משנה ברורה

Michna Beroura — siman 142

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi de celui qui a lu et s'est trompé, et du lieu où personne ne sait lire avec exactitude
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On fait reprendre pour une lettre qui change le sens ; voyelles et accents de même si le sens change ; le hazzan doit connaître l'ordre ; à défaut d'accents on lit quand même, un souffleur peut dicter depuis le houmach.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETErreur de lecture ; lieu où personne ne sait lire avec exactitude
À FAIREReprendre ce qui change le sens
Même une seule lettre omise ou ajoutée : on fait revenir. Même si la section est finie et la bénédiction dite, le suivant reprend ce verset jusqu’à la fin de la section, plus trois versets de la suivante. Même règle pour le hazzan
À FAIREVoyelle ou accent qui change le sens
On fait aussi revenir (yaasé patah/tséré, hélev/halav, yoshev/yashav ; mot servant au lieu d’un mot qui interrompt)
À ÉVITERErreur sans changement de sens
Lettre, voyelle ou mélodie qui ne change pas le sens : on ne fait revenir ni le hazzan ni l’olé
À FAIREHazzan prépare l’ordre
Il relit d’avance tout l’ordre, lit avec calme, sans avaler lettre ni mot
À FAIRESouffleur au houmach
Qui sait les te’amim d’après le houmach dicte assez bas pour le seul lecteur du sefer
OUIPersonne ne sait les accents
On lit dans la Torah avec bénédiction, sans le chant des te’amim, afin que la lecture ne soit pas annulée
NONErreurs de sens sans correcteur
Pri ’Hadash et Pri Megadim : si l’on se trompera forcément et que personne ne peut ramener, on ne bénit pas ; certains : lire sans bénédiction
On ne fait reprendre que ce qui change le sens, même après la bénédiction. À défaut d’expert des te’amim, on lit quand même ; un souffleur au houmach aide à voix basse.

Glossaire

te'amim
accents de lecture
nekoudot
voyelles
meteg
trait de cantilation secondaire
mesharet / mafsik
accent servant / accent qui interrompt

(א) אפילו בדקדוק אות אחת - כגון שחיסר או הוסיף איזה אות וכדומה כמו שיבואר לקמיה:

Même pour l'exactitude d'une seule lettre - Par exemple s'il a omis ou ajouté quelque lettre, et ce qui y ressemble, comme il sera exposé plus loin.

(ב) מחזירין אותו - שיקראנה בדקדוק והיינו בין כשהוא עומד עדיין בפסוק זה ובין שכבר גמר הפרשה ואפילו בירך לאחריה נמי העולה אחריו חוזר לאותו פסוק וקורא ממנו ולהלן עד סוף הפרשה ועוד שלשה פסוקים מפרשה שאחריה:

On le fait revenir - Pour qu'il la lise avec exactitude. Et cela, que ce soit encore dans ce verset, ou qu'il ait déjà fini la section, et même s'il a déjà béni après elle : celui qui monte après lui revient à ce verset et lit de là jusqu'à la fin de la section, plus encore trois versets de la section suivante.

(ג) החזן הקורא - כלומר עכשיו שהחזן הוא הקורא נמי דינא הכי אע"פ שהוא אינו מברך על הקריאה דלאו בברכה תליא מילתא:

Le hazzan qui lit - C'est-à-dire : maintenant que c'est le hazzan qui lit, la règle est la même, bien qu'il ne bénisse pas sur la lecture, car la chose ne dépend pas de la bénédiction.

(ד) אבל אם טעה וכו' - וה"ה אם חיסר או הוסיף איזה אות במקום שאין הענין משתנה עי"ז כגון שקרא לאהרן הרן בפתח בלא אל"ף או למצרים מצריים וכדומה ונקט נגינה וניקוד משום דע"פ רוב אין הענין משתנה על ידם ובניקוד נמי אם אירע שהענין נשתנה עי"ז כגון יעשה בפת"ח קרא יעשה בציר"י או להיפוך או בחלב בחט"ף קרא בחלב בציר"י או יושב ישב וכל כיוצא בזה שהענין משתנה בודאי מחזירין אותו גם בניקוד ובספר שלחן עצי שטים הוסיף עוד דה"ה בנגינת הטעמים כשהענין משתנה עי"ז כגון שקרא משרת במקום מפסיק מחזירין אותו (ודלא כמו שאומרים ההמון שאם קרא את השם אין מחזירין בטעה בנגינה):

Mais s'il s'est trompé etc. - Et de même s'il a omis ou ajouté quelque lettre en un endroit où le sens n'en est pas changé, par exemple s'il a lu le-Aharon « haran » avec pata'h sans aleph, ou le-Mitsrayim « mitsriim », et ce qui y ressemble. Il a mentionné la mélodie et la voyelle parce que le plus souvent le sens n'en est pas changé. Pour la voyelle aussi, s'il est arrivé que le sens en soit changé, par exemple « yaasé » avec pata'h lu « yaasé » avec tséré ou l'inverse, ou « be'hélev » avec 'hataf lu « be'halav » avec tséré, ou « yoshev / yashav », et tout ce qui y ressemble où le sens change : certainement on le fait revenir aussi pour la voyelle. Dans le livre Shoul'han Atsé Shittim il a encore ajouté : de même pour la mélodie des accents (te'amim), quand le sens en est changé, par exemple s'il a lu un mot servant au lieu d'un mot qui interrompt, on le fait revenir (et non comme le dit le vulgaire : si l'on a lu le Nom, on ne fait pas revenir pour une erreur d'accent).

(ה) אין מחזירין אותו - היינו בין בחזן הקורא ובין העולה:

On ne le fait pas revenir - C'est-à-dire ni le hazzan qui lit ni celui qui monte.

(ו) בו - וכתב בתשובת מהר"מ מינץ החזן צריך לחזור מתחלה הסדרא שתהא שגורה בפיו כל הדקדוקים במתגין לעיל ומלרע ימין ושמאל ויקרא במתון ולא במהירות ואולי יבליע שום אות או תיבה והביאו הא"ר:

En lui - Et il est écrit dans une réponse du Maharal Mintz : le hazzan doit relire d'avance tout l'ordre, afin que tous les détails lui soient familiers à la bouche, les meteg en haut et en bas, à droite et à gauche, et qu'il lise avec calme et non à la hâte, de peur d'avaler quelque lettre ou mot. L'Eliyah Rabbah l'a rapporté.

(ז) יקראו בתורה בברכה - בלי נגון הטעמים ומשמע מכמה אחרונים דאפילו אם אין שם מי שיודע כלל ובודאי יטעו גם בכמה טעיות שהענין משתנה עי"ז אפ"ה התירו להם לקרות ובברכה כדי שלא תתבטל הקריאה לגמרי והפר"ח חולק בזה וכתב דכיון שיטעו בטעיות שמשתנה הענין כמו שבמקום חלב קורא חלב או מ זכר ל זכר ואין שם יודע שיוכל להחזיר הקורא מטעותו פשיטא שאין מברכין בתורה ואין מפטירין בנביא וע' בפמ"ג שגם הוא מצדד כן ודעתו דיש לקרות בלא ברכה:

On lira dans la Torah avec bénédiction - Sans le chant des accents (te'amim). Et il ressort de plusieurs A'haronim que même s'il n'y a là personne qui sache du tout, et que certainement on se trompera aussi en plusieurs erreurs qui changent le sens, néanmoins on leur a permis de lire et avec bénédiction, afin que la lecture ne soit pas entièrement annulée. Le Pri 'Hadash contredit cela et a écrit : puisqu'ils se tromperont en des erreurs qui changent le sens, comme qu'à la place de 'hélev on lise 'halav, ou de zakhar on lise zékher, et qu'il n'y a là personne qui sache ramener le lecteur de son erreur, il est évident qu'on ne bénit pas sur la Torah et qu'on ne fait pas l'haftara dans le Prophète. Voir le Pri Megadim, qui incline aussi ainsi, et dont l'avis est qu'il faut lire sans bénédiction.

(ח) כהלכתה - ואם יש שם מי שיודע עכ"פ לקרות הטעמים מתוך החומש יקרא זה מתוך החומש לפני האיש הקורא בס"ת להורות הדרך בנקודות וטעמים כראוי והקורא מתוך החומש לא יקרא בקול רם רק כדי שיהא נשמע להקורא מתוך הס"ת [לבוש וש"פ]:

Selon sa règle - Et s'il y a là quelqu'un qui sache au moins lire les accents (te'amim) d'après le houmach, celui-ci lira d'après le houmach devant l'homme qui lit dans le sefer Torah, pour lui indiquer le chemin des voyelles et des accents comme il faut. Et celui qui lit d'après le houmach ne lira pas à voix haute, seulement assez pour être entendu de celui qui lit d'après le sefer Torah [Levush et d'autres].