משנה ברורה

Michna Beroura — siman 90

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lieu propre à prier. Prier avec le tsibbour, et la loi de celui qui marche en chemin
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne prie pas sur un lieu élevé ni en lieu découvert ou en ruine, ni derrière la synagogue le dos tourné. Priorité de la tefila avec le tsibbour à la synagogue ; bet midrash encore préférable. Lieu fixe, pas d'interposition devant le mur, distance vis-à-vis du maître, éloignement de l'impureté.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLieu de tefila, tsibbour, chemin — hauteur, fenêtres, ruine, synagogue, place fixe, maître, impureté
À FAIREPrier à la synagogue avec le tsibbour
Même s’il a dix chez lui ; l’essentiel = dix majeurs qui disent les dix-huit ensemble, pas seulement Kaddish, Qedoucha et Barékhou
À FAIREBet midrash public
Sa sainteté l’emporte sur une synagogue à foule ; bet midrash privé : seulement si l’on y étudie, sinon la foule l’emporte
À FAIRELieu fixe
Même chez soi ; quatre amot = un même lieu ; s’attarder la mesure de deux portes avant de commencer
À FAIRECourir jusqu’à la porte
Mitsva ; près de la synagogue c’est visible ; talit et tefilin en main le matin aussi ; rue de non-Juifs : ne pas courir
À FAIREFenêtres
Maison avec fenêtres ; douze si possible, dont du côté de Jérusalem ; si la kavana tombe, lever les yeux au ciel
À FAIREÊtre des dix premiers
Zohar Nasso : dix viennent ensemble ; attendre qui est entré avec soi ; piété même s’il ne finira pas avec eux. L’Ari n’était pas des premiers : maladie + devoir arriver déjà enveloppé du talit et des tefilin
À FAIRES’éloigner d’une souillure
Même déjà debout en tefila : quatre amot devant soi ; Torah et toute parole sainte pareil
À ÉVITERLieu élevé de trois tefahim
Frayeur de tomber + « Des profondeurs je T’ai appelé » ; bimah neuve sans parois : interdit
À ÉVITERChamp, ruine, découvert
Zohar : précisément une maison ; ruine : soupçon, écroulement, démons — mieux la route qu’une ruine
À ÉVITERDos à la synagogue
Air de deux souverainetés ou « leur dos vers le palais » ; strict même au Chema et Pessouqé deZimra (Peri Meguadim)
À ÉVITERDevancer le tsibbour sur place
Mépris du tsibbour ; sortir et prier chez soi si l’on doit hâter (voyage, étude)
À ÉVITERMauvais voisin
Habiter près de la synagogue et n’y pas entrer ; qui se lève tôt et s’y attarde mérite longue vie
À ÉVITERCourir dans la synagogue
Marcher dans la crainte ; en sortant vers ses affaires : pas de grande enjambée (fardeau apparent)
À ÉVITERInterposition devant le mur
Mitsva de choix (‘Hizqiyahou) ; dessins à hauteur de visage ; miroir (air de se prosterner)
À ÉVITERÀ côté, derrière ou devant son maître
Orgueil, prosternation apparente, ou le peiner pour les trois pas ; père selon ‘Hayé Adam
OUIVieillard, malade, chalia’h tsibbour
Lieu élevé permis (se faire entendre ; pas d’orgueil) ; aujourd’hui le pupitre est plus bas
OUIVoyageurs dans un champ
Permis ; mieux parmi les arbres si le retard n’est pas pénible
OUIRuine saine dans un champ, à deux
Pas de soupçon ni d’écroulement ; torche = deux, lune = trois contre les démons
OUIFace tournée vers la synagogue
Côté ouest / portes ; ezrat nachim à l’est = pièce, pas « dos » ; mieux construire les cours ailleurs
OUIAnos, perte d’argent, cœur faible
Yahid permis ; manque à gagner n’est pas perte de poche — on ne quitte pas le tsibbour pour un bénéfice
OUIQuatre milles devant soi / un mil derrière
Aller au minyan le matin si le soleil reste ; pas la nuit ; caravane qui n’attend pas : on part
OUIShtender, bancs, lits fixes
Besoin de tefila ou chose fixe : pas une interruption ; hors quatre amot : autre domaine (Peri Meguadim)
OUIQuatre amot du maître
Devant : quatre amot exactes ; derrière : quatre amot et trois pas ; almemar = autre domaine
OUICrachat hors des dix-huit
Écraser du pied ou couvrir de jonc ; réglisse avant d’entrer (pas veille de Kippour ni 9 Av)
NONMaison sans fenêtres contre une plaine
Mieux la maison (insolence du découvert)
NONMoussaf à l’heure du Cha’harit du tsibbour
Ce n’est pas « à l’heure du tsibbour » sauf s’il prie avec eux dans la synagogue
NONArvit anticipé en village (Achkenaz)
Le yahid attend la sortie des étoiles
NONEnfant qui souille à la synagogue
Interrompre par la parole seulement pour sauver d’un issur de Torah, et s’il n’a pas de quoi couvrir
REMABa’h et Taz contre Elya Rabba sur moins de trois tefahim. Tossafot : bord de route sans passant — Bet Yossef récuse ; Zohar exige une maison. Yad Eliahou / Maamar Mordekhaï : divergences sur « derrière la synagogue ». Prisonnier qui n’a qu’un jour de minyan : le faire tout de suite (Radbaz). Gra : Torah comme métier, pas d’exigence de dix. Siman 97 (crachat aux dix-huit), 102 (pas dans les quatre amot), 110 (tefila brève), 114 (malade au tsibbour).
On prie bas, dans une maison à fenêtres, face à la synagogue, avec le tsibbour — le bet midrash public encore davantage. Place fixe, pas d’interposition inutile, distance du maître, éloignement immédiat de l’impureté. La route et la ruine ne sont que des pis-aller.

Glossaire

téfa'him
palmes (mesure de largeur, environ 8 cm)
lekhathila
a priori
chalia'h tsibbour
officiant qui descend devant le pupitre
bimah
estrade de la synagogue
chamach
bedeau de la synagogue
heikhal
arche sainte, mur vers lequel on prie
ezrat nachim
cour ou tribune des femmes
minyan
quorum de dix hommes majeurs
anos
contraint
av bet din
président du tribunal rabbinique
oulam
vestibule du Temple devant le heikhal
teiva
pupitre ou arche
chtender
petit pupitre individuel
almemar
estrade de lecture de la Torah
mille
mille talmudique (environ un kilomètre)
Pessouqé deZimra
versets de louange avant le Chema

(א) ואפילו וכו' - מפני שכשהוא עומד עליהם הוא טרוד וירא שמא יפול ולא יוכל לכוין בתפלתו ולפ"ז מה שהתירו בסמוך בזקן וחולה אף דאין בו משום גבהות מ"מ יאסר לעמוד מחמת ביעתותא צ"ל הטעם דלא הטריחוהו חכמים והתירוהו להתפלל עליהם במה שייטב לו בישיבה או בעמידה או י"ל דמיירי שם בגווני דליכא ביעתותא:

Et même etc. — Parce que, debout dessus, il est préoccupé et craint de tomber, et ne pourra pas fixer sa kavana dans sa tefila. Dès lors, ce qu'on a permis tout près pour le vieillard et le malade, bien qu'il n'y ait pas [en eux] d'orgueil, devrait néanmoins être interdit de se tenir [là] à cause de la frayeur. Il faut dire que la raison est que les Sages ne les ont pas peinés et leur ont permis de prier dessus de la façon qui leur convient le mieux, assis ou debout ; ou l'on dira que là-bas il s'agit de cas où il n'y a pas de frayeur.

(ב) אינן גבוהין ג' - והב"ח והט"ז מתירין אבל הא"ר פוסק כהש"ע:

Ils n'ont pas trois [téfa'him] de haut — Le Ba'h et le Taz le permettent ; mais l'Elya Rabba tranche comme le Choul'han Aroukh.

(ג) ולא ע"ג וכו' - לפי שאין גבהות לפני המקום שנא' ממעמקים קראתיך ה':

Ni sur etc. — Parce qu'il n'y a pas d'élévation devant le Lieu, ainsi qu'il est dit : « Des profondeurs je T'ai appelé, ה'. »

(ד) זקן או חולה - שקשה לו לירד מעל המטה:

Un vieillard ou un malade — À qui il est difficile de descendre du lit.

(ה) להשמיע לצבור - דמותר לו לעמוד ע"ג מקום גבוה ואפילו ע"ג כסא או ספסל ואין בזה משום גבהות ויש מן האחרונים שכתבו דהיכא דיש בו משום ביעתותא אפילו להשמיע לצבור אסור. כתב המ"א שעכשיו נהגו שהמקום שהש"ץ עומד עליו הוא עמוק משאר בהכ"נ משום ממעמקים קראתיך ה' ולכן נקרא הש"ץ בכ"מ יורד לפני התיבה:

Pour se faire entendre du tsibbour — Il lui est permis de se tenir sur un lieu élevé, même sur une chaise ou un banc, et il n'y a pas en cela d'orgueil. Certains A'haronim ont écrit que là où il y a frayeur, même pour se faire entendre du tsibbour c'est interdit. Le Magen Avraham a écrit qu'aujourd'hui on a coutume que l'endroit où se tient le chalia'h tsibbour soit plus bas que le reste de la synagogue, à cause de « Des profondeurs je T'ai appelé, ה' » ; c'est pourquoi le chalia'h tsibbour est appelé partout « celui qui descend devant le pupitre ».

(ו) מקום גבוה וכו' - פי' אפילו הוא ארעא סמיכתא וגובה ג"ט אסור לעמוד עליו להתפלל אבל פחות מזה אין גבהו ניכר:

Un lieu élevé etc. — C'est-à-dire : même si c'est un sol compact et que la hauteur est de trois téfa'him, il est interdit de s'y tenir pour prier ; mais moins que cela, sa hauteur n'est pas perceptible.

(ז) מוקף מחיצות - ובימה חדשה שבבהכ"נ שעדיין לא הוקפה מחיצות פשוט דאסור להתפלל עליה ומיהו לענין שמש שמקומו לעמוד שם בקביעות לצרכי בהכ"נ נראה דמותר כמו לענין אומנין בס"ג [פמ"ג]:

Entouré de parois — Une bimah neuve dans la synagogue qui n'a pas encore été entourée de parois : il est évident qu'il est interdit d'y prier. Toutefois, pour le chamach dont la place est de s'y tenir de façon fixe pour les besoins de la synagogue, il semble que ce soit permis, comme pour les artisans au seif 3 [Peri Mégadim].

(ח) או חלונות - ואפילו בבהכ"נ כשמתפלל עם הצבור נכון ליזהר בזה וכ"ש כשמתפלל בבית ביחידי דצריך ליזהר בזה לכתחילה וכדאיתא בגמרא דלא יתפלל אדם אלא בבית שיש בו חלונות ואע"ג דצריך שיתן עיניו למטה וכמ"ש סימן צ"ה ס"ב ומה נ"מ בהחלונות מ"מ כשנתבטלה כוונתו ישא עיניו לשמים לעורר הכוונה:

Ou des fenêtres — Même à la synagogue, quand on prie avec le tsibbour, il est juste d'y veiller ; à plus forte raison quand on prie chez soi en yahid, il faut y veiller a priori (lekhathila), comme il est dit dans la Guemara : qu'un homme ne prie que dans une maison qui a des fenêtres. Bien qu'il doive tenir les yeux en bas, comme il est écrit au siman 95 seif 2, et que dès lors quel intérêt aux fenêtres ? Néanmoins, si sa kavana s'est interrompue, qu'il lève les yeux vers le ciel pour éveiller la kavana.

(ט) י"ב חלונות - לאיזה צד שירצה ובתנאי שיהיה גם בצד שמתפלל לקבל ירושלים [פמ"ג]:

Douze fenêtres — Du côté qu'il voudra, à condition qu'il y en ait aussi du côté où il prie pour recevoir [la direction de] Jérusalem [Peri Mégadim].

(י) לא יתפלל - ובגמרא איתא דחצוף הוא מי שעובר ע"ז וכתב הפמ"ג דע"כ אם נזדמן לו בית שאין בו חלונות ובקעה טוב יותר להתפלל בבית שאין בו חלונות:

Il ne priera pas — Dans la Guemara il est dit qu'il est insolent, celui qui transgresse cela. Le Peri Mégadim a écrit : c'est pourquoi si on lui a présenté une maison sans fenêtres et une plaine, mieux vaut prier dans la maison sans fenêtres.

(יא) במקום פרוץ - והנה לחד תירוצא דתוספות אם הוא עומד בצד הדרך במקום שאין מתיירא שיפסיקוהו עוברי דרכים שרי אך בב"י ממאן בדבריהם והנה אף שהמ"א ושארי אחרונים מיישבים לדברי התוס' מ"מ כתבו שבזוהר משמע שיש להתפלל דוקא בבית. ועוברי דרכים לכ"ע מותרים להתפלל בשדה ומ"מ כשיש שם אילנות טוב יותר שיעמוד שם ביניהם ויתפלל אם אין קשה עליו איחור דרכו דמקום צנוע הוא קצת עי"ז וכשהוא בביתו אין לסמוך ע"ז:

En un lieu découvert — Selon une explication des Tossafot, s'il se tient au bord du chemin en un lieu où il ne craint pas d'être interrompu par les passants, c'est permis. Mais le Bet Yossef récuse leurs paroles. Bien que le Magen Avraham et d'autres A'haronim justifient les paroles des Tossafot, ils ont néanmoins écrit qu'il ressort du Zohar qu'il faut prier précisément dans une maison. Les voyageurs, selon tous les avis, ont le droit de prier dans un champ ; toutefois s'il y a là des arbres, mieux vaut qu'il se tienne parmi eux et prie, si le retard de son chemin ne lui est pas pénible, car c'est un lieu un peu retiré grâce à cela. Chez soi, on ne s'appuiera pas là-dessus.

(יב) כמו בשדה - ובמקום שהוא מוקף מחיצות אע"פ שאינו מקורה שפיר דמי:

Comme dans un champ — En un lieu entouré de parois, même s'il n'est pas couvert, c'est bien.

(יג) ולא בחורבה - מוכח בגמרא דמוטב להתפלל בדרך מבחורבה ואפילו היכא דליכא בה כ"א טעם אחד ואם הוא מתיירא שיפסיקוהו עוברי דרכים יתפלל תפלה קצרה עיין סימן ק"י:

Ni dans une ruine — Il ressort de la Guemara qu'il vaut mieux prier en chemin que dans une ruine, même là où il n'y a qu'une seule des raisons. S'il craint d'être interrompu par les passants, qu'il prie une tefila brève ; voir siman 110.

(יד) מפני חשד - שיחשדוהו שיש לו זונה מוכנת שם ואם החורבה עומדת בשדה אין לחוש בה לחשד שאין זונה מצויה בשדה וה"ה אם אשתו עמו ג"כ ליכא למיחש לחשד ואם היא חורבה בריאה וחזקה ליכא למיחש בה למפולת ואם שנים נכנסין בה אין לחוש למזיקין שלאחד נראה ומזיק ולשנים נראה ואינו מזיק ולג' אין נראה כלל אם לא במקום שידוע שרגילין שם מזיקין ואבוקה כשנים וירח כשלשה לפיכך אם הם שנים מותר ליכנס בה אם היא בריאה וחזקה ועומדת בשדה [פמ"ג]:

À cause du soupçon — Qu'on le soupçonne d'avoir une femme de mauvaise vie préparée là. Si la ruine se tient dans un champ, il n'y a pas à craindre le soupçon, car une telle femme n'est pas fréquente dans un champ. De même si sa femme est avec lui, il n'y a pas non plus à craindre le soupçon. Si la ruine est saine et solide, il n'y a pas à craindre l'écroulement. Si deux y entrent, il n'y a pas à craindre les démons : à un seul [le démon] apparaît et nuit, à deux il apparaît et ne nuit pas, à trois il n'apparaît pas du tout — sauf en un lieu dont on sait que les démons y sont habitués. Une torche compte pour deux, et la lune pour trois. Dès lors, s'ils sont deux, il est permis d'y entrer si elle est saine et solide et se tient dans un champ [Peri Mégadim].

(טו) אחורי בהכ"נ - בתשובת יד אליהו סימן ז' כתב דנ"ל מה שאמרו גבי המתפלל אחורי בהכ"נ לא שייך אלא דוקא כשהצבור מתפללים תפילת י"ח והוא ג"כ מתפלל י"ח עי"ש ובספר מאמר מרדכי חולק עליו:

Derrière la synagogue — Dans les responsa Yad Eliahou siman 7, il a écrit qu'il lui semble que ce qu'on a dit au sujet de celui qui prie derrière la synagogue ne s'applique que précisément quand le tsibbour prie la tefila de dix-huit et que lui aussi prie les dix-huit ; voir là-bas. Le livre Maamar Mordekhaï le contredit.

(טז) הקהל - כלומר דמיירי במתפלל באותו צד שהפתח פתוח שם דהיינו בצד מערב לפיכך אם מחזיר פניו כלפי בהכ"נ נמצא שמתפלל לאותו צד שהצבור מתפללין וע"כ לא נקרא רשע אבל אם מחזיר פניו מבהכ"נ נמצא מתפלל היפך מהצבור שהם מתפללין למזרח והוא למערב וע"כ נקרא רשע שנראה כשתי רשויות ח"ו ולפי פירוש זה אם עומד אחורי בהכ"נ בצד מזרח והופך מבהכ"נ ומתפלל לצד מזרח כמו שהצבור מתפללין ג"כ אינו נקרא רשע:

La communauté — C'est-à-dire qu'il s'agit de qui prie du côté où la porte est ouverte, c'est-à-dire du côté ouest. Dès lors, s'il tourne son visage vers la synagogue, il se trouve prier du côté où le tsibbour prie ; c'est pourquoi on ne l'appelle pas méchant. Mais s'il tourne son visage loin de la synagogue, il se trouve prier à l'inverse du tsibbour, qui prie vers l'est tandis que lui prie vers l'ouest ; c'est pourquoi on l'appelle méchant, car cela a l'air de deux souverainetés, chalila. Selon cette explication, s'il se tient derrière la synagogue du côté est et se détourne de la synagogue et prie vers l'est, comme le tsibbour prie aussi, on ne l'appelle pas non plus méchant.

(יז) בהיפך - הוא דעת ר"י הובא בתוס' שם דמפרש אחורי בהכ"נ היינו אחורי כותל מזרחי שאין שם פתחים וכשעומד אחורי אותו כותל ואחוריו כלפי הכותל אע"פ שפניו כלפי רוח מזרח ונמצא מתפלל לרוח שכל הצבור מתפללין אפ"ה נקרא רשע כי הוא מכלל אותם שנאמר עליהם ואחוריהם אל היכל ד' אבל אם מהדר אפיה לבי כנישתא אע"פ שנמצא שהוא מתפלל כלפי רוח מערב וכל הקהל כנגד רוח מזרח לית לן בה כיון שכל הקהל מתפללין כלפי כותל מזרחי ששם ההיכל והוא פניו ג"כ כלפי אותו הכותל אין לחוש:

À l'inverse — C'est l'avis de Rabbi Yits'haq rapporté dans les Tossafot là-bas, qui explique « derrière la synagogue » : derrière le mur est, où il n'y a pas de portes. Quand il se tient derrière ce mur, le dos vers le mur, bien que son visage soit vers le vent d'est et qu'il se trouve prier vers le vent où tout le tsibbour prie, on l'appelle néanmoins méchant, car il est de ceux dont il est dit : « et leur dos était vers le palais de ה'. » Mais s'il tourne son visage vers la synagogue, bien qu'il se trouve prier vers le vent d'ouest et toute la communauté vers le vent d'est, peu nous importe : puisque toute la communauté prie vers le mur est où se trouve le heikhal, et que son visage aussi est vers ce mur, il n'y a pas à craindre.

(יח) שניהם - שלא יתפלל אלא במערב ויחזיר פניו לבהכ"נ ואף דזה מותר לכ"ע מ"מ לא שרי אלא מדוחק הלא"ה מצוה להתפלל בבהכ"נ כמ"ש בסעיף ט':

Les deux — Qu'il ne prie qu'à l'ouest et tourne son visage vers la synagogue. Bien que cela soit permis selon tous les avis, ce n'est permis que par détresse ; autrement, c'est une mitsva de prier à la synagogue, comme il est écrit au seif 9.

(יט) בשאר צדדים - דהיינו בצפון או בדרום ומיירי בשאי אפשר לו להפוך פניו למזרח כגון שיש צואה לפניו כמלא עיניו הא לאו הכי עדיף טפי שיהפוך פניו למזרח ומ"מ גם בכל זה לא שרי אלא מדוחק כמש"כ בס"ק הקודם:

Des autres côtés — C'est-à-dire au nord ou au sud. Il s'agit d'un cas où il ne peut pas tourner son visage vers l'est, par exemple s'il y a une souillure devant lui à portée de vue ; autrement, mieux vaut qu'il tourne son visage vers l'est. Toutefois, en tout cela aussi ce n'est permis que par détresse, comme écrit au seif qatan précédent.

(כ) שיחזיר פניו - כדי שלא יהיה אחוריו נגד בהכ"נ ואף שאכתי אינו מתפלל לרוח שהצבור מתפללין מ"מ כיון שאינו מתפלל בהיפך לית לן בה וכ"ז כשעומד בצפון בהכ"נ או בדרומו אבל כשעומד במזרחו או במערבו אסור אף אם רוצה להטות עצמו לצפונו או לדרומו:

Qu'il tourne son visage — Afin que son dos ne soit pas contre la synagogue. Bien qu'il ne prie pas encore vers le vent où le tsibbour prie, néanmoins, puisqu'il ne prie pas à l'inverse, peu nous importe. Tout cela quand il se tient au nord de la synagogue ou à son sud ; mais s'il se tient à son est ou à son ouest, c'est interdit même s'il veut s'incliner vers son nord ou son sud.

(כא) לבהכ"נ - וה"ה בעזרות הבנויות בכותל מזרחי שרי להתפלל שם דחדר הוא ואין נראה כאחוריו לבית הכנסת וכ"כ השכנה"ג שראה קהלות רבות שעזרותיהם לצד מזרח ומתפללין ופניהם כלפי מזרח ואחוריהם כלפי כותל מזרחי שבבהכ"נ ומ"מ יותר טוב בעת שבונים העזרות לעשותו בצד אחר לא בצד מזרח כי יש מפקפקים בזה עיין בא"ר:

Vers la synagogue — De même dans les cours [ezrat nachim] bâties contre le mur est, il est permis d'y prier, car c'est une pièce et cela n'a pas l'air d'avoir le dos à la synagogue. Ainsi a écrit le Cheyaré Knesset Haguédola : il a vu de nombreuses communautés dont les cours sont du côté est, et l'on prie le visage vers l'est et le dos vers le mur est de la synagogue. Toutefois, mieux vaut, quand on construit les cours, les faire d'un autre côté, non du côté est, car certains en doutent ; voir l'Elya Rabba.

(כב) בצד שהפתח וכו' - עיין בביאור הגר"א:

Du côté où la porte etc. — Voir le Biour du Gra.

(כג) שהצבור מתפללים - עיין בפמ"ג שיש להחמיר אפילו בעת ק"ש ופסוקי דזמרה:

Que le tsibbour prie — Voir le Peri Mégadim : il faut être rigoureux même au moment du Chema et des Pessouqé deZimra.

(כד) או שלבוש וכו' - דנראה שעול מלכותו עליו ולא יבואו לחשדו:

Ou qu'il porte etc. — Car on voit que le joug de Sa royauté est sur lui, et l'on ne viendra pas le soupçonner.

(כה) או שיש ב"ה וכו' - נ"ל דה"ה אם רגילין בבהכ"נ הזה לעשות כמה מנינים ג"כ שרי דלא יבואו לחשדו:

Ou qu'il y a une [autre] synagogue etc. — Il me semble que de même si l'on a l'habitude dans cette synagogue de faire plusieurs minyanim, c'est aussi permis, car on ne viendra pas le soupçonner.

(כו) או שרוכב - שניכר שמפני שהוא טרוד בשמירת הבהמה אינו נכנס:

Ou qu'il est à cheval — Il est visible que, préoccupé de garder la bête, il n'entre pas.

(כז) להתפלל בבהכ"נ - ואפילו אם יש לו עשרה בביתו ישתדל בבהכ"נ ועיין בסי"ח במ"ב ס"ק נ"ד:

Prier à la synagogue — Même s'il a dix chez lui, qu'il s'efforce [d'aller] à la synagogue. Voir au seif 18, Michna Beroura seif qatan 54.

(כח) עם הצבור - מפני שאין הקב"ה מואס בתפלת הצבור ואפילו היה בהם חוטאים לא ימנע מלהתפלל עמהם. אם יש לו שתי בתי כנסיות ואחד יש בו ברוב עם מצוה להתפלל בו יותר. כתבו האחרונים דאם יש בבהכ"נ של רוב עם רוב בלבול ואין אדם שומע לא תפלה ולא קה"ת מוטב להתפלל בביתו בעשרה. ובהכ"נ ביחיד ובביתו בעשרה תפלת צבור עדיף ואפילו יכול לשמוע קדיש וברכו אפ"ה תפלת צבור עדיף [פמ"ג]. ועיקר תפלה בצבור הוא תפלת י"ח דהיינו שיתפללו עשרה אנשים שהם גדולים ביחד ולא כמו שחושבין ההמון שעיקר להתפלל בעשרה הוא רק לשמוע קדיש וקדושה וברכו ולכן אינם מקפידין רק שיהיו י' בבהכ"נ וזהו טעות ולכן חוב על האדם למהר לבוא לבהכ"נ כדי שיגיע להתפלל י"ח בצבור [ח"א]. מי שהולך בשבת ויו"ט בהשכמה להתפלל במנין עשרה כי רוב צבור מאחרים תפלתם ובאותו מנין מתפללים גם תפלת מוסף תיכף אחר תפלת שחרית ויש זמן אח"כ לילך לבהכ"נ יותר טוב לילך להתפלל מוסף עם הצבור בבהכ"נ דברוב עם הדרת מלך כ"כ בתשובת יד אליהו סימן מ"ב ודוקא אם מקום מיוחד לתפלתו הוא בבהכ"נ אבל אם אין מקומו מיוחד להתפלל בבהכ"נ טוב יותר שיתפלל כל התפלה במקום אחד. כתב בתשובת רדב"ז תפוס שהשר נתן לו רשות יום אחד להתפלל עם הצבור במנין איזה יום שירצה יתפלל אותו יום תיכף ולא יחמיץ המצוה להמתין על יום כיפור או פורים ועיין בח"א כלל ס"ח ובנשמת אדם שהאריך בכמה פרטים שיש בענין זה:

Avec le tsibbour — Parce que le Saint, béni soit-Il, ne méprise pas la tefila du tsibbour, et même s'il y avait parmi eux des pécheurs, qu'on ne s'abstienne pas de prier avec eux. S'il a deux synagogues et que l'une a une foule nombreuse, c'est une mitsva d'y prier davantage. Les A'haronim ont écrit : si dans la synagogue à foule nombreuse il y a beaucoup de trouble et que personne n'entend ni la tefila ni la lecture de la Torah, mieux vaut prier chez soi à dix. Une synagogue en yahid et chez soi à dix : la tefila du tsibbour l'emporte ; même s'il peut entendre Kaddish et Barékhou, néanmoins la tefila du tsibbour l'emporte [Peri Mégadim]. L'essentiel de la tefila avec le tsibbour, c'est la tefila de dix-huit, c'est-à-dire que dix hommes majeurs prient ensemble, et non comme le pense le vulgaire, que l'essentiel de prier à dix n'est que d'entendre Kaddish, Qedoucha et Barékhou, et qui de ce fait ne tiennent qu'à ce qu'il y ait dix à la synagogue : c'est une erreur. C'est pourquoi c'est une obligation pour l'homme de se hâter de venir à la synagogue afin d'arriver à prier les dix-huit avec le tsibbour [Hayé Adam]. Qui va le Chabbat et Yom Tov de grand matin prier dans un minyan de dix, parce que la plupart du tsibbour retarde sa tefila, et que dans ce minyan on prie aussi Moussaf tout de suite après cha'harit, et qu'il reste ensuite du temps pour aller à la synagogue : mieux vaut aller prier Moussaf avec le tsibbour à la synagogue, car « dans la multitude du peuple est la gloire du roi » ; ainsi dans les responsa Yad Eliahou siman 42. Seulement si le lieu fixé pour sa tefila est à la synagogue ; mais s'il n'a pas de lieu fixé pour prier à la synagogue, mieux vaut qu'il prie toute la tefila en un seul endroit. Il est écrit dans les responsa du Radbaz : un prisonnier à qui le prince a donné permission un jour de prier avec le tsibbour en minyan, quel que soit le jour qu'il voudra, qu'il prie ce jour-là tout de suite et qu'il ne laisse pas aigrir la mitsva en attendant Kippour ou Pourim. Voir le Hayé Adam klal 68 et le Nichmat Adam, qui a développé plusieurs détails de ce sujet.

(כט) אנוס - היינו שתש כחו אף שאינו חולה. ואם הוא אונס ממון שמחמת השתדלותו להתפלל עם הצבור יבוא לידי הפסד יכול להתפלל בביתו ביחיד או בבהכ"נ בלא צבור אבל משום מניעת ריוח לא ימנע מלהתפלל עם הצבור דחילוק יש בין מניעת ריוח לבין הפסד מכיסו וכ"כ בשם יעקב והעיד על הגאון מוה' זלמן מירל"ש אב"ד דק"ק האמבורג שפעם אחת הלך לבהכ"נ מעוטף בטלית ותפילין כדרכו ופגע בו אדם אחד שהיה לו למכור אבנים טובות ורצה שילך עמו לביתו והגאון השיב לו שימתין עד שיבוא מבהכנ"ס ובתוך כך מכרן לאחר והאחר הרויח בהם כמה אלפים ר"ט ושמח הגאון שמחה גדולה שהשליך מנגד ממון רב עבור תפלת צבור [מגן גבורים] וכ"כ בספר אליהו רבא בשם תשובת ב"י דיש לקנוס האנשים שמונעים לילך לבהכ"נ משום שעוסקין בתורה או משום שמשתכרין ממון. ולעשירים יש לקנוס יותר ובעל תורה אף שעוסק בלימוד מ"מ איכא חשדא וחילול השם כמש"כ סי"ח:

Contraint (anos) — C'est-à-dire que ses forces sont épuisées, même s'il n'est pas malade. S'il y a contrainte d'argent, c'est-à-dire que par son effort pour prier avec le tsibbour il en viendrait à une perte, il peut prier chez lui en yahid ou à la synagogue sans tsibbour. Mais pour un manque à gagner, qu'il ne s'abstienne pas de prier avec le tsibbour : il y a une distinction entre manque à gagner et perte de sa poche. Ainsi au Chem Yaakov, qui a témoigné du Gaon R. Zalman Mirlish, av bet din de la communauté de Hambourg : une fois il allait à la synagogue enveloppé du talit et des tefilin comme à son habitude, et un homme le rencontra qui avait à vendre des pierres précieuses et voulait qu'il l'accompagne chez lui ; le Gaon lui répondit d'attendre qu'il revienne de la synagogue ; entre-temps un autre les acheta et y gagna plusieurs milliers de reichsthaler ; le Gaon se réjouit d'une grande joie d'avoir rejeté loin de lui une somme considérable pour la tefila du tsibbour [Magen Guiborim]. Ainsi dans le livre Elya Rabba au nom d'une responsum du Bet Yossef : il faut mettre à l'amende les gens qui s'abstiennent d'aller à la synagogue parce qu'ils s'occupent de Torah ou parce qu'ils gagnent de l'argent. Pour les riches, l'amende sera plus forte ; et un maître de Torah, même s'il s'occupe d'étude, il y a néanmoins soupçon et profanation du Nom, comme écrit au seif 18.

(ל) יכוין להתפלל וכו' - ודוקא אם טריחא ליה מילתא לאסוף עשרה. משמע בע"א דף ד' ע"ב דאם מתפלל מוסף בשעה שהצבור מתפללין שחרית לא מיקרי בשעה שהצבור מתפללין ואם מתפלל עמהם בבהכנ"ס מיקרי תפלת הצבור:

Qu'il ait l'intention de prier etc. — Seulement s'il lui est pénible de rassembler dix. Il ressort de Eruvin 4b que s'il prie Moussaf à l'heure où le tsibbour prie cha'harit, cela ne s'appelle pas « à l'heure où le tsibbour prie » ; mais s'il prie avec eux à la synagogue, cela s'appelle tefila du tsibbour.

(לא) יתפללו שחרית - ובימות הקיץ שהצבור מאחרים תפלת שחרית והדר בישוב אסור אפילו ללמוד כמש"כ סימן פ"ט ס"ו וסימן רל"ב שמא ימשוך בלימודו ויעבור זמן תפלה וא"כ יתבטלו זמן ארוך לכן מוטב שיתפלל תיכף בהנץ החמה ומכ"ש כהיום דבקהלות גדולות מתפללין תיכף משהאיר הבוקר וא"כ לעולם הוא בשעה שהצבור מתפללין:

Qu'ils prient cha'harit — Aux jours d'été, où le tsibbour retarde la tefila de cha'harit, celui qui habite un village a même interdit d'étudier, comme écrit au siman 89 seif 6 et au siman 232, de peur qu'il se prolonge dans son étude et que le temps de la tefila passe ; dès lors ils resteraient longtemps oisifs. Mieux vaut donc qu'il prie tout de suite au nets ha'hama. À plus forte raison aujourd'hui, dans les grandes communautés on prie dès que le matin s'est éclairé, et ainsi il est toujours à l'heure où le tsibbour prie.

(לב) בזמן שהצבור - פי' בשעת שקהלות ישראל מתפללים. ובאשכנז שנהגו להקדים ערבית כמש"כ סימן רל"ה יחיד הדר בכפר או בדרך צריך להמתין עד צאת הכוכבים:

Au temps où le tsibbour — C'est-à-dire à l'heure où les communautés d'Israël prient. En Achkenaz, où l'on a coutume d'avancer arvit comme écrit au siman 235, un yahid qui habite un village ou est en chemin doit attendre jusqu'à la sortie des étoiles.

(לג) אעפ"כ וכו' - מפני שהוא מקום קבוע לקדושה ותפלתו מתקבלת שם יותר. ופשוט דאם הוא ת"ח ויש חשש חילול השם כשיבוא אחר התפלה בבהכ"נ דיתפלל בביתו:

Néanmoins etc. — Parce que c'est un lieu fixé pour la sainteté, et sa tefila y est davantage agréée. Il est évident que s'il est talmid 'hakham et qu'il y a crainte de profanation du Nom s'il vient après la tefila à la synagogue, qu'il prie chez lui.

(לד) עם הצבור אסור - אע"ג דבסעיף הקודם כתב דאפילו הוא בביתו יכוין לשעה שהצבור מתפללין היינו כדי שתהא תפלתו נשמעת אבל איסורא ליכא אי מקדים לתפילת צבור אבל כשעומד עם הצבור ומקדים איסורא נמי איכא ועיין באורחות חיים שכתב הטעם מפני שהוא כמבזה את הצבור ומשמע בגמרא דאפילו אם הוא רוצה לעשות זה בשביל לימוד התורה כגון שיש לו שיעור קבוע ללמוד תורה אצל אחד. כתב הב"ח דאם צריך הוא למהר תפלתו כגון שיוצא לדרך יצא מבהכ"נ ויתפלל בביתו ואפשר דבשביל לימוד התורה ג"כ מותר לעשות כן וכן משמע בספר מאמר מרדכי אך שם איירי לענין תפילת מוסף ואפשר דה"ה לענין שחרית ועיין לקמן בסי"ח:

Avec le tsibbour, c'est interdit — Bien qu'au seif précédent il ait écrit que même chez lui il visera l'heure où le tsibbour prie, c'est afin que sa tefila soit entendue ; mais il n'y a pas d'interdit s'il devance la tefila du tsibbour. En revanche, quand il se tient avec le tsibbour et devance, il y a aussi un interdit. Voir Or'hot 'Haïm, qui a écrit la raison : c'est comme s'il méprisait le tsibbour. Il ressort de la Guemara que même s'il veut le faire pour l'étude de la Torah, par exemple s'il a une mesure fixe d'étude de Torah chez quelqu'un. Le Ba'h a écrit : s'il a besoin de hâter sa tefila, par exemple s'il part en voyage, qu'il sorte de la synagogue et prie chez lui ; et il se peut que pour l'étude de la Torah aussi il soit permis de faire ainsi. De même il ressort du livre Maamar Mordekhaï ; mais là-bas il s'agit de la tefila de Moussaf, et il se peut que de même pour cha'harit. Voir plus bas au seif 18.

(לה) להקדים תפלתו - ואפילו רוצה לצאת חוץ לבהכ"נ כ"כ המ"א בשם הריב"ש אבל בספר מאמר מרדכי כתב דאין מדברי הריב"ש ראיה ומסיק דאין בו איסור דמקדים תפלתו אלא דלאו שפיר עביד דמפסיד מיהא תפלת הצבור:

Devancer sa tefila — Même s'il veut sortir hors de la synagogue ; ainsi le Magen Avraham au nom du Rivach. Mais le livre Maamar Mordekhaï a écrit qu'il n'y a pas de preuve dans les paroles du Rivach, et conclut qu'il n'y a pas l'interdit de « devancer sa tefila », seulement que ce n'est pas bien fait, car enfin il perd la tefila du tsibbour.

(לו) השעה עוברת - משמע דאז אפילו בבהכ"נ שרי וכן מוכח לשון תר"י והב"ח פסק דוקא שהזמן קצר כ"כ שבעוד שילך לביתו יעבור זמן תפלה אבל אם יש זמן ילך לביתו ויתפלל ביחיד ע"ש. איתא בגמרא דאם חלש לבו יכול להתפלל בביתו קודם הצבור ובבהכ"נ אף זה אסור ועיין סימן קי"ד ס"ב דאם הוא חולה או אנוס אף בבהכ"נ שרי כ"כ הב"ח והפרישה שם:

L'heure passe — Il ressort qu'alors même à la synagogue c'est permis. De même le langage des Talmidé Rabénou Yona. Le Ba'h a tranché : seulement si le temps est si court que, le temps d'aller chez lui, le temps de la tefila passerait ; mais s'il y a du temps, qu'il aille chez lui et prie en yahid ; voir là-bas. Il est dit dans la Guemara que s'il a le cœur faible, il peut prier chez lui avant le tsibbour ; et à la synagogue, même cela est interdit. Voir siman 114 seif 2 : s'il est malade ou contraint, même à la synagogue c'est permis ; ainsi le Ba'h et le Pericha là-bas.

(לז) שיש לו וכו' - ואם יש שתי בתי כנסיות בעיר טוב לילך להרחוקה כי שכר פסיעות יש:

Qui a etc. — S'il y a deux synagogues en ville, il est bon d'aller à la plus éloignée, car il y a le mérite des pas.

(לח) נקרא וכו' - דכן דרך שכנים הרעים שאין נכנסין לבית חביריהם. וע' באחרונים שכתבו שאפילו אין שם מנין עשרה דהא סתמא קתני ובפמ"ג מסתפק בזה. ואם מתפלל בביתו בעשרה בכל גווני אינו נקרא שכן רע דכל בי עשרה שכינתא שריא ומיהו עכ"פ מידי חובת בהכ"נ לא נפיק אא"כ אותו המקום שמתפללין בו קבוע לקדושה:

Est appelé etc. — Car ainsi font les mauvais voisins, qui n'entrent pas dans la maison de leurs compagnons. Voir les A'haronim, qui ont écrit que même s'il n'y a pas là de minyan de dix, car l'énoncé est général ; le Peri Mégadim en doute. S'il prie chez lui à dix, en tout cas on ne l'appelle pas mauvais voisin, car en tout [groupe de] dix la Présence réside. Toutefois, enfin, il n'est pas quitte de l'obligation de la synagogue, à moins que l'endroit où l'on prie soit fixé pour la sainteté.

(לט) שכן רע וכו' - דכתיב כה אמר ה' על כל שכיני הרעים וגו' הנני נותשם מעל אדמתם. וכל המשכים ומעריב לבהכ"נ זוכה לאריכת ימים שנאמר אשרי אדם שומע לי לשקוד על דלתותי יום יום וכתיב אחריו כי מוצאי מצא חיים וגו':

Mauvais voisin etc. — Car il est écrit : « Ainsi a dit ה' sur tous les mauvais voisins etc. : voici, Je les arrache de leur terre. » Quiconque se lève tôt et se couche tard [pour aller] à la synagogue mérite une longue vie, ainsi qu'il est dit : « Heureux l'homme qui m'écoute, à veiller à mes portes jour après jour », et il est écrit ensuite : « car qui me trouve a trouvé la vie etc. »

(מ) מצוה וכו' - שנאמר ונדעה נרדפה לדעת את ה' וגו' ומזה נלמוד דכ"ש שיש ליזהר אז שלא לעמוד באמצע הדרך להסיח עם חבירו באיזה חפצי עצמו כי עי"ז מצוי שבא אחר ברכו וקדושה. ועיין בפרישה שכתב דעיקר הריצה יהיה כשבא סמוך לבהכ"נ דשם מינכר הוא שעושה לשם מצות בהכ"נ וכתב הפמ"ג דבשחרית שהולך עם טלית ותפילין בידו תמיד מינכר הוא ומ"מ ברחוב עכו"ם לא ירוץ:

C'est une mitsva etc. — Ainsi qu'il est dit : « Et nous saurons, nous poursuivrons pour connaître ה' etc. » De là nous apprendrons qu'à plus forte raison il faut veiller alors à ne pas s'arrêter au milieu du chemin pour s'entretenir avec son compagnon de quelque affaire personnelle, car de ce fait il arrive souvent qu'on arrive après Barékhou et Qedoucha. Voir le Pericha, qui a écrit que l'essentiel de la course sera quand on arrive près de la synagogue, car là il est visible qu'on le fait pour la mitsva de la synagogue. Le Peri Mégadim a écrit : le matin, quand on va le talit et les tefilin à la main, c'est toujours visible ; toutefois dans une rue de non-Juifs on ne courra pas.

(מא) לרוץ - עד פתח בהכ"נ ובבהכ"נ עצמה אסור לרוץ אלא ילך באימה:

Courir — Jusqu'à la porte de la synagogue ; et dans la synagogue même, il est interdit de courir : qu'on marche dans la crainte.

(מב) בשבת שאסור - ואף בחול נוטל אחד מת"ק ממאור עיניו של אדם ועיין בפמ"ג:

Le Chabbat où il est interdit — Même en semaine, [une grande enjambée] enlève un cinq-centième de la lumière des yeux de l'homme. Voir le Peri Mégadim.

(מג) אסור לרוץ - ולא לפסוע פסיעה גסה לפי שמראה עצמו שעיכוב בהכ"נ דומה עליו כמשאוי בד"א כשהולך לעסקיו אבל אם יוצא ע"מ לחזור מצוה לרוץ כדי לחזור מהר וכן אם יוצא מבהכ"נ לבית המדרש כדי ללמוד תורה:

Il est interdit de courir — Et de faire une grande enjambée, parce qu'il se montre comme si le séjour à la synagogue lui était un fardeau. De quoi parle-t-on ? Quand il va à ses affaires. Mais s'il sort pour revenir, c'est une mitsva de courir afin de revenir vite. De même s'il sort de la synagogue pour le bet midrash afin d'étudier la Torah.

(מד) לרוק בבהכ"נ - פי' שלא בשעת תפילת י"ח אלא כגון ק"ש וברכותיה אבל בתפלת י"ח אסור לרוק כדלקמן סימן צ"ז ס"ב עי"ש:

Cracher à la synagogue — C'est-à-dire non au moment de la tefila de dix-huit, mais par exemple pendant le Chema et ses berakhot ; mais pendant la tefila de dix-huit, il est interdit de cracher, comme plus bas au siman 97 seif 2 ; voir là-bas.

(מה) ודורסו ברגליו - שלא יהיה מגולה מפני הכבוד והרוצה שלא ירוק תדיר בבהכ"נ ילעוס קודם כניסתו שורש מתוק שקורין לאקעריץ (ואף בבוקר שרי דלא שייך בזה גאוה וגם אין מכניס לגופו) אבל בעיה"כ ובעט"ב אסור שישאר המתיקות בפיו וכשבולע הרוק בולע המתיקות:

Et il l'écrase du pied — Afin qu'il ne soit pas à découvert, par respect. Qui ne veut pas cracher souvent à la synagogue mâchera avant d'entrer une racine douce qu'on appelle réglisse (même le matin c'est permis, car l'orgueil n'y a pas de place et on ne l'introduit pas dans le corps). Mais la veille de Kippour et au 9 Av, c'est interdit, car la douceur resterait dans la bouche, et en avalant la salive on avalerait la douceur.

(מו) מכסהו בגמי - ר"ל שאם יש תבן או גמי בבהכ"נ רוקק עליו וא"צ לשפשף שהרקיקה מכוסה בגמי:

Il le couvre de jonc — C'est-à-dire : s'il y a de la paille ou du jonc à la synagogue, il crache dessus et n'a pas besoin de frotter, car le crachat est couvert par le jonc.

(מז) כדי שימנה וכו' - ודוקא שיתפלל שם עמהם והאר"י לא היה מן הראשונים כי הוצרך לפנות שהיה לו חולי וגם כדי שילך מעוטף בטלית ותפילין לבהכ"נ וזה אי אפשר קודם היום ובזוהר נשא איתא שיתאספו עשרה ביחד ויבואו לבהכ"נ:

Afin d'être compté etc. — Seulement s'il priera là avec eux. L'Ari n'était pas des premiers, car il devait se soulager, ayant une maladie, et aussi afin d'aller enveloppé du talit et des tefilin à la synagogue, ce qui n'est pas possible avant le jour. Dans le Zohar Nasso il est dit que dix se rassemblent ensemble et viennent à la synagogue.

(מח) להמתין - דוקא אם נכנסו בשוה אבל אם נכנס יחידי בשעה שלא יוכל לסיים עמהם תפלתו אין חייב להמתין לו דכיון שרואה שלא יוכל לסיים עמהם ונכנס איגלאי מילתא שאינו מפחד אם נשאר יחידי מיהו מדת חסידות הוא להמתין אף בכה"ג:

Attendre — Seulement s'ils sont entrés ensemble ; mais s'il est entré seul à une heure où il ne pourra pas achever sa tefila avec eux, on n'est pas tenu de l'attendre : puisqu'il voit qu'il ne pourra pas achever avec eux et qu'il entre, le fait révèle qu'il n'a pas peur de rester seul. Toutefois c'est une mesure de piété de l'attendre même en ce cas.

(מט) ורוצה ללון בה - ה"ה בבוקר אם בדרך ההולכת לפניו בד' מילין יש מקום שמתפללין בעשרה ימתין עד שיגיע שם והוא שעי"ז לא יעבור זמן ק"ש ותפלה:

Et il veut y passer la nuit — De même le matin : si sur le chemin qui va devant lui, dans les quatre milles, il y a un lieu où l'on prie à dix, qu'il attende d'y arriver, à condition que de ce fait le temps du Chema et de la tefila ne passe pas.

(נ) אם לפניו - דוקא בדרך ההולכת לפניו שבלא"ה יצטרך לבסוף לילך שם אבל בצדדין דינו כמלאחריו:

S'il est devant lui — Seulement sur le chemin qui va devant lui, où de toute façon il devra à la fin y aller ; mais sur les côtés, sa loi est comme derrière lui.

(נא) לילך שם - ובאופן שלא יצטרך לילך יחידי עי"ז וגם מיירי שעוד היום גדול שאפילו אם ילך עד שם יוכל להגיע שם בעוד השמש על הארץ דאל"ה אינו מחוייב דלעולם יכנס אדם בכי טוב. ועיין בפמ"ג שכ' דבדרך אם נזדמן לו עשרה להתפלל מנחה אחר חצי שעה שאחר חצות רשאי אע"ג דבלא"ה אין כדאי לכתחילה כדאיתא בסימן רל"ג כאן מותר:

D'y aller — À condition de ne pas avoir à marcher seul de ce fait ; et il s'agit encore d'un jour grand, de sorte que même s'il va jusque-là il pourra y arriver tandis que le soleil est encore sur terre ; autrement il n'y est pas tenu, car toujours qu'un homme entre de bon [soleil]. Voir le Peri Mégadim, qui a écrit qu'en chemin, s'il lui est advenu dix pour prier min'ha une demi-heure après midi, il en a le droit, bien que de toute façon ce ne soit pas souhaitable a priori, comme il est dit au siman 233 : ici c'est permis.

(נב) ולאחריו וכו' - עיין בס"ק הקודם והיושב בביתו דינו כמלאחריו ע"כ הדר בישוב תוך מיל למקום שמתפללין בעשרה צריך לילך בכל יום בבוקר להתפלל בעשרה אבל לא בערב כי א"צ לילך בלילה בדרך בשביל מנין וזה הסעיף הוא תוכחת מגולה לאותן האנשים שהם בעיר ומתעצלים לילך לבהכ"נ להתפלל מנחה ומעריב:

Et derrière lui etc. — Voir le seif qatan précédent. Celui qui est assis chez lui a la loi de « derrière lui » ; c'est pourquoi qui habite un village à moins d'un mille d'un lieu où l'on prie à dix doit y aller chaque jour le matin pour prier à dix, mais non le soir, car on n'a pas à marcher de nuit en chemin pour un minyan. Ce seif est un reproche ouvert à ces gens qui sont en ville et se paressent d'aller à la synagogue prier min'ha et arvit.

(נג) לילך מעיר וכו' - מיירי בהולך לדבר רשות ועיין בפמ"ג שהקשה דכאן משמע דוקא אם עי"ז יתבטל אצלו תפלה בצבור ובל"ז שרי הא בלא"ה אסור לצאת לדרך קודם תפלת ח"י כדלעיל בסי' פ"ט ס"ג אך לפי מה שכתב הרמ"א שם בהג"ה ניחא דמיירי שאמר הברכות שקודם התפלה ואפ"ה אסר כאן משום ביטול תפלה בצבור:

Partir d'une ville etc. — Il s'agit de qui part pour une affaire facultative. Voir le Peri Mégadim, qui a objecté : ici il ressort que seulement si de ce fait la tefila avec le tsibbour lui manquera, et qu'autrement c'est permis ; or de toute façon il est interdit de partir en chemin avant la tefila de dix-huit, comme plus haut au siman 89 seif 3. Mais selon ce qu'a écrit le Rema là-bas dans la glose, cela s'arrange : il s'agit de qui a dit les berakhot avant la tefila, et néanmoins ici on l'interdit à cause de l'annulation de la tefila avec le tsibbour.

(נד) ושלא יהא וכו' - הא אם יש לו עתה שיירא ואינו רוצה להמתין עליו מותר:

Et qu'il n'ait pas etc. — Mais s'il a maintenant une caravane et qu'elle ne veut pas l'attendre, c'est permis.

(נה) והוא שיתפלל בי' - ואפילו אם בבהכ"נ איכא רוב עם הדרת מלך מ"מ בה"מ עדיף וה"מ למי שלומד בו וכדי שלא יבטל מלימודו לילך לבהכ"נ הא בלא"ה רוב עם עדיף כ"כ הפמ"ג ונראה פשוט דזה דוקא בבה"מ שקבוע ליחיד ללימוד דלא קבוע קדושתו כ"כ וכדמשמע ממ"א בסימן קנ"ג ס"א דבזה איירינן הכא אבל בה"מ שקבוע לרבים ללימוד התורה בוודאי קדושתו חמורה יותר מבהכ"נ ומוטב להתפלל בו בעשרה יותר מבהכ"נ שיש בו רוב עם אפילו מי שאינו לומד בו כלל וכדאיתא בגמרא דאוהב ה' שערים המצויינים בהלכה יותר מבתי כנסיות וכו' וכן משמע מכמה אחרונים:

Et c'est à condition qu'il prie à dix — Même si à la synagogue il y a « dans la multitude du peuple est la gloire du roi », néanmoins le bet midrash l'emporte. Cela vise qui y étudie, afin de ne pas s'interrompre de son étude pour aller à la synagogue ; autrement, la foule nombreuse l'emporte ; ainsi le Peri Mégadim. Il semble évident que cela ne vise qu'un bet midrash fixé pour un yahid à l'étude, dont la sainteté n'est pas tant fixée, comme il ressort du Magen Avraham au siman 153 seif 1, et c'est de cela qu'on parle ici. Mais un bet midrash fixé pour le public à l'étude de la Torah, sûrement sa sainteté est plus grave que celle de la synagogue, et mieux vaut y prier à dix que dans une synagogue à foule nombreuse, même pour qui n'y étudie pas du tout, comme il est dit dans la Guemara : ה' aime les portes marquées par la halakha plus que les synagogues etc. De même il ressort de plusieurs A'haronim.

(נו) ואינו מתבטל וכו' - ר"ל כ"א לדברים הכרחים לצרכי גופו ולימודו ע"כ אין לו ללכת לבהכ"נ אפילו אם אין שם עשרה מפני שמבטל מלימודו בשעת הליכתו ועיין בביאור הגר"א שכתב דבאופן זה שתורתו אומנתו אפילו לדעה הראשונה לא בעינן עשרה וכ"ש בלומד תורה ברבים עם תלמידים שאין לו לבטל מלימודו לילך לבי כנישתא:

Et il ne s'interrompt pas etc. — C'est-à-dire sauf pour les choses indispensables aux besoins de son corps et de son étude. C'est pourquoi il n'a pas à aller à la synagogue même s'il n'y a pas là dix, parce qu'il s'interrompt de son étude le temps d'y aller. Voir le Biour du Gra, qui a écrit qu'en ce cas, sa Torah étant son métier, même selon le premier avis on n'exige pas dix ; à plus forte raison qui enseigne la Torah en public avec des élèves n'a pas à s'interrompre de son étude pour aller à la synagogue.

(נז) שלא ילמדו וכו' - כי לא ידינוהו לכף זכות לתלות בתורתו שבשביל לימודו הוא מתפלל ביחיד רק יאמרו שאינו חושש בתפלה וידונו ק"ו על עצמם ולא יחושו כלל לתפלה:

Afin qu'ils n'apprennent pas etc. — Car on ne le jugera pas du côté du mérite en l'attribuant à sa Torah, [en disant] que c'est à cause de son étude qu'il prie en yahid ; on dira seulement qu'il ne se soucie pas de la tefila, et l'on argumentera a fortiori pour soi-même, et l'on ne se souciera plus du tout de la tefila.

(נח) בזמן שהצבור - וכן בשעת קה"ת עיין סי' קמ"ו. כתב בספר מאמר מרדכי דאם הוא כבר התפלל ואינו עומד שם אלא לענות הקדישים והקדושות מאותם שפורסים על שמע או שחוזרים כל התפלה עוסק בתורה ואינו חושש וכן מוכח מלשון הג"ה דמיירי דוקא בענין שפורש מן הצבור וכו' עי"ש:

Au temps où le tsibbour — De même au moment de la lecture de la Torah ; voir siman 146. Il est écrit dans le livre Maamar Mordekhaï : s'il a déjà prié et ne se tient là que pour répondre aux Qaddichim et aux Qedouchot de ceux qui « étendent sur Chema » ou qui répètent toute la tefila, qu'il s'occupe de Torah et ne se soucie pas. De même il ressort du langage de la glose, qui ne vise que le cas où il se sépare du tsibbour etc. ; voir là-bas.

(נט) יקבע מקום - שכן מצינו בא"א שקבע מקום לתפילתו כדכתיב וישכם אברהם בבוקר אל המקום אשר עמד שם את פני ד' וגו'. וגם כשמתפלל בביתו יקבע מקום שלא יבלבלוהו בני הבית:

Qu'il fixe un lieu — Ainsi avons-nous trouvé en Avraham notre père, qui fixa un lieu pour sa tefila, ainsi qu'il est écrit : « Avraham se leva de bon matin vers le lieu où il s'était tenu devant ה' etc. » Même quand il prie chez lui, qu'il fixe un lieu afin que les gens de la maison ne le troublent pas.

(ס) מקום קבוע - ותוך ד"א חשוב מקום אחד דא"א לצמצם:

Un lieu fixe — Et dans les quatre amot cela compte pour un seul lieu, car on ne peut pas serrer [à l'exact].

(סא) שיעור שני פתחים - עיין בב"ח שכתב שצריך לעשות עזרה לפני בהכ"נ דוגמת האולם שהיה לפני ההיכל והאריך לפרש בזה המאמר דשיעור שני פתחים וכ"כ המ"א וכן נהגו כהיום בכל מקום וע"כ טוב להדר לכתחילה שלא להתפלל בעזרה כ"א בבהכ"נ:

La mesure de deux portes — Voir le Ba'h, qui a écrit qu'il faut faire une cour devant la synagogue, à l'exemple du oulam qui était devant le heikhal, et il a longuement expliqué à ce sujet le dicton de « la mesure de deux portes ». Ainsi le Magen Avraham, et ainsi on a coutume aujourd'hui partout. C'est pourquoi il est bon de tenir a priori à ne pas prier dans la cour, seulement dans la synagogue.

(סב) ישהה שיעור וכו' - כדי שתתיישב דעתו עליו ויתפלל בכונה כי כשיתפלל תיכף בכניסתו פתאום אין דעתו מיושבת עליו. מכבדין בפתח בהכ"נ שיכנס הגדול תחלה הואיל וראוי למזוזה:

Qu'il s'attarde la mesure etc. — Afin que son esprit se pose sur lui et qu'il prie avec kavana : s'il prie tout de suite en entrant, soudainement, son esprit n'est pas posé sur lui. On honore à la porte de la synagogue en faisant entrer le plus grand d'abord, puisqu'il est digne de la mezouza.

(סג) שלא יהא דבר חוצץ - שנאמר ויסב חזקיהו פניו אל הקיר ויתפלל ומ"מ אין זה אלא למצוה מן המובחר ולית ביה איסורא כשצריך לכך מצד דוחק המקום ע"כ אם א"א בקלות להתפלל בע"א כגון לפעמים שמתפללין בעשרה באיזה חדר וא"א לכל אדם לעמוד בלי חציצה לכותל אל יעכב התפילה בשביל זה לילך לחדר אחר להתפלל ומ"מ יעצים עיניו או יתפלל מתוך הסידור ולא יביט לחוץ כדי שלא יבוא לידי ביטול כונה ע"י דבר החוצץ שלפניו:

Qu'il n'y ait rien qui interpose — Ainsi qu'il est dit : « 'Hizqiyahou tourna son visage vers le mur et pria. » Toutefois ce n'est qu'une mitsva de choix, et il n'y a pas d'interdit quand on en a besoin du fait de l'étroit du lieu. C'est pourquoi s'il n'est pas possible de prier autrement avec aisance, par exemple parfois qu'on prie à dix dans quelque pièce et qu'il n'est pas possible à chacun de se tenir sans interposition vers le mur, qu'on n'arrête pas la tefila pour cela afin d'aller dans une autre pièce prier. Toutefois qu'il ferme les yeux ou prie dans le siddour, et qu'il ne regarde pas au-dehors, afin de ne pas en venir à l'annulation de la kavana par la chose qui interpose devant lui.

(סד) בינו ובין הקיר - ואפילו אם הוא רחוק מן הקיר שעומד באמצע בהכ"נ ג"כ יש ליזהר שלא יחוץ בינו לקיר והפמ"ג מצדד לומר דאם החציצה הוא חוץ לד"א ממנו רשות אחרת היא ושרי וכן פסק המגן גבורים:

Entre lui et le mur — Même s'il est loin du mur et se tient au milieu de la synagogue, il faut aussi veiller à ce que rien n'interpose entre lui et le mur. Le Peri Mégadim penche à dire que si l'interposition est hors de ses quatre amot, c'est un autre domaine et c'est permis ; ainsi a tranché le Magen Guiborim.

(סה) ותיבה - ומטות שלנו העשויות לשכיבה ואין דרך לטלטלן ממקום למקום נקראות דבר קבוע ואינם חוצצות ויש חולקין וטוב להחמיר בדאפשר:

Et une teiva — Nos lits faits pour dormir, qu'on n'a pas l'habitude de déplacer d'un lieu à l'autre, s'appellent chose fixe et n'interposent pas. Certains contestent ; il est bon d'être rigoureux si possible.

(סו) רק בדבר גדול - עיין בט"ז דכל דבר שהוא צורך תפלה אפילו הוא גדול הרבה אינו חשוב הפסק כגון השולחן שבבית שמניחין עליו הסידור ולכן נהגו בבה"כ שיש לפני כל אחד שולחן קטן [שקורין שטענדער] שמניחין עליו הסידורים אע"פ שגבוה עשרה ורוחב ד' וכ"כ שארי אחרונים:

Seulement par une grande chose — Voir le Taz : toute chose qui est un besoin de la tefila, même si elle est très grande, ne compte pas comme interruption, par exemple la table de la maison sur laquelle on pose le siddour. C'est pourquoi on a coutume à la synagogue d'avoir devant chacun une petite table (qu'on appelle « chtender ») sur laquelle on pose les siddourim, bien qu'elle ait dix [téfa'him] de haut et quatre [téfa'him] de large. Ainsi d'autres A'haronim.

(סז) ורחבו ד' - אפילו אם אינו רחב ד' רק למעלה ולא למטה:

Et sa largeur est de quatre — Même si elle n'a quatre de large qu'en haut et non en bas.

(סח) לא חשיב הפסק - והפר"ח חולק וכן בספר מאמר מרדכי כתב דמדברי תשובת הרמב"ם שהובא בב"י לא משמע הכי ומ"מ ספסלים שבבה"כ לכו"ע לא חשיב הפסק דקבועים הם עי"ש בפר"ח:

Ne compte pas comme interruption — Le Peri 'Hadach conteste ; et dans le livre Maamar Mordekhaï il a écrit que des paroles d'une responsum du Rambam rapportée dans le Bet Yossef, il ne ressort pas ainsi. Toutefois les bancs de la synagogue, selon tous les avis, ne comptent pas comme interruption, car ils sont fixes ; voir là-bas dans le Peri 'Hadach.

(סט) שיש ליזהר מלהתפלל - כתב בספר מאמר מרדכי לכאורה יש לדקדק בזה דא"א ליזהר בזה דאיך אפשר שיהיו כל העם העומדים בבהכ"נ נגד הכותל בלא הפסקת אדם לכן נראה דאף להי"א לא הוי הפסק גמור שיהא אסור לכל אדם אלא זהירות בעלמא שיש ליזהר בדאפשר ובבה"כ וכיוצא בו דא"א בענין אחר פשיטא דמותר לכתחלה להתפלל אחורי אדם אלא שהמדקדק במעשיו יראה שיהיה לו מקום קבוע נגד הכותל עכ"ל:

Qu'il faut veiller à ne pas prier — Il est écrit dans le livre Maamar Mordekhaï : à première vue il y a à examiner cela, car il est impossible d'y veiller : comment se pourrait-il que tout le peuple debout à la synagogue soit contre le mur sans interposition d'un homme ? Dès lors il semble que même selon cet avis, ce n'est pas une interruption complète qui serait interdite à chacun, seulement une simple vigilance à observer si possible. À la synagogue et analogues, où il n'est pas possible autrement, il est évident qu'il est permis a priori de prier derrière un homme ; seulement celui qui est minutieux en ses actes verra à avoir un lieu fixe contre le mur.

(ע) אין נכון וכו' - שלא יהא מביט בציורם ולא יכוין בתפילתו אבל משום חציצה לית בבגדים ולכן אם אין מצוירים ותלוים על הכותל שרי להתפלל נגדם:

Il n'est pas convenable etc. — Afin de ne pas regarder leurs dessins et de ne pas [manquer de] fixer sa kavana dans sa tefila. Mais au titre d'interposition, il n'y en a pas dans les vêtements. C'est pourquoi s'ils ne sont pas dessinés et accrochés au mur, il est permis de prier contre eux.

(עא) ציורים בספרים וכו' - וכן יש ליזהר מטעם זה שלא לצייר בכותל בה"כ ציורים נגד פניו של אדם אלא למעלה מקומת איש. אסור להתפלל כנגד המראה דמיחזי כמשתחוה לבבואה שלו והיינו אף בעינים סתומות דבפתוחות בלא"ה אסור משום ביטול כונה. אחרונים:

Des dessins dans les livres etc. — De même il faut veiller, pour cette raison, à ne pas dessiner au mur de la synagogue des dessins à hauteur du visage de l'homme, seulement au-dessus de la stature d'un homme. Il est interdit de prier en face d'un miroir, car cela a l'air de se prosterner devant son reflet ; et cela même les yeux fermés, car les yeux ouverts c'est de toute façon interdit à cause de l'annulation de la kavana. A'haronim.

(עב) אפילו לישב עליהם וכו' - שנאמר ולא תביא תועבה אל ביתך ואפילו בביתו אסור:

Même s'asseoir dessus etc. — Ainsi qu'il est dit : « Tu n'introduiras pas d'abomination dans ta maison » ; même chez soi c'est interdit.

(עג) בצד רבו - כי הוא יוהרא שמראה שהוא שוה לרבו ורבו היינו שרוב חכמתו הימנו או גדול הדור. כתב הח"א נ"ל דה"ה אביו:

À côté de son maître — Car c'est de l'orgueil : il se montre l'égal de son maître. « Son maître », c'est celui dont la plupart de sa sagesse vient de lui, ou le grand de la génération. Le Hayé Adam a écrit : il me semble que de même son père.

(עד) ולא אחורי רבו - דמיחזי נמי כיוהרא וי"א שנראה כמשתחוה לרבו בתפילתו וי"א מפני שהוא מצער לרבו דשמא יצטרך לפסוע ג' פסיעות לאחריו בעוד שהוא יתפלל ויצטרך להמתין עליו:

Ni derrière son maître — Cela a aussi l'air d'orgueil. Certains disent que cela a l'air de se prosterner devant son maître dans sa tefila. Certains disent parce qu'il peine son maître : peut-être aura-t-il besoin de faire trois pas en arrière tandis que [le disciple] prie encore, et il devra l'attendre.

(עה) ולא לפניו - בק"ו דזה ודאי הוא בזיון לרבו שעומד באחוריו נגדו:

Ni devant lui — A fortiori : c'est certainement un mépris pour son maître que [le disciple] se tienne le dos contre lui.

(עו) אין לחוש וכו' - שהכל יודעין שמקום זה מיוחד לרב וזה לתלמיד ולית ביה משום יוהרא או כמשתחוה לו:

Il n'y a pas à craindre etc. — Tout le monde sait que cet endroit est réservé au rav et celui-ci à l'élève, et il n'y a pas [lieu] d'orgueil ni de [paraître] se prosterner devant lui.

(עז) שטוב להחמיר - היינו לחוש לטעם השלישי הנ"ל מפני שנראה כמצער לרבו דלפ"ז יש להחמיר גם בצבור לאחריו:

Qu'il est bon d'être rigoureux — C'est-à-dire de craindre la troisième raison susdite, parce que cela a l'air de peiner son maître ; dès lors il faut aussi être rigoureux avec le tsibbour derrière lui.

(עח) המנהג להקל - עיין בביאור הלכה דמ"מ טוב לכתחילה כשקובע לו מקום מאחורי רבו שירחיק כשיעור ד"א וג' פסיעות כדי שלא יצער לרבו:

La coutume est d'être indulgent — Voir le Biour Halakha : toutefois il est bon a priori, quand il se fixe un lieu derrière son maître, de s'éloigner de la mesure de quatre amot et trois pas, afin de ne pas peiner son maître.

(עט) ד"א מותר - דרשות אחרת היא ועיין בפמ"ג שכתב בשם הפר"ח דלפניו סגי בד"א מצומצמות אבל לאחורי רבו בעינן ד"א וג' פסיעות כדי שיהיה יוכל רבו לפסוע ג' פסיעות לאחריו ולא יצטרך להמתין עליו ובתוך ד' אמותיו הלא אסור לפסוע כדלקמן בסימן ק"ב. עוד כתב דבתוך האלמעמרע מותר אפילו בסמוך דרשותא אחריתא הוא:

Quatre amot, c'est permis — Car c'est un autre domaine. Voir le Peri Mégadim, qui a écrit au nom du Peri 'Hadach : devant lui, quatre amot exactes suffisent ; mais derrière son maître, il faut quatre amot et trois pas, afin que son maître puisse faire trois pas en arrière et n'ait pas à l'attendre ; or dans ses quatre amot il est interdit de faire un pas, comme plus bas au siman 102. Il a encore écrit : dans l'almemar c'est permis même tout près, car c'est un autre domaine.

(פ) ועיין ביו"ד וכו' - ר"ל דשם נתבאר דרחוק ד"א מועיל אפילו אם רבו לאחוריו וכן כתבו האחרונים:

Et voir Yoré Déa etc. — C'est-à-dire que là-bas il est exposé qu'un éloignement de quatre amot suffit même si son maître est derrière lui. Ainsi ont écrit les A'haronim.

(פא) אחורי רבו - וה"ה בצד רבו אבל לפני רבו אסור:

Derrière son maître — De même à côté de son maître ; mais devant son maître, c'est interdit.

(פב) מרחיקים לתפלה - וה"ה לת"ת וכל דברי קדושה:

On s'éloigne pour la tefila — De même pour l'étude de la Torah et toute parole de sainteté.

(פג) בתפלה - וה"ה בק"ש ושאר דברי קדושה וכמו שכ' למעלה ונקט תפלה לרבותא דבזה ג"כ צריך לילך לפניו ד"א ולא אמרינן כיון שהוא עומד כבר בתפלה א"צ להרחיק:

Pendant la tefila — De même pendant le Chema et les autres paroles de sainteté, comme écrit plus haut. Il a pris la tefila pour [enseigner] une nouveauté : en cela aussi il faut aller devant soi de quatre amot, et l'on ne dira pas : puisqu'il est déjà debout en tefila, il n'a pas à s'éloigner.

(פד) ישתוק וכו' - דכ"ז לא מיקרי הפסק אבל אסור להפסיק בדבור להביא לו מים כיון דאיסור מי רגלים אינו אלא מדרבנן וגם י"א דא"צ להרחיק בזה כלל ע"כ אפילו אם גם אחרים עומדים בתוך הד"א של המי רגלים ומתפללים אין לו להפסיק בדבור בשבילם להודיעם. ואם תינוק טינוף צואה בבה"כ באמצע תפלה ואחרים עומדים שם ומתפללים ואינם יודעים מזה אם א"א בענין אחר להודיעם אלא בדבור מותר להפסיק בדבור להצילם מאיסור דאורייתא דמוטב שיעשה הוא איסור קל דהיינו איסור דרבנן להפסיק בתפלה משיעשו אחרים איסור דאורייתא להתפלל במקום מטונף. וכבר נתבאר לעיל בסימן ע"ט במ"ב וביאור הלכה האופנים שהם מדאורייתא בזה. ודוקא אם אין לו במה לכסות אבל אם יש לו במה לכסות בין בצואה ובין במי רגלים אסור להפסיק ואפילו לזוז ממקומו אם אין מגיע לו הריח רע:

Qu'il se taise etc. — Tout cela ne s'appelle pas interruption ; mais il est interdit de s'interrompre par la parole pour qu'on lui apporte de l'eau, puisque l'interdit des urines n'est que de parole des Sages, et que certains disent qu'il n'y a pas du tout à s'éloigner en cela. C'est pourquoi même si d'autres se tiennent dans les quatre amot des urines et prient, il n'a pas à s'interrompre par la parole pour eux afin de les avertir. Si un enfant a souillé d'excréments à la synagogue au milieu de la tefila, et que d'autres s'y tiennent et prient sans le savoir : s'il n'est pas possible autrement de les avertir que par la parole, il est permis de s'interrompre par la parole pour les sauver d'un interdit de Torah, car mieux vaut qu'il fasse lui un interdit léger — c'est-à-dire un interdit de parole des Sages d'interrompre la tefila — plutôt que d'autres fassent un interdit de Torah en priant en un lieu souillé. On a déjà exposé plus haut au siman 79, dans la Michna Beroura et le Biour Halakha, les cas qui sont de Torah en cela. Seulement s'il n'a pas de quoi couvrir ; mais s'il a de quoi couvrir, que ce soit des excréments ou des urines, il est interdit de s'interrompre, et même de bouger de sa place si la mauvaise odeur ne lui parvient pas.

(פה) ויותר טוב - כתב הח"א אם מתירא שמא ישהא כדי לגמור את כולו וא"א לו להרחיק ד"א כגון שא"א לו לעבור נגד המתפלל יסמוך על הרשב"א דס"ל דמותר להתפלל כיון שכבר הוא עומד בתפלה ואיסור מי רגלים דרבנן:

Et mieux vaut — Le Hayé Adam a écrit : s'il craint de s'attarder le temps d'achever le tout, et qu'il ne peut pas s'éloigner de quatre amot, par exemple qu'il ne peut pas passer devant le priant, qu'il s'appuie sur le Rachba, qui tient qu'il est permis de prier puisqu'il est déjà debout en tefila, et que l'interdit des urines est de parole des Sages.

(פו) ויצטרך - עיין לעיל בסימן ע"ח במ"ב סק"ה דבברכת ק"ש אם נזדמן כן וכן בכל הברכות אין צריך לחזור לראש:

Et il devrait — Voir plus haut au siman 78, Michna Beroura seif qatan 5 : dans les berakhot du Chema, s'il est advenu ainsi, et de même dans toutes les berakhot, il n'a pas à revenir au début.