Il est interdit de quitter le séfer Torah ouvert et de parler, même paroles de Torah, dès que le livre est ouvert. Des avis plus souples existent pour qui a déjà entendu, pour l'étude à voix basse, pour shnayim miqra, ou pour qui a sa Torah pour métier ; le plus correct est de se taire et d'écouter mot à mot. On n'est pas tenu de se tenir debout pendant la lecture, sauf Barekhou.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) אסור לצאת וכו' - וע"ז נאמר ועוזבי ה' יכלו ומתרגמינן ודשבק אורייתא דיי' ישתצון ואפילו איכא עשרה דצייתי לס"ת זולתו וגם הוא כבר שמע קה"ת בעשרה אפ"ה אסור:
Il est interdit de sortir etc. - et c'est sur cela qu'il est dit : « Ceux qui abandonnent ה' seront anéantis », et le Targoum rend : ceux qui abandonnent la Torah de ה' seront exterminés. Même s'il y a dix qui écoutent le séfer Torah sans lui, et même s'il a déjà entendu la lecture de la Torah avec dix, c'est néanmoins interdit.
(ב) אבל בין גברא לגברא - והוא כשנשארו עשרה בביהכ"נ:
Mais entre un appelé et l'autre - et cela, à condition qu'il reste dix dans la synagogue.
(ג) שפיר דמי - והיינו כשכבר שמע קה"ת או שדעתו לבוא מיד וגם זה אינו מותר כ"א כשהוא לצורך גדול:
C'est bien - c'est-à-dire s'il a déjà entendu la lecture de la Torah, ou s'il a l'intention de revenir aussitôt ; et même cela n'est permis que pour un grand besoin.
(ד) כיון שהתחיל - והמ"א מצדד לומר דמשעה שנפתח הס"ת אפילו לא התחיל עדיין הקורא לקרות ג"כ אסור וכן משמע דעת הגר"א בביאורו דמשעה שפתחו הס"ת כדי לברך אסור לספר:
Dès qu'il a commencé - et le Magen Avraham penche à dire que dès l'heure où l'on a ouvert le séfer Torah, même si le lecteur n'a pas encore commencé à lire, c'est aussi interdit ; et telle semble l'opinion du Gra dans son commentaire : dès qu'on a ouvert le séfer Torah pour bénir, il est interdit de converser.
(ה) אפילו בד"ת - וכן לפרש דבר תורה או להורות הוראה לאדם ששואל אסור ולאפרושי מאיסורא מותר לומר בדרך קצרה אם אי אפשר להפריש ע"י רמיזה:
Même paroles de Torah - de même, expliquer une parole de Torah ou rendre une décision à quelqu'un qui demande est interdit. Pour écarter d'un interdit, il est permis de dire en peu de mots si l'on ne peut écarter par un signe.
(ו) אפילו בין גברא לגברא - שמא ימשך הלמוד בעת הקריאה והב"ח מיקל בלמוד בין גברא לגברא ובא"ר מצדד דעם אחרים אין להקל שמא ימשך [ובבינו לבין עצמו המיקל ללמוד אז אין למחות בידו] אך להורות אז הוראה לפי שעה אין להחמיר דלא שכיח כ"כ בזה שמא ימשך:
Même entre un appelé et l'autre - de peur que l'étude ne se prolonge pendant la lecture. Le Bah est indulgent pour l'étude entre un appelé et l'autre ; l'Eliya Rabba penche à ne pas être indulgent avec d'autres, de peur que cela ne se prolonge [et entre soi et soi, qui est indulgent pour étudier alors, on ne proteste pas contre lui]. Mais rendre alors une décision pour l'heure, on n'a pas à être rigoureux, car il n'est pas si fréquent que cela se prolonge.
(ז) אם השלים וכו' - שנים מקרא ואחד תרגום וע' בפמ"ג שמצדד לומר דאפי' אם כבר שמע קריאת התורה בעשרה ג"כ אסור וכן משמע בביאור הגר"א:
S'il a achevé etc. - c'est-à-dire shnayim miqra ve-ehad Targoum. Voir au Peri Megadim qui penche à dire que même s'il a déjà entendu la lecture de la Torah avec dix, c'est aussi interdit ; et telle semble être l'explication du Gra.
(ח) ויש מתירים וכו' - מיירי דאיכא עשרה דצייתי לס"ת מבלעדו ואפ"ה אינו מותר בקול רם לדעה זו כדי שלא יטריד שאר השומעים:
Et certains permettent etc. - il s'agit du cas où il y a dix qui écoutent le séfer Torah sans lui ; néanmoins, même selon cet avis, ce n'est pas permis à voix haute, afin de ne pas déranger les autres auditeurs.
(ט) למי שתורתו אומנתו - היינו דאפילו היכא דאיכא עשרה דצייתי אינו מותר ללמוד בעת הקריאה כ"א בשתורתו אומנתו שאינו מבטל שום שעה מלמודו ועי' בא"ר שהביא בשם כמה ראשונים דהשתא אין לנו תורתו אומנתו לענין זה:
Pour qui a sa Torah pour métier - c'est-à-dire que même là où il y a dix qui écoutent, il n'est permis d'étudier pendant la lecture que si sa Torah est son métier, qu'il ne perd aucune heure de son étude. Voir à l'Eliya Rabba qui rapporte au nom de plusieurs Rishonim qu'à présent nous n'avons plus « sa Torah pour métier » à cet égard.
(י) למי שקודם וכו' - טעם שיטה זו דס"ל שכיון שכבר התחיל במצוה מתחלה וראו אותו אנשי ביהכ"נ שכבר קבע עצמו ללמוד אינו מחוייב לפסוק אבל אם לא התחיל מתחלה אין לשום אדם ואפילו מי שתורתו אומנתו ללמוד בשום אופן כלל [תר"י]:
Pour qui, avant etc. - la raison de cet avis : puisqu'il a déjà commencé la mitsva auparavant et que les gens de la synagogue l'ont vu s'installer à l'étude, il n'est pas tenu de s'interrompre ; mais s'il n'a pas commencé auparavant, personne, même qui a sa Torah pour métier, ne peut étudier d'aucune façon [Tosafot Yeshanim].
(יא) שרי - לכל הדעות שנזכרו לעיל כיון שהוא מעין מה שקורא הש"ץ אע"פ שאין קורא ממש בפסוק שהש"ץ קורא ומ"מ גם זה אינו מותר רק בלחש שלא יבלבל דעת השומעים [פמ"ג]:
C'est permis - selon tous les avis mentionnés plus haut, puisqu'il s'agit de ce que lit le chaliah tsibbour, même s'il ne lit pas exactement le verset que lit le chaliah tsibbour. Néanmoins cela n'est permis qu'à voix basse, pour ne pas brouiller l'esprit des auditeurs [Peri Megadim].
(יב) וכל זה אינו ענין - ר"ל כל הקולות הנזכרים בסימן זה לענין שמיעת הקריאה:
Et tout cela n'a pas trait - c'est-à-dire toutes les indulgences mentionnées dans ce siman, quant à l'écoute de la lecture.
(יג) ופרשת פרה - עיין בבאור הגר"א ופר"ח וש"א שכתבו דאינו עיקר ופרשת פרה הוא מדרבנן מ"מ לענין זה מסתברא דגם לדידהו לא מקילינן כל הקולות הנ"ל:
Et la parasha Para - voir au commentaire du Gra, au Peri Hadash et à d'autres qui ont écrit que ce n'est pas l'essentiel, et que la parasha Para est de rabbanan ; néanmoins, à cet égard, il est raisonnable que même selon eux on n'applique pas toutes les indulgences susdites.
(יד) והנכון שבכל הפרשיות וכו' - ר"ל אפילו להעביר הסדרא שמו"ת בשעת הקריאה אינו מן המובחר אלא ראוי לדקדק ולשמוע מפי הקורא מלה במלה:
Et le correct, dans toutes les parashiot etc. - c'est-à-dire que même lire shnayim miqra ve-ehad Targoum pendant la lecture n'est pas ce qu'il y a de mieux ; il convient d'être attentif et d'écouter de la bouche du lecteur mot à mot.
(טו) ראוי למדקדק בדבריו - ופר"ח כתב דמעיקר הדין הוא שאסור לעסוק בשום דבר ואפילו בשמו"ת בשעת הקריאה ואפי' איכא עשרה דצייתי זולתו וכן הביא מ"א בשם של"ה שמחמיר בזה אלא צריך לשתוק ולשמוע הקריאה מפי הש"ץ וכן דעת הגר"א במעשה רב [ומ"מ לקרות שמו"ת או עם פירש"י בין גברא לגברא מותר אפילו לדעה זו] והמ"א הביא בשם מטה משה דנכון לקרות בלחש מלה במלה עם הש"ץ דבלא זה א"א לכוין ולשמוע וכ"כ כמה אחרונים:
Il convient d'être attentif à ses paroles - et le Peri Hadash a écrit qu'au fond de la loi il est interdit de s'occuper de quoi que ce soit, même de shnayim miqra ve-ehad Targoum, pendant la lecture, même s'il y a dix qui écoutent sans lui ; et le Magen Avraham a aussi rapporté au nom du Shela qui est rigoureux en cela : il faut se taire et écouter la lecture de la bouche du chaliah tsibbour ; telle est aussi l'opinion du Gra dans Maassé Rav. [Néanmoins, lire shnayim miqra ve-ehad Targoum ou avec Rashi entre un appelé et l'autre est permis même selon cet avis.] Le Magen Avraham a rapporté au nom du Maté Moshé qu'il est bon de lire à voix basse mot à mot avec le chaliah tsibbour, car sans cela on ne peut pas bien viser et entendre ; ainsi ont écrit plusieurs Aharonim.
(טז) כשהמפטיר קורא וכו' - עיין לקמן סי' רפ"ד ס"ג דצריך לכוין גם לברכות המפטיר ולענות אחריהם אמן ע"ש:
Quand le maftir lit etc. - voir plus bas siman 284 seif 3 : il faut aussi viser les bénédictions du maftir et y répondre amen, voir là.
(יז) א"צ לעמוד וכו' - ואפילו העומדים על הבימה דא"צ לעמוד מפני ס"ת אלא כשאדם נושאה אבל כשמונחת במקומה א"צ [עיין בריש סימן קמ"א דדוקא הקורא והעולה לתורה צריכין לעמוד] וכן אפילו כשאחד תופסה בידו כגון בעת שקורין ההפטרה כיון שהוא יושב במקומו א"צ לעמוד לפניה אפילו הם בתוך ד"א שלה על הבימה. ודע דבעת שנושאין אותה חייב לעמוד לפניה עד שתתכסה מעיניו או עד שיגיענו המוליכה למקומה ואפי' סמיכה על איזה דבר אסור דסמיכה כישיבה:
Nul besoin de se tenir debout etc. - et même ceux qui se tiennent sur la bimah n'ont pas à se tenir debout à cause du séfer Torah, sinon quand un homme le porte ; mais quand il est posé à sa place, ce n'est pas nécessaire [voir au début du siman 141 : seulement le lecteur et celui qui monte à la Torah doivent se tenir debout]. De même, même quand quelqu'un le tient à la main, par exemple pendant qu'on lit la haftara, puisqu'il est assis à sa place, on n'a pas à se tenir debout devant lui, même s'ils sont dans les quatre coudées du séfer sur la bimah. Sache que lorsqu'on le porte, on est tenu de se tenir debout devant lui jusqu'à ce qu'il disparaisse de ses yeux ou jusqu'à ce que celui qui le porte l'ait amené à sa place ; et même s'appuyer sur quelque chose est interdit, car s'appuyer est comme s'asseoir.
(יח) בעת שקורין בתורה - ובשעת אמירת ברכו וענית ברוך ה' הלע"ו לכו"ע צריכין לעמוד דהוא דבר שבקדושה:
Pendant qu'on lit dans la Torah - et au moment où l'on dit Barekhou et où l'on répond Baroukh ה' hamévorakh leolam vaed, de l'avis de tous il faut se tenir debout, car c'est une chose de sainteté.
(יט) ויש מחמירין ועומדין - כתב הפר"ח והגר"א דהעיקר כסברא הראשונה וכן נהגו והב"ח בסימן קמ"א כתב דגם המהר"ם מודה דמדינא שרי אלא דס"ל דראוי להדר ולעמוד מפני שצריך האדם להעלות בדעתו כששומע הקריאה מפי הקורא כאלו קבלה אותה שעה מהר סיני ובהר סיני היו כל ישראל עומדין כדכתיב אנכי עומד בין ה' וביניכם וגו'. ומי שהוא איש חלש וקשה לו לעמוד ועי"ז אין דעתו מיושבת לכוין היטב לקול הקורא יש לו לישב [ש"א]:
Et certains sont rigoureux et se tiennent debout - le Peri Hadash et le Gra ont écrit que l'essentiel est le premier avis, et ainsi on a pratiqué. Le Bah au siman 141 a écrit que même le Maharam convient qu'au fond de la loi c'est permis, seulement il tient qu'il convient de se montrer zélé et de se tenir debout, parce que l'homme doit se représenter, en entendant la lecture de la bouche du lecteur, comme s'il la recevait à cette heure du mont Sinaï, et au Sinaï tout Israël se tenait debout, comme il est écrit : « Je me tiens entre ה' et vous » etc. Qui est faible et a du mal à se tenir debout, et de ce fait n'a pas l'esprit posé pour bien viser la voix du lecteur, qu'il s'asseye [autres].
(כ) וכן עשה מהר"ם - ובין גברא לגברא לכו"ע שרי לישב [אחרונים]
Et ainsi fit le Maharam - et entre un appelé et l'autre, de l'avis de tous il est permis de s'asseoir [Aharonim].