משנה ברורה

Michna Beroura — siman 84

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · S’il est permis de lire dans un bain
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Bain neuf, salle extérieure, médiane et intérieure : ce qui est permis (salutation, méditation, Chema, tefila, amen) selon la présence de gens nus et selon la salle. Mikvé, mezouza, boisson.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Lecture et sainteté au bain [FAIRE] Bain neuf | On n’y a encore jamais baigné → lecture permise (l’affectation seule ne suffit pas, contrairement aux latrines) [FAIRE] Méditation | Permise même face à des gens nus (méditer face à une erva n’est pas interdit) [FAIRE] Changement d’usage | Four arraché, lieu devenu habitation → mezouza, berakha, lecture et tefila permis (même règle pour d’anciennes latrines) [FAIRE] Boire | Bénir dans la salle extérieure ou la pièce du baigneur sans nus (tête couverte), boire un peu en visant la boisson du bain — pièces de la même maison [EVITER] Salle intérieure | Comme une maison d’aisance : interdit même vide, même hors saison (le nom n’est pas déraciné) [EVITER] Salutation « Chalom » | Interdite dans la salle intérieure (Chalom = Nom). Venelles souillées : même statut [EVITER] Amen intérieur | Ne pas répondre amen dans la salle intérieure. Ne pas dire « on ne répond pas au bain » : dire « c’est un bain » [EVITER] Boire sans berakha | On ne boit pas au bain : berakha interdite, et sans berakha on ne boit pas [CAS:OUI] Salle médiane vide | Certains permettent Torah, qiddouch, tefila s’il n’y a personne ; d’autres gardent le statut de bain dès lors que le lieu est destiné à la nudité [CAS:OUI] Berakha d’immersion | Seule berakha nécessaire au mikvé (comme bediavad). Officiant vêtu, visage et corps détournés des nus [CAS:OUI] Femme au mikvé | Mieux : bénir dans l’eau, troubler l’eau des pieds ; détourner visage et corps des autres femmes nues [CAS:NON] Mikvé dans le bain | Berakha d’immersion interdite ; même dans l’eau : doute (vapeur du bain) [CAS:NON] Baignoires | Maison de baignoires : statut de salle intérieure (vapeur et souillure) [REMA] Salle médiane bediavad (Taz) : s’il a béni, on ne re-bénit pas ; Chema : on ne relit pas sauf s’il a lu face à une erva. Amen : il semble que l’interdit de répondre ne vise que la salle intérieure ; salle médiane : répondre permis (certains stricts, sauf voies de paix). Homme nommé Chalom : usage indulgent ; un craignant H' avale le mem ou dit « Chalon ». Mezouza : intérieure et médiane dispensées ; logement du baigneur assujetti mais on couvre ; malterie / Leiterhaus parfois bain : assujettie, certains couvrent. Bénir hors du bain puis boire dedans = interruption interdite. [SYNTHESE] Neuf = permis. Intérieure = latrines. Médiane et mikvé = nuancé. Pas de « Chalom », pas de berakha inutile, pas de boisson sans berakha.

Glossaire

bediavad
après coup
mar’hats
bain public
bayit ‘hitson / emtsa’i / penimi
salle extérieure / médiane / intérieure du bain
mikvé
bain rituel
mezouza
parchemin fixé au linteau
ervah
nudité
Cheélat Chalom
salutation de paix
hevel / zohama
vapeur / souillure
Aharonim
décisionnaires postérieurs

(א) שלא רחצו - פי' אפילו פעם אחד דאי רחצו תו ה"ל כמרחץ ישן לכל דיניו מאחר דהיה בו הזמנה ומעשה:

Où l’on n’a pas encore baigné - c’est-à-dire même une seule fois : car si l’on y a baigné, dès lors il a le statut de bain ancien pour toutes ses règles, puisqu’il y a eu affectation et acte.

(ב) מותר לקרות - ואע"ג דבבה"כ קי"ל לעיל בסימן פ"ג ס"ב דאסור ע"י הזמנה בעלמא שאני בה"כ דמאיס טפי:

Il est permis de lire - et bien que pour la maison d’aisance nous tenions plus haut au siman 83 seif 2 que c’est interdit par la seule affectation, la maison d’aisance est différente, car elle est plus répugnante.

(ג) וקצת ערומים - י"א דאפילו אם עכשיו כולם לבושים או שאין שם אדם כלל מ"מ כיון דהבית מיוחד להיות בו ערומים ולבושים קצת דין מרחץ עליו ויש מקילים בזה ולדבריהם בחדר שדר שם הבלן וב"א עומדים שם ג"כ ערומים שרי לומר ד"ת וקידוש ותפלה באין שם אדם. וכ"ז לענין בית אמצעי אבל בית הפנימי שכולם עומדים שם ערומים ורוחצין שם הוא מאוס טפי ולכו"ע דינו כבית הכסא ואסור אפילו אין שם אדם ואפילו היתה דרכו של אותו המרחץ לרחוץ בו רק בימות החמה ובימי החורף הוא סגור מ"מ גם אז כל דיני מרחץ עליו דלא נעקר עדיין שמו ממנו אך אם עשו שינוי מעשה בגופו כגון שעקרו שם תנורו וכיוצא בו ועשוהו בית דירה מותר לו להניח בפתחו מזוזה ולברך עליה ולקרות ולהתפלל שם וכן הדין לענין בה"כ:

Et quelques-uns nus - certains disent : même si maintenant tous sont vêtus, ou qu’il n’y a personne du tout, néanmoins, puisque la maison est destinée à ce qu’il y ait des gens nus et des gens un peu vêtus, le statut de bain est sur elle. Certains sont indulgents là-dessus ; et selon eux, dans la pièce où habite le baigneur et où des gens se tiennent aussi nus, il est permis de dire paroles de Torah, qiddouch et tefila quand il n’y a personne. Tout cela pour la salle médiane. Mais la salle intérieure, où tous se tiennent nus et s’y baignent, est plus répugnante, et pour tous les avis son statut est comme une maison d’aisance : c’est interdit même s’il n’y a personne, et même si l’usage de ce bain n’était de s’y baigner qu’aux jours d’été et qu’en hiver il est fermé : néanmoins alors aussi toutes les règles du bain sont sur lui, car son nom n’en a pas encore été déraciné. Mais si l’on a fait un changement d’acte dans son corps, par exemple qu’on en a arraché le four et analogues et qu’on en a fait une maison d’habitation, il lui est permis de poser une mezouza à son ouverture et de bénir dessus, et d’y lire et prier. Même règle pour une maison d’aisance.

(ד) אבל לא וכו' - וכן כל הברכות וד"ת אסור שם. ומשמע מדברי הט"ז דבדיעבד אם בירך שם אינו חוזר ומברך וכן בק"ש אין חוזר וקורא אף אם היה נמצא שם אז אדם ערום בבית האמצעי אך באופן שלא עמד נגדו בעת הקריאה או כגון שהחזיר פניו וגופו ממנו דאל"ה חוזר וקורא מטעם שקרא נגד ערוה [פמ"ג] ולענין בית הטבילה מסיק הט"ז דכל דינו כבית אמצעי של מרחץ ואין לברך שם שום ברכה רק ברכת הטבילה שהיא הכרחית שם כדיעבד היא חשובה וכל זה אם המברך איננו ערום וגם שלא יעמוד נגד ערומים בעת הברכה דאז אסור מטעם ערוה אם לא שהחזיר פניו וגופו מהן וה"ה בכל זה באשה המברכת בבית הטבילה ובפמ"ג כתב דיותר טוב שתברך במים [ועיין לעיל בסימן ע"ד ס"ק ט"ז שכ' דטוב שתעכרן ברגליה שלא יהא איבריה נראין בהמים] והטעם דשם במקום המים יותר מסתבר דאינו נחשב כבית אמצעי של מרחץ ופשוט דגם שם צריכה בעת הברכה להחזיר פניה וגופה מנשים הערומות העומדות שם בבית הטבילה כדמוכח לעיל בסימן ע"ט ס"ב עי"ש. והנה לפי דעת הט"ז אף כשאין שם אדם ערום אין לברך שם ברכה אחרת לדעת המחמירין לעיל בבית אמצעי אבל מהמ"א לעיל בסימן מ"ה משמע להקל בזה דאין בה זוהמא וכן כתב בברכי יוסף. והנה במקוה ששופכין בה מים חמין יש לומר דיש בה הבלא ומכל מקום אפשר לומר דאין בה זוהמא והבלא כל כך כמו במרחץ. והני מקואות העומדים במרחץ גופייהו במרחץ ודאי אסור לברך שם ברכת הטבילה ואפילו במים צ"ע די"ל הבלא דמרחץ נפיש ובמים נמי אסור [פמ"ג ועיין מה שכתב עוד בזה בסימן מ"ה בא"א]:

Mais pas, etc. - et de même toutes les bénédictions et les paroles de Torah y sont interdites. Il appert des paroles du Taz que, bediavad (après coup), s’il a béni là, il ne bénit pas de nouveau ; et pour le Chema, il ne relit pas, même s’il se trouvait alors un homme nu dans la salle médiane, mais de façon qu’il ne se tenait pas en face de lui à l’heure de la lecture, ou par exemple qu’il a tourné visage et corps loin de lui ; sinon il relit, du fait qu’il a lu en face d’une nudité [Peri Meguadim]. Quant à la maison d’immersion, le Taz conclut que tout son statut est comme la salle médiane d’un bain, et qu’on n’y récite aucune berakha sinon la bénédiction de l’immersion, qui y est nécessaire et compte comme bediavad. Tout cela si celui qui bénit n’est pas nu, et aussi qu’il ne se tienne pas face à des gens nus à l’heure de la berakha : alors c’est interdit à cause de la nudité, à moins qu’il ait tourné visage et corps loin d’eux. De même en tout cela pour une femme qui bénit dans la maison d’immersion. Le Peri Meguadim a écrit qu’il est encore mieux qu’elle bénisse dans l’eau [voir plus haut siman 74 seif qatan 16, où il a écrit qu’il est bon qu’elle trouble l’eau de ses pieds pour que ses membres n’apparaissent pas dans l’eau]. Le motif : là, à l’endroit de l’eau, il est plus raisonnable que cela ne compte pas comme salle médiane d’un bain. Et il est évident que là aussi, à l’heure de la berakha, elle doit tourner visage et corps loin des femmes nues qui se tiennent là dans la maison d’immersion, comme il appert plus haut au siman 79 seif 2 ; voir là-bas. Or, selon l’avis du Taz, même quand il n’y a personne de nu, on n’y récite pas d’autre berakha, selon les stricts plus haut pour la salle médiane. Mais du Magen Avraham plus haut au siman 45 il appert d’être indulgent là-dessus, car il n’y a pas cette souillure ; ainsi dans Birké Yossef. Dans un mikvé où l’on verse de l’eau chaude, on peut dire qu’il y a de la vapeur ; néanmoins on peut dire qu’il n’y a pas de souillure et de vapeur autant que dans un bain. Quant à ces mikvaot qui se tiennent dans le bain même, dans le bain il est certainement interdit d’y réciter la bénédiction de l’immersion, et même dans l’eau cela demande examen : on peut dire que la vapeur du bain est abondante et que dans l’eau aussi c’est interdit [Peri Meguadim ; voir encore ce qu’il a écrit là-dessus au siman 45 dans Eshel Avraham].

(ה) להרהר שם - ואפילו נגד אנשים ערומים דהרהור נגד ערוה אין איסור:

Y méditer - et même en face d’hommes nus, car méditer en face d’une nudité n’est pas interdit.

(ו) אפילו ש"ש אסור - כי שלום הוא שמו של הקב"ה שנאמר ויקרא לו ד' שלום וה"ה שאסור ליתן שלום לחבירו במבואות המטונפות דכל דינו כבית הפנימי ואדם ששמו שלום יש אוסרין בבית המרחץ לקרותו בשמו אלא בלשון לע"ז ויש מתירין כיון שאינו מתכוין על ענין השלום אלא להזכרת שמו של אותו אדם ובדברי סופרים הלך אחר המיקל וכן נוהגין וירא שמים יש לו להחמיר יען כי הרבה מאחרונים אוסרין ויבלע המ"ם ויאמר רק שלו בלא מ"ם או שלון בנו"ן וגם באגרת הרשות נכון שלא לכתוב שלום עם וא"ו רק שלם שמצוי לזרוק באשפות:

Même une salutation est interdite - car « Paix » est un nom du Saint, béni soit-Il, ainsi qu’il est dit : « il l’appela ה' Paix ». De même, il est interdit de donner la paix à son compagnon dans les venelles souillées, dont tout le statut est comme la salle intérieure. Un homme dont le nom est Chalom : certains interdisent, dans la maison de bain, de l’appeler par son nom, sinon en langue étrangère ; d’autres permettent, puisqu’on n’a pas l’intention sur l’idée de la paix mais sur la mention du nom de cet homme ; et en paroles de scribes on va après l’indulgent. Ainsi est l’usage. Un craignant ה' a lieu d’être strict, car beaucoup d’Aharonim interdisent : qu’il avale le mem et ne dise que « Chalo » sans mem, ou « Chalon » avec un noun. Aussi dans une lettre profane, il convient de ne pas écrire « Chalom » avec un vav, seulement « Chalem », qu’il est courant de jeter aux ordures.

(ז) לענות אמן - על אחד שאמר בחוץ או באיזה בית שום ברכה ונראה דהיינו דוקא בבית הפנימי דהוא כבה"כ אבל בבית אמצעי שרי לענות גם אם שאל לו אדם דבר הלכה בבית הפנימי אסור לומר לו אין משיבין במרחץ וה"ה כשנתן לו אדם אחד שלום במרחץ אסור לומר אין משיבין במרחץ אבל רשאי לומר בכל זה מרחץ הוא דזה לא הוי אפילו הרהור אבל בבית אמצעי מותר לומר לו אין משיבין במרחץ ויש מחמירין גם בבית אמצעי בזה רק אם יש בו משום דרכי שלום מותר לומר בלשון זה. אין לשתות בבית המרחץ כי הלא אסור לברך שם ובלי ברכה אין לשתות ומי שרוצה לשתות מסיק בפמ"ג שיברך בבית החצון או בחדר הבלן בשעה שאין שם בני אדם ערומים [או שיכנס בבית הטבילה במים עד למעלה מערותו] וגם יכסה ראשו ויברך וישתה שם מעט ע"מ לשתות במרחץ והוא שיהיה שם החדרים בבית אחד תוך בית המרחץ הא לברך חוץ למרחץ כלל אסור ופשיטא דלברך ולא לשתות כלל רק במרחץ בודאי אסור להפסיק בין ברכה לשתיה ועיין לעיל בסוף סי' ס"ב במ"ב וביאור הלכה. מזוזה במרחץ בבית הפנימי ובאמצעי פטור וה"ה מרחץ שיש לפניה חצר ובחצר עומדים שם מקצתן ערומים פטור ג"כ ודירת הבלן חייבת במזוזה דהוא חדר גמור אך מפני שמצוי שם בני אדם ערומים צריך לכסות המזוזה. מלץ הויז שעושין ממנו לפעמים מרחץ פ"א או ב' בשנה או לייטער הויז חייב במזוזה ויש אומרים דיש לכסות המזוזה. וכן מותר להתפלל בתוכו. בית שעומדין בו אמבטאות לרחיצה משמע מהאחרונים דדינו כבית הפנימי דנפיש שם הבלא וזוהמא:

Répondre amen - à quelqu’un qui a dit au-dehors ou dans quelque maison une berakha. Il semble que ce n’est que dans la salle intérieure, qui est comme une maison d’aisance ; mais dans la salle médiane, il est permis de répondre. De même, si un homme lui a demandé un point de halakha dans la salle intérieure, il lui est interdit de lui dire « on ne répond pas au bain » ; de même, si un homme lui a donné la paix au bain, il lui est interdit de dire « on ne répond pas au bain » ; mais il peut dire en tout cela « c’est un bain », car cela n’est même pas une méditation. Mais dans la salle médiane, il lui est permis de lui dire « on ne répond pas au bain ». Certains sont stricts aussi dans la salle médiane là-dessus ; seulement s’il y a un motif de voies de paix, il est permis de dire en ces termes. On ne boit pas dans la maison de bain, car il est interdit d’y bénir, et sans berakha on ne boit pas. Qui veut boire : le Peri Meguadim conclut qu’il bénisse dans la salle extérieure ou dans la pièce du baigneur à l’heure où il n’y a pas de gens nus [ou qu’il entre dans la maison d’immersion dans l’eau jusqu’au-dessus de sa nudité], qu’il se couvre aussi la tête, bénisse et y boive un peu en vue de boire au bain ; et cela, à condition que ces pièces soient dans une même maison à l’intérieur de la maison de bain. Car bénir tout à fait hors du bain est interdit ; et à plus forte raison, bénir et ne pas boire du tout sinon au bain : certainement interdit d’interrompre entre la berakha et la boisson. Voir plus haut à la fin du siman 62 dans le Michna Beroura et le Biour Halakha. Mezouza au bain, dans la salle intérieure et la médiane : dispensé. De même un bain qui a une cour devant elle, et dans la cour quelques-uns se tiennent nus : dispensé aussi. L’habitation du baigneur est assujettie à la mezouza, car c’est une pièce complète ; mais parce qu’il s’y trouve des gens nus, il faut couvrir la mezouza. Une malt-house dont on fait parfois un bain une ou deux fois l’an, ou un Leiterhaus, est assujettie à la mezouza ; certains disent qu’il faut couvrir la mezouza. De même il est permis d’y prier. Une maison où se tiennent des baignoires pour se laver : il appert des Aharonim que son statut est comme la salle intérieure, car vapeur et souillure y abondent.