משנה ברורה

Michna Beroura — siman 108

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Celui qui n'a pas prié par erreur, par oness ou mezid
En bref - de quoi parle ce chiour ?

L'oubli ou l'oness se rattrape à la tefila suivante : d'abord l'obligation de l'heure, puis le tashloumin. Le mezid n'a pas de rattrapage. On dit la tefila de rattrapage selon le jour actuel (Chabbat, Roch 'Hodech). En cas de doute de décisionnaires, on prie en nedava sous condition.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETTashloumin — oubli / oness se rattrapent à la tefila voisine (obligation d’abord, puis complément) ; mezid sans rattrapage ; formulaire du jour actuel
À FAIREOrdre
D’abord l’obligation de l’heure, ensuite le tashloumin — sinon il ne s’est pas acquitté (mezid ou shogeg)
À FAIRECha’harit oubliée → Min’ha ×2
Min’ha d’abord, puis tashloumin ; dire Achré entre les deux lekhathila
À FAIREMin’ha oubliée → Arvit ×2
Attendre au moins 4 amot (105) ; Achré : discussion (kabbalistes stricts à Arvit ; tant qu’il fait jour, ne pas s’en abstenir)
À FAIREArvit oubliée → Cha’harit ×2
Achré entre les deux ; interdit de manger avant la seconde ; coller les deux autant que possible
À FAIREFormulaire du jour
Tashloumin de semaine dit le Chabbat / Roch ‘Hodech : on dit celle du jour actuel (Chabbat ×2, Yaalé véyavo ×2)
À FAIREChazan
S’acquitte du tashloumin par la répétition à voix haute (intention pour lui + pour le non-expert)
À FAIREDoute de décisionnaires
Prier en nedava sous condition (vrai doute maître/maître, pas individu vs majorité)
À ÉVITERMezid
Pas de tashloumin — celui qui a prié sans vérifier un lieu d’excréments (76) est mezid s’il trouve ensuite
À ÉVITERInverser l’ordre
Première pour le tashloumin, seconde pour l’obligation → pas acquitté ; en revenant : poser une condition nedava
À ÉVITERSauter une tefila voisine
Pas de tashloumin à la tefila d’après-après (Cha’harit manquée ≠ complément à Arvit même s’il a dit Min’ha)
À ÉVITERMoussaf comme tashloumin
Moussaf ne complète pas Cha’harit ; ordre si les deux manquent à Min’ha : Min’ha, puis Moussaf, puis Cha’harit
À ÉVITERInterrompre entre les deux
Lekhathila rien (même étude) ; la répétition du chazan de l’obligation est permise (encore « s’occuper de la tefila »)
OUIOness
Maladie, ivresse, pas d’eau pour netilat yadayim, onen jusqu’à l’enterrement (71), besoins du tsibbour (ensuite plutôt nedava + ‘hidouch)
OUIEsprit pas posé
Pas mezid ; tashloumin sert (101:1, 98:2)
OUIOccupation puis oubli
Même occupation interdite dès l’heure (232) : s’il pensait prier après et a oublié → tashloumin (pas mépris)
OUISortie de prison / maladie
Dit les tefilot manquées (Arvit puis Min’ha puis Cha’harit) ; Roch ‘Hodech : Yaalé véyavo dans toutes ; Chabbat/YT : attendre le soir (pas de nedava ces jours)
OUIHavdala à la sortie de Chabbat
Une seule fois suffit (contrairement à Chabbat/RH qu’on mentionne partout) ; oubli de Ata ‘honantanou : pas de retour (coupe)
OUIOubli qui oblige à revenir (tal oumatar, etc.)
Le soir : deux tefilot selon tous, car le tashloumin y gagne cette mention
OUIYaalé véyavo 1ère sans / 2e avec
Révèle que la 1ère était le tashloumin d’un jour de semaine → revenir (sauf intention explicite inverse, ou RH de 2 jours sans preuve)
NONExpert par le chazan
Ne s’acquitte pas du tashloumin en écoutant la répétition (sauf bediavad tashloumin d’Arvit, plus légère)
NONTashloumin d’Arvit/Min’ha de RH sans Yaalé véyavo
Pas plus strict que la tefila principale : on ne revient pas
NONMention hors temps
Aharonim vs SA : pour beaucoup = comme une parole au milieu (104:6) → retour au début de la berakha / des 3 ; DH/HA : si mensonge franc = parole ; si pas de mensonge (Zokhrénou seul, Havdala dans ‘Honén) ≠ parole
NONChabbat/YT
Pas de tefila de doute/nedava (impossible de poser la condition)
REMATemps du tashloumin lekhathila : tout de suite après l’obligation (+ 4 amot ou Achré). Bediavad : tant que le temps de la tefila actuelle n’est pas passé (PM, MG, DH). Si tard : condition obligation/nedava. Pri ‘Hadach + PM : on suit le Mé’haber sur l’inversion. Ba’h/Gra : ‘hidouch aussi pour certains cas de reprise.
Oubli/oness → tefila voisine : obligation d’abord, puis complément au formulaire d’aujourd’hui. Mezid : rien. Pas de saut de tefila. Doute de poskim : nedava sous condition (pas à Chabbat/YT).

Glossaire

mezid
volontairement
anos
contraint
oness
contrainte
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
shogeg
par erreur
tashloumin
tefila de rattrapage d'une tefila manquée
nedava
tefila volontaire sous condition
'hidouch
ajout d'une demande nouvelle qui distingue la nedava de l'obligation
tal oumatar
demande de rosée et de pluie dans Birkat Hashanim
Yaalé véyavo
passage inséré à Roch 'Hodech et aux fêtes dans Retsé
Ata 'honantanou
insertion de Havdala dans 'Honén hadaat à la sortie de Chabbat
Havdala
distinction entre Chabbat et semaine, dans la tefila ou sur la coupe

(א) טעה - כונתו לאפוקי הזיד וכדלקמן בס"ז. ומי שלא התפלל מחמת שלא היתה דעתו נכונה עליו כראוי אף דשלא כדין עשה בזה וכדלעיל בסימן ק"א ס"א וצ"ח ס"ב מ"מ אין זה בכלל מזיד ומהני ליה השלמה:

Il s'est trompé - Son intention est d'exclure le mezid (volontairement), comme plus loin au seif 7. Et celui qui n'a pas prié parce que son esprit n'était pas comme il faut, bien qu'il n'ait pas agi selon la loi en cela, comme plus haut aux simanim 101 seif 1 et 98 seif 2, néanmoins cela n'entre pas dans la catégorie du mezid et le tashloumin lui sert.

(ב) או נאנס - כגון שהיה חולה או שכור וכדלקמן בס"ח ולענין אונן שעבר עליו זמן תפלה עד שקבר מתו עיין לעיל בסימן ע"א ס"א ובמ"ב שם. ומי שבזמן תפילה לא היה לו מים לרחוץ ידיו ועי"ז עבר זמן תפילה גם זה הוא בכלל אונס וצריך אח"כ להתפלל שתים ולכתחילה אין נכון לבטל התפילה משום מים וכדלעיל בסימן צ"ב ס"ד ובמ"ב עי"ש. ואם עסק בצרכי צבור עיין לעיל בסוף סימן צ"ג במ"ב ועיין בפמ"ג בסימן זה שכתב דנכון שגם בזה יתפלל אח"כ להשלים התפילה שחסרה לו אך בזה יתפלל אותה בתורת נדבה ויחדש בה דבר:

Ou a été anos - Par exemple s'il était malade ou ivre, comme plus loin au seif 8. Quant à l'onen sur qui le temps de la tefila est passé jusqu'à ce qu'il enterre son mort, voir plus haut au siman 71 seif 1 et dans la MB là-bas. Et celui qui, au temps de la tefila, n'avait pas d'eau pour se laver les mains et par là le temps de la tefila est passé : cela aussi entre dans la catégorie de l'oness (contrainte), et il doit ensuite prier deux fois ; et lekhathila (a priori) il n'est pas bon d'annuler la tefila à cause de l'eau, comme plus haut au siman 92 seif 4 et dans la MB, voir là-bas. S'il s'occupait des besoins du tsibbour, voir plus haut à la fin du siman 93 dans la MB ; et voir le Peri Megadim dans ce siman, qui a écrit qu'il est bon qu'aussi en cela il prie ensuite pour compléter la tefila qui lui manque, mais qu'en cela il la dise à titre de nedava et y renouvelle quelque chose.

(ג) ולא התפלל שחרית - ולענין ק"ש אם יש לה תשלומין עיין לעיל סוף סימן נ"ח ובמה שכ' שם במ"ב ועי"ש עוד דברכת ק"ש אין לה תשלומין לכו"ע דהיינו אפילו אם ירצה לברך אותם בעת שקורא ק"ש פעם אחרת עם ברכותיה דלא תקנו חז"ל תשלומין אלא לתפלה שהיא בקשת הרחמים:

Et n'a pas prié Cha'harit - Quant au Chema, s'il a des tashloumin, voir plus haut à la fin du siman 58 et ce qui y est écrit dans la MB ; et voir encore là-bas que la berakha du Chema n'a pas de tashloumin selon tous, c'est-à-dire même s'il veut les bénir au moment où il lit le Chema une autre fois avec ses berakhot : les Sages n'ont institué de tashloumin que pour la tefila, qui est une demande de miséricorde.

(ד) מנחה וכו' - וכשהוא ש"ץ יוצא ידי השלמה במה שמחזיר התפילה בקול רם ויכוין בה בשביל עצמו לתשלומין וגם להוציא בה מי שאינו בקי:

Min'ha, etc. - Et quand il est chazan, il s'acquitte du tashloumin par le fait qu'il répète la tefila à voix haute, et qu'il ait l'intention en elle pour lui-même au titre du tashloumin et aussi pour faire acquitter celui qui n'est pas expert.

(ה) שתים - ואין די שיכוין לשמוע מש"ץ ולצאת בה בשביל עצמו לתשלומין בין עבור ערבית או שחרית דלא תקנו שיצא בחזרת הש"ץ אלא דוקא מי שאינו בקי ומ"מ בדיעבד יצא אם היה זה בשביל השלמת תפילת ערבית ואע"ג דבסימן קכ"ד קי"ל דאפילו בדיעבד אין בקי יוצא בחזרת הש"ץ מ"מ בזה שהיא לתשלומין בשביל תפילת ערבית שהיא רשות קילא:

Deux fois - Et il ne suffit pas qu'il ait l'intention d'entendre du chazan et de s'acquitter par elle pour lui-même au titre du tashloumin, que ce soit pour Arvit ou pour Cha'harit : on n'a institué qu'on s'acquitte par la répétition du chazan que pour celui qui n'est pas expert. Néanmoins bediavad (après coup) il s'est acquitté si c'était pour le tashloumin de la tefila d'Arvit ; et bien qu'au siman 124 nous tenions que même bediavad l'expert ne s'acquitte pas par la répétition du chazan, néanmoins ici, c'est pour le tashloumin d'Arvit qui est facultative, cela est plus léger.

(ו) הראשונה מנחה - כי צריך להקדים תפילה שהיא חובת שעה לתפילת התשלומין:

La première est Min'ha - Car il faut faire précéder la tefila qui est l'obligation de l'heure à la tefila de tashloumin.

(ז) ואם היפך - פי' שהיתה בדעתו שתהא הראשונה לתשלומין לא יצא דלא תקנו רבנן השלמה אלא בזמן התעסקות בתפילה חיובית ולא קודם לכן ויש מפקפקים לומר שא"צ לחזור ולהתפלל אא"כ גילה דעתו בפירוש בתפילתו שהשניה היא לשם חובה והראשונה לתשלומין וכגון שהוא מוצאי שבת והבדיל בשניה ולא הבדיל בראשונה כמו שיתבאר ולענין דינא כתב הפר"ח והפמ"ג שאין לנו אלא דברי המחבר וכן העתיק הדה"ח להלכה ומ"מ טוב יותר שבעת שחוזר ומתפלל יתנה ויאמר אם איני מחוייב להתפלל פעם שנית אני מתפלל אותה בתורת נדבה:

Et s'il a inversé - C'est-à-dire que son intention était que la première soit pour le tashloumin, il ne s'est pas acquitté : les Sages n'ont institué le tashloumin que pendant qu'on s'occupe de la tefila obligatoire, et non auparavant. Certains hésitent à dire qu'il n'a pas besoin de revenir prier à moins d'avoir révélé son intention explicitement dans sa tefila que la seconde est au titre de l'obligation et la première pour le tashloumin, par exemple si c'est à la sortie de Chabbat et qu'il a fait Havdala dans la seconde et non dans la première, comme il sera expliqué. Pour le din, le Pri 'Hadach et le Peri Megadim ont écrit que nous n'avons que les paroles du Mé'haber, et le Derekh Ha'haïm a aussi recopié cela pour la halakha. Néanmoins il est meilleur, quand il revient prier, qu'il pose une condition et dise : si je ne suis pas tenu de prier une seconde fois, je la dis à titre de nedava.

(ח) לא יצא - בין שהיפך במזיד או בשוגג:

Il ne s'est pas acquitté - Que l'inversion ait été mezid ou shogeg (par erreur).

(ט) וצריך לחזור וכו' - אך אם התפלל השניה לתשלומין והראשונה לשם חובה וטעה בשל חובה ולא אמר בה טל ומטר באופן דצריך לחזור ולא נזכר זה עד אחר תפילה שניה אפ"ה השניה עלתה לתשלומין ויתפלל אח"כ לשם חובה ואף שהתפילה החיובית בטעות היתה לא אמרינן כמאן דלא התפלל כלל דמיא לענין זה משום דמ"מ בעת שהתפלל השניה לתשלומין היה זמן תפילה וכן כל כיוצא בזה שהתפלל תפלה הראשונה לחיובא וטעה בה ששכח או הוסיף באופן שצריך לחזור ולהתפלל אותה וכתב המגן גבורים דכל זה אם כיון בפירוש בשניה לתשלומין אבל אם לא כיון טוב יותר שתעלה לו השניה לשם חובה ויתפלל אח"כ לתשלומין דבזה יוצא לכל הדיעות:

Et il doit revenir, etc. - Toutefois s'il a dit la seconde pour le tashloumin et la première au titre de l'obligation, et qu'il s'est trompé dans celle de l'obligation et n'y a pas dit tal oumatar de telle sorte qu'il doive revenir, et qu'il ne s'en est souvenu qu'après la seconde tefila, néanmoins la seconde a valu pour le tashloumin, et il priera ensuite au titre de l'obligation. Et bien que la tefila obligatoire ait été dans l'erreur, on ne dit pas qu'elle est comme s'il n'avait pas prié du tout à cet égard, parce que néanmoins, au moment où il a dit la seconde pour le tashloumin, c'était le temps de la tefila. Et de même tout cas semblable où il a dit la première tefila pour l'obligation et s'y est trompé en oubliant ou en ajoutant de telle sorte qu'il doive revenir la dire. Le Maguen Guibborim a écrit que tout cela s'il a eu l'intention explicitement dans la seconde pour le tashloumin ; mais s'il n'a pas eu l'intention, il est meilleur que la seconde lui vaille au titre de l'obligation et qu'il prie ensuite pour le tashloumin, car ainsi il s'acquitte selon tous les avis.

(י) שחרית שתים - ואסור לאכול קודם שיתפלל השניה דהא כבר הגיע זמנה ואם התחיל אינו מפסיק כ"כ המ"א אבל בספר מחצית השקל ובספר מגן גבורים הכריעו דאפילו בדיעבד מפסיק משום דצריך להסמיך התפילה השניה להראשונה בכל מה דאפשר:

Cha'harit deux fois - Et il est interdit de manger avant d'avoir dit la seconde, car son temps est déjà arrivé. S'il a commencé, il n'interrompt pas — ainsi le Maguen Avraham ; mais le Ma'hatsit Hashekel et le Maguen Guibborim ont tranché que même bediavad il interrompt, parce qu'il faut accoler la seconde tefila à la première autant que possible.

(יא) לאחר שאומר וכו' - ר"ל שלא יפסיק לכתחילה ביניהם בשום דבר ואפילו בלימוד אסור כי תפילת השלמה צריכה להיות בעוד שעוסק בתפילה החיובית ומ"מ נ"ל דחזרת ש"ץ של תפילה החיובית מותר לשמוע קודם דזה מיקרי עדיין עוסק בתפילה ועיין לעיל סימן מ"ז ס"ז מה שכתבנו שם במ"ב בשם הא"ז:

Après qu'il dit, etc. - C'est-à-dire qu'il n'interrompra pas lekhathila entre elles par quoi que ce soit, et même l'étude est interdite, car la tefila de tashloumin doit avoir lieu tandis qu'on s'occupe encore de la tefila obligatoire. Néanmoins il me semble que la répétition du chazan de la tefila obligatoire, il est permis de l'entendre auparavant, car cela s'appelle encore s'occuper de la tefila. Voir plus haut siman 47 seif 7 ce que nous avons écrit là-bas dans la MB au nom de l'Or Zaroua.

(יב) ושמונה עשרה ברכות - ר"ל עם התחנון שאומר אח"ז דאין להפסיק בין הי"ח לתחנון:

Et les dix-huit berakhot - C'est-à-dire avec le Tahanoun qu'on dit ensuite, car il ne faut pas interrompre entre les dix-huit et le Tahanoun.

(יג) יאמר אשרי - כדי לעמוד גם בתפילת תשלומין מתוך דברי תנחומין של תורה וכנ"ל בסימן צ"ג וגם דהא בלא"ה יהיה צ"ל אשרי קודם למנצח ובא לציון יאמרנה עכשיו ולא יאמר אח"כ ועיין באחרונים שהסכימו דה"ה אם מתפלל מנחה שתים בשביל השלמה יאמר ג"כ עוד הפעם אשרי קודם תפילה השניה וכל זה הוא רק לכתחילה אבל מדינא א"צ הפסקה בין תפילה לתפילה רק כדי הילוך ד"א כמש"ל בסימן ק"ה:

Il dira Achré - Afin de se tenir aussi pour la tefila de tashloumin à partir de paroles de consolation de la Torah, comme plus haut au siman 93 ; et aussi parce que de toute façon il devra dire Achré avant Lamenatséa'h et Ouva letsion, qu'il le dise maintenant et ne le dise pas ensuite. Voir les A'haronim qui sont convenus que de même s'il dit Min'ha deux fois pour le tashloumin, il dira aussi encore une fois Achré avant la seconde tefila. Tout cela n'est que lekhathila ; mais de par le din, il n'est pas besoin d'interruption entre tefila et tefila que le temps de parcourir quatre coudées, comme plus haut au siman 105.

(יד) בין וכו' - כדי להשלים בזה גם האשרי שהיה צריך לומר קודם המנחה ויש מאחרונים שכתבו בשם המקובלים שלא לומר אשרי בערבית ואף שהוא בשביל תפילת המנחה ג"כ יש להחמיר בזה וכתב בדרך החיים דאיך שהאדם ינהוג בזה יש לו על מי לסמוך אך כל זמן שהוא יום לא ימנע מלומר אשרי אף שהוא אחר תפילת המנחה ע"כ אם נתאחר ובא לבהכ"נ בשעה שהצבור התחילו תפילת המנחה יתפלל עמהם ויאמר אשרי אח"כ ועיין במ"א שכתב דמדברי הזוהר משמע דאפילו באופן זה לא יאמרנו אדעתא דחובה רק כקורא בתורה:

Entre, etc. - Afin de compléter par là aussi l'Achré qu'il devait dire avant Min'ha. Certains A'haronim ont écrit au nom des kabbalistes de ne pas dire Achré à Arvit, et même si c'est pour la tefila de Min'ha il faut aussi être strict en cela. Le Derekh Ha'haïm a écrit que quelle que soit la façon dont l'homme se conduit en cela, il a sur qui s'appuyer ; toutefois tant qu'il fait jour, qu'il ne s'abstienne pas de dire Achré même après la tefila de Min'ha. Aussi, s'il s'est attardé et arrive à la synagogue à l'heure où le tsibbour a commencé la tefila de Min'ha, qu'il prie avec eux et dise Achré ensuite. Voir le Maguen Avraham qui a écrit que des paroles du Zohar il ressort que même de cette façon il ne le dira pas à titre d'obligation, seulement comme s'il lisait dans la Torah.

(טו) בזמן תפילה - יש מאחרונים שכתבו שר"ל דלא תקנו חז"ל תפלת השלמה רק בעודנו עוסק בתפילתו העיקרית אחר ששהא כדי הלוך ד"א או אשרי בינתים אבל הרבה אחרונים הסכימו דאף דלכתחילה בודאי צריך לזהר בזה להתפלל תפלת השלמה תיכף אחר תפילה החיובית אבל בדיעבד אינו מעכב רק אם עבר זמן תפלה דהיינו אם לא התפלל ערבית יתפלל שחרית שתים רק עד ד' שעות על היום שהוא זמן תפילה לשחרית דהא נוטל עבור זה שכר תפלה בזמנה משא"כ אחר ד' שעות דנוטל רק שכר תפלת רחמי כ"כ הפמ"ג ומגן גבורים ודה"ח אלא שבדה"ח הוסיף דבר חדש שלא נזכרו בשארי אחרונים. והוא דאם גם תפלת שחרית גופא לא התפלל עד אחר ד' שעות דצריך להתפלל אז שתים כיון שעוסק בתפלה. ואם שכח להתפלל מנחה י"א דמתפלל מעריב שתים רק עד חצות לילה שהוא זמן הראוי לערבית לכתחלה וע"ש בדה"ח מה שכתב עוד בזה להלכה אמנם הפמ"ג כתב דזמן השלמת תפילת המנחה הוא כל הלילה עד עמוד השחר. ואם שכח ולא התפלל שחרית יש לה השלמה רק מעת שמתחלת זמן מנחה והוא החצי שעה שאחר חצות וגם שיתפלל מנחה מקודם ונמשך זמן ההשלמה בדיעבד עד בין השמשות ואפילו היה יום שיש בו מוסף והתפלל מוסף באמצע. כ"ז העתקתי מן האחרונים לדינא אמנם לכתחילה יותר נכון בכל זה שאם לא התפלל תיכף תפלת השלמה אחר התפילה החיובית יתפלל אותה בתורת נדבה דהיינו שיתנה ויאמר אם אני חייב הרי זו לחובתי וא"ל הרי היא נדבה וכן הסכים הפמ"ג:

Au temps de la tefila - Certains A'haronim ont écrit que cela signifie que les Sages n'ont institué de tefila de tashloumin que tandis qu'on s'occupe encore de sa tefila principale, après avoir attendu le temps de parcourir quatre coudées ou Achré entre-temps. Mais beaucoup d'A'haronim sont convenus que, si lekhathila il faut certainement y prendre garde de dire la tefila de tashloumin tout de suite après la tefila obligatoire, néanmoins bediavad cela n'empêche que si le temps de la tefila est passé : c'est-à-dire que s'il n'a pas dit Arvit, il dira Cha'harit deux fois seulement jusqu'à quatre heures du jour, qui est le temps de la tefila pour Cha'harit, car il reçoit pour cela le salaire d'une tefila en son temps, ce qui n'est pas le cas après quatre heures, où il ne reçoit que le salaire d'une tefila de miséricorde — ainsi le Peri Megadim, le Maguen Guibborim et le Derekh Ha'haïm ; seulement le Derekh Ha'haïm a ajouté une chose nouvelle non mentionnée chez les autres A'haronim : que si aussi la tefila de Cha'harit elle-même n'a pas été dite avant après quatre heures, il doit alors prier deux fois puisqu'il s'occupe de la tefila. S'il a oublié de dire Min'ha, certains disent qu'il dit Arvit deux fois seulement jusqu'à minuit, qui est le temps propre à Arvit lekhathila ; voir là-bas dans le Derekh Ha'haïm ce qu'il a encore écrit là-dessus pour la halakha. Toutefois le Peri Megadim a écrit que le temps du tashloumin de la tefila de Min'ha est toute la nuit jusqu'à l'aube. S'il a oublié et n'a pas dit Cha'harit, elle n'a de tashloumin qu'à partir du moment où commence le temps de Min'ha, qui est la demi-heure après midi, et encore qu'il dise Min'ha d'abord ; et le temps du tashloumin se prolonge bediavad jusqu'au crépuscule, même si c'était un jour où il y a Moussaf et qu'il a dit Moussaf au milieu. Tout cela, je l'ai recopié des A'haronim pour la halakha ; toutefois lekhathila il est plus correct, en tout cela, que s'il n'a pas dit tout de suite la tefila de tashloumin après la tefila obligatoire, il la dise à titre de nedava, c'est-à-dire qu'il pose une condition et dise : si je suis tenu, que ce soit pour mon obligation, et sinon que ce soit nedava. C'est aussi ce qu'a convenu le Peri Megadim.

(טז) הסמוכה - כתבו האחרונים שאין תפילת מוסף מועיל להשלמה דהיינו שאם חסר שחרית ביום שיש בו מוסף לא יכול להשלים להתפלל מוסף שתים. אם שכח שחרית והתפלל מוסף ועדיין לא עבר זמן שחרית אפ"ה יתפלל שחרית. מי ששכח ולא התפלל שחרית ומוסף ונזכר במנחה יתפלל מנחה ואחריו מוסף ואחריו שחרית ואם התפלל מוסף קודם מנחה יצא:

La voisine - Les A'haronim ont écrit que la tefila de Moussaf ne sert pas pour le tashloumin : c'est-à-dire que s'il manque Cha'harit un jour où il y a Moussaf, il ne peut pas compléter en disant Moussaf deux fois. S'il a oublié Cha'harit et a dit Moussaf, et que le temps de Cha'harit n'est pas encore passé, néanmoins qu'il dise Cha'harit. Celui qui a oublié et n'a pas dit Cha'harit ni Moussaf et s'en souvient à Min'ha dira Min'ha, puis Moussaf, puis Cha'harit ; et s'il a dit Moussaf avant Min'ha, il s'est acquitté.

(יז) ולא מנחה - ה"ה אפילו אם התפלל מנחה ג"כ לא יכול להשלים בערב עבור שחרית דהכלל דלא תקנו השלמה רק בזמן תפילה הסמוכה לה [פמ"ג]:

Et non Min'ha - De même, même s'il a aussi dit Min'ha, il ne peut pas compléter le soir pour Cha'harit : la règle est qu'on n'a institué de tashloumin qu'au temps de la tefila voisine [Peri Megadim].

(יח) אם רצה - ולכן מי שהיה חולה או תפוס בתפיסה ולא היה המקום נקי כשיצא יתפלל כל התפילות שהפסיד ויתפלל מעריב ואח"כ מנחה ואח"כ שחרית ואם יצא מתפיסה בר"ח מזכיר בכולם יעלה ויבא אבל אם יצא בשבת ויו"ט ימתין עד הערב ויתפלל דקי"ל בסימן ק"ז שאין מתפללין נדבה בשבת ויו"ט:

S'il a voulu - Aussi, celui qui était malade ou prisonnier et dont le lieu n'était pas net, quand il sortira dira toutes les tefilot qu'il a manquées : il dira Arvit, puis Min'ha, puis Cha'harit. S'il est sorti de prison à Roch 'Hodech, il mentionne dans toutes Yaalé véyavo ; mais s'il est sorti à Chabbat et Yom Tov, qu'il attende jusqu'au soir et prie, car nous tenons au siman 107 qu'on ne dit pas de nedava à Chabbat et Yom Tov.

(יט) ונכון וכו' - עיין בפמ"ג שהסכים דטוב שיתנה ויאמר אם אני חייב להתפלל ה"ז לחובתי וא"ל הרי זו לנדבה ובזה יצא ידי כל הדיעות שיש כמה דיעות שסוברים דיש תשלומין לתפילה אפילו לכמה תפילות שעברו:

Et il est bon, etc. - Voir le Peri Megadim qui a convenu qu'il est bon qu'il pose une condition et dise : si je suis tenu de prier, que ce soit pour mon obligation, et sinon que ce soit nedava ; et par là il s'acquitte de tous les avis, car il y a plusieurs avis qui tiennent qu'il y a des tashloumin pour la tefila même pour plusieurs tefilot passées.

(כ) תשלומין - דהאיך יקרא הקרבנות וכבר עברו זמן מוסף:

Tashloumin - Car comment lirait-il les sacrifices alors que le temps de Moussaf est déjà passé ?

(כא) הזיד - ומי שבא לבהכ"נ סמוך לערבית והתפלל ערבית מבע"י ועדיין לא התפלל מנחה אף שלכתחילה שלא כהוגן עשה שהיה לו להתפלל תפילת י"ח לשם מנחה בעוד שהקהל מתפללין ערבית מ"מ אין לדמותו להזיד ולא התפלל כיון שעדיין לא עבר זמן המנחה ואף את"ל שא"א לו להתפלל תפילת המנחה באותה שעה כיון שכבר עשאו לילה בתפילת ערבית מ"מ לא יהא אלא ערבית שתים והשניה לתשלומי מנחה ואם הוא ר"ח יזכיר יעלה ויבא גם בשניה כיון שכבר קיבל עליו ר"ח במה שהזכיר בו יעו"י וה"ה אם אירע כן בשבת יתפלל השניה ג"כ של שבת וכתבו האחרונים דאם לא הזכיר בראשונה יעלה ויבא גם בשניה לא יזכיר כיון שהוא עדיין יום. מי שהתפלל במקום שהיה ראוי להסתפק בצואה ומצא אח"כ צואה דמוכח לעיל בסימן ע"ו שצריך לחזור ולהתפלל לפי שפשע שהיה לו לבדוק ה"ה דפושע ומזיד מקרי לענין זה דאם בעת כשמצא כבר עבר זמן תפילה תו אין לו תשלומין אח"כ:

Le mezid - Et celui qui est arrivé à la synagogue près d'Arvit et a dit Arvit de jour, et n'a pas encore dit Min'ha : bien que lekhathila il n'ait pas bien agi, car il aurait dû dire la Chemone Esré au titre de Min'ha tandis que le kahal dit Arvit, néanmoins on ne le compare pas au mezid qui n'a pas prié, puisque le temps de Min'ha n'est pas encore passé. Et même si l'on dit qu'il ne peut pas dire la tefila de Min'ha à cette heure puisqu'il a déjà fait de la nuit par la tefila d'Arvit, néanmoins que ce ne soit qu'Arvit deux fois, la seconde pour le tashloumin de Min'ha. S'il est Roch 'Hodech, il mentionnera Yaalé véyavo aussi dans la seconde, puisqu'il a déjà reçu sur lui Roch 'Hodech en y mentionnant Yaalé véyavo ; de même s'il est arrivé ainsi à Chabbat, il dira la seconde aussi de Chabbat. Les A'haronim ont écrit que s'il n'a pas mentionné dans la première Yaalé véyavo, il ne le mentionnera pas non plus dans la seconde, puisque c'est encore le jour. Celui qui a prié dans un endroit où il y avait lieu de craindre des excréments et a trouvé ensuite des excréments, comme il est démontré plus haut au siman 76 qu'il doit revenir prier parce qu'il a été négligent et aurait dû vérifier : de même il s'appelle négligent et mezid à cet égard, et si au moment où il a trouvé, le temps de la tefila est déjà passé, il n'a plus de tashloumin ensuite.

(כב) וא"צ חידוש - והב"ח והגר"א פסקו דצריך חידוש:

Et il n'a pas besoin de 'hidouch - Le Ba'h et le Gra ont tranché qu'il faut un 'hidouch.

(כג) אותו עסק - ואפילו אם העסק הוא מהדברים הנזכרים בסימן רל"ב לאיסור משהגיע זמן תפלה והוא התחיל בעסק זה באיסור כיון שלא ביטל התפלה בשאט נפש אלא היה סבור להתפלל אחר שיגמור העסק ושכח אח"כ:

Cette occupation - Et même si l'occupation est de celles mentionnées au siman 232 comme interdites une fois arrivé le temps de la tefila, et qu'il a commencé cette occupation en interdiction : puisqu'il n'a pas annulé la tefila par mépris, mais pensait prier après avoir fini l'occupation et a oublié ensuite.

(כד) שלא יבוא וכו' - וכן אם היה טרוד לקנות ולמכור סחורתו וע"י כך עבר זמן התפילה:

Afin qu'il ne vienne pas, etc. - De même s'il était occupé à acheter et vendre sa marchandise et que par là le temps de la tefila est passé.

(כה) של שבת - אע"ג שבאה לתשלומין של חול מ"מ כיון שעכשיו הוא שבת מתפלל אותה ג"כ של שבת. ואם טעה והתפלל השניה של חול פטור מלהתפלל ואם הקדים בזה השל חול לשל שבת לא יצא לכו"ע שהרי ניכר שהקדים התשלומין אך אם עדיין היום גדול אלא שקיבל שבת במזמור שיר וגו' או בברכו ולא התפלל עדיין מנחה דמבואר לקמן בסימן רס"ג סט"ו דיתפלל ערבית שתים לכתחילה צריך להתפלל שתים של שבת והראשונה לשם ערבית והשניה לשם תשלומי מנחה ובדיעבד אם התפלל ראשונה לשם מנחה ואפילו אם התפלל אותה של חול אפשר דיצא הואיל ועדיין יום הוא:

De Chabbat - Bien qu'elle vienne en tashloumin d'un jour de semaine, néanmoins puisque maintenant c'est Chabbat, il la dit aussi de Chabbat. S'il s'est trompé et a dit la seconde de semaine, il est exempté de prier. S'il a fait précéder en cela celle de semaine à celle de Chabbat, il ne s'est pas acquitté selon tous, car il est manifeste qu'il a fait précéder le tashloumin. Toutefois si le jour est encore grand, seulement qu'il a reçu Chabbat par Mizmor shir, etc., ou par Barekhou, et n'a pas encore dit Min'ha — comme expliqué plus loin au siman 263 seif 15 qu'il dira Arvit deux fois —, lekhathila il doit dire deux de Chabbat, la première au titre d'Arvit et la seconde au titre du tashloumin de Min'ha ; et bediavad, s'il a dit la première au titre de Min'ha, et même s'il l'a dite de semaine, il se peut qu'il se soit acquitté puisque c'est encore le jour.

(כו) שתים - וכן פסקו המ"א והדה"ח והח"א ושארי אחרונים דלא כהלבוש וסייעתו שסוברים דאין צריך להזכיר בשניה של ר"ח. מי שלא התפלל ערבית בר"ח והתפלל שחרית שתים ולא הזכיר בשניה יעלה ויבא א"צ לחזור ולהתפלל כיון דאפילו אם היה מתפלל בערבית גופא ושכח א"צ לחזור א"כ לא יהיה חמיר התשלומין מאלו התפלל בזמנה וכן אם טעה ולא התפלל מנחה בר"ח ור"ח הוא שני ימים ומתפלל ערבית שתים והשניה הוא לתשלומין של מנחה אפילו לא הזכיר בה ר"ח א"צ לחזור כיון דאפי' בעיקר התפלה דערבית א"צ לחזור בשביל יעלה ויבא ק"ו מה שהוא עכשיו לתשלומין:

Deux fois - C'est aussi ce qu'ont tranché le Maguen Avraham, le Derekh Ha'haïm, le 'Hayé Adam et d'autres A'haronim, non comme le Levouch et ses partisans qui tiennent qu'il n'a pas besoin de mentionner dans la seconde celle de Roch 'Hodech. Celui qui n'a pas dit Arvit à Roch 'Hodech et a dit Cha'harit deux fois et n'a pas mentionné dans la seconde Yaalé véyavo n'a pas besoin de revenir prier, puisque même s'il avait dit Arvit elle-même et avait oublié, il n'aurait pas besoin de revenir ; dès lors le tashloumin ne sera pas plus strict que s'il avait prié en son temps. De même s'il s'est trompé et n'a pas dit Min'ha à Roch 'Hodech, et que Roch 'Hodech est de deux jours, et qu'il dit Arvit deux fois, la seconde étant pour le tashloumin de Min'ha : même s'il n'y a pas mentionné Roch 'Hodech, il n'a pas besoin de revenir, puisque même dans la tefila principale d'Arvit on n'a pas besoin de revenir pour Yaalé véyavo, à plus forte raison pour ce qui est maintenant un tashloumin.

(כז) צריך לחזור - דבזה שלא הזכיר בראשונה גלי דעתו דנתכוין בה לשם תשלומין של ער"ח דהוי חול וכבר מבואר בתחלת הסימן דאם הקדים התשלומין לשל חוב דלא יצא וכמו בהבדלה בסעיף שאחר זה ע"כ יחזיר ויתפלל אותה התפילה והיינו דוקא כשהתשלומין בא מחמת תפלה שאינו של ר"ח דכיון שלא הזכיר יעלה ויבא בראשונה גלי אדעתיה דצלי בראשונה אדעתא דתשלומין של יום חול אבל אם היה ר"ח ב' ימים ולא התפלל מנחה ביום ראשון של ר"ח שצריך להתפלל ערבית שתים ולא הזכיר בראשונה יעלה ויבא א"צ לחזור ולהתפלל דליכא ראיה דבשביל תשלומין התפלל אותה. עוד כתבו האחרונים דמה שכתב הרמ"א דאם לא הזכיר בראשונה והזכיר בשניה צריך לחזור ה"מ בסתמא אבל אם כיון בפירוש הראשונה לשם חובה והשניה להשלמה יצא:

Il doit revenir - Car par le fait qu'il n'a pas mentionné dans la première, il a révélé son intention de l'avoir dite au titre du tashloumin de la veille de Roch 'Hodech, qui est un jour de semaine ; et il a déjà été expliqué au début du siman que s'il a fait précéder le tashloumin à celle de l'obligation, il ne s'est pas acquitté, comme pour la Havdala au seif suivant. Aussi reviendra-t-il et dira-t-il cette tefila ; et cela seulement quand le tashloumin vient d'une tefila qui n'est pas de Roch 'Hodech, car puisqu'il n'a pas mentionné Yaalé véyavo dans la première, il a révélé son intention d'avoir prié la première dans l'idée du tashloumin d'un jour de semaine. Mais si Roch 'Hodech était de deux jours et qu'il n'a pas dit Min'ha le premier jour de Roch 'Hodech, qu'il doit dire Arvit deux fois, et qu'il n'a pas mentionné dans la première Yaalé véyavo, il n'a pas besoin de revenir prier, car il n'y a pas de preuve qu'il l'ait dite pour le tashloumin. Les A'haronim ont encore écrit que ce qu'a écrit le Rema : s'il n'a pas mentionné dans la première et a mentionné dans la seconde, il doit revenir — cela dans le cas ordinaire ; mais s'il a eu l'intention explicitement que la première soit au titre de l'obligation et la seconde pour le complément, il s'est acquitté.

(כח) ואינו מבדיל - משום דהבדלה די בפעם אחד משא"כ בשבת ור"ח דצריך להזכירה בכל התפילות ע"כ פסק בסעיף הקודם דמתפלל של שבת ושל ר"ח שתים:

Et il ne fait pas Havdala - Parce que la Havdala suffit une fois, ce qui n'est pas le cas à Chabbat et Roch 'Hodech où il faut la mentionner dans toutes les tefilot ; aussi a-t-il tranché au seif précédent qu'il dit celle de Chabbat et celle de Roch 'Hodech deux fois.

(כט) לא עלתה לו - דמיבעי ליה לאקדומי חובת שעתיה ברישא והוא גילה דעתו שהתפלל הראשונה לתשלומין לכן צריך לחזור ולהתפלל אחת לתשלומין בלא הבדלה אך אם כיון במחשבתו שהראשונה לחיובא והשניה לתשלומין ומה שהיפך ההבדלה היה בטעות ושגג ולא נתכוין כלל א"צ לחזור:

Elle ne lui a pas valu - Car il devait faire précéder l'obligation de son heure d'abord, et il a révélé son intention d'avoir dit la première pour le tashloumin ; aussi doit-il revenir et en dire une pour le tashloumin sans Havdala. Toutefois s'il a eu l'intention dans sa pensée que la première soit pour l'obligation et la seconde pour le tashloumin, et que l'inversion de la Havdala était par erreur et shogeg et qu'il n'a pas eu d'intention du tout, il n'a pas besoin de revenir.

(ל) ואם הבדיל וכו' - כ"ז בסתמא אבל אם היה בדעתו בפירוש הראשונה להשלמה נראה דלא יצא [א"ר]:

Et s'il a fait Havdala, etc. - Tout cela dans le cas ordinaire ; mais s'il avait explicitement en tête que la première soit pour le complément, il semble qu'il ne se soit pas acquitté [Eliyahou Rabba].

(לא) לא הבדיל וכו' - שאין חוזרין בשביל הזכרת הבדלה בתפילה הואיל ויכול לאומרה על הכוס כמש"כ בסימן רצ"ח ואם אח"כ טעם קודם שהבדיל על הכוס דקי"ל צריך לחזור ולהתפלל מ"מ עלתה לו תפלת התשלומין כיון דבשעה שהתפלל התשלומין שפיר היה פטור מחובת שעתא שהרי היה כוס לפניו רק שעל ידי שטעה נתחייב:

Il n'a pas fait Havdala, etc. - Car on ne revient pas pour la mention de la Havdala dans la tefila, puisqu'on peut la dire sur la coupe, comme écrit au siman 298. Et s'il a ensuite goûté avant d'avoir fait Havdala sur la coupe, auquel cas nous tenons qu'il doit revenir prier, néanmoins la tefila de tashloumin lui a valu, puisque au moment où il a dit le tashloumin il était bien exempté de l'obligation de l'heure, car il avait une coupe devant lui ; seulement par son erreur il s'est obligé.

(לב) במוצ"ש שתים - יש בזה מחלוקת התוספות בשם ר"י ס"ל דא"צ לחזור בשביל זה דהא כבר התפלל י"ח רק ששכח של שבת וכשישלים ויתפלל י"ח ולא יזכיר של שבת מה ירויח בזה התשלומין וחכמי פרובינצ"ה ס"ל דמה שהתפלל י"ח בלא שבת הוי כאלו לא התפלל כלל כיון שלא עשה כדין וע"כ הכריעו הפוסקים שיחזור להתפלל בתורת נדבה וא"צ לחדש כיון שיש סברא שצריך לחזור ולהתפלל מצד הדין אין חידוש גדול מזה:

À la sortie de Chabbat deux fois - Il y a à ce sujet une discussion. Les Tossafot au nom de Rabbi Yits'hak tiennent qu'il n'a pas besoin de revenir pour cela, car il a déjà dit la Chemone Esré, seulement il a oublié celle de Chabbat ; et quand il complétera et dira la Chemone Esré sans mentionner celle de Chabbat, que gagnera-t-il par ce tashloumin ? Les Sages de Provence tiennent que ce qu'il a dit la Chemone Esré sans Chabbat est comme s'il n'avait pas prié du tout, puisqu'il n'a pas fait selon la loi. Aussi les décisionnaires ont-ils tranché qu'il revienne prier à titre de nedava, et il n'a pas besoin de renouveler, puisque qu'il y a une raison de devoir revenir prier de par le din, il n'y a pas de 'hidouch plus grand que cela.

(לג) בתורת נדבה - היינו שיתנה ויאמר אם חייב אני ה"ז לחובתו וא"ל הרי זה לנדבה. ועיין בפמ"ג דה"ה כל ספק פלוגתא דרבוותא יתפלל בנדבה ובתנאי שיהא ספק פלוגתא ממש לא יחיד נגד רבים ולא קטן נגד גדול ואז דינו כמו בספק אם התפלל לעיל בסימן ק"ז סעיף א' ובשבת ויו"ט אין מתפלל תפילת ספק דאיך יתנה דאין מביאין נדבה בשבת כדלעיל בסימן ק"ז. אם נאנס ולא התפלל במו"ש מתפלל ביום שתי תפלות אחת לחובה ואחת לתשלומין ולא יאמר אתה חוננתנו אע"פ שלא הבדיל כ"כ כה"ג בשם הרדב"ז וכתב המ"א בסימן רצ"ד שלא ידע את טעמו עי"ש ובספר מגן גבורים העתיק את טעמו ממנו וז"ל שם אפילו עדיין לא הבדיל א"צ לומר אתה חוננתנו כיון שחייב להבדיל שלא תקנו תשלומין לדבר שיש לו תקנה וכיון שאתה חוננתנו יש לו תקנה בהבדלה אין לו תשלומין:

À titre de nedava - C'est-à-dire qu'il pose une condition et dise : si je suis tenu, que ce soit pour son obligation, et sinon que ce soit nedava. Voir le Peri Megadim : de même tout doute de discussion de maîtres, on prie en nedava, à condition que ce soit un vrai doute de discussion, non un individu contre la majorité ni un petit contre un grand ; et alors son din est comme le doute s'il a prié, plus haut au siman 107 seif 1. Et à Chabbat et Yom Tov on ne dit pas de tefila de doute, car comment poserait-il une condition, puisqu'on n'apporte pas de nedava à Chabbat, comme plus haut au siman 107. S'il a été anos et n'a pas prié à la sortie de Chabbat, il dit le jour deux tefilot, une pour l'obligation et une pour le tashloumin, et il ne dira pas Ata 'honantanou bien qu'il n'ait pas fait Havdala — ainsi Kenesset Hagedola au nom du Radbaz. Le Maguen Avraham au siman 294 a écrit qu'il n'en savait pas la raison, voir là-bas ; le Maguen Guibborim a recopié sa raison de lui, et voici ses paroles : même s'il n'a pas encore fait Havdala, il n'a pas besoin de dire Ata 'honantanou, puisqu'il est tenu de faire Havdala : on n'a pas institué de tashloumin pour une chose qui a un remède, et puisque Ata 'honantanou a un remède par la Havdala, elle n'a pas de tashloumin.

(לד) וה"ה אם וכו' - ר"ל שנכון ג"כ להתפלל בערבית תפלה שניה להשלמה ובתורת נדבה והיינו ג"כ מטעם הנ"ל מפני שאינו מרויח כלום בתפילה זו שהרי יעלה ויבא לא יאמר עכשיו שכבר עבר ר"ח ותפילת שמנה עשרה כבר התפלל אבל אם בלילה ג"כ ר"ח לכו"ע יתפלל דהא ירויח שיאמר יעלה ויבא כ"כ המ"א והסכימו עמו האחרונים. עוד כתב המ"א דה"ה בליל יו"ט שני ור"ל אם התפלל של חול במנחה של יו"ט ראשון צריך להתפלל בלילה להשלמה לכו"ע דהא ירויח שיתפלל של יו"ט ובספר צל"ח חלק ע"ז הדין השני והביאו בחידושי רע"א ועיין במחצית השקל ומגן גבורים:

Et de même s'il, etc. - C'est-à-dire qu'il est bon aussi de dire à Arvit une seconde tefila pour le complément et à titre de nedava, et cela aussi pour la raison ci-dessus : parce qu'il ne gagne rien par cette tefila, car Yaalé véyavo il ne le dira pas maintenant que Roch 'Hodech est déjà passé, et la Chemone Esré il l'a déjà dite. Mais si la nuit aussi est Roch 'Hodech, selon tous il priera, car il gagne de dire Yaalé véyavo — ainsi le Maguen Avraham, et les A'haronim ont convenu avec lui. Le Maguen Avraham a encore écrit que de même la nuit du second jour de Yom Tov, c'est-à-dire s'il a dit celle de semaine à Min'ha du premier Yom Tov, il doit prier la nuit pour le complément selon tous, car il gagne de dire celle de Yom Tov. Le Tselah a contesté ce second din, et le 'Hidouché Rabbi Akiva Eiger l'a rapporté ; voir le Ma'hatsit Hashekel et le Maguen Guibborim.

(לה) יעלה ויבא - בדיוקא נקט יעלה ויבא דאם שכח טל ומטר או משיב הרוח בשבת ור"ח במנחה או ששכח שאר דבר המצריכו לחזור ולהתפלל לכו"ע יתפלל בערב שתים דהא ירויח זה בתפילת התשלומין:

Yaalé véyavo - C'est précisément Yaalé véyavo qu'il a mentionné : car s'il a oublié tal oumatar ou Machiv haroua'h à Chabbat et Roch 'Hodech à Min'ha, ou s'il a oublié toute autre chose qui l'oblige à revenir prier, selon tous il dira le soir deux fois, car il gagne cela dans la tefila de tashloumin.

(לו) של ר"ח - אם חל ר"ח בע"ש והיה ר"ח רק יום אחד ושכח במנחה להזכיר של ר"ח ונזכר אחר שחשכה אין להשלים כלל בליל שבת כיון דאינו מועיל כלום ורק שיכול להתפלל בנדבה ואין מתפללין תפלת נדבה בשבת. אם לא התפלל שחרית ביום ראשון של פסח וביום שמיני עצרת כשמשלים במנחה יתפלל תפלות שוות ואם טעה בתשלומין והתפלל כמו שהיתה ראויה להתפלל בשחרית אינו חוזר וכן אם לא התפלל מנחה ביום שלפני יום שמתחילין לומר טל ומטר ומתפלל ערבית שתים ישאל מטר בשניהם ובדיעבד אם לא שאל בשל תשלומין יצא ועיין בבה"ל:

De Roch 'Hodech - Si Roch 'Hodech tombe la veille de Chabbat et que Roch 'Hodech n'était que d'un jour, et qu'il a oublié à Min'ha de mentionner celle de Roch 'Hodech et s'en souvient après la tombée de la nuit, il n'y a pas du tout à compléter le vendredi soir, puisqu'il ne sert à rien, et seulement il pourrait prier en nedava, et on ne dit pas de tefila de nedava à Chabbat. S'il n'a pas dit Cha'harit le premier jour de Pessa'h et le jour de Chemini Atseret, quand il complète à Min'ha il dira des tefilot égales ; et s'il s'est trompé dans le tashloumin et a prié comme il aurait fallu prier à Cha'harit, il ne revient pas. De même s'il n'a pas dit Min'ha le jour précédant celui où l'on commence à dire tal oumatar, et qu'il dit Arvit deux fois, il demandera la pluie dans les deux ; et bediavad, s'il n'a pas demandé dans celle du tashloumin, il s'est acquitté. Voir le Biour Halakha.

(לז) שלא בזמנה - כגון שהזכיר יעלה ויבא שלא בר"ח וחוש"מ או שהוסיף של שבת ויו"ט בחול וכה"ג ונזכר לאחר שגמר הברכה או כל התפילה:

Hors de son temps - Par exemple s'il a mentionné Yaalé véyavo hors de Roch 'Hodech et 'Hol Hamoed, ou s'il a ajouté celle de Chabbat et Yom Tov en semaine et semblable, et s'en est souvenu après avoir achevé la berakha ou toute la tefila.

(לח) לא הוי הפסקה - שיהיה צריך עי"ז לחזור לראש או לתחלת הברכה שהפסיק בה ורוב האחרונים חולקים על פסק זה וס"ל דלא עדיף זה מאם הפסיק בשיחה באמצע התפילה דפסק השו"ע לעיל בסימן ק"ד סעיף ו' שצריך לחזור לתחלת ברכה ובג' ראשונות ואחרונות חוזר לתחלת הג' ועיין לעיל שם שביארנו כל פרטי דיני השיחה. גם בדה"ח ובח"א סתמו לדינא כמותם ועיין בדה"ח שהוסיף עוד וכתב דה"מ אם הזכיר דבר שאין שייך לאותו היום כגון שאומר זכרנו וכו' וכתבנו וכו' דאין זמן כתיבה היום או שאמר יעלה ויבא עד לאחר יום ר"ח הזה שהוא שקר מוחלט שהיום אינו ר"ח ע"כ דינו כשח באמצע תפילה וכנ"ל אבל אם לא אמר שקר כגון שאמר זכרנו לחיים ולא אמר וכתבנו או הבדלה בחונן הדעת שמזכיר מה שחנן לו השי"ת לב להבין ולהבדיל וזה שייך בכל השנה לתת תודה להש"י שחלק לו לב להבין ומדע לידע או שאמר יעלה ויבא עד ביום ר"ח הזה דלא הוי שקר רק כמוסיף בתפילתו ואף שאסור להוסיף בג' ראשונות ואחרונות מ"מ כשח לא הוי עכ"ל ועיין בח"א כלל כ"ה שכתב בין לענין שיחה בשוגג בתפלה ובין לענין שהזכיר דבר שלא בזמנו בדיעבד אם לא חזר לתחלת הברכה כיון שסיים הברכה אף שהוסיף בה דבר שלא כענינו אינו רשאי לחזור וכ"ש אם כבר השלים תפלתו עי"ש טעמו בנ"א:

Ce n'est pas un hefsek - Qui obligerait par là à revenir au début ou au début de la berakha dans laquelle il a interrompu. La plupart des A'haronim contestent cette décision et tiennent que cela n'est pas mieux que s'il avait interrompu par une parole au milieu de la tefila, dont le Choul'han Aroukh a tranché plus haut au siman 104 seif 6 qu'il doit revenir au début de la berakha, et dans les trois premières et les trois dernières il revient au début des trois. Voir plus haut là-bas où nous avons expliqué tous les détails des dinim de la parole. Aussi le Derekh Ha'haïm et le 'Hayé Adam ont-ils tranché pour la halakha comme eux. Voir le Derekh Ha'haïm qui a encore ajouté et écrit : cela seulement s'il a mentionné une chose qui n'appartient pas à ce jour, par exemple s'il dit Zokhrénou, etc., et Oukhtov, etc., alors qu'il n'y a pas de temps d'écriture aujourd'hui, ou s'il a dit Yaalé véyavo jusqu'après « ce jour de Roch 'Hodech », ce qui est un mensonge absolu, car aujourd'hui n'est pas Roch 'Hodech : aussi son din est-il comme s'il avait parlé au milieu de la tefila, comme plus haut. Mais s'il n'a pas dit de mensonge, par exemple s'il a dit Zokhrénou le'haïm et n'a pas dit Oukhtov, ou la Havdala dans 'Honén hadaat, où il mentionne que le Saint, béni soit-Il, lui a fait grâce d'un cœur pour comprendre et distinguer, et cela appartient à toute l'année pour rendre grâce à ה' qui lui a départi un cœur pour comprendre et un savoir pour connaître, ou s'il a dit Yaalé véyavo jusqu'à « en ce jour de Roch 'Hodech » sans que ce soit un mensonge, seulement comme s'il ajoutait à sa tefila : et bien qu'il soit interdit d'ajouter dans les trois premières et les trois dernières, néanmoins ce n'est pas comme s'il avait parlé. Fin de ses paroles. Voir le 'Hayé Adam klal 25 qui a écrit, tant pour une parole par shogeg dans la tefila que pour avoir mentionné une chose hors de son temps : bediavad, s'il n'est pas revenu au début de la berakha, puisqu'il a terminé la berakha, même s'il y a ajouté une chose hors de propos, il n'est pas autorisé à revenir, et à plus forte raison s'il a déjà achevé sa tefila ; voir là-bas sa raison dans Nishmat Adam.