Là où l’on a coutume de dire des piyoutim au milieu des bénédictions du Chema, on ne s’en sépare pas. Pendant que le tsibbour les dit, on n’interrompt pour rien d’autre ; le yahid n’en insère aucun au milieu d’une bénédiction.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) דאין איסור - שזה שאמרו [בברכות י"א] מקום שאמרו להאריך אינו רשאי לקצר אינו רשאי להאריך לא אמרו אלא בברכות ארוכות שפותחות בברוך וחותמות בברוך אינו רשאי לקצר שלא לפתוח או שלא לחתום וכן להיפך קצרות אין רשאי להאריכן דעי"ז משנה ממטבע שטבעו חכמים בברכות אבל שאר נוסח הברכה לא נתנו בו חכמים שיעור שיאמר כך וכך מלות דוקא דא"כ היה להם לתקן נוסח כל ברכה במלות מנויות ולהשמיענו כל ברכה וברכה בנוסחתה וזה לא מצינו. כתב הרמב"ם פ"א מק"ש כללו של דבר כל המשנה ממטבע שטבעו חכמי' בברכות ה"ז טועה וחוזר ומברך כמטבע. וכתב הכ"מ פ"א מברכות דוקא אם פתח בברכה במקום שלא תקנו לפתוח או חתם במקום שאמרו שלא לחתום או שחיסר מברכות הארוכות התחלת הברכה שמתחלת בשם ומלכות או שלא סיים בשם אבל אם שינה בנוסח הברכה ולא אמר אותו לשון ממש אלא שאמר בנוסח אחר בענין הברכה אפילו חיסר כמה תיבות יצא בדיעבד הואיל והיה בה אזכרה ומלכות וענין הברכה לבד התיבות שפרטו חכמים שהם מעכבות כגון שלא הזכיר ברית ותורה בבהמ"ז ומשיב הרוח וכל כיו"ב והובא כל זה במ"א סי' ס"ד ובסי' קפ"ז. ובביאור הגר"א כתב דהרמב"ם פ"א מברכות חזר בו מזה וסובר דאפילו בברכה ארוכה אם לא גמר סוף הברכה כדינה מ"מ בדיעבד יצא וכדיעה הראשונה המובא בסימן קפ"ז ס"א עי"ש:
Qu’il n’y a pas d’interdiction - Car ce qu’on a dit [Berakhot 11a] : « l’endroit où l’on a dit d’allonger, on n’a pas le droit de raccourcir ; celui où l’on a dit de raccourcir, on n’a pas le droit d’allonger », ne vise que les bénédictions longues, qui s’ouvrent par Baroukh et se closent par Baroukh : on n’a pas le droit de les raccourcir en n’ouvrant pas ou en ne clôturant pas ; et à l’inverse, les courtes, on n’a pas le droit de les allonger, car on changerait ainsi la formule que les Sages ont instituée pour les bénédictions. Mais pour le reste du texte de la bénédiction, les Sages n’ont pas fixé qu’il faille dire précisément tel nombre de mots : sinon ils auraient institué le texte de chaque bénédiction en mots dénombrés et nous auraient transmis chaque bénédiction dans sa formulation, ce que l’on ne trouve pas. Le Rambam (ch. 1 des lois du Chema) a écrit : « En somme, quiconque change la formule instituée par les Sages pour les bénédictions s’est trompé, et il recommence et bénit selon la formule. » Le Kesef Michné (ch. 1 des bénédictions) a précisé : seulement s’il a ouvert une bénédiction là où l’on n’a pas institué d’ouvrir, ou clôturé là où l’on a dit de ne pas clôturer, ou retranché des bénédictions longues le début de la bénédiction qui commence par le Nom et la royauté, ou n’a pas conclu par le Nom ; mais s’il a modifié le texte de la bénédiction et n’a pas dit exactement cette langue, mais un autre texte portant sur le sujet de la bénédiction, même s’il a omis plusieurs mots, il s’est acquitté bediavad (après coup), dès lors qu’il y avait mention du Nom, royauté et le sujet de la bénédiction — hormis les mots que les Sages ont spécifiés comme indispensables, par exemple s’il n’a pas mentionné l’alliance et la Torah dans le Birkat Hamazone, ou « Toi qui fais souffler le vent », et tout ce qui leur ressemble. Tout cela est rapporté dans le Magen Avraham aux simanim 64 et 187. Dans le Biour du Gra, il a écrit que le Rambam, au ch. 1 des bénédictions, est revenu sur cela et tient que même pour une bénédiction longue, s’il n’a pas achevé la fin de la bénédiction selon sa règle, néanmoins après coup il s’est acquitté, conformément au premier avis rapporté au siman 187 seif 1, voir là.
(ב) כ"ז שהצבור - ה"ה אפילו אם כבר גמר הוא והצבור הפיוטים והברכה והוא עומד בין פרק לפרק ג"כ אסור להפסיק:
Tout le temps que le tsibbour - Il en est de même même s’il a déjà fini, lui, et que le tsibbour a fini les piyoutim et la bénédiction, et qu’il se tient entre un chapitre et l’autre : il est aussi interdit d’interrompre.
(ג) שמתוך כך - ר"ל כשיראו ההמון שהוא מסתכל בספר יבואו ג"כ לדבר אבל הרהור בעלמא בד"ת אפשר דיש להקל ועיין בפר"ח אמנם בשעה שהחזן אומר קדיש אסור להרהר שצריך הרבה לכוין בעניית הקדיש:
Car de là - C’est-à-dire : quand le commun verra qu’il regarde dans un livre, ils en viendront aussi à parler. Mais une simple pensée de paroles de Torah, il est possible d’être indulgent ; voir le Peri Hadach. Toutefois, au moment où le chazan dit le kaddish, il est interdit de penser [à autre chose], car il faut beaucoup se concentrer en répondant au kaddish.
(ד) אין לאדם - ומהרח"ו כתב בשם האר"י שלא היה אומר פיוטים ופזמונים אלא מה שסדרו הראשונים כגון הקלירי שנתקנו ע"ד האמת וכן לא היה אומר יגדל ומ"מ העיד בנו של מהרח"ו על אביו שכשהיה ש"ץ בקהל בימים נוראים היה אומר כל הווידוים וכל הפיוטים וישמע חכם וממנו יקח חכמה ומוסר השכל שלא לשנות המנהגים. ובשל"ה האריך בשם גאונים שמצוה לומר פיוטים וכשפייט ר"א וחיות אשר הנה מרובעות לכסא וכו' להטה אש סביבותיו עי"ש. אמנם המנהגים שנהגו בשרשי התפלה לכו"ע אין לשנות כ"א ממנהג מקומו כגון מנוסח אשכנז לספרד או להיפך וכל כה"ג כי י"ב שערים בשמים נגד י"ב שבטים וכל שבט יש לו שער ומנהג לבד ולענין דינא האשכנזים המתפללים עם הספרדים או להיפך יצאו י"ח תפלה. וכ"ז רק במנהגים שנהגו בשרשי תפלה אבל מה שנזכר בגמרא או בדברי הפוסקים שלמדו מהגמרא הוא שוה לכל ואין רשות לשום אדם לנהוג במנהגו:
L’homme ne doit pas - Et Mahar’hou a écrit au nom de l’Ari zal qu’il ne disait de piyoutim et de pizmonim que ce qu’avaient institué les Premiers, comme le Kalir, qui furent fixés selon la voie de la vérité ; et de même il ne disait pas Yigdal. Néanmoins le fils de Mahar’hou a témoigné de son père que, lorsqu’il était chazan dans la communauté aux Jours redoutables, il disait tous les vidouyim et tous les piyoutim : que le sage entende et en tire sagesse et morale, de ne pas changer les coutumes. Le Chelah a longuement rapporté au nom des Gueonim qu’il est mitsva de dire les piyoutim, et que lorsque R. Eléazar [Hakalir] composa « Et les vivants qui sont à quatre [faces] autour du Trône, etc. », un feu s’inclina autour de lui, voir là. Toutefois les coutumes pratiquées dans les racines de la tefila, de l’avis de tous, on ne les change que selon la coutume de son lieu, par exemple du rite achkénaze au rite sefarade ou l’inverse, et tout cas semblable : car il y a douze portes dans les cieux correspondant aux douze tribus, et chaque tribu a sa porte et sa coutume à part. Quant au din, les Achkénazim qui prient avec les Sefaradim, ou l’inverse, se sont acquittés de la tefila. Et tout cela seulement pour les coutumes pratiquées dans les racines de la tefila ; mais ce qui est mentionné dans le Talmud ou dans les décisionnaires qui ont appris du Talmud est égal pour tous, et nul n’a permission de se conduire selon sa [seule] coutume.
(ה) מהציבור - עיין במ"א דבפסח שהחזנים מאריכים הרבה בניגונים טוב יותר לומר הפיוט קודם שמתחיל בברכת יוצר אור דברוב הוי הפיוט שלא מעין הברכה ויהיה חשוב הפסק כשישהה כדי לגמור כולה ולכתחלה ראוי לחוש לזה וכדלעיל בסימן ס"ה במ"ב עי"ש. ואם שכח לומר הפיוט עד שגמר הברכה אסור לאומרו דלא עדיף מעל הניסים בחנוכה ופורים:
Du tsibbour - Voir le Magen Avraham : à Pessa’h, où les chazanim allongent beaucoup par des airs, il vaut mieux dire le piyout avant qu’il ne commence la bénédiction Yotser Or, car la plupart du temps le piyout n’est pas du sujet de la bénédiction et il serait considéré comme une interruption s’il s’attarde le temps de l’achever tout entier ; lekhathila (a priori) il convient d’y prendre garde, comme plus haut au siman 65 dans le Michna Beroura, voir là. Et s’il a oublié de dire le piyout jusqu’à ce qu’il ait achevé la bénédiction, il est interdit de le dire, car il n’est pas mieux que « Al hanissim » à ‘Hanouka et Pourim.
(ו) עמהם - ואם מתפלל ביחיד לא יאמר שום פיוט באמצע ברכה [אחרונים]. דרך אגב ראיתי להזכיר כאן מה שהרבה מההמונים טועים בר"ה ויו"כ בשעה שמנגן החזן בתחלת ברכת יוצר אור הפיוט של אורות מאופל אמר ויהי אח"כ מתחילין ההמון מיד מלך או סלח נא ואינם מתחילים הברכה מראש וראוי להזהירם ע"ז:
Avec eux - Et s’il prie en yahid, il ne dira aucun piyout au milieu d’une bénédiction [A’haronim]. En passant, j’ai vu bon de rappeler ici ce en quoi beaucoup du commun se trompent à Roch Hachana et Yom Kippour : au moment où le chazan chante, au début de la bénédiction Yotser Or, le piyout « Orot méofel amar véyéhi », ensuite le commun commence tout de suite « Mélekh » ou « Sela’h na » et ne recommencent pas la bénédiction depuis le début ; il convient de les en avertir.