Les exemptés du Chema le sont de la tefila, sauf les accompagnateurs du mort dont on n'a pas besoin pour la civière. Les femmes sont tenues de Cha'harit et Min'ha. Celui qui étudie sans relâche comme Rabbi Chim'on bar Yo'haï ne s'interrompt pas pour la tefila.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) מק"ש - מפני שהם עוסקים במצוה או שטרודים טרדת מצוה וכמבואר בסימן ע' ס"ג:
Du Chema - Parce qu'ils sont occupés à une mitsva ou absorbés par le souci d'une mitsva, comme expliqué au siman 70 seif 3.
(ב) צורך בהם - ר"ל שאינם מוכנים כלל לעזור בנשיאת המטה דאל"ה פטורין גם מק"ש וכדלעיל בסימן ע"ב ס"א עי"ש:
Besoin d'eux - C'est-à-dire qu'ils ne sont pas du tout prêts à aider à porter la civière ; sinon ils sont exemptés aussi du Chema, comme plus haut au siman 72 seif 1, voir là-bas.
(ג) מתפלה - הואיל והיא מדברי סופרים ועוד שהיא בעמידה ואין יכולין לשהות כ"כ אבל ק"ש עיקר כונתה ועמידתה אינה אלא בפסוק ראשון ובקל יוכל לעמוד ולכוין. ואם עבר זמן תפלה עי"ז אין צריך להשלים בתפלה הסמוכה כיון דבשעת חובתו היה פטור מן הדין וכדלעיל בסוף סימן צ"ג עי"ש במ"ב:
De la tefila - Puisqu'elle est de divré sofrim, et de plus elle se dit debout et on ne peut pas s'attarder autant ; mais le Chema, l'essentiel de sa kavana et de sa station debout n'est que dans le premier verset, et on peut aisément se tenir et avoir kavana. Et si par là le temps de la tefila est passé, il n'a pas à compléter à la tefila suivante, puisqu'au moment de son obligation il était exempté de par la loi, comme plus haut à la fin du siman 93, voir là-bas dans la MB.
(ד) שהיא מ"ע וכו' - כ"ז לדעת הרמב"ם שרק זמני התפלה הם מדברי סופרים אבל עיקר מצות תפלה היא מן התורה שנאמר ולעבדו בכל לבבכם איזו עבודה שהיא בלב הוי אומר זו תפלה אלא שאין לה נוסח ידוע מן התורה ויכול להתפלל בכל נוסח שירצה ובכל עת שירצה ומשהתפלל פ"א ביום או בלילה יצא י"ח מן התורה וכתב המ"א שע"פ סברא זו נהגו רוב הנשים שאין מתפללין י"ח בתמידות שחר וערב לפי שאומרות מיד בבוקר סמוך לנטילה איזה בקשה ומן התורה יוצאות בזה ואפשר שאף חכמים לא חייבו יותר אבל דעת הרמב"ן שעיקר מצות תפלה היא מד"ס שהם אנשי כה"ג שתיקנו י"ח ברכות על הסדר להתפלל אותן שחרית ומנחה חובה וערבית רשות ואע"פ שהוא מ"ע מד"ס שהזמן גרמא והנשים פטורות מכל מ"ע שהזמן גרמא אפילו מד"ס כגון קידוש הלבנה אעפ"כ חייבו אותן בתפילת שחרית ומנחה כמו אנשים הואיל ותפלה היא בקשת רחמים. וכן עיקר כי כן דעת רוב הפוסקים וכן הכריע בספר שאגת ארי' ע"כ יש להזהיר לנשים שיתפללו י"ח ונכון ג"כ שיקבלו עליהן עול מלכות שמים דהיינו שיאמרו עכ"פ שמע ישראל כדאיתא בסימן ע' ויאמרו ג"כ ברכת אמת ויציב כדי לסמוך גאולה לתפלה כמו שכתב המ"א בסימן ע' וכ"ז לענין שחרית ומנחה אבל תפלת ערבית שהוא רשות אע"פ שעכשיו כבר קבלוהו עליהם כל ישראל לחובה מ"מ הנשים לא קבלו עליהם ורובן אין מתפללין ערבית. ותפלת מוספין בצל"ח כתב דפטורות אבל בספר מגן גבורים פסק דחייבות עי"ש:
Que c'est une mitsvat assé, etc. - Tout cela selon le Rambam : seuls les temps de la tefila sont de divré sofrim, mais l'essentiel de la mitsva de tefila est de la Torah, ainsi qu'il est dit : « et Le servir de tout votre cœur » — quel est le service qui est dans le cœur ? C'est la tefila ; seulement elle n'a pas de formulaire fixé de par la Torah, et on peut prier selon n'importe quel texte et à n'importe quel moment, et dès qu'on a prié une fois le jour ou la nuit on s'est acquitté de par la Torah. Le Maguen Avraham a écrit que d'après cette logique la plupart des femmes ont pris l'habitude de ne pas dire la Chemone Esré régulièrement matin et soir, parce qu'elles disent dès le matin, près de la netila, quelque demande, et de par la Torah elles s'acquittent ainsi ; et il se peut que même les Sages n'aient pas exigé davantage. Mais l'avis du Ramban est que l'essentiel de la mitsva de tefila est de divré sofrim : ce sont les hommes de la Grande Assemblée qui ont fixé les dix-huit berakhot dans l'ordre, à les dire à Cha'harit et Min'ha comme obligation, et Arvit comme facultative. Et bien que ce soit une mitsvat assé de divré sofrim dont le temps est la cause, et que les femmes soient exemptées de toute mitsvat assé dont le temps est la cause, même de divré sofrim, comme Kidouch levana, néanmoins on les a tenues à la tefila de Cha'harit et de Min'ha comme les hommes, puisque la tefila est une demande de miséricorde. Et c'est l'essentiel, car tel est l'avis de la plupart des décisionnaires, et c'est ainsi qu'a tranché le Cheagat Aryé. Aussi faut-il avertir les femmes de dire la Chemone Esré ; et il est bon aussi qu'elles reçoivent sur elles le joug de la royauté des cieux, c'est-à-dire qu'elles disent au moins « Chema Israël » comme au siman 70, et qu'elles disent aussi la berakha Emet veyatsiv afin d'accoler la geoula à la tefila, comme a écrit le Maguen Avraham au siman 70. Tout cela pour Cha'harit et Min'ha ; mais la tefila d'Arvit, qui est facultative, bien que maintenant tout Israël l'ait déjà reçue comme obligation, les femmes ne l'ont pas reçue sur elles et la plupart ne prient pas Arvit. Quant à la tefila de Moussaf, le Tselah a écrit qu'elles en sont exemptées, mais le Maguen Guibborim a tranché qu'elles y sont tenues, voir là-bas.
(ה) לחנכם - להתפלל י"ח ערב ובוקר ומ"מ רשאי ליתן להם לאכול קודם תפלת שחרית ואסור לענותם כמש"כ בסימן רס"ט ושמ"ג לענין להאכילם קודם קידוש:
Pour les éduquer - À dire la Chemone Esré soir et matin. Néanmoins on peut leur donner à manger avant la tefila de Cha'harit, et il est interdit de les contrarier, comme écrit aux simanim 269 et 343 au sujet de les nourrir avant le Kidouch.
(ו) כגון רשב"י - דהם לא היו עוסקים כלל במלאכתם ואין מבטלין מלימודם אפילו רגע אבל אנו שמפסיקין מד"ת למלאכתינו כ"ש שנפסיק לתפלה:
Comme Rabbi Chim'on bar Yo'haï - Car eux ne s'occupaient pas du tout de leur travail et n'interrompaient pas leur étude même un instant ; mais nous, qui interrompons les paroles de Torah pour notre travail, à plus forte raison interromprons-nous pour la tefila.
(ז) לק"ש - מפני שהיא דאורייתא משא"כ לתפלה דהיא דרבנן ואף אם נסבור דהיא ד"ת מ"מ מה"ת אין לה זמן קבוע ודי בפ"א ביום וכנ"ל וכשקורא ק"ש יקראנה עם ברכותי' ואח"כ יחזור ללימודו ולא יתפלל. ואף שצריך לבטל ולהפסיק לימודו לעשיית כל המצות אפילו של ד"ס דהלומד ואינו מקיים נוח לו שלא נברא מ"מ תפלה הואיל ואינה אלא בקשת רחמים קילא משאר מצות לגבי אנשים כאלו שאינם מבטלים מלימודם אפילו רגע:
Pour le Chema - Parce qu'il est de la Torah, ce qui n'est pas le cas de la tefila qui est derabanane ; et même si l'on tient qu'elle est de la Torah, néanmoins de par la Torah elle n'a pas de temps fixé et il suffit d'une fois par jour, comme plus haut. Et quand il lit le Chema, qu'il le lise avec ses berakhot, puis qu'il retourne à son étude et ne prie pas. Et bien qu'il faille interrompre son étude pour accomplir toutes les mitsvot, même de divré sofrim — car celui qui étudie et n'accomplit pas, mieux eût valu pour lui de n'être pas créé —, néanmoins la tefila, n'étant qu'une demande de miséricorde, est plus légère que les autres mitsvot pour de telles personnes qui n'interrompent pas leur étude même un instant.
(ח) אינו פוסק - ואפילו אם עי"ז יעבור הזמן ודוקא באופן שאם לא ילמדו עכשיו יתבטלו ולא יוכלו להתקבץ ללמוד אח"כ הלא"ה פוסק אם יעבור זמן ק"ש או תפלה. ומהח"א משמע דבכל גווני פוסק אם יעבור זמן התפלה. והמבטל תפלה משום לימוד אפילו לומד עם אחרים כל היום כאלו לא למד [רוקח] ובא"ר ג"כ כתב בשם פסקי תוס' להחמיר בזה ועיין בבה"ל שביארנו דלכו"ע לכתחילה אסור לו להתחיל ללמוד אפילו עם אחרים אחר שכבר הגיע זמן ק"ש אם הוא משער שע"י לימודו יעבור הזמן אלא חייב לקרות ק"ש מקודם:
Il n'interrompt pas - Même si par là le temps passera ; et seulement de telle sorte que s'ils n'étudient pas maintenant ils seront empêchés et ne pourront plus se rassembler pour étudier ensuite ; sinon, il interrompt si le temps du Chema ou de la tefila passera. Du 'Hayé Adam il ressort qu'en tout cas il interrompt si le temps de la tefila passera. Celui qui néglige la tefila à cause de l'étude, même s'il étudie avec d'autres tout le jour, c'est comme s'il n'avait pas étudié [Rokéa'h]. L'Eliyahou Rabba aussi a écrit au nom des Piské Tossafot d'être strict en cela. Voir dans le Biour Halakha où nous avons expliqué que selon tous, lekhathila (a priori) il lui est interdit de commencer à étudier, même avec d'autres, après que le temps du Chema est déjà arrivé, s'il estime que par son étude le temps passera ; il est tenu de lire le Chema auparavant.
(ט) פסוק ראשון - כדי לקבל מלכות שמים בזמן ק"ש ויחזור אחר הלכה שיש בה יציאת מצרים כדי להזכיר יצ"מ בזמן ק"ש ואחר לימודו טוב שיגמור כל ק"ש אף שעבר זמנה:
Le premier verset - Afin de recevoir le joug de la royauté des cieux au temps du Chema ; et qu'il cherche ensuite une halakha où il y a la sortie d'Égypte, afin de mentionner la sortie d'Égypte au temps du Chema. Après son étude, il est bon qu'il achève tout le Chema même si son temps est passé.
(י) אינו פוסק כלל - ר"ל אפילו לפסוק ראשון ואפילו לומד ביחידי וכתבו האחרונים דאפילו התחיל ללמוד באיסור דהיינו לאחר שכבר הגיע זמן קריאת שמע ותפלה שאסור לו להתחיל ללמוד עד שיתפלל תחלה אם הוא לומד בביתו ואינו רגיל לילך לבית הכנסת להתפלל כמו שכתב בסימן פ"ט מכל מקום אם כבר התחיל אין צריך להפסיק ורשאי ללמוד כל זמן שיש שהות עדיין ובאליהו רבא פסק דלענין קריאת שמע שהוא דאורייתא אף שישאר לו זמן אחר כך לקרותה מכל מקום צריך להפסיק תיכף ולקרותה כולה אם הוא לומר ביחידי עי"ש בסימן ע' ובסימן זה וכל זה אם הוא לומד בביתו אבל אם הוא לומד בבית המדרש או אפילו בביתו אך שהתחיל ללמוד בהיתר דהיינו קודם שהגיע זמן ק"ש בודאי יש לסמוך ע"ד הרמ"א שלא להפסיק אפילו אח"כ כל עוד שיש שהות ועיין בבה"ל:
Il n'interrompt pas du tout - C'est-à-dire même pour le premier verset, et même s'il étudie en yahid. Les A'haronim ont écrit que même s'il a commencé à étudier en interdiction, c'est-à-dire après que le temps du Chema et de la tefila est déjà arrivé — car il lui est interdit de commencer à étudier avant d'avoir d'abord prié, s'il étudie chez lui et n'a pas l'habitude d'aller à la synagogue prier, comme écrit au siman 89 —, néanmoins s'il a déjà commencé il n'a pas besoin d'interrompre et peut étudier tant qu'il reste encore du temps. L'Eliyahou Rabba a tranché que pour le Chema, qui est de la Torah, même s'il lui restera ensuite du temps pour le lire, il doit néanmoins interrompre tout de suite et le lire en entier s'il étudie en yahid, voir aux simanim 70 et celui-ci. Tout cela s'il étudie chez lui ; mais s'il étudie au beth hamidrach, ou même chez lui mais qu'il a commencé à étudier en permission, c'est-à-dire avant que le temps du Chema n'arrive, on peut certainement s'appuyer sur l'avis du Rema de ne pas interrompre même ensuite tant qu'il reste du temps. Voir le Biour Halakha.