Temps de la tefila du matin : de l'aurore jusqu'à la fin du tiers du jour (4 heures zmaniot) ; idéal au nets ha'hama. Interdits avant la tefila : salutations à la porte d'autrui, affaires, voyage, manger et boire (sauf eau, thé ou café sans lait pour la kavana). Priorité de l'étude, cas de voyage et de détresse.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) עם הנץ - היא השעה שהחמה מתחלת לזרוח בראשי ההרים. וראוי ונכון ליזהר בזה לכתחלה אף בימי הסליחות וכן בחורף כשמשכימים ובאים לבהכ"נ בבוקר השכם ימתינו מלהתפלל עד הנץ וכדלעיל בסי' נ"ח ס"א ע"ש אך כשמשכים לצאת לדרך וכה"ג שאר דחק ואונס דמותר להקדים כדלקמן בס"ח עכ"פ ימתינו מלברך על התפילין עד שיכיר את חבירו הרגיל עמו קצת ברחוק ד"א דמקודם אסור לברך עליהן וכדלעיל בסימן ל' ס"א עי"ש במשנה ברורה. כתב בפמ"ג בסימן תצ"ד דבחג השבועות שניעורין כל הלילה מותר להתפלל קודם הנץ דכשילכו לביתם בהשכמה טורח הוא להתקבץ שנית. ומ"מ יש ליזהר שלא לקרות ק"ש כ"כ בהשכמה דהיינו קודם שיראה את חבירו ברחוק ד' אמות ויכירנו דזה אסור לכתחלה וכדלעיל בסימן נ"ח עיי"ש:
Avec le nets — C'est l'heure où le soleil commence à luire au sommet des montagnes. Il convient et il est juste d'y veiller a priori (lekhathila), même aux jours des Seli'hot ; de même en hiver, quand on se lève tôt et qu'on vient à la synagogue de grand matin, qu'on attende pour prier jusqu'au nets, comme plus haut au siman 58 seif 1. Mais si l'on se lève pour partir en voyage, et de même toute autre détresse et contrainte (oness) où il est permis d'avancer, comme plus bas au seif 8 : qu'on attende au moins de ne bénir les tefilin qu'une fois qu'on reconnaît son compagnon habituel à quatre amot de distance ; avant cela, il est interdit de les bénir, comme plus haut au siman 30 seif 1, voir là-bas dans la Michna Beroura. Il est écrit dans le Peri Mégadim au siman 494 qu'à Chavouot, où l'on reste éveillé toute la nuit, il est permis de prier avant le nets : s'ils rentraient chez eux à l'aube, ce serait une peine de se rassembler une seconde fois. Toutefois, il faut veiller à ne pas lire le Chema si tôt, c'est-à-dire avant de voir son compagnon à quatre amot et de le reconnaître : cela est interdit a priori, comme plus haut au siman 58.
(ב) עמוד השחר - עה"ש הוא מה שמתחיל השחר להבריק במקצתו מעט מעט ומשמע מדברי המחבר דקודם האיר אף בדיעבד לא יצא וכן הסכימו הרבה אחרונים דלא כמ"א וע' בבה"ל:
L'amoud hacha'har — L'amoud hacha'har, c'est le moment où l'aube commence à blanchir par endroits, peu à peu. Il ressort des paroles du Mé'haber qu'avant que [l'orient] s'éclaire, même après coup (bediavad) on n'est pas quitte ; ainsi ont convenu beaucoup d'A'haronim, contrairement au Magen Avraham. Voir le Biour Halakha.
(ג) פני המזרח - ובעינן שיאיר פני כל המזרח ולא סגי במה שהבריק השחר כנקודה בלבד. כתב בחידושי רע"א דאף שהכוכבים נראין עדיין ברקיע מ"מ יום הוא:
La face de l'orient — Il faut que toute la face de l'orient s'éclaire ; il ne suffit pas que l'aube ait seulement blanchi comme un point. Il est écrit dans les 'Hidouché Rabbi Aqiva Eiger que même si les étoiles se voient encore au firmament, c'est néanmoins le jour.
(ד) יצא - בדיעבד ואפילו שלא בשעת הדחק ובשעת הדחק כגון במשכים לצאת לדרך וכה"ג שאר דחק ואונס אפילו לכתחילה וכדלקמן בס"ח עי"ש. ודע דדברי הש"ע אינם אמורים רק לענין חובת מצות תפלה בלבד דיצא בה אחר שהאיר המזרח דבזה כבר הגיע זמנה דניתקנה כנגד התמיד ושחיטת התמיד היה תיכף משהאיר המזרח אבל לענין ק"ש שקודם התפלה לא איירי המחבר בסימן זה ועיין לעיל בסימן נ"ח במ"ב סקי"ט דלא יצא בזה ידי חובת ק"ש אף דיעבד אם רגיל לעשות כן עד שיכיר את חבירו הרגיל עמו קצת ברחוק ד"א וזה מאוחר מזמן דהאיר המזרח ובפרט כשרוצה אז להניח תפילין ולברך עליהן דבוודאי אין לברך עד שיגיע הזמן דמשיכיר הנ"ל:
Il est quitte — Après coup, et même hors temps de détresse. En temps de détresse, par exemple s'il se lève pour partir en voyage, et de même toute autre détresse et contrainte, même a priori, comme plus bas au seif 8. Sache que les paroles du Choul'han Aroukh ne portent que sur l'obligation de la mitsva de tefila seule : on en est quitte une fois que l'orient s'est éclairé, car son temps est alors arrivé, puisqu'elle a été instituée en regard du tamid, et l'abattage du tamid se faisait dès que l'orient s'était éclairé. Mais quant au Chema qui précède la tefila, le Mé'haber n'en traite pas dans ce siman. Voir plus haut au siman 58, Michna Beroura seif qatan 19 : on n'est pas quitte du Chema même après coup, si l'on a l'habitude de faire ainsi, jusqu'à ce qu'on reconnaisse son compagnon habituel à quatre amot ; et cela est plus tardif que le temps où l'orient s'éclaire. Surtout s'il veut alors poser les tefilin et les bénir : sûrement on ne bénira pas avant qu'arrive le temps de « dès qu'il reconnaît » susdit.
(ה) היום - ואם היום אורך י"ח שעות הוי ו' שעות על היום וכשהיום ארוך ט' שעות הוי ג' שעות דלעולם משערין שעות אלו לפי ענין היום והם נקראין שעות זמניות שהיום מתחלק לי"ב חלקים. וענין השליש הוא שתפלת השחר הוא נגד קרבן תמיד ולעולם לא איחרו אותו מלהקריב לאחר שליש היום וצריך לגמור התפלת י"ח בתוך השליש היום:
Le jour — Si le jour a dix-huit heures de longueur, le tiers fait six heures sur le jour ; et si le jour est long de neuf heures, le tiers fait trois heures : toujours on évalue ces heures selon la nature du jour ; on les appelle heures proportionnelles (cha'ot zmaniot), le jour étant divisé en douze parts. Le sens du tiers : la tefila du matin correspond au korban tamid, et jamais on ne retardait son offrande au-delà du tiers du jour. Il faut achever la tefila de dix-huit [bénédictions] à l'intérieur du tiers du jour.
(ו) או עבר - ר"ל שבמזיד שהה את התפלה עד שעבר זמנה ואח"כ התפלל אעפ"כ יצא ידי חובת תפלה אף שהיתה שלא בזמנה וה"ה שלכתחילה אם לא התפלל מקודם צריך להתפלל אחר ד' שעות עד חצות רק שאין לו שכר כתפלה בזמנה. וטוב שיתפלל אז בתורת נדבה כי יש פוסקים שסוברים דבהזיד עד ד' שעות שוב לא מצי להתפלל כלל ע"כ יתפלל ויתנה שאם מצד הדין הוא פטור הוא בתורת נדבה [פמ"ג]:
Ou s'il a laissé passer — C'est-à-dire que, volontairement (mezid), il a tardé la tefila jusqu'à ce que son temps soit passé, puis il a prié : néanmoins il est quitte de l'obligation de tefila, même si ce n'était pas en son temps. De même, a priori, s'il n'a pas prié auparavant, il doit prier après les quatre heures jusqu'à midi (chatsot), seulement il n'a pas le mérite d'une tefila en son temps. Il est bon qu'il prie alors à titre de nedava, car certains décisionnaires tiennent que s'il a volontairement attendu jusqu'après les quatre heures, il ne peut plus prier du tout ; c'est pourquoi il priera et stipulera que, s'il est exempt de par la halakha, ce sera à titre de nedava [Peri Mégadim].
(ז) ואחר חצות - משמע מלשון הר"ב דאפילו תיכף אחר חצות אסור להתפלל שחרית ואדלעיל קאי בין עבר במזיד או טעה בשוגג ויש מקילין בהחצי שעה שאחר חצות ולדינא משמע מפמ"ג ודה"ח שאין לזוז מפסק הר"ב וכן משמע מביאור הגר"א דבאמת כבר הגיע זמן מנחה שמתחלת מתחילת שבע אלא מטעם שאין אנו בקיאים ושמא יבוא לטעות וע"כ אסרו חז"ל ע"כ כששגג או נאנס ולא התפלל קודם חצות ימתין אחר חצות חצי שעה (דהיינו כדי שיגיע זמן תפלת מנחה) ויתפלל מנחה ואח"כ שחרית בתורת השלמה ולא להיפך וגם דוקא בשגג או נאנס אבל במזיד אין לו תקנה כמו שיתבאר כ"ז בסימן ק"ח. אמנם בדיעבד אם התפלל שחרית בחצי שעה זו שאחר חצות יצא וא"צ להתפלל שנית [דה"ח עי"ש עוד] ועיין בחידושי רע"א מה שכתב בשם הצל"ח בענין זה:
Et après midi — Il ressort du langage du Rav [le Rema] que même tout de suite après midi il est interdit de prier cha'harit ; et cela se rapporte à ce qui précède, qu'il ait laissé passer volontairement ou qu'il se soit trompé par erreur (shogeg). Certains sont indulgents pour la demi-heure qui suit midi. Pour la halakha, il ressort du Peri Mégadim et du Déré'h Ha'haïm qu'il ne faut pas s'écarter de la décision du Rav ; de même il ressort du Biour du Gra qu'en vérité le temps de min'ha est déjà arrivé dès le début de la septième [heure], mais que, n'étant pas experts et de peur qu'on se trompe, les Sages l'ont interdit. C'est pourquoi s'il s'est trompé ou a été contraint (anos) et n'a pas prié avant midi, qu'il attende après midi une demi-heure (c'est-à-dire jusqu'à ce qu'arrive le temps de la tefila de min'ha), qu'il prie min'ha, puis cha'harit à titre de complément (tachloumin), et non l'inverse. Et seulement s'il s'est trompé ou a été contraint ; mais s'il l'a fait volontairement, il n'a pas de remède, comme tout cela sera exposé au siman 108. Toutefois après coup, s'il a prié cha'harit dans cette demi-heure après midi, il est quitte et n'a pas à prier une seconde fois [Déré'h Ha'haïm, voir encore là-bas]. Voir les 'Hidouché Rabbi Aqiva Eiger, ce qu'il a écrit au nom du Tselah à ce sujet.
(ח) זמן תפלה - היינו מעמוד השחר ועיין בבה"ל בס"א:
Le temps de la tefila — C'est-à-dire depuis l'amoud hacha'har. Voir le Biour Halakha au seif 1.
(ט) להקדים וכו' - וה"ה אם הולך בבהכנ"ס ממקום הקבוע לו למקום חבירו ליתן לו שלום:
Devancer etc. — De même s'il va de la synagogue, de l'endroit qui lui est fixé, vers l'endroit de son compagnon pour le saluer.
(י) לפתח חבירו - וה"ה אם היה אביו או רבו. ואם יש לחוש לאיבת גברא אלמא אם יכול ליתן ידו בלא אמירת שלום שפיר דמי [פמ"ג] וכשפגעו בדרך יש להקל בגברא אלמא גם באמירת שלום דבלא"ה מדינא מותר וכדלקמן כנ"ל:
À la porte de son compagnon — De même s'il s'agissait de son père ou de son maître. S'il y a à craindre la rancune d'un homme puissant, s'il peut lui tendre la main sans dire « chalom », c'est bien [Peri Mégadim]. Et s'ils se rencontrent en chemin, on sera indulgent pour un homme puissant même en disant « chalom », car de toute façon de par la halakha c'est permis, comme plus bas.
(יא) דשמו וכו' - ואין ראוי להזכיר שמו על האדם ולכבדו קודם שמכבד להקב"ה. ובלשון לע"ז יש לעיין. ומסתברא דאם אומר הרחום ירחמך או החנון יחננך וכדומה שרי דמברכו בשמו של הקב"ה [פמ"ג עיי"ש עוד]:
Dont le Nom etc. — Il n'est pas convenable de mentionner Son Nom sur un homme et de l'honorer avant d'honorer le Saint, béni soit-Il. En langue étrangère, il y a lieu d'examiner. Il est raisonnable que s'il dit « le Miséricordieux te prenne en pitié » ou « le Gracieux te fasse grâce » et analogues, c'est permis, car il le bénit par le Nom du Saint, béni soit-Il [Peri Mégadim, voir encore là-bas].
(יב) כשהוצרך - ר"ל שהוצרך ללכת דרך חצירו של חבירו בראיית איזה עסק ואגב זה הולך לפתחו לומר לו צפרא דמרי טב אבל ליתן לו שלום אף בכה"ג אסור וע' בבה"ל. ודע דמה שכתב הש"ע לראות איזה עסק דוקא לראות אבל להתעסק ממש אסור קודם התפלה וכדלקמן בס"ג:
Lorsqu'il en a eu besoin — C'est-à-dire qu'il a dû passer par la cour de son compagnon pour voir quelque affaire, et à cette occasion il va à sa porte lui dire « tsafra de-maré tav » ; mais lui donner le chalom, même en ce cas, est interdit. Voir le Biour Halakha. Sache que ce qu'a écrit le Choul'han Aroukh « pour voir quelque affaire » vise précisément à voir ; mais s'occuper réellement [de l'affaire] est interdit avant la tefila, comme plus bas au seif 3.
(יג) וי"א וכו' - וכן יש להורות [ב"ח וע"ת]:
Et certains disent etc. — Et ainsi faut-il enseigner [Ba'h et Olat Tamid].
(יד) אין לחוש - פי' דאז מותר לכרוע כשאין משכים לפתחו אבל במשכים לפתחו בין לכרוע או נתינת שלום אפילו התחיל בברכות אסור:
Il n'y a pas à craindre — C'est-à-dire qu'alors il est permis de s'incliner, quand on ne se lève pas [tôt] pour aller à sa porte ; mais si l'on se lève pour aller à sa porte, que ce soit pour s'incliner ou pour donner le chalom, même s'il a commencé les berakhot, c'est interdit.
(טו) במוצא וכו' - ולא יתן שלום אע"פ דרגיל ליתן לו שלום:
Lorsqu'il rencontre etc. — Et qu'il ne donne pas le chalom, même s'il a l'habitude de le lui donner.
(טז) כדי שיתן - ר"ל דאף דמדינא מותר מ"מ נהגו קדמונינו להחמיר בזה מזה הטעם ואם התחיל הברכות אין לחוש כ"כ ומותר ליתן שלום. וכ"ז לפתוח לומר לחבירו שלום אבל כשחבירו שואל בשלומו מותר להשיב בכל ענין וכ"ש דמי שכבר התפלל מותר להשכים לפתחו של חבירו שלא התפלל ליתן לו שלום אע"פ שיצטרך להשיבו:
Afin qu'il prenne garde — C'est-à-dire que même si de par la halakha c'est permis, nos prédécesseurs ont néanmoins coutume d'être rigoureux pour cette raison. S'il a commencé les berakhot, il n'y a plus tant à craindre et il est permis de donner le chalom. Tout cela [vaut] pour prendre l'initiative de dire chalom à son compagnon ; mais si son compagnon s'enquiert de sa paix, il est permis de répondre en tout cas. À plus forte raison, celui qui a déjà prié a le droit de se lever [tôt] pour aller à la porte de son compagnon qui n'a pas encore prié, afin de lui donner le chalom, même s'il devra lui répondre.
(יז) להתעסק וכו' - וקודם אור הבוקר שרי לעשות מלאכה [של"ה וח"ש] וכתב הא"ר דמ"מ אין לעשות שום ענין עד שיברך סדר הברכות. ופשוט דכוונתו בחצי שעה שסמוך לאור הבוקר:
S'occuper etc. — Avant la lumière du matin, il est permis de faire un travail [Chelah et 'Hesed leAvraham]. L'Elya Rabba a écrit que toutefois on ne fera aucune affaire avant d'avoir récité l'ordre des berakhot. Il est évident que son intention vise la demi-heure proche de la lumière du matin.
(יח) בצרכיו - ומי שיש לו עבדים עברים או משרתים שצריך שישמשוהו יזהירם מבערב שבקומם ממטתם ירחצו ידיהם ויברכו הברכות ויקראו פרשה אחת של שמע ואח"כ יכול לעשות צרכיו וכ"ז הוא ממדת חסידות אבל מדינא אין קפידא:
De ses affaires — Qui a des esclaves hébreux ou des serviteurs qui doivent le servir, qu'il les avertisse dès le soir : en se levant de leur lit, qu'ils se lavent les mains, récitent les berakhot et lisent une parasha du Chema ; ensuite il pourra vaquer à ses besoins. Tout cela est une mesure de piété ; de par la halakha, il n'y a pas d'exigence.
(יט) לילך לדרך - ואפילו קודם מנחה ומעריב אם הגיע זמנם דינם כמו קודם שחרית:
Partir en voyage — Et même avant min'ha et arvit, si leur temps est arrivé, leur loi est comme avant cha'harit.
(כ) עד שיתפלל - ואפילו אם במקום שיבוא יהיה יכול ג"כ להתפלל עם הצבור בזמנו אעפ"כ אסור דהליכה בדרך הוי כעוסק בצרכיו אך כ"ז שלא בשעת הדחק אבל בשעת הדחק שאין השיירא ממתנת לו יכול לילך מקודם לדרך ויתפלל בדרך וכדלקמן בס"ח ומשמע מהרבה פוסקים דאפילו כבר הנץ החמה ג"כ מותר בזה:
Jusqu'à ce qu'il prie — Même si, à l'endroit où il arrivera, il pourra aussi prier avec le tsibbour en son temps, c'est néanmoins interdit : marcher en chemin est comme s'occuper de ses affaires. Mais tout cela hors temps de détresse ; en temps de détresse, si la caravane ne l'attend pas, il peut partir d'abord en chemin et prier en route, comme plus bas au seif 8. Il ressort de beaucoup de décisionnaires que même si le nets ha'hama a déjà eu lieu, c'est permis en ce cas.
(כא) ולא לאכול - והעובר ע"ז אמרו חז"ל שעליו אמר הכתוב ואותי השלכת אחר גוך אמר הקב"ה לאחר שאכל ושתה ונתגאה קבל עליו מלכות שמים וגם הסמיכו דבריהם על הפסוק לא תאכלו על הדם לא תאכלו קודם שתתפללו על דמכם ואפילו טעימה בעלמא אסור:
Ni manger — Celui qui transgresse cela, les Sages ont dit que c'est de lui que l'Écriture dit : « et Moi tu M'as jeté derrière ton dos » : a dit le Saint, béni soit-Il : après qu'il a mangé et bu et s'est enorgueilli, il a reçu sur lui le joug de la royauté des cieux. Ils ont aussi appuyé leurs paroles sur le verset « vous ne mangerez pas sur le sang » : ne mangez pas avant d'avoir prié pour votre sang. Même une simple dégustation est interdite.
(כב) מים מותר - דלא שייך בהו גאוה ודוקא בלא צוקער אבל עם צוקער אסור וכ"ש משקה שכר (שקורין ביער) ודאי אסור. וטיי"א וקאפ"ע מותר לשתותו קודם תפלה כדי שיוכל לכוין דעתו ולהתפלל ובפרט בהמקומות שרגילין בהם ואין מתיישב הדעת בלתם וכ"ז בלא צוקער ובלא חלב [אחרונים] והעולם נוהגין להקל לשתות עם צוקער ואפשר דכוונת האחרונים וכן הרדב"ז שכתב דעם צוקער אין לך גאוה גדולה מזו קודם התפלה רק אם נותן הצוקער בתוך הטיי"א למתקו דזהו אסור קודם התפלה אבל אם לוקח מעט צוק"ר בפיו בעת השתייה ובלתי זה אין יכול לשתות הטיי"א אין זה בכלל גאוה. היוצא מדברינו דבנתינת הצוקע"ר בתוך הטיי"א או לאכול מעט מיני תרגימא בעת השתייה כדי שלא לשתות הטיי"א וקאפ"ע אליבא ריקנא אין שום צד להקל בזה קודם התפלה אם לא מי שיש לו חלישת הלב והוא צריך זה לרפואה. ומ"מ טוב שיאמר מתחילה עכ"פ פרשת שמע ישראל. כתב בספר פ"ת החדש דיש למנוע מלשתות הטיי"א בבוקר קודם התפלה באסיפת חבירים עי"ש טעמו. ומלבד זה רגיל להסתעף מזה איסור אחר דהלא כתב הרשב"א והובא בב"י דלכך אסור לו לאדם לעסוק בחפציו קודם שיתפלל כדי שלא יפנה לבו לשום דבר עד שיתפלל וכ"כ בש"ע סוף סעיף ב' שהוא אסור להתעכב בדברים אחרים כלל עד שיתפלל והרגילין באסיפת חברים בעת שתית הטיי"א רגיל לפעמים ע"י ריבוי השיחה לעבור עי"ז גם זמן ק"ש ותפלה:
L'eau est permise — Car l'orgueil n'y a pas de place. Seulement sans sucre ; avec du sucre, c'est interdit. À plus forte raison une boisson alcoolisée (qu'on appelle « bier ») est certainement interdite. Le thé et le café, il est permis de les boire avant la tefila afin de pouvoir fixer son esprit et prier, surtout aux endroits où l'on y est habitué et où l'esprit ne se pose pas sans eux. Tout cela sans sucre et sans lait [A'haronim]. Le monde a coutume d'être indulgent pour boire avec du sucre ; il se peut que l'intention des A'haronim, et de même le Radbaz qui a écrit qu'avec du sucre il n'y a pas d'orgueil plus grand que cela avant la tefila, vise seulement si l'on met le sucre dans le thé pour l'adoucir : cela est interdit avant la tefila ; mais si l'on prend un peu de sucre en bouche au moment de boire, et que sans cela on ne peut boire le thé, cela n'entre pas dans [la catégorie de] l'orgueil. Il ressort de nos paroles que mettre le sucre dans le thé, ou manger un peu de friandise en buvant afin de ne pas boire le thé et le café à jeun, n'a aucun côté d'indulgence avant la tefila, sauf pour qui a une faiblesse de cœur et en a besoin comme remède. Toutefois, il est bon qu'il dise d'abord au moins le verset Chema Israël. Il est écrit dans le livre Pata'h Tefila he'hadach qu'il faut s'abstenir de boire le thé le matin avant la tefila en réunion d'amis ; voir là-bas sa raison. Outre cela, il en découle souvent un autre interdit : le Rachba a écrit, et c'est rapporté dans le Bet Yossef, que c'est pourquoi il est interdit à l'homme de s'occuper de ses affaires avant de prier, afin de ne détourner son cœur vers rien jusqu'à ce qu'il prie ; et ainsi au Choul'han Aroukh à la fin du seif 2, qu'il est interdit de s'attarder à d'autres propos du tout jusqu'à ce qu'il prie. Or ceux qui ont l'habitude de se réunir entre amis au moment de boire le thé en viennent parfois, par l'abondance de conversation, à laisser aussi passer le temps du Chema et de la tefila.
(כג) בשבת - כלומר דלא תימא דבשבת אסור בלא"ה משום דאסור לטעום קודם קידוש קמ"ל דאינו אסור רק דוקא בשהגיע זמן קידוש והכא כיון שלא התפלל לא הגיע עדיין זמן קידוש ואחר תפלת מוסף אסור משום קידוש וקודם מוסף עיין סימן רפ"ו ס"ג:
Le Chabbat — C'est-à-dire : que l'on ne dise pas qu'au Chabbat c'est de toute façon interdit, parce qu'il est interdit de goûter avant le Qiddouch ; [le Mé'haber] nous enseigne que ce n'est interdit que précisément une fois arrivé le temps du Qiddouch. Or ici, puisqu'il n'a pas prié, le temps du Qiddouch n'est pas encore arrivé. Après la tefila de Moussaf c'est interdit à cause du Qiddouch ; avant Moussaf, voir siman 286 seif 3.
(כד) מותר - אפילו אוכלין ומשקין טובים דשייך בהו גאוה כיון שאינו עושה משום גאוה אלא לרפואה אע"פ שאינו חולה גמור שרי וכ"ש שמותר לשתות קודם התפלה הרקות ושיקויים לרפואה:
Permis — Même des aliments et des boissons de qualité, où l'orgueil a sa place, puisque ce n'est pas par orgueil qu'il le fait mais pour se soigner, même s'il n'est pas vraiment malade, c'est permis. À plus forte raison il est permis de boire avant la tefila des liqueurs et potions à titre de remède.
(כה) והרעב - הרבה [לבוש]:
Et l'affamé — Beaucoup [Levouch].
(כו) וישתה - משמע שאינו מחוייב מדקאמר אם רוצה והטעם משום דעכשיו בזמן הזה בלא"ה אין מכוונים כ"כ ומ"מ אם רוצה לאכול ולשתות קודם כדי שיכוין מותר ועיין בא"ר:
Et qu'il boive — Il ressort qu'il n'y est pas tenu, puisqu'il dit « s'il veut ». La raison : de nos jours, de toute façon on ne fixe pas tant [la kavana]. Toutefois, s'il veut manger et boire auparavant afin de fixer [sa kavana], c'est permis. Voir l'Elya Rabba.
(כז) התחיל לאכול - אפי' היה בהיתר דהיינו שהיה יותר מחצי שעה עד עה"ש דבתוך הח"ש אסור להתחיל לאכול וכמו שכתב הרמ"א בסי' תרנ"ב לגבי לולב וה"ה לגבי ק"ש דאורייתא ודוקא אם אוכל יותר מכביצה דהוי דרך קבע או לשתות בכשיעור זה אבל בפחות מזה מותר עד עה"ש:
S'il a commencé à manger — Même si c'était permis, c'est-à-dire qu'il restait plus d'une demi-heure jusqu'à l'amoud hacha'har : dans la demi-heure, il est interdit de commencer à manger, comme l'a écrit le Rema au siman 652 au sujet du loulav, et de même pour le Chema de Torah. Seulement s'il mange plus qu'un ke-bétsa, ce qui est une manière fixe, ou s'il boit de cette mesure ; mais moins que cela, c'est permis jusqu'à l'amoud hacha'har.
(כח) צריך להפסיק - כשעולה עה"ש ואע"ג דבתפלת המנחה א"צ להפסיק כמ"ש סי' רל"ב הכא שאני כיון דאסמכוה אקרא דלא תאכלו על הדם לא תאכלו קודם שתתפללו על דמכם צריך להפסיק ובשם הזוהר כתבו האחרונים שאפילו קם בחצות הלילה אסור לטעום קודם שמתפלל וכתב הפמ"ג דדוקא כשהיה ישן ואפשר דשתייה שרי ומדינא אפילו ישן מותר לאכול ולשתות ומ"מ נכון לכתחלה ליזהר בזה אם אינו מוכרח ועיין במחצית השקל שכתב דבתשו' שב יעקב סי' ח' כתב בשם סידור האר"י ז"ל שהרח"ו עצמו כשהיה חלש לבו אכל או שתה איזה דבר לחזק גופו ולא אסר כ"א לאכול למלאות תאותו עי"ש ובח"א כלל ט"ז כ' ג"כ דהקם קודם אור היום ולבו חלש ועי"ז מתבטל מלימודו מותר לאכול:
Il doit s'interrompre — Quand se lève l'amoud hacha'har. Bien que pour la tefila de min'ha on n'ait pas à s'interrompre, comme il est écrit au siman 232, ici c'est différent : puisqu'on l'a appuyé sur le verset « vous ne mangerez pas sur le sang » — ne mangez pas avant d'avoir prié pour votre sang —, il faut s'interrompre. Au nom du Zohar, les A'haronim ont écrit que même s'il s'est levé à minuit, il est interdit de goûter avant de prier. Le Peri Mégadim a écrit : seulement s'il avait dormi ; et il se peut que boire soit permis. De par la halakha, même s'il a dormi, il est permis de manger et de boire ; toutefois il est juste a priori d'y veiller s'il n'y est pas forcé. Voir le Ma'hatsit Hasheqel, qui a écrit que dans les responsa Chev Yaakov siman 8, il est rapporté au nom du siddour de l'Ari zal que Rabbi 'Haïm Vital lui-même, quand son cœur était faible, mangeait ou buvait quelque chose pour fortifier son corps, et qu'il n'a interdit que de manger pour remplir son désir ; voir là-bas. Et dans le Hayé Adam, klal 16, il a aussi écrit que celui qui se lève avant la lumière du jour et dont le cœur est faible, et qui de ce fait se trouve empêché d'étudier, a le droit de manger.
(כט) וי"א שא"צ וכו' - ר"ל לתפלה אפילו התחיל באיסור אלא לק"ש בלבד שהיא מן התורה צריך להפסיק אם התחיל באיסור וקורא ק"ש בלא ברכותיה שברכותיה הם מד"ס ולאחר שיגמור יקרא הק"ש עם ברכותיה ויתפלל וכ' האחרונים שהעיקר כסברא הראשונה ואם בירך בהמ"ז ועוסק בשתייה צריך להפסיק לד"ה:
Et certains disent qu'il n'est pas besoin etc. — C'est-à-dire pour la tefila, même s'il a commencé de façon interdite ; mais pour le Chema seulement, qui est de Torah, il faut s'interrompre s'il a commencé de façon interdite, et il lit le Chema sans ses berakhot, car ses berakhot sont de parole des Sages ; puis, après avoir achevé, il lira le Chema avec ses berakhot et priera. Les A'haronim ont écrit que l'essentiel est selon le premier avis. S'il a dit le Birkat hamazone et qu'il est occupé à boire, il doit s'interrompre selon tous les avis.
(ל) ללמוד אסור - ר"ל להתחיל ללמוד אבל אם כבר התחיל אפילו אחר שהגיע הזמן שוב אינו פוסק אם ישאר לו שהות אח"כ להתפלל בזמן תפלה אך ק"ש י"א דצריך להפסיק ולקרותה כיון שהתחיל אחר שכבר הגיע זמנה ויש מקילין גם בזה אם לא שירא שיעבור הזמן ועיין לקמן בסי' ק"ו בבה"ל:
Étudier est interdit — C'est-à-dire commencer à étudier ; mais s'il a déjà commencé, même après que le temps est arrivé, il ne s'interrompt plus s'il lui restera ensuite le loisir de prier au temps de la tefila. Mais pour le Chema, certains disent qu'il faut s'interrompre et le lire, puisqu'il a commencé après que son temps était déjà arrivé ; et certains sont aussi indulgents en cela, à moins qu'il craigne que le temps passe. Voir plus bas au siman 106 dans le Biour Halakha.
(לא) משיגיע וכו' - היינו משעלה עמוד השחר אבל קודם לזה מותר אפילו להתחיל וכשהתחיל ממילא שוב אינו פוסק אם לא שירא שיעבור הזמן ויש מקילין לכתחילה אפילו אחר שעלה עה"ש כ"ז שלא הגיע זמן סמוך להנץ שראוי להתפלל בו לכתחילה:
Dès qu'arrive etc. — C'est-à-dire dès que s'est levé l'amoud hacha'har ; mais avant cela, il est permis même de commencer, et s'il a commencé, de soi-même il ne s'interrompt plus, à moins qu'il craigne que le temps passe. Certains sont indulgents a priori même après que s'est levé l'amoud hacha'har, tant que n'est pas arrivé le temps proche du nets où il convient de prier a priori.
(לב) בבית מדרשו - ר"ל ביחידות ואם רגילין צבור להתאסף אליו שם גם בזה מותר דוודאי יזכרוהו כשיבואו ועיין סימן צ' סי"ח בהג"ה:
Dans son bet midrash — C'est-à-dire en yahid. S'il est habituel que le tsibbour s'y rassemble auprès de lui, c'est aussi permis en cela : sûrement on le rappellera quand ils viendront. Voir siman 90 seif 18 dans la glose.
(לג) מיטריד בגירסיה - עיין בח"א שכתב דאפילו יש לו שיעור קבוע מה שלומד דליכא למיחש כ"כ שמא ימשך בלימוד אפ"ה אסור ולכן מי שהוא בדרך או דר בישוב אפילו בקיץ אע"ג שמצוה להתפלל בשעה שהצבור מתפללין מ"מ כיון שאסור ללמוד קודם שמתפלל מוטב שיתפלל תיכף כדי שלא יתבטל מלימודו ובזה"ז דעוברי דרכים ע"פ רוב אינם למודים תורה בדרך והיה מהראוי שימתינו על זמן שהצבור מתפללין מ"מ כיון שנמשך מזה שעוברים זמן ק"ש ולפעמים גם זמן תפלה לכן יזהרו שתיכף בקומם קודם שיעסקו בשום דבר יתפללו ומכ"ש דבקהלות גדולות מתפללין תיכף כשהאיר היום וא"כ לעולם הוא בשעה שהצבור מתפללין עכ"ל. ויראה לצמצם בעת שמברך על התפילין שיהיה יכול להכיר את חבירו ברחוק ד"א וכמו שכתבנו למעלה:
Il s'absorbe dans son étude — Voir le Hayé Adam, qui a écrit que même s'il a une mesure fixe de ce qu'il étudie, de sorte qu'il n'y a pas tant à craindre qu'il se prolonge dans l'étude, c'est néanmoins interdit. C'est pourquoi celui qui est en chemin ou habite un village, même en été, bien qu'il y ait mitsva de prier à l'heure où le tsibbour prie, toutefois, puisqu'il est interdit d'étudier avant de prier, mieux vaut qu'il prie tout de suite afin de ne pas s'interrompre de son étude. De nos jours, les voyageurs pour la plupart n'étudient pas la Torah en chemin, et il eût été juste qu'ils attendent l'heure où le tsibbour prie ; toutefois, puisqu'il en résulte qu'ils laissent passer le temps du Chema et parfois aussi le temps de la tefila, qu'ils veillent, dès qu'ils se lèvent, avant de s'occuper de quoi que ce soit, à prier. À plus forte raison dans les grandes communautés on prie dès que le jour s'est éclairé, et ainsi il est toujours à l'heure où le tsibbour prie. Qu'on tienne à serrer le moment où l'on bénit les tefilin de façon à pouvoir reconnaître son compagnon à quatre amot, comme nous l'avons écrit plus haut.
(לד) ויעבור וכו' - ואם אמר לחבירו שאינו לומד שאם יטרד בגירסא יזכרנו שלא יעביר הזמן מותר ללמוד:
Et le temps passera etc. — S'il a dit à un compagnon qui n'étudie pas que, s'il s'absorbe dans l'étude, il le lui rappelle afin que le temps ne passe pas, il est permis d'étudier.
(לה) מלמד לאחרים וכו' - ודוקא אם לא יעבור ק"ש עי"ז דאם ירא שיעבור הזמן מחוייב לקרותה מקודם כיון שכבר הגיע הזמן וכמו שהוכחתי לקמן בסימן ק"ו בבה"ל:
Il enseigne à d'autres etc. — Seulement s'il n'en résultera pas que le Chema passe : s'il craint que le temps passe, il est tenu de le lire auparavant, puisque le temps est déjà arrivé, comme je l'ai prouvé plus bas au siman 106 dans le Biour Halakha.
(לו) להסתפר וכו' - דוקא סמוך לשחרית דהיינו קודם שעלה עמוד השחר אבל משעלה עמוד השחר גם זה אסור [א"ר] וכתב הפמ"ג דדין ובורסקי וסעודה אסור סמוך לשחרית כמו סמוך למנחה ועיין לעיל בסימן ע' בבה"ל. ולקנות צרכי סעודה בע"ש קודם תפלה שרי דחפצי שמים המה הא בחול אסור:
Se faire couper les cheveux etc. — Seulement proche de cha'harit, c'est-à-dire avant que se soit levé l'amoud hacha'har ; mais dès que s'est levé l'amoud hacha'har, cela aussi est interdit [Elya Rabba]. Le Peri Mégadim a écrit que le bain, la tannerie et le repas sont interdits proche de cha'harit comme proche de min'ha. Voir plus haut au siman 70 dans le Biour Halakha. Acheter les besoins du repas le vendredi avant la tefila est permis, car ce sont des affaires du Ciel ; en semaine, c'est interdit.
(לז) שהוא דבר וכו' - שרוב העם נכנסין שם ביום אבל בשחר דבר שאינו מצוי הוא ולא גזרו בו ואותן המלאכות שדרך בני אדם להשכים להם קודם עה"ש יש שמחמירים וסוברים דבחצי שעה שקודם עה"ש אסור כמו סמוך למנחה וכדלעיל בסימן ע' בבה"ל עי"ש ע"כ טוב שיאמר ברכות מקודם:
Qui est une chose etc. — Car la plupart des gens y entrent de jour ; mais au matin, c'est une chose peu fréquente, et l'on n'en a pas décrété. Quant aux travaux dont les gens ont l'habitude de se lever avant l'amoud hacha'har, certains sont rigoureux et tiennent que dans la demi-heure avant l'amoud hacha'har c'est interdit, comme proche de min'ha, et comme plus haut au siman 70 dans le Biour Halakha ; voir là-bas. C'est pourquoi il est bon qu'il dise d'abord les berakhot.
(לח) שצריך וכו' - ואין השיירא ממתנת לו או שאר דחק ואונס:
Qui a besoin etc. — Et la caravane ne l'attend pas, ou autre détresse et contrainte.
(לט) יכול להתפלל - פי' דבסתם דרך אינו יכול לכוין בתפלה בין כשהוא מהלך ברגליו או יושב בעגלה או בספינה ולפיכך אמרו חכמים שטוב יותר שיתפלל משעלה עה"ש אף שאינו עדיין עיקר זמן תפלה וגם לא יוכל לסמוך גאולה לתפלה כי לא יוכל לקרוא אז ק"ש דעדיין לא הגיע זמנה עד שיכיר את חבירו ברחוק ד"א מ"מ זהו טוב יותר משיתפלל בדרך בזמנו עם סמיכת גאולה לתפלה כי בביתו יוכל להתפלל בעמידה:
Il peut prier — C'est-à-dire qu'en chemin ordinaire on ne peut pas fixer sa kavana dans la tefila, qu'on marche à pied, qu'on soit assis en voiture ou en bateau. C'est pourquoi les Sages ont dit qu'il vaut mieux prier dès que s'est levé l'amoud hacha'har, même si ce n'est pas encore le temps principal de la tefila, et même s'il ne pourra pas juxtaposer geoula à tefila, car il ne pourra pas alors lire le Chema, dont le temps n'est pas encore arrivé jusqu'à ce qu'il reconnaisse son compagnon à quatre amot : néanmoins cela vaut mieux que de prier en chemin en son temps avec juxtaposition de geoula à tefila, car chez lui il peut prier debout.
(מ) משעלה עה"ש - עיין בביאור הלכה בס"א שכתבנו בשם הרבה פוסקים דס"ל דדוקא אחר שהאיר מזרח וקודם לזה לא הגיע עדיין זמן תפלה. ובפרט כשרוצה אז לברך על התפילין דזה אפילו לדעת המקילין אסור אפילו אחר שהאיר מזרח עד זמן שיכיר את חבירו ברחוק ד"א ואם הגיע הזמן הזה לכ"ע יקרא ק"ש ויתפלל בביתו כתקונה אף שעדיין לא הנץ החמה כיון שהוא שעת הדחק. ואם הוא בדרך במלון והשיירא שלו עומדים להתפלל קודם זה הזמן ומשער דעד ברכו יגיע הזמן יוכל הוא להתחיל ברכת ברוך שאמר ג"כ עמהם לע"ע בלא תפילין או שילבש תפילין בלי ברכה ואחר שיגיע בין ישתבח ליוצר יראה אם הגיע הזמן ימשמש בהן ויברך:
Dès que s'est levé l'amoud hacha'har — Voir le Biour Halakha au seif 1, où nous avons écrit au nom de beaucoup de décisionnaires qu'ils tiennent : seulement après que l'orient s'est éclairé, et qu'avant cela le temps de la tefila n'est pas encore arrivé. Surtout s'il veut alors bénir les tefilin : cela, même selon l'avis des indulgents, est interdit même après que l'orient s'est éclairé, jusqu'au temps où l'on reconnaît son compagnon à quatre amot. Si ce temps-là est arrivé, selon tous les avis il lira le Chema et priera chez lui comme il se doit, même si le nets ha'hama n'a pas encore eu lieu, puisqu'il est temps de détresse. S'il est en chemin à l'auberge et que sa caravane se tient prête à prier avant ce temps, et qu'il estime que d'ici Barékhou le temps sera arrivé, il peut commencer aussi Baroukh Chéamar avec eux pour l'instant sans tefilin, ou revêtir les tefilin sans berakha ; puis, entre Yichtaba'h et Yotser, il verra : si le temps est arrivé, qu'il les palpe et bénisse.
(מא) אם אפשר וכו' - ר"ל דאם יודע שגם ק"ש פסוק ראשון לא יוכל לכוין בדרך כגון שהוא במקום גדודי חיה וליסטים מותר לקרוא ק"ש בביתו ג"כ תיכף משעלה עה"ש אע"פ שעדיין לא הגיע עיקר הזמן וכדלעיל בסימן נ"ח ס"ג:
S'il est possible etc. — C'est-à-dire : s'il sait que même le premier verset du Chema, il ne pourra pas y fixer sa kavana en chemin, par exemple s'il est en un lieu de bandes de fauves et de brigands, il est permis de lire le Chema chez lui aussi dès que s'est levé l'amoud hacha'har, même si le temps principal n'est pas encore arrivé, comme plus haut au siman 58 seif 3.
(מב) הכי עדיף - ורוב העולם אין נזהרין בזה ואפשר משום דנוהגים כאידך פוסקים דס"ל דמסמך גאולה לתפלה עדיף ע"כ מתפללין בדרך עם סמיכת גאולה לתפלה [מ"א עי"ש עוד]. עוד כתב אם הוא בדרך ומתיירא שיעבור זמן ק"ש יקרא ק"ש בלי ברכות וכשיבוא למלון יקרא עוד הפעם ק"ש עם ברכותיה ויסמוך גאולה לתפלה ואם הוא רואה שיעבור גם זמן תפלה [שהיא רק עד ד' שעות] ודאי יתפלל י"ח ג"כ בדרך מהלך או מיושב [פמ"ג] וכשנוסע בלילה ויכול לבוא במלון להתפלל שם מעריב נכון להתאחר להתפלל עד בואו שם ולא יתפלל בעודו בדרך אם לא שהוא ישן על העגלה ויש לחוש שמא בתוך כך יעלה עמוד השחר ועיין ברל"ה בשע"ת סק"ג או שהוא ירא שמא לא יהיה לו שם מקום מנוחה להתפלל שיבלבלוהו שם בני הבית:
Cela est préférable — La plupart des gens n'y veillent pas ; il se peut que ce soit parce qu'ils suivent les autres décisionnaires qui tiennent que juxtaposer geoula à tefila est préférable, c'est pourquoi ils prient en chemin avec juxtaposition de geoula à tefila [Magen Avraham, voir encore là-bas]. Il a encore écrit : s'il est en chemin et craint que le temps du Chema passe, qu'il lise le Chema sans berakhot ; une fois arrivé à l'auberge, qu'il lise encore une fois le Chema avec ses berakhot et juxtapose geoula à tefila. S'il voit que passera aussi le temps de la tefila (qui n'est que jusqu'à quatre heures), certes il priera aussi les dix-huit [bénédictions] en chemin, en marchant ou assis [Peri Mégadim]. Quand on voyage de nuit et qu'on peut arriver à l'auberge pour y prier arvit, il est juste de tarder à prier jusqu'à y arriver, et de ne pas prier encore en chemin, à moins qu'il dorme sur la voiture et qu'il y ait à craindre qu'entre-temps se lève l'amoud hacha'har — voir au siman 235 dans le Chaaré Techouva seif qatan 3 — ou qu'il craigne de n'y avoir pas un lieu de repos pour prier, les gens de la maison l'y troublant.