משנה ברורה

Michna Beroura — siman 74

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ne pas bénir lorsque ses membres voient l'erva
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne prononce ni Chema ni berakha tant que le cœur « voit » l'erva, c'est-à-dire sans interposition entre la poitrine et les parties. La nudité elle-même doit aussi être couverte. L'eau claire ne suffit pas ; il faut un vêtement sous le cœur, ou de l'eau trouble, ou les bras serrés. Pour la femme, le cœur ne « voit » pas l'erva ; il reste l'interdit de nudité découverte. Toucher l'erva interdit la lecture. Pour le Chema, couvrir de la ceinture vers le bas suffit ; pour la tefila, il faut aussi couvrir le cœur.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETCœur qui « voit » l’erva — Chema et berakhot
À FAIREInterposer sous le cœur
Vêtement / talit plaqué au cœur ou sous le cœur
À FAIRECouvrir aussi l’erva
« Qu’on ne voie pas chez toi » : l’erva elle-même doit être couverte
À FAIREDans l’eau
Tête hors de l’eau ; vêtement sous le cœur si eau claire ; ou troubler l’eau ; ou étreindre des bras
À FAIREFemme assise
Son erva est basse : le cœur ne la « voit » pas ; s’asseoir couvre les parties
À FAIREChema
Couvrir de la ceinture vers le bas suffit
À FAIRETefila
Couvrir aussi le cœur / tout le corps : on se tient devant le Roi
À ÉVITERChemise sans caleçon
Le tissu qui enveloppe ne sépare pas cœur et erva s’ils se font face
À ÉVITERSes propres mains à plat
Un corps ne couvre pas un corps (sauf étreinte des bras / mains d’autrui)
À ÉVITERToucher l’erva
Contact du membre (mains ou autres membres) : pensées → interdit de lire
À ÉVITERMaison nue + tête à la fenêtre
L’erva reste découverte dans la maison = interdit
OUIMoustiquaire < 10 téfa'him
Tête dehors + interposition au cœur : compte comme talit
OUIEau trouble / bras serrés
Séparation cœur–erva même dans l’eau claire
OUIMikvé femme
Eau = couverture de l’erva ; mieux : cœur hors de l’eau ou bras serrés
NONCœur voit l’erva d’autrui
Même talit, visages face à face, ou compagnon nu dans l’eau
NONBediavad, cœur voyait
Chema + ses berakhot : relire. Autres berakhot : safek lehakel. Tefila : 'Hayé Adam indulgent si issur rabbinique
NONContact de la bourse
On n’y prend pas garde ; scrupuleux s’en gardent. Bediavad : acquitté
REMABa'h exige aussi chez la femme une séparation cœur–erva ; Choulhan Aroukh et A'haronim non. Fesses : Magen Avraham pas erva ; Elya Rabba oui. Tête couverte pour bénir. Excréments dans la maison + tête à la fenêtre : tête rattachée au corps → interdit.
Deux conditions : erva couverte + écran entre cœur et erva. Eau claire ≠ écran du cœur. Chema = bas du corps ; tefila = aussi le cœur.

Glossaire

erva
nudité, parties intimes
bediavad
après coup
lekhathila
a priori
téfa'h
palme, environ 8 à 10 cm
כילה
moustiquaire, dais
גיד
membre viril
כיס
bourse, scrotum
טוחות
plaquées contre le sol

(א) היה ישן ערום - המחבר תפס לשון הגמרא [ברכות כ"ג ע"ב] דשם שייך האי לישנא אבל בענינינו ה"ה כשהיה ישן בחלוקו בלא מכנסים ג"כ דינא הכי דאסור בד"ת או לברך שום ברכה עד שידביק בידיו הכתונת במקום הלב או למטה מלבו כדי שיהא הפסק בין לבו לערוה:

« S'il dormait nu » - L'auteur a repris le langage de la Guemara (Berakhot 23b), où cette formulation convient ; mais dans notre sujet, la même loi s'applique s'il a dormi en chemise sans caleçon : il est interdit de dire des paroles de Torah ou de réciter quelque berakha que ce soit jusqu'à ce qu'il plaque de ses mains la chemise à l'endroit du cœur ou au-dessous du cœur, afin qu'il y ait une séparation entre son cœur et l'erva.

(ב) צריך לחוץ - פי' דידביק הטלית על לבו כדי שיהא הפסק בין לבו לערוה אבל בלא"ה אסור דנהי דלבו מכוסה בטלית שעל כל גופו הרי עדיין לבו וערוה בהדדי הן ואין דבר ביניהן:

« Il doit presser » - C'est-à-dire plaquer le talit sur son cœur pour qu'il y ait une séparation entre son cœur et l'erva ; sinon c'est interdit : même si son cœur est couvert par le talit qui enveloppe tout le corps, le cœur et l'erva sont encore l'un contre l'autre, sans rien entre eux.

(ג) על לבו - וה"ה אם חוצץ בטליתו מתחת ללבו כדי שיהא הפסק בין לבו לערוה ואפילו אם לבו מגולה לגמרי וכדלקמן בסעיף ו':

« Sur son cœur » - Il en est de même s'il interpose son talit au-dessous du cœur, afin qu'il y ait une séparation entre le cœur et l'erva ; et même si son cœur est entièrement découvert, comme plus bas au seif 6.

(ד) משום דלבו וכו' - דערוה בראיה תלי רחמנא כדכתיב לא יראה בך ערות דבר וגו' ומצינו לשון ראיה בלב כדכתיב ולבי ראה הרבה חכמה לפיכך החמירו חכמים בזה. ודע דאפילו אם לבו מכוסה בבגד להפסיק בינו לערוה צריך שתהא ערותו ג"כ מכוסה ואם הוא מגולה הסכימו הרבה אחרונים דאסור לקרות מן התורה אפילו אם מכוסה בהטלית גם על ראשו ועיניו שלא יוכל לראות את הערוה שהרי לא נאמר לא תראה ערות דבר אלא לא יראה בך כלומר שתהא מכוסה בענין שלא יוכל להראות אפילו לאחר. לפיכך העומד בבית ערום והוציא ראשו חוץ לחלון שלא יראה ערותו אע"פ שחצץ בבגד על לבו ה"ז לא יקרא כיון שערותו מגולה ונראית בבית אבל הישן ערום בכילה שאינה גבוה י' טפחים והוציא ראשו חוצה לה וגם חצץ באיזה דבר להפסיק בין לבו לערוה אע"פ שערותו מגולה בכילה ה"ז כמכוסה בטלית שכיון שאין הכילה גבוה י"ט שם כיסוי עליה כמו מלבוש ואינו דומה לבית שהוא חלוק רשות לעצמו ולא נוכל לכנות עליה שם כיסוי ע"כ אסור. וכן אם צואה בבית בתוך ד"א והוציא ראשו חוץ לחלון אסור לקרות ק"ש דשדינן ראשו בתר רובו [מ"א ור"ל דאסור אפילו לדעת המתירין לקמן בסימן ע"ו ס"ד עי"ש ועיין בפמ"ג] ואם הכניס ראשו לחדר שיש שם צואה אסור ג"כ לכו"ע לקרות דעכ"פ הצואה נגד עיניו ולדעת הרשב"א המובא בסימן ע"ט ס"ב אסור אפילו הוא עומד מבחוץ נגד הפתח כיון שהצואה כנגדו עי"ש [פמ"ג]:

« Parce que son cœur, etc. » - Car la Torah a fait dépendre l'erva de la vue, ainsi qu'il est écrit : « qu'on ne voie pas chez toi de chose d'erva… » ; et l'on trouve un langage de « vue » pour le cœur, ainsi qu'il est écrit : « et mon cœur a vu beaucoup de sagesse ». C'est pourquoi les Sages ont été rigoureux en cela. Sache que même si le cœur est couvert d'un vêtement qui interpose entre lui et l'erva, il faut que son erva soit aussi couverte. Si elle est découverte, de nombreux Aharonim s'accordent qu'il est interdit de lire dans la Torah, même s'il est aussi couvert du talit sur la tête et les yeux de sorte qu'il ne puisse voir l'erva : car il n'a pas été dit « tu ne verras pas de chose d'erva », mais « qu'on ne voie pas chez toi », c'est-à-dire qu'elle soit couverte de façon à ne pouvoir être montrée même à un autre. Dès lors, celui qui se tient nu dans une maison et sort la tête par la fenêtre pour que son erva ne soit pas vue — même s'il a interposé un vêtement sur son cœur — ne lira pas, puisque son erva est découverte et visible dans la maison. Mais celui qui dort nu sous une moustiquaire qui n'a pas dix téfa'him de haut, a sorti la tête dehors et a aussi interposé quelque chose entre son cœur et l'erva — bien que son erva soit découverte sous la moustiquaire — est considéré comme couvert d'un talit : puisque la moustiquaire n'a pas dix téfa'him de haut, on lui donne le nom de couverture, comme un vêtement ; ce n'est pas comparable à une maison, qui est un domaine distinct à elle seule, et sur laquelle on ne peut poser le nom de couverture ; aussi [dans la maison] c'est interdit. De même, s'il y a des excréments dans la maison dans les quatre coudées et qu'il a sorti la tête par la fenêtre, il est interdit de lire le Chema, car nous rattachons sa tête à la majorité de son corps (Maguen Avraham ; c'est-à-dire interdit même selon l'avis de ceux qui permettent plus bas au siman 76 seif 4 — voir là-bas et voir le Pri Megadim). S'il a introduit la tête dans une pièce où il y a des excréments, il est aussi interdit à tous les avis de lire, car de toute façon les excréments sont face à ses yeux ; et selon l'avis du Rachba rapporté au siman 79 seif 2, c'est interdit même s'il se tient dehors face à la porte, puisque les excréments sont en face de lui — voir là-bas (Pri Megadim).

(ה) רואה את וכו' - עיין בדה"ח דאפילו בדיעבד אם קרא ק"ש והתפלל חוזר וכן מוכח מפמ"ג בסימן ע"א בא"א אות ה' עוד מוכח שם דהק"ש חוזר עם ברכותיה אם קראם בראיית לבו לערוה דהכי תקנו חכמים אבל בשאר ברכות יש להסתפק בדיעבד אם יחזור וספק ברכות להקל. ובח"א כלל ג' דין ל"ג ובנשמת אדם כלל ד' משמע דיש להקל בדיעבד גם לענין תפלה בדבר דהאיסור הוא רק מדרבנן ועיין בבה"ל סימן קפ"ה ואפשר דיש לתפוס כוותיה לענין זה ונצרף דעת רש"י ור"ש תלמידו המובא בתוס' [ברכות כ"ה ע"ב]:

« Voit le, etc. » - Voir le Derekh Ha'Hayim : même bediavad (après coup), s'il a lu le Chema et prié, il recommence ; et cela se dégage aussi du Pri Megadim au siman 71, Eshel Avraham lettre 5. Il s'en dégage encore que le Chema se recommence avec ses berakhot s'il les a dites alors que son cœur voyait l'erva, car ainsi les Sages l'ont institué ; mais pour les autres berakhot, on peut hésiter bediavad s'il doit recommencer, et le doute en matière de berakhot est à juger avec indulgence. Dans le 'Hayé Adam, klal 3 din 33, et dans le Nichmat Adam, klal 4, il appert qu'on peut être indulgent bediavad aussi pour la tefila, dans un cas où l'interdit n'est que rabbinique ; voir le Biour Halakha siman 185. Il est possible de tenir comme lui sur ce point, et d'y joindre l'avis de Rachi et de R. Chimchon son disciple rapporté dans les Tossafot (Berakhot 25b).

(ו) רואה ערות חבירו - דהיינו שאין הפסק בין לבו לערות חבירו כגון ששניהם שוכבים ערומים ומתכסים בטלית אחד והם רחוקים זה מזה דהיינו שאין בשרם נוגע אלא שפניהם זה כנגד זה והוא עצמו יש לו הפסק בין לבו לערוה אעפ"כ אסור משום דלבו רואה ערות חבירו או כגון ששניהם עומדים במים ולבו אינו רואה ערות עצמו לפי שמכוסה בבגד ממטה ללבו אלא שרואה ערות חבירו שאינו מכוסה אסור אף שעיניו חוץ למים דמ"מ לבו רואה:

« Voit l'erva de son compagnon » - C'est-à-dire qu'il n'y a pas de séparation entre son cœur et l'erva de son compagnon : par exemple tous deux sont couchés nus et se couvrent d'un même talit, éloignés l'un de l'autre — c'est-à-dire que leur chair ne se touche pas, mais que leurs visages sont l'un en face de l'autre — et lui-même a une séparation entre son cœur et [sa propre] erva : c'est néanmoins interdit, parce que son cœur voit l'erva de son compagnon. Ou encore : tous deux se tiennent dans l'eau, et son cœur ne voit pas sa propre erva parce qu'elle est couverte d'un vêtement au-dessous du cœur, mais il voit l'erva de son compagnon qui n'est pas couverte : c'est interdit, même si ses yeux sont hors de l'eau, car de toute façon son cœur voit.

(ז) יכסה בבגד וכו' - פי' דהמים אע"פ שהם צלולים מ"מ מהני כיסויין לענין שלא יהא אסור מחמת גילוי ערוה ובתנאי שיוציא ראשו חוץ למים ולא יסתכל בערוה כיון דהמים צלולים ונראית בהם ערותו אלא שעדיין יש איסור משום לבו רואה את הערוה כיון שהלב עם הערוה במים ע"כ צריך לכסות בבגד ממטה ללבו כדי שיהיה הפסק בין לבו לערוה וה"ה אם חוצץ בבגד על לבו ג"כ מהני וכנ"ל בס"א:

« Il couvrira d'un vêtement, etc. » - C'est-à-dire que l'eau, même claire, sert néanmoins de couverture pour qu'il n'y ait pas d'interdit du fait de l'erva découverte — à condition qu'il sorte la tête hors de l'eau et ne regarde pas l'erva, puisque l'eau est claire et que son erva s'y voit. Mais il reste encore l'interdit du cœur qui voit l'erva, puisque le cœur et l'erva sont dans l'eau ; il faut donc couvrir d'un vêtement au-dessous du cœur afin qu'il y ait une séparation entre le cœur et l'erva. Il en est de même s'il interpose un vêtement sur le cœur : cela aide aussi, comme ci-dessus au seif 1.

(ח) כשיברך - וה"ה שיכסה ראשו שלא יברך בגילוי הראש:

« Quand il bénira » - Il en est de même qu'il se couvre la tête, afin de ne pas bénir tête découverte.

(ט) אבל בידים וכו' - בין אם מכסה על לבו או בין לבו לערוה אם לא שמחבק בזרועותיו כדלקמן והטעם דאין גוף מכסה גוף ודוקא בידים דידיה אבל אם אחרים מכסים לבו בידיהם שרי:

« Mais avec les mains, etc. » - Qu'il couvre sur le cœur ou entre le cœur et l'erva — à moins qu'il n'étreigne [son corps] de ses bras, comme plus bas. La raison : un corps ne couvre pas un corps. Et cela ne concerne que ses propres mains ; mais si d'autres couvrent son cœur de leurs mains, c'est permis.

(י) לא מקרי וכו' - ר"ל לענין שיהא מותר לברך או להוציא מפיו שאר דברי קדושה ועיין לעיל בסימן ב' ולקמן סי' צ"א במ"ב:

« N'est pas appelé, etc. » - C'est-à-dire pour qu'il soit permis de bénir ou de laisser sortir de sa bouche d'autres paroles de sainteté. Voir ci-dessus au siman 2 et plus bas siman 91 dans le MB.

(יא) עכורים - ואם הם צלולין עוכרן ברגליו ודוקא בקרקע שייך זה אבל לא בכלי שאין בו עפר וטיט כ"כ המ"א אבל באור זרוע סימן קכ"ח כתב דאפילו ברוחץ א"ע בגיגית שייך זה:

« Troubles » - Et si elles sont claires, il les trouble de ses pieds. Cela ne s'applique que sur le sol ; mais non dans un récipient où il n'y a pas assez de terre et de boue — ainsi le Maguen Avraham. Mais dans l'Or Zaroua siman 128, il a écrit que même s'il se lave dans une cuve, cela s'applique.

(יב) ריחן רע - עיין לקמן סימן פ"ו ובמשנה ברורה שם:

« Leur odeur est mauvaise » - Voir plus bas siman 86 et le Michna Beroura là-bas.

(יג) רק למעלה וכו' - דהמים מקרי הפסק בין לבו לערוה. ויזהר ג"כ שעיניו יהיו חוץ למים ולא יסתכל בערוה וכנ"ל דלא עדיף מערוה בעששית המבואר בסימן ע"ה ס"ה דאסור:

« Seulement au-dessus, etc. » - Car l'eau s'appelle séparation entre le cœur et l'erva. Qu'il prenne aussi garde que ses yeux soient hors de l'eau et qu'il ne regarde pas l'erva, comme ci-dessus : cela n'est pas mieux que l'erva derrière une vitre, exposée au siman 75 seif 5, qui est interdite.

(יד) כהפסקה - פי' אם עומד במים צלולים ולבו ג"כ תוך המים וצריך להפסיק בין לבו לערותו די בזה להפסיק אע"ג דכיסוי בעלמא בידיו מבואר בס"ב דלא מהני זה עדיף טפי והטעם כיון שאין דרכן של בני אדם לחבק עצמן כך והוא עושה כן מקרי הפסקה אף דהוא חד גוף וכן הסכימו האחרונים דלא כמהר"ם טיוולו ופר"ח שמחמירין בזה. וכשהוא הולך בחלוק בלא מכנסים והוא מדביק בידיו על חלוקו על הלב או מתחת לבו כדי להפסיק בין לבו לערוה גם לדידיהו שרי:

« Comme une séparation » - C'est-à-dire : s'il se tient dans une eau claire et que son cœur est aussi dans l'eau, et qu'il doit séparer entre son cœur et son erva, cela suffit comme séparation. Bien que la simple couverture par les mains, exposée au seif 2, n'y suffise pas, ceci est meilleur : la raison est que les gens n'ont pas l'habitude de s'étreindre ainsi, et puisqu'il le fait, cela s'appelle séparation, même si c'est un seul corps. Ainsi se sont accordés les Aharonim, contrairement au Maharâm de Tivoli et au Peri 'Hadach qui sont rigoureux en cela. Et lorsqu'il marche en chemise sans caleçon et plaque de ses mains sa chemise sur le cœur ou au-dessous du cœur pour séparer entre le cœur et l'erva, même selon eux c'est permis.

(טו) יכולות לברך וכו' - הטעם דערותן למטה מאוד ואין הלב שלה יכול לראותה ומ"מ אם הן עומדות ערומות יש בהן איסור אחר דהיינו איסור גילוי ערוה לא מצד הלב אלא מצד שנאמר ולא יראה בך ערות דבר ואסורה לברך אלא צריכה שתהא יושבת וכמו שכתב רמ"א ע"ז שע"י ישיבתה פניה שלמטה מכוסים ואין ערותה נראית ומה שכתב הרמ"א דאז אין לבו רואה ערוה שלהן הוא לאו דוקא לבן דלבן בלא"ה אינו רואה ערותן אלא על שלא תהא בגילוי ערוה לגמרי קאמר וט"ס הוא וצ"ל ואז אינו נראה ערוה שלהן [אחרונים]:

« Peuvent bénir, etc. » - La raison : leur erva est très bas et leur cœur ne peut la voir. Néanmoins, si elles se tiennent nues, il y a chez elles un autre interdit, à savoir l'interdit de l'erva découverte — non du côté du cœur, mais du côté de ce qui est dit : « qu'on ne voie pas chez toi de chose d'erva » — et il lui est interdit de bénir ; elle doit être assise, comme l'a écrit le Rema à ce sujet : par le fait qu'elle est assise, ses parties inférieures sont couvertes et son erva n'est pas visible. Ce qu'a écrit le Rema : « alors leur cœur ne voit pas leur erva » n'est pas à prendre au pied de la lettre pour « leur cœur », car leur cœur de toute façon ne voit pas leur erva ; il a voulu dire seulement qu'il n'y ait pas d'erva entièrement découverte. C'est une erreur de scribe, et il faut lire : « alors leur erva n'est pas visible » (Aharonim).

(טז) מהלב - והב"ח חולק וס"ל דגם באשה בעינן הפסקה בין לב לערוה אפילו כשיש לה מלבוש אבל שאר האחרונים הסכימו לפסק השו"ע. ועיין בי"ד סי' ר' דמסקי הט"ז והש"ך שם דלפי מה שפסק השו"ע פה דאין שייך באשה לבה רואה את הערוה מותרת לברך ברכת הטבילה כשהיא עומדת בתוך המים אף שהיא עדיין ערומה דמשום גילוי ערוה אין בזה דהמים נחשבין כמו כיסוי. ויותר טוב שיהיה לבה למעלה מן המים דזה שרי אף באיש וכמו שכתב רמ"א בהג"ה בס"ב או שתחבק זרועותיה להפסיק בין לבה לערוה וכן פסק החכמ"א וה"ה אם עוכרת ברגליה שלא יהא איבריה נראין בהם זה לכו"ע מהני. ואם יש עוד נשים ערומות עומדות בבית הטבילה פשוט דצריכה בעת הברכה להחזיר פניה וגופה מהן ואף אם נימא דמקום המקוה הוא רשות בפני עצמו לא מהני כדמוכח לקמן בסימן ע"ט ס"ב עי"ש:

« Du cœur » - Le Ba'h est en désaccord et tient que même chez la femme il faut une séparation entre le cœur et l'erva, même lorsqu'elle a un vêtement. Mais les autres Aharonim se sont accordés à la décision du Choulhan Aroukh. Voir Yoré Déa siman 200 : le Taz et le Chakh concluent là-bas que, selon ce qu'a tranché ici le Choulhan Aroukh — qu'il n'y a pas lieu chez la femme que son cœur voie l'erva —, elle a le droit de dire la berakha de l'immersion alors qu'elle se tient dans l'eau, même encore nue : du fait de l'erva découverte, il n'y a pas [d'interdit], car l'eau compte comme une couverture. Mieux encore que son cœur soit au-dessus de l'eau : cela est permis même chez l'homme, comme l'a écrit le Rema dans la glose au seif 2 ; ou qu'elle étreigne ses bras pour séparer entre son cœur et l'erva. Ainsi a tranché le 'Hokhmat Adam. Il en est de même si elle trouble [l'eau] de ses pieds afin que ses membres n'y soient pas visibles : cela aide à tous les avis. S'il y a encore d'autres femmes nues debout dans la maison d'immersion, il est évident qu'au moment de la berakha elle doit détourner son visage et son corps d'elles ; et même si l'on dirait que l'emplacement du mikvé est un domaine à part, cela n'aide pas, comme il appert plus bas au siman 79 seif 2 — voir là-bas.

(יז) טוחות - ר"ל דבוקות ומכוסות בהקרקע ומשא"כ באיש דלא שייך זה כי הביצים והגיד בולטין. ועיין במ"א לקמן סי' ר"ו דדעתו דאף אם העגבות נראין אין להקפיד דעגבות אין בהן משום ערוה וכן משמע קצת מביאור הגר"א ובא"ר פסק דעגבות יש בהן משום ערוה:

« Plaquées » - C'est-à-dire collées et couvertes par le sol ; ce qui n'est pas le cas chez l'homme, où cela ne s'applique pas, car les testicules et le membre font saillie. Voir le Maguen Avraham plus bas siman 206 : son avis est que même si les fesses sont visibles, on n'y prend pas garde, car les fesses n'ont pas statut d'erva ; et cela se dégage un peu du Biour du Gra. Mais l'Elya Rabba a tranché que les fesses ont statut d'erva.

(יח) רואים את וכו' - ר"ל ולא בעינן שיהא מכסה להערוה בפני עצמו באיזה דבר כדי שלא יראוה האיברים:

« Voient le, etc. » - C'est-à-dire qu'on n'exige pas qu'il couvre l'erva à part, par quelque chose, afin que les membres ne la voient pas.

(יט) איזה מאיבריו - דגזרינן נגיעת שאר איבריו משום נגיעת ידיו ונגיעת ידיו שלא יבוא לידי הרהור:

« L'un de ses membres » - Car on a décrété le contact des autres membres à cause du contact des mains, et le contact des mains afin qu'il n'en vienne pas à des pensées [impures].

(כ) הגיד בהם - אבל בנגיעה דכיס אין להקפיד דאין לחוש בו משום הרהור והמדקדקין מדקדקין גם בזה כי יש חולקין. ובדיעבד יצא אפילו אם נגע הגיד בהירכים [פמ"ג לדעת הפר"ח המובא לעיל בסימן ע"ג במ"ב סק"ד]:

« Le membre avec eux » - Mais pour le contact de la bourse, on n'y prend pas garde, car on n'a pas à craindre de pensées de ce fait ; et les scrupuleux sont scrupuleux aussi en cela, car il y a des avis contraires. Bediavad, il s'est acquitté même s'il a touché le membre avec les cuisses (Pri Megadim, selon l'avis du Peri 'Hadach rapporté ci-dessus au siman 73 dans le MB seif katan 4).

(כא) ממתניו ולמטה - ר"ל אפילו רק עד למטה מערותו דבזה די מדינא לק"ש אבל לתפלה צריך שיהיה מכוסה כל גופו:

« De sa ceinture et au-dessous » - C'est-à-dire même seulement jusqu'au-dessous de son erva : cela suffit de par la loi pour le Chema ; mais pour la tefila, il faut que tout son corps soit couvert.

(כב) אע"פ וכו' - במקום הדחק דאל"ה אין נכון לכתחלה לעשות כן אפילו באיזה ברכה וכ"ש בק"ש:

« Bien que, etc. » - En cas de contrainte ; sinon, il n'est pas convenable lekhathila (a priori) d'agir ainsi, même pour quelque berakha, et à plus forte raison pour le Chema.

(כג) מותר לקרות - כיון שערותו מכוסה וגם הטלית מפסקת בין לבו לערוה:

« Il est permis de lire » - Puisque son erva est couverte et que le talit interpose aussi entre son cœur et l'erva.

(כד) לבו - ה"ה כל גופו ונקט לבו איידי דרישא דבק"ש א"צ לכסות לבו. וטעם דתפלה חמורה לפי שבתפלה צריך לראות את עצמו כעומד לפני המלך ומדבר עמו שצריך לעמוד באימה אבל בק"ש אינו מדבר לפני המלך:

« Son cœur » - Il en est de même de tout son corps ; il a dit « son cœur » à cause du début : pour le Chema, il n'est pas besoin de couvrir le cœur. La raison pour laquelle la tefila est plus grave : dans la tefila, il doit se voir comme se tenant devant le roi et lui parlant, et doit se tenir dans la crainte ; mais dans le Chema, il ne parle pas devant le roi.