משנה ברורה

Michna Beroura — siman 124

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Conduite de l'officiant dans les dix-huit berakhot et réponse Amen
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Règles de la répétition de l'officiant : qui s'acquitte par elle, comment écouter et répondre amen, amen orphelin ou hâtif, et la conduite du tsibbour pendant la 'hazara.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] 'Hazara de l'officiant — qui s'acquitte, écoute, Amen (orphelin / hâtif / court), conduite du tsibbour [FAIRE] Écouter toute la berakha | Intention du début à la fin ; comprendre en langue sainte [FAIRE] Répondre Amen après chaque berakha | Elle est vérité ; dans la tefila, aussi que la chose se réalise ; viser également « Baroukh Ata H' » [FAIRE] Neuf qui écoutent vraiment | Sinon proche de berakhot vaines [FAIRE] Se tenir debout | Surtout dans les quatre coudées de l'officiant (interdit de s'asseoir là) [FAIRE] Prononcer Amen | Alef au kamats gadol ; assez long pour El Melekh neeman [FAIRE] Attendre la fin du dernier mot | Puis Amen aussitôt (tokh kedei dibbour : trois ou quatre mots) [FAIRE] Officiant | N'enchaîne pas avant Amen de la majorité ; marquer un temps après Baroukh Hou ouBaroukh Chemo pour que l'on sache quelle berakha [FAIRE] Baroukh Hou ouBaroukh Chemo | Le tsibbour le dit dans la 'hazara avant Amen [EVITER] Amen orphelin | Trop tard ; ou (Rema) on ne sait pas sur quelle berakha — même déjà prié, même berakhot quelconques [EVITER] Amen hâtif | Avant que l'officiant ait achevé le dernier mot [EVITER] Amen court | Semble un fardeau [EVITER] Parler, étudier, tahanounim pendant la 'hazara | Les érudits font fauter les ignorants [EVITER] Chanter ou reprendre des mots avec l'officiant | Ostentation ; risque de berakha vaine [EVITER] Baroukh Hou ouBaroukh Chemo | Interdit si l'on s'acquitte par cette berakha (chofar, Meguila, Kiddouch) ou si l'on n'a pas le droit d'interrompre (Pessoukei dezimra, berakhot du Chema) [CAS:OUI] Non versé + minyan de dix | S'acquitte s'il écoute et comprend [CAS:OUI] Officiant n'a pas prié à voix basse | Seulement besoin pressant et personne d'autre au pupitre ; hors cela : d'abord lachash puis 'hazara [CAS:OUI] Heure très pressée | Le tsibbour commence avec l'officiant jusqu'à HaEl haKadoch (ledor vador mot à mot) ; à l'extrême, Amen des enfants ou de quelqu'un qui a déjà prié [CAS:OUI] Après Yehiyou et les tahanounim habituels | Amen avec le tsibbour (ou un yahid) s'il sait la berakha et qu'Amen n'a pas cessé de la majorité [CAS:OUI] Oubli d'une mention (même parmi les trois premières) | Peut s'appuyer sur l'officiant s'il écoute du début à la fin [CAS:NON] Versé | Ne s'acquitte pas par l'officiant, même bediavad [CAS:NON] Moins de dix / n'entend pas / ne comprend pas | N'acquitte pas [CAS:NON] Amen après un sot | Pas sujet de mitsva [REMA] Takana : on répète toujours, au cas où un non versé serait là. Mé'haber permet Amen « à l'aveugle » si l'on n'est pas tenu de cette berakha ; Rema l'interdit dès qu'on ignore laquelle. Attendre l'av beit din / celui qui prie mot à mot : usage, jamais au détriment du zman Chema/tefila. De nos jours, mieux de prier soi-même que de s'appuyer sur un hazan qui avale les mots. Si les neuf n'écoutent pas : stipuler nedava. Celui qui s'acquitte par l'officiant entend le Modim de l'officiant, non Modim derabbanan — problème si le hazan le dit bas. Petits qui courent : mieux de ne pas les amener. [SYNTHESE] La 'hazara n'acquitte que le non versé qui écoute et comprend, avec minyan. Le tsibbour se tait, écoute chaque berakha, répond un Amen juste et à temps. Parler pendant la 'hazara fait fauter le public.

Glossaire

chalia'h tsibbour / officiant
celui qui répète la tefila à voix haute pour le public
hazara / répétition de l'officiant
répétition à voix haute des dix-huit berakhot
baki / versé
qui sait prier seul
einó baki / non versé
qui ne sait pas prier seul
bediavad
après coup
lekhathila
a priori
amen yatom / amen orphelin
amen dit sans avoir entendu la berakha, ou trop tard
amen hatoufa / amen hâtif
amen prononcé trop tôt ou avec un chataf au lieu d'un kamats
berakha levatala / berakha vaine
bénédiction prononcée en vain
Baroukh Hou ouBaroukh Chemo
« Béni soit-Il et béni soit Son Nom », répondu à l'évocation du Nom
tokh kedei dibbour
laps de temps d'une brève parole (3 ou 4 mots)
nedava
tefila offerte à titre volontaire
HaEl haKadoch
clôture de la troisième berakha de l'amida
Pessoukei dezimra
versets de louange avant Yotser
av beit din
président du tribunal rabbinique local
zimoun
invitation à la berakha après le repas

(א) שאינו יודע - אבל הבקי אינו יוצא אפילו בדיעבד בתפלת הש"ץ. ואפילו בשאינו בקי אינו יוצא כ"א ביש עשרה בבהכ"נ:

qui ne sait pas - Mais le versé ne s'acquitte pas, même après coup (bediavad), par la tefila de l'officiant. Et même pour le non versé, il ne s'acquitte que s'il y a dix personnes dans le beit haknesset.

(ב) יכוין - וצריך שיבין בלשה"ק דאל"כ לא מהני אף ששומע מש"ץ כל תיבה אבל המתפלל בעצמו בלשה"ק אפילו אם אינו מבין הלשון יצא ועיין לעיל סימן ק"א במשנה ברורה דעכ"פ ברכת אבות יראה להבין מה שהוא אומר ועיין לעיל סי' ס"ב במ"ב סק"ג:

il dirigera son intention - Et il faut qu'il comprenne en langue sainte ; sinon cela n'aide pas, même s'il entend de l'officiant chaque mot. Mais celui qui prie lui-même en langue sainte s'acquitte même s'il ne comprend pas la langue. Voir plus haut siman 101 dans la Michna Beroura : du moins pour la berakha des Avot, qu'il s'efforce de comprendre ce qu'il dit. Voir plus haut siman 62, Michna Beroura seif katan 3.

(ג) ואינו מפסיק - היינו אפילו אם שמע מאחרים בתוך כך איזה קדושה או ברכו וכ"ש דאסור לענות ברוך הוא וב"ש אבל אמן על כל ברכה צריך לענות וכדלקמן בס"ו דהוא שייך להתפלה:

et il n'interrompt pas - C'est-à-dire même s'il entend d'autres, pendant ce temps, une Kedoucha ou Barkhou ; et à plus forte raison il est interdit de répondre Baroukh Hou ouBaroukh Chemo. Mais amen après chaque berakha, il faut répondre, comme plus bas au seif 6, car cela appartient à la tefila.

(ד) והוא צריך וכו' - דאין בהם אחד שיוכל להתפלל לפני העמוד דאל"ה אין נכון שהוא יתפלל להם בקול רם כיון שלא התפלל מתחלה בלחש בשביל עצמו:

et il doit, etc. - Car il n'y a parmi eux personne qui puisse prier devant le pupitre ; sinon, il n'est pas convenable qu'il prie pour eux à voix haute, puisqu'il n'a pas d'abord prié à voix basse pour lui-même.

(ה) וא"צ וכו' - דיצא בה גם בשביל עצמו דכיון דלאחרים הוא מוציא לעצמו לא כ"ש ואין בזה משום קטני אמנה או משמיע קולו בתפילתו כיון דע"י הדחק הוא עושה כן. כתבו האחרונים אם הש"ץ התפלל כבר בלחש ונזדמן לו להתפלל חזרת הש"ץ בשביל צבור אחר לא יתפלל בלחש פעם שנית:

et il n'est pas besoin, etc. - Car il s'acquitte par là aussi pour lui-même : puisqu'il fait acquitter les autres, à plus forte raison pour lui. Et il n'y a pas en cela de « petite foi » ni de « faire entendre sa voix dans sa tefila », puisqu'il le fait par nécessité. Les Aharonim ont écrit : si l'officiant a déjà prié à voix basse et qu'il se trouve à dire la répétition de l'officiant pour un autre tsibbour, qu'il ne prie pas une seconde fois à voix basse.

(ו) שעת הדחק - ובלא שעת הדחק הסכימו הרבה מהאחרונים שלא לעשות כן כי עיקר התקנה היתה מדינא להתפלל מתחלה בלחש ואח"כ בקול רם:

moment de pressant besoin - Et hors d'un moment de pressant besoin, beaucoup d'Aharonim se sont accordés à ne pas faire ainsi, car le fond de la takana était, de par la loi, de prier d'abord à voix basse puis à voix haute.

(ז) שיעבור - פי' שלא יוכל לגמור הש"ץ כל י"ח ברכות תוך זמן התפילה בין בשחרית שיכלה הזמן דד' שעות דשוב אין לו שכר תפלה בזמנה וכנ"ל בסימן פ"ט ובין במנחה דיעבור זמנה לגמרי כן משמע מפמ"ג ועיין בבה"ל:

que passe - C'est-à-dire qu'il ne puisse pas achever, l'officiant, toutes les dix-huit berakhot dans le temps de la tefila : soit à Shaharit, que s'écoule le temps des quatre heures, après quoi il n'a plus le mérite de la tefila en son temps, comme plus haut siman 89 ; soit à Minha, que son temps passe entièrement. C'est ce qui ressort du Peri Megadim ; voir au Beiour Halakha.

(ח) והצבור וכו' - ואם אין השעה דחוקה כ"כ לא יתחילו הצבור רק לאחר שאמר הש"ץ האל הקדוש:

et le tsibbour, etc. - Et si l'heure n'est pas tellement pressée, que le tsibbour ne commence qu'après que l'officiant a dit HaEl haKadoch.

(ט) הקדוש - דהיינו גם נוסח הברכה לדור ודור עד האל הקדוש יאמר עם הש"ץ מלה במלה:

haKadoch - C'est-à-dire aussi le texte de la berakha « ledor vador » jusqu'à HaEl haKadoch, qu'il le dise avec l'officiant mot à mot.

(י) וטוב וכו' - היינו בשאין השעה דחוקה כ"כ רק שיראים שמא יעבור הזמן אבל אם השעה דחוקה ביותר די במה שהתינוקות יענו אמן או יזמינו לאחד שכבר התפלל שיענה אמן אם אפשר להם בקלות וא"ל אין להקפיד ע"ז כלל ולא דמי למה שכתב בס"ד דאם אין ט' מכוונים לברכת הש"ץ הוא קרוב לברכות לבטלה שאני התם שכבר התפלל פ"א בלחש והוא מכוין עתה רק בשביל תקנת חז"ל משא"כ בזה שהוא מתפלל רק פ"א:

et il est bon, etc. - C'est-à-dire quand l'heure n'est pas tellement pressée, seulement on craint que le temps ne passe. Mais si l'heure est extrêmement pressée, il suffit que les enfants répondent amen, ou que l'on invite quelqu'un qui a déjà prié à répondre amen, si c'est facile ; sinon, on n'y tient pas du tout. Et cela ne ressemble pas à ce qui est écrit au seif 4 : si neuf ne dirigent pas leur intention vers la berakha de l'officiant, on est proche de berakhot vaines ; là-bas, il a déjà prié une fois à voix basse et il ne dirige son intention maintenant que pour la takana des Sages, alors qu'ici il ne prie qu'une seule fois.

(יא) אעפ"כ ירד וכו' - עיין לעיל בסימן ס"ט במ"ב סק"א:

néanmoins il descendra, etc. - Voir plus haut siman 69, Michna Beroura seif katan 1.

(יב) תקנת חכמים - שכשתקנו חכמים שיחזור ש"ץ התפלה לא הצריכו לחפש בכל תפלה אחר כל איש ואיש שבבהכ"נ אם יש שם מי שאינו בקי אם לאו אלא תקנו שיהיה ש"ץ חוזר התפלה לעולם שמא יהיה פ"א בבהכ"נ מי שאינו בקי ויוציאנו הש"ץ י"ח:

takana des Sages - Quand les Sages ont institué que l'officiant répète la tefila, ils n'ont pas exigé de chercher, à chaque tefila, chaque homme du beit haknesset pour savoir s'il y a un non versé ou non ; ils ont institué que l'officiant répète toujours la tefila, au cas où il y aurait une fois dans le beit haknesset un non versé, et que l'officiant le fasse acquitter.

(יג) חשובי העיר - מפני טורח הציבור ועכשיו נהגו שהש"ץ ממתין עד שיסיים האב"ד את תפלתו לפי שרוב האנשים מתפללין במרוצה והמתפלל מלה במלה לא יוכל לומר קדושה עם הצבור לכן ממתינים כי הם עושים שלא כדין לפיכך אם אין אב"ד בעיר ה"ה דימתינו על המתפלל מלה במלה אבל כשמאריך אין להמתין עליו וכמ"ש על ר"ע כשהיה מתפלל עם הצבור היה מקצר ועולה. ומי שצריך להאריך וירא שיתלוצצו עליו יכול לילך לאחוריו בשעה שמתחיל הש"ץ אע"פ שעדיין לא גמר תפלתו ויחזור למקומו ויגמור. ובכל זה אם כונתו לש"ש בזה שפיר דמי [פמ"ג]:

les notables de la ville - À cause de la peine du tsibbour. Et maintenant on a l'usage que l'officiant attende que l'av beit din ait achevé sa tefila, parce que la plupart des gens prient à la hâte, et celui qui prie mot à mot ne pourra pas dire la Kedoucha avec le tsibbour ; c'est pourquoi on attend, car eux agissent contrairement à la loi. Par conséquent, s'il n'y a pas d'av beit din dans la ville, de même on attendra celui qui prie mot à mot. Mais s'il s'attarde, on n'attendra pas sur lui, comme il est dit de Rabbi Akiva : quand il priait avec le tsibbour, il abrégeait et se levait. Et celui qui doit s'attarder et craint qu'on ne se moque de lui peut reculer au moment où l'officiant commence, même s'il n'a pas encore achevé sa tefila, puis revenir à sa place et achever. Et en tout cela, si son intention est pour le Nom, cela est bien [Peri Megadim].

(יד) אם היה מנין וכו' - ר"ל אפילו אם עי"ז לא יעבור זמן ק"ש ותפלה דאל"ה אפילו ביחידי צריך להתפלל כדי שלא יעבור הזמן:

s'il y avait un minyan, etc. - C'est-à-dire même si par là le temps du Chema et de la tefila ne passera pas ; sinon, même en yahid il faut prier pour que le temps ne passe pas.

(טו) אין להמתין וכו' - שכיון שיש עשרה ישנה שם השכינה ועל מי ימתינו עוד. וכהיום נתפשט המנהג להמתין על אב"ד ונראה הטעם משום דהמנהג כהיום בערי ישראל לקבוע עם האב"ד ביחד עת ללמוד אחר התפילה ואם כשיתקבץ מנין תיכף יתפללו ילך אח"כ כ"א לדרכו ויוגרם עי"ז ביטול תורה. וקביעות לימוד שלאחר התפילה הוא ענין גדול וכדאיתא בטוש"ע לקמן סי' קנ"ה עי"ש ומ"מ לא יאחרו זמן ק"ש ותפלה בשביל זה. כתב הא"ר יש לו להרב להקדים עצמו לבוא לב"ה קודם כדי שלא ימתינו עליו:

on n'attendra pas, etc. - Puisqu'il y a dix, la Présence y réside, et sur qui attendrait-on encore ? De nos jours s'est répandu l'usage d'attendre l'av beit din ; la raison semble être qu'aujourd'hui, dans les villes d'Israël, on fixe avec l'av beit din un temps d'étude après la tefila, et si, dès qu'un minyan est réuni, on prie aussitôt, chacun ira ensuite son chemin, d'où une interruption de Torah. Or la fixation d'étude après la tefila est une grande chose, comme il est dans le Tour et le Choulhan Aroukh plus bas siman 155 ; voir là. Néanmoins on ne retardera pas le temps du Chema et de la tefila pour cela. L'Eliya Rabba a écrit que le rav doit arriver au beit haknesset plus tôt, afin qu'on n'attende pas sur lui.

(טז) יש להם לשתוק - היינו לא מיבעי שאסור לומר עם הש"ץ כל הברכה דהוי ברכה לבטלה אפילו למנקט עמו איזה תיבות מאמצעו ג"כ אין נכון דיש לחוש משום שיגרא דלישנא יוציא ברכה מפיו וכ"ש אותם המגביהים קולם ומזמרים עם הש"ץ דהוי כיוהרא ויש לגעור בהם דהוי כקלות ראש. ולענין איסור שיחת חולין כתוב בס"ז:

ils doivent se taire - C'est-à-dire non seulement il est interdit de dire avec l'officiant toute la berakha, car ce serait une berakha vaine, mais même de reprendre avec lui quelques mots du milieu n'est pas convenable, car on craint que, par élan de la langue, il ne sorte une berakha de sa bouche. Et à plus forte raison ceux qui élèvent la voix et chantent avec l'officiant : c'est comme de l'ostentation, et il faut les réprimander, car c'est de la légèreté. Quant à l'interdiction de propos profanes, c'est écrit au seif 7.

(יז) ולכוין - ע"כ יש ליזהר מלומר תחנונים או ללמוד בעת חזרת הש"ץ ואפילו אם מכוונים לסוף הברכה לענות אמן כראוי שלא תהיה אמן יתומה כמו שיתבאר ג"כ לא יפה הם עושים שאם הלומדים יפנו ללימודם עמי הארץ ילמדו מהן שלא להאזין לש"ץ ויעסקו בשיחה בטילה ח"ו נמצאו מחטיאין את הרבים:

et diriger l'intention - C'est pourquoi il faut se garder de dire des tahanounim ou d'étudier pendant la répétition de l'officiant. Même s'ils dirigent leur intention vers la fin de la berakha pour répondre amen comme il faut, afin que ce ne soit pas un amen orphelin, comme on expliquera aussi, ils n'agissent pas bien : si les érudits se tournent vers leur étude, les ignorants apprendront d'eux à ne pas écouter l'officiant et s'occuperont de propos vains, hass vechalila ; ils font ainsi fauter le public.

(יח) כאילו אין ט' וכו' - ע"כ יראה לכתחילה לכוין לשמוע כל הברכה ולא סוף הברכה בלבד:

comme s'il n'y avait pas neuf, etc. - C'est pourquoi il veillera a priori (lekhathila) à diriger son intention pour entendre toute la berakha, et non la fin de la berakha seulement.

(יט) ויכוין - והעולם נוהגין לצרף למנין ולהתפלל חזרת הש"ץ אפילו מי שיודעין בו שמשיח ואינו שומע חזרת הש"ץ כראוי ונ"ל דבכגון זה טוב להתנהג כמו שכתב בספר שולחן שלמה שיתנה הש"ץ בינו לבין עצמו בחזרת התפילה שא"ל יענו תשעה אמן אחריו ויכונו לברכותיו שיהא התפילה ההיא בתורת נדבה:

et il dirigera son intention - Et le monde a l'usage d'adjoindre au minyan et de faire la répétition de l'officiant même quelqu'un dont on sait qu'il cause et n'écoute pas la répétition comme il faut. Il me semble qu'en tel cas il est bon de faire comme l'a écrit le Choulhan Chelomo : que l'officiant stipule en lui-même, dans la répétition de la tefila, que s'ils ne sont pas neuf à répondre amen après lui et à diriger leur intention vers ses berakhot, cette tefila soit à titre de nedava.

(כ) יעמדו - טעמם כיון שמכוונים ושומעים מש"ץ ושומע כעונה וכאלו מתפללין בעצמם דמיא וכן היה מנהג הקדמונים ועכשיו בעו"ה כל אחד עושה כפי דעתו ומהם יושבים ומשיחים [פמ"ג] ובתוך ד"א לש"ץ לכו"ע אסור מדינא לישב בעת חזרת הש"ץ:

ils se tiendront debout - Leur raison : puisqu'ils dirigent l'intention et entendent de l'officiant, et que celui qui entend est comme celui qui prononce, c'est comme s'ils priaient eux-mêmes. Ainsi était l'usage des Anciens. Et maintenant, par nos nombreux péchés, chacun fait selon son avis, et certains sont assis et causent [Peri Megadim]. Et dans les quatre coudées de l'officiant, de l'avis de tous il est interdit de par la loi de s'asseoir pendant la répétition de l'officiant.

(כא) אומר וכו' - ואם הוא עומד במקום שאינו רשאי להפסיק כגון בפסד"ז וכ"ש בברכת ק"ש אפילו בין הפרקים אסור לאמרו וכן אם שמע ברכה שחייב בו והוא מתכוין לצאת ע"י המברך כברכת שופר ומגילה וקידוש וכה"ג אין לענות ב"ה וב"ש דשומע כעונה וכמאן דאמר בעצמו הברכה דמיא והוי הפסק בברכה ועיין בח"א דנשאר בצ"ע לענין דיעבד ונ"ל דבדיעבד אין להחמיר בזה עיין בספר מגן גבורים מש"כ בשם מעשה רוקח:

il dit, etc. - Et s'il se tient en un endroit où il n'a pas le droit d'interrompre, comme dans les Pessoukei dezimra, et à plus forte raison dans les berakhot du Chema, même entre les chapitres, il est interdit de le dire. De même, s'il a entendu une berakha dont il est tenu et qu'il a l'intention de s'acquitter par le bénédisant - berakha du chofar, de la Meguila, du Kiddouch et semblables -, on ne répondra pas Baroukh Hou ouBaroukh Chemo, car celui qui entend est comme celui qui prononce, et c'est comme s'il disait lui-même la berakha, ce qui est une interruption dans la berakha. Voir au Haïé Adam qui reste en doute pour l'après coup ; il me semble qu'après coup on n'aura pas à être strict là-dessus. Voir dans le Maguen Guiborim ce qu'il a écrit au nom du Maassé Rokea'h.

(כב) ב"ה וב"ש - ורמז לזה ממה שאמר הכתוב כי שם ד' אקרא הבו גודל לאלהינו ועוד אם כשמזכירין צדיק בשר ודם צריך לברכו שנאמר זכר צדיק לברכה צדיקו של עולם עאכ"ו וברכות שחתימתן קצר רק כב' תיבות כפוקח עורים בברכת השחר וכה"ג בשמנה עשרה וכל הברכות מהנכון לש"ץ ליזהר אז שלא למהר כ"כ לחתום תיכף את הברכה אלא לשהות מעט כדי שכל העונים ישמעו איזה ברכה מסיים אח"כ וגם יהיו יכולים לענות האמן תיכף דאל"ה לפעמים ע"י הקול של עניית ב"ה וב"ש הרבה מהעונים אינם יודעים איזה ברכה מסיים וגם ענייתם הוא איננו תיכף אחר שכלה הברכה וכ"ז יש בו חשש של אמן יתומה וכדלקמן בסעיף ח' בהג"ה:

Baroukh Hou ouBaroukh Chemo - Allusion à cela d'après le verset : « Car je proclame le Nom de ה', rendez grandeur à notre Dieu. » De plus, si lorsqu'on mentionne un juste de chair et de sang il faut le bénir, comme il est dit « le souvenir du juste est une bénédiction », le Juste du monde à plus forte raison. Et pour les berakhot dont la clôture est courte, seulement d'environ deux mots, comme Pokea'h ivrim dans les berakhot du matin et semblables dans la Chmona Essré et toutes les berakhot, il convient que l'officiant prenne garde alors de ne pas trop se hâter de clore aussitôt la berakha, mais d'attendre un peu afin que tous ceux qui répondent entendent quelle berakha il achève ensuite, et puissent aussi répondre amen aussitôt ; sinon, parfois, à cause de la voix de la réponse Baroukh Hou ouBaroukh Chemo, beaucoup de ceux qui répondent ne savent pas quelle berakha il achève, et leur réponse n'est pas aussitôt après que la berakha est achevée ; et tout cela comporte le soupçon d'amen orphelin, comme plus bas seif 8 dans la glose.

(כג) שלא יצאו - ר"ל אע"פ שהם יוצאין עכשיו בתפילת הש"ץ אינם כעונים אמן אחר ברכות עצמן שהרי מ"מ הם אינם אומרים כלום אלא שומעים [לבוש]:

qui ne se sont pas acquittés - C'est-à-dire que même s'ils s'acquittent maintenant par la tefila de l'officiant, ils ne sont pas comme répondant amen après leurs propres berakhot, car enfin ils ne disent rien, ils se contentent d'entendre [Levouch].

(כד) ובכונה וכו' - עיין בח"א כלל ו' שכתב דיכוין בענייתו אמן גם על מה שאמר המברך ברוך אתה ד' דהיינו שאמר הש"ץ ברוך אתה ד' מגן אברהם יכוין העונה את האמן אמן שיהיה מבורך שם ד' שהיה מגן אברהם וכה"ג בכל הברכות:

et avec intention, etc. - Voir au Haïé Adam, klal 6, qui a écrit qu'il dirigera, en répondant amen, aussi sur ce qu'a dit le bénédisant « Baroukh ata ה' » : c'est-à-dire que l'officiant a dit « Baroukh ata ה' Magen Avraham », celui qui répond amen dirigera que soit béni le Nom de ה' qui fut le bouclier d'Avraham, et ainsi de suite dans toutes les berakhot.

(כה) אמת היא - וזהו בברכת הודאה כגון ברוך שאמר וישתבח וגאל ישראל וכה"ג אבל בתפילה צריך שיכוין אמת היא וגם אני מתפלל שיהי רצון שיקויים דבר זה (כגון בברכת אתה חונן שביקש המתפלל חננו מאתך וכו' בא"י חונן הדעת יכוין אמת שהוא חונן דעה ויהי רצון שיחונן לנו ג"כ דעה וכה"ג בכל הברכות) ובקדיש צריך לכוין על העתיד לבד שיאמנו דבריו מה שהוא מבקש שיתגלה מלכותו בעגלא ובזמן קריב דעיקר הענין בודאי יקויים לבסוף כמו שכתוב ביום ההוא יהיה ד' אחד וגו'. כתב הפמ"ג בסימן נ"א דהעונה אמן אחר ברכת המחזיר לא יאמר ביחד אמן מודים אנחנו לך כי אמן קאי על הברכה כנ"ל ומודים הוא ענין בפני עצמו רק ישהא מעט אחר תיבת אמן. מי שנזדמן לו לענות אמן על ב' דברים עונה שני אמנים זה אחר זה ויכוין בכל אמן את הענין על מה הוא עונה וטפי עדיף לומר אמן ואמן:

elle est vérité - Et cela dans une berakha d'action de grâces, comme Baroukh cheamar, Yichtaba'h, Gaal Israël et semblables. Mais dans la tefila, il faut qu'il dirige : elle est vérité, et aussi je prie qu'il soit volonté que cette chose se réalise (par exemple dans la berakha Ata 'honen, où le priant a demandé « accorde-nous de Ta part, etc. », Baroukh ata ה' 'honen hadaat, qu'il dirige : il est vrai qu'Il accorde la connaissance, et qu'il soit volonté qu'Il nous accorde aussi la connaissance ; et ainsi dans toutes les berakhot). Et au kaddish, il faut diriger seulement sur l'avenir : que se vérifient ses paroles, ce qu'il demande, que Sa royauté se révèle bientôt et en temps proche ; car le fond de la chose se réalisera à la fin, comme il est écrit « En ce jour-là ה' sera Un, etc. ». Le Peri Megadim a écrit au siman 51 que celui qui répond amen après la berakha du hamahazir ne dira pas ensemble « amen, Modim ana'hnu lakh », car amen porte sur la berakha comme ci-dessus, et Modim est un sujet à part ; qu'il attende un peu après le mot amen. Celui à qui il arrive de répondre amen sur deux choses répond deux amen l'un après l'autre, et dirigera en chaque amen le sujet sur lequel il répond ; et il est encore mieux de dire amen veamen.

(כו) בשעה וכו' - ר"ל אפילו אם ירצה ליזהר בסוף כל ברכה לכוין ולענות אמן. כתב בשל"ה ראיתי מהחרדים אל דבר ד' שמשימין הסידור בפניהם בשעת חזרת התפילה ועיניהם וליבם שם שלא יראו חוצה ואז מכוונים על כל מלה ומלה:

au moment, etc. - C'est-à-dire même s'il veut prendre garde, à la fin de chaque berakha, de diriger l'intention et de répondre amen. Il est écrit dans le Chla : j'ai vu parmi ceux qui tremblent à la parole de ה' qu'ils mettent le sidour devant eux pendant la répétition de la tefila, leurs yeux et leur cœur là, pour ne pas regarder au-dehors, et alors ils dirigent l'intention sur chaque mot.

(כז) מנשוא - כתב בא"ר בשם הכל בו אוי להאנשים שמשיחים בעת התפלה כי ראינו כמה בהכ"נ נחרבו בשביל עון זה ויש למנות אנשים ידועים להשגיח ע"ז:

trop lourd à porter - L'Eliya Rabba a écrit au nom du Kol Bo : malheur aux hommes qui causent pendant la tefila, car nous avons vu plusieurs batei knesset détruits à cause de cette faute ; et il faut nommer des hommes connus pour y veiller.

(כח) הקטנים - וצריך שיחנכם שיעמדו באימה ויראה. והקטנים ביותר הרצים ושבים בבהכ"נ בשחוק מוטב שלא להביאם דהרגל נעשה טבע וגם שמטרידים להצבור בתפילתם. ומלבד כ"ז נכון להאב המביא קטנים כאלו לבהכ"נ להשגיח על בגדיהם וסנדליהם אם הם נקיים כדי שלא להכשיל בזה להמתפללים בתוך ד' אמותיהם ועיין לעיל סימן פ"א במ"ב ס"ק ג:

les petits - Et il faut les éduquer à se tenir avec crainte et respect. Quant aux tout-petits qui courent et vont et viennent dans le beit haknesset en riant, mieux vaut ne pas les y amener, car l'habitude devient nature, et aussi ils dérangent le tsibbour dans leur tefila. Outre tout cela, il convient au père qui amène de tels petits au beit haknesset de veiller à leurs vêtements et sandales, s'ils sont propres, afin de ne pas faire trébucher par là ceux qui prient dans leurs quatre coudées. Voir plus haut siman 81, Michna Beroura seif katan 3.

(כט) בחטף - פי' בשו"א וה"ה שלא יאמר אמן בשאר נקודות בשור"ק או בחול"ם וכה"ג כי בכל זה אין משמעות פירושו לשון האמנת דברים אלא יקרא האל"ף בקמ"ץ גדול:

en chataf - C'est-à-dire avec un sheva. De même, qu'il ne dise pas amen avec d'autres voyelles, un chourouq ou un 'holam et semblables, car en tout cela le sens n'est pas l'assentiment aux paroles ; mais qu'il lise l'alef avec un grand kamats.

(ל) קודם שיסיים - ר"ל שימתין עד שיסיים הש"ץ כל התיבה אחרונה לגמרי ויש אנשים שמתחילין לענות בעוד שהש"ץ עומד עדיין בחצי תיבה אחרונה וזה אסור:

avant qu'il n'achève - C'est-à-dire qu'il attende que l'officiant ait achevé entièrement le dernier mot. Et il y a des gens qui commencent à répondre tandis que l'officiant en est encore à la moitié du dernier mot, et cela est interdit.

(לא) שהוא חייב - דעת המחבר דדוקא אם רוצה לצאת באיזה ברכה שהוא חייב כגון שרוצה לצאת ידי תפלה וקידוש וכה"ג אבל אם אינו חייב כגון שכבר התפלל לעצמו אף דמצוה לכל אדם לשמוע חזרת הש"ץ מ"מ אין עליו חיוב בעצמיות הברכה וכ"ש אם האמן הוא מסתם ברכות דעלמא מותר לדעת המחבר לענות אף שהוא אינו יודע על איזה ברכה הוא עונה רק ששמע לאחרים שעונים והרמ"א בהג"ה פליג ואוסר אפילו בכל הברכות אם אינו יודע על איזה ברכה הוא עונה:

dont il est tenu - L'avis du Mé'haber : seulement s'il veut s'acquitter d'une berakha dont il est tenu, par exemple s'acquitter de la tefila, du Kiddouch et semblables. Mais s'il n'est pas tenu, par exemple s'il a déjà prié pour lui-même, bien que ce soit une mitsva pour tout homme d'entendre la répétition de l'officiant, néanmoins il n'a pas d'obligation sur l'essence même de la berakha ; et à plus forte raison si l'amen est de berakhot quelconques du monde, il est permis, selon le Mé'haber, de répondre même s'il ne sait pas sur quelle berakha il répond, seulement qu'il a entendu d'autres répondre. Et le Rema, dans la glose, diverge et interdit même pour toutes les berakhot, s'il ne sait pas sur quelle berakha il répond.

(לב) אע"פ שיודע - וכגון שהוא מכיר לפי סדר הברכות או שחיסר משמוע רק סוף הברכה:

bien qu'il sache - Par exemple s'il reconnaît d'après l'ordre des berakhot, ou s'il n'a manqué d'entendre que la fin de la berakha.

(לג) אם אינו יודע וכו' - ואם יודע על איזה ברכה הוא עונה מותר לענות בכל הברכות אפילו בחזרת הש"ץ כיון שכבר התפלל ואינו מחויב בעצם הברכה ויש מאחרונים שמחמירין בחזרת הש"ץ וס"ל דמכיון דתיקון רבנן שיחזור ש"ץ התפלה אפילו כולם התפללו כאלו מחוייבים באותה ברכה קרינן להו ואין להם לענות אפילו יודע באיזה ברכה קאי הש"ץ אם לא שמע סיום הברכה מהש"ץ גופא ויש לחוש לזה לכתחילה ליזהר לשמוע כל ברכות י"ח מפי הש"ץ גופא וגם בלא"ה מצוה לכוין לשמוע ברכת הש"ץ וכדלעיל בס"ד אבל בדיעבד אפי' אם לא שמע רק שידע איזה ברכה מי"ח מסיים הש"ץ יענה אמן כיון שכבר התפלל בעצמו:

s'il ne sait pas, etc. - Et s'il sait sur quelle berakha il répond, il est permis de répondre à toutes les berakhot, même dans la répétition de l'officiant, puisqu'il a déjà prié et n'est pas tenu de l'essence de la berakha. Et il y a des Aharonim qui sont stricts dans la répétition de l'officiant et tiennent que, puisque les Sages ont institué que l'officiant répète la tefila même si tous ont prié, on les considère comme tenus de cette berakha, et ils n'ont pas à répondre, même s'ils savent à quelle berakha en est l'officiant, s'ils n'ont pas entendu la clôture de la berakha de la bouche même de l'officiant. Et il y a lieu de craindre cela a priori, de prendre garde d'entendre toutes les berakhot des dix-huit de la bouche même de l'officiant ; et même sans cela, c'est une mitsva de diriger l'intention pour entendre la berakha de l'officiant, comme plus haut au seif 4. Mais après coup, même s'il n'a entendu que sachant quelle berakha des dix-huit l'officiant achève, qu'il réponde amen, puisqu'il a déjà prié lui-même.

(לד) מיד - ותוך כדי דבור כדיבור דמי ושיעור תוך כ"ד הוא מחלוקת הפוסקים י"א שלשה תיבות וי"א ארבעה תיבות וביותר מזה לא יענה כלל דהוי בכלל אמן יתומה ובצבור קי"ל דעד שכלו רוב הצבור לענות אמן הוא עדיין בכלל הברכה ומותר לכ"א לענות עמהם ועיין בסי"א ובביאור הלכה:

aussitôt - Et tokh kedei dibbour est comme la parole même. La mesure de tokh kedei dibbour est une discussion des décisionnaires : les uns disent trois mots, les autres quatre mots ; et au-delà, qu'il ne réponde pas du tout, car c'est du domaine de l'amen orphelin. Et en tsibbour, on tient que jusqu'à ce que la majorité du tsibbour ait fini de répondre amen, c'est encore du domaine de la berakha, et chacun a le droit de répondre avec eux. Voir au seif 11 et au Beiour Halakha.

(לה) שכלה הברכה - ואם הש"ץ מאריך בניגון של ואמרו אמן יאמרו הקהל אמן מיד כי הניגון הוי הפסק ודוקא אם מאריך הרבה בניגון. ודוקא לענין קדיש שכבר כלה עצם הבקשה אחר תיבת בזמן קריב או אחר תיבת דאמירן בעלמא אבל אם הש"ץ מאריך בשאר ברכה בסופה באיזה ניגון לא יענה אמן כ"ז שלא סיים את עצם התיבה של הברכה:

que la berakha est achevée - Et si l'officiant prolonge le chant de « veimrou amen », que le kahal dise amen aussitôt, car le chant est une interruption ; et seulement s'il prolonge beaucoup le chant. Et seulement pour le kaddish, où l'essence de la demande est déjà achevée après les mots « bezman kariv » ou après « daamiran bealma ». Mais si l'officiant prolonge une autre berakha à la fin par quelque chant, on ne répondra pas amen tant qu'il n'a pas achevé l'essence du mot de la berakha.

(לו) אמן קצרה - מפני שנראה שדומה עליו כמשא אלא כדי שיוכל וכו' כי זהו פירושו של אמן וכנ"ל בס"ג והוא ר"ת שלה:

amen court - Parce qu'il semble que cela lui pèse comme un fardeau ; mais assez pour pouvoir, etc., car tel est le sens d'amen, comme plus haut au seif 3, et ce sont les initiales de El Melekh neeman.

(לז) קצת מהעונים - אבל על רוב הצבור מחויב להמתין בכל התפלה שלא להתחיל בברכה שלאחריה עד שיענו אמן וכן בקדיש שלא להתחיל יתברך עד שיענו הרוב איש"ר וכן כל כה"ג ובעו"ה הרבה אנשים נכשלין בזה כשמתפללין לפני העמוד שחוטפין להתחיל ברכה שלאחריה תיכף אחר סיום ברכה שלפניה ואין ממתינין בינתיים כלל ועיין בש"ת שהביא שזה מעכב אף דיעבד שאסור שוב לענות אמן עליה מכיון שהתחיל ברכה אחרת:

quelques-uns de ceux qui répondent - Mais pour la majorité du tsibbour, il est tenu d'attendre, dans toute la tefila, de ne pas commencer la berakha suivante jusqu'à ce qu'ils répondent amen ; de même au kaddish, de ne pas commencer Yitbarakh jusqu'à ce que la majorité réponde Yehe shemeh rabba ; et ainsi en tout semblable. Et par nos nombreux péchés, beaucoup d'hommes trébuchent en cela quand ils prient devant le pupitre : ils se hâtent de commencer la berakha suivante aussitôt après la clôture de la précédente, et n'attendent pas du tout entre les deux. Voir au Chaarei Techouva qui a rapporté que cela fait obstacle même après coup, qu'il est alors interdit de répondre amen sur elle, puisqu'il a commencé une autre berakha.

(לח) א"צ המברך וכו' - והוא שהברכה אין חובה על הכל לשמוע אבל אם מוציא הרבים בזה ידי חובתן בין שהוא ש"ץ או שאר מברך צריך להמתין אף על הטועים ומאריכים באמן כדי שישמעו ויצאו י"ח גם הם בהברכות:

le bénédisant n'est pas tenu, etc. - Et cela lorsque la berakha n'est pas une obligation pour tous d'entendre. Mais s'il fait acquitter le public de leur devoir, qu'il soit officiant ou autre bénédisant, il doit attendre même ceux qui se trompent et prolongent amen, afin qu'ils entendent et s'acquittent eux aussi par les berakhot.

(לט) בכל דבר - משמע מלשון זה דאפילו אם דילג משיב הרוח שהיא מג' ראשונות וכן מוכח באור זרוע סי' ת"ס ועי' לעיל בסי' קי"ד בשע"ת סק"ח ועיין לקמן סי' קכ"ו ס"ד ומה שכתב שם במ"ב בשם א"ר והגר"א:

en toute chose - Il ressort de ce langage que même s'il a sauté Machiv haroua'h, qui est des trois premières ; et de même il est prouvé dans l'Or Zaroua siman 460. Voir plus haut siman 114 au Chaarei Techouva seif katan 8, et voir plus bas siman 126 seif 4 et ce qu'a écrit là la Michna Beroura au nom de l'Eliya Rabba et du Gra.

(מ) יכוין דעתו - דאע"ג דקי"ל דש"ץ אינו מוציא אלא דוקא מי שאינו בקי שאני הכא שהתפלל אלא ששכח ולא הזכיר לכן אע"פ שהוא בקי הש"ץ מוציאו ועיין באחרונים שכתבו דמוטב שיחזור ויתפלל בעצמו דהאידנא לאו כל אדם יכול לכוין דעתו לשמוע מש"ץ מראש ועד סוף ושמא לבבו יפנה ולא ישמע מש"ץ איזה מלות המעכבים בתפילה וכתב הב"ח וא"ר דאם הש"ץ דרכו להבליע המלות מדינא אסור לסמוך אש"ץ אלא חייב להתפלל בעצמו:

il dirigera son esprit - Car bien que nous tenions que l'officiant ne fait acquitter que celui qui n'est pas versé, ici c'est différent : il a prié, seulement il a oublié et n'a pas mentionné ; c'est pourquoi, bien qu'il soit versé, l'officiant le fait acquitter. Voir les Aharonim qui ont écrit qu'il vaut mieux qu'il revienne et prie lui-même, car de nos jours tout homme ne peut pas diriger son esprit pour entendre de l'officiant du début à la fin, et peut-être son cœur se détournera et il n'entendra pas de l'officiant quelques mots qui font obstacle dans la tefila. Le Ba'h et l'Eliya Rabba ont écrit : si l'officiant a l'habitude d'avaler les mots, de par la loi il est interdit de s'appuyer sur l'officiant, et il est tenu de prier lui-même.

(מא) מראש ועד סוף - עיין בספר ברכי יוסף דמסיק שלא יאמר אז מודים דרבנן אלא יכוין לשמוע מש"ץ המודים שהוא אומר והאידנא שנוהגין איזה חזנים לומר המודים בתחלתו בלחש לא יוכל לצאת תפלתו ע"י הש"ץ ולא ידעתי מאיזה מקום יצא להם המנהג הזה דאף דנוהגין הצבור לאמר אז מודים דרבנן מ"מ תפילתו ניתקן להוציא מי שאינו בקי וצריך לאמר עכ"פ קצת בקול שיוכלו לשמוע עשרה בנ"א העומדים סביבו:

du début à la fin - Voir dans le Berakhei Yossef qui conclut qu'il ne dira pas alors Modim derabbanan, mais dirigera l'intention pour entendre de l'officiant le Modim qu'il dit. Et de nos jours que certains hazanim ont l'usage de dire le Modim au début à voix basse, on ne pourra pas s'acquitter de sa tefila par l'officiant. Et je ne sais d'où leur est sorti cet usage : bien que le tsibbour ait l'usage de dire alors Modim derabbanan, néanmoins sa tefila a été instituée pour faire acquitter le non versé, et il faut du moins dire un peu à voix haute, afin que puissent entendre dix personnes debout autour de lui.

(מב) וקודם שכלתה - ר"ל אף דנתבאר בס"ח בהג"ה דצריך לענות אמן מיד כשכלה הברכה שאל"ה הוי כעונה אמן בלי ברכה כלל מ"מ הכא אם לא כלתה עדיין אמן מפי רוב הצבור שפיר דמי משום דעניית אמן ג"כ מכלל הברכה הוא וכשעונין אמן הוי כמו שהיו גומרין עתה עצם הברכה והט"ז חולק ופסק דאפילו כלו כל הצבור לענות מותר ג"כ לענות אם היה תיכף אחריהם ובחידושי רע"א ובס' מגן גבורים הסכימו להשו"ע ועי' בבה"ל:

et avant qu'ait cessé - C'est-à-dire que bien qu'il ait été expliqué au seif 8 dans la glose qu'il faut répondre amen aussitôt que la berakha est achevée, sinon c'est comme répondre amen sans berakha du tout, néanmoins ici, si amen n'a pas encore cessé de la bouche de la majorité du tsibbour, cela est bien, parce que la réponse amen fait aussi partie de la berakha, et quand on répond amen c'est comme si l'on achevait maintenant l'essence de la berakha. Le Taz diverge et a décidé que même si tout le tsibbour a fini de répondre, il est aussi permis de répondre s'il était aussitôt après eux. Dans les hidouchim de Rabbi Akiva Eiger et dans le Maguen Guiborim, ils se sont accordés au Choulhan Aroukh. Voir au Beiour Halakha.

(מג) סיים וכו' - ר"ל אחר יהיו לרצון וכבר אמר תחנונים הרגיל בהן וכדלעיל בסי' קכ"ב ובמ"ב סק"א:

il a achevé, etc. - C'est-à-dire après Yihyou leratson, et il a déjà dit les tahanounim qu'il a l'habitude d'y dire, comme plus haut siman 122 et dans la Michna Beroura seif katan 1.

(מד) ואפילו וכו' - הוא ג"כ לדברי המחבר ולא חידש רק במה שכ' ויודע על איזה ברכה דקאזיל בזה לשיטתיה לעיל בס"ח בהג"ה דאם אינו יודע על איזה ברכה קאי הוא בכלל אמן יתומה:

et même, etc. - C'est aussi selon les paroles du Mé'haber ; il n'a innové que ce qu'il a écrit « et il sait sur quelle berakha », allant en cela selon son avis plus haut au seif 8 dans la glose : s'il ne sait pas sur quelle berakha on en est, c'est du domaine de l'amen orphelin.

(מה) שומע צבור - ה"ה אם שמע שיחיד עונה אמן ויודע על איזה ברכה קאי דעונה עמו ונקט צבור משום דאיירי המחבר לענין צבור ואע"ג דהמחבר אינו מתיר אלא קודם שכלתה אמן מפי רוב אבל המיעוט לא מהני היינו משום דמיעוט לגבי רוב הוי כמאן דליתא או מפני טעמים אחרים כמו שכתבתי בבה"ל אבל אם אין שם צבור כלל אלא יחיד עונה עמו:

entend le tsibbour - De même s'il a entendu qu'un yahid répond amen et qu'il sait sur quelle berakha on en est, il répond avec lui. Il a pris « tsibbour » parce que le Mé'haber traite du tsibbour. Et bien que le Mé'haber ne permette que avant qu'amen ait cessé de la bouche de la majorité, et que la minorité ne suffise pas - c'est parce que la minorité par rapport à la majorité est comme inexistante, ou pour d'autres raisons comme j'ai écrit au Beiour Halakha -, mais s'il n'y a pas de tsibbour du tout, seulement un yahid, il répond avec lui.

(מו) וכן בקדיש וכו' - היינו דכל שלא סיימו רוב הצבור לענות עונה עמהם אע"פ שלא שמע כלום מפי הש"ץ ועיין בסימן נ"ו במ"ב סק"ט ובסימן נ"ז סק"א ועיין בבה"ל ד"ה וקודם בסופו:

et de même au kaddish, etc. - C'est-à-dire que tant que la majorité du tsibbour n'a pas achevé de répondre, il répond avec eux, même s'il n'a rien entendu de la bouche de l'officiant. Voir siman 56, Michna Beroura seif katan 9, et siman 57 seif katan 1, et voir au Beiour Halakha s.v. « et avant », à la fin.

(מז) לא יגביה קולו - משום דכתיב גדלו לד' אתי ונרוממה שמו יחדיו. ונראה דה"ה לענין ברכו או ברכת הזימון ג"כ לא יגביה העונה יותר מהמברך. עוד נראה דאם כונתו בהרימו קולו כדי לזרז להעם שיענו גם הם מותר עי' לקמן בסרט"ו ס"ג ועי"ש עוד דאחר קטנים בני חינוך צריך לענות אמן אחר ברכתן. ואחר שוטה אין לענות אמן דלאו בר מצוה כלל (ופמ"ג שכתב אחר חרש ושוטה שיגרא דלישנא הוא דחרש המדבר ואינו שומע בודאי חייב הוא במצות) ואחר נשים שבירכו על מ"ע שהז"ג יוכל לענות אמן [פמ"ג]:

il n'élèvera pas la voix - Parce qu'il est écrit : « Magnifiez ה' avec moi, et exaltons Son Nom ensemble. » Et il semble que de même pour Barkhou ou la berakha du zimoun, celui qui répond n'élèvera pas plus que le bénédisant. Il semble encore que s'il élève la voix pour stimuler le peuple à répondre eux aussi, c'est permis ; voir plus bas siman 215 seif 3. Voir encore là qu'après les petits en âge d'éducation, il faut répondre amen après leur berakha. Après un sot on ne répondra pas amen, car il n'est pas du tout sujet de mitsva (et ce qu'a écrit le Peri Megadim « après un sourd et un sot » est un élan de la langue, car le sourd qui parle et n'entend pas est certainement tenu des mitsvot). Et après des femmes qui ont béni sur une mitsva positive liée au temps, on peut répondre amen [Peri Megadim].