Intention au moins dans Avot ; articuler à voix basse audible à ses oreilles ; prier de préférence en langue sainte ; l'araméen n'est permis qu'au tsibbour.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) המתפלל וכו' - וירגיל אדם עצמו לכוין עכ"פ בחתימת של כל ברכה:
Celui qui prie, etc. - Que l'homme s'habitue à viser tout au moins dans la conclusion de chaque berakha.
(ב) שיכוין - היינו פירוש המילות ע"כ מה נכון מאוד להמונים שילמדו פירוש המילות של כל התפלה ועכ"פ של ברכת אבות ומודים בודאי יש חיוב עליו לידע ביאורו:
Qu'il vise - C'est-à-dire le sens des mots. Qu'il est donc très correct pour le commun d'apprendre le sens des mots de toute la tefila, et tout au moins de la berakha d'Avot et de Modim : à coup sûr il a l'obligation d'en connaître l'explication.
(ג) באבות - כי הוא סידור שבחו של מקום ע"כ אינו בדין שיהא אז פונה לבבו לדברים אחרים ויש פוסקים דגם מודים חשוב כאבות לכתחלה. ואם הוא משער שאפילו באבות לא יכוין לא יתפלל כלל עד שתתיישב דעתו שיהיה יוכל עכ"פ לכוין באבות:
Dans Avot - Car c'est l'ordonnance de la louange du Lieu ; il n'est donc pas juste qu'il tourne alors son cœur vers d'autres choses. Certains décisionnaires tiennent que Modim aussi compte comme Avot, lekhathila (a priori). S'il estime que même dans Avot il ne visera pas, qu'il ne prie pas du tout jusqu'à ce que son esprit se pose et qu'il puisse au moins viser dans Avot.
(ד) והאידנא וכו' - כתב הח"א נ"ל כיון דמצד הדין צריך לחזור ולהתפלל עכ"פ אם נזכר קודם שאמר בא"י בסוף ברכה יחזור לומר מאלקי אברהם וכו':
Et de nos jours, etc. - Le Hayei Adam a écrit : il me semble que, puisque du côté de la loi il faut recommencer à prier, tout au moins s'il s'en souvient avant d'avoir dit « Baroukh atta ה' » à la fin de la berakha, qu'il revienne dire depuis « Elohei Avraham », etc.
(ה) ומשמיע - ויש שכתבו דצריך לחוש לדברי הזוהר שאף לכתחילה לא ישמיע לאזניו אבל המ"א כתב שאין ראיה מהזוהר וכ"כ בביאור הגר"א דאף דעת הזוהר הוא כהשו"ע וכ"כ שארי אחרונים שטוב יותר לכתחילה שישמיע לאזניו. ובדיעבד לכו"ע אם אמר בלחש כ"כ שאפילו לאזניו לא השמיע יצא כיון שמ"מ הוציא בשפתיו:
Et il fait entendre - Certains ont écrit qu'il faut craindre les paroles du Zohar, que même lekhathila il ne fasse pas entendre à ses oreilles. Mais le Magen Avraham a écrit qu'il n'y a pas de preuve du Zohar, et ainsi dans le commentaire du Gra : même l'avis du Zohar est comme le Choulhan Aroukh. Ainsi les autres Aharonim : il est mieux, lekhathila, qu'il fasse entendre à ses oreilles. Et bediavad (après coup), de l'avis de tous, s'il a dit si bas que même à ses oreilles il n'a pas fait entendre, il s'est acquitté, puisqu'il a néanmoins fait sortir les paroles de ses lèvres.
(ו) ולא ישמיע - דכתיב בתפילת חנה רק שפתיה נעות וקולה לא ישמע וכל המשמיע קולו בתפלתו ה"ז מקטני אמנה כאלו אין מאמין שהקב"ה שומע תפלת לחש וכל המגביה קולו בתפילתו ה"ז מנביאי השקר שהיה דרכן לצעוק בקול לע"ז שלהן ועיין בברכי יוסף ובח"א דלכתחילה צריך להתפלל בלחש כ"כ שאף חבירו העומד בסמוך לו לא יהיה יוכל לשמוע ומ"מ אם א"א לו לכוין בענין זה יש לו לעשות בענין שיכול לכוין אך שיזהר שלא יטריד לאחרים וכדלקמיה:
Et il ne fera pas entendre - Car il est écrit de la tefila de Hanna : seules ses lèvres remuaient et sa voix ne s'entendait pas. Quiconque fait entendre sa voix dans sa tefila est du petit nombre de la foi, comme s'il ne croyait pas que le Saint, béni soit-Il, entend une tefila murmurée. Quiconque élève la voix dans sa tefila est des faux prophètes, dont la coutume était de crier à voix haute vers leur idole. Voir le Birkéi Yossef et le Hayei Adam : lekhathila il faut prier si bas que même son compagnon debout près de lui ne puisse entendre. Néanmoins, s'il ne peut viser de cette façon, qu'il fasse de manière à pouvoir viser, mais qu'il prenne garde de ne pas troubler les autres, comme plus bas.
(ז) קולו - ואפילו בפסוקי דזמרה טוב שלא להרים קול כי הקב"ה שומע בלחש לא כאותם המגביהים קולם יותר מדאי ומיהו בשבת שנוהגים שאחד אומר פסוקי דזמרה בקול רם שפיר דמי [פמ"ג]:
Sa voix - Même dans les Pessoukei dezimra, il est bon de ne pas élever la voix, car le Saint, béni soit-Il, entend dans le murmure, non comme ceux qui élèvent trop la voix. Toutefois le Chabbat, où l'on a coutume qu'un dise les Pessoukei dezimra à voix haute, c'est bien [Peri Megadim].
(ח) בלחש - הט"ז כתב דאף אם יכול לכוין בלחש אבל לא כ"כ כמו בקול מיקרי אינו יכול לכוין ויכול להתפלל ביחיד בקול ועיין בבה"ל שכתבנו דאין להקל בזה:
À voix basse - Le Taz a écrit : même s'il peut viser à voix basse mais pas autant qu'à voix haute, cela s'appelle ne pas pouvoir viser, et il peut prier seul à voix haute. Voir le Beiour Halakha où nous avons écrit de ne pas être indulgent en cela.
(ט) להגביה קולו - ואיירי דאפילו אם ישמיע קולו במקצת ג"כ לא יוכל לכוין דאל"ה אסור:
Élever la voix - Il s'agit du cas où même s'il fait un peu entendre sa voix, il ne pourra pas non plus viser ; sinon, c'est interdit.
(י) בצבור אסור - אפילו להשמיע קולו במקצת וכ"ש להגביה קולו:
Au tsibbour c'est interdit - Même de faire un peu entendre sa voix, et à plus forte raison d'élever la voix.
(יא) אפילו בצבור - לעורר הכונה ולמיטרד ציבורא לא חיישינן כיון שסידורים ומחזורים בידם ועיין במג"א דמסיק דיותר טוב להתפלל בלחש אם יכול לכוין וכ"כ הרבה אחרונים:
Même au tsibbour - Pour éveiller l'intention ; on ne craint pas de troubler le tsibbour, puisqu'ils ont sidourim et mahzorim en main. Voir le Magen Avraham qui conclut qu'il est mieux de prier à voix basse s'il peut viser ; ainsi beaucoup d'Aharonim.
(יב) יותר מדאי - דה"ז מנביאי הבעל שנאמר בהם ויקראו בקול גדול א"נ דעי"ז בודאי יבלבל אחד מהן את חבירו ומ"מ נראה דהחזנים שמגביהים קולם כדי לעורר הכונה ולהשמיע שפיר הדברים שפיר עבדי דעיקר תפלת ש"ץ נתקנה דוקא בקול רם. אכן אותם שעושין כן כדי להראות קולם ודאי עושים שלא כהוגן:
Plus que de mesure - Car c'est des prophètes du Baal, dont il est dit : ils crièrent à grande voix ; ou bien par là l'un troublera à coup sûr son compagnon. Néanmoins, il me semble que les hazanim qui élèvent la voix pour éveiller l'intention et bien faire entendre les paroles agissent correctement, car l'essentiel de la tefila du chaliah tsibbour a été institué précisément à voix haute. Mais ceux qui font ainsi pour montrer leur voix agissent à coup sûr d'une façon qui n'est pas convenable.
(יג) בכל לשון - ומצוה מן המובחר הוא דוקא בלשון הקודש ועיין בסימן ס"ב ס"ב ובמשנה ברורה שם מה שכתבנו בשם האחרונים בזה וגם עיין בתשובת ח"ס או"ח סי' פ"ד ופ"ו שהאריך בכמה ראיות דמה שהתירו להתפלל בכל לשון היינו דוקא באקראי אבל לקבוע בקביעה תמידית ולהעמיד ש"ץ ולהשכיח לה"ק לגמרי זה א"א בשום אופן עי"ש ועוד מחמת כמה וכמה טעמים נכוחים האריכו כל גאוני הזמן בספר דברי הברית והסכימו שאיסור גמור הוא לעשות כן ולאפוקי מכתות חדשות שנתפרצו מחוץ למדינה בזה והעתיקו את כל נוסח התפלה ללשון העמים ועבירה גוררת עבירה שדלגו הברכה של קבוץ גליות וברכת ולירושלים עירך וכשם שרוצים להשכיח זכרון ירושלים כן רוצים להשכיח לשה"ק מישראל פן יגאלו בזכות שלא שינו את לשונם הקב"ה ישמרנו מדיעות אפיקורסות כאלו ועיין בבה"ל:
En toute langue - La mitsva de la plus belle façon est précisément en langue sainte. Voir au siman 62 seif 2 et dans le Michna Beroura là-bas ce que nous avons écrit au nom des Aharonim à ce sujet. Voir aussi les réponses du Hatam Sofer Orah Haim siman 84 et 86, qui a longuement apporté plusieurs preuves : ce qu'on a permis de prier en toute langue, c'est seulement à l'occasion ; mais fixer cela de façon permanente, instituer un chaliah tsibbour et faire complètement oublier la langue sainte, cela est impossible de quelque façon que ce soit, voir là-bas. Encore, pour quantité de raisons solides, tous les prodiges du temps ont longuement écrit dans le Sefer Divrei Habrit et se sont accordés que c'est une interdiction complète de faire ainsi, pour écarter les sectes nouvelles qui se sont répandues hors du pays en cela et ont transposé tout le texte de la tefila dans la langue des nations. Une faute en entraîne une autre : elles ont sauté la berakha du rassemblement des exilés et la berakha « et vers Jérusalem ta ville ». De même qu'elles veulent faire oublier le souvenir de Jérusalem, de même elles veulent faire oublier la langue sainte d'Israël, de peur qu'ils ne soient délivrés par le mérite de n'avoir pas changé leur langue. Que le Saint, béni soit-Il, nous garde de telles opinions d'épikorsout. Voir le Beiour Halakha.
(יד) שירצה - והוא שיבין אותו הלשון על בוריו אבל בלשון הק' יוצא אפילו אינו מבין הלשון:
Qu'il voudra - À condition qu'il comprenne cette langue à fond. Mais en langue sainte, il s'acquitte même s'il ne comprend pas la langue.
(טו) אלא בלה"ק - לפי שאין מלאכי השרת נזקקין ללשון ארמית וה"ה שאר לשונות חוץ מלשה"ק אבל צבור א"צ מליץ שהקב"ה בעצמו מקבל תפלתם:
Seulement en langue sainte - Parce que les anges du service ne s'occupent pas de la langue araméenne, et il en va de même des autres langues hors de la langue sainte. Mais le tsibbour n'a pas besoin d'intercesseur : le Saint, béni soit-Il, reçoit Lui-même leur tefila.
(טז) על חולה - ר"ל שלא בפניו אבל בפניו של חולה מותר בכל לשון דהקב"ה מצוי שם [שבת י"ב ע"ב]:
Pour un malade - C'est-à-dire pas en sa présence ; mais en présence du malade, c'est permis en toute langue, car le Saint, béni soit-Il, s'y trouve [Chabbat 12b].
(יז) הקבועה - דכיון שהתפילה קבועה לצבור הקב"ה בעצמו פונה אליה אפילו שלא בזמן שהצבור מתפללין:
Celle qui est fixée - Puisque la tefila est fixée pour le tsibbour, le Saint, béni soit-Il, S'y tourne Lui-même, même hors du temps où le tsibbour prie.
(יח) דאף יחיד - דס"ל דהמלאכים מכירין בכל לשון רק שאין נזקקין לארמית שמגונה בעיניהם. ומשו"ה מותרות הנשים להתפללות בשאר לשונות:
Que même un yahid - Ils tiennent que les anges connaissent toute langue, seulement ils ne s'occupent pas de l'araméen, qui est laid à leurs yeux. C'est pourquoi les femmes ont le droit de prier en d'autres langues.
(יט) ארמי - ובצבור מותר אף לשון ארמי. ובזה אתי שפיר מה דאומרים יקום פורקן ובריך שמיה בצבור וכדומה [פמ"ג]. ולפ"ז אם מתפלל בביתו אין יכול לאמר שום יקום פורקן. וכן מוכח באור זרוע הגדול בהלכות שבת סי' נ':
Araméen - Au tsibbour, même la langue araméenne est permise. Par là s'explique bien ce qu'on dit Yekoum pourkan et Berikh cheméh au tsibbour, et semblable [Peri Megadim]. Dès lors, s'il prie chez lui, il ne peut dire aucun Yekoum pourkan. Ainsi résulte-t-il de l'Or Zaroua hagadol, lois de Chabbat siman 50.