משנה ברורה

Michna Beroura — siman 128

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Nessiat kappayim et ce qui disqualifie le kohen
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Règles de la bénédiction des kohanim : minyan et kohanim compris dans le compte ; interdiction au zar ; devoir de monter au doukhan à l’appel ; lavage des mains jusqu’à l’articulation, versé par le lévi ; déplacement des pieds à Retsé ; dictée mot à mot, face contre face, debout, voix haute ; défauts visibles, prononciation, âge ; meurtre, apostasie, vin, unions interdites, ḥalal, deuil ; usages ashkénazes : nessiat kappayim surtout à Yom Tov.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Nessiat kappayim — minyan, zar, appel, lavage, Retsé, face à face, disqualifications, usage ashkénaze [FAIRE] Minyan de dix | Les cohanim comptent ; même majorité cohanim si au moins un Israël répond Amen [FAIRE] Monter à l'appel « cohanim » | Si l'on a déplacé les pieds à Retsé, ou qu'on le lui a dit avant la fin de Retsé [FAIRE] Laver les mains jusqu'à l'articulation | Eau seulement, même après le lavage du matin ; le lévi verse (sinon premier-né ; sinon le kohen lui-même plutôt qu'un Israël) [FAIRE] Déplacer les pieds à Retsé | Vers le doukhan ; a priori dès le début de Retsé ; bediavad tant que Retsé n'est pas achevé [FAIRE] Face contre face, debout, voix haute, mains levées | Cinq « fenêtres » entre les doigts ; pouce droit sur pouce gauche ; main droite un peu plus haute [FAIRE] Dicter mot à mot | Le lecteur (a priori un Israël) dicte d'après le sidour ; attendre Amen de la majorité entre les versets [FAIRE] Tourner par la droite | En montant vers le peuple et en redescendant vers l'hekhal ; ne pas tourner le dos à l'hekhal [EVITER] Zar qui porte les mains | Commandement positif « Ainsi vous bénirez » et berakha vaine « Asher kidéchanou » [EVITER] Souliers à lanières au doukhan | Honte si une lanière casse ; usage : chaussettes de tissu, pas pieds nus [EVITER] Regarder les mains ou le visage des cohanim | Usage : talit sur le visage (peuple et cohanim) — souvenir du Temple [EVITER] Se tenir derrière les cohanim | Pas compris dans la bénédiction (sauf oness) ; devant et sur les côtés : oui [EVITER] Dire les versets pendant la dictée | Surtout répéter Yevarekhekha à voix haute — usage erroné ; Gra : ne pas les dire [EVITER] Ajouter un verset de son cru | « Tu n'ajouteras pas » ; retrancher : « tu ne retrancheras pas » [EVITER] Chanter plusieurs nigounim différents | Trouble de l'esprit des cohanim [CAS:OUI] Déjà porté les mains ce jour | Plus d'obligation ; s'il remonte, il bénit quand même Asher kidéchanou [CAS:OUI] Synagogue toute de cohanim (plus de dix) | Une partie monte, dix restent pour Amen [CAS:OUI] Pasoul de paroles des Sages | N'a pas à sortir ni à monter — les Sages l'ont empêché [CAS:OUI] Défaut habituel au lieu / couvert par le talit | Porte les mains si le public y est accoutumé [CAS:OUI] Petit kohen avec des grands | Monte pour s'éduquer ; seul et fixe : non, sauf à l'occasion (Yom Tov dans nos pays) [CAS:OUI] Avel s'il n'y a pas deux autres cohanim | Peut porter dans les douze mois (père et mère) ou trente jours (autres proches) [CAS:OUI] Appelé alors qu'il est endeuillé | Bediavad il monte — sinon il transgresse un commandement positif [CAS:NON] N'a pas déplacé les pieds à Retsé | Ne monte plus, même par oness [CAS:NON] Meurtre même shogeg / apostasie / ḥalal | Pas de nessiat kappayim ; contraint de tuer : il porte les mains [CAS:NON] Unions interdites au kohen | Divorcée, zona, ḥalala, ḥaloutsa — pasoul jusqu'à vœu au su du public et répudiation [CAS:NON] Vin d'un réviit / ivresse | Comme le service du Temple [CAS:NON] Endeuillé (douze mois père et mère, trente jours les autres) | Usage : sortir avant Retsé, même Chabbat, même seul [CAS:NON] Kohen faible / voix enrouée / mains qui ne se lèvent pas | Comme assis — sortir avant Retsé [REMA] La plupart n'exigent pas de sefer Torah. Pas de berakha sur le lavage du doukhan (usage). Techouva après meurtre ou idolâtrie : premier avis non, second avis oui même mezid — et ainsi l'usage (certains stricts au moins en mezid). Anos sans acte d'idolâtrie : tous oui. Méhalel Chabbat befarhesia / apostat d'Ismaël : comme idolâtre. Ḥazan-kohen : s'il y a d'autres cohanim il ne monte pas ; seul et sûr de revenir (sidour) : il monte, un autre dicte. Usage ashkénaze : surtout Moussaf des Yom Tov, aussi Kippour ; Erets Israël et Égypte : chaque jour. Derrière l'arche au mur est : non compris — se placer sur les côtés ou à la bima. [SYNTHESE] Mitsva de la Torah pour le kohen apte, appelé, qui a déplacé les pieds à Retsé, mains lavées, face au peuple. Le zar n'y touche pas. Le public écoute face à face, répond Amen, ne regarde pas les mains. Dans nos pays : essentiellement Moussaf des Yom Tov.

Glossaire

nessiat kappayim
levée des mains, bénédiction sacerdotale
doukhan
estrade d’où les kohanim bénissent
zar
non-kohen
poguem
entaché, fils de divorcée ou de ḥaloutsa
ḥalal
fils né d’une union interdite au kohen
ḥalala
femme née d’une union interdite au kohen
ḥaloutsa
femme déchaussée du lévirat
zona
femme interdite au kohen par débauche
onen
endeuillé avant l’enterrement
avelout
deuil
moum
défaut physique visible
poḥéaḥ
vêtu de haillons, honteux pour le public
réviit
quart de log, mesure de vin
Avoda
bénédiction Retsé, « service »
hekhal
arche sainte, côté de la synagogue face auquel on se tourne
pasoul
disqualifié
techouva
repentir
anos
contraint
oness
contrainte
mezid
volontairement
shogeg
par erreur
bediavad
après coup
lekhathila
a priori
bal tossif
interdiction d’ajouter à un commandement
midérabanan
de paroles des Sages

(א) אין וכו' - ודינו בכל דבר כמו שמבואר לעיל בסימן נ"ה לענין קדיש ועיין שם במ"ב סקל"ג מה שכתבנו בשם הפמ"ג דמסתפק לענין ישן אם מצטרף. י"א דאין נ"כ אלא במקום שיש ס"ת אבל רוב האחרונים וכמעט כולם חולקים ע"ז. י"א דמי שבא ואמר כהן אני נאמן לישא כפיו וכן המנהג [רמ"א בא"ע סימן ג' ס"א בהג"ה]:

Il n’y a pas etc. - Son statut est en tout comme expliqué plus haut au siman 55 pour le kaddish ; voir là-bas au MB sk 33 ce que nous avons écrit au nom du Pri Megadim, qui doute si un endormi compte. Certains disent qu’il n’y a nessiat kappayim que là où il y a un sefer Torah, mais la plupart des aharonim et presque tous contestent. Certains disent que celui qui vient et déclare « je suis kohen » est cru pour porter les mains, et tel est l’usage [Rema, Even Haézer siman 3 seif 1, glose].

(ב) מהמנין - לפי שהכהנים ג"כ בכלל ברכה מדכתיב ואני אברכם כלומר לכהנים ואפילו אם רובם כהנים ג"כ שפיר דמי כיון דיש עכ"פ ישראל אחד שיענה אמן אחר הברכת כהנים. וביהכ"נ שכולה כהנים עיין לקמן בסכ"ה:

Du minyan - Parce que les kohanim aussi sont compris dans la bénédiction, comme il est écrit « et Moi Je les bénirai », c’est-à-dire les kohanim. Même si la majorité sont kohanim, c’est valable, puisqu’il reste au moins un Israélite qui réponde amen après birkat kohanim. Pour une synagogue entièrement de kohanim, voir plus bas au seif 25.

(ג) ואין לזר - דכתיב כה תברכו וגו' אתם ולא זרים ולאו הבא מכלל עשה עשה ועיין בב"ח שכתב דדוקא עם נשיאת כפים ואפילו אם לא בירך מתחלה אקב"ו וכו' אבל אם יברך ברכת כהנים בלא נשיאת כפים אינו עובר בעשה ומפמ"ג משמע דאיסור יש בכל גווני. כתב בספר מגן גבורים דהא דאמרה תורה אתם ולא זרים אינו רק במתכוין לכוונת המצוה אבל אי לא מכוין כלל לכוונת המצוה רק שלא לעבור על דברי חבריו שחשבו שהוא כהן ואמרו לו עלה לדוכן פשיטא דאין כאן איסור עשה כלל עי"ש ונ"ל דכ"ז דוקא למאי דקי"ל לעיל בסימן ס' ס"ד דמצות צריכות כונה דאל"ה אינו מותר רק דוקא אם מכוין בפירוש שלא לשם מצוה או שאינו מכוין כלל לברכה ועיין בבה"ל:

Et un zar ne doit pas - Car il est écrit « Ainsi vous bénirez etc. » : vous, et non les zarim. L’interdit issu d’un commandement positif est lui-même un commandement positif. Voir le Baḥ : uniquement avec nessiat kappayim, même s’il n’a pas d’abord béni « qui nous a sanctifiés… » ; mais s’il dit birkat kohanim sans lever les mains, il ne transgresse pas le commandement positif. Du Pri Megadim il ressort qu’il y a interdit dans tous les cas. Le Maguen Guibborim écrit que « vous et non les zarim » ne vise que s’il a l’intention de la mitsva ; s’il n’a aucune intention de mitsva, seulement pour ne pas contrarier ceux qui le croient kohen et lui ont dit de monter au doukhan, il n’y a évidemment aucun interdit de commandement positif. Cela ne vaut, me semble-t-il, que selon ce que nous tenons plus haut au siman 60 seif 4, que les mitsvot requièrent l’intention ; sinon ce n’est permis que s’il a explicitement l’intention de ne pas faire la mitsva, ou s’il n’a aucune intention de bénédiction. Voir Beour Halakha.

(ד) אפילו וכו' - ר"ל אפילו אם נימא דעשה אינו עובר הזר כשמברך עם כהנים דהמיעוט אתם ולא זרים הוא רק כשמברך לבדו אפ"ה עכ"פ אסור משום הברכה שמברך בתחלה אשר קדשנו וכו' דהוי לבטלה דרק לכהנים צותה התורה לברך את ישראל:

Même etc. - C’est-à-dire : même si l’on dit que le zar ne transgresse pas le commandement positif quand il bénit avec des kohanim — le « vous et non les zarim » ne visant que s’il bénit seul —, il reste interdit à cause de la bénédiction qu’il dit d’abord « qui nous a sanctifiés… », bénédiction vaine : la Torah n’a ordonné qu’aux kohanim de bénir Israël.

(ה) בזר העולה - אם לא משום ברכה לבטלה שלכהנים צותה התורה לברך את ישראל [תוס' שם]:

Pour un zar qui monte - Si ce n’est à cause de la bénédiction vaine : la Torah a ordonné aux kohanim de bénir Israël [Tossafot ad loc.].

(ו) ואפשר עם וכו' - ר"ל בזה קאמר הר"י דאינו עובר בעשה רק משום איסור ברכה לבטלה ולדינא הסכימו האחרונים דאין לחלק בזה ובכל גווני עובר בעשה:

Et il se peut qu’avec etc. - C’est-à-dire : c’est en ce cas que le Ri dit qu’il ne transgresse pas le commandement positif, seulement l’interdit de bénédiction vaine. Pour le din, les aharonim ont conclu qu’il n’y a pas lieu de distinguer : dans tous les cas il transgresse le commandement positif.

(ז) שאין בו אחד וכו' - כי לקמן בסימן זה מבואר הרבה דברים המעכבים לכהן לעלות לדוכן יש מהן שהן מדאורייתא לכמה פוסקים ויש מהן שהן לכו"ע מדרבנן ועיין לקמיה בס"ק י"ב:

Qui n’a pas en lui l’une etc. - Car plus bas dans ce siman sont exposées de nombreuses choses qui empêchent le kohen de monter au doukhan : certaines sont de la Torah selon plusieurs décisionnaires, d’autres sont de paroles des Sages selon tous. Voir plus bas sk 12.

(ח) כעובר בג' - והוא כה תברכו אמור להם ושמו את שמי וגו' ומ"מ עיקר עשה אינו אלא אחת והוא כה תברכו שנאמרה בלשון צווי לברכה. כתבו הפוסקים דנשיאת כפים אין דוחה לאיסור טומאה והטעם כי יש בה עשה ולא תעשה [לנפש לא יטמא קדושים יהיו] ולכן אפילו מת פתאום אחר שכבר אמר הש"ץ כהנים דחל עליהם המצות עשה דנשיאת כפים אפ"ה צריכין לצאת תיכף החוצה. ואם הכהן אינו יודע מזה צריך להגיד לו מיהו אם הטומאה בבית הסמוך לביהכ"נ ואפשר לסתום הפתחים והחלונות של ביהכ"נ או של בית שהמת שם אפילו נודע לו א"צ לצאת עד שיגמור הנ"כ דנ"כ ד"ת וטומאה כזו אינה אלא מדרבנן. אמנם אם נודע לכהן קודם שנטל ידיו לעלות לדוכן טוב יותר שיצא תיכף החוצה:

Comme s’il transgressait trois - À savoir : « Ainsi vous bénirez », « Dis-leur », « Ils poseront Mon Nom etc. ». Toutefois le commandement positif essentiel n’est qu’un : « Ainsi vous bénirez », dit en langage d’ordre de bénir. Les décisionnaires écrivent que nessiat kappayim ne recule pas devant l’interdit d’impureté, car il y a là un commandement positif et un interdit [« il ne se rendra pas impur pour un mort », « ils seront saints »]. Donc même si un mort survient soudain après que le chaliaḥ tsibbour a déjà dit « kohanim » — le commandement positif de nessiat kappayim pesant déjà sur eux — ils doivent néanmoins sortir aussitôt. Si le kohen l’ignore, il faut le lui dire. Toutefois, si l’impureté est dans une maison voisine de la synagogue et qu’on peut boucher les portes et fenêtres de la synagogue ou de la maison où est le mort, même s’il l’apprend, il n’a pas à sortir avant d’avoir achevé nessiat kappayim : nessiat kappayim est de la Torah, et une telle impureté n’est que de paroles des Sages. Mais si le kohen l’apprend avant d’avoir lavé les mains pour monter au doukhan, mieux vaut qu’il sorte aussitôt.

(ט) כשקראו כהנים - דבלא"ה אינו עולה דכתיב אמור להם ומתרגמינן כד יימרון להון והוא קריאת כהנים שאנו אומרין וע' לקמיה בס"ק י'. וכתב המ"א ודוקא שעקר רגליו בעבודה אבל אם לא עקר רגליו אינו רשאי לעלות וכדלקמן בס"ח ואף דהחזן קרא כהנים או שא"ל בפירוש לעלות אינו עובר בעשה והא"ר הביא בשם תשובת מהר"ם מינץ שמסתפק בזה דאולי באופן זה מחוייב לעלות ע"כ יש ליזהר שלא להיות אז בבהכ"נ כדי שלא יבוא לזה ובלא"ה יש לעשות כן משום שלא יאמרו עליו שהוא פגום דמי ידע שלא עקר רגליו קצת בעבודה:

Quand on a crié « kohanim » - Car autrement il ne monte pas, comme il est écrit « Dis-leur », et le Targoum : « quand on leur dira » — c’est l’appel « kohanim » que nous prononçons. Voir plus bas sk 10. Le Magen Avraham écrit : uniquement s’il a déplacé les pieds pendant Avoda ; s’il n’a pas déplacé les pieds, il n’est pas autorisé à monter, comme plus bas au seif 8. Même si le ḥazan a crié « kohanim » ou lui a dit expressément de monter, il ne transgresse pas le commandement positif. L’Eliya Rabba rapporte au nom d’une responsum du Maharam Mintz un doute : peut-être qu’en ce cas il est tenu de monter. Il faut donc prendre garde de n’être pas alors dans la synagogue, pour ne pas en arriver là ; et de toute façon il convient de le faire, pour qu’on ne dise pas de lui qu’il est poguem : qui saura qu’il n’a pas un peu déplacé les pieds pendant Avoda ?

(י) או אם א"ל - זה קאי ג"כ בשהיה בבהכ"נ ולא כשאמרו לו בחוץ רק דבא המחבר להורות לנו דאין נ"מ בדין בין תיבת כהנים שקורא החזן בכלל לכל הכהנים או שאמרו לו בפרט לעלות או במה שאמר לו השופך מים ליטול ידיו דהוא מרמז ג"כ על ברכת כהנים כולם בכלל אמור להם הוא ועובר בעשה אם אינו עולה וכ"ז מיירי ג"כ לפי דעת המ"א הנ"ל שעקר רגליו בעבודה. ועיין עוד בבה"ל שביררנו שם עוד דברי המחבר כולל ג"כ דאם שאמרו לו בביהכ"נ קודם שגמר ברכת רצה דהיה אז ביכלתו לעקור רגליו ולא רצה דעובר בעשה לכו"ע ועי"ש עוד במה שכתבנו:

Ou si on lui a dit - Cela vise aussi le cas où il était dans la synagogue, non pas qu’on le lui ait dit dehors. Le Mé’haber nous enseigne qu’il n’y a pas de différence de din entre le mot « kohanim » que le ḥazan crie pour tous les kohanim, le fait qu’on lui ait dit en particulier de monter, ou le fait que celui qui verse l’eau pour le lavage des mains le lui ait dit : tout cela est compris dans « Dis-leur », et il transgresse le commandement positif s’il ne monte pas. Tout cela selon l’avis du Magen Avraham cité : s’il a déplacé les pieds pendant Avoda. Voir encore Beour Halakha, où nous avons clarifié que les paroles du Mé’haber comprennent aussi le cas où on lui a dit dans la synagogue avant qu’il n’achève la berakha Retsé, alors qu’il pouvait encore déplacer les pieds et ne l’a pas voulu : il transgresse le commandement positif selon tous. Voir là-bas la suite.

(יא) שוב אינו עובר - היינו אי אתרמי ליה צבורא אחרינא והטעם כיון שכבר קיים מצוה זו ביום זה לא חייבתו התורה יותר ומ"מ אם עלה פעם שנית צריך לברך מתחלה הברכה אקב"ו דעכ"פ עושה מצוה ואפילו באותו ביהכ"נ שכבר נשא כפיו:

Il ne transgresse plus - C’est-à-dire si un autre public se présente. Le motif : puisqu’il a déjà accompli cette mitsva ce jour-là, la Torah ne l’oblige pas davantage. Toutefois, s’il est monté une seconde fois, il doit d’abord bénir « qui nous a sanctifiés… », car il fait malgré tout une mitsva, même dans la même synagogue où il a déjà porté les mains.

(יב) כשהכהנים אינם רוצים - כגון שהוא חלש וכדומה. ועיין במ"א שכתב בשם המרדכי שהיוצא צריך לצאת קודם שמתחילין רצה והטעם כדי שלא יאמרו שהם פגומים כשלא יעקרו ברצה וגם שהלוים היוצקים מים לא יבואו ויאמרו להם לעלות [א"ר]. וכתבו הפוסקים דהפסולים לעלות לדוכן אפילו פסולים דרבנן א"צ לצאת לחוץ דכשהחזן קורא כהנים אין כונתו על הפסולים והסכימו עוד דאפילו אם אמרו לו בפירוש עלה או כשאין בביהכ"נ רק פסולים דבודאי כונת הש"ץ שקורא כהנים הוא עליהן אפ"ה אין צריכין לעלות ואינם עוברין בעשה דהא אינם נמנעין מצד עצמן אלא החכמים מנעו אותם ויש כח בידם לעשות זה. ומ"מ באין בביהכ"נ כהנים אחרים רק אלו הפסולים דרבנן מצדד הא"ר שיצאו לחוץ קודם רצה וכן משמע מהגהת רע"א ע"ש:

Quand les kohanim ne veulent pas - Par exemple s’il est faible, et similaire. Voir le Magen Avraham au nom du Mordekhaï : celui qui sort doit sortir avant qu’on commence Retsé, pour qu’on ne dise pas qu’ils sont peguimim s’ils ne déplacent pas les pieds à Retsé, et pour que les leviim qui versent l’eau ne viennent pas leur dire de monter [Eliya Rabba]. Les décisionnaires écrivent que les pasoul pour monter au doukhan, même pasoul de paroles des Sages, n’ont pas à sortir : quand le ḥazan crie « kohanim », son intention ne porte pas sur les pasoul. Ils ont encore conclu que même si on lui a dit expressément « monte », ou s’il n’y a dans la synagogue que des pasoul — l’intention du chaliaḥ tsibbour qui crie « kohanim » portant certainement sur eux —, ils n’ont pas à monter et ne transgressent pas le commandement positif : ils ne s’abstiennent pas d’eux-mêmes, ce sont les Sages qui les ont empêchés, et ceux-ci en ont le pouvoir. Toutefois, s’il n’y a dans la synagogue d’autres kohanim que ces pasoul de paroles des Sages, l’Eliya Rabba incline à ce qu’ils sortent avant Retsé ; de même semble-t-il de la glose de R. Akiva Eiger.

(יג) אלא בשעה וכו' - ר"ל וממילא אין חל עליהם שום חיוב אפילו כשיכנסו אח"כ וכנ"ל בס"ב:

Seulement au moment etc. - C’est-à-dire : dès lors aucun devoir ne pèse sur eux, même s’ils entrent ensuite, comme ci-dessus au seif 2.

(יד) שהם פגומים - ר"ל בני גרושה ובני חלוצה:

Qu’ils sont peguimim - C’est-à-dire fils de divorcée et fils de ḥaloutsa.

(טו) במנעלים - שמא יפסק לו רצועה וגנאי הוא לו ומתלוצצים עליו כשסנדלו מותרת ויקשרנה בעוד שחבריו מברכים ויאמרו שבן גרושה ובן חלוצה הוא ולפיכך הלך וישב לו ואפילו במנעלים שאין להם רצועות אסור דלא פלוג רבנן. ויש להצניע המנעלים שלא יעמדו בגלוי בביהכ"נ מפני הכבוד ויחלצם קודם נטילה אך כשאפשר לו לחלצם אחר נטילה ושלא יגע בהם יכול לחלצם אחר נטילה [אחרונים]:

Avec des souliers - De peur qu’une lanière ne se casse : ce serait une honte, on se moquerait de lui si sa sandale est détachée, il la nouerait pendant que ses collègues bénissent, et l’on dirait qu’il est fils de divorcée ou de ḥaloutsa ; c’est pourquoi il s’en irait s’asseoir. Même avec des souliers sans lanières c’est interdit : les Sages n’ont pas distingué. Il faut ranger les souliers pour qu’ils ne restent pas à découvert dans la synagogue, par respect, et les ôter avant le lavage ; mais s’il peut les ôter après le lavage sans les toucher, il peut les ôter après le lavage [aharonim].

(טז) אבל בבתי שוקים - הוא מנעלים ארוכים המגיעים עד ארכובות הרגל היינו סמוך לשוק ושרי דליכא הכא טעמא הנ"ל ואף דגם הכא רגילין לפעמים לעשות רצועות סמוך לארכובה מ"מ לא חיישינן שמא ישב לקשרם דאפילו אם הם מותרים לית בה גנאי כולי האי:

Mais avec des bottes - Souliers longs jusqu’aux genoux, près du mollet : c’est permis, le motif ci-dessus n’y a pas lieu. Même si l’on a parfois l’habitude d’y mettre des lanières près du genou, on ne craint pas qu’il s’asseye pour les nouer : même détachées, la honte n’est pas si grande.

(יז) אם הם של עור - טעמם דבכלל סנדל ומנעל הם ולא פלוג רבנן בין יש רצועות ובין אין רצועות ומ"מ בבתי שוקים עם מכנסיים ביחד שמגיעים עד אציליהם מותר לכו"ע דזה לא הוי בכלל הגזירה כלל וכן בתי שוקים של בגד אף שמחופה עור שרי אף לדעה זו:

S’ils sont de cuir - Leur motif : ils sont compris dans « sandale et soulier », et les Sages n’ont pas distingué entre lanières et absence de lanières. Toutefois des bottes avec un pantalon qui montent jusqu’aux aisselles sont permises selon tous : cela n’entre pas du tout dans le décret. De même des bottes de tissu, même recouvertes de cuir, sont permises même selon cet avis.

(יח) ונהגו להקל בקצת מקומות - ומ"מ בבתי שוקיים שלנו [שקורין שטיווי"ל] שרגילין לילך בהם בשוק בטיט אין להקל משום כבוד הציבור [פר"ח ע"ש] ולפי טעם זה גם במנעלים של גמי שלנו [שקורין קאלאסי"ן] ג"כ אינו נכון מטעם זה. כתבו האחרונים דאין נכון לעלות לדוכן יחף ממש שהוא דרך גנאי שאין רגילין בזמן הזה לילך יחף לפני גדולים אלא יש לילך בפוזמקאות של בגד וכן המנהג:

Et l’on a l’usage d’être indulgent en certains lieux - Toutefois, pour nos bottes [appelées shtievel] dans lesquelles on a l’habitude d’aller au marché dans la boue, il ne faut pas être indulgent, par respect du public [Pri Ḥadash]. Pour ce motif, nos souliers de jonc [appelés kalossin] ne conviennent pas non plus. Les aharonim écrivent qu’il n’est pas convenable de monter au doukhan vraiment pieds nus : c’est une voie de honte, on n’a plus l’habitude aujourd’hui d’aller pieds nus devant les grands ; il faut aller en chaussettes de tissu, et tel est l’usage.

(יט) אע"פ שנטלו - עיקר הנטילה אסמכו רבנן אקראי שנאמר שאו ידיכם קדש וברכו את ה' כלומר כשתשאו ידיכם קדשו אותם בתחלה והיינו נטילה ואח"כ ברכו את ברכת ה' והיא ברכת כהנים והנטילה צריכה להיות במים דוקא ולא מועיל כאן מידי דמנקי כמו בתפלה בסי' צ"ב ופסק המחבר דאע"פ שנטל ידיו שחרית יחזור ויקדש אותם קודם הנשיאות כפים דקרא תיכף לקדושה ברכה משמע:

Même s’ils ont lavé - L’essentiel du lavage, les Sages l’ont appuyé sur le verset « Portez vos mains en sainteté et bénissez ה' » : quand vous porterez les mains, sanctifiez-les d’abord — c’est le lavage — puis bénissez la bénédiction de ה', qui est birkat kohanim. Le lavage doit être d’eau seulement ; ici ne suffisent pas les moyens qui « nettoient » comme pour la tefila au siman 92. Le Mé’haber tranche : même s’il a lavé les mains le matin, il les sanctifie de nouveau avant nessiat kappayim, car le verset enchaîne immédiatement sainteté et bénédiction.

(כ) חוזרים ונוטלים וכו' - ואם אין לו מים כתבו האחרונים דנוכל לסמוך על שיטת הרמב"ם דס"ל דיוצא בנט"י שנטל בשחרית כל שלא הסיח דעתו ויודע שלא נגע במקום מטונף:

Ils lavent de nouveau etc. - S’il n’a pas d’eau, les aharonim écrivent qu’on peut s’appuyer sur l’avis du Rambam : il s’acquitte par le lavage du matin tant qu’il n’a pas détourné l’esprit et sait qu’il n’a pas touché un endroit souillé.

(כא) עד הפרק - ככהן המקדש ידיו לעבודה [רמב"ם]. וע"כ כתבו האחרונים דאפשר דבעינן דוקא נטילה מכלי וכח גברא ושלא יהיו משתנים המים מברייתן ויהיה עכ"פ רביעית מים:

Jusqu’à l’articulation - Comme le kohen qui sanctifie ses mains pour le service [Rambam]. Aussi les aharonim écrivent-ils qu’il faut peut-être un lavage d’un récipient, par force d’homme, que l’eau n’ait pas changé d’aspect, et au moins un réviit d’eau.

(כב) והלוי יוצק מים - וכשאין לוי יוצק בכור פטר רחם דהוא ג"כ קדוש קצת ואם אין גם בכור טוב שיטיל הכהן בעצמו משיציק ישראל על ידו ואף שהלוי ת"ח והכהן ע"ה יש להחמיר וכ"ש אם יש כהן אחד ת"ח דמציל את כולם ומחוייב ליצוק אף על ע"ה כ"כ א"ר וכתב המגן גבורים דכן עיקר עי"ש טעמו:

Et le lévi verse l’eau - S’il n’y a pas de lévi, un premier-né ouvre-matrice verse, car il a aussi un peu de sainteté. S’il n’y a pas non plus de premier-né, mieux vaut que le kohen verse lui-même plutôt qu’un Israélite verse sur sa main. Même si le lévi est un savant et le kohen un ignorant, il faut être strict ; à plus forte raison s’il y a un kohen savant : il sauve tous les autres et est tenu de verser même sur un ignorant. Ainsi l’Eliya Rabba, et le Maguen Guibborim écrit que c’est l’essentiel ; voir son motif.

(כג) ולא נהגו - ואם הסיחו הלוים דעתם טוב שיטלו ידיהם מקודם ומכ"ש היכא דנגעו בגופן [אחרונים]. יש מקומות שהמנהג ששופכין שמן של ריח במים והמ"א כאן ובט"ז לקמן סימן תקי"א כתבו דאסור דמוליד ריחא והא"ר וכן הח"צ בסימן צ"ב דעתם להקל דלא שייך מוליד ריחא בזה כיון שהשמן עצמו מעורב במים. ובנתונים מע"ש ועיו"ט בודאי יש לסמוך עלייהו להקל אף דמוליד ריחא בידי הכהנים כמו שכתב בשע"ת:

Et l’on n’a pas l’usage - Si les leviim ont détourné l’esprit, il est bon qu’ils lavent d’abord les mains, à plus forte raison s’ils ont touché leur corps [aharonim]. En certains lieux l’usage est de verser de l’huile parfumée dans l’eau. Le Magen Avraham ici et le Taz plus bas au siman 511 écrivent que c’est interdit, car on produit une odeur. L’Eliya Rabba et le Ḥakham Tsvi siman 92 sont indulgents : « produire une odeur » ne s’applique pas ici, l’huile étant elle-même mêlée à l’eau. Pour ce qui a été préparé dès avant Chabbat et la veille de Yom Tov, on peut certainement s’appuyer sur eux pour être indulgent, même si cela produit une odeur sur les mains des kohanim, comme l’écrit Shaaré Techouva.

(כד) לא יחזור לברך וכו' - דלענין ברכה סמכינן על הרמב"ם דס"ל דיצא בנטילה שנטל שחרית וכ"ז דוקא אם לא נגע במקום מטונף ולא הסיח דעתו בינתים אבל אם הסיח דעתו בינתים וכ"ש כשנגע במקום מטונף צריך לכ"ע לברך עתה על הנטילה כ"כ מ"א והא"ר כתב דבכל גווני א"צ לברך על נטילה זו דשמא לא נתקן כלל ברכה על נטילה זו וכן נהגו שלא לברך בשום גווני ולכן כל כהן ירא וחרד ישמור ידיו משעת נטילתו שחרית שלא ליגע במקום המלוכלך שלא יפול בספק ברכה:

Il ne recommencera pas à bénir etc. - Pour la bénédiction on s’appuie sur le Rambam, qui tient qu’il s’est acquitté par le lavage du matin. Cela uniquement s’il n’a pas touché un endroit souillé et n’a pas détourné l’esprit entre-temps. S’il a détourné l’esprit, à plus forte raison s’il a touché un endroit souillé, il doit selon tous bénir maintenant sur le lavage. Ainsi le Magen Avraham. L’Eliya Rabba écrit que dans tous les cas il n’a pas à bénir sur ce lavage : peut-être n’a-t-on pas du tout institué de bénédiction pour ce lavage. Tel est l’usage : on ne bénit en aucun cas. Aussi tout kohen craintif et pieux gardera-t-il ses mains, dès le lavage du matin, de ne pas toucher un endroit sale, pour ne pas tomber dans un doute de bénédiction.

(כה) כשמתחיל ש"צ וכו' - היינו לכתחלה יזהר לעקור בהתחלת הש"ץ רצה אבל אם לא עקר עד שכבר התחיל הש"ץ רצה כל שלא סיים ברכת רצה שפיר דמי [א"ר וש"א]:

Quand le chaliaḥ tsibbour commence etc. - Lekhathila (a priori) il veillera à déplacer les pieds au début de Retsé par le chaliaḥ tsibbour ; mais s’il n’a déplacé qu’après que le chaliaḥ tsibbour a déjà commencé Retsé, tant qu’il n’a pas achevé la berakha Retsé, c’est valable [Eliya Rabba et autres].

(כו) רצה כל כהן וכו' - שנאמר וישא אהרן את ידיו אל העם ויברכם ואח"כ וירד מעשות החטאת וגו' משמע שבירך קודם שנסתלק מהעבודה לכן תקנו גם בתפלה שיעלו הכהנים לדוכן קודם סיום ברכת עבודה:

Retsé : tout kohen etc. - Comme il est dit : « Aharon leva les mains vers le peuple et les bénit », puis « il descendit d’avoir fait le ḥatat etc. » : cela indique qu’il a béni avant de se retirer du service. Aussi a-t-on institué dans la tefila que les kohanim montent au doukhan avant la fin de la berakha du service.

(כז) עד שיסיים ש"ץ רצה - לאו דוקא דאפילו אם לא יגיע שם עד שיסיים הש"ץ ברכת מודים ג"כ לית לן בה כל שעקר רגליו ברצה ואיידי דרישא נקט רצה [אחרונים]. עוד כתבו דעיקר העקירה מקרי אחר נטילה שאז ראוי לעלות לדוכן ולכן יעקרו רגליהם ליטול ידיהם קודם רצה וברצה יעקרו רגליהם לילך למקום המוכן לדוכנם ובדיעבד אם לא נטל ידיו קודם רצה ואם ילך ליטול ידיו יסיים הש"ץ ברכת רצה אעפ"כ יעקור ברצה לילך למקום הדוכן ואח"כ יטול ידיו שם [והיינו שיביאו לו שם מים סמוך למקום הדוכן]:

Jusqu’à ce que le chaliaḥ tsibbour achève Retsé - Non à la lettre : même s’il n’y arrive qu’après que le chaliaḥ tsibbour a achevé Modim, cela n’y fait rien, pourvu qu’il ait déplacé les pieds à Retsé ; on a dit Retsé par suite du début [aharonim]. Ils écrivent encore que le déplacement essentiel est après le lavage, alors il est apte à monter au doukhan. Ils déplaceront donc les pieds pour aller se laver avant Retsé, et à Retsé ils déplaceront les pieds pour aller à l’endroit préparé pour leur doukhan. Bediavad (après coup), s’il n’a pas lavé avant Retsé et que, s’il va se laver, le chaliaḥ tsibbour achèvera Retsé, il déplacera néanmoins les pieds à Retsé pour aller à l’endroit du doukhan, puis il s’y lavera [on lui apportera de l’eau près du doukhan].

(כח) אבל אם לא עקר רגליו ברצה - ואפילו אם עקר רגליו לילך לצד חוץ ליטול ידיו מצדד בעטרת זקנים דזה לא חשיב עדיין עקירה אף שהנטילה היא הכשר לנשיאת כפים דבעינן עקירה למקום הדוכן וזה היה עקירתו לצד חוץ וע"כ המנהג כשהש"ץ מגיע לרצה ולא באו עדיין הכהנים להיכל הוא ממתין בתפלתו עד שיבואו דחיישינן שמא עדיין לא עקרו רגליהן ממקום הרחיצה לילך לצד הדוכן. כתבו הפוסקים שאם עקר רגליו מביתו לבוא לביהכ"נ ומצא אחר רצה אע"פ שבודאי בעת שעקר רגליו מביתו היה קודם רצה לא חשיב עקירה ואינו עולה כיון שלא עקר מביתו אדעתא דדוכן אבל אם עקר רגליו מביתו לבוא לבהכ"נ לעלות לדוכן עקירה זו מועלת ועולה ויש שכתבו דאפילו באופן זה אינו עולה כ"א כשהיה ביתו סמוך לביהכ"נ ושמע שהש"ץ התחיל רצה:

Mais s’il n’a pas déplacé les pieds à Retsé - Même s’il a déplacé les pieds pour aller dehors se laver, Ateret Zekenim incline à dire que cela ne compte pas encore comme déplacement : le lavage n’est que la préparation de nessiat kappayim, et l’on exige un déplacement vers le lieu du doukhan, or celui-ci était vers l’extérieur. Aussi l’usage est-il, quand le chaliaḥ tsibbour arrive à Retsé et que les kohanim ne sont pas encore venus à l’hekhal, qu’il attende dans sa tefila jusqu’à ce qu’ils viennent : on craint qu’ils n’aient pas encore déplacé les pieds du lieu du lavage vers le doukhan. Les décisionnaires écrivent : s’il a déplacé les pieds de sa maison pour venir à la synagogue et qu’il a trouvé après Retsé, même s’il est certain qu’en quittant sa maison c’était avant Retsé, cela ne compte pas comme déplacement et il ne monte pas, puisqu’il n’a pas quitté sa maison en vue du doukhan. Mais s’il a quitté sa maison pour venir à la synagogue afin de monter au doukhan, ce déplacement vaut et il monte. Certains écrivent que même alors il ne monte que si sa maison était proche de la synagogue et qu’il a entendu le chaliaḥ tsibbour commencer Retsé.

(כט) שוב לא יעלה - ואפילו היה מחמת אונס:

Il ne montera plus - Même si c’était par oness (contrainte).

(ל) עד עמדו לפני התיבה - וכן המנהג עכשיו שאין אומרים אותו בדרך הליכתן כ"א אחר שעומדים כבר לפני ההיכל ואמרו מודים אח"ז אומרים יהי רצון זה:

Jusqu’à ce qu’ils se tiennent devant le pupitre - Tel est l’usage aujourd’hui : on ne le dit pas en chemin, seulement une fois déjà debout devant l’hekhal ; après Modim, on dit alors ce « Yehi ratsone ».

(לא) עד שיכלה אמן - לאו דוקא אלא עד שיסיים הש"ץ ולך נאה להודות כדי שיענו הקהל אמן על שתיהן [מ"א וש"א]. ולפ"ז פשוט דגם הכהנים יענו אמן על ברכת הש"ץ וכן מצאתי בשלחן שלמה:

Jusqu’à ce que s’achève amen - Non à la lettre : jusqu’à ce que le chaliaḥ tsibbour achève « oulékha naé lehodot », pour que l’assemblée réponde amen sur les deux [Magen Avraham et autres]. Dès lors il est évident que les kohanim aussi répondent amen à la berakha du chaliaḥ tsibbour ; ainsi ai-je trouvé dans Shoulḥan Shlomo.

(לב) ואצבעותיהם כפופים - ר"ל שאינם צריכין לפרוס כפיהם:

Et leurs doigts pliés - C’est-à-dire qu’ils n’ont pas à écarter les paumes.

(לג) אם הם שנים - דכתיב אמור להם דהיינו לומר לכהנים שיברכו את ישראל ולהם משמע לשנים:

S’ils sont deux - Car il est écrit « Dis-leur », c’est-à-dire dire aux kohanim de bénir Israël ; « leur » implique deux.

(לד) כהנים - ולא חשיב הפסק בתפלה כמו דלא חשיב הפסק מה שהש"ץ מקרא להם מלה במלה והטעם דנ"כ צורך תפלה הוא:

« Kohanim » - Cela ne compte pas comme interruption dans la tefila, de même que ne compte pas comme interruption le fait que le chaliaḥ tsibbour leur dicte mot à mot : nessiat kappayim est un besoin de la tefila.

(לה) ולא יאמר או"א - הטעם שלא נתקן אלא בזמן שאין הכהנים מברכין בעצמם אבל כיון שהכהנים מברכין בעצמן למה יאמר הש"ץ:

Et il ne dira pas « Élohenou… » - Le motif : cela n’a été institué que lorsque les kohanim ne bénissent pas eux-mêmes ; puisqu’ils bénissent eux-mêmes, pourquoi le chaliaḥ tsibbour le dirait-il ?

(לו) וחוזר ואומר עם קדושך - היינו הש"ץ ומה שנוהגין באיזה מקומות שהכהנים אומרין עם קדושך טעות הוא:

Et il reprend « Ton peuple saint… » - C’est-à-dire le chaliaḥ tsibbour. L’usage en certains lieux que les kohanim disent « Ton peuple saint… » est une erreur.

(לז) ומחזירין פניהם וכו' - דילפינן בגמרא שברכת כהנים צריך להיות פנים כנגד פנים. וא"צ להיות פני הכהנים כלפי הש"ץ דוקא אלא אפילו אם ההיכל קבוע בצפון והתיבה שהש"ץ לפניה היא במזרח הכהנים עומדים לפני ההיכל בצפון ופניהם לדרום כלפי העם [מ"א בשם כנה"ג] וי"א שטוב יותר שהכהנים יעמדו במזרח אע"פ שההיכל הוא לצד אחר והעם יעמדו נגדם פנים נגד פנים [פר"ח והביאו הפמ"ג]. שני כהנים השונאים זה את זה ואפילו נדרו הנאה זה מזה מותרין לעלות ביחד ואין אחד יכול לומר לחבירו עלה אתה בשחרית ואני אעלה במוסף או להיפוך כי יכול לומר אני רוצה לברך בשתיהן אבל כהן שהצבור שונאים אותו או הוא שונא את הצבור סכנה הוא לכהן אם ישא כפיו (ולכן יצא מביהכ"נ קודם רצה אם אינו יכול לכוף את יצרו ולהסיר השנאה מלבו) וע"ז תקנו בברכה לברך את עמו ישראל באהבה:

Et ils tournent le visage etc. - On l’apprend dans la Guemara : birkat kohanim doit être face contre face. Les visages des kohanim n’ont pas à être tournés précisément vers le chaliaḥ tsibbour : même si l’hekhal est fixé au nord et le pupitre du chaliaḥ tsibbour à l’est, les kohanim se tiennent devant l’hekhal au nord, le visage au sud vers le peuple [Magen Avraham au nom de Kenesset Haguédola]. Certains disent qu’il est mieux que les kohanim se tiennent à l’est, même si l’hekhal est d’un autre côté, et que le peuple se tienne face à eux, face contre face [Pri Ḥadash, cité par le Pri Megadim]. Deux kohanim qui se haïssent, même s’ils se sont voué l’un à l’autre tout bénéfice, peuvent monter ensemble ; l’un ne peut dire à l’autre : « monte toi à Shaḥarit et moi à Moussaf » ou l’inverse, car il peut dire : « je veux bénir aux deux ». Mais un kohen que le public hait, ou qui hait le public : c’est un danger pour le kohen s’il porte les mains (il sortira donc de la synagogue avant Retsé s’il ne peut plier son penchant et ôter la haine de son cœur). C’est pour cela qu’on a institué dans la bénédiction de bénir Son peuple Israël avec amour.

(לח) ואם הוא אחד וכו' - ואפילו אם יש עמו עוד אחד קטן פחות מבן י"ג שנה ג"כ אינו קורא כהנים [מבי"ט סי' ס"ד] והפר"ח מפקפק בזה ומיהו לפי מנהגנו שהש"ץ אומר אלהינו ורק שיאמר כהנים בקול רם לא איכפת לן כלל דליכא הפסק והוא מעין התפלה ומה"ט כתב הא"ר שאפילו ליכא כהן קטן רק כהן אחד גדול נמי אם אמר הש"ץ בקול רם כהנים אין לגעור בו דאין שום הפסק בזה:

S’il est seul etc. - Même s’il a avec lui un autre, petit de moins de treize ans, on ne crie pas non plus « kohanim » [Mabit siman 64]. Le Pri Ḥadash en doute. Toutefois selon notre usage, le chaliaḥ tsibbour dit « Élohenou » et dit seulement « kohanim » à voix haute : cela n’y fait rien, il n’y a pas d’interruption et c’est de l’ordre de la tefila. Pour ce motif l’Eliya Rabba écrit : même s’il n’y a pas de petit kohen, seulement un grand kohen, si le chaliaḥ tsibbour a dit « kohanim » à voix haute, on ne le réprimande pas : il n’y a aucune interruption.

(לט) מחזיר פניו - ונושא כפים ומברך ג"כ מתחלה אע"ג דאינו מחוייב לעלות לפי מה שכתב לעיל בס"ב [מ"א בשם רמ"מ] ומכ"ש לדעת המהרל"ח וט"ז סק"ג דמחוייב לעלות מה"ת אם הוא אחד אע"פ שלא קראו דמברך:

Il tourne le visage - Il porte les mains et bénit aussi d’abord, bien qu’il ne soit pas tenu de monter selon ce qu’il a écrit plus haut au seif 2 [Magen Avraham au nom de R. Moché Mintz]. À plus forte raison selon le Maharalbaḥ et le Taz sk 3, qui le tiennent de la Torah à monter s’il est seul, même sans appel : il bénit.

(מ) כשמחזירין פניהם וכו' - ויש מהראשונים שס"ל דברכה זו מברכין קודם שמחזירין פניהם והמדקדקין יוצאין ידי שניהם דהיינו שמתחילין הברכה בעוד שפניהם כלפי ההיכל ובתוך הברכה מחזירין פניהם כלפי העם וגומרין [אחרונים]:

Quand ils tournent le visage etc. - Certains rishonim tiennent que cette bénédiction se dit avant de tourner le visage. Les minutieux s’acquittent des deux : ils commencent la bénédiction encore face à l’hekhal et, au milieu de la bénédiction, tournent le visage vers le peuple et achèvent [aharonim].

(מא) מברכין וכו' - היינו שכולם מברכין ולא שאחד יברך והאחרים יענו אמן [מ"א בשם המבי"ט]:

Ils bénissent etc. - C’est-à-dire que tous bénissent, et non qu’un seul bénisse et que les autres répondent amen [Magen Avraham au nom du Mabit].

(מב) מגביהים ידיהם וכו' - דגמרינן ברכה זו ממה דכתיב וישא אהרן את ידיו אל העם ויברכם הרי דצריך נשיאת ידים ובהאי קרא הכתיב ידו רמז דצריך להגביה יותר ידו אחד ומסתמא היא הימנית:

Ils lèvent les mains etc. - On apprend cette bénédiction de ce qui est écrit : « Aharon leva les mains vers le peuple et les bénit » : il faut lever les mains. Dans ce verset, « sa main » au singulier fait allusion qu’il faut lever un peu plus une main, et c’est sans doute la droite.

(מג) יד ימנית קצת - מ"מ צריך ליזהר שיניח גודל הימין על גודל השמאל שלא יתפרדו כדי שלא ישבר החלון דבעינן ה' כוים ואם יתפרדו אין הריוח שבין הימין לשמאל נחשב כלל לאויר. ויש שכתבו שבין מלה למלה וכ"ש בין ברכה לברכה רשאי לקרב אז הגודלים עם האצבעות משום עייפות:

La main droite un peu - Toutefois il faut prendre garde de poser le pouce droit sur le pouce gauche pour qu’ils ne se séparent pas, afin que la « fenêtre » ne se brise pas : on exige cinq « fenêtres », et s’ils se séparent, l’intervalle entre droite et gauche ne compte pas du tout comme air. Certains ont écrit qu’entre mot et mot, à plus forte raison entre bénédiction et bénédiction, on peut alors rapprocher les pouces et les doigts, à cause de la fatigue.

(מד) וחולקים אצבעותיהם - דאיתא בתנחומא פרשת נשא משגיח מן החלונות מבין אצבעותיהם של כהנים מציץ מן החרכים בשעה שפושטים כפיהם:

Et ils écartent les doigts - Il est dit dans le Tanḥouma, parasha Nasso : « Il observe par les fenêtres », d’entre les doigts des kohanim ; « Il regarde par les fentes » au moment où ils étendent les paumes.

(מה) ומכוונים לעשות ה' וכו' - רמז לזה ממה דכתיב החרכים ה' חרכים:

Et ils visent à faire cinq etc. - Allusion : il est écrit « les fentes », cinq fentes.

(מו) ופורשים כפיהם כדי וכו' - ר"ל לא כמו שנושא אחד ידיו בתפלה שהוא נושא ידיו כלפי שמים:

Et ils étendent les paumes afin etc. - C’est-à-dire non comme celui qui lève les mains dans la tefila, les mains vers le ciel.

(מז) מתחילין הכהנים וכו' - ובכהן אחד שאין קוראין לו כו"ע מודים דמקרינן ליה יברכך:

Les kohanim commencent etc. - Pour un kohen seul, à qui l’on ne crie pas, tous conviennent qu’on lui dicte « Yevarekhekha ».

(מח) לומר יברכך - ס"ל דמה דקי"ל שצריך להקרות אותם מלה במלה הוא לבד מתיבה ראשונה דביה ליכא למיטעי:

Pour dire « Yevarekhekha » - Il tient que ce que nous posons — qu’il faut leur dicter mot à mot — est hors le premier mot, où l’on ne peut se tromper.

(מט) ואח"כ מקרא אותם - מדכתיב אמור להם ודרשינן מלמד שהחזן אומר להם אמרו ומ"מ הוא רק למצוה לכתחלה ואינו מעכב וראיה לזה מלקמן סכ"ה בהכ"נ שכולה כהנים עיי"ש [פר"ח] וכתב עוד דהש"ץ צריך להקרות מתוך הסידור לא בעל פה:

Puis il leur dicte - Car il est écrit « Dis-leur », et l’on en déduit : cela enseigne que le ḥazan leur dit « dites ». Toutefois ce n’est qu’une mitsva lekhathila, cela n’empêche pas. Preuve : plus bas seif 25, synagogue entièrement de kohanim, voir là-bas [Pri Ḥadash]. Il écrit encore que le chaliaḥ tsibbour doit dicter d’après le siddour, non de mémoire.

(נ) אין מברכין וכו' - וכ"ז הוא מן התורה דילפינן כ"ז מקראי בלשה"ק דכתיב כה תברכו בלשון הזה ובעמידה דכתיב לשרתו ולברך בשמו מה שירות בעמידה דכתיב לעמוד לשרת ה"נ ברכה ובנשיאת כפים דכתיב וישא אהרן את ידיו אל העם ויברכם ובקול רם דכתיב אמור להם כאדם האומר לחבירו. עוד ילפינן בגמרא דצריך להיות פנים כנגד פנים וכתבו רוב הפוסקים וכמעט כולם דהני כולהו לעיכובא הוא ואפילו בדיעבד לא יצאו באופן אחר. ובכל אלו טוב שיצא לחוץ קודם רצה כשאין יכול לברך כדינו [אחרונים]:

On ne bénit pas etc. - Tout cela est de la Torah : on l’apprend des versets, en langue sainte, comme il est écrit « Ainsi vous bénirez », dans cette langue ; debout, comme il est écrit « pour le servir et pour bénir en Son Nom » — de même que le service est debout, « pour se tenir afin de servir », de même la bénédiction ; avec levée des mains, comme il est écrit « Aharon leva les mains vers le peuple et les bénit » ; à voix haute, comme il est écrit « Dis-leur », comme un homme qui parle à son compagnon. On apprend encore dans la Guemara qu’il faut être face contre face. La plupart des décisionnaires, et presque tous, écrivent que tout cela empêche, et même bediavad on ne s’est pas acquitté autrement. Dans tous ces cas, il est bon de sortir avant Retsé s’il ne peut bénir selon le din [aharonim].

(נא) ובעמידה - היינו שיהא הכהנים בעמידה אבל הצבור רשאין לישב רק שיהיו פנים כנגד פנים [מ"א] והמנהג שהכל עומדין וכן משמע במאירי סוטה פ"ז ומגילה פ"ג וכן משמע באשכול הלכות ברכת כהנים דכתב שהכל צריכין לעמוד לפניהם באימה ובכובד ראש. וכהן שהוא חלוש ואינו יכול לעמוד אלא ע"י סמיכה לא ישא כפיו דהוא כישיבה [אחרונים]:

Et debout - C’est-à-dire que les kohanim soient debout ; le public peut s’asseoir, pourvu qu’ils soient face contre face [Magen Avraham]. L’usage est que tous se tiennent debout ; ainsi ressort-il du Méïri Sota ch. 7 et Meguila ch. 3, et de l’Eshkol, lois de birkat kohanim, qui écrit que tous doivent se tenir devant eux dans la crainte et le sérieux. Un kohen faible qui ne peut se tenir que par appui ne portera pas les mains : c’est comme être assis [aharonim].

(נב) ובנשיאת כפים - ומי שידיו מרתתין ואינו יכול להגביה ידיו אינו נושא כפיו ואפילו בדעבד מעכב ואפילו אם יעשה סמוכין שיהיו קשורין בכובע שבראשו ויכניס בהם ידיו שיהיו נשואות למעלה לא מהני דהוי ע"י סמיכה ואנן בעינן שישאו ידיהם ממש [נו"ב ומגן גבורים והובא בשע"ת] אך אם אפשר לו להגביהם לשעה מועטת יגביה בשעת אמירתו יברכך ויניח בשעת הניגון בין תיבה לתיבה ויחזור ויגביה בשעת אמירת התיבה וכמו שכתב בתשובת כתב סופר סימן י"ג ע"ש:

Et avec levée des mains - Celui dont les mains tremblent et qui ne peut les lever ne porte pas les mains ; même bediavad cela empêche. Même s’il fait des appuis liés au bonnet de sa tête et y glisse les mains pour qu’elles soient levées, cela ne sert pas : c’est par appui, et nous exigons qu’ils lèvent vraiment les mains [Noda Biyouda, Maguen Guibborim, cités par Shaaré Techouva]. Mais s’il peut les lever un court moment, il les lèvera au moment où il dit « Yevarekhekha », les posera pendant le nigoun entre les mots, et les relèvera en disant le mot, comme dans Teshuvat Ketav Sofer siman 13.

(נג) ובקול רם - היינו בקול בינוני לאפוקי בלחש ומ"מ לפעמים צריך בקו"ר ממש כגון שהמתפללים הם רבים ובעינן שיהא כל הקהל שומע כדאמרינן בספרי [פר"ח]. והנה מי שקולו צרוד [שאינו יכול לדבר בקול בינוני כ"א בלחש] לכאורה פשוט שאינו יכול לישא כפיו וטוב שיצא קודם רצה:

Et à voix haute - C’est-à-dire d’une voix moyenne, à l’exclusion du murmure. Parfois il faut vraiment une voix forte, par exemple si les fidèles sont nombreux et qu’il faut que tout le public entende, comme on dit dans le Sifri [Pri Ḥadash]. Celui dont la voix est enrouée [il ne peut parler que bas, non d’une voix moyenne] ne peut apparemment porter les mains ; il est bon qu’il sorte avant Retsé.

(נד) ואומרים רבון - ובר"ה ויו"כ שמאריכין בניגוני היום תאמצנו וכו' לא יתחילו לומר רבון עד לבסוף כדי שיסיימו עם הקהל כאחד:

Et ils disent « Ribon » - À Roch Hachana et Yom Kippour, où l’on allonge les nigounim de « hayom te’amtsénou etc. », ils ne commenceront à dire « Ribon » qu’à la fin, pour achever avec le public en même temps.

(נה) מה שהבטחתנו - שתסכים על ברכתנו וכדכתיב ואני אברכם:

Ce que Tu nous as promis - Que Tu consentiras à notre bénédiction, comme il est écrit « et Moi Je les bénirai ».

(נו) ושיענו הציבור אמן - ומסתברא דגם הכהנים צריכין לענות אמן על ברכת הש"ץ. יאמרו אדיר במרום ויכונו לסיים כאחד עם הש"ץ:

Et que le public réponde amen - Il est raisonnable que les kohanim aussi doivent répondre amen à la berakha du chaliaḥ tsibbour. Ils diront « Addir bamarom » et viseront à achever en même temps que le chaliaḥ tsibbour.

(נז) לכוף אצבעותיהם - פי' שידיהם יהיו פרושות עד שיחזירו פניהם:

À plier les doigts - C’est-à-dire que leurs mains restent écartées jusqu’à ce qu’ils tournent le visage.

(נח) ואינם רשאים לעקור - ויזהרו שלא ידברו עד שירדו מדוכנן אף שכבר הורידו כפיהם [א"ר בשם מטה משה]:

Et ils n’ont pas le droit de déplacer - Ils veilleront à ne pas parler jusqu’à ce qu’ils descendent du doukhan, même s’ils ont déjà baissé les paumes [Eliya Rabba au nom de Maté Moshé].

(נט) עד שיסיימו הצבור - היינו רוב הצבור [פמ"ג]:

Jusqu’à ce que le public ait achevé - C’est-à-dire la majorité du public [Pri Megadim].

(ס) לענות אמן - דקודם אמן עדיין לא נסתיים הברכה. ועכשיו שהמנהג לומר לכהנים בירידתם מן הדוכן יישר מהנכון שלא ירדו הכהנים מהדוכן עד לאחר שיסיים הש"ץ קדיש כדי שלא יתבטלו הכהנים והעם מעניית איש"ר ושאר אמנים עי"ז כמו שמצוי:

Pour répondre amen - Avant amen la bénédiction n’est pas encore achevée. Aujourd’hui que l’usage est de dire aux kohanim, quand ils descendent du doukhan, « yashar », il convient que les kohanim ne descendent pas du doukhan avant que le chaliaḥ tsibbour ait achevé le kaddish, afin que kohanim et peuple ne manquent pas de répondre « amen yehé shemé rabba » et les autres amen qui s’ensuivent, comme il arrive souvent.

(סא) בין בתחלה בין בסוף וכו' - פי' בתחלה כשעולין לדוכן ופניהם כלפי ההיכל שהוא במזרח וקורין להם כהנים מתחילין להחזיר פניהם כלפי העם לצד ימין שלהם שהוא בדרום ואח"כ למערב נגד הצבור ובסוף כשמתחיל הש"ץ שים שלום ומחזירין פניהם כלפי הקודש מתחילין להחזיר פניהם דרך ימין שלהם שהוא בצפון ואח"כ לצד המזרח נגד ההיכל. כשיורדים מן הדוכן לא יחזירו אחוריהם להיכל אלא יצדדו ויחזירו פניהם קצת להיכל כתלמיד הנפטר מרבו שמחזיר פניו אליו בצאתו מלפניו [אחרונים]:

Que ce soit au début ou à la fin etc. - C’est-à-dire : au début, quand ils montent au doukhan face à l’hekhal qui est à l’est et qu’on leur crie « kohanim », ils commencent à tourner le visage vers le peuple par leur droite, qui est au sud, puis à l’ouest face au public. À la fin, quand le chaliaḥ tsibbour commence « Sim chalom » et qu’ils tournent le visage vers le Saint, ils commencent à tourner par leur droite, qui est au nord, puis à l’est face à l’hekhal. En descendant du doukhan, ils ne tourneront pas le dos à l’hekhal : ils se mettront de biais et tourneront un peu le visage vers l’hekhal, comme l’élève qui prend congé de son maître et lui tient le visage en s’éloignant [aharonim].

(סב) המטונפים - נראה דה"ק סתם מנעלים כמטונפים הם [א"ר ופמ"ג]:

Les souillés - Il semble que le sens soit : les souliers ordinaires sont comme souillés [Eliya Rabba et Pri Megadim].

(סג) לקרות כהנים עד שיכלה וכו' - זהו לפי דעה המבוארת לעיל בסעיף יו"ד דבמקומות שנושאין כפיהם אין אומרים או"א ברכנו וכו' אלא תיכף אחר סיום ברכת מודים קורא הש"ץ כהנים אבל לפי מנהגנו שתמיד הש"ץ אומר או"א כמו שכתב הרמ"א שם לא שייך כלל דין זה דהא שוהה בלא"ה הרבה יותר ע"י אמירתו או"א:

Crier « kohanim » jusqu’à ce que s’achève etc. - Cela selon l’avis exposé plus haut au seif 10 : aux lieux où l’on porte les mains, on ne dit pas « Élohenou Elohé avoténou barkhénou etc. », mais aussitôt après la fin de Modim le chaliaḥ tsibbour crie « kohanim ». Selon notre usage, le chaliaḥ tsibbour dit toujours « Élohenou », comme l’écrit le Rema là-bas : ce din n’a pas lieu, puisqu’il s’attarde de toute façon beaucoup plus par « Élohenou ».

(סד) מפי הצבור וכו' - היינו רוב הצבור:

De la bouche du public etc. - C’est-à-dire la majorité du public.

(סה) מפי כל הצבור - לפי שהוא חיוב על העם לשמוע כל הברכה מפי הכהנים ולהכי דקדק המחבר בכאן וכתב כל הצבור להורות דאף אם יש קצת אנשים שטועין ומאריכין באמן יותר מדאי צריך להמתין גם עליהם לפי שהחיוב הוא על כולם לשמוע וכ"ז הוא לשיטת המחבר לעיל בסי"ג שפסק דאין החזן מקרא תיבת יברכך וע"כ צריך להזהיר הכהנים בהתחלתם יברכך אבל לדידן שהחזן מקרא גם תיבת יברכך יש אזהרה על החזן שלא יתחיל להקרות התיבה של יברכך קודם שסיימו עכ"פ רוב הצבור אמן ואחר שסיים החזן את התיבה אז מותרין הכהנים להתחיל יברכך:

De la bouche de tout le public - Parce qu’il incombe au peuple d’entendre toute la bénédiction de la bouche des kohanim. Aussi le Mé’haber a-t-il précisé ici « tout le public », pour enseigner que même s’il y a quelques hommes qui se trompent et allongent amen plus que de raison, il faut aussi les attendre : le devoir d’entendre pèse sur tous. Tout cela selon l’avis du Mé’haber plus haut au seif 13, qui a tranché que le ḥazan ne dicte pas le mot « Yevarekhekha » ; il faut donc avertir les kohanim au début de « Yevarekhekha ». Pour nous, le ḥazan dicte aussi « Yevarekhekha » : l’avertissement porte sur le ḥazan, qu’il ne commence pas à dicter « Yevarekhekha » avant qu’au moins la majorité du public ait achevé amen ; après que le ḥazan a achevé le mot, les kohanim peuvent commencer « Yevarekhekha ».

(סו) אמן שעונים אחר ברכת וכו' - וה"ה שאינו רשאי הקורא להתחיל יאר ישא עד שיכלה האמן מפי הצבור:

Amen que l’on répond après la bénédiction etc. - De même le lecteur n’a pas le droit de commencer « Yaèr », « Yissa » avant que amen se soit achevé de la bouche du public.

(סז) עד שתכלה התיבה וכו' - כדי שישמעו הצבור התיבה יפה מפי הכהנים ולא תתערב בה שמיעתם מהמקרא:

Jusqu’à ce que s’achève le mot etc. - Afin que le public entende bien le mot de la bouche des kohanim, et que l’écoute du lecteur ne s’y mêle pas.

(סח) מפי המקרא - ונראה דה"ה שהמקרא לא יתחיל להקרות תיבה אחרת עד שיסיימו הכהנים התיבה שלפניה:

De la bouche du lecteur - Il semble de même que le lecteur ne commencera pas à dicter un autre mot avant que les kohanim aient achevé le mot précédent.

(סט) עונין אמן - היינו בכל ברכה וברכה (אחרונים):

On répond amen - C’est-à-dire après chaque bénédiction [aharonim].

(ע) עד שיכלה - האחרונים פקפקו בהג"ה זו דלא משכחת לה דהרי אין מתחילין לומר רבון העולמים עד שיחזירו פניהם ואין מחזירין פניהם עד אחר שמתחיל הש"ץ שים שלום כמבואר לעיל בסט"ו וזהו אחר שכבר ענו הצבור אמן:

Jusqu’à ce que s’achève - Les aharonim ont douté de cette glose : on ne trouve pas le cas, car on ne commence à dire « Ribon haolamim » qu’après avoir tourné le visage, et l’on ne tourne le visage qu’après que le chaliaḥ tsibbour a commencé « Sim chalom », comme plus haut au seif 15, ce qui est après que le public a déjà répondu amen.

(עא) אחר ברכה של כהנים - שמא תתבלבל דעתו ולא ידע להקרות אח"כ פסוק ב' או ג' ואם מתפלל מתוך הסידור ומובטח לו שלא תתבלבל דעתו רשאי לענות אמן דאמן זה אינו חשיב הפסק דהוא צורך תפלה ועל אמן של הברכה אשר קדשנו בקדושתו וכו' יש מחמירין שבכל גווני לא יענה משום הפסק בתפלה ושאני אמן של הב"כ גופא דלא הוי הפסק שהוא מורה על קבלת הברכה:

Après la bénédiction des kohanim - De peur que son esprit ne se trouble et qu’il ne sache plus dicter ensuite le 2e ou 3e verset. S’il prie dans le siddour et qu’il est sûr que son esprit ne se troublera pas, il peut répondre amen : cet amen ne compte pas comme interruption, c’est un besoin de la tefila. Pour amen de la bénédiction « qui nous a sanctifiés par Sa sainteté… », certains sont stricts : en aucun cas il ne répondra, à cause de l’interruption dans la tefila. Amen de birkat kohanim elle-même est différent : ce n’est pas une interruption, cela indique l’accueil de la bénédiction.

(עב) לא ישא - שמא לא יוכל לכוין לחזור לשים שלום שדעתו מטורפת מאימת הצבור ואפילו אם בטוח הוא בעצמו שלא תטרף דעתו ג"כ לא רצו חכמים להקל בזה לעקור ממקומו ולעלות לדוכן היכי שיש כהנים אחרים בביהכ"נ ולא תתבטל הנשיאת כפים:

Il ne portera pas - De peur de ne pouvoir viser à revenir à « Sim chalom », l’esprit brouillé par la crainte du public. Même s’il est sûr de lui-même que l’esprit ne se brouillera pas, les Sages n’ont pas voulu être indulgents pour qu’il quitte sa place et monte au doukhan, s’il y a d’autres kohanim dans la synagogue et que nessiat kappayim ne sera pas annulée.

(עג) את כפיו - אלא הוא עומד ואחר שאינו כהן מקרא כמ"ש סכ"ב:

Ses mains - Il reste debout, et un autre qui n’est pas kohen dicte, comme au seif 22.

(עד) אבל אם א"ל וכו' - ומיירי כשאמרו לו בברכת רצה או קודם לכן אבל אם אמרו לו אחר סיום ברכת רצה אינו רשאי לעלות כמ"ש ס"ח [מ"א וש"א] ועיין לעיל בסק"ט דעת א"ר בשם מהר"מ מינץ בזה:

Mais si on lui a dit etc. - Il s’agit du cas où on le lui a dit pendant la berakha Retsé ou avant ; si on le lui a dit après la fin de Retsé, il n’a pas le droit de monter, comme au seif 8 [Magen Avraham et autres]. Voir plus haut sk 9 l’avis de l’Eliya Rabba au nom du Maharam Mintz.

(עה) דהא עובר בעשה - ומפני זה צדדו האחרונים דאפילו אם אינו מובטח לחזור לתפלתו ג"כ יעלה לדוכן דמפני חשש טירוף ובלבול התפלה שכל עיקרה אינה אלא מד"ס אין לו לעבור על עשה דאורייתא ובפרט השתא שמתפללין מתוך הסידור בודאי יעלה:

Car il transgresse un commandement positif - Pour cette raison les aharonim ont incliné : même s’il n’est pas sûr de revenir à sa tefila, il montera au doukhan : pour une crainte de trouble et de confusion de la tefila, dont tout l’essentiel n’est que de paroles des Sages, il ne doit pas transgresser un commandement positif de la Torah. Surtout maintenant qu’on prie dans le siddour, il montera certainement.

(עו) מובטח לו שיחזור - ולדידן שמתפללין מתוך הסידור הוי כמובטח לו שיחזור לתפלתו ומ"מ כשיש כהנים אחרים לא יעקור רגליו דהא אף במובטח לא שרינן אלא בדליכא כהן אחר:

Sûr de revenir - Pour nous qui prions dans le siddour, c’est comme s’il était sûr de revenir à sa tefila. Toutefois s’il y a d’autres kohanim, il ne déplacera pas les pieds : même dans le cas « sûr », on n’a permis que s’il n’y a pas d’autre kohen.

(עז) מעט בעבודה - לילך לצד הדוכן והטעם משום הא דאיתא לעיל בס"ח עי"ש:

Un peu pendant Avoda - Pour aller vers le doukhan. Le motif est celui du seif 8 ci-dessus ; voir là-bas.

(עח) ויעלה לדוכן - היינו שיעקור רגליו לגמרי ויעמוד על הדוכן פנים נגד פנים כדין:

Et il montera au doukhan - C’est-à-dire qu’il déplacera complètement les pieds et se tiendra sur le doukhan face contre face, selon le din.

(עט) ויברך ברכת כהנים ויקרא לו אחר - היינו שיברך ברכת אשר קדשנו וכו' ואח"כ מקריא לו אחר תיבה בתיבה אבל אין לומר שמקריא לו תיבת כהנים בתחלה דהא כיון שאין שם אלא הוא הרי פסקינן לעיל בס"י דלאחד אינו קורא כהנים:

Et il dira birkat kohanim, et un autre lui dictera - C’est-à-dire qu’il bénira « qui nous a sanctifiés… », puis un autre lui dictera mot à mot. On ne dira pas qu’on lui dicte d’abord le mot « kohanim » : puisqu’il n’y a que lui, nous avons tranché plus haut au seif 10 qu’à un seul on ne crie pas « kohanim ».

(פ) עדיף טפי - קאי על מובטח הנזכר מתחלה וקאמר דאע"ג דבמובטח החזן עצמו יורד אח"כ מן הדוכן ומסיים שים שלום כ"ז הוא אם המקרא לא כוון לשמוע תפלת הש"ץ מתחלה ועד סוף וכ"ש כששח באמצע ולכך לא יכול לסיים שים שלום דהא חסרו לו הברכות שלפניה אבל אם המקרא כוון מתחלה ועד סוף הרי שומע כעונה ולכן עדיף טפי שהוא בעצמו יסיים גם שים שלום כדי שלא תהיה התפלה מופסקת בהליכת הש"ץ מהדוכן למקומו לפני התיבה וה"ה דצריך שיכוין הש"ץ לשמוע מה שאומר המקרא שים שלום דאל"כ תהיה תפלת הש"ץ מתחלתה עד שים שלום בלבד:

C’est encore mieux - Cela porte sur le « sûr » mentionné d’abord. Même si, dans le cas « sûr », le ḥazan lui-même descend ensuite du doukhan et achève « Sim chalom », tout cela est si le lecteur n’a pas visé à entendre la tefila du chaliaḥ tsibbour du début à la fin, à plus forte raison s’il a parlé au milieu : il ne peut achever « Sim chalom », les bénédictions précédentes lui manquent. Mais si le lecteur a visé du début à la fin, l’entendant est comme le disant : mieux vaut donc qu’il achève lui-même aussi « Sim chalom », afin que la tefila ne soit pas interrompue par la marche du chaliaḥ tsibbour du doukhan à sa place devant le pupitre. De même le chaliaḥ tsibbour doit viser à entendre ce que le lecteur dit « Sim chalom » ; sinon la tefila du chaliaḥ tsibbour ne va que du début jusqu’à « Sim chalom ».

(פא) שיסיים המקרא שים שלום - ודעת הגר"א בביאורו דטוב יותר שיסיים הש"ץ בעצמו תמיד וכן בדה"ח וח"א וש"א כולם הזכירו בסתמא שיסיים החזן בעצמו ולא הזכירו עצה זו המבוארת בשו"ע:

Que le lecteur achève « Sim chalom » - L’avis du Gra dans son commentaire : mieux vaut que le chaliaḥ tsibbour achève toujours lui-même. De même Derekh Haḥayim, Ḥayé Adam et d’autres mentionnent simplement que le ḥazan achève lui-même, sans cette suggestion du Choulḥan Aroukh.

(פב) לטירוף הדעת - דע"י טרדתם בהשתנות הניגונים לא ידעו איזה פסוק או תיבה יתחילו ואף שמקרין לפניהם כל תיבה ותיבה מ"מ ע"י טירוף דעתם ישכחו ג"כ קריאת המקרא:

Au trouble de l’esprit - Par leur préoccupation des changements de nigounim, ils ne sauront plus quel verset ou mot commencer. Même si on leur dicte chaque mot, par le trouble de l’esprit ils oublieront aussi l’appel du lecteur.

(פג) ואין לנגן וכו' - וכן החזנים בכל מקום שמנגנים לא נכון שינגנו בענין אחד הרבה נגונים [ט"ז] ועיין בא"ר שהמליץ בעדם:

Et l’on ne chantera pas etc. - De même les ḥazanim, partout où ils chantent, ne doivent pas enchaîner beaucoup de nigounim d’une même manière [Taz]. Voir l’Eliya Rabba qui plaide pour eux.

(פד) אלא נגון אחד וכו' - ונראה דה"ה שלא ינגנו הכהנים כל אחד ניגון אחר דגם בזה יש בלבול:

Sinon un seul nigoun etc. - Il semble de même que les kohanim ne chanteront pas chacun un nigoun différent : cela aussi trouble.

(פה) שיהא המקרא ישראל - כ"כ הרמב"ם ואסמכה אקרא שנאמר אמור להם מכלל שאין המקרא מהם ולפ"ז לפי מנהגנו שהש"ץ הוא המקרא כמש"כ בסי"ג ממילא צריך להשתדל לכתחלה שהש"ץ העובר לפני התיבה לא יהיה כהן:

Que le lecteur soit un Israélite - Ainsi le Rambam, appuyé sur le verset « Dis-leur », impliquant que le lecteur n’est pas d’entre eux. Dès lors, selon notre usage que le chaliaḥ tsibbour est le lecteur, comme au seif 13, il faut s’efforcer lekhathila que le chaliaḥ tsibbour qui passe devant le pupitre ne soit pas kohen.

(פו) ויקרא אותם - היינו כל ברכת כהנים מלה במלה:

Et il les lira - C’est-à-dire toute birkat kohanim mot à mot.

(פז) והחזן עומד ושותק - פי' עד גמר ברכת כהנים אבל משים שלום ואילך יאמר החזן בעצמו. והנה כל דין זה של המחבר הסכימו האחרונים שאין זה רק לכתחלה אבל כשאין שם מי שיודע להקרות יקריא הכהן הש"ץ בעצמו:

Et le ḥazan se tient et se tait - C’est-à-dire jusqu’à la fin de birkat kohanim ; de « Sim chalom » et au-delà, le ḥazan dira lui-même. Tout ce din du Mé’haber, les aharonim ont conclu qu’il n’est que lekhathila ; s’il n’y a personne qui sache dicter, le kohen chaliaḥ tsibbour dictera lui-même.

(פח) כמו שעומד בתפלה - שהרי מתפללין שיברך הש"י את ישראל [לבוש]:

Comme il se tient dans la tefila - Car on prie pour que le Saint béni soit-Il bénisse Israël [Levouch].

(פט) ולא יסתכלו בהם - ר"ל לא בפני הכהנים ולא בידיהם והטעם הוא ג"כ כדי שלא יסיחו דעתם מהברכה וא"כ כ"ש שלא יסתכלו במקום אחר ומדינא אינו אסור אלא בהסתכלות מרובה שיכול לבוא לידי היסח הדעת אבל ראיה קצת שרי דדוקא בזמן המקדש שהיו מברכין בשם המפורש והשכינה היתה שורה על ידיהם היה אסור אפילו ראיה קצת משא"כ בזה"ז ומ"מ נוהגין גם עכשיו זכר למקדש שלא להביט בהם כלל:

Et l’on ne les regardera pas - C’est-à-dire ni le visage des kohanim ni leurs mains. Le motif est aussi de ne pas détourner l’esprit de la bénédiction ; à plus forte raison on ne regardera pas ailleurs. En droit, n’est interdit que le regard prolongé qui peut mener à un détournement de l’esprit ; un regard léger est permis. C’est seulement au temps du Temple, où l’on bénissait par le Nom explicite et que la Présence reposait sur leurs mains, qu’était interdit même un regard léger ; il n’en est pas de même aujourd’hui. Toutefois l’usage est encore maintenant, souvenir du Temple, de ne pas les regarder du tout.

(צ) וגם הכהנים וכו' - ג"ז משום היסח הדעת וכנ"ל:

Et aussi les kohanim etc. - Cela aussi à cause du détournement de l’esprit, comme ci-dessus.

(צא) ע"כ נהגו וכו' - ומנהג זה יותר נכון [א"ר והגר"א וש"א]:

Aussi a-t-on l’usage etc. - Et cet usage est plus correct [Eliya Rabba, Gra et autres].

(צב) וידיהם חוץ לטלית - בד"מ מוסיף שגם העם נוהגין לכסות פניהם בטלית כדי שלא יוכלו להסתכל בידי הכהנים:

Et leurs mains hors du talit - Le Darké Moché ajoute que le peuple aussi a l’usage de se couvrir le visage du talit afin de ne pouvoir regarder les mains des kohanim.

(צג) עם שאחורי הכהנים - היינו אפילו אינו אחוריהם ממש אלא משוכים לצדדים כיון שעכ"פ הוא מאחוריהם אינו בכלל ברכה ואפילו אינו מפסיק מידי בינם לבין הכהנים:

Avec ceux qui sont derrière les kohanim - C’est-à-dire même s’ils ne sont pas exactement derrière eux mais décalés sur les côtés : dès lors qu’ils sont derrière eux, ils ne sont pas compris dans la bénédiction, même si rien ne s’interpose entre eux et les kohanim.

(צד) אינם בכלל ברכה - דבעינן דוקא פנים כנגד פנים כמ"ש לעיל בסקל"ז:

Ils ne sont pas compris dans la bénédiction - Car on exige précisément face contre face, comme plus haut au sk 37.

(צה) אבל מלפניהם ומצדיהם - פי' לא מיבעיא אלו שהם מלפני הכהנים משוכים לצדדים פשיטא דבכלל ברכה הם אלא אפילו כנגד צדדי הכהנים ממש אפ"ה בכלל ברכה הם וצדדים שלאחריו כבר כתבנו דאינו בכלל ברכה. ולפ"ז אותן העומדים בכותל מזרחי והאה"ק בולט קצת לביהכ"נ והכהנים עומדים לפניו אינן בכלל ברכה והב"ח הליץ בעדם דעכשיו שכל אחד קונה מקום בביהכ"נ חשובים כאנוסים דאינו יכול לילך לדחות את חבירו ממקומו אבל אין זה מספיק דבקל יוכל למצוא מקום פנוי לעמוד בצדי הכהנים או באמצע ביהכ"נ על הבימה או ברוח מערבית של ביהכ"נ [כ"כ האחרונים]:

Mais devant eux et sur leurs côtés - C’est-à-dire : non seulement ceux qui sont devant les kohanim, même décalés sur les côtés, sont évidemment compris dans la bénédiction, mais même exactement en face des flancs des kohanim ils sont compris. Les côtés derrière eux, nous l’avons déjà écrit, ne sont pas compris. Dès lors, ceux qui se tiennent au mur oriental, l’arche sainte dépassant un peu dans la synagogue et les kohanim se tenant devant elle, ne sont pas compris dans la bénédiction. Le Baḥ plaide pour eux : aujourd’hui chacun achète une place dans la synagogue, ils sont considérés comme anos (contraints), ne pouvant aller déplacer le voisin. Cela ne suffit pas : on peut facilement trouver une place libre sur les côtés des kohanim, ou au milieu de la synagogue sur la bima, ou du côté ouest [ainsi les aharonim].

(צו) אם הם אנוסים וכו' - אבל בלא אנוסים אפילו עומדים בביהכ"נ אלא שהם אחורי הכהנים אינם בכלל ברכה דמראים בעצמם שאין הברכה חביבה להם מדלא הלכו לקבל הברכה פנים אל פנים:

S’ils sont anos etc. - Mais sans oness, même s’ils se tiennent dans la synagogue mais derrière les kohanim, ils ne sont pas compris dans la bénédiction : ils montrent par eux-mêmes que la bénédiction ne leur est pas chère, puisqu’ils ne sont pas allés la recevoir face à face.

(צז) כולם - היינו לבד מש"ץ שאף שהוא כהן הרי קיי"ל לעיל בס"כ דש"ץ כהן ויש שם כהנים אחרים לא ישא את כפיו אף שהוא מובטח לחזור לתפלתו אלא יהיה הוא המקרא וכמו שכתבנו לעיל בסקפ"ז דאם אין ישראל להקרות יכול כהן להקרות:

Tous - C’est-à-dire sauf le chaliaḥ tsibbour : même s’il est kohen, nous tenons plus haut au seif 20 que le chaliaḥ tsibbour kohen, s’il y a d’autres kohanim, ne portera pas les mains même s’il est sûr de revenir à sa tefila ; il sera le lecteur. Comme nous l’avons écrit plus haut au sk 87 : s’il n’y a pas d’Israélite pour dicter, un kohen peut dicter.

(צח) לאחיהם שבשדות - ולא קאמר לנשים וטף דלא חשיבי לברכם לחודייהו אבל גם הם בכלל הברכה:

Pour leurs frères qui sont aux champs - Il n’a pas dit « pour les femmes et les petits », car on ne les considère pas à bénir à eux seuls ; mais eux aussi sont compris dans la bénédiction.

(צט) הנשים והטף - ר"ל אם ישנם שם ואם אינם שם ג"כ נושאין כפיהם דעניית אמן אין מעכב את הברכה:

Les femmes et les petits - C’est-à-dire s’ils y sont ; et s’ils n’y sont pas, on porte aussi les mains : répondre amen n’empêche pas la bénédiction.

(ק) יותר מעשרה וכו' - הטעם דכיון שיש עשרה גדולים שיוכלו לענות אמן על הברכה מוטב שיתקיימו שניהם ויהיו מקצתן עולין והעשרה יענו אמן:

Plus de dix etc. - Le motif : puisqu’il y a dix adultes qui peuvent répondre amen à la bénédiction, mieux vaut que les deux se réalisent : qu’une partie monte et que les dix répondent amen.

(קא) והעשרה עונין וכו' - דאע"ג דקי"ל לעיל בס"א דנ"כ בעשרה והכהנים מן המנין ונמצא שאין כאן עשרה עונים ואפ"ה שפיר דמי שאני התם דכיון דעיקר ברכת כהנים על ישראל נאמרה חשיבי אפילו בפחות מעשרה ואפילו יש שם רק ישראל אחד כולם עולים לדוכן ומברכין לישראל זה משא"כ בנידון דידן שכולם כהנים לא חשיבי לברכם לחודייהו אא"כ יש עשרה שיקבלו הברכה ויענו אמן:

Et les dix répondent etc. - Bien que nous tenions plus haut au seif 1 que nessiat kappayim est à dix et que les kohanim sont du minyan — il n’y aurait donc pas dix répondants —, c’est néanmoins valable. Là-bas, l’essentiel de birkat kohanim a été dit sur Israël : même moins de dix, même s’il n’y a qu’un seul Israélite, tous montent au doukhan et bénissent cet Israélite. Ici, tous sont kohanim : on ne les considère pas à les bénir à eux seuls, à moins qu’il y ait dix qui reçoivent la bénédiction et répondent amen.

(קב) אין לומר וכו' - דכלום יש עבד שמברכין אותו ואינו מאזין:

On ne dira pas etc. - Y a-t-il un serviteur qu’on bénit et qui n’écoute pas ?

(קג) שלא לאמרם - וכ"כ האחרונים דכן עיקר וכתבו המ"א והט"ז דהאומרן יאמר בשעה שש"ץ מקרא לפני הכהנים וא"ר מגמגם גם בזה ע"ש וכן הנהיג הגר"א שלא לאמרן (מע"ר) ומכ"ש שיש ליזהר שלא לומר הפסוקים בקול כמו שעושין ההמון ובפרט מה שחוזרין המלות מתיבת יברכך ולהלן וזהו טעות שלא נזכר בשום מקום מנהג זה [א"ר]:

De ne pas les dire - Ainsi les aharonim : c’est l’essentiel. Le Magen Avraham et le Taz écrivent que celui qui les dit les dira pendant que le chaliaḥ tsibbour dicte aux kohanim. L’Eliya Rabba hésite aussi là-dessus. Le Gra a institué de ne pas les dire (Maassé Rav). À plus forte raison faut-il prendre garde de ne pas dire les versets à voix haute comme fait le commun, surtout de répéter les mots à partir de « Yevarekhekha » : c’est une erreur, cet usage n’est mentionné nulle part [Eliya Rabba].

(קד) כהן אינו וכו' - לשון הגמרא שלא יאמר הואיל ונתנה תורה רשות לברך אוסיף ברכה אחת משלי כגון ה' אלהי אבותיכם יוסף עליכם ככם אלף פעמים וגו' ת"ל לא תוסיפו ומסיק שם הגמרא דאפילו כבר סיים כל ברכותיו ג"כ עובר בלאו וכ"ש אם הוסיפה באמצע הברכות. ודוקא להוסיף פסוק אחר אסור אבל לומר ברכת כהנים כמה פעמים אינו משום בל תוסיף דלא שייך בל תוסיף בעשיית המצוה שתי פעמים [אחרונים]:

Un kohen ne etc. - Langage de la Guemara : qu’il ne dise pas « puisque la Torah a donné permission de bénir, j’ajouterai une bénédiction de mon cru », par exemple « Que ה' Dieu de vos pères vous ajoute mille fois autant que vous etc. » — il est dit « vous n’ajouterez pas ». La Guemara conclut que même s’il a déjà achevé toutes ses bénédictions, il transgresse aussi le « tu n’ajouteras pas », à plus forte raison s’il l’ajoute au milieu des bénédictions. Uniquement ajouter un autre verset est interdit ; dire birkat kohanim plusieurs fois n’est pas « tu n’ajouteras pas » : « tu n’ajouteras pas » ne s’applique pas à faire la mitsva deux fois [aharonim].

(קה) ואם הוסיף וכו' - וה"ה אם גרע מהברכות עובר משום בל תגרע:

Et s’il a ajouté etc. - De même s’il retranche des bénédictions, il transgresse « tu ne retrancheras pas ».

(קו) יכול לישא את כפיו - כנ"ל דליכא בל תוסיף בעשיית המצוה שתי פעמים ומ"מ חיובא ליכא עליו כיון שכבר נשא כפיו ביום זה וכנ"ל בס"ג. ועיין לעיל במשנה ברורה סקי"א דאע"ג דאינו מחויב לישא כפיו כמה פעמים ביום אחד מ"מ כל פעם שנושא כפיו הוא מברך אשר קדשנו ב"ו וכו'. כהן המתפלל שמונה עשרה אם אין שם כהן אחר בביהכ"נ צריך להפסיק ולעלות לדוכן כדי שלא תתבטל הנשיאת כפים ואחר שיגמור הנ"כ ירד מהדוכן ויגמור תפלתו ואם יש שם כהן אחר אינו פוסק מתפלתו אם לא שאמרו לו עלה לדוכן או טול ידיך דאז אפילו יש שם כהנים אחרים צריך להפסיק ולעלות. וכל מקום דמפסיק בתוך התפלה כדי לעלות לדוכן צריך לעקור רגליו קצת בתוך התפלה כשאומר הש"ץ רצה אבל אם לא עקר רגליו כשאומר הש"ץ רצה אינו רשאי לעלות [מ"א בשם רדב"ז וש"א] אמנם הא"ר מפקפק בעיקר היתר זה של הפסק באמצע התפלה אפילו באמרו לו עלה דאע"ג דתפלה דרבנן היא מ"מ אפשר דהעמידו חכמים דבריהם אפילו במקום עשה וכן דעת הגאון יעב"ץ בסידורו שלא להפסיק באמצע התפלה לנ"כ כשעומד בברכה אחרת אם לא שהגיע בתפלתו למקום ברכת כהנים שאז דעתו שמותר לו לעקור רגליו ולעלות לדוכן שבמקום זה לא מקרי הפסק שהוא מעין שים שלום [והנה כשמשער בתוך התפלה שיגיע אז לאותו מקום בשוה עם הש"ץ צריך ליזהר לעקור רגליו קצת לצד הדוכן בעת שמתחיל הש"ץ רצה וכמו שכתבנו למעלה] וגם זה דוקא אם הוא מובטח שלא תטרף דעתו ויחזור לתפלתו ובלא"ה אסור בכל גווני להפסיק בתפלה זהו תוכן דבריו שם ע"ש:

Il peut porter les mains - Comme ci-dessus : il n’y a pas « tu n’ajouteras pas » à faire la mitsva deux fois. Toutefois aucune obligation ne pèse sur lui, puisqu’il a déjà porté les mains ce jour-là, comme ci-dessus au seif 3. Voir plus haut MB sk 11 : bien qu’il ne soit pas tenu de porter les mains plusieurs fois le même jour, chaque fois qu’il porte les mains il bénit « qui nous a sanctifiés… ». Un kohen qui prie les dix-huit, s’il n’y a pas d’autre kohen dans la synagogue, doit s’interrompre et monter au doukhan afin que nessiat kappayim ne soit pas annulée ; après avoir achevé nessiat kappayim, il descend du doukhan et achève sa tefila. S’il y a un autre kohen, il ne s’interrompt pas, sauf si on lui a dit « monte au doukhan » ou « lave tes mains » : alors même s’il y a d’autres kohanim, il doit s’interrompre et monter. Partout où il s’interrompt au milieu de la tefila pour monter au doukhan, il doit déplacer un peu les pieds pendant la tefila quand le chaliaḥ tsibbour dit Retsé ; s’il n’a pas déplacé les pieds quand le chaliaḥ tsibbour dit Retsé, il n’a pas le droit de monter [Magen Avraham au nom du Radbaz et autres]. Toutefois l’Eliya Rabba doute de l’essentiel de cette permission d’interrompre au milieu de la tefila, même si on lui a dit de monter : bien que la tefila soit de paroles des Sages, il se peut que les Sages aient maintenu leurs paroles même face à un commandement positif. Ainsi l’avis du Gaon Yaavets dans son siddour : ne pas s’interrompre au milieu de la tefila pour nessiat kappayim s’il se tient dans une autre berakha, sauf s’il est arrivé dans sa tefila à l’endroit de birkat kohanim : alors il tient qu’il peut déplacer les pieds et monter au doukhan, car en cet endroit ce n’est pas une interruption, c’est de l’ordre de « Sim chalom ». [S’il estime au milieu de la tefila qu’il arrivera alors à cet endroit en même temps que le chaliaḥ tsibbour, il veillera à déplacer un peu les pieds vers le doukhan au moment où le chaliaḥ tsibbour commence Retsé, comme plus haut.] Et cela seulement s’il est sûr que son esprit ne se brouillera pas et qu’il reviendra à sa tefila ; sinon il est interdit en tout cas d’interrompre la tefila. Tel est le contenu de ses paroles.

(קז) נושא כפיו - ואם רואה שכשיעלה לדוכן יעבור זמן התפלה ילך לחצר ביהכ"נ ויתפלל שם אבל אם א"ל קודם רצה עלה צריך לעלות דאם לא יעלה עובר בעשה דאורייתא ודחי תפלה דרבנן ואם לא קרא ק"ש ורואה שכשיעלה לדוכן יעבור זמן ק"ש ילך ג"כ לחצר ביהכ"נ ויקרא ק"ש ואם א"ל קודם רצה עלה יקרא פסוק ראשון ויעלה וישא כפיו [מ"א וש"א]:

Il porte les mains - S’il voit que, s’il monte au doukhan, le temps de la tefila passera, il ira dans la cour de la synagogue et priera là. Mais si on lui a dit avant Retsé « monte », il doit monter : s’il ne monte pas, il transgresse un commandement positif de la Torah, qui recule une tefila de paroles des Sages. S’il n’a pas lu le Chema et voit que, s’il monte au doukhan, le temps du Chema passera, il ira aussi dans la cour et lira le Chema. Si on lui a dit avant Retsé « monte », il lira le premier verset, montera et portera les mains [Magen Avraham et autres].

(קח) שהם בוהקניות - קאי גם אפניו והוא המנומר בנקודות דקות לבנות. ואותן המנומרין בנקודות דקות [שקורין זומר שפרענקלען] אם שכיח שם אף דלא הוי רוב אנשי המקום כך ישא את כפיו:

Qu’ils sont tachetés - Cela porte aussi sur son visage : tacheté de petits points blancs. Ceux qui sont tachetés de petits points [qu’on appelle sommerschecklein], si c’est fréquent là-bas, même si ce n’est pas la majorité des gens du lieu, portera les mains.

(קט) בו - שהוא דבר המתמיה ובשביל זה יסיחו דעתם מלכוין לשמוע הברכה:

En lui - C’est une chose étonnante, et pour cela on détournerait l’esprit de viser à entendre la bénédiction.

(קי) בתי שוקים - היינו כעין פוזמקאות שלנו:

Des bottes - C’est-à-dire comme nos chaussettes.

(קיא) ואם היה דש וכו' - דהטעם דמום פוסל בפניו ידיו ורגליו וכן בכל הני הוא משום דחיישינן שיסתכלו בו ובדש לא יסתכלו בו כי אינו חידוש בעיניהם. איתא בש"ס דפוחח לא ישא את כפיו דגנאי הוא לצבור ומהו פוחח מבואר לעיל בסימן נ"ג סי"ג ע"ש. כתב הפר"ח דחולי מעים לא ישא את כפיו ומ"מ נראה דטוב שיצא קודם ר צה:

Et s’il était habituel etc. - Le motif : un défaut disqualifie au visage, aux mains et aux pieds, et dans tous ces cas, parce qu’on craint qu’on le regarde ; s’il est habituel, on ne le regardera pas, ce n’est pas une nouveauté à leurs yeux. Il est dit dans le Talmud qu’un « poḥéaḥ » ne portera pas les mains, c’est une honte pour le public ; ce qu’est un poḥéaḥ est exposé plus haut au siman 53 seif 13. Le Pri Ḥadash écrit qu’une maladie d’intestins ne portera pas les mains ; toutefois il semble bon qu’il sorte avant Retsé.

(קיב) הולך באקראי וכו' - דלא רגילי אינשי לישא וליתן עמו ואינם מורגלים במומו ועיין בה"ל:

Il va occasionnellement etc. - Car les gens n’ont pas l’habitude de traiter avec lui et ne sont pas accoutumés à son défaut. Voir Beour Halakha.

(קיג) אלא וכו' - דכיון שעכ"פ בא להשתקע שם לאיזה זמן רגילים לישא וליתן עמו והורגלו במומו בשלשים יום:

Sinon etc. - Puisqu’il vient malgré tout s’y établir pour un certain temps, on a l’habitude de traiter avec lui et l’on s’accoutume à son défaut en trente jours.

(קיד) אם מנהג וכו' - דהא אין יכולין להסתכל בהן ואם אין המנהג כן רק שהוא רוצה לעשות כן מפני המומין שבו אסור ואפילו רוצים כל הכהנים לעשות כמוהו כדי שלא יהא בו שינוי משאר כהנים אפ"ה אסור דמ"מ יסתכלו בהם מפני ששינו מנהגם ויסיחו דעתם:

Si l’usage etc. - Car on ne peut les regarder. Si ce n’est pas l’usage, et qu’il veut seulement le faire à cause des défauts qu’il a, c’est interdit. Même si tous les kohanim veulent faire comme lui pour qu’il n’y ait pas de différence d’avec les autres kohanim, c’est néanmoins interdit : on les regardera parce qu’ils ont changé leur usage, et l’on détournera l’esprit.

(קטו) לשלשל הכהנים וכו' - אבל לא מהני מה שבאיזה מקומות הקהל מכסין פניהם דמ"מ כשידעו שיש מום אתו לאיסתכולי וגם יש בחורים שאין להם טליתים:

À faire descendre aux kohanim etc. - Mais cela ne sert pas que, en certains lieux, le public se couvre le visage : dès qu’on saura qu’il a un défaut, on regardera ; et il y a des jeunes gens sans talit.

(קטז) לידיו - אבל למומין שבפניו מהני:

À ses mains - Mais pour les défauts du visage, cela sert.

(קיז) מסתכלין בהם - ובמקום שנהגו הכהנים לשלשל הטלית על פניהם וידיהם בפנים מן הטלית נושא כפיו וכנ"ל:

On les regarde - Et au lieu où les kohanim ont l’usage de faire descendre le talit sur le visage, les mains à l’intérieur du talit, il porte les mains, comme ci-dessus.

(קיח) מלאכתן בכך - ומיירי כשאינו דש בעירו דבדש באומנתו זה בעירו אפילו אין אנשי העיר מלאכתן בכך ג"כ מותר [ב"י ולבוש ופ"ח וש"א ובאיזה שו"ע ישנים כתוב זה במחבר גופא]:

Leur métier est ainsi - Il s’agit du cas où il n’est pas habituel dans sa ville ; s’il est habituel dans ce métier dans sa ville, même si les gens de la ville n’ont pas ce métier, c’est aussi permis [Beit Yossef, Levouch, Pri Ḥadash et autres ; dans certains Choulḥan Aroukh anciens cela est écrit dans le Mé’haber lui-même].

(קיט) שאינו יודע וכו' - וה"ה מי שהוא כבד פה וכבד לשון [רמב"ם]:

Qui ne sait pas etc. - De même celui qui a la bouche lourde et la langue lourde [Rambam].

(קכ) לאלפין עיינין - וה"ה מי שקורא לחיתי"ן ההי"ן או שקורא לשבולת סבולת ואם כל בני עירו קוראין כך מותר לישא כפים שם באותו מקום. ומטעם זה כתבו האחרונים דבזמנינו שרוב בני עמנו אין יודעים להבחין בין הברת העי"ן לאל"ף ממילא מותר לישא כפיו וי"א עוד דבמדינת רוסיא שרגילין הרבה לקרוא שבולת סבולת אף דכלל אנשי המדינה יודעים ההפרש שבין שי"ן ימנית לשמאלית מ"מ מותר לישא כפיו [ט"ז והובא בא"ר]:

Les aleph comme des ayin - De même celui qui lit les ḥet comme des hé, ou qui lit « chibolet » « sibolet ». Si tous les gens de sa ville lisent ainsi, il peut porter les mains en ce lieu. Pour ce motif les aharonim écrivent qu’aujourd’hui, la plupart de notre peuple ne sachant pas distinguer la prononciation du ayin et de l’aleph, il peut porter les mains. Certains disent encore que dans le pays de Russie, où beaucoup ont l’habitude de lire « chibolet » « sibolet », même si l’ensemble des gens du pays savent la différence entre shin droit et gauche, il peut néanmoins porter les mains [Taz, cité par Eliya Rabba].

(קכא) שלא הביא - ואם נעשה בן י"ג שנה ויום אחד תלינן לענין זה שמסתמא הביא ב' שערות וכעין שפסק הרמ"א לעיל בסי' נ"ה בס"ה בהג"ה:

Qui n’a pas amené - S’il est devenu âgé de treize ans et un jour, on présume pour cela qu’il a amené deux poils, comme le Rema a tranché plus haut au siman 55 seif 5 dans la glose.

(קכב) אינו נושא - אפילו באקראי שאין כבוד צבור להיות כפופין לברכת קטן:

Il ne porte pas - Même à l’occasion : ce n’est pas l’honneur du public d’être courbés sous la bénédiction d’un petit.

(קכג) ללמוד ולהתחנך - ומטעם זה רשאי לברך ג"כ מ"א וכ"כ הרדב"ז בח"א בסי' תקס"ה. וחינוך זה אינו כשאר זמני החנוך שהוא כבר חמש כבר שית כ"א בשיודע לישא כפיו כמנהגי הכהנים:

Pour apprendre et s’éduquer - Pour ce motif il peut aussi bénir, Magen Avraham ; ainsi le Radbaz I siman 565. Cette éducation n’est pas comme les autres temps d’éducation — déjà cinq ans, déjà six — mais quand il sait porter les mains selon les usages des kohanim.

(קכד) ומיהו - גם זה הוא מטעם כבוד הצבור שאין כבודם שיברכם תמיד בקבע וביחידי איש שלא נתמלא עדיין זקנו:

Toutefois - Cela aussi par respect du public : ce n’est pas leur honneur qu’il les bénisse toujours de façon fixe et seul, un homme dont la barbe n’est pas encore pleine.

(קכה) באקראי - ובמדינתנו שאין נושאין כפים אלא ביו"ט מותר לישא כפיו בכל רגל אפילו בפני עצמו כדי לאחזוקי נפשיה בכהני דלא מקרי זה אלא אקראי [מ"א וט"ז וש"א]:

À l’occasion - Dans notre pays, où l’on ne porte les mains qu’à Yom Tov, il peut porter les mains à chaque fête même seul, afin de s’affermir comme kohen : cela ne s’appelle qu’occasionnel [Magen Avraham, Taz et autres].

(קכו) ועיין לעיל וכו' - כלומר דשם מבואר דאפילו היה לו זקן מועט קרינן ביה נתמלא זקנו אם הוא מבן י"ח שנה ומעלה וקודם לכן בעינן מילוי זקן ממש:

Et voir plus haut etc. - C’est-à-dire : là-bas il est exposé que même s’il avait une barbe mince, on dit de lui « sa barbe s’est remplie » s’il a dix-huit ans et plus ; avant cela, il faut un remplissage réel de la barbe.

(קכז) שהרג את הנפש - דכתיב ובפרשכם כפיכם אעלים עיני מכם וגו' ידיכם דמים מלאו:

Qui a tué une personne - Car il est écrit : « Quand vous étendez les paumes, Je détourne Mes yeux de vous etc., vos mains sont pleines de sang. »

(קכח) אפילו בשוגג - ואם אנסוהו להרוג נושא את כפיו ואע"ג דברציחה קי"ל דיהרג ואל יעבור מ"מ אם עבר ולא נהרג לא מיפסל לנ"כ בשביל זה [מהרנ"ח ופ"ח]:

Même shogeg (par erreur) - S’il a été contraint de tuer, il porte les mains. Bien que pour le meurtre nous tenions « qu’il se fasse tuer plutôt que de transgresser », s’il a transgressé et ne s’est pas fait tuer, il n’est pas pour autant disqualifié de nessiat kappayim [Maharanaḥ et Pri Ḥadash].

(קכט) אפילו עשה תשובה - טעם דעה זו דס"ל דאע"פ שאין לך דבר שעומד בפני התשובה מ"מ אין קטיגור נעשה סניגור דבידים אלו שהרג את הנפש אין ראוי לישא את כפיו אע"פ שעשה תשובה. דחף אשה הרה והפילה נושא את כפיו דאין חייבין מיתה על עוברין [אחרונים]:

Même s’il a fait techouva - Motif de cet avis : bien que rien ne tienne devant la techouva, un accusateur ne devient pas défenseur : par ces mains qui ont tué, il n’est pas convenable de porter les mains, même après techouva. S’il a poussé une femme enceinte et qu’elle a avorté, il porte les mains : on n’est pas passible de mort pour les fœtus [aharonim].

(קל) וי"א דאם וכו' - היינו אפילו כשעבר במזיד:

Et certains disent que si etc. - C’est-à-dire même s’il a transgressé de propos délibéré (mezid).

(קלא) והכי נהוג - ויש איזה אחרונים שמחמירין עכ"פ במזיד ועיין בה"ל:

Et ainsi l’usage - Quelques aharonim sont néanmoins stricts au moins en cas de mezid ; voir Beour Halakha.

(קלב) מל תינוק ומת וכו' - חדא דאיכוין לשם מצוה ועוד מי יימר דכלו ליה חדשיו ועוד שמא הרוח בלבלתו אח"כ ומת:

Il a circoncis un enfant et celui-ci est mort etc. - D’abord il a visé la mitsva ; ensuite qui dira que ses mois étaient accomplis ; enfin peut-être le vent l’a-t-il ensuite troublé et il est mort.

(קלג) מרננים אחריו וכו' - לא קאי אמל תינוק דבזה אפילו יש עדים נושא כפיו אלא מרננים אחריו שהרג ממש אפ"ה כיון שאין עדים אין לפוסלו מנשיאת כפים ומיהו הוא בעצמו אם יודע שאמת הוא לא ישא את כפיו בין לעצמו בין עם כהנים אחרים:

On murmure contre lui etc. - Cela ne porte pas sur « il a circoncis un enfant » : là, même s’il y a des témoins, il porte les mains. Mais on murmure contre lui qu’il a vraiment tué : néanmoins, puisqu’il n’y a pas de témoins, on ne le disqualifie pas de nessiat kappayim. Toutefois lui-même, s’il sait que c’est vrai, ne portera pas les mains, ni seul ni avec d’autres kohanim.

(קלד) מומר לע"ג וכו' - בין בשוגג ובין במזיד ואפילו עשה תשובה דילפינן מעבודה שהוא פסול לה וכדכתיב אך לא יעלו כהני הבמות אל מזבח ה' בירושלים וגו'. אם הבטיח להמיר וחזר לא נפסל לכו"ע. כתבו האחרונים דאפילו אם המיר לדת ישמעאלים שאינן עובדים ע"ג אפ"ה נקרא מומר ולא ישא כפיו. וכן אם הוא מומר לחלל שבת בפרהסיא הרי הוא כעו"ג ולא ישא כפיו:

Un apostat à l’idolâtrie etc. - Que ce soit shogeg ou mezid, même s’il a fait techouva : on l’apprend du service, pour lequel il est pasoul, comme il est écrit « seulement les kohanim des hauts-lieux ne monteront pas à l’autel de ה' à Jérusalem etc. ». S’il a promis d’apostasier et est revenu, il n’est disqualifié selon aucun avis. Les aharonim écrivent : même s’il a apostasié pour la religion des Ismaélites, qui ne servent pas l’idole, il est néanmoins appelé apostat et ne portera pas les mains. De même s’il est apostat pour profaner le Chabbat en public, il est comme un idolâtre et ne portera pas les mains.

(קלה) וי"א שאם עשה תשובה וכו' - היינו אפילו עבד ע"ג במזיד:

Et certains disent que s’il a fait techouva etc. - C’est-à-dire même s’il a servi l’idole de propos délibéré.

(קלו) לד"ה נושא כפיו - ואף דברמב"ם שהוא בעל דעה ראשונה כתב בהדיא דאף אם עבד באונס לא ישא כפיו הכא מיירי בלא עבדה עדיין רק שהמיר דתו דהיינו שהודה לע"ג וקבלה באלוה ואף דגם זה הוא כעובד ע"ג ממש לענין חיוב מיתה במזיד מ"מ לענין אנוס מקילינן לנשיאת כפים כיון דעכ"פ לא עשה מעשה:

Pour tous les avis il porte les mains - Même si le Rambam, auteur du premier avis, écrit explicitement que même s’il a servi l’idole sous oness il ne porte pas les mains, ici il s’agit de celui qui n’a pas encore pratiqué le culte, mais a seulement changé de religion : il a reconnu l’idolâtrie et l’a acceptée comme dieu. Bien que cela soit assimilé à un culte idolâtre réel pour l’obligation de mort en cas de mezid, pour l’anos on est indulgent pour nessiat kappayim, puisqu’il n’a en tout cas pas accompli d’acte.

(קלז) רביעית יין - דברכת כהנים מדמינן לעבודה ובעבודה במקדש בכה"ג חייב:

Un réviit de vin - Car on compare birkat kohanim au service du Temple, et pour le service au Temple, dans un tel cas, il est passible.

(קלח) מעט מים - ר"ל שלא היה יין חי רק מזוג מעט:

Un peu d’eau - C’est-à-dire que ce n’était pas du vin pur, mais seulement légèrement coupé.

(קלט) מותר - דבכה"ג במקדש אינו חייב ורק איסורא בעלמא ולהכי בנ"כ דקילא מעבודה מותר לכתחלה:

Il est permis - Car dans un tel cas au Temple il n’est pas passible, seulement un interdit ordinaire ; c’est pourquoi pour nessiat kappayim, qui est plus légère que le service, c’est permis lekhathila.

(קמ) אע"פ שהוא מזוג וכו' - דבכה"ג במקדש חייב:

Même s’il est coupé etc. - Car dans un tel cas au Temple il est passible.

(קמא) עד שיסיר וכו' - עיין סימן צ"ט ס"ב ושייך גם לכאן. וכ"ז לענין יין אבל בשאר משקין המשכרים כתב המ"א דמותר לישא כפיו אפילו נשתכר עד שאינו יכול לדבר בפני המלך דבתפלה כה"ג תפלתו תועבה כדלעיל בסימן צ"ט בנשיאת כפים מותר אם לא שהגיע לשכרותו של לוט דאז כשוטה יחשב וכ"כ בספר מטה יהודה אבל הרבה אחרונים חולקין ע"ז וסוברין דגם בשאר משקין כל שנשתכר בהן עד שאינו יכול לדבר לפני המלך אינו נושא כפיו. וביין מגתו דעת מ"א לאסור בנ"כ וכמה אחרונים חולקין עליו כיון שאינו משכר:

Jusqu’à ce qu’il l’ôte etc. - Voir siman 99 seif 2 ; cela s’applique aussi ici. Tout cela concerne le vin. Pour les autres boissons enivrantes, le Magen Avraham écrit qu’il peut porter les mains même s’il s’est enivré au point de ne pouvoir parler devant le roi : pour la tefila, une telle prière est une abomination comme ci-dessus au siman 99, mais pour nessiat kappayim c’est permis, sauf s’il est arrivé à l’ivresse de Lot, auquel cas on le considère comme un sot. Ainsi le Mateh Yehouda. Mais beaucoup d’aharonim contestent et tiennent que, pour les autres boissons aussi, dès qu’il s’est enivré au point de ne pouvoir parler devant le roi, il ne porte pas les mains. Pour le vin tout juste pressé, le Magen Avraham tend à l’interdire pour nessiat kappayim ; plusieurs aharonim le contestent, puisqu’il n’enivre pas.

(קמב) מהדברים וכו' - ר"ל הנזכרים בסימן זה:

Parmi les choses etc. - C’est-à-dire celles mentionnées dans ce siman.

(קמג) שאינו מדקדק במצות - היינו אפילו מצות חמורות כעריות וכדומה:

Qui n’est pas scrupuleux dans les mitsvot - Même les mitsvot graves, comme les interdits d’union, et similaires.

(קמד) מרננים אחריו - אפי' רינון של אמת שהוא מפורסם לכל ברשעתו:

On murmure contre lui - Même un murmure vrai, s’il est notoire à tous comme un méchant.

(קמה) שאין שאר עבירות וכו' - פי' חוץ מע"ג =מעבודת גילולים= ושפיכות דמים וכנ"ל:

Que les autres fautes etc. - C’est-à-dire hors idolâtrie et effusion de sang, comme ci-dessus.

(קמו) מונעין - היינו אפילו לא עשה תשובה על חטאיו והטעם כתב הרמב"ם לפי שזו מ"ע על כל כהן וכהן שראוי לנשיאת כפים ואין אומרים לאדם רשע הוסף רשע והמנע מן המצות ואל תתמה ותאמר ומה תועיל ברכת הדיוט זה שאין קבול הברכה תלוי בכהנים אלא בהקב"ה שנאמר ושמו את שמי על בני ישראל ואני אברכם הכהנים עושין מצותן שנצטוו בה והקב"ה ברחמיו מברך את ישראל כחפצו עכ"ל:

On n’empêche pas - Même s’il n’a pas fait techouva de ses fautes. Le motif, écrit le Rambam : c’est une mitsva positive sur chaque kohen apte à nessiat kappayim ; on ne dit pas au méchant « ajoute à ta méchanceté et abstiens-toi des mitsvot ». Qu’on ne s’étonne pas : « à quoi sert la bénédiction de cet ignorant ? » — l’accueil de la bénédiction ne dépend pas des kohanim mais du Saint béni soit-Il, comme il est dit : « Ils poseront Mon Nom sur les enfants d’Israël et Moi Je les bénirai. » Les kohanim font la mitsva qui leur a été prescrite, et ה' dans Sa miséricorde bénit Israël comme Il le veut.

(קמז) כהן שנשא גרושה וכו' - וה"ה חללה וזונה או חלוצה ומה שנתבאר בסמוך שאין שאר עבירות מונעים נ"כ היינו דוקא בעבירות שאין שאר הכהנים מוזהרים יותר מישראל אבל במה שהכהנים מוזהרים יותר מישראל שקדושת כהנים גרם לו והוא חיללו לפיכך פסול מדרבנן לכל דבר כהונה עד שידור ע"ד רבים וכו':

Un kohen qui a épousé une divorcée etc. - De même une ḥalala, une zona ou une ḥaloutsa. Ce qui a été dit plus haut — que les autres fautes n’empêchent pas nessiat kappayim — ne vise que les fautes pour lesquelles les kohanim n’ont pas d’avertissement de plus que les Israélites. Mais pour ce dont les kohanim sont davantage avertis que les Israélites, la sainteté sacerdotale l’y a obligé et il l’a profanée ; il est donc pasoul midérabanan pour tout acte de kehouna jusqu’à ce qu’il fasse un vœu au su du public, etc.

(קמח) על דעת רבים - שנדר שהודר עד"ר אין לו התרה אבל כשלא ידור עד"ר חיישינן שמא ילך אצל חכם וישאל על נדרו לפי שיצה"ר תוקפו לעריות:

Au su du public - Car un vœu fait au su du public n’a pas d’annulation. S’il ne fait pas le vœu au su du public, on craint qu’il n’aille chez un sage pour se faire délier, le mauvais penchant le pressant vers les interdits d’union.

(קמט) מהנשים שהוא אסור בהם - וגם צריך לגרש אותה כ"כ האחרונים [ומה שלא הזכיר המחבר דבר זה משום דקאי אף על גירשה ומתה שהוזכר בתחלה] ואם ירצה לשהותה עוד על איזה זמן שלא לגרשה אף שהדיר ממנה הנאה אסור לישא כפיו וגם אינו עולה לתורה ראשון:

Des femmes qui lui sont interdites - Il doit aussi la répudier, ainsi les aharonim [si le Mé’haber n’en parle pas, c’est que cela s’applique aussi au cas où il l’a déjà répudiée ou qu’elle est morte, mentionné d’abord]. S’il veut encore la garder quelque temps sans la répudier, même s’il s’est interdit tout bénéfice d’elle, il lui est interdit de porter les mains, et il ne monte pas le premier à la Torah.

(קנ) נטמא למת וכו' - והיינו דוקא במזיד וע' בבה"ל:

Il s’est rendu impur pour un mort etc. - Uniquement mezid ; voir Beour Halakha.

(קנא) ויקבל - בב"ד ובזה א"צ לידור ולישבע כנ"ל בסעיף מ"ם דשאני עריות דיצרו תקפו. וע' בתשובת כתב סופר סימן ט"ז ברופא שמבקר מתים שיש לו תועלת הרווחת ממון לא סגי בקבלה לבד עד שידור ברבים כמו בנשים בעבירה ע"ש:

Et il acceptera - Devant le tribunal. Ici il n’a pas besoin de vœu ni de serment comme ci-dessus au seif 49, car les interdits d’union sont différents : le penchant y presse. Voir Teshuvat Ketav Sofer siman 16 : un médecin qui visite les morts et y trouve un profit pécuniaire, une simple acceptation ne suffit pas ; il doit faire un vœu en public, comme pour les femmes interdites.

(קנב) שהמירה לע"ג או זנתה - עיין במ"א שהוכיח דלא מחללת אביה רק בזנות דהו"ל לשמרה אבל לא בהמרה והא דנקט שהמירה משום דכיון שהמירה מסתמא זנתה ג"כ ומש"כ או זנתה היינו או זנתה לחוד:

Qui s’est convertie à l’idolâtrie ou s’est prostituée - Voir le Magen Avraham qui prouve qu’elle ne profane son père que par la débauche, car il devait la garder, mais non par l’apostasie. S’il a mentionné « qui s’est convertie », c’est que, puisqu’elle a apostasié, on présume qu’elle s’est aussi prostituée ; « ou s’est prostituée » vise la débauche seule.

(קנג) אין מחייבין עוד לקדשו - היינו לענין לפתוח ראשון ולברך ראשון אבל לא לענין נשיאת כפים שהרי אפילו אם בעצמו עבר על איסור זנות ג"כ נושא כפיו כדלעיל בסל"ט וכ"ש שאין נפסל ע"י זנות בתו [אחרונים] ומבואר במרדכי דמ"מ יש רשות לקדשו אלא שאין מחוייבין:

On ne l’oblige plus à le sanctifier - C’est-à-dire pour ouvrir le premier et bénir le premier, mais non pour nessiat kappayim : même s’il a lui-même transgressé un interdit de débauche, il porte les mains comme ci-dessus au seif 39, à plus forte raison n’est-il pas disqualifié par la débauche de sa fille [aharonim]. Il ressort du Mordekhaï qu’on a néanmoins le droit de le sanctifier, mais on n’y est pas tenu.

(קנד) כי אביה וכו' - ודוקא כשזינתה ארוסה או נשואה דבהכי מיירי קרא אבל פנויה לא וכתבו אחרונים דבזמן הזה אין מנהג לפסול כהן בשביל זנות או המרת דת של בנו ובתו:

Car son père etc. - Uniquement si elle s’est prostituée fiançée ou mariée, cas visé par le verset ; non si elle est célibataire. Les aharonim écrivent qu’aujourd’hui on n’a pas l’usage de disqualifier un kohen pour la débauche ou l’apostasie de son fils ou de sa fille.

(קנה) החלל - דהיינו הנולד מאיסורי כהונה שהן גרושה זונה וחללה:

Le ḥalal - C’est-à-dire celui qui est né d’unions interdites aux kohanim : divorcée, zona et ḥalala.

(קנו) אינו נושא את כפיו - לפי שאינו בכיהונו והרי הוא כזר לכל דבר כמ"ש באבן עזר סימן ז'. ואפילו חלל של דבריהם כגון הנולד מחלוצה ג"כ אינו נושא כפיו [אחרונים]:

Il ne porte pas les mains - Car il n’est pas dans sa kehouna et il est comme un zar pour tout, comme il est dit dans Even Haézer siman 7. Même un ḥalal de paroles des Sages, par exemple né d’une ḥaloutsa, ne porte pas non plus les mains [aharonim].

(קנז) יצא מביהכ"נ - דמדינא חייב האבל לברך שהרי חייב בכל מצות האמורות בתורה אלא שנהגו שלא לישא כפים משום שצריך הכהן להיות בשמחה וטוב לב בשעת הברכה כדכתיב וטוב לב הוא יברך ולכך צריך לצאת כדי שלא יקראוהו לעלות לדוכן ואפי' בשבת ואין שם כהן אלא הוא לא יעלה. ובדיעבד אם לא יצא וקראוהו לעלות לדוכן בין בשבת ובין בחול בין שאין שם כהן אלא הוא ובין עם כהנים אחרים צריך לעלות דאל"כ עובר בעשה:

Il sort de la synagogue - En droit strict, l’endeuillé est tenu de bénir, car il est tenu de toutes les mitsvot de la Torah ; mais l’usage est de ne pas porter les mains, parce que le kohen doit être dans la joie et le cœur bon au moment de la bénédiction, comme il est dit : « Celui qui a le cœur bon bénit. » Il doit donc sortir pour qu’on ne l’appelle pas à monter au doukhan. Même le Chabbat, et même s’il n’y a pas d’autre kohen que lui, il ne monte pas. Bediavad, s’il n’est pas sorti et qu’on l’a appelé à monter, que ce soit Chabbat ou jour ouvrable, qu’il soit seul kohen ou avec d’autres, il doit monter ; sinon il transgresse un commandement positif.

(קנח) אפי' עד י"ב חודש - היינו אפילו בשבת ויו"ט שאינו נקרא שרוי בשמחה שהרי אסור לילך לשמחת נישואין וכיו"ב וה"ה הקובר מתו ברגל אע"פ שעדיין לא חל עליו האבלות מ"מ הרי עכ"פ אסור בשמחה כל ימות הרגל וה"ה אונן אפילו ביו"ט שהוא חייב בכל המצות מ"מ הרי אינו שרוי בשמחה וכבר כתבנו דמ"מ אם קראוהו לעלות יעלה וי"א דבאונן אפי' קראוהו לעלות לא יעלה:

Même jusqu’à douze mois - Même le Chabbat et Yom Tov, où on ne le dit pas « établi dans la joie », puisqu’il lui est interdit d’aller à une joie de mariage et similaire. De même celui qui enterre son mort un jour de fête : bien que l’avelout ne soit pas encore tombée sur lui, il lui est interdit toute joie pendant les jours de fête. De même l’onen, même à Yom Tov où il est tenu de toutes les mitsvot, n’est pas établi dans la joie. Comme on l’a dit, s’il a été appelé à monter, il monte. Certains disent que l’onen, même appelé, ne monte pas.

(קנט) על אביו ועל ואמו - וה"ה כל שלשים על שאר קרובים שמחוייב להתאבל עליהם. ואם אין שם בביהכ"נ שני כהנים אחרים חוץ מהאבל מותר להאבל לישא כפיו תוך י"ב חודש על אביו ואמו או תוך ל' על שאר קרובים:

Pour son père et pour sa mère - De même les trente jours pour les autres proches pour lesquels il est tenu de mener le deuil. S’il n’y a pas dans la synagogue deux autres kohanim outre l’endeuillé, l’endeuillé peut porter les mains dans les douze mois pour père et mère, ou dans les trente jours pour les autres proches.

(קס) דאינו נושא כפיו - ומיהו נשוי שאין אשתו עמו מותר לכו"ע:

Il ne porte pas les mains - Toutefois un marié dont la femme n’est pas avec lui est permis selon tous les avis.

(קסא) ונהגו שנושא כפיו - היינו אפילו אין שם כהן אלא הוא:

Et l’usage est qu’il porte les mains - Même s’il n’y a pas d’autre kohen que lui.

(קסב) אע"פ שאינו נשוי - דדוקא באבלות מחמרינן ששרוי בצער משא"כ בזה שאע"פ שאינו בשמחה מ"מ אינו שרוי בצער:

Même s’il n’est pas marié - Car c’est seulement pour l’avelout qu’on est strict, puisqu’il est établi dans la douleur ; ici, bien qu’il ne soit pas dans la joie, il n’est pas établi dans la douleur.

(קסג) בשעה שקורין כהנים - באמת צריך לצאת בברכת רצה וכמ"ש כמה פעמים אלא דגם בעת ברכת כהנים צריך שלא יהיה בביהכ"נ משום פגמא וכנ"ל בס"ד:

Au moment où l’on crie « kohanim » - En vérité il doit sortir dès la berakha Retsé, comme on l’a écrit plusieurs fois ; mais même pendant birkat kohanim il ne doit pas être dans la synagogue, à cause du défaut (pguem), comme ci-dessus au seif 4.

(קסד) בכל מדינות אלו וכו' - ובא"י ובכל מלכות מצרים המנהג לישא כפים בכל יום והפוסקים קלסו למנהגם בזה:

Dans tous ces pays etc. - En Erets Israël et dans tout le royaume d’Égypte, l’usage est de porter les mains chaque jour, et les décisionnaires ont loué cet usage.

(קסה) אלא ביו"ט משום וכו' - בין שחל בחול או בשבת ויש מקומות שנוהגין שאין נושאין כפים אפילו ביו"ט כשחל בשבת אבל אין מנהג זה עיקר כלל כמו שכתבו הרבה אחרונים. נהגו הכהנים סלסול בעצמן לטבול בעיו"ט משום נשיאת כפים שלמחר וגם בלא"ה צריך אדם לטהר א"ע ברגל ומ"מ אין זה מעכב בדיעבד:

Seulement à Yom Tov, parce que etc. - Qu’il tombe en semaine ou le Chabbat. Certains lieux ont l’usage de ne pas porter les mains même à Yom Tov s’il tombe le Chabbat, mais cet usage n’est pas fondamental, comme l’ont écrit beaucoup d’aharonim. Les kohanim ont l’usage de s’honorer eux-mêmes en s’immergeant la veille de Yom Tov à cause de nessiat kappayim du lendemain ; de toute façon l’homme doit se purifier à la fête. Cela n’empêche toutefois pas bediavad.

(קסו) שרוים בשמחת יו"ט - וביוה"כ ג"כ נושאין כפים שיש בו שמחת מחילה וסליחה:

Établis dans la joie de Yom Tov - Et à Yom Kippour aussi on porte les mains, car il y a la joie du pardon et de l’absolution.

(קסז) ועל ביטול מלאכתם - הלשון מגומגם וח"ו ישראל קדושים יצטערו בשבת על בטול מלאכתם ביום הקדוש. והנכון שצ"ל ובשביל בטול מלאכתם וקאי טעם זה על הא דלעיל שאין נושאין כפים בשאר ימים וכן פלגינהו בד"מ שכתב טעם לפי שטרודין בהרהורין וכו' להא דאין נושאין כפים בשבת ואימות החול כתב הטעם משום בטול מלאכה עי"ש:

Et à cause de l’interruption de leur travail - La formulation est confuse : à Dieu ne plaise qu’Israël saint s’afflige le Chabbat de l’interruption de son travail en un jour saint. Le correct est : « et à cause de l’interruption de leur travail », et ce motif porte sur ce qui précède — qu’on ne porte pas les mains les autres jours. Ainsi le Darké Moché les a séparés : motif des préoccupations et pensées pour l’absence de nessiat kappayim le Chabbat ; pour les jours de semaine, motif de l’interruption du travail.

(קסח) הופכים בהם וכו' - והטעם שנהגו כן כדי שתתפשט הברכה לכל האנשים שעומדים מצדיהם:

Ils les tournent etc. - L’usage est ainsi pour que la bénédiction se répande vers tous ceux qui se tiennent sur leurs côtés.

(קסט) שמאריכין בניגון וכו' - כתב בא"ר בשם תשובת בית יעקב מה שנוהגין לנגן אמירת וישמר בלא כ"ף ואח"כ הכ"ף וכן עושים בויחנך הוא טעות דדוקא בסוף מאריך דקודם שמסיים לא משמע כונת התיבה כלל וכן החזנים יזהרו שלא יחלקו התיבות לשתים:

Qui allongent par le nigoun etc. - L’Eliya Rabba au nom de Teshuvat Beit Yaakov : l’usage de chanter « veyichmerekha » sans le khaf puis le khaf, et de même pour « viy’hounèkha », est une erreur. On n’allonge qu’à la fin : avant d’avoir achevé, le sens du mot n’apparaît pas. Les ḥazanim aussi veilleront à ne pas couper les mots en deux.

(קע) כי כל אחת מהן וכו' - הוא טעם גם על דברי המחבר והכונה דאע"ג דשלש ברכות הויין בברכת כהנים מ"מ בכל ברכה בפני עצמה יש בה שתי ברכות דהיינו יברכך ה' ברכה א' וישמרך ברכה שניה יאר וכו' אליך היא ברכה אחת ויחנך ברכה ב' ישא ה' וכו' אליך ברכה א' וישם לך שלום ג"כ הוי ברכה אחת [לבוש] והמ"א כתב הטעם שהופכין פניהם באלו התיבות משום דכל אלו התיבות הם לנוכח:

Car chacune d’elles etc. - C’est aussi le motif des paroles du Mé’haber. Bien qu’il y ait trois bénédictions dans birkat kohanim, chaque bénédiction contient en elle-même deux bénédictions : « Yevarekhekha ה' » une bénédiction et « veyichmerekha » une deuxième ; « Yaèr… éleikha » une et « viy’hounèkha » une deuxième ; « Yissa ה'… éleikha » une et « veyasèm lékha chalom » aussi une [Levouch]. Le Magen Avraham donne pour motif du tournement du visage à ces mots que tous ces mots sont à la deuxième personne.

(קעא) ובשעה וכו' - צ"ל בשעה וכן הוא בספרי שו"ע ישנים:

Et au moment etc. - Il faut lire « au moment », ainsi dans les anciens livres du Choulḥan Aroukh.

(קעב) בניגון התיבות וכו' - היינו בשעה שמאריכין בניגון הברת אות אחרונה של התיבה אבל לא בעת שאומרים התיבה דאז צריך לשתוק ולכוין כמ"ש בסכ"ו:

Par le nigoun des mots etc. - C’est-à-dire au moment où l’on allonge par le nigoun la dernière lettre du mot, mais non pendant qu’on dit le mot : alors il faut se taire et avoir l’intention, comme au seif 26.

(קעג) והמקרא - פי' ש"ץ המתפלל פשיטא שלא יאמר הרבון דהוי הפסק בתפלה אלא אפילו כשהש"ץ הוא כהן ואחר הוא המקרא ג"כ לא יאמר המקרא הרבון שמא תטרף דעתו ולא יוכל לחזור ולהקרות מיהו לאחר שהקריא לפניהם תיבת שלום יוכל אז לומר הרבון דתו ליכא חשש דטירוף דהא הוא אינו מסיים ברכת שים שלום רק הש"ץ וכמש"כ לעיל בסעיף כ"ב במ"ב [אחרונים]. כתב בתשובת מהר"מ לובלין כשאין כהנים במוסף לעלות לדוכן נוהגים שאין אומרים ותערב:

Et le lecteur - C’est-à-dire le chaliaḥ tsibbour qui prie : évidemment il ne dira pas le Ribon, ce serait une interruption dans la tefila. Même si le chaliaḥ tsibbour est kohen et qu’un autre est le lecteur, le lecteur non plus ne dira pas le Ribon, de peur que son esprit ne se trouble et qu’il ne puisse plus dicter. Toutefois, après avoir dicté le mot « chalom », il peut alors dire le Ribon, car il n’y a plus de crainte de trouble : ce n’est pas lui qui achève « Sim chalom », mais le chaliaḥ tsibbour, comme ci-dessus au seif 22 dans le MB [aharonim]. Teshuvat Maharamm de Lublin : quand il n’y a pas de kohanim à Moussaf pour monter au doukhan, l’usage est de ne pas dire « Vetéarev ».

(קעד) דהוי כמועל בהקדש - שהרי נאמר וקדשתו כי את לחם אלהיך הוא מקריב ואף עכשיו שאין לנו קרבנות בקדושתו הוא עומד ומשום זה אסור בגרושה ולטמא למתים:

C’est comme détourner un bien consacré - Car il est dit : « Tu le sanctifieras, car c’est le pain de ton Dieu qu’il offre » ; même maintenant que nous n’avons plus de sacrifices, il demeure dans sa sainteté. C’est pourquoi il lui est interdit d’épouser une divorcée et de se rendre impur pour les morts.

(קעה) אם לא מחל על כך - אבל אם מחל מותר שכבוד הכהונה [כמו לפתוח ראשון או ליטול מנה יפה ראשון וכדומה מדברים שאנו מחויבין לכבדם] ניתן להם רק להנאתם לפיכך בידו למחול וליתן רשות לישראל להשתמש בו ויש מי שאומר שאינו יכול ליתן רשות להשתמש בו אא"כ יש לו איזה הנאה כגון בשכר או אפילו בחנם לאדם חשוב שהוא חפץ לשמשו ונהנה מזה אבל אם אין לו שום הנאה מזה אין יכול למחול דאע"ג דכבוד יוכל למחול שימוש ענין של בזיון הוא וטוב להחמיר לכתחלה. ולהשתמש בהם שירות בזויות בודאי יש ליזהר [מגן גבורים]:

S’il n’y a pas renoncé - Mais s’il a renoncé, c’est permis : l’honneur de la kehouna (ouvrir le premier, prendre la belle part le premier, et similaires, choses par lesquelles nous sommes tenus de les honorer) leur a été donné pour leur bénéfice ; il peut donc y renoncer et autoriser un Israélite à se servir de lui. Certains disent qu’il ne peut autoriser qu’on se serve de lui que s’il en tire quelque bénéfice, par exemple un salaire, ou même gratuitement pour un homme important qu’il désire servir et dont il jouit ; mais s’il n’en tire aucun bénéfice, il ne peut renoncer : l’honneur se renonce, le service est une humiliation. Il est bon d’être strict lekhathila. Pour les services humiliants, il faut certainement s’en garder [Magen Guibborim].