En cas de doute si l’on a lu le Chema, on le relit avec ses bénédictions, car le Chema est de Torah. Le souvenir de la sortie d’Égypte est aussi de Torah. Après la quatrième heure, le doute se traite plus légèrement, car alors tout est de rabbinique.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) ק"ש - ובשאר מצות דאורייתא היכא שמחוייב לעשות אותה מספיקא פסק לעיל בסימן י"ז ס"ג לענין טומטום אף דחייב בציצית וביו"ד רס"ה ס"ג לענין מילה באנדרוגינוס וכן כל כי האי גווני דלא יברך על המצוה כי הברכות הם דרבנן וספיקא לקולא אך יש פוסקים שמחלקין בין היכא שהספק הוא אם מחוייב כלל בהמצוה כגון ההיא שכתבנו ובין היכא שמחוייב אלא שאינו יודע אם עשה המצוה דאז צריך לברך עליה ג"כ ולפ"ז לולב או שופר ביום א' היכא דמספקא ליה אם כבר עשה המצוה וכה"ג צריך לעשותה בברכה וכתב הפמ"ג דמכ"מ בשם הרשב"א וכן ממ"א בשם הריב"ש לקמן סימן תקפ"ה אות ג' מוכח דלא ס"ל לחילוק זה. אלא תמיד בלי ברכה וגם מהגר"א בסי' זה מוכח דלא ס"ל לחילוק זה. ואם הביאו לו שופר או לולב ביום א' בין השמשות לכו"ע נוטל ובלי ברכה כי בזה הספק הוא אם חייב עתה כלל בהמצוה:
Le Chema - Et pour les autres mitsvot de Torah, lorsqu’on est tenu de les faire par doute, il a tranché plus haut au siman 17 seif 3, à propos du toumtoum — bien qu’il soit tenu aux tsitsit — et dans Yoré Déa 265 seif 3 à propos de la circoncision de l’androgyne, et ainsi en tous cas semblables : qu’on ne bénisse pas sur la mitsva, car les bénédictions sont de rabbinique et le doute est pour assouplir. Toutefois certains décisionnaires distinguent entre le cas où le doute est de savoir si l’on est du tout tenu à la mitsva, comme celui que nous avons écrit, et le cas où l’on est tenu mais on ne sait pas si l’on a fait la mitsva : alors il faut aussi bénir dessus. Dès lors, loulav ou chofar le premier jour, lorsqu’on doute si l’on a déjà fait la mitsva et similaire, il faut la faire avec bénédiction. Le Peri Megadim a écrit que du Maguen Guiborim au nom du Rachba, et de même du Magen Avraham au nom du Rivach plus bas au siman 585 lettre 3, il ressort qu’ils ne tiennent pas cette distinction, mais toujours sans bénédiction. Du Gaon de Vilna sur ce siman aussi il ressort qu’il ne tient pas cette distinction. Si l’on a apporté un chofar ou un loulav le premier jour entre le soleil couché et la nuit, selon tous on le prend et sans bénédiction, car en cela le doute est de savoir si l’on est maintenant du tout tenu à la mitsva.
(ב) חוזר וקורא - הטעם דקי"ל ק"ש דאורייתא כלומר דהא דכתיב ודברת בם בשבתך בביתך וגו' קאי אפרשה זו גופא שחייב לדבר בו בשעת שכיבה ועמידה ולפיכך אם נסתפק אם קרא או לאו חייב לחזור ולקרות ככל ספיקא דאורייתא:
Il relit - La raison : nous tenons que le Chema est de Torah, c’est-à-dire que ce qui est écrit « tu en parleras, en étant assis dans ta maison etc. » se rapporte à cette parasha même, que l’on est tenu d’en parler à l’heure du coucher et du lever. Aussi, si l’on doute d’avoir lu ou non, on est tenu de relire, comme tout doute de Torah.
(ג) ומברך - לכאורה כ"ז דוקא בשלא עבר זמן ק"ש אבל בעבר זמן של ג' שעות שוב אינו מברך לא לפניה ולא לאחריה מחמת ספק דתו ה"ל ספיקא דרבנן אבל זה אינו דזמן זכירת יציאת מצרים נמשך אח"כ ג"כ וכמו שכתב המ"א לקמן בסימן ע' א"כ הוא חייב עדיין עכ"פ בברכת אמת ויציב עד שעה ד' וכדלעיל בסימן נ"ח ומכאן והלאה לא תיקנו ע"ז ברכה אבל יאמר מחמת ספק איזה פסוק של יציאת מצרים [ש"א סימן י' ע"ש]. איתא בש"ס דף י"ג ע"ב שאם אמר הלכה שמוזכר בה יציאת מצרים יצא ידי המ"ע של הזכירה. וכתב המ"א ונ"ל דכ"ש אם אמר שירת הים דיצא והחתם סופר פליג ע"ז דבקרא כתיב למען תזכור את יום צאתך וגו' ולא די במה שיזכור שעבר הים והסכים עמו הגאון רע"א בחידושיו ע"ש. ואם יוצא ידי הזכירה בהרהור עיין בבה"ט בשם הבית יעקב ובפמ"ג מסתפק בזה ובשאגת ארי' סימן י"ג האריך להוכיח מש"ס ומסיק דאינו יוצא ידי חובה בהרהור. ופשוט בגמ' דגם בלילה צריך להזכיר יציאת מצרים ועיין בפמ"ג דמסתפק אם הוא דאורייתא או דרבנן ונ"מ לענין ספיקא ע"ש ובשאגת ארי' סי' ח' כתב בהדיא דהוא דאורייתא. וחייב להזכיר בזמן שהוא לילה ודאי ולא קודם וע"כ אם הזכיר בין השמשות כגון שהתפלל קודם צאת הכוכבים לא יצא ידי חובתו דבין השמשות ספיקא הוא וספיקא דאורייתא לחומרא וכן משמע מרמב"ם פרק א' מהלכות ק"ש דהוא דאורייתא וכמו שכתב הפמ"ג בעצמו:
Et il bénit - À première vue, tout cela uniquement si le temps du Chema n’est pas passé ; mais une fois passé le temps des trois heures, on ne bénit plus ni avant ni après, à cause du doute, car dès lors c’est un doute de rabbinique. Mais il n’en est rien : le temps du souvenir de la sortie d’Égypte se prolonge ensuite aussi, comme l’a écrit le Magen Avraham plus bas au siman 70 ; dès lors on est encore tenu du moins à la bénédiction Emet veyatsiv jusqu’à la quatrième heure, comme ci-dessus au siman 58. De là en avant on n’a pas institué de bénédiction pour cela ; mais on dira par doute quelque verset de la sortie d’Égypte [Cheagat Aryé siman 10, voir là-bas]. Il est dit dans le Talmud p. 13b que s’il a dit une halakha où la sortie d’Égypte est mentionnée, il s’est acquitté de la mitsva positive du souvenir. Le Magen Avraham a écrit : il me semble qu’à plus forte raison s’il a dit le Cantique de la mer, il est quitte. Le 'Hatam Sofer le conteste : car il est écrit dans le verset « afin que tu te souviennes du jour de ta sortie etc. », et il ne suffit pas de se souvenir qu’on a passé la mer ; le Gaon R. Akiva Eiger s’est accordé avec lui dans ses 'Hiddouchim, voir là-bas. Si l’on s’acquitte du souvenir par la méditation, voir le Beér Hétev au nom du Beit Yaakov ; le Peri Megadim en doute ; et dans Cheagat Aryé siman 13 il s’est étendu à le prouver du Talmud et conclut qu’on ne s’acquitte pas par la méditation. Il est évident dans la Guemara que même la nuit il faut rappeler la sortie d’Égypte. Voir le Peri Megadim qui doute si c’est de Torah ou de rabbinique, avec une conséquence pour le doute, voir là-bas ; et dans Cheagat Aryé siman 8 il a écrit explicitement que c’est de Torah. On est tenu de le rappeler en un temps qui est certainement nuit, et non avant. Aussi, s’il l’a rappelé entre le soleil couché et la nuit, par exemple s’il a prié avant la sortie des étoiles, il ne s’est pas acquitté, car l’entre-deux est un doute, et un doute de Torah est pour strictifier. Il en résulte aussi du Rambam, ch. 1 des lois du Chema, que c’est de Torah, comme l’a écrit le Peri Megadim lui-même.
(ד) ולאחריה - אע"ג דהרבה פוסקים סוברין דפרשה ראשונה הוא מדאורייתא והשניה הוא מדרבנן ויש מן הפוסקים שסוברין דרק פסוק ראשון הוא מדאורייתא וכ"ש הברכות דלכו"ע הוא מדרבנן וספק דרבנן אינו חוזר יש לומר כך היתה התקנה שכל זמן שקורין חייב לקרות כעיקר התקנה ובברכותיה אם לא במקום שהתירו בפירוש כגון ההיא דלקמן סימן ק"ו ס"ב בהג"ה עי"ש. ולכאורה אם יודע שאמר פסוק ראשון או פרשה ראשונה [לכל אחד מן הדעות] וספק לו אם קרא השאר א"צ לחזור ולקרות מיהו בסימן ס"ד סעיף ג' וד' משמע שצריך לחזור וצ"ל דמעיקרא כן תקנו שיחזור. והיכא שהוא מסופק לו אם אמר פרשת ציצית וגם אמת ויציב צריך לחזור לכו"ע דיציאת מצרים חייבין להזכיר מדאורייתא. אך יש דיעות בזה דיש אומרים דיאמר פרשת ציצית וגם אמת ויציב דכולה חדא מילתא היא ויש אומרים דיאמר רק פרשת ציצית ויקיים בזה המצוה דאורייתא של זכירת יציאת מצרים ואמת ויציב א"צ לומר וכן הסכים השאגת ארי' וכתב עוד דאם נעשה לו ספק זה בערב שאינו יודע אם אמר פרשת ציצית וברכת אמת ואמונה חוזר ואומר אמת ואמונה וא"צ לחזור ולקרות פרשת ציצית מספק ואם ברי לו שקרא כל השלשה פרשיות ואינו מסופק לו אלא באמת ויציב שחרית או אמת ואמונה ערבית תרוייהו חד דינא שא"צ לחזור ולומר מספק דכיון שאמר פרשת ציצית לכו"ע הברכות הוא מדרבנן שכבר נזכר יציאת מצרים בפרשת ציצית:
Et après elle - Bien que beaucoup de décisionnaires tiennent que la première parasha est de Torah et la seconde de rabbinique, et qu’il y a parmi les décisionnaires qui tiennent que seul le premier verset est de Torah — et à plus forte raison les bénédictions, qui selon tous sont de rabbinique, et un doute de rabbinique on ne revient pas —, on peut dire que telle fut l’institution : tout le temps qu’on lit, on est tenu de lire selon le fond de l’institution et avec ses bénédictions, sauf là où l’on a expressément permis, comme celle plus bas au siman 106 seif 2 dans la glose, voir là-bas. À première vue, s’il sait qu’il a dit le premier verset ou la première parasha [selon chacun des avis] et doute d’avoir lu le reste, il n’a pas à relire ; toutefois au siman 64 seif 3 et 4 il résulte qu’il faut revenir, et il faut dire que dès l’abord ainsi on a institué qu’on revienne. Lorsqu’il doute d’avoir dit la parasha des tsitsit et aussi Emet veyatsiv, il doit revenir selon tous, car on est tenu de rappeler la sortie d’Égypte de Torah. Mais il y a des avis en cela : certains disent qu’il dira la parasha des tsitsit et aussi Emet veyatsiv, car le tout est une seule chose ; d’autres disent qu’il ne dira que la parasha des tsitsit et s’acquittera par là de la mitsva de Torah du souvenir de la sortie d’Égypte, et Emet veyatsiv n’a pas à se dire. Ainsi a convenu le Cheagat Aryé ; et il a encore écrit que si ce doute lui advient le soir, qu’il ne sache pas s’il a dit la parasha des tsitsit et la bénédiction Emet véémouna, il revient et dit Emet véémouna et n’a pas à relire la parasha des tsitsit par doute. S’il est certain d’avoir lu les trois parashiot et ne doute que d’Emet veyatsiv le matin ou d’Emet véémouna le soir, les deux ont une même loi : il n’a pas à revenir dire par doute, car puisqu’il a dit la parasha des tsitsit, selon tous les bénédictions sont de rabbinique, la sortie d’Égypte ayant déjà été rappelée dans la parasha des tsitsit.
(ה) אבל וכו' - דתו ה"ל דרבנן אפילו ברכת אמת ויציב וספיקא לקולא ואם יודע שאמר אמת ויציב ואינו זוכר אם קרא ק"ש דעת הא"ר דאינו חוזר וגם ראיה מלעיל סימן ס"ד ועיין בפמ"ג:
Mais etc. - Car dès lors c’est de rabbinique, même la bénédiction Emet veyatsiv, et le doute est pour assouplir. S’il sait qu’il a dit Emet veyatsiv et ne se souvient pas s’il a lu le Chema, l’avis de l’Eliyah Rabba est qu’il ne revient pas ; et preuve aussi de ci-dessus au siman 64. Voir Peri Megadim.