquitte, et qu’il a parlé entre-temps, dès lors il n’entend pas, et comment serait-il quitte par là ? Cela sera expliqué si D.ieu veut plus loin pour chacun à sa place, voir là-bas. Voir Béour Halakha, où nous avons écrit que pour le Chema il convient de relire encore les parashiot lorsqu’il a parlé volontairement, car certains disent qu’il faut revenir au début.

(ב) וי"א דאם וכו' - טעמם דבשלמא אם לא היה אנוס שאם היה רוצה היה יכול לקרות לא הוי השתיקה ואפילו הדבור הפסק אבל באנוס חשיבא השהייה הפסק כיון שלא היה אז יכול לקרות ועיין במ"א שמסיק דדוקא אם האונס הוא מחמת שהאיש אינו ראוי כגון שהוצרך לנקביו או שהמקום אינו ראוי כגון שמצא שם צואה או מי רגלים והוצרך לשהות עד שיוציאום אבל אונס אחר כגון מחמת ליסטים וכה"ג הוי כמו ששתק ברצון דלא חשיב הפסק לדעה זו. ודוקא בק"ש וברכותיה וכה"ג אבל בתפלה חוזר לראש אפילו באונס אחר וכמו שיתבאר לקמן בסי' ק"ד ע"ש במ"ב ס"ק ט"ז:

Et certains disent que si etc. - Leur raison : à la rigueur, s’il n’était pas contraint (anos), et que s’il avait voulu il aurait pu lire, le silence et même la parole ne sont pas une interruption ; mais sous contrainte (oness), l’attente est considérée comme une interruption, puisqu’il ne pouvait alors pas lire. Voir le Magen Avraham qui conclut : uniquement si la contrainte vient de ce que l’homme n’est pas apte, par exemple s’il a dû aller à ses besoins, ou de ce que le lieu n’est pas apte, par exemple s’il y a trouvé des excréments ou de l’urine et a dû attendre qu’on les ôte ; mais une autre contrainte, par exemple à cause de brigands et similaire, est comme s’il s’était tu de son gré, et n’est pas considérée comme une interruption selon cet avis. Et uniquement pour le Chema et ses bénédictions et similaire ; mais pour la tefila, on revient au début même pour une autre contrainte, comme il sera expliqué plus bas au siman 104, voir là-bas Michna Beroura seif katan 16.

(ג) כדי לגמור - היינו מראש ועד סוף אפילו עומד בסוף:

Le temps d’achever - C’est-à-dire du début jusqu’à la fin, même s’il se trouve à la fin.

(ד) חוזר - כ"ז לענין דיעבד אבל לכתחילה לא יפסיק לשהות כדי לגמור כולה אפילו שלא מחמת אונס ואפילו בשתיקה בעלמא ואפילו בדבר שהוא מדרבנן כגון ברכת ק"ש והלל ומגילה וכה"ג וכ"ש דבתפלה יש ליזהר מאד בזה כי יש שמחמירין בתפלה אפילו דיעבד ומשמע מדברי המ"א דלכתחילה נכון ליזהר שלא ינגן הש"ץ הרבה בברכת ק"ש שיהיה בהפסק אחד כדי לגמור כולה שאז יצטרכו הקהל להפסיק הרבה בשתיקה על ידו [ונ"ל דכ"ש דיש ליזהר בברכת כהנים שהוא מדאורייתא שלא יאריכו אז הקהל באמירת התחנונים בעת הברכת כהנים שעי"ז שותקין הכהנים זמן הרבה באמצע הברכה ומחמת זה טוב לעשות כמו שראיתי כתוב בשם הגר"א [וכן משמע בסימן קכ"ח סעיף מ"ה בהג"ה] שיאמרו גם בפעם שלישית הרבש"ע ולא יה"ר הארוך כי בהרבה פעמים מצוי שאין הכהנים מנגנין כלל ורק עומדין וממתינין עד שיסיימו הקהל אמירתם ועי"ז יש לפעמים זמן כדי לגמור כולה] ולענות קדיש או קדושה מותר לשהות אפילו כדי לגמור את כולה ומשמע בספר שולחן שלמה דדוקא אם הוא עומד בסוף ברכת אמת ויציב דהיינו אצל שירה חדשה וכדלקמן בסוף סימן ס"ו אבל אם עדיין לא הגיע לש"ח טוב יותר שישהה בסירוגין באמצע ברכה כמה פעמים פחות מכדי לגמור כולה:

Il revient - Tout cela après coup (bediavad) ; mais a priori (lekhathila) qu’on n’interrompe pas pour attendre le temps d’achever le tout, même sans contrainte, même par un simple silence, même pour une chose de rabbinique comme les bénédictions du Chema, le Hallel, la Méguila et similaire. À plus forte raison pour la tefila faut-il y veiller beaucoup, car certains sont stricts pour la tefila même après coup. Il résulte des paroles du Magen Avraham qu’a priori il convient de veiller à ce que l’officiant ne chante pas trop dans les bénédictions du Chema, au point qu’il y ait une interruption du temps d’achever le tout, car alors le public devrait s’interrompre longtemps en silence à cause de lui. [Il me semble qu’à plus forte raison il faut veiller, dans la bénédiction des kohanim qui est de Torah, à ce que le public n’allonge pas alors les supplications pendant la bénédiction des kohanim, car par là les kohanim se taisent longtemps au milieu de la bénédiction. Aussi est-il bon de faire comme j’ai vu écrit au nom du Gaon de Vilna — et cela résulte aussi du siman 128 seif 45 dans la glose — : qu’on dise aussi la troisième fois Ribono chel Olam, et non le Yehi ratson long ; car souvent les kohanim ne chantent pas du tout et restent debout à attendre que le public achève ses dires, et par là il y a parfois le temps d’achever le tout.] Répondre kaddish ou Kedousha, il est permis d’attendre même le temps d’achever le tout. Il résulte du livre Choulhan Chelomo que c’est uniquement s’il se trouve à la fin de la bénédiction Emet veyatsiv, c’est-à-dire près de chira 'hadacha, comme plus bas à la fin du siman 66 ; mais s’il n’est pas encore arrivé à chira 'hadacha, mieux vaut attendre par intermittence au milieu de la bénédiction, plusieurs fois, moins que le temps d’achever le tout.

(ה) לראש - היינו אם הפסיק בק"ש אפי' אם ההפסק היה רק כדי לגמור הק"ש חוזר לראש ק"ש ובברכת ק"ש לא יחזור לראש הברכה שפסק בתוכה אא"כ שהה כדי לגמור מתחלת ברכת יוצר אור עד גאל ישראל. ועיין בבה"ל דביארנו דאם הפסיק בברכת ק"ש בין ברכה לברכה בכל גווני אין צריך לחזור ולברך בדיעבד אבל בק"ש אם הפסיק בין פרשה לפרשה מחמת אונס ושהה בה כדי לגמור כל הפרשיות חוזר לראש:

Au début - C’est-à-dire : s’il a interrompu dans le Chema, même si l’interruption n’a été que le temps d’achever le Chema, il revient au début du Chema. Dans une bénédiction du Chema, il ne revient pas au début de la bénédiction au milieu de laquelle il s’est arrêté, à moins d’avoir attendu le temps d’achever depuis le début de la bénédiction Yotser or jusqu’à Gaal Israël. Voir Béour Halakha, où nous avons expliqué que s’il a interrompu dans les bénédictions du Chema entre bénédiction et bénédiction, en tout état de cause il n’a pas à revenir bénir après coup ; mais dans le Chema, s’il a interrompu entre parasha et parasha par contrainte et a attendu le temps d’achever toutes les parashiot, il revient au début.

(ו) והכי נהוג - וכן פסקו האחרונים וה"ה בתפלה והלל ומגילה וברכת כהנים כמו שביארנו בבה"ל עי"ש:

Et ainsi est l’usage - Ainsi ont tranché les A'haronim. Il en va de même pour la tefila, le Hallel, la Méguila et la bénédiction des kohanim, comme nous l’avons expliqué dans Béour Halakha, voir là-bas.

(ז) לפי הקורא - בין להקל בין להחמיר:

Selon le lecteur - Tant pour assouplir que pour strictifier.

(ח) קרא ק"ש - וכ"ש אם לא קרא עדיין דצריך לקרוא את הפסוק הראשון אבל לא יכוין לצאת בזה המ"ע דק"ש כיון שאין לו תפילין בראשו וגם יהיה בלא ברכות וכדלעיל בסוף סימן מ"ו במ"ב עי"ש. ונ"ל דאפילו אם הוא אצלו קודם בה"ת כיון שאינו אומר הפסוק לשם לימוד רק שבזה יזהר שלא יאמר יותר מפסוק ראשון:

Il a lu le Chema - À plus forte raison s’il n’a pas encore lu : il doit lire le premier verset. Mais qu’il n’ait pas l’intention de s’acquitter par là de la mitsva positive du Chema, puisqu’il n’a pas de tefilin sur la tête, et que ce sera sans les bénédictions, comme ci-dessus à la fin du siman 46 dans le Michna Beroura, voir là-bas. Il me semble que même s’il est encore avant la bénédiction de la Torah, puisqu’il ne dit pas le verset à titre d’étude, qu’il veille seulement à ne pas dire plus que le premier verset.

(ט) שקורין ק"ש - וה"ה שאר דבר שהצבור אומרים כגון תהלה לדוד או עלינו קורא עמהם שכן דרך ארץ:

Qui lisent le Chema - Il en va de même pour toute autre chose que le tsibbour dit, comme Tehila leDavid ou Alénou : il lit avec eux, car telle est la bienséance.

(י) פסוק ראשון - וגם בשכמל"ו ודעת הגר"א בביאורו שצריך לקרות עמהם כל ק"ש. אמנם בפסוקי דזמרה נראה דאין להחמיר יותר מפסוק ראשון דבלא"ה דעת המחבר להחמיר בפסוקי דזמרה וכדלקמיה:

Le premier verset - Et aussi Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed. L’avis du Gaon de Vilna dans son commentaire est qu’il faut lire avec eux tout le Chema. Toutefois, dans les Pessoukei dezimra, il semble qu’il n’y a pas à être plus strict que le premier verset, car de toute façon l’avis du Mé'haber est d’être strict dans les Pessoukei dezimra, comme plus bas.

(יא) לא יפסיק - והאחרונים כתבו דבברכת ב"ש וישתבח ובפסוקי דזמרה יש להפסיק כדי לקבל עול מ"ש עם הצבור אבל בברכות של ק"ש וכן בין הפרקים לא יפסיק כלל אלא יאמר אותן התיבות בניגון כמו שהצבור אומרים ק"ש:

Qu’il n’interrompe pas - Les A'haronim ont écrit que dans la bénédiction Baroukh chéamar et Yichtaba'h et dans les Pessoukei dezimra, il faut interrompre afin d’accepter le joug de la Royauté des Cieux avec le tsibbour ; mais dans les bénédictions du Chema, et de même entre les sections, qu’il n’interrompe pas du tout : qu’il dise ces mots sur l’air comme le tsibbour dit le Chema.