משנה ברורה

Michna Beroura — siman 135

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ordre de la lecture de la Torah le lundi et le jeudi
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Institution de la lecture publique le lundi, le jeudi et à min'ha de Chabbat ; trois appelés et dix versets ; ordre kohen, lévi, Israël ; cas d'absence, d'erreur, de jeûne et de transport du sefer Torah.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLecture de la Torah lundi, jeudi et min’ha de Chabbat — institution, 3 appelés, 10 versets, ordre kohen-lévi-Israël, erreurs, jeûne, transport du sefer
À FAIREInstitution
Moché : lecture publique Chabbat, lundi et jeudi au cha’harit (pas trois jours sans Torah). Ezra : aussi min’ha de Chabbat + 3 appelés et au moins 10 versets le lundi/jeudi
À FAIREHoraire
lekhathila commencer tôt le lundi/jeudi ; bediavad tout le jour est le temps
À FAIREOrdre des aliyot
kohen premier (« tu le sanctifieras »), puis lévi, puis Israël — pour les voies de la paix, ils ne cèdent pas à la lecture publique
À FAIRESans kohen
on va après le plus grand en sagesse et en nombre, même si un autre est plus âgé
À FAIRECompléter un Chabbat omis
on lit d’abord le seder omis, puis celui de ce Chabbat
À FAIREKohen occupé au Chema ou à la tefila
a priori on ne l’appelle pas ; indulgence entre les chapitres s’il n’y a pas d’autre kohen ; à plus forte raison aux Pessouqé Dezimra
À FAIREKohen qui ne jeûne pas
mieux qu’il quitte le beit haknesset ; s’il y a un autre kohen qui jeûne, avertir le chalia’h tsibbour suffit
À FAIREIsraël appelé par erreur à la place du kohen
s’il a dit « Baroukh ata H’ », on n’interrompt pas ; il compte dans les 7 ; pas de kohen après lui ; pas de lévi après lui
À FAIREBarkhou seul
n’est pas un commencement : le kohen reprend et dit Barkhou ; l’Israël reste debout pour ne pas avoir honte
À FAIREAprès interruption d’un Israël
on peut rappeler un kohen ou un lévi (on dit « bien qu’il soit kohen/lévi ») ; de même pour le maftir
À FAIREUsage actuel après les 7
on n’appelle kohen/lévi que dernier ou maftir (le kaddish interrompt) ; le dernier est honoré
À FAIRESim’hat Torah
trois sifré Torah : trois kohanim possibles (’hatan Torah, ’hatan Beréchit, maftir)
À FAIRECommunauté toute de kohanim
sans lévi : changer l’ordre pour la paix. Avec un lévi : kohen, lévi, Israël, puis kohanim
À FAIREPréparer une place au sefer
le déposer un jour ou deux (ou ce jour avant l’heure) à l’endroit préparé, puis lire, puis ramener
À ÉVITERAjouter des appelés lundi/jeudi
interruption du travail du peuple ; pas de haftara non plus. Même pour deux qui veulent monter ou pour baalé berit : pas l’usage
À ÉVITERAttendre le kohen en tefila
même avant de sortir le sefer, on n’attend pas — peine du public
À ÉVITERKohen après kohen / lévi après lévi
sans interruption d’Israël : tache sur le statut. Pas d’Israël à la place du lévi non plus
À ÉVITERKohen ou lévi au milieu des 7
interdit selon l’usage ; en cas d’erreur, échanger pour dernier/maftir si possible, sinon il bénit et reste
À ÉVITERAppeler un autre kohen par son nom si le premier n’est pas là
tache : on croira qu’on a appris qu’il est entaché. Exception : dernier/maftir ; fils du kohen absent ; chalia’h tsibbour kohen
À ÉVITERPorter le sefer vers des hommes
manque de respect : les hommes vont vers le sefer. Même Roch Hachana et Yom Kippour. Exception : dix prisonniers déjà là ; homme important (gadol baTorah) ; place préparée
OUIChabbat omis au cha’harit, calme à min’ha
on lit tout le seder et on appelle 7 (tout le jour du Chabbat est le temps)
OUIKohen endeuillé Chabbat, pas d’autre kohen
permis de l’appeler (pas l’air d’un deuil public) ; mieux qu’il sorte et qu’on appelle Israël et lévi
OUIUsage ancien d’offrir de l’argent pour ouvrir la Torah (Chabbat Beréchit)
la communauté suit l’usage même si le kohen ne veut pas céder
OUIParashat Zakhor (et peut-être Para)
indulgence pour prisonniers et malades — din de la Torah
NONSemaine, lecture omise tout le jour
on ne lit pas tout le seder du Chabbat passé (interruption du travail) : seulement la parasha du Chabbat à venir
NONMajorité du tsibbour a entendu ailleurs
pas à compléter dans ce beit haknesset ; si la majorité n’a rien entendu, on complète
NONJeûne : kohen ou lévi au maftir
le maftir compte dans les appelés (3e) : ils ne montent pas ; si pas d’Israël pour la haftara, d’autres la lui font lire
NONEndeuillé en semaine
n’est pas appelé (étude interdite à l’avel) ; mieux qu’il sorte
NONMinyan qui quitte le beit haknesset avec un sefer
pas correct s’ils peuvent entendre au beit haknesset
REMAKohen qui ne sait pas lire : de nos jours on l’appelle même par cœur avec le chalia’h tsibbour (voir siman 139). Plusieurs Chabbats omis : certains ne lisent que le dernier seder ; d’autres complètent tout ; le Gra penche pour le premier. Deux parashiot jointes omises : R. Moché Mintz — on ne complète pas (jamais trois sedarim) ; Eliya Rabba / Maguen Guiborim — on complète toujours. Vayé’hi–Chemot / Peqoudé–Vayiqra : certains ne joignent pas (il faudrait qu’un même homme lise la jointure dans deux sefarim). Après les 7, nouvel ordre kohen-lévi-Israël : beaucoup l’exigent pour éviter la tache ; l’usage dernier/maftir sans ordre est déjà répandu. Trois sefarim (Roch ’Hodech Tévet / Cheqalim-Ha’hodech) : pas de kohen pour achever le 1er sefer. Ville toute de kohanim + un Israël : kohen, kohen à la place du lévi, puis Israël, reste en kohanim.
Lundi/jeudi : 3 appelés, au moins 10 versets, pas d’ajout. Ordre kohen-lévi-Israël pour la paix. On ne déplace pas le sefer vers les gens. Erreurs d’appel : on protège le statut du kohen/lévi et l’honneur du public.

Glossaire

bediavad
après coup
lekhathila
a priori
anos
contraint
yochené kranot
occupants des carrefours, gens des boutiques
battoul melakha
interruption du travail
baalé berit
officiants d'une circoncision (père, sandak, mohel)
peguem / pagoum
tache, suspicion d'invalidité du statut de kohen ou de lévi
hallal
kohen déchu de la sainteté de la kehouna
kehouna
prêtrise, statut de kohen
lévia
statut de lévi
maftir
dernier appelé, qui lit aussi la haftara
haftara
lecture des Prophètes après la Torah
tira'ha detsibboura
peine imposée au public
sagane
gabbai qui appelle aux aliyot
'hatan Torah
fiancé de la Torah, appelé pour achever la Torah à Sim'hat Torah
'hatan Beréchit
fiancé de Beréchit, appelé pour rouvrir la Torah à Sim'hat Torah
shoshvinim
accompagnateurs du fiancé
parashat Zakhor
section « Souviens-toi » d'Amaleq, lue avant Pourim
parashat Para
section de la vache rousse
mamzer / mamzeret
enfant né d'une union interdite / femme de ce statut
netina
descendante des Gabaonites
téva
pupitre de la lecture
Pessouqé Dezimra
versets de louange du matin
Barkhou
appel « Bénissez » qui ouvre les bénédictions de la lecture

כתב הרמב"ם פי"ב מהלכות תפלה משה רבינו תיקן להם לישראל שיהו קורין בתורה ברבים בשבת ובשני ובחמישי בשחרית כדי שלא ישהו שלשה ימים בלא שמיעת תורה ועזרא תיקן שיהו קורין גם במנחה בכל שבת משום יושבי קרנות וגם הוא תיקן שיהו קורין בשני ובחמישי שלשה בני אדם ולא יקראו פחות מעשרה פסוקים [כי בזמן מרע"ה לא היתה התקנה דוקא שיהו קורין ג' ושיקראו עשרה פסוקים דוקא ואתא הוא ותיקן דבר זה] ובירושלמי איתא משה תיקן להם לישראל שיהיו קורין בתורה בשבתות ויו"ט ובראש חודש ובחוש"מ ומביאו הרי"ף פרק הקורא עומד וכן הוא ברמב"ם פי"ג הלכה ח': (א) בשני ובחמישי - בשחרית ואף דבדיעבד כל היום זמנה מכל מקום לכתחלה מצוה להקדים:

Le Rambam a écrit au chapitre 12 des lois de la tefila : Moché notre maître a institué pour Israël qu'on lise la Torah en public le Chabbat, le lundi et le jeudi au chaharit, afin qu'on ne reste pas trois jours sans entendre la Torah. Ezra a institué qu'on lise aussi à min'ha chaque Chabbat, à cause des occupants des carrefours. Il a aussi institué qu'on appelle le lundi et le jeudi trois hommes, et qu'on ne lise pas moins de dix versets [car du temps de Moché notre maître, l'institution n'exigeait pas précisément trois lecteurs ni précisément dix versets ; c'est lui qui a fixé cela]. Dans le Talmud de Jérusalem, il est dit que Moché a institué pour Israël qu'on lise la Torah les Chabbats, les Yom Tov, à Roch 'Hodech et aux 'Hol Hamoed ; le Rif le rapporte au chapitre « Haqoré omed », et il en est de même dans le Rambam, chapitre 13, loi 8. Le lundi et le jeudi — au chaharit. Même si, bediavad (après coup), tout le jour en est le temps, néanmoins lekhathila (a priori) c'est une mitsva de commencer tôt.

(ב) ואין מוסיפין עליהם - משום בטול מלאכה לעם וגם אין מפטירין מטעם זה:

On n'ajoute pas d'appelés — à cause de l'interruption du travail du peuple. Pour la même raison, on ne lit pas non plus de haftara.

(ג) מותר להוסיף - כדי שיוכלו שניהם לעלות לתורה ולדינא כתבו האחרונים דאין נוהגין כן וכ"ש דלענין בעלי ברית בודאי אין לנהוג כן:

Il est permis d'ajouter — afin que les deux puissent monter à la Torah. Mais en pratique, les A'haronim ont écrit qu'on n'en a pas l'usage ; à plus forte raison, pour les baalé berit, on ne doit certainement pas le faire.

(ד) במנחה ובשני וחמישי - ואם טעו וקראו להשלשה קרואים בפרשה ראשונה של סדר שבוע העבר או של שבוע הבא לאחר שבוע זה אם הוא מעכב בדיעבד או לא עיין בפתחי תשובה שהביא דעות האחרונים בזה:

À min'ha, le lundi et le jeudi — Si l'on s'est trompé et qu'on a lu pour les trois appelés la première parasha du seder de la semaine précédente, ou celle de la semaine suivante après celle-ci : cela fait-il obstacle après coup, ou non ? Voir les Pité'hé Techouva, qui rapportent les avis des A'haronim à ce sujet.

(ה) אם בטלו וכו' - מחמת קטטה וכדומה ומיירי שלא קראו כל היום אבל אם בטלו רק בשחרית הקריאה ובמנחה כבר מצאו מנוחה אם יש פנאי לקרות כל הסדרה יקראו במנחה כל הסדרה ויקראו שבעה גברי כי כל יום השבת הוא זמן הקריאה אבל אם גם במנחה לא היה מנוחה לא יקראו בשני או בחמישי כל הסדרה משבת העבר כי בחול יש בטול מלאכה לעם אלא יקראו רק הפרשה מן הסדר של שבת הבא ולא מן שבת העבר [דגמ"ר ע"ש מילתא בטעמא]:

Si l'on a omis, etc. — à cause d'une querelle ou similaire. Il s'agit du cas où l'on n'a pas lu de tout le jour. Mais si l'on a seulement omis la lecture du chaharit et qu'à min'ha on a déjà trouvé le calme : s'il y a le loisir de lire tout le seder, on lira à min'ha tout le seder et on appellera sept hommes, car tout le jour du Chabbat est le temps de la lecture. En revanche, si même à min'ha il n'y a pas eu de calme, on ne lira pas le lundi ou le jeudi tout le seder du Chabbat passé, car en semaine il y a interruption du travail du peuple ; on ne lira que la parasha tirée du seder du Chabbat à venir, et non de celui du Chabbat passé [voir le Dagul Mervavah, là-bas, qui en donne la raison].

(ו) שבת אחת - ואם בטלו כמה שבתות י"א דאין לקרות בשבת הבאה כ"א הסדרה האחרונה הסמוכה לזו וי"א דצריך להשלים בצבור כל הסדרות שביטלו ומביאור הגר"א משמע דס"ל כהדעה הראשונה:

Un seul Chabbat — Si l'on a omis plusieurs Chabbats, certains disent qu'on ne lit le Chabbat suivant que le dernier seder, celui qui jouxte celui-ci ; d'autres disent qu'il faut compléter en public tous les sedarim omis. Du commentaire du Gra, il ressort qu'il tient le premier avis.

(ז) קריאת הפרשה וכו' - ואם היו שתי פרשיות מחוברין באותו שבת שבטלו דעת הר"מ מינץ דאין משלימין אותם כלל דלא מצינו לעולם שקורין ג' סדרות בשבת אחת ולקרות פרשה אחת מהן נמי לא אמרינן דאין תקנה לחצאין וה"ה אם בשבת זו היו שתי פרשיות מחוברות נמי אין משלימין הפרשה משבת שעבר מטעם הנ"ל ובהגהת מנהגים חולק על כל זה וכן הסכים בא"ר דלעולם צריך להשלים מה שביטלו משבת העבר וכן נוטה דעת ספר מגן גבורים. י"א דאם בטלו פרשת ויחי אין לקרותו עם פ' שמות כי כשקורין ב' סדרות צריך לקרותו חד גברא מסוף סדרא ראשונה לתחלת סדרא שניה כדי שיהיו מחוברין וזה אין נכון לעשותו בשני ספרים וה"ה בפקודי ויקרא וכדומה ויש חולקין וס"ל דלעולם משלימין וכתב בשלחן עצי שטים דהנוהג כן אין מוחין בידו. כתב בספר שערי אפרים אם בטלו הקריאה בביהכ"נ אחת ורוב הצבור מביהכ"נ זה שמעו קרה"ת בביהכ"נ אחרת א"צ להשלים אבל אם רוב הצבור לא שמעו כלל אע"פ שיש שם בתי כנסיות אחרות שקראו שמה כדין מ"מ אותן שלא שמעו הקריאה והם רוב הצבור של ביהכ"נ זה צריכין להשלים הקריאה:

La lecture de la parasha, etc. — Si deux parashiot étaient jointes ce Chabbat-là qu'on a omis, l'avis de Rabbi Moché Mintz est qu'on ne les complète pas du tout : on n'a jamais vu qu'on lise trois sedarim en un seul Chabbat ; et lire une seule des deux, on ne le dit pas non plus, car il n'y a pas de réparation à moitié. De même, si en ce Chabbat-ci deux parashiot sont jointes, on ne complète pas non plus la parasha du Chabbat passé, pour la même raison. Les Hagaot Minhaguim contestent tout cela, et l'Elia Rabba est du même avis : il faut toujours compléter ce qu'on a omis du Chabbat passé ; le Maguen Guibborim penche aussi de ce côté. Certains disent : si l'on a omis parashat Vayé'hi, on ne la lit pas avec parashat Chemot, car lorsqu'on lit deux sedarim, un même homme doit lire de la fin du premier seder au début du second afin qu'ils soient joints, et cela n'est pas correct à faire dans deux sifré Torah. Il en va de même pour Peqoudé-Vayiqra et analogues. D'autres contestent et tiennent qu'on complète toujours ; le Choul'han Atsé Chitim écrit que celui qui a cet usage, on ne le réprimande pas. Le Séfer Chaaré Éfraïm écrit : si l'on a omis la lecture dans un beit haknesset et que la majorité du tsibbour de ce beit haknesset a entendu la lecture de la Torah dans un autre, on n'a pas à compléter ; mais si la majorité du tsibbour n'a rien entendu du tout, même s'il y a d'autres batei knesset où l'on a lu comme il se doit, ceux qui n'ont pas entendu la lecture — et qui sont la majorité du tsibbour de ce beit haknesset — doivent compléter la lecture.

(ח) קורין אותה פרשה - והיינו שיקראו כסדר הכתובות בתורה מתחלה של שבת העבר ואח"כ של שבת זו [שם באו"ז] והטעם כתב שם כי מימות מרע"ה נתקן לקרות התורה בפרשיותיה ולהשלימה וכו' כדי להשלימה לעם מצות וחקים:

On lit cette parasha — c'est-à-dire qu'on lira dans l'ordre écrit dans la Torah : d'abord celle du Chabbat passé, puis celle de ce Chabbat [là-bas dans l'Or Zaroua]. La raison, écrit-il là, est que depuis les jours de Moché notre maître on a institué de lire la Torah par ses parashiot et de l'achever, etc., afin d'accomplir pour le peuple les mitsvot et les lois.

(ט) כהן קורא בתורה ראשון - דכתיב וקדשתו וקבלו חז"ל שר"ל לכל דבר שבקדושה לפתוח ראשון ולברך ראשון וליטול מנה יפה ראשון ומ"מ אם רצה הכהן לחלוק כבוד לרבו או למי שגדול ממנו הרשות בידו אבל לענין לקרות בתורה בביהכ"נ תקנו חז"ל מפני דרכי שלום שאין הכהן והלוי יכולין למחול אלא דוקא כהן קורא ראשון ואחריו לוי ואחריו ישראל כדי שלא יבוא הדבר לידי מחלוקת שכ"א יאמר אני גדול ואקרא ראשון. ואין חילוק בין שבת ויו"ט לשני וחמישי ושאר זמנים שקוראין בהן [פמ"ג]. אם אין כהן בביהכ"נ הולכין אחר הגדול בחכמה ומנין אע"פ שהאחר גדול בשנים [מ"א בסק"ז]:

Le kohen lit dans la Torah le premier — car il est écrit « tu le sanctifieras », et 'Hazal ont reçu que cela signifie : pour toute chose de sainteté, ouvrir le premier, bénir le premier et prendre la belle part le premier. Néanmoins, si le kohen veut céder l'honneur à son maître ou à quelqu'un plus grand que lui, il en a le droit. Mais pour la lecture de la Torah au beit haknesset, 'Hazal ont institué, à cause des voies de la paix, que le kohen et le lévi ne peuvent pas céder : c'est précisément le kohen qui lit le premier, après lui le lévi, après lui un Israël, afin que la chose n'en vienne pas à la dispute, chacun disant « je suis plus grand et je lirai le premier ». Il n'y a pas de différence entre Chabbat et Yom Tov d'une part, et le lundi, le jeudi et les autres temps où l'on lit, d'autre part [Peri Meguadim]. S'il n'y a pas de kohen au beit haknesset, on va après le plus grand en sagesse et en nombre, même si l'autre est plus grand en années [Magen Avraham, seif qatan 7].

(י) ואחריו לוי - ואסמכינהו אקרא דכתיב ויתנה אל הכהנים בני לוי וגו' אטו אנן לא ידעינן דכהנים בני לוי נינהו אלא לאשמועינן דמתחלה כהנים והדר בני לוי:

Et après lui le lévi — on l'appuie sur le verset : « il la donna aux kohanim, fils de Lévi, etc. » Pense-t-on que nous ne savions pas que les kohanim sont fils de Lévi ? C'est pour nous enseigner : d'abord les kohanim, puis les fils de Lévi.

(יא) המנהג הפשוט - ר"ל אף דהרבה ראשונים סוברין דלא נעשה תקנה זו להקדים עם הארץ לפני החכם מ"מ המנהג כהפוסקים שסוברין דלענין קריאת התורה בביהכ"נ מפני דרכי שלום לא חילקו בזה:

L'usage répandu — c'est-à-dire : bien que beaucoup de Rishonim tiennent que cette institution n'a pas été faite pour faire passer un ignorant avant le sage, néanmoins l'usage suit les décisionnaires qui tiennent que, pour la lecture de la Torah au beit haknesset, à cause des voies de la paix, on n'a pas distingué à ce sujet.

(יב) לפני חכם גדול - ואין כאן בזיון לכבוד התורה דכיון שכן המנהג אין כאן בזוי:

Avant un grand sage — et il n'y a pas là d'abaissement de l'honneur de la Torah, car puisque tel est l'usage, il n'y a pas d'abaissement.

(יג) יודע לקרות - מתוך הכתב כדלקמן סימן קל"ט ס"ב:

Qui sait lire — d'après l'écrit, comme plus bas au siman 139 seif 2.

(יד) סגי בכך - והיינו דוקא בשאין שם כהן אחר זולתו שיוכל לקרות בעצמו כמבואר שם:

Cela suffit — et cela uniquement s'il n'y a pas là d'autre kohen que lui qui puisse lire lui-même, comme exposé là-bas.

(טו) שאם אינו יודע וכו' - וכהיום נוהגין לקרותו אע"פ שאינו יודע לקרות עם הש"ץ מתוך הכתב כ"א בע"פ וגם בזה לא נהגו לדקדק היטב ותלינן דמסתמא יכול לקרוא עם הש"ץ עכ"פ בע"פ ועיין לקמן בסימן קל"ט ס"ד מה שנכתוב שם:

Que s'il ne sait pas, etc. — De nos jours, on a l'usage de l'appeler même s'il ne sait pas lire avec le chalia'h tsibbour d'après l'écrit, mais seulement par cœur ; et même là-dessus, on n'a pas l'usage d'être très pointilleux : on présume qu'il peut du moins lire avec le chalia'h tsibbour par cœur. Voir plus bas au siman 139 seif 4 ce que nous y écrirons.

(טז) אם הס"ת פתוח - ה"ה אפילו עדיין לא הוציאו הס"ת ג"כ אין ממתינין מלהוציא הס"ת עד שיגמור הכהן תפלתו משום טרחא דצבורא:

Si le sefer Torah est ouvert — de même, même si l'on n'a pas encore sorti le sefer Torah, on n'attend pas non plus de le sortir jusqu'à ce que le kohen ait fini sa tefila, à cause de la peine imposée au public.

(יז) אינו רשאי - ואפילו לדעה הראשונה בסימן ס"ו ס"ד שמפסיק היינו כשקראוהו ומפני כבוד התורה אבל לכתחלה אין לקרותו ומשום פגמא דכהן (שיאמרו עליו שאינו כהן) ליכא למיחש שהרי הכל רואין שהוא עסוק בק"ש ותפלה והסכימו האחרונים דלאו דוקא שמע דה"ה כשעוסק בברכות של ק"ש ועיין לעיל בסימן ס"ו סקכ"ו שהכרענו דיש להקל לקרותו לכתחלה כשהוא עומד בין הפרקים ואין שם כהן אחר וכ"ש כשהוא עוסק בפסוקי דזמרה:

Il n'a pas le droit — Même selon le premier avis du siman 66 seif 4, qui permet d'interrompre, cela n'est que lorsqu'on l'a déjà appelé, et à cause de l'honneur de la Torah ; mais a priori on ne l'appelle pas. Quant à une tache sur le statut du kohen (qu'on dise de lui qu'il n'est pas kohen), il n'y a pas à craindre, car tous voient qu'il est occupé au Chema et à la tefila. Les A'haronim sont d'accord que ce n'est pas seulement le Chema : il en va de même lorsqu'il est occupé aux bénédictions du Chema. Voir plus haut au siman 66 seif qatan 26, où nous avons tranché qu'il y a lieu d'être indulgent et de l'appeler a priori lorsqu'il se trouve entre les chapitres et qu'il n'y a pas d'autre kohen ; à plus forte raison lorsqu'il est occupé aux Pessouqé Dezimra.

(יח) וטוב שילך הכהן - היינו דמדינא אפילו לא יצא ג"כ יוכל לקרוא לישראל במקומו כיון שהוא אינו יכול לעלות רק דלכתחלה טוב יותר שילך מביהכ"נ דשמא איכא פגמא משום שאין הכל יודעין שהוא אינו מתענה. ואם יש כהן אחר בביהכ"נ שמתענה א"צ לכו"ע לילך מביהכ"נ רק להודיע לש"ץ שלא יקראוהו. קהל שהיו נוהגים מקדם שבשבת בראשית היה אחד מהקהל מתנדב מעות לצורך ביהכ"נ כדי שיקרא ראשון בהתחלת התורה והכהן אינו רוצה למחול אין חוששין לדבריו ויעשו הקהל כמנהגם מאחר שמנהג קדום הוא שנתקן לכבוד התורה [מהרי"ק שורש ט' עי"ש שמאריך בשבח המנהג הזה] ועיין בכנה"ג ופר"ח שהסכימו שאפילו אינו רוצה לצאת מביהכ"נ אעפ"כ אין חוששין לזה וקורין לישראל המתנדב. והיינו דוקא בנידון כזה שהיה מנהג קדום ומוסכם לכל שנעשה גם ברשות הכהנים שהיה מנהגם מעולם לצאת בעת שקוראין להישראל משום עילוי וכבוד התורה שמתנדבין דמים יקרים בעד קריאת פתיחתה משא"כ בעיר שרצו לעשות מנהג קבוע למכור המצות שלא ברשות הכהנים ועל הכהנים שיצאו בשעה שקורין בתורה שאין הרשות בידם [תשובת חתם סופר סימן כ"ד וכ"כ בתשובת שיבת ציון]:

Il est bon que le kohen s'en aille — c'est-à-dire qu'en droit, même s'il n'est pas sorti, on peut aussi appeler un Israël à sa place, puisqu'il ne peut pas monter ; seulement, a priori, il est mieux qu'il quitte le beit haknesset, de peur qu'il y ait une tache sur son statut, car tous ne savent pas qu'il ne jeûne pas. S'il y a un autre kohen dans le beit haknesset qui jeûne, il n'a besoin, de l'avis de tous, que d'avertir le chalia'h tsibbour de ne pas l'appeler, sans quitter le beit haknesset. Une communauté qui avait jadis l'usage, le Chabbat Beréchit, qu'un des membres offre de l'argent pour les besoins du beit haknesset afin d'être appelé le premier à l'ouverture de la Torah, et que le kohen ne veut pas céder : on n'écoute pas ses paroles et la communauté fait selon son usage, puisque c'est un usage ancien institué pour l'honneur de la Torah [Mahariq, racine 9 ; voir là-bas qui s'étend à la louange de cet usage]. Voir le Kenesset Haguédola et le Peri 'Hadach, qui sont d'accord que même s'il ne veut pas sortir du beit haknesset, on n'en tient pas compte et l'on appelle l'Israël qui a fait le don. Cela uniquement dans un tel cas, où il y avait un usage ancien et accepté de tous, fait aussi avec l'assentiment des kohanim, dont l'usage de toujours était de sortir au moment où l'on appelle l'Israël, à cause de l'élévation et de l'honneur de la Torah, pour lesquels on offre des sommes précieuses pour la lecture de son ouverture. Il n'en va pas de même dans une ville où l'on a voulu instituer un usage fixe de vendre les mitsvot sans l'assentiment des kohanim, et d'obliger les kohanim à sortir à l'heure de la lecture de la Torah : cela n'est pas en leur pouvoir [responsum 'Hatam Sofer siman 24 ; de même dans la responsum Chivat Tsion].

(יט) אחר שהתחיל וכו' - היינו שאמר ברוך אתה ה':

Après qu'il a commencé, etc. — c'est-à-dire qu'il a dit « Baroukh ata ה' ».

(כ) אינו פוסק - כדי שלא תהיה ברכה לבטלה ועוד דלא נחשב פגם להכהן דיתלו שלא היו שם בשעה שקראו להישראל או שמא שגגה היא שסברו שאינו שם. ומסתברא דעולה הישראל למנין ז' וא"צ לקרות הכהן אחריו ואפילו אם היה הכהן בביהכ"נ בשעה שקראו הישראל והם טעו וסברו שאינו שם וקראו לישראל ג"כ עולה למנין ז' ואחר הישראל לא יעלה הכהן דיש לחוש לפגמו שיאמרו שאינו כהן מדקרא אחר ישראל:

Il n'interrompt pas — afin qu'il n'y ait pas de bénédiction dite en vain ; et encore, on ne considère pas cela comme une tache pour le kohen, car on pensera qu'ils n'étaient pas là au moment où l'on a appelé l'Israël, ou que c'est une méprise, croyant qu'il n'était pas là. Il est raisonnable que l'Israël compte dans le nombre des sept, et qu'on n'ait pas à appeler le kohen après lui. Même si le kohen était au beit haknesset au moment où l'on a appelé l'Israël, et qu'ils se sont trompés en croyant qu'il n'était pas là et ont appelé un Israël, celui-ci compte aussi dans le nombre des sept, et après l'Israël on n'appellera pas le kohen, de peur d'une tache sur son statut : on dirait qu'il n'est pas kohen, puisqu'il a lu après un Israël.

(כא) לא הוי התחלה - דאין זה לבטלה דהרי ענו הקהל ביהל"ו [הגר"א] ואפ"ה חוזר הכהן ואומר ברכו [א"ר]:

Ce n'est pas un commencement — car ce n'est pas en vain : le qahal a répondu « Baroukh ה' hamévorakh léolam vaed » [le Gra]. Néanmoins, le kohen reprend et dit « Barkhou » [Elia Rabba].

(כב) ועומד הישראל - כדי שלא יתבייש:

Et l'Israël reste debout — afin qu'il n'ait pas honte.

(כג) ולא יעלה אחריו לוי - דכיון דישראל קראו לפניו אם יעלה אחריו לוי יאמרו שהראשון כהן היה ואף שאמר במקום כהן כשקראוהו וכדלקמיה אפ"ה חיישינן מפני הנכנסים אח"כ שלא שמעו כשקראוהו [פרישה]:

Et un lévi ne montera pas après lui — car puisque c'est un Israël qu'on a appelé avant lui, si un lévi monte après lui, on dira que le premier était kohen. Même s'il a dit « à la place du kohen » lorsqu'on l'a appelé, comme plus bas, néanmoins on craint à cause de ceux qui entreront ensuite et n'auront pas entendu lorsqu'on l'a appelé [Pricha].

(כד) יוכל לעלות - דלא גרע מישראל ודוקא כשאין הישראל גדול מהלוי דאל"ה יקראוהו ראשון ושוב לא יקראו ללוי כלל [אחרונים]. ולענין לקרות ללוי שלישי או רביעי במקום שקראו לישראל במקום כהן י"א דמותר ויש אוסרין ולפי המבואר לקמן בסוף סעיף י' במ"א בשם הלבוש דבמדינות אלו אין נוהגין לקרות לכהן או ללוי רק לאחרון או למפטיר אין נפקא מינה בזה:

Il pourra monter — car il n'est pas moindre qu'un Israël. Et uniquement si l'Israël n'est pas plus grand que le lévi ; sinon, on l'appellera le premier et l'on n'appellera plus du tout le lévi [A'haronim]. Quant à appeler un lévi en troisième ou quatrième là où l'on a appelé un Israël à la place du kohen, certains le permettent et d'autres l'interdisent. D'après ce qui est exposé plus bas à la fin du seif 10, dans le Magen Avraham au nom du Levouch : dans ces pays, on n'a pas l'usage d'appeler un kohen ou un lévi sinon en dernier ou pour le maftir ; cela n'a donc pas d'incidence.

(כה) וכשקורין אותו - היינו בין כשקוראין ישראל במקום כהן או לוי:

Et lorsqu'on l'appelle — c'est-à-dire aussi bien lorsqu'on appelle un Israël à la place du kohen que du lévi.

(כו) והתחיל לברך - היינו ג"כ שאמר ברוך אתה ה' אבל ברכו לבד לא הוי התחלה ועולה הלוי לברך ולקרות וכאן אין צריך הכהן להמתין לקרות אח"כ דהלא כבר קרא מתחלה [אחרונים]:

Et il a commencé à bénir — c'est-à-dire aussi qu'il a dit « Baroukh ata ה' » ; mais « Barkhou » seul n'est pas un commencement, et le lévi monte pour bénir et lire. Ici, le kohen n'a pas à attendre pour lire ensuite, puisqu'il a déjà lu au début [A'haronim].

(כז) אין מפסיקין אותו - הטעם כנ"ל:

On ne l'interrompt pas — la raison est comme plus haut.

(כח) אבל לא כהן אחר - וה"ה שלא יקרא ישראל במקום לוי כדי שלא יאמרו על הראשון שאינו כהן או שהוא פגום מדלא קרא אחריו לוי וגם שיטעו על הישראל הזה שהוא לוי:

Mais pas un autre kohen — de même, on n'appellera pas un Israël à la place du lévi, afin qu'on ne dise pas du premier qu'il n'est pas kohen, ou qu'il est entaché, puisqu'un lévi n'a pas lu après lui ; et aussi pour qu'on ne se trompe pas sur cet Israël en le prenant pour un lévi.

(כט) שהראשון פגום - והא דלא קאמר שאחד מהם פגום וכדלקמן בס"ט משום דמיירי כאן אפילו היכא דמוחזק לן באביהם של שניהם שהם כהנים ומ"מ בראשון איכא לתלות שנתודע אחר שקראוהו דאבוה נסיב גרושה או שמא זנתה בסתר ונתחלל אח"כ זרעו מדין קדושת כהונה ולכך קראו שוב לכהן אחר אבל בשני ליכא למיטעי בזה דאי חלל הוא אף במקום לוי לא היה לן לקרותו כתבו האחרונים דאף בתענית כשאין הלוי מתענה יברך הכהן במקום לוי ולא יקראו לישראל:

Que le premier est entaché — Pourquoi n'a-t-il pas dit « que l'un d'eux est entaché », comme plus bas au seif 9 ? Parce qu'ici il s'agit même du cas où nous tenons pour établi, au sujet du père des deux, qu'ils sont kohanim. Néanmoins, pour le premier, on peut supposer qu'après qu'on l'a appelé on a appris que son père a épousé une divorcée, ou que peut-être elle a forniqué en secret et que sa descendance a ensuite été profanée de la sainteté de la kehouna ; c'est pourquoi on a de nouveau appelé un autre kohen. Mais pour le second, on ne peut pas se tromper ainsi : s'il était hallal, on n'aurait pas dû l'appeler même à la place du lévi. Les A'haronim ont écrit : même un jour de jeûne, si le lévi ne jeûne pas, le kohen bénira à la place du lévi, et l'on n'appellera pas un Israël.

(ל) שאחד מהם פגום - אע"פ שיודעים שאביהם לוי איכא למיחש שאביהם נסיב ממזרת או נתינה ופסליה לזרעיה מקדושת לויה ואף שהוא ממזר מ"מ קורא בתורה כשאר ישראל:

Que l'un d'eux est entaché — même si l'on sait que leur père est lévi, on peut craindre que leur père ait épousé une mamzeret ou une netina et ait disqualifié sa descendance de la sainteté de la lévia. Même s'il est mamzer, il lit néanmoins dans la Torah comme les autres Israël.

(לא) בהפסק ישראל - פי' שקרא מתחלה כל הסדר כתקנת חכמים כהן לוי וישראל אז מותר לחזור ולקרוא כהן [וה"ה דאם אין שם לוי וקרא הכהן פעמים ואח"כ ישראל נמי מותר לחזור ולקרוא כהן]. וכן מותר לקרוא שם לוי בכל עליות שירצו וכ"ש לאחרון או למפטיר והטעם דליכא למיחש כאן לפגמו של ראשון בזה דאי הוי פגום מיד היו מרננין אחריו והיו מודיעין אותו לחזן והיו קוראין אחר במקומו ולא היו ממתינין עד אחר קריאת ישראל ולפגמו של שני נמי ליכא למיחש שיאמרו על הכהן או הלוי שהם חללים דהא אומרים אע"פ שהוא כהן וכן בלוי שהוא לוי:

Avec interruption d'un Israël — c'est-à-dire qu'on a d'abord lu tout le seder selon l'institution des Sages : kohen, lévi et Israël ; alors il est permis de revenir appeler un kohen [de même, s'il n'y a pas de lévi et que le kohen a lu deux fois, puis un Israël, il est aussi permis de revenir appeler un kohen]. De même, il est permis d'appeler là un lévi à toutes les aliyot que l'on voudra, et à plus forte raison en dernier ou pour le maftir. La raison : on n'a pas ici à craindre une tache sur le statut du premier, car s'il était entaché, on eût aussitôt murmuré contre lui, on l'eût fait savoir au 'hazan, et l'on eût appelé un autre à sa place, sans attendre après la lecture d'un Israël. Quant à une tache sur le statut du second, on n'a pas non plus à craindre qu'on dise du kohen ou du lévi qu'ils sont hallalim, puisqu'on dit « bien qu'il soit kohen », et de même pour le lévi « bien qu'il soit lévi ».

(לב) וכיוצא בזה נוהגים וכו' - ר"ל אע"ג דאמרינן בס"ט דלוי אחר לוי לא יקרא הכא כיון שהפסיק ישראל בינתים וגם אומר אע"פ שהוא לוי ליכא שום חששא וכנ"ל:

Et de même on a l'usage, etc. — c'est-à-dire : bien que nous disions au seif 9 qu'un lévi après un lévi ne lira pas, ici, puisque un Israël a interrompu entre eux et qu'on dit aussi « bien qu'il soit lévi », il n'y a aucune crainte, comme plus haut.

(לג) למפטיר בכי האי גוונא - ר"ל שיזכור ג"כ שהוא כהן או לוי:

Pour le maftir dans un tel cas — c'est-à-dire qu'on mentionnera aussi qu'il est kohen ou lévi.

(לד) כהן או לוי וכו' - וה"ה אפילו אם ירצה לעשות סדר חדש דהיינו כהן לוי וישראל ג"כ אסור לשיטה זו כיון שהוא בתוך ז' קרואים. כתבו הפוסקים דבתענית לא יעלה כהן או לוי למפטיר שהוא ממנין הקרואים שהמפטיר הוא השלישי ואם אין שם ישראל היודע להפטיר מקרין אחרים אותו:

Un kohen ou un lévi, etc. — de même, même s'il veut faire un ordre nouveau, c'est-à-dire kohen, lévi et Israël, c'est aussi interdit selon cet avis, puisqu'on est encore dans les sept appelés. Les décisionnaires ont écrit : un jour de jeûne, un kohen ou un lévi ne montera pas pour le maftir, qui fait partie du nombre des appelés, le maftir étant le troisième. S'il n'y a pas d'Israël qui sache faire la haftara, d'autres la lui font lire.

(לה) למנין שבעה - וה"ה ביו"ט לחמישי. ובדיעבד אם טעו וקראו לכהן או ללוי באמצע מנין הקרואים אם אפשר להחליף במפטיר או באחרון ימתין בתיבה ויקראו אחר במקומו והוא יעלה לאחרון או למפטיר ואם א"א כיון שעלה לא ירד ויברך וכמו שמסיים הרמ"א דבמקום צורך ודחק יש לסמוך אסברא ראשונה [אחרונים]:

Dans le nombre des sept — de même à Yom Tov, dans le nombre des cinq. Après coup, si l'on s'est trompé et qu'on a appelé un kohen ou un lévi au milieu du nombre des appelés : s'il est possible de l'échanger pour le maftir ou le dernier, il attendra à la téva et l'on appellera un autre à sa place, et lui montera en dernier ou pour le maftir. Si c'est impossible, puisqu'il est monté, il ne descendra pas et bénira, comme le Rema le conclut : en cas de besoin et de gêne, on peut s'appuyer sur le premier raisonnement [A'haronim].

(לו) וכן נוהגין וכו' - ובלבוש כתב דכהיום אפילו לאחר שבעה קרואים אין אנו נוהגין לקרותן אלא לאחרון שבהם וכן למפטיר וכן העתיקו שארי אחרונים והטעם איתא בלבוש דלא חיישינן באחרון לפגם כי אדרבה בדורות הללו מחשבין אחרון חשיב מכולם לפי שהוא מסיים הפרשה ולגדול שבצבור קורין לאחרון ואע"פ שקוראין לאחריו המפטיר הרי מפסיקין בינו ובין המפטיר בקדיש וגם במפטיר אין מקפידין אם הוא כהן [דהוי כתחלת קריאה וכדלקמיה] ואפילו אם האחרון היה ג"כ כהן אין חוששין משום כהן אחר כהן כיון שהקדיש מפסיק ביניהן עכ"ל הלבוש ומ"מ במקום צורך כגון שיש ב' חתנים ושושבינים ולכל אחד מהן יש כהנים ולוים חולקין את הפרשה לשנים מתחלה קורין ז' גברי לאחד ואח"כ קורין לחתן השני ושושביניו. כתבו האחרונים דבשמחת תורה שמוציאין שלשה ס"ת יכולין להיות שלשה כהנים אחד חתן תורה ואחד חתן בראשית ואחד מפטיר כיון שכ"א קורא בספר אחר אבל בר"ח טבת שחל בשבת שיש ג"כ שלשה ספרים אז בספר הראשון שקורין בו פרשת השבוע אין לקרות לכהן לבסוף אף אם הוסיפו וקראו בו יותר משבעה לפי שעדיין אין משלימין הקריאה בספר הזה והמשלים הוא בספר השני שקורין בו פרשת ר"ח רק בספר השני שבו משלים האחרון ובספר שלאחריו שקורין בשל חנוכה למפטיר רשאים לקרות לכהן להיות אחרון וגם כהן למפטיר וכן בשבת של פרשת שקלים או של פרשת החודש שחל בר"ח שיש ג"כ שלשה ספרים אין לקרות כהן להשלים הקריאה בספר הראשון רק בשני ספרים האחרונים רשאים לקרות כהנים לאחרון ולמפטיר כמו שכתבתי [שערי אפרים וע"ש בפתחי שערים מה שהביא עוד בשם הפמ"ג לענין חוה"מ של סוכות ותמה עליו]:

Et tel est l'usage, etc. — Le Levouch a écrit qu'aujourd'hui, même après les sept appelés, nous n'avons pas l'usage de les appeler, sinon le dernier d'entre eux, ainsi que pour le maftir ; les autres A'haronim l'ont recopié. La raison se trouve dans le Levouch : on ne craint pas, pour le dernier, une tache, car au contraire, dans ces générations, on considère le dernier comme le plus honorable de tous, puisqu'il achève la parasha, et c'est au plus grand de la communauté qu'on réserve le dernier. Bien qu'on appelle après lui le maftir, on interrompt entre lui et le maftir par un kaddish ; et pour le maftir non plus, on n'est pas pointilleux s'il est kohen [cela est comme un commencement de lecture, comme plus bas]. Même si le dernier était aussi kohen, on ne craint pas « un kohen après un kohen », puisque le kaddish interrompt entre eux, fin de citation du Levouch. Néanmoins, en cas de besoin, par exemple s'il y a deux fiancés et des shoshvinim, et que chacun d'eux a des kohanim et des léviim, on partage la parasha en deux : d'abord on appelle sept hommes pour l'un, puis on appelle le second fiancé et ses shoshvinim. Les A'haronim ont écrit : à Sim'hat Torah, où l'on sort trois sifré Torah, il peut y avoir trois kohanim — l'un 'hatan Torah, l'un 'hatan Beréchit et l'un maftir — puisque chacun lit dans un autre sefer. Mais à Roch 'Hodech Tévet qui tombe un Chabbat, où il y a aussi trois sefarim : dans le premier sefer, où l'on lit la parasha de la semaine, on n'appellera pas un kohen à la fin, même si l'on a ajouté et qu'on y a appelé plus de sept, car on n'achève pas encore la lecture dans ce sefer, et celui qui achève est dans le second sefer, où l'on lit la parasha de Roch 'Hodech. Seulement dans le second sefer, où le dernier achève, et dans le sefer suivant, où l'on lit celle de 'Hanouka pour le maftir, on peut appeler un kohen comme dernier et aussi un kohen pour le maftir. De même, un Chabbat de parashat Cheqalim ou de parashat Ha'hodech qui tombe à Roch 'Hodech, où il y a aussi trois sefarim : on n'appellera pas un kohen pour achever la lecture dans le premier sefer ; seulement dans les deux derniers sefarim on peut appeler des kohanim comme dernier et pour le maftir, comme je l'ai écrit [Chaaré Éfraïm ; et voir là-bas dans les Pité'hé Chearim ce qu'il rapporte encore au nom du Peri Meguadim au sujet du 'Hol Hamoed de Soukkot, et il s'en étonne].

(לז) במקום צורך ודחק וכו' - כגון בשמחת תורה וכה"ג יש לסמוך דמיד שקרא ג' קרואים הראשונים כהן לוי וישראל מותר לקרות אח"כ כהן או לוי וכמ"ש לעיל בדעת המחבר. ודע דאפילו אם נסמוך אסברא ראשונה מ"מ יש הרבה ראשונים ואחרונים שסוברין שאין להקל לקרות כהן ולוי בעלמא אלא א"כ יעשו סדר חדש דהיינו כהן ולוי וישראל דבזה אין לחוש לפגמא כלל שיאמרו עליו שאינו כהן שהרי קורין אחריו לוי אבל בלא סדר אין לקרוא כהן או לוי משום פגמא [ולפי סברא זו אפילו לאחרון או למפטיר אין לקרוא כהן ולוי אלא שבזה כבר נהגו העולם להקל וכן סתמו האחרונים. וכמש"כ הלבוש בטעמו של דבר וכנ"ל] וע"כ מן הנכון ליזהר בזה לקרותם דוקא על הסדר ואפילו כשקורין אותם לאחר ז' קרואים:

En cas de besoin et de gêne, etc. — par exemple à Sim'hat Torah et analogues, on peut s'appuyer sur ceci : dès qu'on a appelé les trois premiers — kohen, lévi et Israël — il est permis d'appeler ensuite un kohen ou un lévi, comme plus haut selon l'avis du Mé'haber. Sache que même si l'on s'appuie sur le premier raisonnement, néanmoins beaucoup de Rishonim et d'A'haronim tiennent qu'on ne doit pas être indulgent pour appeler un kohen et un lévi en général, à moins qu'on fasse un ordre nouveau, c'est-à-dire kohen, lévi et Israël : en cela, on n'a nulle crainte d'une tache, qu'on dise de lui qu'il n'est pas kohen, puisqu'on appelle après lui un lévi. Mais sans ordre, on n'appellera pas un kohen ou un lévi à cause de la tache [et selon ce raisonnement, même en dernier ou pour le maftir on n'appellerait pas un kohen et un lévi ; seulement, là-dessus le monde a déjà l'usage d'être indulgent, et les A'haronim l'ont énoncé ainsi. Comme l'a écrit le Levouch pour en donner la raison, comme plus haut]. C'est pourquoi il convient de prendre garde à cela : les appeler uniquement selon l'ordre, même lorsqu'on les appelle après les sept appelés.

(לח) כהן או לוי - אבל בישראל אם קראוהו ואינו שם יכול לקרות לאחר בשמו דבישראל לא שייך פגמא דאפילו ממזר מותר לעלות לתורה וכדלקמן סימן רפ"ב ס"ג:

Un kohen ou un lévi — mais pour un Israël, si on l'a appelé et qu'il n'est pas là, on peut appeler un autre en son nom, car pour un Israël la tache n'a pas lieu : même un mamzer a le droit de monter à la Torah, comme plus bas au siman 282 seif 3.

(לט) ואינו שם - ואם אותו כהן מתפלל מותר לקרות האחר בשם דהכל רואין שבשביל שאינו יכול להפסיק בתפלה אינו עולה [מ"א]:

Et il n'est pas là — Si ce kohen est en train de prier, on peut appeler l'autre par son nom, car tous voient que c'est parce qu'il ne peut pas interrompre la tefila qu'il ne monte pas [Magen Avraham].

(מ) משום פגמו - דיסברו שנודע בתוך כך שהוא פגום וכתבו האחרונים דמ"מ בנו מותר לקרות בשם דאם איתא שהוא פגום אף בנו פגום אבל אביו אסור דיאמרו אביו נשא גרושה מכבר שהאב כשר והבן חלל:

À cause de la tache sur son statut — on croira que l'on a appris entre-temps qu'il est entaché. Les A'haronim ont écrit : néanmoins, son fils, on peut l'appeler par son nom, car s'il était vrai qu'il fût entaché, son fils le serait aussi ; mais son père, il est interdit de l'appeler, car on dirait que le père a déjà épousé une divorcée, le père étant kasher et le fils hallal.

(מא) יעלה מעצמו - כתב בספר שערי אפרים דאם קראו לכהן או ללוי לאחרון או למפטיר ואינו שם וקורא לאחר אע"פ שהאחר הוא ג"כ כהן או לוי מותר לקרותו בשם דלא שייך כאן לומר דנודע שהראשון פגום דהא ישראל ג"כ מותר לעלות לאחרון או למפטיר:

Il montera de lui-même — Le Séfer Chaaré Éfraïm a écrit : si l'on a appelé un kohen ou un lévi en dernier ou pour le maftir et qu'il n'est pas là, et qu'on en appelle un autre, même si l'autre est aussi kohen ou lévi, on peut l'appeler par son nom : on n'a pas ici lieu de dire qu'on a appris que le premier est entaché, puisqu'un Israël aussi a le droit de monter en dernier ou pour le maftir.

(מב) יכול לקרוא וכו' - ואין חוששין בזה לפגמו של עצמו שהכל יודעים שכיון שהוא ש"ץ אין סברא לומר שידחה כל הכהנים מלעלות ולא מפני שהוא פגום ואפילו אם הסגן הוא כהן שבידו לקרות לכל מי שירצה או במקום שקונין מצות עליות לתורה והקונה המצות הוא כהן או לוי יכול לצוות לקרות לכהן או לוי אחר ואין בזה משום פגם שהכל יודעין שהדרך הוא לכבד אחרים:

Il peut appeler, etc. — et l'on ne craint pas ici une tache sur son propre statut, car tous savent que, puisqu'il est chalia'h tsibbour, il n'est pas raisonnable de dire qu'il écarte tous les kohanim de monter, et non parce qu'il serait entaché. Même si le sagane est kohen et qu'il a le pouvoir d'appeler qui il veut, ou là où l'on achète les mitsvot d'aliyot à la Torah et que l'acheteur des mitsvot est kohen ou lévi, il peut ordonner d'appeler un autre kohen ou lévi, et il n'y a pas en cela de tache, car tous savent que la voie est d'honorer autrui.

(מג) שכולה כהנים וכו' - והיינו דוקא כשאין שם ג"כ לוי כלל שאין יכולין להתקיים כסדר שתקנו חז"ל וע"כ טוב לשנות מפני השלום אבל אם יש שם עוד לוי אחד יקראו כסדר המשנה כהן לוי ישראל ואח"כ את השאר יקראו כהנים:

Qui est toute de kohanim, etc. — et cela uniquement s'il n'y a pas non plus de lévi du tout, de sorte qu'on ne peut pas observer l'ordre institué par 'Hazal. C'est pourquoi il est bon de changer à cause de la paix. Mais s'il y a encore un lévi, on appellera selon l'ordre de la Michna : kohen, lévi, Israël, puis le reste on appellera des kohanim.

(מד) ישראל אחד ביניהם - אבל אם יש שני ישראלים וכ"ש יותר הוא בכלל מה שכתב השו"ע אח"כ שאין בהם ישראל כדי סיפוקם וע"כ יקרא הכהן בתחלה וגם יקרא הכהן במקום לוי ואח"כ יקראו הישראלים ויתר העליות ישלימו בכהנים. ואם יש שני לוים ושני ישראלים קורא כהן לוי וישראל ואח"כ עוד כהן ולוי וישראל וכהן קורא שביעי וכ"ש יתר עליות הנוספות:

Un seul Israël parmi eux — mais s'il y a deux Israël, et à plus forte raison davantage, cela entre dans ce que le Choul'han Aroukh écrit ensuite : il n'y a pas parmi eux assez d'Israël pour suffire. C'est pourquoi le kohen lira au début, et le kohen lira aussi à la place du lévi, puis on appellera les Israël, et le reste des aliyot on le complétera par des kohanim. S'il y a deux léviim et deux Israël, on appelle kohen, lévi et Israël, puis encore kohen, lévi et Israël, et un kohen lit le septième ; à plus forte raison pour les aliyot supplémentaires.

(מה) מפני דרכי שלום - שלא יאמר כל אחד למה אתה קורא ראשון יותר ממני וה"ה כשיש רק לוי אחד בעיר שכולה כהנים אותו לוי קורא ראשון מהאי טעמא. אם אין שם אלא כהנים ולוים יקרא כהן אחר כהן בהפסק לוי בינתים. כהן שהוא אבל ואין כהן אחר בביהכ"נ בשבת מותר לקראו לכהן שלא יהיה נראה כאבלות בפרהסיא ובחול לא יעלה דאבל אסור בד"ת ומ"מ בין בחול ובין בשבת יותר טוב שיצא מתחלה מביהכ"נ ויקראו לישראל וללוי במקום כהן [א"ר וש"א]:

À cause des voies de la paix — afin que chacun ne dise pas : pourquoi t'appelle-t-on le premier plutôt que moi ? De même, s'il n'y a qu'un seul lévi dans une ville toute de kohanim, ce lévi lit le premier, pour la même raison. S'il n'y a que des kohanim et des léviim, on appellera un kohen après un kohen avec interruption d'un lévi entre eux. Un kohen qui est endeuillé, et qu'il n'y a pas d'autre kohen au beit haknesset le Chabbat : il est permis de l'appeler, afin que cela n'ait pas l'air d'un deuil en public. En semaine, il ne montera pas, car l'étude des paroles de Torah est interdite à l'endeuillé. Néanmoins, aussi bien en semaine que le Chabbat, il est encore mieux qu'il sorte d'abord du beit haknesset, et l'on appellera un Israël et un lévi à la place du kohen [Elia Rabba et Chaaré Éfraïm].

(מו) החבושים בבית האסורין - וה"ה לחולה ויש חולקין בכל זה כיון דאנוסים הם ובפרשת זכור שהוא דאורייתא בודאי יש להקל ואפשר דה"ה גם בפרשת פרה:

Les prisonniers en prison — de même pour un malade. Certains contestent tout cela, puisqu'ils sont anos (contraints). Pour parashat Zakhor, qui est de la Torah, il y a certainement lieu d'être indulgent ; et il se peut qu'il en aille de même pour parashat Para.

(מז) אין מביאין וכו' - כדי לקרות בה בעשרה והטעם שזלזול הוא לס"ת להוליכה אל אנשים שצריכין לה כי כבודה שילכו אנשים אליה ועיין בבה"ל שכתבנו דדוקא כשאין שם עשרה אבל כשיש שם עשרה חבושים מותר:

On n'apporte pas, etc. — pour y lire avec dix hommes. La raison : c'est un manque de respect pour le sefer Torah que de le porter vers des hommes qui en ont besoin, car son honneur est que les hommes aillent vers lui. Voir le Béour Halakha, où nous avons écrit que c'est uniquement s'il n'y a pas là dix personnes ; mais s'il y a là dix prisonniers, c'est permis.

(מח) אפילו בראש השנה ויום הכיפורים - ומה שהולכין מביהכ"נ מנין אנשים לאיזה בית ונושאין ס"ת עמהם כדי לקרות שם ודאי אינו נכון דהא אפשר להם לשמוע הקריאה בביהכ"נ [א"ר] ויש שמצדדין עליהם זכות משום שכל אחד רוצה בעצמו לעלות בתורה בימים האלה אבל אין זה מספיק לזלזל בס"ת משום זה לטלטלה מביהכ"נ ובפרט בימים הנוראים שמנהג למכור מצות ע"פ רוב גורמים בזה הפסד להכנסות של צדקה אכן אם גם הם מוכרין המצות ומתרבה עי"ז הכנסה של צדקה מסתברא שאין להחמיר בזה ומ"מ מה טוב אם יוכלו לקבוע שם מקום לס"ת על איזה זמן קצר וכדלקמיה:

Même à Roch Hachana et à Yom Kippour — Ce que font ceux qui quittent le beit haknesset, un minyan d'hommes, pour quelque maison, en emportant un sefer Torah afin d'y lire : cela n'est certainement pas correct, car il leur est possible d'entendre la lecture au beit haknesset [Elia Rabba]. Certains plaident en leur faveur, parce que chacun veut lui-même monter à la Torah ces jours-là ; mais cela ne suffit pas pour manquer de respect au sefer Torah en le déplaçant hors du beit haknesset. En particulier aux jours redoutables, l'usage de vendre les mitsvot cause le plus souvent, par là, une perte aux recettes de tsédaka. Toutefois, s'ils vendent aussi les mitsvot et que par là les recettes de tsédaka augmentent, il est raisonnable de ne pas être rigoureux. Néanmoins, combien il est bon, s'ils le peuvent, d'y fixer une place pour le sefer Torah pour quelque court temps, comme plus bas.

(מט) יום או יומים קודם - והאחרונים הסכימו דה"ה אם הכין מקום לס"ת באותו יום שיהא מונח שם יום או יומים דשפיר דמי ובלבד שיניחה שם במקום שהכין קודם זמן הקריאה ובשעת הקריאה יוציאנה ויקרא בה ואח"כ יחזירנה לשם דאז אין מינכר שהבאתה היתה לצורך קריאה בלבד אלא שקבע דירתה בכאן לאותו זמן:

Un jour ou deux auparavant — Les A'haronim sont d'accord : de même si l'on a préparé une place pour le sefer Torah ce jour-là, pour qu'il y repose un jour ou deux, cela convient, pourvu qu'on l'y dépose, à l'endroit préparé, avant l'heure de la lecture ; qu'à l'heure de la lecture on le sorte et qu'on y lise ; puis qu'on le ramène là. Alors, il n'est pas apparent que son apport n'était que pour la lecture, mais qu'on y a fixé sa demeure pour ce temps.

(נ) ואם הוא אדם חשוב - ר"ל גדול בתורה דאדרבה התורה מתעלית ע"י אנשים גדולים ולאו זלזול אצלה. ועיין בספר שמן המאור דבחשוב אפילו אינו אנוס שרי ויש מחמירין בחשוב לחוד וטוב שיכין מקום:

Et s'il s'agit d'un homme important — c'est-à-dire un grand en Torah : au contraire, la Torah s'élève par les grands hommes, et ce n'est pas pour elle un manque de respect. Voir le Séfer Chemen Hamaor : pour un homme important, même s'il n'est pas contraint, c'est permis. Certains sont rigoureux pour un homme important seulement, et il est bon qu'il prépare une place.

(נא) בכל ענין שרי - היינו אפילו בלי הכנת מקום:

Dans tous les cas, c'est permis — c'est-à-dire même sans préparation de place.