משנה ברורה

Michna Beroura — siman 66

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · En quel endroit on peut interrompre et en quel endroit on n’interrompt pas
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Entre les sections on peut saluer un homme honorable et répondre à quiconque ; au milieu, seulement par crainte ou pour son père et son maître. On interrompt pour kaddish, Kedousha et Barekhou. On ne sépare pas « émet » de Gaal Israël ni la rédemption de la tefila. Règles pour poser tefilin ou talit trouvés en cours de lecture, et pour monter à la Torah.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETOù l’on interrompt — et où l’on n’interrompt pas — dans le Chema et ses berakhot
À FAIREEntre les sections
Saluer un homme honorable (vieillard, sage, riche qu’il convient d’honorer). Répondre à quiconque qui a précédé. Père et maître principal : même au milieu (crainte = crainte du Ciel).
À FAIREAu milieu
Seulement par crainte (père, maître principal, roi, violent / délateur) ou pour davar shebikedoucha.
À FAIREKaddish / Kedoucha / Barekhou
Amen yehé chéméh rabba jusqu’à lealma + amen après daamiran bealma (pas yitbarakh, pas Titkabbel / Yehé chalama / Ossé chalom). Kedoucha : Kadoch et Baroukh seulement (pas Yimlokh, pas Nakdish). Barekhou : Baroukh H’ hamevorakh leolam vaed. Modim : Modim ana’hnu lakh seulement. Amen HaKel hakadoch et Choméa tefila.
À FAIRETefilin trouvés en cours
Au milieu du Chema : poser aussitôt + berakha (chaque mot du Chema exige les tefilin). Au milieu de Yotser / Ahava : attendre entre les sections pour bénir. Entre rédemption et tefila : poser ; berakha : SA non, Pri ‘Hadash oui — usage selon SA.
À FAIREContenu d’Emet veyatsiv
Tour / Yerushalmi : mentionner sortie d’Égypte, royauté, fente de la mer, plaies des premiers-nés. Rachba : indispensable même bediavad — MB demande encore examen.
À ÉVITERChema Israël + Baroukh Chem
Aucune interruption (unité / joug). Même kaddish Kedoucha Barekhou : BH doute ; après 3 h peut-être comme lecture de Torah.
À ÉVITERElohékhem emet / Gaal Israël → Amida
Ne pas séparer emet de Gaal Israël (H’ Elohim emet) — plus grave que le milieu. Ni emet de veyatsiv a priori (Gra = SA). Juxtaposer rédemption et tefila : pas même une attente. Après Baroukh ata H’ de Gaal Israël : plus rien.
À ÉVITERSaluer en allant vers l’autre
Uniquement rencontre spontanée. Se lever / changer de place pour saluer : interdit, même père et maître, même avant Baroukh chéamar (honneur du Ciel). Usage actuel : on ne salue pas à la synagogue pendant la tefila.
OUIAliya / kohen appelé
Usage : interrompre par honneur de la Torah, même un Israël, même au milieu — sauf Chema + Baroukh Chem (achever puis monter). A priori : ne pas l’appeler ; Israël à sa place. Si lui seul peut lire le sefer : interrompt. Lévi : même loi.
NONTalit au milieu
Tsitsit ≠ obligation du corps : bénir = interruption. Vêtement seul permis (hors 1re section). Honte sans talit : bénir entre les sections. Entre rédemption et tefila : ne pas poser le talit (silence forcé).
OUIAmen après Gaal Israël
Après l’officiant : usage de répondre (pas une interruption rédemption-tefila). Yahid : on ne dit pas amen après soi. Conseil : achever avec l’officiant ou commencer H’ sefataï un peu avant.
OUIAttendre Kedoucha
A priori à chira ‘hadacha (après ossé féle). Bediavad tant qu’on n’a pas dit Baroukh ata H’ : répondre puis reprendre de chira ‘hadacha ou de Tsur Israël.
REMATonnerre : mitsva passagère — certains interrompent et bénissent ; d’autres non (déjà dans la louange). Acher yatsar : ne pas bénir en cours ; lavage puis après tefila. Chabbat entre rédemption et tefila : certains permettent kaddish/Kedoucha (siman 111). Montant à la Torah : entendre l’officiant, pas lire avec lui, pas Mi chéberakh (sauf son nom oublié). Tefilin vs tsibbour : MA — mieux s’attarder après la tefila du tsibbour et emprunter des tefilin, que prier avec le tsibbour sans tefilin. Pas le loisir : s’il pensait pouvoir achever puis ones — Rema = couper après ה' Elohékhem emet, reprendre à veyatsiv ; s’il savait dès l’abord — MA = Chema seul sans berakhot, puis plus tard Chema + berakhot + tefila (60:2). Échange berakha matin/soir : pas encore le Nom de clôture → revenir au début ; Nom déjà dit → achever (Hayé Adam).
Entre sections : honneur. Au milieu : crainte + kedoucha (Kaddish, Kedoucha, Barekhou, Modim court). Jamais : 1er verset, emet—Gaal Israël, rédemption—tefila. Tefilin oui (même au milieu du Chema) ; talit non. Aliya : usage d’interrompre hors Chema/Baroukh Chem.

Glossaire

lekhathila
a priori
bediavad
après coup
anos
contraint
oness
contrainte
bein haperakim
entre les sections
hefsek
interruption
salik inyna
endroit où le sujet s’achève
Barekhou
appel à bénir ה'
Kedousha
sanctification récitée avec le public
Modim
« nous Te rendons grâce »
Gaal Israël
« qui a racheté Israël »
somkhin geoula litefila
juxtaposer la rédemption à la tefila
Ahava rabba
seconde bénédiction du Chema du matin
chira 'hadacha
passage « un cantique nouveau » dans Emet veyatsiv
Pessoukei dezimra
versets de louange
Mi chéberakh
prière de bénédiction après la montée à la Torah
mora
crainte (père, maître, roi)
kavod
honneur
laaz
langue étrangère

כל מה שאסור לדבר אפילו בלשון הקודש אסור לדבר. ואפי' תיבה אחת אסור [פמ"ג]: (א) בין הפרקים - דוקא בשפגעו זה את זה ממילא אבל במשכים לפתחו או לילך בבהכ"נ ממקום הקבוע לו למקום חבירו ליתן לו שלום ואפילו לאביו ורבו אסור ואפילו קודם שהתחיל ברוך שאמר כיון שהוא קודם התפלה [פמ"ג בסימן פ"ט עי"ש בפרש"י וכן מוכח לפי הטעם האמור בגמרא י"ד דבמה חשבתו לזה וכו' עי"ש בפרש"י ועיין בקידושין ל"ג ע"ב שלא יהא כבודו חמור מכבוד שמים]:

Tout ce qu’il est interdit de dire, même en langue sainte il est interdit de le dire. Même un seul mot est interdit [Peri Megadim]. Entre les sections - Uniquement s’ils se sont rencontrés d’eux-mêmes ; mais se lever pour aller à sa porte, ou aller dans la synagogue de sa place fixe à la place de son ami pour lui donner le salut — et même à son père et à son maître — est interdit, même avant d’avoir commencé Baroukh chéamar, puisqu’on est avant la tefila [Peri Megadim au siman 89, voir là-bas dans Rachi ; et cela ressort aussi de la raison dite dans la Guemara p. 14 : « en quoi l’as-tu considéré, celui-ci etc. », voir Rachi là-bas ; et voir Kiddouchin 33b : que son honneur ne soit pas plus grave que l’honneur du Ciel].

(ב) שואל בשלום - אפילו בלשון לע"ז. ודוקא בפנים חדשות שואל ומשיב שאם לא ישיב יבא לידי שנאה ובספר החינוך ג"כ כתב דמי שלא ראינו שיקפיד על חבירו כלל לא יפסיק אפילו בין הפרקים ע"כ לפי מנהגנו כהיום שאין אנו נוהגין לשאול בשלום בבהכ"נ בעת התפלה חלילה לשאול או להשיב אפילו ד"ת לא בין הפרקים ולא בפסוקי דזמרה. אם עבר והפסיק בק"ש אפילו במקום שאין רשאי להפסיק ולא שהה כדי לגמור את כולה לכו"ע אינו חוזר רק לאותו הפסוק וי"א לאותו התיבה שפסק ממנה אם הוא במקום דסליק ענינא:

Il salue - Même en langue étrangère. Et uniquement un visage nouveau : il salue et répond, car s’il ne répond pas on en viendrait à la haine. Le livre du 'Hinoukh a aussi écrit que celui dont on n’a jamais vu qu’il tienne rigueur à son ami, qu’il n’interrompe pas même entre les sections. Aussi, selon notre usage d’aujourd’hui, où nous n’avons pas l’habitude de saluer à la synagogue pendant la tefila, loin de nous de saluer ou de répondre, même une parole de Torah, ni entre les sections ni dans les Pessoukei dezimra. S’il a transgressé et interrompu dans le Chema, même en un endroit où il n’est pas autorisé à interrompre, et qu’il n’a pas attendu le temps d’achever le tout, selon tous il ne revient qu’à ce verset ; et certains disent : à ce mot dont il s’est arrêté, s’il est en un endroit où le sujet s’achève.

(ג) אדם נכבד - שראוי להקדים לו שלום כגון שהוא זקן או ת"ח וכן אם הוא עשיר שראוי לכבד לו מחמת עשרו:

Un homme honorable - Qu’il convient de précéder en salut, par exemple un vieillard ou un sage, et de même s’il est riche et qu’il convient de l’honorer à cause de sa richesse.

(ד) לכל אדם - שהקדים לו שלום ומשמע בחידושי הרשב"א דמותר לכתחלה לשאול בשלום הקורא אע"פ שיודע שיצטרך להשיבו ועיין לעיל בסק"ב:

À tout homme - Qui l’a précédé en salut. Il résulte des 'Hiddouchim du Rachba qu’il est permis a priori (lekhathila) de saluer le lecteur, bien que l’on sache qu’il devra répondre. Voir plus haut au seif katan 2.

(ה) אביו או רבו - ר"ל רבו מובהק שעיקר תורתו הימנו אע"פ שהוא גדול בתורה עתה יותר מרבו ושייך בהו מורא מדכתיב איש אמו ואביו תיראו ותנן ומורא רבך כמורא שמים:

Son père ou son maître - C’est-à-dire son maître principal, dont l’essentiel de sa Torah vient de lui, même s’il est maintenant plus grand en Torah que son maître. La crainte s’y applique, car il est écrit : « chacun sa mère et son père vous craindrez », et nous avons appris : la crainte de ton maître est comme la crainte du Ciel.

(ו) גדול ממנו - ואם הם שוים הוי בכלל מפני הכבוד ואם הקורא גדול ממנו אינו מפסיק כלל אפי' לת"ח:

Plus grand que lui - S’ils sont égaux, c’est dans la catégorie « par honneur ». Si le lecteur est plus grand que lui, il n’interrompt pas du tout, même pour un sage.

(ז) בחכמה - והאחרונים פסקו דאפי' אם הוא גדול ממנו הוי רק מפני הכבוד אם לא שהוא ת"ח מופלג בדורו אז הוי בכלל מורא:

En sagesse - Les A'haronim ont tranché que même s’il est plus grand que lui, ce n’est que « par honneur », à moins que ce soit un sage éminent de sa génération, alors c’est dans la catégorie de la crainte.

(ח) וכ"ש מלך - אפי' מלך ישראל הוי בכלל מפני היראה דכתיב שום תשים עליך מלך שתהא אימתו עליך:

À plus forte raison un roi - Même un roi d’Israël est dans la catégorie « par crainte », car il est écrit : « tu mettras sur toi un roi », afin que sa terreur soit sur toi.

(ט) או אנס - או מלשין:

Ou un violent - Ou un délateur.

(י) הפסוק - י"א דבאמצע הפסוק לא יפסיק אם לא במקום דסליק ענינא ואם פסק חוזר אח"כ לתחלת הפסוק. ולענין מעשה כשמפסיק לענות קדיש או קדושה כמו שיתבאר לקמיה אם א"א לו למהר לסיים הענין יכול לפסוק אפילו באמצע הענין ולסמוך על בעלי סברא הראשונה שלא חלקו בכך לצורך מצוה רבה כזו ולענות עם הצבור ואח"כ יחזור לתחלת הפסוק:

Le verset - Certains disent qu’au milieu du verset on n’interrompt pas, sauf en un endroit où le sujet s’achève ; et s’il s’est arrêté, il revient ensuite au début du verset. En pratique, lorsqu’on interrompt pour répondre kaddish ou Kedousha, comme il sera expliqué plus bas : s’il ne peut pas hâter d’achever le sujet, il peut s’arrêter même au milieu du sujet et s’appuyer sur les tenants du premier avis, qui n’ont pas distingué en cela pour le besoin d’une grande mitsva telle que celle-ci et pour répondre avec le tsibbour ; ensuite il reviendra au début du verset.

(יא) חוץ מפסוק - שאין דבר גדול כקבלת מלכות שמים ומטעם זה לא יפסיק ג"כ בין שמע ישראל לבשכמל"ו שגם הוא מכלל היחוד [ב"י]:

Hormis le verset - Car il n’est rien de plus grand que l’acceptation du joug de la Royauté des Cieux. Pour cette raison, on n’interrompt pas non plus entre Chema Israël et Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed, qui est aussi compris dans l’unité [Beit Yossef].

(יב) בהם כלל - משמע דאפילו קדיש וקדושה וברכו לא יענה ועיין בבה"ל. ואפשר דאם הקריאה היה לאחר ג' שעות דהוא רק כקורא בתורה צריך להפסיק:

En eux du tout - Il en résulte que même kaddish, Kedousha et Barekhou, on ne répond pas. Voir Béour Halakha. Et peut-être que si la lecture était après trois heures, ce n’est plus que comme une lecture de la Torah, et il faut interrompre.

(יג) אם לא וכו' - ודינו הוא כמו בתפלה לקמן בסימן ק"ד:

Si ce n’est etc. - Et sa loi est comme pour la tefila plus bas au siman 104.

(יד) אם שכח - או שהיה אנוס שלא היה לו ציצית ותפילין מתחלה:

S’il a oublié - Ou s’il a été contraint (anos) de n’avoir pas eu de tsitsit et de tefilin au départ.

(טו) בין הפרקים - ואם נזדמן לו באמצע הפרק ישהה מלהניחם עד בין הפרקים כדי שיהיה יוכל לברך עליהם. וה"מ אם נזדמן לו באמצע ברכת יוצר אור או אהבה רבה אבל אם נזדמן לו תפילין באמצע ק"ש יניח תיכף כי כל תיבה ותיבה של ק"ש מצוה שיהיה עליו תפילין. וההנחה תהיה בברכה [פמ"ג]:

Entre les sections - S’ils lui sont advenus au milieu de la section, qu’il attende de les poser jusqu’entre les sections, afin de pouvoir bénir sur eux. Cela n’est dit que s’ils lui sont advenus au milieu de la bénédiction Yotser or ou Ahava rabba ; mais si des tefilin lui sont advenus au milieu du Chema, qu’il les pose aussitôt, car chaque mot du Chema est une mitsva qu’il ait sur lui les tefilin. La pose se fera avec bénédiction [Peri Megadim].

(טז) טלית - דבציצית אינו חובת גברא שאם אין לו טלית פטור מציצית ויוכל לקרות ק"ש בלי ציצית ע"כ מקרי הפסקה ע"י הברכה אבל תפילין דהוא חובת הגוף וגם בלתי התפילין הוא כמעיד עדות שקר בעצמו ח"ו שאומר וקשרתם ואיננו קושר ע"כ נקטינן כדעה הראשונה דלא חשיבה הפסק. וכ"ז לענין הברכה אבל הלבישה לבדה מותר ולאחר התפלה ימשמש בציצית ויברך. ומשמע בב"י דאפילו באמצע הפרק מותר הלבישה לבד מפרק א' של ק"ש. וכתב הפמ"ג דהכי נקטינן כהכרעת הרמ"א. והיכא שהוא יושב בבהכ"נ ומתבייש לישב בלי טלית לכו"ע יכול לברך עליו בין הפרקים:

Talit - Car pour les tsitsit ce n’est pas une obligation de la personne : s’il n’a pas de talit, il est dispensé des tsitsit et peut lire le Chema sans tsitsit ; aussi la bénédiction est-elle appelée interruption. Mais les tefilin sont une obligation du corps, et sans les tefilin c’est comme témoigner un faux témoignage contre soi-même, à D.ieu ne plaise, car on dit « tu les attacheras » et l’on n’attache pas ; aussi tenons-nous le premier avis, que ce n’est pas considéré comme une interruption. Tout cela pour la bénédiction ; mais le seul vêtement est permis, et après la tefila on palpera les tsitsit et l’on bénira. Il résulte du Beit Yossef que même au milieu de la section le seul vêtement est permis, hors de la première section du Chema. Le Peri Megadim a écrit : ainsi tenons-nous, selon la décision du Rema. Et lorsqu’il est assis à la synagogue et a honte de s’asseoir sans talit, selon tous il peut bénir dessus entre les sections.

(יז) לקדיש - היינו לאיש"ר עד עלמיא ולא יאמר יתברך ויענה אמן אחר דאמירן בעלמא אבל על תתקבל יהא שלמא עושה שלום לא יענה אמן כי אינו אלא מנהג ולקדושה יאמר רק קדוש וברוך שזהו עיקר קדושה ולא ימלוך וכ"ש שלא יאמר נקדש ושאר דברים שמוסיפין בשבת וכל זה אפילו בין הפרקים לא יאמר:

Pour kaddish - C’est-à-dire Amen yehé chéméh rabba jusqu’à lealma, et l’on ne dira pas yitbarakh, et l’on répondra amen après daamiran bealma ; mais sur Titkabbel, Yehé chalama, Ossé chalom, on ne répondra pas amen, car ce n’est qu’un usage. Pour la Kedousha, on ne dira que Kadoch et Baroukh, qui sont l’essentiel de la Kedousha, et non Yimlokh ; à plus forte raison on ne dira pas Nakdich et les autres ajouts du Chabbat. Et tout cela, même entre les sections, on ne le dira pas.

(יח) ולברכו - שעונה ברוך ד' המבורך לעולם ועד ובברכת התורה יענה ביהל"ו וגם אמן על סוף הברכה ויש מפקפקין באמן זה ובין הפרקים יש להקל:

Et pour Barekhou - On répond Baroukh ה' hamevorakh leolam vaed. Dans la bénédiction de la Torah, on répond Baroukh ה' hamevorakh leolam vaed et aussi amen à la fin de la bénédiction ; certains hésitent sur cet amen, et entre les sections on peut assouplir.

(יט) מפסיק - דאם פוסק לשאול מפני כבוד ב"ו ק"ו מפני כבוד הקב"ה ומה"ט נראה דאם שמע קול רעמים יפסיק ויברך דהוי מצוה עוברת ויש חולקין דכיון שהוא עוסק בשבחו של מקום אין לו לפסוק בשביל שבח אחר ולא דמי לכל הני דהוי דבר שבקדושה [תבואות שור וא"ר ושארי אחרונים] גם מח"א משמע דאם שמען באמצע אין לו לברך עליהן כ"א כששמע אותן בין הפרקים:

Il interrompt - Car s’il interrompt pour saluer par honneur d’un être de chair et de sang, à plus forte raison par honneur du Saint béni soit-Il. Pour cette raison, il semble que s’il a entendu un coup de tonnerre, il interrompe et bénisse, car c’est une mitsva passagère. Certains contestent : puisqu’il est occupé à la louange du Lieu, qu’il n’interrompe pas pour une autre louange ; et cela ne ressemble pas à tous ceux-là, qui sont une chose de sainteté [Tevouot Chor, Eliyah Rabba et autres A'haronim]. Du 'Haïé Adam aussi il résulte que s’il les a entendus au milieu, il n’a pas à bénir dessus, seulement s’il les a entendus entre les sections.

(כ) תיבת מודים - פי' מודים אנחנו לך ולא כל המודים דרבנן דה"ל הפסקה גדולה ונראה דה"ה בבין הפרקים:

Le mot Modim - C’est-à-dire Modim ana'hnu lakh, et non tout le Modim de rabbinique, car ce serait une grande interruption. Il semble qu’il en va de même entre les sections.

(כא) הקדוש - משום דהוא סיום ג' ברכות ראשונות ושומע תפלה הוי סיום אמצעיות אבל האמן אחר סיום שים שלום אף דהוא סיום כל הי"ח הסכימו הרבה אחרונים דלא יענה באמצע ק"ש עיין במ"א הטעם:

HaKadoch - Parce que c’est la conclusion des trois premières bénédictions, et Choméa tefila est la conclusion des bénédictions du milieu. Mais l’amen après la conclusion de Sim chalom, bien que ce soit la conclusion des dix-huit, beaucoup d’A'haronim sont convenus de ne pas le répondre au milieu du Chema ; voir le Magen Avraham pour la raison.

(כב) הני מילי - לכאורה לאו דוקא דה"ה לכל אמן צריך לפסוק כשאומר תחנונים אבל באמת דברי הרמ"א נכונים מאד דהוא מיירי בתחנונים הרגיל לומר בסוף סיום י"ח ע"כ אלו אמנים דוקא. [כן מצאתי בהדיא בתשובת הרשב"א שממנו נובע הדין]:

Ces propos - À première vue ce n’est pas exclusif, et il en irait de même pour tout amen : il faudrait interrompre lorsqu’on dit des supplications. Mais en vérité les paroles du Rema sont très justes : il s’agit des supplications qu’on a coutume de dire à la fin de la conclusion des dix-huit ; aussi ces amen précisément. [Je l’ai trouvé explicitement dans une réponse du Rachba, d’où découle la loi.]

(כג) תחנונים - וכ"ש בפסוקי דזמרה. ולענין אם מותר לענות אמן בין הפרקים של ק"ש וברכותיה הח"א בכלל כ' ס"ד כתב דאינו מותר לענות רק האמן מן הברכה עצמה שסיימה מתחלה אבל הפמ"ג בסימן נ"א וכן בחידושי רע"א בסימן זה הסכימו דכל אמן מותר לענות בין הפרקים. הטיל מים לא יברך אשר יצר רק יטול ידיו ולאחר התפלה יברך [דה"ח]:

Des supplications - À plus forte raison dans les Pessoukei dezimra. Quant à savoir s’il est permis de répondre amen entre les sections du Chema et de ses bénédictions : le 'Haïé Adam, règle 20 seif 4, a écrit qu’il n’est permis de répondre que l’amen de la bénédiction même qu’on a achevée d’abord ; mais le Peri Megadim au siman 51, et de même les 'Hiddouchim de R. Akiva Eiger sur ce siman, sont convenus que tout amen est permis à répondre entre les sections. S’il a uriné, qu’il ne bénisse pas Acher yatsar : qu’il se lave les mains, et après la tefila il bénira [Derech Ha'haïm].

(כד) קריאת שמע - או שהיה עוסק בברכותיה ובין שהוא עומד באמצע הפרק או בין הפרקים וכתב הא"ר ודה"ח דבין גאולה לתפלה לא יעלה אפילו אם קראוהו ואצ"ל באמצע ש"ע:

Lecture du Chema - Ou s’il était occupé à ses bénédictions, qu’il soit au milieu de la section ou entre les sections. L’Eliyah Rabba et le Derech Ha'haïm ont écrit : entre la rédemption et la tefila, qu’il ne monte pas même si on l’a appelé ; et inutile de le dire au milieu de la Amida.

(כה) שמפסיק - דהא מפני כבוד הבריות ויראתם מפסיק וכנ"ל וכ"ש מפני כבוד התורה ולפ"ז אפילו קראו לישראל לעלות לתורה ג"כ מפסיק אפילו באמצע ק"ש ולא נקט השו"ע כהן רק משום רבותא דהי"א השני שס"ל דאינו מפסיק אפילו בכהן וטעמם דאין זה בזיון לתורה כיון שאינו מפסיק משום שעוסק במצות ק"ש וברכותיה וגם אע"פ שהוא כהן אין לחוש לפגמו אם לא יעלה שיוציאו עליו לעז שהוא פסול כיון דמה שאינו עולה הוא משום שעומד במקום שאינו רשאי להפסיק אין בזה פגם וידעו הכל דמהאי טעמא הוא ועולה אפילו ישראל במקומו אם אין כאן כהן אחר:

Qui interrompt - Car par honneur des créatures et par leur crainte on interrompt, comme ci-dessus ; à plus forte raison par honneur de la Torah. Dès lors, même si l’on a appelé un Israël à monter à la Torah, il interrompt aussi, même au milieu du Chema. Le Choulhan Aroukh n’a mentionné que le kohen que pour la nouveauté de l’avis second, qui tient qu’il n’interrompt pas même pour un kohen. Leur raison : ce n’est pas un affront pour la Torah, puisqu’il n’interrompt pas parce qu’il est occupé à la mitsva du Chema et de ses bénédictions ; et bien qu’il soit kohen, il n’y a pas à craindre un soupçon sur lui s’il ne monte pas, qu’on colporte qu’il est disqualifié, puisque ce qui fait qu’il ne monte pas est qu’il se trouve en un endroit où il n’est pas autorisé à interrompre : il n’y a pas là de tare, et tous sauront que c’est pour cette raison. Un Israël monte à sa place s’il n’y a pas d’autre kohen.

(כו) והלכה כדבריו - והאחרונים כתבו דכהיום נוהגין העולם כהי"א קמא ואפילו בקראו ישראל והוא עומד באמצע ק"ש אף דנוכל להשיג ישראל אחר אעפ"כ נוהגין שמפסיקין מפני כבוד התורה לבד אם הוא עומד בפסוק שמע ישראל ובשכמל"ו לא יפסיק באמצען אלא יגמרם ואח"כ יעלה. ואין לשנות המנהג מפני המחלוקת. אך אם יוכל למהר ולסיים עד הפרק ימהר ואם אינו יכול לסיים עד הפרק יסיים עכ"פ להיכא דסליק ענינא אך לעכב בשביל זה לא יעכב אמנם לא יקרא עם החזן רק שיראה להטות אזנו ולשמוע ממנו ומכ"ש שלא יפסיק לאמר להש"ץ לעשות מי שבירך ונראה דאם באמצע מי שבירך שכח החזן שמו ושואלו לכו"ע מותר להשיבו מפני הכבוד וכשחוזר אח"כ לק"ש אין צריך לחזור רק למקום שפסק אפילו היה פרשה ארוכה ושהה עי"ז כדי לגמור כולה. וכ"ז בדיעבד שכבר קראו אותו אבל לכתחלה אפילו עומד בברכת ק"ש וכ"ש בק"ש עצמה לא יקראו אותו אפי' אין שם כהן אלא הוא דליכא למיחש בזה לפגמא כיון שהוא עוסק בק"ש רק יקראו לישראל במקומו ומותר לקרותו בשמו ויאמר במקום כהן ויש חולקין ואומרין דגם בזה שייך פגמא להכהן דאין הכל יודעין שהוא עוסק בק"ש ונראה דיש לסמוך ולהקל לקרותו אם הוא עומד בבין הפרקים. ויותר טוב אם אין שם כהן אלא הוא שילך מבה"כ קודם שיקראו להראשון וכן הדין בלוי. ונראה פשוט דאם הס"ת מונח על השולחן ואין להם מי שיוכל לקרות בה כ"א זה שהוא עומד בק"ש וברכותיה לכו"ע יכול להפסיק מפני כבוד התורה אך אם בנקל הוא לסיים לו מתחלה עד הפרק יסיים. גם ימנע אז את עצמו מלהיות הוא הקורא בשם הקרואים שיעלו להתורה מטעם הפסק:

Et la halakha est selon ses paroles - Les A'haronim ont écrit qu’aujourd’hui le monde use selon le premier « certains disent », et même si l’on a appelé un Israël et qu’il se trouve au milieu du Chema, bien qu’on puisse trouver un autre Israël, néanmoins on use d’interrompre par le seul honneur de la Torah ; sauf s’il se trouve au verset Chema Israël et à Baroukh chem kevod malkhouto leolam vaed : qu’il n’interrompe pas en leur milieu, qu’il les achève puis monte. Qu’on ne change pas l’usage, à cause de la controverse. Toutefois, s’il peut hâter et achever jusqu’à la section, qu’il hâte ; s’il ne peut achever jusqu’à la section, qu’il achève du moins là où le sujet s’achève ; mais qu’il n’attende pas pour cela. Qu’il ne lise pas avec l’officiant : qu’il s’applique à pencher l’oreille et à entendre de lui ; à plus forte raison qu’il n’interrompe pas pour dire à l’officiant de faire un Mi chéberakh. Il semble que si, au milieu du Mi chéberakh, l’officiant a oublié son nom et le lui demande, selon tous il est permis de lui répondre par honneur ; et lorsqu’il revient ensuite au Chema, il n’a pas à revenir, seulement à l’endroit où il s’est arrêté, même si c’était une longue parasha et qu’il a par là attendu le temps d’achever le tout. Tout cela après coup (bediavad), alors qu’on l’a déjà appelé ; mais a priori, même s’il se trouve dans une bénédiction du Chema, et à plus forte raison dans le Chema même, qu’on ne l’appelle pas, même s’il n’y a d’autre kohen que lui : car il n’y a pas à craindre de tare, puisqu’il est occupé au Chema ; qu’on appelle un Israël à sa place, et il est permis de l’appeler par son nom et de dire « à la place du kohen ». Certains contestent et disent que même en cela il y a une tare pour le kohen, car tous ne savent pas qu’il est occupé au Chema. Il semble qu’on peut s’appuyer pour assouplir et l’appeler s’il se trouve entre les sections. Mieux encore, s’il n’y a d’autre kohen que lui, qu’il sorte de la synagogue avant qu’on appelle le premier. Même loi pour le lévi. Il paraît évident que si le sefer Torah est posé sur la table et qu’ils n’ont personne qui puisse y lire sinon celui qui se trouve au Chema et à ses bénédictions, selon tous il peut interrompre par honneur de la Torah ; toutefois, s’il lui est aisé d’achever d’abord jusqu’à la section, qu’il achève. Qu’il s’abstienne alors d’être lui-même le lecteur qui appelle les montants à la Torah, à cause de l’interruption.

(כז) בין הפרקים - ובין הפרקים דערבית ג"כ דינן כמו בשחרית [מ"א בסי' רל"ו] ועיין בבה"ל:

Entre les sections - Et entre les sections d’Arvit, leur loi est aussi comme le matin [Magen Avraham au siman 236]. Voir Béour Halakha.

(כח) לא יפסיק - הטעם משום דכתיב וד' אלהים אמת לפיכך אין להפסיק בו והוא חמור אפילו מאמצע הפרק ועיין בביאור הגר"א:

Qu’il n’interrompe pas - La raison : il est écrit « et ה' Elohim emet » ; aussi n’y a-t-il pas à interrompre en cela. C’est plus grave même que le milieu de la section. Voir le commentaire du Gaon de Vilna.

(כט) שלא להפסיק - אפילו בשהייה בעלמא:

De ne pas interrompre - Même par une simple attente.

(ל) אלהיכם אמת - משמע שא"צ לומר יותר ויש שסוברין דכיון דויציב הוא ג"כ לשון אמת אין להפסיק בין אמת לויציב ובביאור הגר"א מסכים להשו"ע וטוב ליזהר לכתחלה:

Elohékhem emet - Il en résulte qu’il n’est pas nécessaire d’en dire plus. Certains tiennent que puisque veyatsiv est aussi un langage de vérité, il n’y a pas à interrompre entre emet et veyatsiv. Dans le commentaire du Gaon de Vilna, il s’accorde au Choulhan Aroukh ; et il est bon d’y veiller a priori.

(לא) וממתין - פי' דאלו אם לא שהה משתקינן ליה כשחוזר ואומר אמת כמו בשמע שמע ומודים מודים אבל בשהה אף דלא משתיקין ליה מ"מ אינו צריך לחזור דלמה לו לכופלו פעם שניה. וכן בכל מקום שהוא פוסק באיזה ברכה מברכות ק"ש כשחוזר אח"כ אינו צריך לחזור אלא לתיבה שפסק ממנה ובתפלה עיין לקמן בסימן ק"ד ס"ה:

Et il attend - C’est-à-dire : si l’on n’a pas attendu, on le fait taire lorsqu’il revient et dit emet, comme pour Chema Chema et Modim Modim ; mais s’il a attendu, bien qu’on ne le fasse pas taire, néanmoins il n’a pas à revenir : pourquoi le doubler une seconde fois ? De même, partout où l’on s’arrête dans une bénédiction des bénédictions du Chema, lorsqu’on revient ensuite on n’a à revenir qu’au mot dont on s’est arrêté. Pour la tefila, voir plus bas au siman 104 seif 5.

(לב) אינו אומר אמן - בין אחר עצמו ובין אחר הש"ץ:

Il ne dit pas amen - Ni après soi-même ni après l’officiant.

(לג) אחר גאל ישראל - לשון עבר משום דהוא קאי על גאולת מצרים אבל בתפלת י"ח אומר גואל ישראל משום דרחמי נינהו ומתפלל על העתיד ובמערבית שנוהגין לומר בא"י מלך צור ישראל וגואלו נדחק הט"ז מאד לתרצו ובדגול מרבבה יישב קושיתו ומ"מ מפני קושיא זו נהגו אנשי מעשה לומר גם במערבית גאל ישראל:

Après Gaal Israël - Langage du passé, parce que cela se rapporte à la rédemption d’Égypte ; mais dans la tefila des dix-huit on dit Goel Israël, parce que ce sont des miséricordes et que l’on prie pour l’avenir. À Arvit, où l’on a coutume de dire Baroukh ata ה' mélekh tsur Israël vegoalo, le Taz s’est beaucoup peiné à le justifier ; dans Dagul Mérevava on a résolu sa difficulté. Néanmoins, à cause de cette difficulté, les hommes d’œuvre ont coutume de dire aussi à Arvit Gaal Israël.

(לד) וי"א - האי י"א ס"ל דאפילו על ברכת עצמו עונה כיון שהוא סיום של סדר ברכות של ק"ש ולא חשבי ליה להפסק בין גאולה לתפלה וע"כ קאמר רמ"א דמצד אחד מנהגנו הוא ג"כ כהי"א הזה דלא חשבינן ליה להפסק בין גאולה לתפלה וע"כ נוהגין לענות אחר הש"ץ אמן אבל אם מתפלל לבדו אין מנהגנו לענות אמן וכדלקמן בסימן רט"ו עי"ש:

Et certains disent - Cet avis tient que même sur sa propre bénédiction on répond, puisque c’est la conclusion de l’ordre des bénédictions du Chema, et on ne le considère pas comme une interruption entre la rédemption et la tefila. Aussi le Rema dit-il que d’un côté notre usage est aussi comme cet avis, car nous ne le considérons pas comme une interruption entre la rédemption et la tefila ; aussi a-t-on coutume de répondre amen après l’officiant. Mais si l’on prie seul, notre usage n’est pas de répondre amen, comme plus bas au siman 215, voir là-bas.

(לה) לענות וכו' - ודוקא אם לא התחיל עדיין הפסוק של אדני שפתי תפתח דמשם ואילך הוי כתפלה. יש מדקדקים שרוצים לצאת לכו"ע וממתינים בצור ישראל או בשירה חדשה כדי לענות אמן אחר הש"ץ וכתבו כל האחרונים שלא יפה הם עושים שהרי הוא באמצע הפרק של אמת ויציב ואין לענות שום אמן לבד משתי אמנים הנ"ל בס"ג בהג"ה גם לכתחלה ראוי להתחיל תפלת י"ח עם הש"ץ והקהל בשוה אלא עצה אחרת יש ונכון לעשותה כדי לצאת לכו"ע שיכוין לסיים עם הש"ץ בשוה ואז אינו מחוייב לענות אמן או שיתחיל שמ"ע מעט קודם הש"ץ דהיינו הפסוק ד' שפתי וגו' דבזה המעט ודאי ליכא קפידא דאין ניכר כלל הקדמתו:

Pour répondre etc. - Et uniquement s’il n’a pas encore commencé le verset Adonaï sefataï tifta'h, car de là en avant c’est comme la tefila. Certains minutieux veulent s’acquitter selon tous et attendent à Tsur Israël ou à chira 'hadacha afin de répondre amen après l’officiant ; tous les A'haronim ont écrit qu’ils ne font pas bien, car on est au milieu de la section Emet veyatsiv et l’on n’a à répondre aucun amen, hors les deux amen susdits au seif 3 dans la glose. Aussi, a priori, il convient de commencer la tefila des dix-huit avec l’officiant et le public en même temps. Mais il y a un autre conseil, et il convient de le faire afin de s’acquitter selon tous : qu’on ait l’intention d’achever avec l’officiant en même temps, et alors on n’est pas tenu de répondre amen ; ou que l’on commence la Amida un peu avant l’officiant, c’est-à-dire le verset ה' sefataï etc. : en ce peu, il n’y a certainement pas de difficulté, car son avance n’est pas du tout perceptible.

(לו) אחר הש"ץ - ר"ל אם אירע שהוא גמר קודם הש"ץ ולא התחיל עדיין השמ"ע ובנתיים גמר הש"ץ אבל אין צריך להמתין ע"ז לכו"ע:

Après l’officiant - C’est-à-dire s’il est arrivé qu’il ait achevé avant l’officiant et n’ait pas encore commencé la Amida, et qu’entre-temps l’officiant a achevé ; mais il n’est pas nécessaire d’attendre cela, selon tous.

(לז) צריך לסמוך - עיין לקמן סימן קי"א:

Il faut juxtaposer - Voir plus bas siman 111.

(לח) ולא יפסיק - אפילו בשהייה בעלמא ביניהם:

Et qu’il n’interrompe pas - Même par une simple attente entre eux.

(לט) שאמר גאל ישראל - והוא חמור מאמצע הפרק דאין להפסיק בו אפילו מפני היראה כמו בתפלה אם לא במקום שיש חשש סכנה:

Qu’il a dit Gaal Israël - Et c’est plus grave que le milieu de la section : on n’y interrompt pas même par crainte, comme pour la tefila, sauf s’il y a crainte de danger.

(מ) שלא הניח - ולא היה יכול להמתין בק"ש עד שיזדמן תפילין משום שהיה מתיירא שיעבור זמן ק"ש וה"ה אם מתיירא שיעבור זמן תפלה מתפלל בלי תפילין ותיכף כשיבואו אח"כ לידו באמצע היום או במנחה יניחם ויאמר איזה מזמור. צ"ע מי שאין לו תפילין בעת שהצבור מתפללין אם טוב יותר שיתפלל עם הצבור אף שהוא בלי תפילין ואח"כ כשיגיעו התפילין לידו יקיים מצות תפילין לבד או מוטב שיתעכב אחר תפלת הצבור כדי לשאול תפילין מחבירו כדי שיקרא ק"ש ויתפלל בתפילין פסק המ"א דמוטב שיתעכב אחר תפלת הצבור וישאול תפילין כדי שיקרא ק"ש ויתפלל בתפילין:

Qu’il n’a pas posé - Et il n’a pas pu attendre dans le Chema jusqu’à ce que des tefilin se présentent, parce qu’il craignait que le temps du Chema passe. Il en va de même s’il craint que le temps de la tefila passe : il prie sans tefilin, et aussitôt qu’ils lui viennent ensuite en main, au milieu du jour ou à Min'ha, il les pose et dit quelque psaume. Il y a lieu d’examiner : celui qui n’a pas de tefilin au moment où le tsibbour prie, vaut-il mieux qu’il prie avec le tsibbour même sans tefilin, et qu’ensuite, lorsque les tefilin lui viennent en main, il accomplisse la seule mitsva des tefilin ; ou mieux vaut-il qu’il s’attarde après la tefila du tsibbour afin d’emprunter des tefilin à son ami, pour lire le Chema et prier avec tefilin ? Le Magen Avraham a tranché : mieux vaut s’attarder après la tefila du tsibbour et emprunter des tefilin, afin de lire le Chema et de prier avec tefilin.

(מא) מניח אז - דתפילין יש להם שייכות לק"ש ותפלה טפי מציצית:

Il les pose alors - Car les tefilin ont plus d’attache au Chema et à la tefila que les tsitsit.

(מב) עליהם - והפר"ח חולק וס"ל דכיון דשרי להניח תפילין בין גאולה לתפלה יכול לברך ג"כ ולא מיקרי הפסק וכן פסק בספר אבן העוזר אמנם הדה"ח והח"א ושאר הרבה פוסקים העתיקו כולם דברי השו"ע להלכה:

Sur eux - Le Peri 'Hadash conteste et tient : puisqu’il est permis de poser les tefilin entre la rédemption et la tefila, on peut aussi bénir, et cela n’est pas appelé interruption. Ainsi a tranché le livre Even Haazer. Toutefois le Derech Ha'haïm, le 'Haïé Adam et beaucoup d’autres décisionnaires ont tous recopié les paroles du Choulhan Aroukh pour la halakha.

(מג) שיתפלל - שממשמש בהם ומברך עליהם:

Qu’il prie - Car il les palpe et bénit dessus.

(מד) לא יניח אז - דע"כ אם ירצה להתעטף בטלית יהיה מוכרח לעמוד בשתיקה בלי להתחיל י"ח והוי השתיקה הפסק ולא הותר כ"א לתפילין:

Qu’il ne les pose pas alors - Car s’il veut s’envelopper du talit, il sera forcé de rester en silence sans commencer les dix-huit, et le silence est une interruption ; et cela n’a été permis que pour les tefilin.

(מה) מניחן - שאין הנחת התפילין ולבישת הטלית הפסק שהרי אפילו יכול לקרות ולעסוק במלאכתו בעוד שהוא קורא וכדלעיל בסימן ס"ג ס"א:

Il les pose - Car la pose des tefilin et le vêtement du talit ne sont pas une interruption : on peut même lire et s’occuper de son travail tout en lisant, comme ci-dessus au siman 63 seif 1.

(מו) שקודם גאל ישראל - ר"ל קודם שאמר ברוך אתה ד' דלאחר מכן בודאי אסור להפסיק בשום דבר אלא יסיים גאל ישראל ויניח התפילין בלי ברכה ועיין בסמוך מה שכתבנו בשם מאמר מרדכי:

Avant Gaal Israël - C’est-à-dire avant d’avoir dit Baroukh ata ה' : car après cela, il est certainement interdit d’interrompre en quoi que ce soit ; qu’il achève Gaal Israël et pose les tefilin sans bénédiction. Voir ci-contre ce que nous avons écrit au nom de Maamar Mordekhai.

(מז) יברך וכו' - נראה פשוט דכאן אסור לומר ברוך שם כבוד וכו' שנוהגין לומר אחר ברכת על מצות גם נכון שלא יברך בזה כ"א ברכה אחת להניח דבלא"ה הרבה פוסקים סוברין כן וכנ"ל בסימן כ"ו עי"ש:

Il bénira etc. - Il paraît évident qu’ici il est interdit de dire Baroukh chem kevod etc. qu’on a coutume de dire après la bénédiction al mitsvat. Il convient aussi de ne bénir en cela qu’une seule bénédiction, lehania'h : car de toute façon beaucoup de décisionnaires tiennent ainsi, comme ci-dessus au siman 26, voir là-bas.

(מח) והכי נהוג - ומוכח מדברי האחרונים דהכי קי"ל:

Et ainsi est l’usage - Et il ressort des paroles des A'haronim que ainsi nous tenons.

(מט) וקדושה - וכן ברכו ומודים ויראה לצמצם שיכרע בתחלת התפלה בעת שהצבור שוחין עצמן במודים:

Et Kedousha - Et de même Barekhou et Modim ; et qu’il veille à se courber au début de la tefila au moment où le tsibbour s’incline à Modim.

(נ) בין גאולה - יש מאחרונים שכתבו דבשבת מותר לענות קדיש וקדושה וכל הני שדומים להם הנזכרים לעיל בס"ג בין גאולה לתפלה ועיין לקמן בסימן קי"א:

Entre la rédemption - Certains A'haronim ont écrit que le Chabbat il est permis de répondre kaddish, Kedousha et toutes celles qui leur ressemblent, mentionnées plus haut au seif 3, entre la rédemption et la tefila. Voir plus bas au siman 111.

(נא) וכיצד עושה - ר"ל אם עדיין לא שמע קדושה או ברכו:

Et comment fait-il - C’est-à-dire s’il n’a pas encore entendu Kedousha ou Barekhou.

(נב) ממתין בש"ח - לאחר שאמר עושה פלא וכ"ז לכתחלה אבל בדיעבד כל שלא אמר ברוך אתה ד' יכול לענות ולאחר כן צריך להתחיל מראש שירה חדשה או עכ"פ מצור ישראל דהוא התחלת הענין וכעין מה שכתב המ"א בסק"ג וגם הלא צריך לאמר מעין החתימה סמוך לחתימה לכתחלה [מאמר מרדכי]:

Il attend à chira 'hadacha - Après avoir dit ossé féle. Et tout cela a priori ; mais après coup, tant qu’il n’a pas dit Baroukh ata ה', il peut répondre, et ensuite il doit commencer du début de chira 'hadacha, ou du moins de Tsur Israël, qui est le début du sujet, à la manière de ce qu’a écrit le Magen Avraham au seif katan 3 ; et d’ailleurs il faut dire, a priori, quelque chose du genre de la conclusion près de la conclusion [Maamar Mordekhai].

(נג) כתקנה - אבל לא שלא יצא כלל ידי ק"ש דהא קי"ל דברכות אין מעכבות לק"ש אלא שעי"ז הק"ש שלו ג"כ איננו כראוי ויחזור עכ"פ לאמרה אחר התפלה אם לא אמרה קודם התפלה וכדלעיל בסימן ס' ס"ב. וטוב שיאמר עוד הפעם ק"ש [ברכי יוסף]. כתב הטור בשם הירושלמי צריך להזכיר באמת ויציב יציאת מצרים ומלכות וקריעת ים סוף ומכות בכורות עי"ש ומשמע ברשב"א ברכות י"א דלעכובא הוא אפילו דיעבד [וצ"ע מברכות י"ד ע"ב בגמרא והא בעי לאדכורי וכו' ושרנו לך ר"ל מי כמוכה עד סוף הברכה וכפרש"י דלפ"ז חסר מכות בכורות ודוחק לחלק בין שחרית לערבית ואולי נוסח אחר היה להם בסוף שהיה בתוכו ג"כ ספור מכות בכורות וגם מירושלמי ברכות פ"א הלכה ו' משמע קצת דהוא רק לכתחלה עי"ש וצ"ע למעשה]. אם החליף ברכה של שחרית לערבית או להיפך אם עדיין לא אמר השם של סוף הברכה יחזור לתחלת הברכה ואם אמר השם יסיים ואין צריך לחזור [ח"א בשם ה"ר מנוח]:

Selon son institution - Mais non qu’il ne soit pas du tout quitte du Chema : car nous tenons que les bénédictions n’empêchent pas pour le Chema ; seulement, par là son Chema n’est pas non plus comme il convient, et il reviendra du moins le dire après la tefila s’il ne l’a pas dit avant la tefila, comme ci-dessus au siman 60 seif 2. Il est bon qu’il dise encore une fois le Chema [Birké Yossef]. Le Tour a écrit au nom du Jérusalemite : il faut mentionner dans Emet veyatsiv la sortie d’Égypte, la royauté, la fente de la mer des Joncs et les plaies des premiers-nés, voir là-bas. Il résulte du Rachba, Berakhot 11, que c’est indispensable même après coup. [Cela demande encore examen d’après Berakhot 14b dans la Guemara : « or il faut mentionner etc. », et « nous t’avons chanté », c’est-à-dire de Mi khamokha jusqu’à la fin de la bénédiction, et selon Rachi : dès lors manquent les plaies des premiers-nés ; et il est forcé de distinguer entre le matin et le soir. Peut-être avaient-ils un autre texte à la fin, qui contenait aussi le récit des plaies des premiers-nés. Du Jérusalemite Berakhot ch. 1 halakha 6 il résulte un peu que ce n’est qu’a priori, voir là-bas ; et cela demande examen en pratique.] S’il a échangé une bénédiction du matin pour celle du soir ou l’inverse : s’il n’a pas encore dit le Nom de la fin de la bénédiction, qu’il revienne au début de la bénédiction ; s’il a dit le Nom, qu’il achève et n’a pas à revenir ['Haïé Adam au nom de R. Manoa'h].

(נד) ואין לו פנאי - צ"ע וכי מי התיר לו לפסוק מפני שאין לו פנאי אלא מי שאין לו פנאי יקרא ק"ש לבדה בלא ברכות ואח"כ כשיהיה לו פנאי יקרא ק"ש וברכותיה ויתפלל וכדלעיל בסימן ס' ס"ב [מ"א] ובספר נהר שלום כתב דמ"מ דין הרמ"א הוא אמת ונכון הוא היכא שקרא ק"ש כי היה סבור שיוכל לגמור כל התפלה ושוב אחר שקרא ק"ש מוכרח הוא מחמת איזה אונס להפסיק ובהא קאמר דעדיף הוא טפי שיפסיק אחר ד' אלהיכם אמת ואח"כ כשיבא להתפלל יתחיל ויציב וכו' אבל היכא שידע מעיקרא שלא יהיה לו פנאי לקרות ק"ש ולהתפלל וירא שמא יעבור זמן ק"ש עד שיהיה לו פנאי גם הוא מודה להמ"א שיקרא ק"ש לבדו וכעין זה תירץ ג"כ הפמ"ג עי"ש:

Et il n’a pas le loisir - Cela demande examen : qui lui a permis d’interrompre parce qu’il n’a pas le loisir ? Celui qui n’a pas le loisir lira le Chema seul, sans les bénédictions, puis, lorsqu’il aura le loisir, lira le Chema et ses bénédictions et priera, comme ci-dessus au siman 60 seif 2 [Magen Avraham]. Le livre Nahar Chalom a écrit : néanmoins la loi du Rema est vraie et juste lorsqu’il a lu le Chema pensant pouvoir achever toute la tefila, puis, après avoir lu le Chema, il est forcé par quelque contrainte (oness) d’interrompre ; en cela il dit qu’il vaut mieux interrompre après ה' Elohékhem emet, et ensuite, quand il viendra prier, il commencera veyatsiv etc. Mais lorsqu’il savait dès l’abord qu’il n’aurait pas le loisir de lire le Chema et de prier, et qu’il craint que le temps du Chema passe avant d’avoir le loisir, lui aussi convient avec le Magen Avraham qu’il lise le Chema seul. De même a aussi expliqué le Peri Megadim, voir là-bas.