משנה ברורה

Michna Beroura — siman 145

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lois des traducteurs
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Autrefois on traduisait chaque verset en araméen. Le lecteur et le traducteur ne se coupent pas et n'élèvent pas la voix l'un plus que l'autre. Aujourd'hui on n'a plus l'habitude de traduire, car on ne comprend plus le Targoum ; le Targoum a été fixé par l'esprit saint, mais il n'empêche pas.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETTraducteur (Targoum) autrefois ; voix et tour de parole ; usage d’aujourd’hui
À FAIREVerset puis Targoum
Autrefois on traduisait chaque verset en araméen après l’avoir entendu du lecteur, pour que le tsibbour saisisse d’abord le texte écrit puis le sens
À FAIRENe pas se couper, même voix
Le lecteur et le traducteur ne s’interrompent pas et n’élèvent pas la voix l’un plus que l’autre (« Moshé parlait et ה' lui répondait à voix »)
NONEn déduire une explication dans la langue du peuple
On n’apprend pas de cet usage à expliquer soi-même au peuple dans une langue comprise : le Targoum est différent, fixé par l’esprit saint
OUIDire encore le Targoum
On en a le droit même si on ne le comprend plus ; seulement le Targoum n’empêche pas. Aujourd’hui on n’a plus l’habitude de traduire
L’ancien couple lecteur/traducteur faisait entendre le texte puis le sens, sans se couper ni se couvrir la voix. L’usage a cessé faute de compréhension ; le Targoum reste d’esprit saint mais n’est pas dirimant.

Glossaire

Targoum
traduction araméenne officielle de la Torah
metargem
traducteur qui rendait chaque verset en araméen
tourgeman
le traducteur public
Ruah haQodesh
esprit saint

(א) נוהגים לתרגם - בלשון תרגום כי לשונם היה ארמית:

On avait l'habitude de traduire - en langue du Targoum, car leur langue était l'araméen.

(ב) מפי המתרגם - והכל כדי שלא יתבלבלו הצבור ויוכלו לשמוע כל הפרשה ככתבה מפי הקורא ואח"כ יבינו כל פירושה מפי המתרגם [לבוש]:

De la bouche du traducteur - et tout cela afin que le tsibbour ne se brouille pas et puisse entendre toute la parasha telle qu'elle est écrite de la bouche du lecteur, puis comprendre tout son sens de la bouche du traducteur [Levush].

(ג) להגביה קולו - דכתיב משה ידבר והאלהים יעננו בקול והאי בקול היינו בקולו של משה [גמרא]:

Élever sa voix - car il est écrit : « Moshe parlait et ה' lui répondait à voix », et « à voix » s'entend de la voix de Moshe [Guemara].

(ד) שאין מבינים אותו - ואין לומר נלמוד מהם לפרש גם אנחנו לעם בלשון שיבינו דשאני תרגום שנתקן ברוח הקודש [טור] ועיין במגן גבורים שהביא בשם תשב"ץ שגם עתה רשות לתרגם בלשון תרגום אף שאין מבינים אותן משום שנתקן ברוח הקודש אלא שאין התרגום מעכב:

Qu'on ne le comprend pas - et l'on ne dira pas : apprenons d'eux à expliquer aussi nous-mêmes au peuple dans une langue qu'il comprenne, car le Targoum est différent : il a été fixé par l'esprit saint [Tour]. Voir au Magen Guibborim qui rapporte au nom du Tashbets qu'aujourd'hui encore on a le droit de traduire en langue du Targoum même si l'on ne le comprend pas, parce qu'il a été fixé par l'esprit saint ; seulement le Targoum n'empêche pas.