Venelles souillées, maison d’aisance, bain et lieu d’immondices : interdiction de lire et même de méditer. Noms divins, surnoms, langue sainte, exception pour écarter d’un interdit, et tranchant un din sans en dire le motif.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) ויניח ידו וכו' - כלומר שקורא כ"כ בלחש עד שאינו ניכר כלל שמרחש בשפתיו ג"כ אסור:
Et il mettra la main, etc. - c’est-à-dire : même s’il lit si bas qu’il n’est pas du tout reconnaissable qu’il remue aussi les lèvres, c’est interdit.
(ב) כשיגיע - ר"ל בתוך ד"א ואם הוא לפניו אסור כמלא עיניו:
Quand il arrive - c’est-à-dire dans les quatre amot ; et s’il est devant lui, c’est interdit à portée de vue.
(ג) וכן עיקר - עיין בסימן ס"ה במשנה ברורה שביארנו שם כל פרטי הדין:
Et tel est l’essentiel - voir au siman 65 dans le Michna Beroura, où nous avons exposé tous les détails de la règle.
(ד) אפילו להרהר - ואפילו בזמן שאין שם אדם:
Même méditer - et même à l’heure où il n’y a personne.
(ה) בד"ת - וכן אסור לעיין בבה"כ במשקלי השמות והפעלים של לשון הקודש שאין דרך להגיע לידיעה רק ע"פ הכתובים ויבוא להרהר במקרא ופשוט דמותר אדם להתבונן בבה"כ בגודל שפלותו ושבסופו יחזור כולו להיות עפר רימה ותולעה ואין נאה לו הגאוה:
Paroles de Torah - de même, il est interdit d’examiner dans une maison d’aisance les poids des noms et des verbes de la langue sainte, car on n’arrive à la connaissance que par les Écritures, et l’on en viendrait à méditer un verset. Et il est évident qu’il est permis à l’homme de réfléchir dans une maison d’aisance à la grandeur de son abaissement, et qu’à la fin il redeviendra tout entier poussière, ver et vermine, et que l’orgueil ne lui sied pas.
(ו) אסור - ויחשוב שם חשבונות ביתו והוצאותיו כדי שלא יבא לידי הרהור ובשבת יחשוב בבנינים וציורים נאים:
Interdit - et qu’il y pense aux comptes de sa maison et à ses dépenses, afin de ne pas en venir à méditer ; et le Chabbat, qu’il pense à de beaux édifices et dessins.
(ז) בבה"כ - ואפילו בתוך הד"א של הבה"כ ממקום שכלה הריח ג"כ אסור להרהר ועיין לעיל בסימן ע"ט במ"ב סק"ג. כתב בספר תוספות ירושלים בשם הירושלמי דבבורסקי אסור להתפלל וכן להזכיר כל דבר שבקדושה והוא שהותחל העיבוד שיש ריח רע אבל אם עדיין לא התחיל מותר ופשוט דבזמן שאסור הוא אפילו להאומן עצמו שמורגל בהריח רע ואינו מרגיש כל שבני אדם מצטערים מזה הר"ר וכדלעיל בסימן ע"ט ס"א:
Dans une maison d’aisance - et même dans les quatre amot de la maison d’aisance, du lieu où cesse l’odeur, il est aussi interdit de méditer. Voir plus haut siman 79 dans le Michna Beroura, seif qatan 3. Il est écrit dans le livre Tossafot Yerouchalaïm au nom du Yerouchalmi : dans une tannerie, il est interdit de prier et aussi de mentionner tout propos de sainteté ; et cela, une fois que le travail a commencé, qu’il y a une mauvaise odeur. Mais s’il n’a pas encore commencé, c’est permis. Et il est évident que, dans le temps de l’interdiction, c’est même pour l’artisan lui-même, qui est habitué à la mauvaise odeur et ne la sent pas, dès que les gens en sont incommodés, comme plus haut siman 79 seif 1.
(ח) ובבית המרחץ - כי נפיש זוהמא בתוכו ומאוס והו"ל הצואה ובה"כ וטעם איסור ההרהור בכל אלו המקומות משום דבעינן והיה מחניך קדוש וליכא [שבת קנ"א] כתב ב"י מי שתלמודו שגור בפיו והרהר בבה"כ ובבית המרחץ לאונסו מותר יש אומרים דכיון דאנוס הוא בהרהורו יכול אפילו לבטא בשפתיו וכן משמע מזבחים ק"ב ע"ב אבל בספר ברכי יוסף מסיק דהדבור אסור בכל גווני והראיה מהגמרא יש לדחות כמש"כ שם הרב ברכת הזבח וצאן קדשים עי"ש ומה שכתב דאם הרהר לאונסו מותר היינו ר"ל דאם הרהר לא עבד איסורא מאחר שהיה לאונסו ברם לכתחילה חובת גברא לדחות ההרהור וכ"ש דהדבור אסור וכ"כ בספר ישועות יעקב דהדבור אסור:
Et dans la maison de bain - car la souillure y abonde et c’est répugnant, et c’est comme les fèces et la maison d’aisance. Le motif de l’interdiction de méditer en tous ces lieux : parce qu’il faut « ton camp sera saint », et il n’y est pas [Chabbat 150a]. Le Beth Yossef a écrit : qui a son étude courante en bouche et a médité dans une maison d’aisance et dans une maison de bain par oness (contrainte), c’est permis. Certains disent : puisqu’il est anos (contraint) dans sa méditation, il peut même articuler des lèvres ; ainsi il appert de Zevahim 102b. Mais le livre Birké Yossef conclut que la parole est interdite en tout cas, et la preuve de la Guemara se laisse écarter, comme l’ont écrit là le rav Birkat haZéva’h et Tsone Qodachim ; voir là-bas. Ce qu’il a écrit : s’il a médité par oness, c’est permis, veut dire : s’il a médité, il n’a pas commis d’interdiction, puisqu’il était par oness ; mais lekhathila (a priori) c’est le devoir de l’homme de chasser la méditation, et à plus forte raison la parole est interdite. Ainsi dans le livre Yechouot Yaakov : la parole est interdite.
(ט) בלשון הקדש - ומדת חסידות הוא להחמיר:
En langue sainte - et c’est une mesure de piété d’être strict.
(י) נאמן - הראב"ד אוסר ברחום וכתב הב"ח ויש להחמיר וכ"פ הפר"ח מיהו בלע"ז לכו"ע שרי הואיל וזה אינו מיוחד דוקא להקב"ה משא"כ שאר ד"ת וכ"ש השמות שאינם נמחקין אסור לאמור שם אפילו בלשון לע"ז כגון גא"ט בלשון אשכנז או בוגא בלשון פולין ורוסיא וכה"ג שאף ששם זה אין בו קדושה באותיות כתיבתו ומותר למוחקו מ"מ יש בו משום בזיון בהזכרתו במקום טינופת כמו בהזכרת השלום שמותר ג"כ למוחקו ואעפ"כ כיון שהקב"ה נקרא בו אע"פ שאינו מיוחד לו אסור להזכירו כשמתכוין על ענין השלום וכמש"כ סי' פ"ד וכ"ש בזה שלכמה דברים דינם כשמות שבלשה"ק כגון לענין שבועה ולענין הזכרת ש"ש לבטלה ולענין קללת חבירו בשם:
Fidèle - le Raavad interdit « Ra’houm ». Le Ba’h a écrit : il y a lieu d’être strict ; ainsi a tranché le Peri ‘Hadash. Toutefois en langue étrangère, pour tous les avis c’est permis, puisque ce n’est pas réservé au Saint, béni soit-Il, à la différence des autres paroles de Torah. Et à plus forte raison les Noms qui ne s’effacent pas : il est interdit de les dire là, même en langue étrangère, comme « Gott » en langue allemande ou « Boga » en langue polonaise et russe, et analogues. Bien que ce Nom n’ait pas de sainteté dans les lettres de son écriture et qu’il soit permis de l’effacer, néanmoins il y a un mépris à le mentionner en un lieu d’immondices, comme pour la mention de « Chalom », qu’il est aussi permis d’effacer, et pourtant, puisque le Saint, béni soit-Il, est appelé ainsi, bien que ce ne lui soit pas réservé, il est interdit de le mentionner quand on a l’intention sur l’idée de la paix, comme écrit au siman 84. À plus forte raison ici, dont pour plusieurs choses le statut est comme les Noms en langue sainte, par exemple pour le serment, pour la mention du Nom en vain, et pour maudire son compagnon par le Nom.
(יא) מותר לאמרם - דגם בני אדם מכונים בהם לפעמים כמו שנאמר חנון ורחום וצדיק ודוקא באומר כך אבל באומר הרחום ירחם עליך י"ל דאסור כמו שאלת שלום [פמ"ג]:
Il est permis de les dire - car les hommes aussi en sont parfois surnommés, ainsi qu’il est dit « gracieux et miséricordieux et juste ». Et seulement s’il dit ainsi ; mais s’il dit « le Miséricordieux ait pitié de toi », on peut dire que c’est interdit, comme une demande de paix [Peri Meguadim].
(יב) שאינם נמחקים - ל"ד דהא איכא שלום דאסור להזכיר שם וכנ"ל בסי' פ"ד:
Qui ne s’effacent pas - ce n’est pas exact, car il y a « Chalom » qu’il est interdit de mentionner là, comme plus haut au siman 84.
(יג) להפריש מדבר איסור - וה"ה אם נכנס בלבו הרהור עבירה מותר להרהר שם בד"ת מפני שזהו כמו להפרישו מאיסור שהתורה מצלת מהרהורים רעים:
Pour écarter d’une chose interdite - et de même, si une méditation de faute entre dans son cœur, il lui est permis d’y méditer des paroles de Torah, parce que c’est comme l’écarter d’une interdiction : la Torah sauve des mauvaises méditations.
(יד) ובענייני קודש - דהיינו לומר לו אפילו בלשון הוראה שאסור לעשות כן וא"צ לדקדק ולומר אל תעשה כך בלי לשון הוראה ויש מחמירין וסוברין דאסור לומר בלשון הנראה דזה הוא תורה כגון אם רואה בע"פ שמגלחין אחר חצות יאמר אין מגלחין דלשון זה אינו לשון הוראה אע"ג דממילא נשמע דאסור אבל לא יאמר אסור לגלח ונ"ל דאם אין דבריו נשמעין בקיצור יוכל להעריך לפניהם גודל האיסור בכל חלקיו כדי להפרישן. כתב המ"א בשם הר"ן אפילו בלא אפרושי מאיסורא שרי לומר לחבירו עשה לי כך וכך אפילו אם ממילא הוי הוראה שבזה מורה לו שהוא מותר לעשות כן כיון שאינו אומרם בלשון הוראה:
Et en matières saintes - c’est-à-dire même lui dire en langue d’enseignement qu’il est interdit d’agir ainsi ; et l’on n’a pas à veiller à dire « ne fais pas ainsi » sans langue d’enseignement. Certains sont stricts et tiennent qu’il est interdit de dire en une langue qui paraît être de la Torah : par exemple, s’il voit en veille de Pessa’h qu’on se rase après midi, qu’il dise « on ne se rase pas », car cette langue n’est pas une langue d’enseignement, bien qu’il s’entende de soi que c’est interdit ; mais qu’il ne dise pas « il est interdit de se raser ». Il me semble que, si ses paroles ne sont pas entendues en bref, il peut leur exposer la grandeur de l’interdiction en toutes ses parties afin de les en écarter. Le Magen Avraham a écrit au nom du Ran : même sans écarter d’une interdiction, il est permis de dire à son compagnon « fais-moi telle et telle chose », même si de soi c’est un enseignement, en ce qu’il lui indique qu’il lui est permis de le faire, puisqu’il ne le dit pas en langue d’enseignement.
(טו) ובמקום שמותר - כגון בבית אמצעי של מרחץ וכנ"ל או כגון שהוא בעצמו אינו נקי לגמרי כגון שנגע בידיו במקומות המכוסים דאם ידיו או שאר מקומות מגופו מטונפות ממש אפילו ההרהור אסור [פמ"ג]:
Et dans un lieu où il est permis - par exemple dans la salle médiane d’un bain, comme plus haut, ou par exemple s’il n’est pas lui-même tout à fait net, comme s’il a touché de ses mains des endroits couverts. Mais si ses mains ou d’autres endroits de son corps sont réellement souillés, même la méditation est interdite [Peri Meguadim].
(טז) לפסוק דין - דהוי כמו הרהור שמחשב הטעם בלבו ועיין לעיל סימן מ"ז ס"ד במ"ב ובה"ל:
Trancher un din - car c’est comme une méditation : il pense le motif dans son cœur. Voir plus haut siman 47 seif 4 dans le Michna Beroura et le Biour Halakha.