On ne démolit un beit haknesset qu’après avoir achevé l’autre, de peur d’un oness ; exceptions : ruine, danger d’effondrement, décret royal. Pierres, cloisons et objets attachés.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] On ne démolit un beit haknesset (ni un beit midrach) qu’après avoir achevé l’autre [FAIRE] Achever d’abord le nouveau | On termine entièrement l’autre bâtiment, même si l’on n’y a pas encore prié, puis on démolit l’ancien [FAIRE] Bâtir à côté | On ne démolit pas d’abord la cloison : on construit le nouveau à côté, ensuite on abat l’ancien [EVITER] Démolir pour reconstruire | Même pour rebâtir plus beau, ici ou ailleurs : interdit tant que le nouveau n’est pas achevé [EVITER] Prendre les pierres de l’ancien | Bâtiment encore intact : on n’en arrache pas les pierres pour finir le nouveau [EVITER] Arracher une pierre attachée | C’est comme une pierre du Héikhal : « vous ne ferez pas ainsi à ה' votre Dieu » [CAS:OUI] Ruine, danger, décret | Fondations ruinées, menace d’effondrement, ou décret royal d’arrêter d’y prier : on peut démolir [CAS:OUI] Communauté déplacée | Synagogue restée seule hors les murs alors que les Juifs habitent dedans : le Taz a permis de reconstruire à l’intérieur, en commençant d’abord le nouveau [CAS:OUI] Bancs et objets amovibles | Les retirer n’entre pas dans l’interdit d’arracher une pierre du petit Sanctuaire [CAS:NON] Matériaux déjà prêts | Argent chez le gabaï, pierres et poutres prêts : encore interdit, de peur d’un oness (rachat de captifs) [CAS:NON] Simple autre lieu de prière | Avoir où prier ne suffit pas. S’il reste une synagogue fixe dans la ville : le Taz permet, le Magen Avraham interdit [SYNTHESE] On ne laisse jamais la ville sans synagogue. D’abord l’autre bâtiment achevé, ensuite seulement on démolit. Exception : ruine réelle, danger, ou décret qui rend le lieu inutilisable.
(א) בית הכנסת - וה"ה ביהמ"ד ובין של יחיד או של רבים:
Un beit haknesset - et de même un beit midrach, qu’il soit d’un particulier ou du public.
(ב) כדי לבנות וכו' - ר"ל לא מיבעיא אם אין דעתו לבנותו אח"כ כלל דאסור אלא אפילו אם סותרו כדי לבנות אחר במקומו או במקום אחר דאסור ואפילו אם דעתו לבנותו עתה בגודל פאר ויופי:
Afin d’en bâtir, etc. - c’est-à-dire : non seulement s’il n’a pas du tout l’intention de le reconstruire ensuite, c’est interdit ; mais même s’il le démolit afin d’en bâtir un autre à sa place ou ailleurs, c’est interdit ; et même s’il a l’intention de le bâtir maintenant avec grande splendeur et beauté.
(ג) בית הכנסת אחר - וה"ה לעשות ממנו ביהמ"ד נמי אסור אע"פ שקדושתו גדולה יותר [כדלקמן בסימן קנ"ג ס"א] ומהאי טעמא דמסיים. כתבו האחרונים דה"ה כשהבהכ"נ מושכרת להם רק לזמן ודעתם לשכור אח"כ במקום אחר אסור לסלק את עצמם ממקום הראשון עד שישכרו תחלה במקום אחר:
Un autre beit haknesset - et de même en faire un beit midrach est aussi interdit, bien que sa sainteté soit plus grande [comme plus bas siman 153 seif 1], et c’est pour la raison qu’il conclut. Les A'haronim ont écrit que de même, lorsque le beit haknesset n’est loué que pour un temps et qu’ils ont l’intention de louer ensuite ailleurs, il leur est interdit de se retirer du premier lieu avant d’avoir d’abord loué ailleurs.
(ד) אונס וכו' - ואפילו אם היו כבר המעות גבויים לצורך כל הבנין ומונחים ביד הגבאי ואפילו האבנים והקורות וכל צרכי הבנין מוכנים אפ"ה אסור דלמא מתרמי להו פדיון שבויים ויהבי להו [גמרא]:
Un oness (contrainte), etc. - et même si l’argent était déjà collecté pour tout le bâtiment et déposé chez le gabaï, et même si les pierres, les poutres et tous les besoins du bâtiment sont prêts, c’est néanmoins interdit : peut-être surviendra un rachat de captifs et ils les donneront [Guemara].
(ה) שלא יבנו האחר - ונמצאו עומדין בלא ביהכ"נ ואפילו איכא להו דוכתא לצלויי באיזה מקום נמי אסור. והיכא דאיכא עוד ביהכ"נ קבוע בעיר שיכולים להתפלל שם כולם הט"ז מתיר והמ"א אוסר בכל גוונא ועיין בביאור הלכה:
Qu’ils ne bâtissent pas l’autre - et ils se trouveraient sans beit haknesset ; et même s’ils ont un lieu pour prier quelque part, c’est aussi interdit. Lorsqu’il y a encore un beit haknesset fixe dans la ville où tous peuvent prier, le Taz permet et le Magen Avraham interdit en tout cas ; voir le Biour Halakha.
(ו) בונים האחר תחלה - היינו שגומרים אותה כולה ואף שלא התפללו עדיין בה מותר לסתור הישנה דתו ליכא למיחש דילמא איתרמי להו שום דבר מצוה ויזבנו הביהכ"נ כדלקמן בסימן קנ"ג סי"ג:
On bâtit d’abord l’autre - c’est-à-dire qu’on l’achève entièrement ; et même si l’on n’y a pas encore prié, il est permis de démolir l’ancienne, car on n’a plus à craindre qu’il leur survienne quelque mitsva et qu’ils vendent le beit haknesset, comme plus bas siman 153 seif 13.
(ז) ואח"כ סותרין - כתב המ"א בשם המשאת בנימין דאפילו היה הביהכ"נ של כרכים דמבואר לקמן בסימן קנ"ג ס"ז דאנשי העיר אין יכולין למכרו בשום גוונא דמסתמא בנאוהו אדעתא דכו"ע ושמא יש אחד בעולם דלא ניחא ליה במכירה זו הכא שרי דמסתמא כל העולם מרוצים לזה כיון שבנו להם ביהכ"נ אחרת תחת זה:
Et ensuite on démolit - le Magen Avraham a écrit au nom du Massat Binyamin que même s’il s’agissait d’un beit haknesset de grandes villes, dont il est exposé plus bas siman 153 seif 7 que les gens de la ville ne peuvent le vendre en aucun cas, car on l’a vraisemblablement bâti pour tout le monde et peut-être y a-t-il quelqu’un au monde à qui cette vente ne convient pas — ici c’est permis, car vraisemblablement tout le monde y consent, puisqu’on leur a bâti un autre beit haknesset à la place.
(ח) דינא הכי - שאין סותרין המחיצ' אלא בונין החדש בצד הישן ואח"כ סותרין הישן ועיין ביאור הלכה:
La règle est ainsi - on ne démolit pas la cloison, mais on bâtit le nouveau à côté de l’ancien, et ensuite on démolit l’ancien ; voir le Biour Halakha.
(ט) אבל אם חרבו וכו' - וה"ה כשגזר מלכות שלא יתפללו עוד באותו ביהכ"נ ומן הנמנע להשתדל [א"ר] כתב הט"ז מעשה בעיר אחת שהיו היהודים דרים חוץ לחומה ואירע הענין שנתישבו בתוך החומה והיתה הביהכ"נ לבדו חוץ לחומה ואמרתי אין לך תיוהא גדולה מזו והתרתי לסתור אותה כדי לבנותה תוך החומה ויתחילו לבנות ביהכ"נ החדשה ויטלו אח"כ האבנים מן הישנה ויבנו תוך החומה מהם:
Mais s’ils se sont ruinés, etc. - et de même lorsque le pouvoir a décrété qu’on ne priera plus dans ce beit haknesset et qu’il est impossible d’intervenir [Eliya Rabba]. Le Taz a écrit un fait : dans une ville, les Juifs habitaient hors des murs ; il advint qu’ils s’établirent à l’intérieur des murs, et le beit haknesset resta seul hors des murs. J’ai dit : il n’est pas de plus grande désolation que celle-ci, et j’ai permis de le démolir afin de le reconstruire à l’intérieur des murs ; qu’ils commencent à bâtir le nouveau beit haknesset, puis prennent les pierres de l’ancien et en bâtissent à l’intérieur des murs.
(י) ואסור ליקח אבנים וכו' - ענין בפני עצמו הוא ולא קאי אחרבו יסודותיו דאז בודאי מותר לסתרו ולבנות ממנו את הבנין החדש אלא אריש הסעיף קאי דהבהכ"נ הישן הוא שלם וקמיירי שכבר התחיל בנין החדש וחסרו לו אבנים להשלים הבנין ורוצה לסתור הישן כדי להשלים החדש וקמ"ל דאפילו בכה"ג שאין סתירתו של זה אלא לבנינו של זה אפ"ה חיישינן שמא יארע לו אונס ולא ישלים וע"כ אסור אפילו באיכא דוכתא לצלויי וכמ"ש לעיל בריש הסימן:
Et il est interdit de prendre des pierres, etc. - c’est un sujet à part, et cela ne se rapporte pas à « ses fondations se sont ruinées », car alors il est certainement permis de le démolir et d’en bâtir le nouvel édifice ; mais cela se rapporte au début du seif : l’ancien beit haknesset est intact, et il s’agit du cas où l’on a déjà commencé le nouvel édifice, qu’il manque des pierres pour l’achever, et que l’on veut démolir l’ancien pour achever le nouveau. On nous enseigne que même dans un tel cas, où la démolition de celui-ci n’est que pour la construction de celui-là, on craint néanmoins qu’il ne lui survienne un oness et qu’il n’achève pas. C’est pourquoi c’est interdit, même s’il y a un lieu pour prier, comme écrit plus haut au début du siman.
(יא) ואסור לסתור דבר - דהוי כנותץ אבן מן ההיכל דאסור משום שנאמר את מזבחותם תתצון וגו' לא תעשון כן לה' אלהיכם ובהכ"נ וביהמ"ד ג"כ נקרא מקדש מעט. ודוקא לנתוץ ולשבר כלי קודש או לעקור דבר מחובר כמו אבן ממזבח לאפוקי לפנות הכלי קודש והספסלין וכדומה מביהכ"נ אף שאין זה כבוד לביהכ"נ יש לומר שאין בכלל זה [מהר"מ פאדווה סי' ס"ה]:
Et il est interdit de démolir quoi que ce soit - car c’est comme arracher une pierre du heikhal, interdit parce qu’il est dit : « Vous démolirez leurs autels, etc. — vous ne ferez pas ainsi à ה' votre D.ieu » ; et le beit haknesset et le beit midrach sont aussi appelés petit Sanctuaire. Et uniquement pour démolir et briser des objets sacrés, ou extraire une chose attachée comme une pierre de l’autel ; à l’exclusion d’enlever les objets sacrés et les bancs et similaires du beit haknesset : bien que ce ne soit pas un honneur pour le beit haknesset, on peut dire que cela n’entre pas dans cela [Maharam de Padoue, siman 65].
(יב) א"כ עושה וכו' - דאין זה נתיצה אלא בנין. ואותן שמדבקין דף בכותל ביהמ"ד ועושים גומא בכותל שיוכל להחזיק שם על ידי עץ אותו דף רבים מהאחרונים מקילין בזה דלא כט"ז:
S’il le fait ainsi, etc. - car ce n’est pas une démolition mais une construction. Quant à ceux qui collent une planche au mur du beit midrach et font un trou dans le mur afin de pouvoir y maintenir cette planche au moyen d’un bois, beaucoup d’A'haronim sont indulgents en cela, contrairement au Taz.