Quand on écarte l'officiant qui a sauté une berakha, comment le remplaçant reprend, et les erreurs de Yaalé veyavo, Chabbat et Yom Tov.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Officiant qui s'est trompé — quand on l'écarte, comment le remplaçant reprend ; Yaalé veyavo, Chabbat, Yom Tov [FAIRE] Saut par erreur hors berakha des minim | Attendre qu'on lui rappelle ; il revient comme un yahid [FAIRE] Remplaçant | Commence au début de la berakha où l'autre s'est tu ; a priori quelqu'un qui a écouté toute la tefila [FAIRE] Trois premières | Le second revient au début de la tefila [FAIRE] Trois dernières | Le second revient à Retsé [FAIRE] Jours redoutables | Depuis Ata be'hartanou, sans répéter les piyoutim [EVITER] Saut volontaire (mezid) | On l'écarte aussitôt, même dans les autres berakhot [EVITER] Sauter toute la berakha des minim | On l'écarte aussitôt (crainte d'hérésie) ; une seule fois ne le destitue pas de la fonction [EVITER] Apikoros connu | Nier la résurrection, la délivrance, la Torah du Ciel ou la récompense : interdit comme officiant ; on ne répond pas Amen après lui [CAS:OUI] A sauté le début mais achevé la clôture | On ne l'écarte pas [CAS:OUI] « Velamalshinim » au lieu de « lakofarim » | On ne l'écarte pas (usage de certains lieux) [CAS:OUI] A commencé les minim puis s'est tu longtemps | On présume l'erreur, on ne l'écarte pas [CAS:OUI] Yaalé veyavo oublié à la 'hazara | On ne revient pas (un souvenir vaut ici et là) [CAS:OUI] Machiv haroua'h / Tal oumatar oubliés | On le fait revenir [CAS:OUI] Chabbat ou Yom Tov oubliés, tefila achevée | Din comme Roch Hodech ; à voix haute on s'appuie sur la 'hazara [CAS:OUI] Maariv à voix basse sans mention | Il revient (rien sur quoi s'appuyer) ; Chabbat : s'appuie sur Me'ein sheva [CAS:NON] Trois premières, tefila déjà achevée | Beaucoup d'Aharonim : on ne revient pas (peine du tsibbour) ; Tour et Gra indulgents [CAS:NON] Partager les trois premières ou les trois dernières entre deux hommes | Interdit — elles comptent comme une seule berakha [REMA] Taz : s'il a sauté te'hiyat hamétim ET Bouné Yeroushalayim, on craint et on l'écarte même s'il a commencé — d'autres divergent. Kohen officiant et mort voisin : si l'on peut boucher portes et fenêtres, il achève ; sinon il sort et le second reprend au début de la berakha du milieu. Bediavad aux Jours redoutables, si le second a commencé où l'autre s'est tu, on n'y tient pas s'il abrège les berakhot du milieu. [SYNTHESE] On n'écarte l'officiant que pour un saut volontaire ou toute la berakha des minim. Le remplaçant reprend au début de la berakha (début de tefila / Retsé pour les blocs de trois). Yaalé veyavo oublié à la 'hazara : on ne revient pas.
(א) שטעה ודילג - לאפוקי אם הזיד ודילג אפילו בשאר ברכות מסלקין מיד:
qui s'est trompé et a sauté - Pour exclure : s'il a sauté volontairement (mezid), même dans les autres berakhot, on l'écarte aussitôt.
(ב) מכל הברכות - ר"ל אפילו אם טעה ודילג ברכת תחיית המתים או בונה ירושלים אין מסלקין אותו לומר שמא כופר הוא בתחיית המתים או אינו מאמין בביאת המשיח אלא תלינן שבשגגה השמיט והטעם עיין בב"י בשם הרר"י ועיין בט"ז דס"ל דאם השמיט שתיהם בודאי אנו צריכין לחוש לזה ואפילו אם התחיל מסלקין אותו ויש שחולקין עליו. ודע דמוכח לכו"ע דאם אנו יודעין שהוא כופר בתחיית המתים או אינו מאמין בגאולה העתידה וכ"ש אם אינו מאמין בתורה מן השמים או בגמול ועונש לכו"ע אפיקורוס גמור הוא ואסור להניחו להיות ש"ץ ואם עמד בחזקה אין עונין אמן אחריו ועיין לעיל בסימן נ"ג סי"ח:
de toutes les berakhot - C'est-à-dire même s'il s'est trompé et a sauté la berakha de la résurrection des morts ou Bouné Yeroushalayim, on ne l'écarte pas pour dire que peut-être il nie la résurrection des morts ou ne croit pas en la venue du Mashia'h ; on présume qu'il a omis par erreur (shogeg). La raison : voir au Beit Yossef au nom du R. Yona. Voir le Taz qui tient que s'il a omis les deux, certainement nous devons craindre cela, et même s'il a commencé on l'écarte ; et il y en a qui divergent de lui. Sache qu'il est prouvé pour tous que si nous savons qu'il nie la résurrection des morts ou ne croit pas en la délivrance future, et à plus forte raison s'il ne croit pas en la Torah donnée des Cieux ou en la récompense et la punition, pour tous c'est un apikoros accompli, et il est interdit de le laisser être officiant ; et s'il s'est levé de force, on ne répond pas amen après lui. Voir plus haut siman 53 seif 18.
(ג) אין מסלקין אותו - אלא שוהין עד שיזכירו אותו וכשנזכר חוזר למקום שטעה כמו יחיד הטועה ועיין בבה"ל:
on ne l'écarte pas - Mais on attend jusqu'à ce qu'on le lui rappelle, et quand il se souvient il revient à l'endroit où il s'est trompé, comme un yahid qui se trompe. Voir au Beiour Halakha.
(ד) אבל אם דילג - דוקא בשדילג כולה אבל אם דילג ראש הברכה וסיים חתימתה לא מצינו שמסלקים אותו וכן אם לא רצה לומר לכופרים אלא ולמלשינים אין מסלקין אותו מפני שיש מקומות שאומרים לכתחילה ולמלשינים:
mais s'il a sauté - Seulement s'il a sauté toute entière. Mais s'il a sauté le début de la berakha et achevé sa clôture, on n'a pas trouvé qu'on l'écarte. De même s'il n'a pas voulu dire « lakofarim » mais « velamalshinim », on ne l'écarte pas, parce qu'il y a des lieux où l'on dit a priori (lekhathila) « velamalshinim ».
(ה) מיד - פי' ואין ממתינין לו שיזכירו אותו אלא מסלקין אותו מהתיבה מיד כי שמא נזרקה בו עתה אפיקורסות ואינו רוצה לקלל עצמו לכן דילג ברכה זו ואפילו אם היה מוחזק עד עתה לכשר וצדיק ג"כ חיישינן לזה. ומ"מ אין מסלקין אותו מש"ץ משום פ"א כיון שיש לומר שטעה:
aussitôt - C'est-à-dire qu'on n'attend pas qu'on le lui rappelle, mais on l'écarte du pupitre aussitôt, car peut-être une hérésie s'est-elle maintenant jetée en lui et il ne veut pas se maudire lui-même, c'est pourquoi il a sauté cette berakha. Même s'il était jusqu'ici tenu pour kasher et juste, nous craignons aussi cela. Néanmoins on ne l'écarte pas de la fonction d'officiant pour une seule fois, puisqu'on peut dire qu'il s'est trompé.
(ו) אין מסלקין אותו - אפילו שהא בינתים הרבה ולא היה יכול להזכר אפ"ה תלינן שבשגגה הוא מדהתחיל בה:
on ne l'écarte pas - Même s'il a tardé longtemps entre-temps et n'a pas pu se souvenir, néanmoins on présume que c'est par erreur, du fait qu'il a commencé.
(ז) ואינו יודע וכו' - ר"ל שהוא נבהל ואינו יודע לחזור אף לאחר שמזכירין אותו וכנ"ל:
et il ne sait pas, etc. - C'est-à-dire qu'il est bouleversé et ne sait pas revenir, même après qu'on le lui a rappelé, comme ci-dessus.
(ח) תחתיו - ולכתחילה טוב שיהיה אותו האחר מי שכיון לכל התפלה עם הש"ץ ולא שח בשעה שהיה ש"ץ מתפלל ואם לא נמצא כזה יקחו אף מי שלא כיון בזה ואפ"ה גם בזה לא יתחיל אלא מתחלת הברכה מפני טורח הצבור:
à sa place - Et a priori il est bon que cet autre soit quelqu'un qui a dirigé l'intention pour toute la tefila avec l'officiant et n'a pas causé pendant que l'officiant priait. Si l'on n'en trouve pas de tel, on prendra même quelqu'un qui n'a pas dirigé l'intention en cela ; et néanmoins, même alors, qu'il ne commence qu'au début de la berakha, à cause de la peine du tsibbour.
(ט) סימן נ"ג - ר"ל דמבואר שם בסי"ז דלא יהיה סרבן באותה שעה:
siman 53 - C'est-à-dire qu'il y est expliqué au seif 17 qu'il ne sera pas récalcitrant à ce moment-là.
(י) מתחלת הברכה - ואפילו אם לא טעה אלא בסוף שקריאת אותה ברכה כמאן דליתא דמי ואין חילוק בין שטעה או שנחלש ואינו יכול לגומרה והוצרך אחר לעמוד תחתיו ולכן בימים נוראים שלפעמים נחלש הש"ץ באמצע הפיוטים ועומד אחר תחתיו צריך ליזהר שיתחיל העומד מתחלת הברכה מאתה בחרתנו ולא יחזור הפיוטים ומ"מ בדיעבד אם התחיל במקום שנשתתק ולא מראש אתה בחרתנו כיון שעדיין לפני השני לומר בסוף סליחות מחל לעונותינו אין להקפיד במה שקיצר באמצעיות:
au début de la berakha - Même s'il ne s'est trompé qu'à la fin, car la lecture de cette berakha est comme inexistante. Et il n'y a pas de différence entre s'être trompé ou s'être affaibli et ne pouvoir l'achever, si bien qu'un autre a dû se lever à sa place. C'est pourquoi aux Jours redoutables, où parfois l'officiant s'affaiblit au milieu des piyoutim et un autre se lève à sa place, il faut prendre garde que celui qui se lève commence au début de la berakha, depuis Ata be'hartanou, et qu'il ne répète pas les piyoutim. Néanmoins après coup (bediavad), s'il a commencé à l'endroit où l'autre s'est tu et non depuis le début Ata be'hartanou, puisque le second a encore à dire, à la fin des seli'hot, « me'hal laavonoteinou », on n'y tiendra pas s'il a abrégé dans les berakhot du milieu.
(יא) מתחיל בראש וכו' - דג' ראשונות וג' אחרונות חשובות כחדא ברכה ואין לחלק חדא ברכה לשני אנשים ומשו"ה אין חילוק בין שטעה ודילג ברכה אחת מהג' ברכות או שטעה ונשתתק בהם באמצע ברכה או בין ברכה לברכה בכל גווני בג' ראשונות חוזר לראש ובאחרונות חוזר לרצה כ"כ בנשמת אדם כלל כ"ה וכ"כ הגרע"א בחידושיו שהורה לחזן שנחלש ביוה"כ בתפילת שחרית בפייט של סדר קדושה והוצרך אחר לירד לפני התיבה שיחזור מראש התפילה ובלא אמירת הפייט ועיין בבה"ל. ש"ץ שהוא כהן ובאמצע התפילה נודע שמת אחד בבתים הסמוכים אם אפשר לסתום הפתחים והחלונות של בהכ"נ או של בית שהמת שם ואע"פ שיש עוד טומאה דרבנן א"צ להודיע להש"ץ עד שיגמור תפילתו [ומיהו ודאי אם סיים תפילתו בלחש ולא התחיל עדיין בקול רם יאמרו לו ויצא ויחזור אחר בקול רם] אבל אם א"א ליזהר בזה צריך לצאת ואפילו באמצע התפלה והשני העומד תחתיו יתחיל מתחלת ברכה אם הוא באמצעיות:
il commence au début, etc. - Car les trois premières et les trois dernières comptent comme une seule berakha, et on ne partage pas une seule berakha entre deux hommes. C'est pourquoi il n'y a pas de différence entre s'être trompé et avoir sauté une berakha des trois, ou s'être trompé et s'être tu au milieu d'une berakha ou entre une berakha et l'autre : en tout cas, dans les trois premières on revient au début, et dans les dernières on revient à Retsé. Ainsi dans Nishmat Adam, klal 25, et ainsi Rabbi Akiva Eiger dans ses hidouchim, qui a ordonné à un hazan affaibli à Kippour à la tefila de Shaharit dans le piyout de l'ordre de la Kedoucha, un autre ayant dû descendre devant le pupitre, de revenir au début de la tefila et sans dire le piyout. Voir au Beiour Halakha. Un officiant qui est kohen, et qu'au milieu de la tefila on apprend qu'un mort est dans les maisons voisines : s'il est possible de fermer les portes et fenêtres du beit haknesset ou de la maison où est le mort, bien qu'il reste encore une impureté rabbinique, on n'a pas besoin d'avertir l'officiant jusqu'à ce qu'il achève sa tefila [cependant, certainement, s'il a achevé sa tefila à voix basse et n'a pas encore commencé à voix haute, on le lui dira, il sortira, et un autre reprendra à voix haute]. Mais s'il est impossible d'y prendre garde, il doit sortir même au milieu de la tefila, et le second qui se lève à sa place commencera au début de la berakha s'il est dans celles du milieu.
(יב) שאם שכח ש"ץ - ולענין יחיד אם שכח עיין לעיל בסימן קכ"ד ס"י:
que si l'officiant a oublié - Et pour le yahid, s'il a oublié, voir plus haut siman 124 seif 10.
(יג) ולא הזכיר יעו"י - ואם שכח משיב הרוח וטל ומטר וכה"ג מחזירין אותו דדוקא ביעלה ויבא מפני שזכרון אחד עולה לכאן ולכאן [פמ"ג]:
et n'a pas mentionné Yaalé veyavo - Et s'il a oublié Machiv haroua'h et Tal oumatar et semblables, on le fait revenir ; c'est seulement pour Yaalé veyavo, parce qu'un seul souvenir vaut ici et là [Peri Megadim].
(יד) דאם טעה וכו' - ר"ל ששכח והתפלל של חול ולא הזכיר מענינו של שבת ויו"ט והשלים תפלתו אבל אם נזכר קודם שהשלים תפלתו חוזר לישמח משה או בי"ט לאתה בחרתנו כ"כ הפמ"ג ומדברי הרב בהג"ה לקמן בסימן רס"ח ס"ה קצת לא משמע כן:
que s'il s'est trompé, etc. - C'est-à-dire qu'il a oublié et a prié celle d'un jour de semaine, sans mentionner le sujet du Chabbat et du Yom Tov, et a achevé sa tefila. Mais s'il s'est souvenu avant d'achever sa tefila, il revient à Yisma'h Moché, ou à Yom Tov à Ata be'hartanou. Ainsi le Peri Megadim ; et des paroles du Rav dans la glose plus bas siman 268 seif 5, il ne ressort pas tout à fait ainsi.
(טו) דינו כמו בר"ח - הלבוש הביא דיעות בזה ולא הכריע אבל האחרונים כתבו כהרב:
son din est comme à Roch Hodech - Le Levouch a rapporté des avis là-dessus et n'a pas tranché, mais les Aharonim ont écrit comme le Rav.
(טז) סומך וכו' - ואם בלחש במעריב חוזר שאין לו על מה לסמוך ומיהו בשבת יסמוך על ברכה מעין שבע דלא גרע מיחיד שסומך עליו כבסימן רס"ח [פמ"ג]:
il s'appuie, etc. - Et s'il était à voix basse à Maariv, il revient, car il n'a pas sur quoi s'appuyer. Cependant le Chabbat il s'appuiera sur la berakha Me'ein sheva, qui n'est pas moindre qu'un yahid qui s'appuie sur elle, comme au siman 268 [Peri Megadim].
(יז) בג' ראשונות - ודוקא כשנזכר קודם שהשלים תפלתו דלית בזה טורח צבור כ"כ אבל אחר שהשלים תפילתו אינו חוזר כ"כ הלבוש וכן הסכימו עמו הרבה אחרונים. ובטור פליג ומקיל אפילו בג' ראשונות בכל גווני והסומך עליו לא הפסיד [ח"א בשם א"ר וכן משמע בביאור הגר"א שהלכה כטור]:
dans les trois premières - Et seulement s'il s'est souvenu avant d'achever sa tefila, car il n'y a pas en cela tant de peine pour le tsibbour ; mais après qu'il a achevé sa tefila, il ne revient pas. Ainsi le Levouch, et beaucoup d'Aharonim se sont accordés avec lui. Et le Tour diverge et est indulgent même dans les trois premières en tout cas ; et qui s'appuie sur lui n'a pas perdu [Haïé Adam au nom de l'Eliya Rabba, et de même il ressort du commentaire du Gra que la halakha est comme le Tour].