Règles de Ta'hanoun : ne pas parler entre l'Amida et la chute sur le visage ; côté gauche ou droit selon les tefilin ; devant un sefer Torah ; jours et lieux où l'on s'en abstient (deuil, mariage, milah, fêtes) ; interdiction de se prosterner à plat ventre sur une dalle de pierre.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) אין לדבר וכו' - דעי"ז אין תחנתו שמתחנן בנ"א מתקבלת כ"כ ודוקא כשמפסיק ועוסק בדברים אחרים לגמרי אבל שיחה בעלמא לית לן בה [ודוקא שלא בעת שש"ץ חוזר התפלה דאז צריך לשתוק ולהאזין היטב כל ברכה וברכה כדלעיל בסימן קכ"ד ס"ד] וכ"ש דלדבר קדושה כגון מה שמפסיקין בתחנות כגון והוא רחום בודאי מותר להפסיק ואפילו בתוך נ"א ג"כ מותר לענות איש"ר וכל דבר קדושה [אחרונים]:
Il ne faut pas parler etc. - car par là sa supplication faite en nefilat appayim n'est plus autant agréée. Cela ne vise que s'il s'interrompt et s'occupe tout à fait d'autres propos ; une simple conversation n'y fait rien [et seulement hors du moment où l'officiant répète la prière, car alors il faut se taire et bien écouter chaque bénédiction, comme ci-dessus au siman 124 seif 4]. À plus forte raison, pour une parole de sainteté — comme ce par quoi l'on s'interrompt dans les ta'hanounim, par exemple Vehou Ra'houm — il est certainement permis de s'interrompre ; et même au milieu de la nefilat appayim il est permis de répondre Yehe chemeh rabba et toute parole de sainteté [A'haronim].
(ב) בין תפלה וכו' - מיהו עם עבר ודבר פשיטא דצריך ליפול על פניו. מותר להתפלל במקום אחד וליפול במקום אחר ואך שלא יפסיק באמצע:
Entre la prière etc. - toutefois, s'il a déjà parlé, il doit évidemment tomber sur son visage. Il est permis de prier en un lieu et de tomber en un autre, pourvu qu'il ne s'interrompe pas au milieu.
(ג) כשנופל על פניו - הנה נפילת אפים שנהגו בה בימים הראשונים היה בדרך קידה דהיינו ליפול על פניו ארצה ושלא בפישוט ידים ורגלים ועכשיו לא נהגו ליפול על פניהם ממש אלא בהטיית הראש וכיסוי הפנים בלבד. ונוהגים לכסות הפנים בבגד ולא די כיסוי היד שנופל פניו עליה לפי שהיד והפנים גוף אחד הם ואין הגוף יכול לכסות את עצמו [מ"א]:
Quand il tombe sur son visage - or la nefilat appayim pratiquée aux premiers temps se faisait par voie de kidda, c'est-à-dire tomber le visage contre terre, sans étendre les mains et les pieds. Aujourd'hui on n'a plus l'usage de tomber réellement sur le visage, mais seulement d'incliner la tête et de se couvrir le visage. On a l'usage de se couvrir le visage d'un vêtement ; il ne suffit pas de se couvrir de la main sur laquelle on pose le visage, car la main et le visage sont un seul corps, et le corps ne peut se couvrir lui-même [Maguen Avraham].
(ד) על צד שמאל - לפי שמצינו כשאדם מתפלל שכינה מימינו שנא' ה' צלך על יד ימינך ונמצא כשהוא מוטה על שמאלו פניו כלפי שכינה ואם היה מוטה על יד ימינו היה להיפך ולא יתכן לעבד להיות אחורי פניו כלפי אדוניו:
Sur le côté gauche - parce que nous trouvons que lorsque l'homme prie, la Présence est à sa droite, ainsi qu'il est dit : « ה' est ton ombre à ta droite » ; dès lors, quand il s'incline sur sa gauche, son visage est tourné vers la Présence. S'il s'inclinait sur sa droite, ce serait l'inverse, et il ne convient pas qu'un serviteur tourne le dos de son visage vers son maître.
(ה) על צד ימין - כי השכינה נגד האדם ונמצא שמאל השכינה כנגד ימינו וכשהוא מטה על ימינו והשכינה כנגדו יכוין שמאלו תחת לראשי וימינו תחבקני:
Sur le côté droit - car la Présence est face à l'homme, et la gauche de la Présence se trouve donc en face de sa droite ; quand il s'incline sur sa droite et que la Présence est face à lui, il aura l'intention : « Sa gauche est sous ma tête et Sa droite m'étreint ».
(ו) והעיקר וכו' - וכן דעת הט"ז ומ"א שאין לשנות ממנהג זה וכן נהגו העולם (ואפילו להגר"א דסובר דהעיקר כהמחבר דתמיד על שמאל מ"מ אם מתפלל בביהמ"ד והעולם נוהגין כהרמ"א מ"מ אסור לשנות משום לא תתגודדו). וש"ץ העומד מימין הארון טוב שיטה ראשו מעט כלפי הארון:
Et l'essentiel etc. - et tel est aussi l'avis du Taz et du Maguen Avraham : il ne faut pas s'écarter de cet usage, et ainsi a fait le monde (même selon le Gra, qui tient que l'essentiel est comme le Mekhaber, toujours à gauche : s'il prie au beit hamidrach et que le monde suit le Rema, il est néanmoins interdit de se distinguer, à cause de « lo titgodedou »). L'officiant qui se tient à la droite de l'arche fera bien d'incliner un peu la tête vers l'arche.
(ז) ובערבית - ר"ל לצד ערבית דהיינו במנחה שאין אנו נוהגין להניח תפילין ומי שמניח תפילין גם שם יפול על ימינו ועיין בח"א שמצדד דאז יוכל לסמוך על דעת הגר"א וליפול על שמאלו:
Et à Arvit - c'est-à-dire du côté d'Arvit, c'est-à-dire à Min'ha, où nous n'avons pas l'usage de mettre les tefilin ; celui qui met aussi les tefilin là tombera sur sa droite. Voir le 'Hayé Adam, qui penche alors à s'appuyer sur l'avis du Gra et à tomber sur sa gauche.
(ח) לפי מנהגו - ובמדינות אלו נוהגין לומר רחום וחנון וכו':
Selon son usage - et dans ces pays on a l'usage de dire « Ra'houm ve'hanoun etc. ».
(ט) לומר ואנחנו לא נדע - לפי שהתפללנו בכל ענין שיוכל אדם להתפלל בישיבה ובעמידה ובנפילת אפים כמו שעשה משה רבינו ע"ה שנא' ואשב בהר וגו' ואנכי עמדתי בהר וגו' ואתנפל לפני ה' וגו' ומאחר שאין בנו כח להתפלל בע"א אנו אומרים ואנחנו לא נדע מה נעשה וכו' וראוי לומר ואנחנו לא נדע בישיבה מה נעשה בעמידה (של"ה ואחרונים):
De dire « Vaanah'nou lo neda » - parce que nous avons prié de toutes les manières dont l'homme peut prier : assis, debout et en nefilat appayim, comme le fit Moché notre maître, paix sur lui, ainsi qu'il est dit : « Je m'assis sur la montagne etc. », « et moi je me tins sur la montagne etc. », « et je tombai devant ה' etc. ». Puisque nous n'avons plus la force de prier autrement, nous disons « et nous, nous ne savons que faire etc. ». Il convient de dire « Vaanah'nou lo neda » assis, et « ma naassé » debout (Chela et A'haronim).
(י) מיושב - כתב ב"י שהטעם הוא ע"ד הקבלה ובריב"ש כתב שאין קפידא. כתבו אחרונים בשעת הדחק נוכל לסמוך על הריב"ש וע"כ אם סיים תפלתו וצריך לעמוד עכ"פ כדי הילוך ד' אמות וקודם שיעור זה התחיל הציבור לומר תחנון יעמוד שם במקומו ויפול על פניו מעומד עם הצבור וכן אם אחר עומד נגדו ומתפלל שמ"ע ואסור לי"א לישב נגדו אפילו כמלא עיניו ואי אפשר לו לילך לצדדין יפול על פניו מעומד וכן כל כה"ג:
Assis - le Beit Yossef a écrit que la raison est selon la Kabbale ; le Rivach a écrit qu'il n'y a pas de rigueur. Les A'haronim ont écrit qu'en cas de nécessité on peut s'appuyer sur le Rivach : si donc il a fini sa prière et doit rester debout au moins le temps de marcher quatre coudées, et qu'avant ce délai le public a commencé Ta'hanoun, il restera debout sur place et tombera sur son visage debout avec le public. De même si un autre se tient face à lui et prie l'Amida, qu'il est interdit de s'asseoir face à lui même à portée de vue, et qu'il ne peut s'écarter sur les côtés : il tombera sur son visage debout. Et ainsi en tout cas analogue.
(יא) ארון וס"ת בתוכו - ארון לאו דוקא אלא ה"ה ס"ת לחוד די. וטעם הי"א משום דמצינו בקרא רמז שנפילה היא לפני ארון ה' וכדכתיב במלחמת העי ויפול על פניו לפני ארון ה'. ואם אין שם ס"ת רק שאר ספרים דעת הא"ר והדה"ח דלא יפול על פניו רק יאמר המזמור בלא נפילת אפים ויש חולקין בזה. ובמקום שיש ס"ת לכו"ע אפילו יחיד בביתו נופל על אפיו:
Une arche avec un sefer Torah dedans - « arche » n'est pas exclusif : un sefer Torah seul suffit aussi. La raison de certains avis est qu'on trouve dans l'Écriture une allusion : la chute se fait devant l'arche de ה', comme il est écrit à la guerre de Aï : « et il tomba sur son visage devant l'arche de ה' ». S'il n'y a pas de sefer Torah, seulement d'autres livres, l'avis de l'Eliya Rabba et du Dereikh ha'Hayim est de ne pas tomber sur le visage, mais de dire le psaume sans nefilat appayim ; d'aucuns contestent. Là où il y a un sefer Torah, de l'avis de tous, même un particulier chez lui tombe sur son visage.
(יב) כיסוי פנים - הוא נפילת אפים שלנו:
Couvrir le visage - c'est notre nefilat appayim.
(יג) וחצר ביהכ"נ הפתוח וכו' - היינו דבעת שהתפלל בחצר הוי פתח ביהכ"נ פתוח ונוכל לראות מאותו צד מקום הארון הוי כמתפלל לפני הארון משא"כ אם מתפלל בחצר בצדדים אחרים כגון שפתח ביהכ"נ במערב והעזרה נמשכת גם לצד דרום והוא מתפלל שם ואין שם ס"ת אין צריך נ"א וה"ה אם היה פתח ביהכ"נ נעול אפילו הוא מתפלל בחצר נגדו א"צ נ"א. כתבו האחרונים דאם הוא מתפלל בעזרת נשים ג"כ צריך נ"א כיון שיוכל לראות מהחלונות מקום הארון:
Et la cour de la synagogue ouverte etc. - c'est-à-dire que, lorsqu'il priait dans la cour, la porte de la synagogue était ouverte et l'on pouvait voir de ce côté l'emplacement de l'arche : c'est comme s'il priait devant l'arche. En revanche, s'il prie dans la cour sur d'autres côtés — par exemple la porte de la synagogue est à l'ouest et l'esplanade se prolonge aussi au sud, et il prie là, sans sefer Torah — il n'a pas besoin de nefilat appayim. De même si la porte de la synagogue était fermée, même s'il prie dans la cour en face, il n'a pas besoin de nefilat appayim. Les A'haronim ont écrit que s'il prie à l'ezrat nachim, il a aussi besoin de nefilat appayim, puisqu'il peut voir par les fenêtres l'emplacement de l'arche.
(יד) אפילו יחיד בביתו - משמע דאפילו הוא רחוק מביהכ"נ ג"כ נופל על אפיו והנה לפי המבואר בסימן נ"ה ס"כ איירי הכא דאין שם טינוף מפסיק בין ביתו לביהכ"נ [אחרונים]:
Même un particulier chez lui - cela implique que même s'il est loin de la synagogue, il tombe aussi sur son visage. Or, selon ce qui a été exposé au siman 55 seif 20, il s'agit ici du cas où nulle souillure n'interrompt entre sa maison et la synagogue [A'haronim].
(טו) אומר תחנה וכו' - והוא שהציבור ג"כ אומרים תחנון בשעה זו:
Il dit une supplication etc. - et cela, à condition que le public dise aussi Ta'hanoun à cette heure.
(טז) אין נפילת אפים וכו' - והטעם ע"פ קבלה עיין בב"י. ולומר המזמור של נפילת אפים אין חשש אפילו בלילה [א"ר]:
Il n'y a pas de nefilat appayim etc. - et la raison est selon la Kabbale ; voir le Beit Yossef. Dire le psaume de la nefilat appayim n'est pas problématique, même la nuit [Eliya Rabba].
(יז) בלילה - ולכן אם נמשכה תפלת המנחה עד הלילה אין נופלין ע"פ ובין השמשות של לילה נוהגין ליפול. ובימים שאומרים אבינו מלכנו במנחה יוכל לדלג א"מ כדי ליפול מבעוד יום [מ"א וש"א]:
La nuit - c'est pourquoi, si la prière de Min'ha s'est prolongée jusqu'à la nuit, on ne tombe pas sur le visage ; au crépuscule de la nuit, on a l'usage de tomber. Les jours où l'on dit Avinou Malkénou à Min'ha, on peut sauter Avinou Malkénou afin de tomber de jour encore [Maguen Avraham et autres].
(יח) שהוא קרוב וכו' - ובא"ר הביא להקל מחצות ולהלן וכן משמע במ"א:
Qui est proche etc. - et l'Eliya Rabba a rapporté d'être indulgent à partir de minuit, et cela ressort aussi du Maguen Avraham.
(יט) ליום - ויש נוהגין להאריך בסליחות עד נכון היום ואז יפלו על פניהם אך בער"ה לא יתכן מנהג זה שהרי אין נופלין על פניהם בער"ה [מ"א]:
Au jour - et certains ont l'usage de prolonger les Seli'hot jusqu'à ce que le jour soit bien établi, et alors ils tombent sur leur visage ; mais la veille de Roch Hachana cet usage ne convient pas, car on ne tombe pas sur le visage la veille de Roch Hachana [Maguen Avraham].
(כ) לא בבית האבל - היינו כל שבעה והטעם דאז מדת הדין מתוחה עליו וע"כ יש ליזהר מלהגביר מדת הדין וכמו הטעם דאין נ"א בלילה [לבוש] ואפילו אחר שיצא מביתו א"צ לומר דתחנון מקומו מיד אחר תפלת י"ח וכנ"ל בריש הסימן אבל והוא רחום יאמר אח"כ בביתו ויש מקילין בזה. והנה כ"ז דוקא בבית האבל א"א תחנון שלא להגביר מדת הדין אבל כשהאבל מתפלל בביהכ"נ או בבית אחר אין הצבור נגררין אחריו ואומרים תחנון ומ"מ האבל עצמו לא יאמר. ועיין בא"ר שמסתפק דאפילו כשמתפלל במקום המת כשאין האבל בביתו שלא לומר תחנון. אין אומרים הלל בבית האבל. ובר"ח כשמתפלל בבית האבל אפילו כשהולך אח"כ לביתו א"צ לאמרו ובחנוכה שגומרים את ההלל צריך לאמרו אח"כ בביתו אבל בשבת שחל בו ר"ח או אם קבר את מתו ברגל אפילו אם מתפללין בבית האבל אומרים הלל כיון שאין בו אבלות:
Pas dans la maison du deuil - c'est-à-dire tous les sept jours. La raison est qu'alors la mesure du jugement est tendue sur lui ; il faut donc prendre garde de ne pas renforcer la mesure du jugement, comme la raison pour laquelle il n'y a pas de nefilat appayim la nuit [Levouch]. Même après qu'il est sorti de sa maison, il n'a pas à le dire, car la place de Ta'hanoun est tout de suite après la prière des dix-huit bénédictions, comme ci-dessus au début du siman ; mais Vehou Ra'houm, il le dira ensuite chez lui, et certains sont indulgents là-dessus. Or tout cela ne vise que la maison du deuil, où l'on ne dit pas Ta'hanoun afin de ne pas renforcer la mesure du jugement ; mais quand l'endeuillé prie à la synagogue ou dans une autre maison, le public ne le suit pas et dit Ta'hanoun ; toutefois l'endeuillé lui-même ne le dira pas. Voir l'Eliya Rabba, qui doute même quand on prie au lieu du mort, l'endeuillé n'étant pas dans sa maison, de ne pas dire Ta'hanoun. On ne dit pas le Hallel dans la maison du deuil. À Roch 'Hodech, quand on prie dans la maison du deuil, même s'il va ensuite chez lui, il n'a pas à le dire ; à 'Hanouka, où l'on achève le Hallel, il faut le dire ensuite chez lui. Mais un Chabbat où tombe Roch 'Hodech, ou s'il a enterré son mort un jour de fête, même si l'on prie dans la maison du deuil, on dit le Hallel, puisqu'il n'y a pas de deuil.
(כא) ולא בבית החתן - היינו משעה שנכנס לחופה אבל מקודם אומרים ויש מקילין אף בשחרית [שלחן שלמה וכן משמע קצת מהגר"א] וכתבו האחרונים דאפילו יצא אח"כ לביתו ג"כ א"צ לומר תחנונים דכיון שהיה בבית החתן או בביהכ"נ בשעת התפלה חלה עליו השמחה וכן במילה דינא הכי:
Ni dans la maison du marié - c'est-à-dire dès qu'il est entré sous la 'houppa ; auparavant on le dit. Certains sont indulgents même à Cha'harit [Choul'han Chelomo, et cela ressort un peu du Gra]. Les A'haronim ont écrit que même s'il est ensuite sorti chez lui, il n'a pas non plus à dire les ta'hanounim : puisqu'il était dans la maison du marié ou à la synagogue au moment de la prière, la joie s'est attachée à lui. Il en va de même pour une milah.
(כב) ולא בביהכ"נ ביום מילה - ר"ל בביהכ"נ שימולו אח"כ בה את התינוק אף שאין מתפללין שם הבעלי ברית וכתבו האחרונים דאם הבעלי ברית מתפללין שם [ונקראין בעלי ברית אבי הבן והסנדק והמוהל ולא המוציא והמביא התינוק] אף שהמילה בבית אחר אין נופלין ע"פ:
Ni à la synagogue le jour d'une milah - c'est-à-dire dans la synagogue où l'on circoncira ensuite l'enfant, même si les baalé berit n'y prient pas. Les A'haronim ont écrit que si les baalé berit y prient [on appelle baalé berit le père de l'enfant, le sandak et le mohel, non celui qui sort et celui qui apporte l'enfant], même si la milah a lieu dans une autre maison, on ne tombe pas sur le visage.
(כג) ולא כשיש שם חתן - ומשום דמצוה לשמוח עמו השמחה נמשכת לכל הנלוים אליו [אחרונים]:
Ni quand il y a là un marié - et comme il est mitsva de se réjouir avec lui, la joie s'étend à tous ceux qui l'accompagnent [A'haronim].
(כד) באותו ביהכ"נ - והמתפללין בעזרה כיון שנגררין אחרי ביהכ"נ כשאין שם ארון ותיבה א"כ כשם שבביהכ"נ אין אומרים גם הם אין אומרים:
Dans cette synagogue-là - et ceux qui prient dans l'esplanade, puisqu'ils sont entraînés après la synagogue quand il n'y a pas là d'arche ni de téva : de même que dans la synagogue on ne le dit pas, eux non plus ne le disent pas.
(כה) אע"פ שמתפללין וכו' - ודעת רש"ל וב"ח וט"ז דאין אומרים כשמתפללים אצל התינוק ובא"ר הכריע דאם מתפללין מנחה בבית התינוק קודם הסעודה או באמצע סעודה א"א תחנון אבל לאחר בהמ"ז אומרים תחנון וכ"כ בדה"ח וכתב הח"א דכל זה כשמתפללין אצל התינוק אבל כשמתפללין בבית אחר אע"פ שהבעל ברית שם אומרים תחנון אפי' קודם הסעודה. וכתב עוד דבעל ברית וסנדק ומוהל א"א לעולם במנחה אפילו לאחר בהמ"ז דיו"ט שלהם הוא:
Bien qu'ils prient etc. - l'avis du Maharshal, du Ba'h et du Taz est qu'on ne le dit pas quand on prie auprès de l'enfant. L'Eliya Rabba a tranché : si l'on prie Min'ha dans la maison de l'enfant avant le repas ou au milieu du repas, on ne dit pas Ta'hanoun ; mais après le Birkat hamazon on dit Ta'hanoun. Ainsi a aussi écrit le Dereikh ha'Hayim. Le 'Hayé Adam a écrit que tout cela vaut quand on prie auprès de l'enfant ; mais quand on prie dans une autre maison, même si le baal berit y est, on dit Ta'hanoun, même avant le repas. Il a encore écrit que le baal berit, le sandak et le mohel ne le disent jamais à Min'ha, même après le Birkat hamazon, car c'est leur Yom Tov.
(כו) שנכנס לחופה - ובזמנינו נוהגין שאין נופלין כל ז' ימי המשתה ואפילו אם יום ז' הוא יום א' של החופה אם מתפללין קודם שהיה החופה כגון אם היה החופה מעט קודם לערב ביום א' אין אומרים תחנון עד יום א' הבא מעט קודם לערב ודוקא אם היה החתן בחור או הכלה בתולה אבל אלמן שנשא אלמנה אין זה נוהג רק ג' ימים וכן הדין בוהוא רחום ולכן טוב ליזהר שלא יכנס החתן לביהכ"נ כל ז' ימי המשתה שנמנעין לומר תחנון בעבורו:
Qui est entré sous la 'houppa - et de notre temps on a l'usage de ne pas tomber tous les sept jours de festin ; même si le septième jour est le premier jour de la 'houppa, si l'on prie avant qu'ait eu lieu la 'houppa — par exemple si la 'houppa a eu lieu un peu avant le soir le premier jour — on ne dit pas Ta'hanoun jusqu'au premier jour suivant, un peu avant le soir. Cela ne vaut que si le marié était un jeune homme ou la mariée une jeune fille ; mais un veuf qui épouse une veuve, cela ne se pratique que trois jours. Même règle pour Vehou Ra'houm. C'est pourquoi il est bon de prendre garde que le marié n'entre pas à la synagogue tous les sept jours de festin, car on s'abstient de dire Ta'hanoun à cause de lui.
(כז) מילה - וה"ה חתן [א"ר ומגן גבורים]:
Une milah - et il en va de même d'un marié [Eliya Rabba et Maguen Guiborim].
(כח) מתפללים סליחות - שמניחין מקצת וא"צ להניח לגמריה:
On dit des Seli'hot - on en laisse une partie, et il n'est pas nécessaire de tout laisser.
(כט) בלא זה - ר"ל דנהגו באיזה מקומות לומר והוא רחום בכל תענית צבור אף שאינו בב' וה' אפ"ה אם חל מילה בו אין אומרים והוא רחום:
Sans cela - c'est-à-dire que certains lieux ont l'usage de dire Vehou Ra'houm à tout jeûne public, même s'il n'est pas un lundi ou un jeudi ; malgré cela, si une milah y tombe, on ne dit pas Vehou Ra'houm.
(ל) בט"ו באב - דבגמרא איתא שהיה יו"ט גדול בזמן המקדש:
Le 15 Av - car la Guemara dit que c'était un grand Yom Tov au temps du Temple.
(לא) בט"ו בשבט - שהוא ר"ה לאילנות ונוהגין האשכנזים להרבות אז במיני פירות של אילנות:
Le 15 Chevat - car c'est le nouvel an des arbres, et les Ashkenazim ont l'usage d'y multiplier alors les sortes de fruits d'arbres.
(לב) שלפניו - משמע מזה דבט"ו באב וט"ו בשבט נופלין במנחה שלפניו ואין נוהגין כן [ע"ת]:
De la veille - cela implique qu'au 15 Av et au 15 Chevat on tombe à la Min'ha de la veille ; on n'en a pas l'usage [Ateret Zekenim].
(לג) בפורים - היינו בשני ימים וכן בפורים קטן בשנה מעוברת ובכל אלו אין אומרים גם במנחה שלפניו וכן בל"ג בעומר מלבד בער"ה ובעיו"כ אומרים במנחה שלפניהם:
À Pourim - c'est-à-dire les deux jours, et de même au petit Pourim d'une année embolismique. Dans tous ceux-ci on ne le dit pas non plus à la Min'ha de la veille ; de même à Lag Baomer. Exception : la veille de Roch Hachana et la veille de Yom Kippour, on le dit à la Min'ha qui les précède.
(לד) ביום כיפור - ובשאר עיו"ט א"צ לבאר שהוא מבואר בסעיף הסמוך:
À Yom Kippour - et pour les autres veilles de Yom Tov, il n'est pas besoin de l'expliquer, car c'est exposé au seif suivant.
(לה) ומנהג פשוט וכו' - ובכל אלו א"א תחנון גם במנחה שלפניהם. והנה כל אלו הסעיפים הוא לענין תחנון אבל למנצח אומרים בכולם מלבד בר"ח וחנוכה ופורים וערב פסח וערב יוה"כ וט"ב וה"ה שאין אומרים בשנה מעוברת ביום י"ד וט"ו באדר ראשון גם אין אומרים אותו בבית האבל [אחרונים] עוד כתבו דאל ארך אפים ולמנצח דינם שוה:
Et l'usage répandu etc. - et dans tous ceux-ci on ne dit pas Ta'hanoun non plus à la Min'ha qui les précède. Or tous ces seifim concernent Ta'hanoun ; mais Lamnatsea'h, on le dit dans tous, sauf à Roch 'Hodech, 'Hanouka, Pourim, la veille de Pessa'h, la veille de Yom Kippour et Ticha beAv ; de même on ne le dit pas, en année embolismique, les 14 et 15 Adar I ; on ne le dit pas non plus dans la maison du deuil [A'haronim]. Ils ont encore écrit que El erekh appayim et Lamnatsea'h ont le même din.
(לו) עד אחר שבועות - ויש מקומות נוהגין שלא ליפול כל הששה ימים שאחר שבועות מפני שהקרבנות של חג השבועות היה להם תשלומין כל ז':
Jusqu'après Chavouot - et certains lieux ont l'usage de ne pas tomber tous les six jours qui suivent Chavouot, parce que les sacrifices de la fête de Chavouot avaient un délai de rattrapage tout le septénaire.
(לז) ליפול על פניו - היינו כשהוא דרך קידה ואפילו בלא פישוט ידים ורגלים ואפילו לא היה שם רצפת אבנים דבשאר כל אדם שרי באדם חשוב אסור ואם הוא מטה קצת על צדו אפי' על רצפת אבנים שרי דאין זה נפילה על פניו וכ"ש נפילת אפים שלנו שהוא רק הטיית הראש וכיסוי פנים בעלמא בודאי שרי:
Tomber sur son visage - c'est-à-dire par voie de kidda, même sans étendre les mains et les pieds, et même s'il n'y avait pas là de dallage de pierre : pour tout autre homme c'est permis, pour un homme important c'est interdit. S'il s'incline un peu sur le côté, même sur un dallage de pierre c'est permis, car ce n'est pas une chute sur le visage ; à plus forte raison notre nefilat appayim, qui n'est qu'une inclination de la tête et une simple couverture du visage, est certainement permise.
(לח) כשמתפלל על הצבור - פי' ובפני הצבור דכסיפא ליה מילתא שמהרהרין שאין הגון ואין ראוי ליענות אבל בביתו אפילו מתפלל על הציבור מותר ואפילו בפני הציבור דוקא כשהוא לבדו נופל על פניו ואין הקהל נופלין עמו דאם כל הקהל נופלין אזי אם אין ח"ו נענים אין גנאי כ"כ להאדם חשוב דלא עדיף הוא מכלל הציבור:
Quand il prie pour le public - c'est-à-dire en présence du public : la chose lui fait honte, car l'on pense qu'il n'est pas digne et pas propre à être exaucé. Mais chez lui, même s'il prie pour le public, c'est permis. Et même en présence du public, seulement s'il tombe seul sur son visage et que l'assemblée ne tombe pas avec lui ; car si toute l'assemblée tombe, alors si, loin de nous, l'on n'est pas exaucé, il n'y a pas tant de honte pour l'homme important, qui n'est pas supérieur à l'ensemble du public.
(לט) שיענה כיהושע ב"נ - שאמר לו הקב"ה קום לך למה אתה נופל על פניך:
Qu'il soit exaucé comme Yehochoua bin Noun - à qui le Saint béni soit-Il dit : « Lève-toi ; pourquoi tombes-tu sur ton visage ? »
(מ) וכן אסור וכו' - אקדים הקדמה קצרה כדי שיתברר היטב והוא דהנה כתיב בתורה ואבן משכית לא תתנו בארצכם להשתחות עליה דהיינו אפי' כשמשתחוה לשמים על אבן משכית או על רצפת אבנים דחדא מילתא היא וכתבו הפוסקים דאין אסור מן התורה כי אם כשיש תרתי לגריעותא דהיינו כשמשתחוה בפישוט ידים ורגלים וגם על רצפת אבנים דוקא אבל דרך קידה דהיינו שנופל על אפיו על הרצפה בלא פישוט ידים ורגלים או אם הוא בפישוט ידים ורגלים שלא על רצפת אבנים אסור רק מדברי סופרים דגזרו קידה אטו השתחויה ושלא על הרצפה אטו רצפה אבל אם היה תרתי למעליותא דהיינו דרך קידה בלא רצפת אבנים לא גזרו רבנן וכן אם היה נופל דרך קידה על רצפת אבנים אך שלא היה קידה גמורה דהיינו שנטה קצת על צדו או אם היה בפישוט ידים ורגלים ושלא על הרצפה ונטה קצת על צדו דלא הוי פישוט ממש ג"כ מותר ועתה נבוא לבאר דברי הג"ה. וכן אסור לכל אדם וכו' ר"ל כמו באדם חשוב הנ"ל אסור אפי' בלא אבן משכית כן הכא אלא דשם אסור אפילו דרך קידה והכא אין אסור רק דוקא דרך פישוט ידים ורגלים:
Et de même il est interdit etc. - je fais précéder une courte introduction pour que ce soit bien clair. Il est écrit dans la Torah : « et vous ne mettrez pas de pierre sculptée dans votre pays pour vous prosterner sur elle », c'est-à-dire même quand on se prosterne vers le Ciel sur une pierre sculptée ou sur un dallage de pierre, qui sont une seule et même chose. Les décisionnaires ont écrit que l'interdiction de la Torah n'existe que s'il y a deux aggravations : se prosterner en étendant les mains et les pieds, et de plus sur un dallage de pierre précisément. Mais par voie de kidda — c'est-à-dire tomber sur son visage sur le sol sans étendre les mains et les pieds — ou bien en étendant les mains et les pieds mais pas sur un dallage de pierre, ce n'est interdit que de par les Scribes, qui ont décrété la kidda par analogie avec la prosternation, et le hors-dallage par analogie avec le dallage. Mais s'il y avait deux atténuations — voie de kidda sans dallage de pierre — les Sages n'ont pas décrété. De même s'il tombait par voie de kidda sur un dallage de pierre, mais que ce n'était pas une kidda complète, c'est-à-dire qu'il s'était un peu incliné sur le côté ; ou s'il étendait les mains et les pieds hors dallage et s'était un peu incliné sur le côté, ce n'étant pas une extension véritable : c'est aussi permis. Venons-en maintenant aux paroles de la glose. « Et de même il est interdit à tout homme etc. » : c'est-à-dire que, de même que pour l'homme important susdit c'est interdit même sans pierre sculptée, ainsi ici ; sauf que là c'est interdit même par voie de kidda, et ici ce n'est interdit que précisément par voie d'extension des mains et des pieds.
(מא) אין שם אבן משכית - או רצפת אבנים. ואם יש שם רצפת אבנים אפי' דרך קידה אסור [ודוקא כשפניו דבוקים בקרקע אבל אם שוחה בתפלה אפי' יש שם רצפה שרי] ודוקא נגד רצפת אבנים אבל רצפת לבנים אין אסורה דאבן כתיב ולבנה לאו אבן הוא כדכתיב ותהי להם הלבנה לאבן:
Il n'y a pas là de pierre sculptée - ou de dallage de pierre. S'il y a là un dallage de pierre, même par voie de kidda c'est interdit [et seulement si son visage est collé au sol ; mais s'il s'incline dans la prière, même s'il y a un dallage, c'est permis]. Et seulement face à un dallage de pierre ; mais un dallage de briques n'est pas interdit, car il est écrit « pierre », et la brique n'est pas une pierre, comme il est écrit : « et la brique leur servit de pierre ».
(מב) אם אין שם אבן משכית - אבל כשיש אבן משכית לא מהני הטיה על צדו כיון שהוא בפישוט ידים ורגלים:
S'il n'y a pas là de pierre sculptée - mais quand il y a une pierre sculptée, l'inclinaison sur le côté n'y fait rien, puisqu'il est en extension des mains et des pieds.
(מג) כשנופלין על פניהם - ר"ל כשהם נופלים דרך פישוט יו"ר שלא על הרצפה צריכים להטות על צדיהם וכן כשיש רצפה אפי' נופלים דרך קידה בעלמא צריכין להטות על צדיהם:
Quand ils tombent sur leur visage - c'est-à-dire que, lorsqu'ils tombent par voie d'extension des mains et des pieds hors dallage, ils doivent s'incliner sur le côté ; de même s'il y a un dallage, même s'ils tombent par simple voie de kidda, ils doivent s'incliner sur le côté.
(מד) אם יציעו - צ"ל או יציעו ור"ל דאז אפי' בלא הטיה על צדיהם שרי בשני האופנים אלו שציירנו:
S'ils étendent - il faut lire « ou s'ils étendent » : c'est-à-dire qu'alors, même sans s'incliner sur le côté, c'est permis dans les deux cas que nous avons décrits.