On s’éloigne des fèces et de l’urine d’un petit dès qu’un enfant de son âge peut manger un kazayit de céréale en le temps d’une akhilat peras. Conduite si l’on découvre des fèces pendant la lecture.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Fèces et urine d’un petit enfant — seuil d’éloignement ; découverte en cours de lecture [FAIRE] Seuil | S’éloigner dès qu’un enfant de son âge peut manger un kazayit de céréale (5 espèces) en le temps d’une akhilat peras [FAIRE] Présomption d’espèce | Même si l’on n’a pas vu celui-ci manger : dès qu’un autre de son espèce le peut, lui aussi est présumé le pouvoir (même aliment seulement cuit) [FAIRE] Grand | Dès 6–7 ans : on s’éloigne toujours, même s’il ne peut manger aucune céréale [FAIRE] Découverte en lisant | Hors des 4 amot (où l’odeur cesse) : jeter / écarter les fèces, ou tourner le visage (s’il n’est pas dans la tefila des 18) [FAIRE] Minhag de prudence | Il est bon de s’éloigner même des fèces d’un enfant de huit jours ; Maharshal : pas convenable de lire face aux tout-petits (habits et souliers souvent souillés) [EVITER] Petit devenu « grand » | S’il a pu une fois manger le kazayit dans le délai, puis s’est affaibli : statut de grand pour toujours, même si ces fèces-ci ne viennent pas de céréale [EVITER] Nature capable | Même s’il n’a jamais mangé de céréale, si par nature il aurait pu : les entrailles font puer comme un grand — lekhathila s’éloigner (doute de Torah) [CAS:OUI] Petit faible connu | De sa vie il n’a jamais pu manger un kazayit en une akhilat peras (même à 3–4 ans) : pas d’éloignement [CAS:OUI] Bediavad petit sans céréale | S’il a prié en face et que l’enfant n’a pas été vu manger de céréale : on s’appuie sur les indulgents, on ne revient pas [CAS:OUI] Fleuve devant lui | S’il ne peut tourner le visage : voir les précisions du Maguen Avraham (cas d’impossibilité) [CAS:NON] On a vu l’enfant manger | Statut de grand pour tous les avis — même bediavad il reviendra prier [CAS:NON] Dans les 4 amot | Pour tous les avis revenir au début : négligence, il fallait vérifier d’abord (fin du siman 76) [CAS:NON] Urine du petit au seuil | Dès cette mesure, même face au jet : interdit de la Torah comme un adulte [REMA] Mesure du peras : 3 ou 4 œufs — on évalue selon un homme moyen (ni trop vif ni trop lent) ; délai trop long = deux demi-kazayit qui ne s’additionnent pas. Découverte hors des 4 amot à portée de vue : 1er avis (essentiel selon DH, Choulhan Chelomo et Aharonim récents) — revenir seulement à l’endroit où l’on s’est arrêté (la Torah n’oblige pas à inspecter à portée de vue) ; 2e avis — négligence s’il y avait lieu de douter. Urine : on ne revient qu’à l’endroit où l’on s’est arrêté (fin siman 76). Si tardé le temps de tout achever : voir siman 65. [SYNTHESE] Seuil = kazayit de céréale en une akhilat peras (lui ou son espèce). Une fois atteint, toujours « grand ». Lekhathila éloignement large, même tout-petits. Bediavad : indulgents si l’enfant n’a pas été vu manger ; strict si dans les 4 amot ou si on l’a vu manger.
(א) קטן שהגיע - דוקא קטן אבל גדול אפילו אינו יכול לאכול כלל דגן מרחיקין מצואתו ומימי רגליו. וגדול מיקרי לענין זה מי שהוא כבר שית כבר שבע [פמ"ג]:
Un petit qui a atteint - seulement un petit ; mais un grand, même s’il ne peut manger aucune céréale, on s’éloigne de ses fèces et de son urine. Est appelé « grand » à cet égard celui qui a déjà six, déjà sept ans [Peri Meguadim].
(ב) לכלל שאחר - ר"ל אע"פ שלא ראינו לזה שאכל כיון שאחר כיוצא בו יכול לאכול מסתמא גם הוא יכול לאכול ואפילו אם אין יכול לאכול אלא ע"י בישול מיקרי אכילה אבל אם הקטן הוא חלוש וידוע לנו שאינו יכול לאכול כזית בכדי אכילת פרס א"צ להרחיק מצואתו ומימי רגליו אפילו הוא בן ג' וד' שנים. והוא שמימיו לא היה יכול לאכול כזית בכדי אכילת פרס אבל אם היה יכול לאכול פעם אחד ואח"כ נחלש ואינו יכול ואפילו לא אכל דגן זה ימים רבים שבודאי צואה זו אינה באה מדגן מ"מ דינו כגדול שצריך תמיד להרחיק מצואתו ומימי רגליו אפילו אינו יכול לאכול כלל דגן מעולם. ויותר מזה אפילו אם בעצם לא אכל הקטן מעולם עדיין מין דגן מ"מ אם בטבעו היה יכול לאכול הכזית דגן בכדי אכילת פרס הבני מעיים מסריחים כל מיני מאכל שיאכל דומיא דגדול ויש מקילין בקטן אם ידוע שלא אכל דגן זה ימים רבים וכ"ש אם לא אכל מעולם. אך לכתחלה בודאי יש להחמיר ולהרחיק אף מצואת קטן כזה דספק איסור תורה הוא ובדיעבד אם התפלל נגדם א"צ לחזור דיש לסמוך ע"ד המקילין אא"כ ראינו הקטן הזה שבעצמו אכל ג"כ שאז לכו"ע דינו כגדול ואף בדיעבד יחזור ויתפלל:
Au degré où un autre - c’est-à-dire : même si nous n’avons pas vu celui-ci manger, dès qu’un autre de son espèce peut manger, présomptivement lui aussi le peut. Même s’il ne peut manger que cuit, cela s’appelle une consommation. Mais si le petit est faible et qu’il nous est connu qu’il ne peut manger un kazayit dans le temps d’une akhilat peras, on n’a pas à s’éloigner de ses fèces ni de son urine, même s’il a trois ou quatre ans. Et cela, à condition que de sa vie il n’ait pu manger un kazayit dans le temps d’une akhilat peras. Mais s’il a pu manger une fois, puis s’est affaibli et ne le peut plus, et même s’il n’a pas mangé de céréale depuis de nombreux jours, de sorte que ces fèces-ci ne viennent certainement pas de céréale, néanmoins son statut est celui d’un grand : il faut toujours s’éloigner de ses fèces et de son urine, même s’il ne peut plus du tout manger de céréale. Plus encore : même si le petit n’a encore jamais, en soi, mangé d’espèce de céréale, néanmoins si par nature il aurait pu manger le kazayit de céréale dans le temps d’une akhilat peras, les entrailles font puer tous les aliments qu’il mange, à l’instar d’un grand. Certains sont indulgents pour un petit s’il est connu qu’il n’a pas mangé de céréale depuis de nombreux jours, et à plus forte raison s’il n’en a jamais mangé. Mais lekhathila (a priori), il y a certainement lieu d’être strict et de s’éloigner même des fèces d’un tel petit, car c’est un doute d’interdiction de la Torah. Bediavad (après coup), s’il a prié en face d’elles, il n’a pas à revenir : on peut s’appuyer sur les indulgents, à moins que nous ayons vu que ce petit lui-même a aussi mangé, auquel cas son statut est, pour tous les avis, celui d’un grand, et même bediavad il reviendra prier.
(ג) דגן - כל ה' מינים קרויים דגן וצואתם מסרחת. ובמאכל מבושל שעושין לתינוק משערינן כפי מה שיכול גדול לאכול מאותו מין אכילת פרס. ושיעור פרס י"א ג' ביצים וי"א ד' ביצים. וכ"ז מצד הדין אבל טוב וישר הוא להרחיק מצואת קטן אפילו בן ח' ימים. כתב המ"א בשם הרש"ל דאין נכון לקרות ק"ש נגד תינוקות דסתמן מטפחין באשפה מקום צואה ובגדיהן ומנעליהן מטונפין:
Céréale - les cinq espèces s’appellent céréale, et leurs fèces puent. Pour un aliment cuit qu’on fait à un nourrisson, on évalue selon ce qu’un grand peut manger de cette espèce en une akhilat peras. La mesure du peras : certains disent trois œufs, d’autres quatre. Tout cela du côté de la règle ; mais il est bon et droit de s’éloigner des fèces d’un petit, même d’un enfant de huit jours. Le Magen Avraham a écrit au nom du Maharshal : il n’est pas convenable de lire le Chema en face de tout-petits, car d’ordinaire ils patouillent dans les ordures, lieu de fèces, et leurs habits et souliers sont souillés.
(ד) גדול - גדול זה ר"ל אדם בינוני כי יש שבטבעו ממהר באכילתו ויש שהוא מקצר. ואם צריך הקטן לשהות באכילתו כזית יותר מזה השיעור הרי הוא כמי שאוכל היום חצי זית ולמחר חצי זית שכן הוא הלמ"מ בעלמא שאין אכילה מצטרפת לשהייה ארוכה כזו:
Un grand - ce « grand » désigne un homme moyen, car certains par nature mangent vite et d’autres sont lents. Si le petit doit s’attarder à manger le kazayit plus que cette mesure, il est comme celui qui mange aujourd’hui un demi-kazayit et demain un demi-kazayit : ainsi est la halakha donnée à Moïse au Sinaï en général, qu’une consommation ne s’additionne pas pour un délai aussi long.
(ה) מרחיקין - שכל שהגיע לכלל זה צואתו מסרחת:
On s’éloigne - car dès qu’il a atteint ce degré, ses fèces puent.
(ו) או ממימי רגליו - נראה דכיון שהגיע לשיעור זה גם נגד עמוד שלו הוא אסור מן התורה כמו של שאר אדם גדול:
Ou de son urine - il semble que, dès qu’il a atteint cette mesure, même en face de son jet l’interdiction est de la Torah, comme pour tout autre adulte.
(ז) היה קורא - וה"ה אם היה מתפלל:
Il était en train de lire - et de même s’il était en train de prier.
(ח) וראה צואה - ה"ה לענין מי רגלים וכדלקמן בסימן צ' סכ"ז אך לענין לחזור אח"כ לכו"ע במי רגלים אינו חוזר אלא למקום שפסק וכנ"ל בסוף סימן ע"ו:
Et il a vu des fèces - de même pour l’urine, comme plus bas au siman 90 seif 27. Mais quant à revenir ensuite, pour tous les avis, s’agissant d’urine, il ne revient qu’à l’endroit où il s’est arrêté, comme plus haut à la fin du siman 76.
(ט) כנגדו - מיירי שהוא יותר מד"א ממקום שכלה הריח דאי היה בתוך ד' לכו"ע היה צריך לחזור לראש דפשע דהיה לו לבדוק מתחלה וכנ"ל בסוף סימן ע"ו:
En face de lui - il s’agit d’un cas où il est à plus de quatre amot du lieu où cesse l’odeur ; car s’il était dans les quatre, pour tous les avis il devrait revenir au début, car il a commis une négligence : il aurait dû vérifier d’abord, comme plus haut à la fin du siman 76.
(י) שיזרקנה - וה"ה שיכול להחזיר פניו לצד מערב כיון שאינו עומד בתפלת י"ח:
De façon à les jeter - et de même, il peut tourner le visage vers l’ouest, puisqu’il n’est pas debout dans la tefila des dix-huit.
(יא) ארבע אמות - ממקום שכלה הריח:
Quatre amot - du lieu où cesse l’odeur.
(יב) לפניו נהר - ומיירי שאינו יכול להחזיר פניו למערב מפני איזה סיבה דאל"ה יחזיר פניו ועמ"א:
Devant lui un fleuve - et il s’agit d’un cas où il ne peut tourner le visage vers l’ouest pour quelque raison ; sinon, qu’il tourne le visage. Voir le Magen Avraham.
(יג) למקום שפסק - ס"ל כיון דלא היה בתוך ד' אמות שלו לא אמרינן דהיה לו לבדוק דלא הטריחתו תורה לבדוק בכמלא עיניו וסברא אחרונה ס"ל כיון דהיה מקום שראוי להסתפק פשע דלא הו"ל לקרות ולהתפלל עד שיתברר לו ועיין בא"ר שכתב דגם הרא"ש והרוקח ס"ל כהרר"י ומ"מ לדינא נראה דאין להחמיר בדיעבד דהדה"ח והשולחן שלמה ועוד שארי אחרוני זמנינו כולם העתיקו רק דעה הראשונה לדינא ואם שהה כדי לגמור כולה עיין לעיל בסימן ס"ה ובמ"ב שם:
À l’endroit où il s’est arrêté - il tient que, puisqu’il n’était pas dans ses quatre amot, on ne dit pas qu’il aurait dû vérifier : la Torah ne l’a pas astreint à vérifier à portée de vue. Le dernier avis tient que, puisqu’il y avait un lieu où il était raisonnable de douter, il a commis une négligence de lire et de prier avant de s’être éclairci. Voir l’Elya Rabba, qui écrit que le Roch et le Roqéa’h aussi tiennent comme R. Yona. Néanmoins, pour le din, il semble qu’il n’y a pas lieu d’être strict bediavad, car le Derech ha’Hayim, le Choulhan Chelomo et d’autres Aharonim de notre temps n’ont tous recopié que le premier avis pour le din. S’il a tardé le temps de tout achever, voir plus haut siman 65 et le Michna Beroura là-bas.