משנה ברורה

Michna Beroura — siman 80

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Qui ne peut se garder des pets
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Qui est sûr de ne pouvoir retenir un pet jusqu’à la fin du Chema et de la tefila laisse passer le temps de la tefila plutôt que de prier sans corps propre ; le Chema de la Torah ne se laisse pas passer. Malade chronique : assouplissements.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Qui ne peut se garder des pets — Chema, tefila, tefilin ; malade chronique [FAIRE] Certitude seulement | La règle vise qui est sûr de ne pouvoir retenir jusqu’à la fin ; se retenir par simple crainte n’est pas la règle [FAIRE] Chema de la Torah | Ne pas laisser passer le temps du Chema : le lire avec ses berakhot, même sans tefilin ; poser les tefilin plus tard dans la journée dès que possible [FAIRE] Talit | On peut le revêtir et bénir avant les berakhot, et le porter toute la journée (tsitsit n’exigent pas un corps propre). Entre Ahavah et le Chema : le mettre sans berakha (pas une interruption) [FAIRE] Malade chronique | Pet à tout moment, sinon dispensé de tefila à jamais : lire le Chema et prier ; à chaque pet, s’interrompre jusqu’à cessation de l’odeur puis reprendre [FAIRE] Urine qui goutte toujours | Linge autour du membre, vêtements du dessus nets, entrer au beit haknesset et prier ; s’interrompre au moment du goutte-à-goutte — seulement s’il n’avait pas besoin de goutter à l’heure où il commence [EVITER] Tefila des 18 | Si certain de lâcher un pet au milieu : laisser passer le temps de la tefila plutôt que de se tenir devant le Roi avec un corps impur (honte) [EVITER] Tefilin si pet imminent | Les tefilin exigent un corps propre ; ne pas les garder posés dans ce cas. Poser plus tard dès que le corps est propre [EVITER] Retarder le Chema pour les tefilin | Ne pas laisser passer le zman Chema afin de le lire avec tefilin [CAS:OUI] Aliment qui a nui | Cas ponctuel : Chema + berakhot maintenant, tefila plus tard le soir quand le corps sera propre ; tefilin posés pour le Chema (avec berakha) puis ôtés aussitôt après [CAS:OUI] Maladie permanente | L’interdit du pet (odeur sans source, rabbanan) n’écarte ni le Chema de la Torah ni la tefila (mitsva publique) [CAS:OUI] Tefilin du chronique | Peri Megadim : peut-être poser quelques instants pour accomplir la mitsva (un par un s’il ne peut retenir le temps des deux) ; berakha : l’auteur du commentaire incline à ne pas bénir [CAS:NON] Pas certain | Se retenir et manquer la tefila par simple peur d’un pet : ce n’est pas selon la règle [CAS:NON] Pourrait tenir Chema+tefila seuls | S’il pourrait se retenir pour Chema et tefila seulement : mieux vaut cela que d’annuler entièrement la tefila [REMA] Les Aharonim s’accordent à ne pas laisser passer le zman Chema. Le Roch d’où vient la règle ne mentionne pas le Chema : le SA vise surtout la tefila (se tenir devant le Roi). Pet = mauvaise odeur sans source = rabbanan. Rema responsum 98 : chronique et urine goutteuse. Peri ‘Hadash : s’interrompre à chaque pet puis reprendre. [SYNTHESE] Cas ponctuel : Chema à temps (même sans tefilin), tefila reportée. Cas chronique : on prie et on lit, on s’interrompt à chaque pet. Tefilin = corps propre, sauf aménagement minimal pour ne pas déraciner la mitsva.

Glossaire

oness
contrainte
pia’h
pet, flatulence
guf naki
corps propre
Ahavah
bénédiction Ahavah rabba / Ahavat olam, juste avant le Chema
hefseq
interruption
ri’ah ra she’ein lo iqar
mauvaise odeur sans source
Aharonim
décisionnaires postérieurs

(א) שברי לו - לאפוקי אם אינו ברי לו והוא משהא עצמו מחששא דשמא יבוא להפיח באמצע שלא כדין הוא עושה:

Dont il est certain - pour exclure le cas où ce n’est pas certain pour lui et qu’il se retient par crainte qu’il n’en vienne à lâcher un pet au milieu : ce n’est pas selon la règle qu’il agit.

(ב) שאינו יכול וכו' - ר"ל אפילו אם לא יאמר רק ק"ש ותפלה לבד ג"כ לא יוכל להעציר עצמו מלהפיח באמצע דאל"ה יותר טוב לעשות כך מלבטל לגמרי תפלת י"ח:

Qui ne peut, etc. - c’est-à-dire que même s’il ne disait que le Chema et la tefila seulement, il ne pourrait pas non plus se retenir de lâcher un pet au milieu ; sinon, mieux vaudrait faire ainsi que d’annuler entièrement la tefila des dix-huit.

(ג) זמן ק"ש - האחרונים הסכימו דאין לו לעבור זמן ק"ש שהוא דאורייתא משום זה וגם בתשובת הרא"ש שממנה מקור הדין לא נזכר שם ק"ש ובמגן גבורים כתב דהוא רק שיגרא דלישנא וראיה דבסימן ל"ח ס"ב איתא ג"כ זה הדין ולא נזכר שם רק תפלה לבדה וגם כאן סיים רק בתפלה לבדה וכונת השו"ע רק לומר דעי"ז ישנה הנהגתו שמתפלל תמיד ק"ש ותפלה בזמנה אלא יקרא ק"ש לבדה עם ברכותיה ולא יתפלל כי בתפלה הוא עומד לפני המלך וגנאי גדול הוא להפיח אז אבל ק"ש אינו כמדבר עם המלך אלא שמקיים בזה רצון הש"י ואף שיקרא ק"ש בלי תפילין שהתפילין צריכין גוף נקי לא ימתין ויעבור זמן ק"ש כדי לקרותה בתפילין אלא מתי שיוכל להניח תפילין ביום יניחם:

Le temps du Chema - les Aharonim se sont accordés : il ne doit pas laisser passer le temps du Chema, qui est de la Torah, pour cette raison. Dans la réponse du Roch d’où vient cette règle, le Chema n’est pas mentionné. Le Magen Guibborim écrit que ce n’est qu’une formule toute faite ; preuve : au siman 38 seif 2 se trouve aussi cette règle, et seule la tefila y est mentionnée ; ici aussi il n’a conclu que par la tefila seule. L’intention du Choulhan Aroukh n’est que de dire : par là il changera son habitude de toujours dire le Chema et la tefila en leur temps ; il lira le Chema seul avec ses bénédictions et ne priera pas, car dans la tefila il se tient devant le Roi, et c’est une grande honte d’y lâcher un pet ; mais le Chema n’est pas comme parler avec le Roi : on y accomplit la volonté de ה'. Même s’il lit le Chema sans tefilin — les tefilin exigent un corps propre — qu’il n’attende pas et ne laisse pas passer le temps du Chema afin de le lire avec les tefilin ; dès qu’il pourra poser les tefilin dans la journée, il les posera.

(ד) ומברך עליהן - ותיכף אחר ק"ש יחלצן אבל הטלית יכול ללבשו ולברך עליו קודם שיתחיל הברכות וגם יוכל ללבשו כל היום שא"צ גוף נקי לציצית ומיהו אם לא הניח הטלית מקודם ובא לו בין אהבה לק"ש יכול להניח בלא ברכה דלבישה לא הוי הפסק וכ"ז כשאירע לו מקרה זה בשביל שום מאכל שהזיק לו וכיוצא באופן שלערב בודאי יכול להתפלל בגוף נקי אבל מי שרגיל בכך שיש לו חולי שמחמתו מוכרח להפיח בכל שעה ואי לא יתפלל נפטר מן התפלה לעולם מותר לו להתפלל בלא גוף נקי דלא אתי איסור הפחה שהוא ריח רע שאין לו עיקר דהוא רק איסור דרבנן ודחי לק"ש דאורייתא או לתפלה שהוא מצוה דרבים לכן יקרא ק"ש ויתפלל [רמ"א בתשובה סי' צ"ח] והפר"ח כתב ג"כ ככה אלא דהוסיף דכשיגיע לו הפחה יפסיק עד שיכלה הריח כמו בריח רע שאין לו עיקר דפוסק ויחזור ויתפלל. והפמ"ג נסתפק עוד דאפשר דשרי לו בכה"ג להניח תפילין ג"כ דהאיך יעקור לעולם מ"ע דאורייתא דתפילין ע"ש ונ"ל דכונת הפמ"ג רק ההנחה על איזו רגעים ורק כדי לקיים המ"ע דיותר מזה בודאי אסור ואם אין יכול להעציר עצמו מלהפיח עד כדי שיניח השל יד והשל ראש יניחם אחד אחד. ולענין ברכה נ"ל דאל יברך עליהם. כתב רמ"א בתשובה סימן צ"ח מי שיש לו חולי שמטפטף תמיד מי רגלים לאונסו וא"כ לא יוכל להתפלל לעולם יש להתיר לעשות לו בגד סביב אברו והבגדים העליונים יהיו נקיים ויכנס לבהכ"נ ויתפלל ובשעת הטפת מי רגלים יפסיק ואח"כ יתפלל ודוקא שלא הוצרך לטפטף בשעה שמתחיל להתפלל ואע"פ שיודע שבתוך תפלתו יצטרך לטפטף וכו' ע"ש:

Et il bénit sur eux - et tout de suite après le Chema il les ôtera. Mais le talit, il peut le revêtir et bénir dessus avant de commencer les bénédictions, et il peut aussi le porter toute la journée, car les tsitsit n’exigent pas un corps propre. Toutefois, s’il n’a pas mis le talit auparavant et que cela lui arrive entre Ahavah et le Chema, il peut le mettre sans berakha, car le revêtement n’est pas une interruption. Tout cela quand ce cas lui arrive à cause de quelque aliment qui lui a nui, ou analogue, de sorte que le soir il pourra certainement prier avec un corps propre. Mais qui en a l’habitude, qui a une maladie à cause de laquelle il est forcé de lâcher un pet à tout moment, et qui, s’il ne prie pas, serait dispensé de la tefila à jamais : il lui est permis de prier sans corps propre, car l’interdiction du pet — mauvaise odeur sans source, qui n’est qu’une interdiction de rabbanan — ne vient pas écarter le Chema de la Torah ou la tefila, mitsva publique ; dès lors il lira le Chema et priera [Rema, responsum siman 98]. Le Peri ‘Hadash a écrit de même, mais a ajouté : quand le pet lui vient, qu’il s’interrompe jusqu’à ce que l’odeur cesse, comme pour une mauvaise odeur sans source, où l’on s’interrompt puis l’on reprend la tefila. Le Peri Meguadim a encore douté : peut-être lui est-il permis en ce cas de poser aussi les tefilin, car comment déraciner à jamais une mitsva positive de la Torah, celle des tefilin ? Voir là-bas. Il me semble que l’intention du Peri Meguadim n’est que la pose pour quelques instants, seulement pour accomplir la mitsva ; plus que cela est certainement interdit. S’il ne peut se retenir de lâcher un pet le temps de poser celui du bras et celui de la tête, qu’il les pose un par un. Quant à la berakha, il me semble qu’il ne bénisse pas sur eux. Le Rema a écrit dans un responsum, siman 98 : qui a une maladie qui fait goutter l’urine sans cesse par oness (contrainte), et qui dès lors ne pourrait jamais prier : on peut permettre de lui faire un linge autour de son membre, les vêtements du dessus étant nets, d’entrer au beit haknesset et de prier ; au moment où l’urine goutte, qu’il s’interrompe puis qu’il prie. Et seulement s’il n’avait pas besoin de goutter à l’heure où il commence à prier, même s’il sait que pendant sa tefila il devra goutter, etc. Voir là-bas.