משנה ברורה

Michna Beroura — siman 111

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi de l'accolement de la Gueoula à la tefila
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On n'interrompt pas entre la bénédiction de la rédemption et l'Amida ; délai, amen, versets ; particularités de Chabbat et de Yom Tov.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETAccoler la Gueoula à la tefila — pas d’interruption entre Gaal Israël et l’Amida
À FAIREColler Gueoula-Amida
Même un délai > kdei dibbour est à éviter lekhathila (kdei dibbour = question élève-maître)
À FAIREAdonaï sefataï tiftah
Fait partie de la tefila : permis entre Gueoula et Amida ; ne pas interrompre après lui
À FAIREChabbat / Yom Tov
Usage de versets (Yaankha… après Yihyou leratson) ; Rema : bon d’être strict aussi ces jours-là
À FAIREOubli du verset d’ouverture
Revenir le dire (il appartient à la tefila) ; bon à voix basse
À ÉVITERAmen après soi-même
Hefsek, même si la série des berakhot du Chema s’achève là
À ÉVITERKaddich / Kedoucha / versets en semaine
Ne pas répondre entre Gueoula et Amida (66:9) ; aucun verset, aussi à Arvit
À ÉVITERParole profane du chazan
Après sa tefila à voix basse : seulement parole de mitsva (Yéhé cheméh rabba etc.)
OUIAmen après l’officiant
Rema / usage : permis (pas après soi-même)
OUIAmen yehé cheméh rabba / Kedoucha / Barekhou à Chabbat
Permis entre Gueoula et tefila même à Cha’harit (Eliya Rabba, PM, Chalmè Tsibbour)
OUIMoussaf et Min’ha
Versets permis avant Adonaï sefataï tiftah, pas après
OUIRetard au tsibbour
Cha’harit : lire le Chema avec ses berakhot puis prier ; Arvit : prier avec eux puis lire le Chema (236:3)
NONMé’haber / amen même après l’officiant
Interdit à cause du hefsek ; le Rema rapporte l’usage contraire
REMAUsage : amen après l’officiant, pas après soi-même (cf. 66). Beit Yossef : l’accolement est derabanane (image de l’ami du roi). Rema : bon d’être strict à Chabbat malgré l’argument « ce n’est pas un temps de détresse ».
Rien entre Gueoula et Amida : ni verset, ni délai > kdei dibbour. Mé’haber : même pas amen. Usage Rema : amen après l’officiant seulement. Chabbat : on peut Yéhé cheméh rabba / Kedoucha / Barekhou. Adonaï sefataï fait partie de la tefila.

Glossaire

Gueoula
bénédiction de la rédemption (Gaal Israël) qui précède l'Amida
semikhat gueoula li-tefila
accolement immédiat de la rédemption à la tefila
kdei dibbour
temps d'une parole : celui d'une question d'élève à son maître
hefsek
interruption entre deux parties de la tefila
Kedoucha
sanctification collective
Barekhou
appel à la bénédiction lancé par l'officiant
Amen yehé cheméh rabba
réponse principale du kaddish
ה' sefataï tiftah
verset d'ouverture de l'Amida

(א) צריך לסמוך - אבל במוסף ומנחה מותר לומר פסוקים קודם ד' שפתי תפתח אבל לא אח"כ דפסוק זה מכלל תפלה הוא דהא מהאי טעמא נוכל לומר אותו בין גאולה לתפילה מפני דכיון דקבעוהו רבנן בתפלה יש לו דין תפלה א"כ אין להפסיק בינו לתפלת י"ח:

Il faut accoler — Mais à Moussaf et à Minha il est permis de dire des versets avant « ה' sefataï tiftah », mais pas après, car ce verset fait partie de la tefila : c'est d'ailleurs pour cette raison qu'on peut le dire entre Gueoula et tefila, parce que, les Sages l'ayant fixé dans la tefila, il a statut de tefila ; dès lors on n'interrompra pas entre lui et la tefila des dix-huit.

(ב) ביניהם - ואפילו בשהייה בעלמא יותר מכדי דיבור יש לזהר לכתחלה [כדי דבור הוא כדי שאילת תלמיד לרב]:

Entre eux — Même un simple délai plus long que kdei dibbour : il faut y prendre garde lekhathila (a priori). [Kdei dibbour est le temps d'une question d'élève à maître.]

(ג) אפילו באמן וכו' - וה"ה דקדיש וקדושה אין לענות וכדלעיל בסימן ס"ו ס"ט ונקט אמן משום דשם סליק ענינא של הברכות ק"ש וה"א דיכול לענות אמן אפילו אחר עצמו וכדלקמן בסימן רט"ו ס"א קמ"ל דאסור משום הפסק ואפילו אחר הש"ץ לא יענה:

Même par amen, etc. — Il en va de même pour le kaddish et la Kedoucha : on n'y répondra pas, comme ci-dessus siman 66 seif 9. Il a mentionné amen parce que là s'achève le sujet des bénédictions du Chema, et l'on aurait pu penser qu'on peut répondre amen même après soi-même, comme plus loin siman 215 seif 1 ; il nous enseigne que c'est interdit à cause de l'interruption, et même après l'officiant on ne répondra pas.

(ד) ולא בשום פסוק - ואפילו בערבית קודם תפילת י"ח ג"כ יש לזהר בזה:

Ni par aucun verset — Même à Arvit avant la tefila des dix-huit, il faut aussi y prendre garde.

(ה) אמן - אבל לאיש"ר וקדושה אינו מפסיק דאמן שייך לברכה ולא הוי הפסק משא"כ באלו:

Amen — Mais pour « Amen, yehé cheméh rabba » et la Kedoucha, il n'interrompt pas pour y répondre : car amen appartient à la bénédiction et n'est pas une interruption, ce qui n'est pas le cas de ceux-là.

(ו) וכן נוהגין - היינו אחר החזן ולא אחר עצמו ועיין לעיל בסימן ס"ו בהג"ה ובמ"ב שם:

Et ainsi est l'usage — C'est-à-dire après l'officiant et non après soi-même. Voir ci-dessus siman 66 dans la glose et le Michna Beroura là-bas.

(ז) ושבת וכו' - ויו"ט כיון דיום זה הוי בשאר ימים יום צרה שייך ביה ג"כ הפסוק דיענך ה' וגו' אחר הפסוק יהיו לרצון דמיירי בגאולה:

Et Chabbat, etc. — Et Yom Tov : puisque ce jour-là, les autres jours, est un jour de détresse, le verset « Yaankha ה'… » lui convient aussi, après le verset « Yihyou leratson », qui traite de la rédemption.

(ח) לאו זמן צרה - והב"י חולק ע"ז וס"ל דההוא קרא סמך בעלמא ועיקר סמיכת גאולה לתפלה הוא מדברי חכמים שדימו י"ח ברכות אחר ברכת גאולה לאוהבו של מלך שבא ודפק על פתח המלך ויצא המלך לקראתו ואם רואהו המלך שהפליג והלך לו אף הוא מפליג ושוב אינו מתקרב אליו כשחוזר ודופק כך הוא במפסיק בין גאולה לתפלה וע"כ כתב רמ"א וטוב להחמיר:

Ce n'est pas un temps de détresse — Le Beit Yossef conteste cela et tient que ce verset n'est qu'un simple appui, et que l'essentiel de l'accolement de Gueoula à la tefila vient des Sages, qui ont comparé les dix-huit bénédictions après la bénédiction de Gueoula à l'ami du roi qui vient frapper à la porte du roi : le roi sort à sa rencontre ; s'il le voit s'éloigner et s'en aller, lui aussi s'éloigne et ne s'approche plus lorsqu'il revient frapper. Ainsi en est-il de qui interrompt entre Gueoula et tefila. C'est pourquoi le Rema a écrit : et il est bon d'être strict.

(ט) שצריך לכך - היינו דמותר לענות איש"ר וקדושה וברכו בין גאולה לתפלה דשבת אף בשחרית כ"כ הא"ר ופמ"ג ושלמי צבור ועיין בבה"ל:

Qu'il le faut — C'est-à-dire qu'il est permis de répondre « Amen, yehé cheméh rabba », Kedoucha et Barekhou entre Gueoula et tefila de Chabbat, même à Chaharit. Ainsi l'Eliya Rabba, le Pri Megadim et Chalmè Tsibbour. Voir le Biour Halakha.

(י) חוזר וכו' - דפסוק זה הוא שייך לתפלה וכנ"ל וטוב שיאמרנו בלחש אבל שאר פסוקים א"צ לומר ואם רצה לומר רשאי. כתב בפמ"ג דהש"ץ אינו רשאי להפסיק לאחר שהתפלל בלחש רק לדבר מצוה כגון לענות איש"ר וכדומה אבל לדבר הרשות נראה דלא:

Il revient, etc. — Car ce verset appartient à la tefila, comme ci-dessus. Il est bon de le dire à voix basse ; mais les autres versets, on n'a pas besoin de les dire, et si l'on veut les dire on le peut. Le Pri Megadim a écrit que l'officiant n'est pas autorisé à interrompre après avoir prié à voix basse, sinon pour une parole de mitsva, par exemple répondre « Amen, yehé cheméh rabba » et semblables ; mais pour une parole profane, il semble que non.

(יא) קורא ק"ש - ר"ל עם ברכותיה. וכ"ז בשחרית אבל בערבית יתפלל עמהם ואח"כ קורא ק"ש כמש"כ בסימן רל"ו ס"ג ע"ש:

Il lit le Chema — C'est-à-dire avec ses bénédictions. Et tout cela à Chaharit ; mais à Arvit il priera avec eux puis lira le Chema, comme il est écrit au siman 236 seif 3, voir là-bas.