משנה ברורה

Michna Beroura — siman 147

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lois du roulement du séfer Torah
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Il est interdit de saisir un séfer Torah nu. La hagbaha est le principal de la guelila et en prend le mérite de tous. On honore le plus grand, on vend parfois la mitsva, on n'use pas d'étoffes profanes ni déchirées. On roule de l'extérieur, écriture face à celui qui tient. On n'ouvre pas le second livre avant d'avoir roulé le premier ; on n'entasse pas les mitsvot.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETToucher le sefer, hagbaha et guelila, mapot, ordre des livres
À ÉVITERSaisir un sefer Torah nu
Même un simple toucher à main nue est interdit ; interposer un talit ou un mouchoir, y compris pour égaliser les feuilles. Les montants, on peut les tenir
À FAIREHonorer la hagbaha
C’est le principal de la guelila et elle prend un mérite égal à tous. Si l’on ne peut faire les deux, on lève et l’on donne à un autre de rouler. On n’honore pas qui tremble ou ne peut tenir face au peuple
À FAIREÉcriture face à celui qui tient
À la hagbaha comme à la guelila, l’écriture est face au magbiah. On commence le roulement par dehors. On ne roule pas le sefer autour de la mapah tenue en main
À ÉVITERMapot déchirées ou profanes
Pas d’étoffe déchirée ni d’objet d’usage profane (surtout honteux) pour un usage de sainteté. Shaatznez interdit pour mapot et nappes ; permis pour parokhot qui restent dans l’Arche
NONOuvrir le second avant d’avoir roulé le premier
On n’entasse pas les mitsvot : on roule le premier dans sa mapah avant d’ouvrir le second. On peut sortir les deux à la fois. Ne pas remettre le second sefer à un tout petit enfant
OUIRéparer le sefer
S’il faut coudre ou coller et qu’on ne peut autrement, on peut toucher ; bon de se laver les mains d’abord. Sans besoin, même après netilat yadayim, on reste strict pour un sefer Torah
REMAOn n’a plus l’habitude de réserver la hagbaha au plus grand : on honore même des moyens, pour la paix. On vend souvent la mitsva. Enfants capables peuvent recevoir la guelila pour les éduquer
On ne touche pas le sefer nu. La hagbaha est le cœur du roulement. On roule le premier livre avant d’ouvrir le suivant, écriture face à celui qui tient, sans entasser les mitsvot.

Glossaire

hagbaha
levée du séfer Torah ouvert face au tsibbour
guelila
roulement et habillage du séfer Torah
gollel
celui qui roule le séfer
magbiah
celui qui lève le séfer
mapah
bande / nappe dont on entoure le séfer
meil
manteau du séfer Torah
ashourit
écriture carrée des sifrei Torah
shaatnez
mélange de laine et de lin
tashmish qedousha
objet au service direct d'une chose sainte
tashmish detashmish
usage de l'usage, objet au second degré
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
mitsvot havilot havilot
faire les mitsvot par paquets, deux à la fois
sgan
bedeau qui distribue les honneurs
yohera
ostentation / orgueil pieux

(א) אסור לאחוז וכו' - בגמרא אמרינן דעבור זה נקבר ערום ממצוה זו דהיינו שאין לו שכר של אותה מצוה והכונה שאם אחז וקרא בו אין לו שכר מקריאה וכן אם אחזו לגוללו או להגיהו. ואפילו נגיעה בעלמא בידו לס"ת ערומה אסור. וכ"ז דוקא כשאין צורך אבל כשיש צורך לתיקון הס"ת לתפור קצת ולדבק בדבק מטלית וכדומה היכא דלא אפשר רשאי [פמ"ג] ומ"מ טוב שיטול ידיו תחלה אבל כשאין צורך אפילו בנטילת ידים יש להחמיר כמו שמסיים הרמ"א:

Il est interdit de saisir etc. - dans la Guemara on dit que pour cela on est enterré nu de cette mitsva, c'est-à-dire qu'on n'en a pas le mérite : si l'on a saisi et lu dedans, on n'a pas le mérite de la lecture, et de même si on l'a saisi pour le rouler ou le corriger. Même un simple toucher de la main à un séfer Torah nu est interdit. Tout cela seulement quand il n'y a pas besoin ; mais s'il y a besoin de réparer le séfer Torah, coudre un peu, coller avec de la colle une pièce et semblable, là où c'est impossible autrement, c'est permis [Peri Megadim]. Néanmoins il est bon de se laver les mains d'abord ; mais quand il n'y a pas besoin, même avec netilat yadayim il faut être rigoureux, comme le conclut le Rema.

(ב) ס"ת ערום - אם לא ע"י בגד המפסיק וע"כ בעת שגוללים הס"ת קודם קריאה או בשעת הגבהה שלפעמים נמשכים יריעות הס"ת ובכדי להשוות היריעה אוחזים בראשי היריעות למשוך אותם למעלה או למטה כדי שיהיה שוה מבחוץ אזי צריך ליזהר שלא יאחוז ביריעות ביד ערומה אלא צריך הפסקת טלית או מטפחת להפסיק בין ידיו ליריעות הס"ת ובעמודי הס"ת יכול לאחוז בלא מטפחת ויש מחמירין וכורכין עמודי הס"ת בקצוות הטלית בשעת הגבהה ובמקום שלא נהגו הכל לעשות כן אף מי שרוצה לדקדק בזה יעשה בדעת שלא ירגישו בזה בני אדם משום יוהרא:

Un séfer Torah nu - si ce n'est par un vêtement qui interpose. Aussi, lorsqu'on roule le séfer Torah avant la lecture ou à la hagbaha, parfois les feuilles du séfer se déplacent, et pour égaliser la feuille on saisit les extrémités des feuilles pour les tirer en haut ou en bas afin que ce soit égal au-dehors : alors il faut prendre garde de ne pas saisir les feuilles à main nue, mais interposer un talit ou un mouchoir entre ses mains et les feuilles du séfer Torah. Aux montants du séfer Torah on peut saisir sans mouchoir ; certains sont rigoureux et enveloppent les montants du séfer Torah dans les coins du talit à la hagbaha. Là où tout le monde n'a pas l'habitude de le faire, même qui veut être attentif en cela le fera discrètement, afin que les gens ne s'en aperçoivent pas, à cause de l'orgueil.

(ג) שאר כתבי קודש - ודוקא כשכתובים אשורית על הקלף ובדיו כס"ת אבל ספרים שלנו שאין נכתבים באופן זה לכו"ע מותר ואפילו קודם נטילה ומיהו דוקא בסתם ידים אבל כשידע שנגע במקום הטינופת יש להחמיר:

Les autres Écrits saints - et seulement s'ils sont écrits en écriture ashourit sur parchemin et à l'encre comme un séfer Torah ; mais nos livres, qui ne sont pas écrits de cette façon, de l'avis de tous c'est permis, même avant de s'être lavé les mains. Toutefois seulement pour des mains ordinaires ; si l'on sait qu'on a touché un endroit malpropre, il faut être rigoureux.

(ד) ולא נהגו כן - היינו אף באותן שכתובין אשורית ועל הקלף כדין כגון מגילה ג"כ נהגו העולם להקל ומסיים הרמ"א דבזה טוב להחמיר אם לא נטל ידיו ר"ל שהם סתם ידים וחוששין שמא נגע במקום המטונף אבל כשנטל ידיו אין להחמיר בזה ובס"ת אפילו בכה"ג שנטל ידיו ג"כ אסור ליגע בה בלי מטפחת:

Et l'on n'a pas pratiqué ainsi - c'est-à-dire que même pour ceux qui sont écrits en ashourit et sur parchemin selon la loi, comme une méguila, le monde a aussi l'habitude d'être indulgent. Le Rema conclut qu'en cela il est bon d'être rigoureux si l'on ne s'est pas lavé les mains, c'est-à-dire des mains ordinaires, car on craint qu'on n'ait touché un endroit malpropre ; mais si l'on s'est lavé les mains, on n'a pas à être rigoureux en cela. Pour un séfer Torah, même dans ce cas où l'on s'est lavé les mains, il est aussi interdit d'y toucher sans mouchoir.

(ה) גדול וכו' - ואיתא בגמרא דהגולל [והוא מה שאנו קורין היום הגבהה שהוא עיקר הגולל] נוטל שכר כנגד כולן ולכך כדאי שהגדול יהיה מכובד במצוה זו כדי שהוא יקבל השכר:

Un grand etc. - et il est dit dans la Guemara que celui qui roule [et c'est ce que nous appelons aujourd'hui la hagbaha, qui est le principal de celui qui roule] prend un mérite égal à tous ; aussi est-il juste que le plus grand soit honoré de cette mitsva, afin qu'il en reçoive le mérite.

(ו) שבאותם שקראו - ויש פוסקים דהגדול שבביהכ"נ גולל אע"פ שלא קרא בתורה [מ"א] וכן פסק הגר"א בביאורו וכן פשט המנהג כהיום שאין מחפשין אחר מי שקרא בתורה:

Parmi ceux qui ont lu - et certains décisionnaires tiennent que le plus grand de la synagogue roule, même s'il n'a pas lu dans la Torah [Magen Avraham] ; ainsi a tranché le Gra dans son commentaire, et ainsi s'est répandue la coutume aujourd'hui : on ne cherche pas celui qui a lu dans la Torah.

(ז) גוללו - זהו מעיקר הדין ועכשיו נהגו שלא לדקדק בזה ומכבדים אף לאנשים בינונים משום דרכי שלום. ואם יש שני יא"צ ביום אחד ואחד עלה לתורה יש לכבד השני בהגבהה. ומצות גלילה אף כי רבה היא נהגו לכבד אף לקטנים שיש בהם דעת להבחין ענין דבר שבקדושה בכדי לחנכם במצות. [שערי אפרים] עוד כתב שם שאין הסגן רשאי לכבד במצות הגבהה למי שידיו רותתין הרבה או לזקן ותש כח שידוע שהוא מגביהו לשבת מיד כי אין לו כח להחזיקה זמן מה כלפי העם שיוכלו להסתכל היטב וגם האיש ההוא צריך למנוע נפשו מזה ע"ש:

Il le roule - c'est le fond de la loi ; maintenant on n'a plus l'habitude d'y veiller, et l'on honore même des hommes moyens, à cause des voies de la paix. S'il y a deux yahrzeit le même jour et que l'un est monté à la Torah, on honorera le second de la hagbaha. La mitsva de la guelila, bien qu'elle soit grande, on a l'habitude d'en honorer même des enfants qui ont assez de jugement pour distinguer une chose de sainteté, afin de les éduquer aux mitsvot [Shaarei Ephraim]. Il a encore écrit là que le sgan n'a pas le droit d'honorer de la mitsva de hagbaha quelqu'un dont les mains tremblent beaucoup, ou un vieillard affaibli dont on sait qu'il lèvera pour s'asseoir aussitôt, car il n'a pas la force de le tenir un moment face au peuple pour qu'on puisse bien regarder ; et cet homme-là doit aussi s'en abstenir, voir là.

(ח) ורגילים לקנותו - היינו אף דמצד הדין הגדול קודם למצוה זו כהיום משום חבוב המצוה רגילין לקנותו בדמים יקרים ואין להקפיד בזה והוא קודם להגדול [מ"א ועיין בא"ר מה שכתב בזה] ואם לא נמצא בביהכ"נ מי שקנה והגבאים מכבדים להישר בעיניהם בודאי ראוי להגבאים לכבד לגדול. ונוהגין למכור הוצאות והכנסות משום ברב עם הדרת מלך:

Et l'on a l'habitude de l'acheter - c'est-à-dire que bien que de par la loi le plus grand ait priorité pour cette mitsva, aujourd'hui, par amour de la mitsva, on a l'habitude de l'acheter à grand prix, et l'on n'y fera pas d'objection : l'acheteur a priorité sur le plus grand [Magen Avraham ; voir à l'Eliya Rabba ce qu'il a écrit là-dessus]. Si l'on ne trouve pas dans la synagogue qui ait acheté et que les gabbaim honorent qui bon leur semble, certes il convient aux gabbaim d'honorer le plus grand. On a l'habitude de vendre les sorties et les rentrées, parce que « dans la multitude du peuple est la gloire du roi ».

(ט) אם המעיל וכו' - היינו המעיל התחתון שהוא המפה דאלו המעיל העליון לכו"ע אין להפכו וטעם בכ"ז דבעינן לכתחלה לעשות דומיא דארון שהיה מבפנים מצופה זהב:

Si le manteau etc. - c'est-à-dire le manteau inférieur, qui est la mapah ; car le manteau supérieur, de l'avis de tous, on ne le retourne pas. La raison de tout cela : lekhathila (a priori) il faut faire à la ressemblance de l'Arche, qui était plaquée d'or à l'intérieur.

(י) ולא נהגו כן - הנה המ"א כתב דמ"מ לכתחלה טוב לנהוג כן ובביאור הגר"א הסכים להשו"ע דאותה דעה אין לה עיקר וע"כ יש שכתבו דבעל נפש יעשה מפה משני צדדים בשוה ואף שפשתן באמצע נמי שרי דומיא דארון שהיה מצופה זהב מבית ומבחוץ ועץ באמצע. מפות ומטפחות וכן הפרוסות על השלחן אסור מכלאים אבל פרוכות ומה שמניחין בארון ואין יוצא עם הס"ת מותר של כלאים [פמ"ג]:

Et l'on n'a pas pratiqué ainsi - or le Magen Avraham a écrit que néanmoins lekhathila il est bon de pratiquer ainsi ; dans son commentaire le Gra a souscrit au Shoulhan Aroukh, que cet avis n'a pas de fondement. Aussi certains ont écrit qu'un maître de son âme fera une mapah égale des deux côtés, et même s'il y a du lin au milieu c'est aussi permis, à la ressemblance de l'Arche qui était plaquée d'or au-dedans et au-dehors, avec du bois au milieu. Les mapot, les mouchoirs, et de même les nappes sur la table, sont interdits en shaatnez ; mais les parokhot et ce qu'on dépose dans l'Arche et qui ne sort pas avec le séfer Torah sont permis en shaatnez [Peri Megadim].

(יא) במפה הקרועה - וה"ה המעיל שעליה ואפילו הן חדשים דלאו כבוד ותפארת הוא לס"ת:

Avec la mapah déchirée - et de même le manteau qui est dessus, même s'ils sont neufs : ce n'est ni honneur ni splendeur pour le séfer Torah.

(יב) ואין לעשות וכו' - שאין זה דרך כבוד אך בדיעבד אם עשאן מצדד הא"ר שאין לאסור ומיהו עכ"פ זה ודאי שאם עשאו ונשתמש בהן לקדושה אסור להוריד ולעשות מהן תשמיש דתשמיש:

Et l'on ne fera pas etc. - ce n'est pas une voie d'honneur ; mais bediavad (après coup), si on les a faites, l'Eliya Rabba penche à ne pas interdire. Toutefois ceci est certain : si on les a faites et qu'on s'en est servi pour la sainteté, il est interdit de les rabaisser et d'en faire un usage d'usage.

(יג) מפות לס"ת - וה"ה לכל תשמישי קדושה שאין נעשין מדברים שנשתמש בהן מתחלה לצורך הדיוט כמבואר לקמן בסימן קנ"ג סכ"א בלשון המחבר וכ"כ האחרונים אבל לתשמישי מצוה כגון כיס לטלית מותר ובספר בית הלל וא"ר הסכימו דאפילו טלית עצמו מותר מיהו מתשמיש מגונה כגון מכנסים וכדומה נראה דאין לעשות [פמ"ג]. כתב הט"ז ביו"ד סימן רפ"ב דוקא תשמיש קדושה אסור אבל תשמיש דתשמיש שרי והמ"א מפקפק בזה ובצירוף עוד סניף בודאי אין להחמיר בזה. כתב המ"א דוקא כמות שהן אסור להשתמש בהן לקדושה אבל אם שינה צורתן ועשה מהן דבר אחר שרי וכ"כ העולת תמיד והחות יאיר ואף דיש מחמירין גם בזה העולם נוהגין להקל:

Des mapot pour le séfer Torah - et de même pour tous les usages de sainteté : on ne les fait pas d'objets dont on s'est d'abord servi pour un besoin profane, comme exposé plus bas au siman 153 seif 21 dans les termes du Méhabber, et ainsi ont écrit les Aharonim. Mais pour les usages de mitsva, par exemple une pochette pour le talit, c'est permis ; dans le Beit Hillel et l'Eliya Rabba ils ont convenu que même le talit lui-même est permis. Toutefois d'un usage honteux, par exemple un pantalon et semblable, il semble qu'on n'en fasse pas [Peri Megadim]. Le Taz a écrit en Yoré Déa siman 282 que seulement l'usage de sainteté est interdit, mais l'usage de l'usage est permis ; le Magen Avraham en doute, et avec encore un autre appui on n'a certainement pas à être rigoureux en cela. Le Magen Avraham a écrit : seulement tels quels il est interdit de s'en servir pour la sainteté, mais si l'on en a changé la forme et qu'on en a fait autre chose, c'est permis ; ainsi ont écrit l'Olat Tamid et le Hawot Yair. Bien que certains soient rigoureux aussi en cela, le monde a l'habitude d'être indulgent.

(יד) מדברים ישנים - משמע מזה דאם עדיין לא נשתמש בהן שרי ואף דבמ"א מצדד דאפילו בחדשים כל שנעשו לצורך הדיוט אסור הנוהג להקל אין למחות בידו דכן משמע מכמה אחרונים:

D'objets anciens - il en ressort que s'ils ne s'en sont pas encore servis, c'est permis. Bien que le Magen Avraham penche à dire que même pour des neufs, dès qu'ils ont été faits pour un besoin profane c'est interdit, qui a l'habitude d'être indulgent, on ne proteste pas contre lui, car ainsi ressort-il de plusieurs Aharonim.

(טו) כי אין זה וכו' - אבל החזן מוליכו לבימה:

Car ce n'est pas etc. - mais l'officiant le porte à la bimah.

(טז) פי' כשהספר וכו' - היינו דלא נטעה לפרש מה שאמרו גוללו מבחוץ דכשהוא אוחז בעמודי הס"ת להראות הכתב לעם יצמצם לאחזה באופן שיהיה אחוריה נגדו וממילא בעת שירצה לעשות גלילה ג"כ תהיה הגלילה רק מאחורי הספר כי אין הכתב נגד פניו ועל כן קמ"ל דלא כן הוא דאף שמצוה להראות הכתב לעם כדאיתא במסכת סופרים אפ"ה צריך להיות הכתב נגד פניו של האוחז הס"ת כן בעת הגבהה וכן בעת הגלילה דכיון שהוא עוסק בס"ת כבוד התורה הוא להיות הכתב נגד פניו ומה שאמרו גוללו מבחוץ היינו דהתחלת הגלילה יהיה מבחוץ כאשר נבאר בס"ק שאחר זה:

C'est-à-dire quand le livre etc. - afin qu'on ne se trompe pas à expliquer ce qu'ils ont dit « on le roule par dehors » : que lorsqu'il saisit les montants du séfer Torah pour montrer l'écriture au peuple, il resserre sa prise de façon que le dos soit contre lui, et qu'alors, quand il voudra faire la guelila, le roulement ne se fasse aussi que par derrière le livre, puisque l'écriture n'est pas face à lui. C'est pourquoi on nous enseigne qu'il n'en est pas ainsi : bien qu'il y ait mitsva de montrer l'écriture au peuple, comme il est dit dans Massékhet Sofrim, néanmoins l'écriture doit être face à celui qui tient le séfer Torah, tant à la hagbaha qu'à la guelila, car puisqu'il s'occupe du séfer Torah, l'honneur de la Torah est que l'écriture soit face à lui. Ce qu'ils ont dit « on le roule par dehors », c'est que le début du roulement soit par dehors, comme nous l'expliquerons au seif katan suivant.

(יז) ויתחיל לגלול - פי' תחלת הנחת המטפחת על הס"ת לגללה יהיה מבחוץ ועיין במחצית השקל שמצדד לומר דזהו דוקא לפי מה שמסיק הרמ"א דמיירי כשבעל ההגבהה עושה ג"כ הגלילה וע"כ חיישינן שאם יתחיל הגלילה מצד פנים יש לחוש ח"ו שתפול הס"ת לצד חוץ [משא"כ כשמתחיל מבחוץ דא"א שתפול לחוץ דהא מחזיקו במפה שמתחיל לגלול סביבו] אבל לפי מנהגנו שאחד מגביה והשני גולל דליכא למיחש כ"כ שתפול דכיון שבעל הגלילה עומד לפני הס"ת א"א שתפול מהרה ולא ירגיש אפשר דאם ירצה יוכל להתחיל לגללה מצד פנים וכן מנהגנו שאין מקפידין בזה:

Et il commencera à rouler - c'est-à-dire que le début de la pose du mouchoir sur le séfer Torah pour le rouler sera par dehors. Voir au Mahatsit haShéqel qui penche à dire que cela n'est que selon ce que conclut le Rema, qu'il s'agit du cas où celui de la hagbaha fait aussi la guelila ; aussi craint-on que s'il commence le roulement du côté intérieur, le séfer Torah ne tombe, à Dieu ne plaise, vers l'extérieur [ce qui n'est pas le cas s'il commence par dehors, car il est impossible qu'il tombe dehors, puisqu'il le tient par la mapah qu'il commence à rouler autour]. Mais selon notre coutume, où l'un lève et l'autre roule, on n'a pas tant à craindre qu'il tombe, car celui de la guelila se tient devant le séfer Torah et il est impossible qu'il tombe si vite sans qu'il s'en aperçoive : peut-être, s'il veut, pourra-t-il commencer à le rouler du côté intérieur ; et telle est notre coutume, on n'y veille pas.

(יח) ונראה דכ"ז מיירי וכו' - אשמועינן דלא נימא דזה שכתבו שהכתב יהיה נגד פניו והיינו נגד פני הגולל כונתם היכא דאחד מגביה ואחד גולל שצריך להיות הכתב נגד פני הגולל דוקא מחמת שהוא עסוק בה אז [ואחורי הכתב לצד האוחז הס"ת] לזה כתב דלא כן הוא דבזמנם היה המנהג שאחד עשה ההגבהה וגם הגלילה וע"כ איתרמי אז ממילא שהכתב היה נגד פני הגולל אבל באמת היכא דאחד מגביה ואחד גולל יהיה הכתב נגד המגביה לבד כי הוא עיקרו של הגלילה שהוא אוחז הס"ת בידו:

Et il semble que tout cela traite etc. - on nous enseigne qu'on ne dira pas que ce qu'ils ont écrit, que l'écriture soit face à lui, c'est-à-dire face au gollel, vise le cas où l'un lève et l'autre roule, et qu'il faudrait que l'écriture soit face au gollel seulement, parce que c'est lui qui s'en occupe alors [et le dos de l'écriture du côté de celui qui tient le séfer Torah]. C'est pourquoi il a écrit qu'il n'en est pas ainsi : de leur temps la coutume était qu'un seul faisait la hagbaha et aussi la guelila, et c'est pourquoi il se trouvait alors de soi-même que l'écriture était face au gollel ; mais en vérité, là où l'un lève et l'autre roule, l'écriture sera face au magbiah seulement, car c'est lui le principal de la guelila, lui qui tient le séfer Torah en main.

(יט) עיקר הגולל - משמע שהגבהה היא יותר מצוה מגלילה וע"כ מי שנותנין לו ס"ת להגביה ולגלול וא"א לו לעשות שתיהן יגביה ויתן לאחר לגלול אבל אם כיבדו אותו להושטת המעיל ולגלול הגלילה עדיפא דהיא עיקר המצוה ויתן לאחר להושיט:

Le principal de celui qui roule - il en ressort que la hagbaha est plus mitsva que la guelila. Aussi, à qui l'on donne un séfer Torah à lever et à rouler et qui ne peut faire les deux, qu'il lève et donne à un autre de rouler. Mais si on l'a honoré de tendre le manteau et de rouler, la guelila a priorité, car c'est la mitsva principale, et il donnera à un autre de tendre.

(כ) ולא יגלול - פי' שלא יאחוז המפה בידו ויגלול הס"ת סביבו דאינו כבוד לתורה:

Et qu'il ne roule pas - c'est-à-dire qu'il ne saisisse pas la mapah en main et ne roule pas le séfer Torah autour d'elle : ce n'est pas un honneur pour la Torah.

(כא) בתוך התיק - פי' שאין מוציאו מהתיק וגוללו מבפנים טועה שעי"ז נוח להקרע:

Dans l'étui - c'est-à-dire qu'on ne le sort pas de l'étui et qu'on le roule du dedans : il se trompe, car de la sorte il est facile qu'il se déchire.

(כב) מתחיל - אפילו לומר ברכת הפטרה אבל בב' וה' שאומרים יה"ר אחר הקריאה א"צ להמתין על הגולל דאינו אלא מנהג:

Il commence - même à dire la bénédiction de la haftara ; mais le lundi et le jeudi, où l'on dit Yehi ratson après la lecture, on n'a pas à attendre le gollel, car ce n'est qu'une coutume.

(כג) לגלול הס"ת - עיין בפמ"ג שכתב דהמנהג להמתין עד עצם גמר גלילת הספר לבד אף שלא כרכו עדיין המפה עליה אך מרש"י לא משמע כן:

À rouler le séfer Torah - voir au Peri Megadim qui a écrit que la coutume est d'attendre jusqu'à l'achèvement même du roulement du livre seulement, même si l'on n'a pas encore enroulé la mapah dessus ; mais de Rashi il ne semble pas ainsi.

(כד) לא יפתחו השניה וכו' - שאין עושין מצות חבילות חבילות:

On n'ouvrira pas le second etc. - car on ne fait pas les mitsvot par paquets.

(כה) עד שיגללו הראשון - במפה שלה:

Jusqu'à ce qu'on ait roulé le premier - dans sa mapah.

(כו) ואין מסלקין - מן השלחן:

Et l'on ne retire pas - de la table.

(כז) שלא יסיחו - ומניחין השניה על השלחן קודם הקדיש כדי שיאמרו הקדיש על שתיהן ואח"כ מגביהין הראשונה וגוללין אותה ואחר גלילתה במפה פותחין השניה כמו שכתב המחבר. וביום שיש ג' ס"ת כגון ר"ח טבת שחל בשבת וכה"ג אזי אחר שגמרו בראשונה מניחין השניה ואין אומרים קדיש רק מגביה הראשונה וגוללין וכו' וכנ"ל ואחר גמר קריאת השניה מניחין השלישית אצלה שהיא לצורך מפטיר וא"צ להניח הראשונה רק אומר חצי קדיש על שני ס"ת אלו ומגביה השניה ופושטין השלישית וקורין לעולה למפטיר [שערי אפרים וש"א]:

Afin qu'ils ne détournent pas - et l'on pose le second sur la table avant le Qaddish, afin qu'on dise le Qaddish sur les deux, puis on lève le premier et on le roule, et après l'avoir roulé dans sa mapah on ouvre le second, comme a écrit le Méhabber. Un jour où il y a trois sifrei Torah, par exemple Roch Hodesh Tévet qui tombe un Chabbat et semblable, alors après avoir achevé dans le premier on pose le second et l'on ne dit pas de Qaddish, seulement on lève le premier et on le roule etc. comme plus haut ; et après l'achèvement de la lecture du second on pose le troisième à côté, qui est pour le besoin du maftir, et l'on n'a pas à y laisser le premier : on dit un demi-Qaddish sur ces deux sifrei Torah, on lève le second, on déploie le troisième et l'on appelle l'olé au maftir [Shaarei Ephraim et autres].

(כח) ומוציאין ב' הספרים כאחת - ס"ל דאין בזה משום מצות חבילות ע"י ההוצאה בלחוד:

Et l'on sort les deux livres à la fois - il tient qu'il n'y a pas en cela « mitsvot par paquets » par la seule sortie.

(כט) ותופסין השניה - דהיינו שמוסרין הספר למי שהוא שם על הבימה להחזיקו עד שיגיע זמן קריאת המפטיר ולא טוב הדבר שנוהגין באיזה מקומות למסרו לנער קטן אלא עכ"פ יש למסרה לבן דעת. גם יזהר האוחז הספר להתרחק קצת מן הצד כדי שלא יחזיק הספר אחורי הקוראים בתורה:

Et l'on tient le second - c'est-à-dire qu'on remet le livre à quelqu'un qui est là sur la bimah pour le tenir jusqu'à l'heure de la lecture du maftir. Ce n'est pas bien, l'habitude de certains lieux de le remettre à un tout petit enfant ; du moins le remettre à quelqu'un de sensé. Aussi, que celui qui tient le livre prenne garde de s'écarter un peu sur le côté, afin de ne pas tenir le livre derrière ceux qui lisent dans la Torah.