משנה ברורה

Michna Beroura — siman 153

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lois de la construction de la synagogue
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On élève dans la sainteté et l’on n’abaisse pas. Transformation d’une synagogue en maison d’étude ; vente des objets saints et emploi de leur prix selon le degré de sainteté ; collecte d’argent, bois et pierres ; distinction entre synagogue de village et de grande ville ; pouvoirs des sept notables en présence des gens de la ville ; destination, prière, don, échange, gage et prêt ; salaire de prostitution et prix d’un chien ; ’hazaka sur les honneurs et les charges publiques.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] On élève dans la sainteté et l’on n’abaisse pas : vente des objets saints, village et grande ville [FAIRE] Monter en sainteté | Faire d’une synagogue une maison d’étude ; vendre un objet saint pour en prendre un plus saint (mitpa’hat → houmachim → séfer Torah) [FAIRE] Village : sept notables | En présence des gens de la ville, ils peuvent vendre et même faire de l’argent un usage profane [FAIRE] Séfer pour une mitsva grave | On peut vendre un séfer Torah pour l’étude de la Torah, marier des orphelins ou racheter des captifs [EVITER] Abaisser la sainteté | Pas de maison d’étude vers synagogue ; pas le prix d’un séfer pour des houmachim ; lekhathila on ne vend pas pour un objet seulement semblable [EVITER] Grande ville | Bâtie à l’intention de tous : même les sept notables ne peuvent la vendre pour qu’elle cesse d’être synagogue [EVITER] Gage, louer, prêter | Le corps reste saint : on ne met pas en gage, on ne loue pas, on ne prête pas pour un usage profane [EVITER] Salaire et prix interdits | On ne fait pas synagogue, séfer, nappes ni ustensiles du salaire d’une prostituée ni du prix d’un chien [CAS:OUI] Petit groupe en ville | Synagogue d’artisans ou d’une rue éloignée : statut de village, sauf si la ville a aidé à bâtir [CAS:OUI] Pas encore prié | Maison destinée à la tefila avec de l’argent profane, sans qu’on y ait prié : la simple destination ne suffit pas [CAS:NON] Argent collecté | Collecte auprès de la ville pour la synagogue : on ne change plus, même avant d’y prier [REMA] Si les sept notables vendent en public et que les gens de la ville n’ont pas protesté, cela compte comme « en présence des gens de la ville » [SYNTHESE] On monte en sainteté, on ne descend pas. Un village peut vendre par ses sept notables devant le public ; une grande ville, conçue pour tout le monde, ne se vend pas pour cesser d’être synagogue. L’argent collecté reste lié.

Glossaire

beit hamidrash
maison d'étude
teiva
arche / coffre où l'on dépose le sefer Torah
mitpa'hat
housse ou manteau du sefer Torah
houmash
un des cinq livres de la Torah, ici souvent en rouleau
Neviim
Prophètes
Ketouvim
Écrits
'ilouy kedousha
élévation de sainteté
horada mikedousha
abaissement de sainteté
shiv'a tovei ha'ir
les sept notables de la ville
ma'amad anshei ha'ir
en présence des gens de la ville
kfar
village
kerakh
grande ville
tashmishé kedousha
objets de sainteté (au service d'un objet saint)
tashmishé mitsva
objets de mitsva
kedouchat ha-gouf
sainteté inhérente à l'objet lui-même
hazmana
simple destination / consécration d'intention
gabaï
trésorier ou administrateur de la synagogue
hekdesh
bien consacré
hakhrazah
criée, annonce publique de vente
ona'a
lésion (vice de prix)
pidyon shevouyim
rachat des captifs
etnan zona
salaire d'une prostituée
me'hir kelev
prix d'un chien
'hazaka
possession établie / droit acquis par l'usage
beréra
rétroactivité du choix
arayot
unions interdites
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
oness
contrainte
shogeg
par erreur

(א) מבית הכנסת בית המדרש - הוא מקום המיוחד לתורה וקדושתו גדולה יותר ואפילו אין דרך להתפלל שם כלל. כתב המ"א צ"ע אי מותר לעשות מביהכ"נ ביהמ"ד ליחיד בביתו ובא"ר מצדד להחמיר בזה וכן משמע במאירי שם במגילה:

D'une synagogue, une maison d'étude — c'est un lieu réservé à la Torah, dont la sainteté est plus grande, même si l'on n'a pas du tout l'habitude d'y prier. Le Magen Avraham écrit qu'il y a lieu d'examiner s'il est permis de faire d'une synagogue une maison d'étude privée chez soi ; l'Elya Rabba penche à être rigoureux à ce sujet, et c'est aussi ce qui ressort du Méiri, là-bas dans Meguila.

(ב) אבל לא וכו' - שמעלין בקודש ואין מורידין:

Mais non, etc. — car on élève dans la sainteté et l'on n'abaisse pas.

(ג) שמכרו ביהכ"נ - ואפילו לכתחלה נמי מותר למכור כדי לקנות עילוי קדושה והא דנקט שמכרו היינו משום סיפא דלהוריד מקדושה אפילו כבר מכרו אסור [א"ר] ועיין לקמן בסי"ג בבה"ל מה שכתבנו שם אם לעילוי קדושה מותר למכור ביהכ"נ כשאין לו ביהכ"נ אחרת:

S'ils ont vendu la synagogue — même lekhathila (a priori) il est aussi permis de vendre afin d'acquérir une élévation de sainteté. S'il a dit « s'ils ont vendu », c'est à cause de la fin : pour abaisser la sainteté, même s'ils ont déjà vendu, c'est interdit [Elya Rabba]. Voir plus bas au seif 13, dans le Biour Halakha, ce que nous avons écrit là-bas : s'il est permis, pour une élévation de sainteté, de vendre une synagogue lorsqu'on n'en a pas d'autre.

(ד) יכולים ליקח וכו' - שכל זה דקחשיב פה הוא העלאה בקדושה:

Ils peuvent prendre, etc. — car tout ce qui est énuméré ici constitue une élévation de sainteté.

(ה) כל חומש לבדו - בימיהם היו כותבין החומשין כעין ס"ת בגלילה ובתפירת גידין:

Chaque houmash à part — de leur temps, on écrivait les houmashim à la manière d'un sefer Torah, en rouleau et cousu de nerfs.

(ו) וכן נביאים וכתובים - שוים לחומשים לענין שיש עילוי בקדושתן ממטפחת ויכול לקנותן בדמי מטפחת ומ"מ לא שוים לכל צד דקדושת חומשים העשוים בגלילה גדולה מהן ואסור ליקח בדמי חומשין נביאים וכתובים ובדמי נביאים וכתובים לוקחין חומשים. ונביאים וכתובים גופא כי הדדי נינהו [אחרונים] וחומשין שלנו אפילו אם כל החמשה היו כרוכין יחד גרע מחומש אחד העשוי כתיקון ס"ת [א"ר]:

Et de même les Neviim et les Ketouvim — ils sont égaux aux houmashim en ceci qu'il y a élévation de sainteté par rapport à la mitpa'hat, et l'on peut les acheter avec le prix d'une mitpa'hat. Toutefois ils ne sont pas égaux à tous égards : la sainteté des houmashim faits en rouleau est plus grande qu'eux, et il est interdit de prendre, avec le prix des houmashim, des Neviim et des Ketouvim ; avec le prix des Neviim et des Ketouvim, on prend des houmashim. Les Neviim et les Ketouvim eux-mêmes sont égaux entre eux [Aharonim]. Nos houmashim, même si les cinq étaient reliés ensemble, sont inférieurs à un seul houmash fait selon la confection d'un sefer Torah [Elya Rabba].

(ז) אבל איפכא וכו' - דהיינו מס"ת ליקח חומשים וכן מחומשים מטפחת וכן בכולהו:

Mais l'inverse, etc. — c'est-à-dire d'un sefer Torah prendre des houmashim, et de même des houmashim une mitpa'hat, et ainsi pour tous.

(ח) דינו כחומשים - כיון שאין קורין בו אע"פ שאפשר לתקנו:

Son statut est comme les houmashim — puisqu'on n'y lit pas, bien qu'il soit possible de le corriger.

(ט) כיוצא בה - דהיינו שמכרו ביהכ"נ ישנה ורוצה בדמיה ליקח חדשה וכן בכל הדברים:

Une [sainteté] semblable — c'est-à-dire s'ils ont vendu une ancienne synagogue et veulent, avec son prix, en prendre une nouvelle ; et de même pour toutes les choses.

(י) יש אוסרים - כיון דאין מעלן בקדושה אע"ג דאין מורידן ג"כ ודוקא בכל הדברים שיכול להעלות בקדושה וכנ"ל אבל בס"ת שאין יכול להעלות הדמים בקדושה יותר לכו"ע כשמכרה יקח בדמיה אחרת:

Certains interdisent — puisqu'on n'élève pas en sainteté, bien qu'on n'abaisse pas non plus. Et cela uniquement pour toutes les choses dont on peut élever la sainteté, comme ci-dessus. Mais pour un sefer Torah, dont on ne peut élever davantage le prix en sainteté, de l'avis de tous, lorsqu'on l'a vendu, on prendra avec son prix un autre.

(יא) ויש מתירין - כיון דעכ"פ אין מורידן מקדושתן וכ"ז לענין דיעבד אבל לענין לכתחלה בודאי אסור למכור שום דבר קדושה כדי ליקח כיוצא בה ואפילו היכא דליכא למיחש לפשיעותא כגון שהדבר קדושה אחרת מזומן לפנינו ואינו חסר אלא נתינת מעות אפ"ה אסור דצריך להעלות בקדושה דוקא. ואם חזי ביה תיוהא [דבר רעוע] או שהיה קטן מהכיל לכו"ע מותר אפילו לכתחלה למכרו כדי ליקח אחר [פמ"ג וש"א]. כתב הט"ז בזמנינו אנו רואין הרבה מוכרים ספרים ולוקחין אחרים בדמיהם נראה דעכשיו מתחלה כשקונה הספר היה דעתו לכך שיהיה לו כ"ז שיצטרך לו ובאם יזדמן לו יותר יפה ימכור זה ויקח היפה ואף שלא התנה בפירוש והא"ר כתב דטעם המנהג הוא משום דסומכין על מה שכתוב בס"י דיחיד על ס"ת שלו מותר למכור וכו' אבל הספר של צבור ה"נ דאסור ועי"ש במ"ב:

Et certains permettent — puisqu'en tout cas on n'abaisse pas leur sainteté. Et tout cela concerne le bediavad (après coup) ; mais lekhathila, il est certainement interdit de vendre un objet de sainteté afin d'en prendre un semblable, même là où il n'y a pas à craindre une négligence, par exemple si l'autre objet de sainteté est déjà prêt devant nous et qu'il ne manque que de donner l'argent : même ainsi c'est interdit, car il faut précisément élever en sainteté. Si l'on y voit un défaut [chose fragile] ou s'il était trop petit pour contenir, de l'avis de tous il est permis même lekhathila de le vendre afin d'en prendre un autre [Peri Megadim et autres]. Le Taz écrit : de notre temps, nous voyons beaucoup vendre des sefarim et en prendre d'autres avec leur prix ; il semble qu'aujourd'hui, dès l'achat du sefer, l'intention était qu'il lui reste tant qu'il en aura besoin, et que s'il s'en présente un plus beau, il vendra celui-ci et prendra le plus beau, même s'il n'a pas stipulé explicitement. L'Elya Rabba a écrit que la raison de la coutume est qu'on s'appuie sur ce qui est écrit dans le Siftei Kohen : un particulier, pour son sefer Torah, a le droit de vendre, etc. ; mais le sefer de la communauté, de même, est interdit. Voir là-bas dans le Mishna Beroura.

(יב) או ס"ת - אמה דמסיים אין משנין קאי או דנקטיה לאשמועינן דמשנין אותו להספקת תלמידים וכדלקמיה בס"ו:

Ou un sefer Torah — cela se rapporte à ce qu'il conclut « on ne change pas », ou bien il l'a mentionné pour enseigner qu'on le change pour l'entretien des élèves, comme plus bas au seif 6.

(יג) אין משנין וכו' - ואם רוצים הגבאים ללותן וליתן אח"כ אחרים תחתם להמ"א אסור דהבעלים ניחא להו למעבד המצוה בממון זה דוקא ולט"ז שרי אך ע"י שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר לכו"ע שרו לשנות המעות כמ"ש בסעיף ז':

On ne change pas, etc. — et si les gabaim veulent les emprunter et donner ensuite d'autres à leur place, selon le Magen Avraham c'est interdit, car les propriétaires agréent que la mitsva soit faite précisément avec cet argent ; selon le Taz c'est permis. Mais par les sept notables de la ville en présence des gens de la ville, de l'avis de tous il est permis de changer l'argent, comme il est écrit au seif 7.

(יד) לכל מה שירצו - היינו אפילו דבר שאין בו קדושה כלל אלא שהוא צרכי צבור והטעם כיון שנעשה דעת אנשי העיר בהמעות מש"ה שרי בהמותר:

Pour tout ce qu'ils voudront — c'est-à-dire même une chose qui n'a aucune sainteté, pourvu que ce soient des besoins de la communauté. La raison : puisque l'intention des gens de la ville s'est attachée à l'argent, c'est permis pour le surplus.

(טו) אפילו קנו ומכרו וכו' - הא"ר והגר"א מפקפקין בזה דאפשר שכיון שאח"כ קנו סתם מכל הדמים חיילא הקדושה בכל הקניה ואסור אח"כ כשמכרו והותירו:

Même s'ils ont acheté et vendu, etc. — l'Elya Rabba et le Gra mettent cela en doute : peut-être que, puisqu'ensuite ils ont acheté sans précision avec tout l'argent, la sainteté s'attache à tout l'achat, et il est ensuite interdit, lorsqu'ils ont vendu, d'employer le surplus.

(טז) אבל אם לא התנו וכו' - הטעם דאז כשקנו חל הקדושה על כל מה שקנו ואינו מועיל אח"כ התנאי בעת המכירה:

Mais s'ils n'ont pas stipulé, etc. — la raison : alors, au moment de l'achat, la sainteté s'est attachée à tout ce qu'ils ont acheté, et la stipulation faite ensuite au moment de la vente n'y change rien.

(יז) חלה קדושת הדמים וכו' - להמ"א שכתבנו לעיל בסקי"ג אסור ללותן וליתן אחרים תחתם:

La sainteté du prix s'attache, etc. — selon le Magen Avraham que nous avons cité plus haut au seif katan 13, il est interdit de les emprunter et de donner d'autres à leur place.

(יח) ואסור לשנותן רק וכו' - ואע"ג דמוכח לקמיה בס"ח דאפילו אם בנאוהו לשם ביהכ"נ בעינן דוקא שהתפללו בו אבל כ"ז שלא התפללו בו יכולין לשנותו דהזמנה לאו מילתא היא התם מיירי שלא נעשה הביהכ"נ ע"י גביית מעות שגבו לצרכה מבני העיר אלא שקנאוהו הקהל ממעות חולין שגבו סתם או שכל אחד הביא עצו ואבנו ובנו ביהכ"נ אבל כשנגבה מעות ע"ז מבני העיר ודאי דאסור לשנותו אפילו עדיין לא התפללו שם כלום וכן אם יש עדיין מעות הגביה או עצים ואבנים שקנו מהם וכמו שפסק המחבר והרב. והטעם י"א משום דכבר בא ליד הגבאי והמ"א כתב הטעם דכיון שנגבו המעות מבני העיר לצורך ביהכ"נ יש בזיון אח"כ אם ישנוהו להורדת קדושה:

Et il est interdit de les changer, seulement, etc. — bien qu'il soit prouvé plus bas au seif 8 que même s'ils l'ont bâti pour en faire une synagogue, il faut précisément qu'on y ait prié ; mais tant qu'on n'y a pas prié, on peut le changer, car la simple destination n'est pas déterminante. Là-bas, il s'agit d'une synagogue qui n'a pas été faite par une collecte d'argent prélevée pour elle auprès des gens de la ville, mais que la communauté a achetée avec de l'argent profane collecté sans précision, ou que chacun a apporté son bois et sa pierre et l'on a bâti une synagogue. Mais lorsqu'on a collecté de l'argent pour cela auprès des gens de la ville, il est certainement interdit de le changer, même si l'on n'y a encore prié en rien. De même s'il reste encore l'argent de la collecte, ou le bois et les pierres achetés avec, comme l'ont décidé le Mé'haber et le Rav. La raison, selon certains : cela est déjà parvenu aux mains du gabaï ; le Magen Avraham a écrit que la raison est que, puisqu'on a collecté l'argent auprès des gens de la ville pour les besoins de la synagogue, il y a ensuite un mépris si on le change pour abaisser la sainteté.

(יט) ואם הביאו עצים וכו' - לפי פירוש המ"א מיירי כאן שלא הלכו לקבץ אותם מבני העיר דזה לא גריעי מגבו מעות אלא שנמצאו רבים שהתנדבו מעצמן והביאו דאז מותר לשנותן קודם שבאו ליד גבאי ועיין בבה"ל ד"ה אין משנין:

Et s'ils ont apporté du bois, etc. — selon l'explication du Magen Avraham, il s'agit ici de cas où l'on n'est pas allé les collecter auprès des gens de la ville — car cela ne serait pas inférieur à une collecte d'argent —, mais où l'on a trouvé beaucoup de gens qui se sont spontanément engagés et ont apporté : alors il est permis de les changer avant qu'ils parviennent aux mains du gabaï. Voir le Biour Halakha, mot « on ne change pas ».

(כ) ליד גבאי אסור לשנותן - אבל ע"י שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר שרי וכמ"ש ס"ז:

Parvenus aux mains du gabaï, il est interdit de les changer — mais par les sept notables de la ville en présence des gens de la ville, c'est permis, comme il est écrit au seif 7.

(כא) מותר לשנותן - פי' ללותן ולתת אחרים תחתיהם וה"ה כשהתנדבו מעות לביהכ"נ נמי דינא הכי [מ"א]:

Il est permis de les changer — c'est-à-dire de les emprunter et de donner d'autres à leur place ; et de même, lorsqu'on s'est engagé à donner de l'argent pour la synagogue, la règle est identique [Magen Avraham].

(כב) לא יוכל לחזור בו - דהוי נדר:

Il ne pourra pas se rétracter — car c'est un vœu.

(כג) ואפילו ס"ת - הטעם דהא אמרינן אין מוכרין ספר תורה אלא ללמוד תורה משמע דללמוד תורה מותר אפילו למכור ס"ת [תשובת הרא"ש ע"ש שהאריך בזה] וד"ז תוכחת מגולה לאותן האנשים המתרשלין להחזיק תורה בעריהן:

Et même un sefer Torah — la raison : nous disons « on ne vend pas un sefer Torah si ce n'est pour étudier la Torah », ce qui implique que pour étudier la Torah il est permis même de vendre un sefer Torah [responsa du Roch, voir là-bas qui s'est étendu]. Et cette règle est une réprimande ouverte pour ceux qui tardent à soutenir la Torah dans leurs villes.

(כד) או להשיא יתומים - ואפילו יתומות דאע"ג דאין האשה מצווה על פריה ורביה מ"מ לשבת יצרה שייך גם באשה. וה"ה דמוכרין ס"ת לפדיון שבויים [מ"א וכן הסכים הא"ר בשם כמה פוסקים] ועיין לקמן בסי"ג במ"א שם דמוכח דאין ראוי למכור אפילו ביהכ"נ ואפילו לפ"ש כ"א בשא"א להשיג מעות אחרות ע"ז מן הצבור ובאופן זה בודאי מותר אפילו בשאין להם רק ביהכ"נ אחת. הנה מפני שהסעיף זיי"ן יש בו כמה פרטים לכן אקדים לזה הקדמה קצרה והוא דמה שנזכר לעיל מענין מכירת ביהכ"נ ה"מ אם הוא של כפר דסתמא בנאוהו רק אדעתא דידהו ולכן יש יכולת ביד רוב בני העיר למכרו אך שלא יורידו אח"כ הדמים מקדושתן וכשהוא נמכר גם בהסכמת הז' טובים שלהם אז יכולין לעשות בהדמים מה שירצו דהיינו להוציאם לחולין כדאיתא לקמיה אבל אם הוא ביהכ"נ של כרכים תלינן דבעת הבנין בנוהו גם אדעתא דכולי עלמא ואפילו אם נתנו כל מעות הבנין משלהם אפ"ה תלינן דבשביל כולם בנוהו ולכן אפילו הסכימו אח"כ במכירתו ז' טו"ה במעמד אנשי העיר אין מכירתן מכירה ועתה נבאר דברי השו"ע:

Ou pour marier des orphelins — et même des orphelines : bien que la femme ne soit pas commandée concernant « croissez et multipliez », toutefois « Il l'a formée pour habiter » s'applique aussi à la femme. Et de même on vend un sefer Torah pour le rachat des captifs [Magen Avraham, et l'Elya Rabba l'a approuvé au nom de plusieurs décisionnaires]. Voir plus bas au seif 13, dans le Magen Avraham là-bas, d'où il ressort qu'il n'est pas convenable de vendre même une synagogue, et même pour le rachat des captifs, sauf s'il est impossible d'obtenir d'autre argent pour cela de la communauté ; et de cette manière, c'est certainement permis même s'ils n'ont qu'une seule synagogue. Voici : parce que le seif 7 contient plusieurs détails, je fais précéder une courte introduction. Ce qui a été mentionné plus haut au sujet de la vente d'une synagogue n'est dit que si elle est d'un village, car on présume qu'on ne l'a bâtie que pour eux ; aussi la majorité des gens de la ville a-t-elle le pouvoir de la vendre, à condition de ne pas abaisser ensuite le prix de sa sainteté. Et lorsqu'elle est vendue aussi avec l'accord de leurs sept notables, alors ils peuvent faire de l'argent ce qu'ils veulent, c'est-à-dire le faire sortir vers l'usage profane, comme il est dit plus bas. Mais si c'est une synagogue de grandes villes, nous présumons qu'au moment de la construction on l'a aussi bâtie en pensant à tout le monde ; et même s'ils ont donné tout l'argent de la construction de leurs deniers, néanmoins nous présumons qu'ils l'ont bâtie pour tous. Aussi, même si ensuite les sept notables, en présence des gens de la ville, ont consenti à la vente, leur vente n'est pas une vente. Et maintenant nous expliquerons les paroles du Choulhan Aroukh.

(כה) של כפרים - והסכימו האחרונים דבאתרא דלא שכיחי רבים דאתי מעלמא נקרא כפר אע"ג דשכיחי רבים עוברים ושבים לפרקים כיון דלא קביעי בעיר אלא עוברים ושבים דרך עראי מקרי כפר אמנם כל מקום דשכיחי רבים מעלמא שבאין להתפלל שם כגון מקום שהסוחרים מתקבצין שם תדיר לסחורה אפילו אם העיר היא קטנה או מקום שיש שם חכם גדול שמתקבצים שם רבים הצריכים לו ולתורתו הוי ככרך דמסתמא אדעתא דכל העולם בנאוהו. עוד כתבו הפוסקים דאפילו ביהכ"נ שבכרך אם ידוע שלא עשו אותה אלא למעט עם כגון הביהכ"נ שעושין אותה בעלי אומניות לעצמן [וה"ה כשנתקבצו הבע"ב של איזה רחוב הרחוק מן ביהכ"נ שבעיר ועשו ביהכ"נ לעצמן] ג"כ דינו כבהכ"נ של כפרים אפילו הוא בכרך דמסתמא רק על דעת עצמן בנוהו אם לא שסייעו אנשי העיר ג"כ על הבנין ואפילו מעט אז אין להם רשות על המכירה בלא דעתן:

De villages — et les Aharonim sont d'accord que dans un lieu où il n'est pas fréquent que beaucoup viennent du dehors, on l'appelle village, bien que beaucoup de passants y passent de temps en temps : puisqu'ils ne sont pas fixés dans la ville, mais n'y passent que de façon occasionnelle, cela s'appelle un village. Toutefois, tout lieu où il est fréquent que beaucoup viennent du dehors pour y prier — par exemple un endroit où les commerçants se rassemblent régulièrement pour le commerce, même si la ville est petite, ou un lieu où il y a un grand sage auprès de qui se rassemblent beaucoup de gens qui ont besoin de lui et de sa Torah — a le statut de grande ville, car on présume qu'on l'a bâtie en pensant à tout le monde. Les décisionnaires ont encore écrit que même une synagogue d'une grande ville, s'il est connu qu'on ne l'a faite que pour un petit nombre, par exemple la synagogue que des artisans se font pour eux-mêmes [et de même lorsque les maîtres de maison d'une rue éloignée de la synagogue de la ville se sont rassemblés et se sont fait une synagogue pour eux-mêmes], a aussi le statut d'une synagogue de villages, même si elle est dans une grande ville, car on présume qu'ils ne l'ont bâtie que pour eux-mêmes — à moins que les gens de la ville aient aussi aidé à la construction, même un peu : alors ils n'ont pas le droit de vendre sans leur avis.

(כו) ואפילו בנו - דמסתמא אחרים נתנו להם המעות שיעשו הם בהם מה שירצו כיון שאין רגילות לבוא שם ולכן אפילו אותם אחרים אינם מסכימים אח"כ במכירה מותר למכרה:

Et même s'ils ont bâti — car on présume que d'autres leur ont donné l'argent pour qu'ils en fassent ce qu'ils veulent, puisqu'il n'est pas habituel d'y venir ; aussi, même si ces autres ne consentent pas ensuite à la vente, il est permis de la vendre.

(כז) ואינם רשאים וכו' - עיין לעיל בס"ד דיש דעות אם מותר לשנותן לכיוצא בה:

Et ils n'ont pas le droit, etc. — voir plus haut au seif 4, s'il y a des avis sur le permis de les changer pour une [sainteté] semblable.

(כח) פרנסיהם - ז' טובי העיר:

Leurs administrateurs — les sept notables de la ville.

(כט) ז' טובי העיר - כתב הרשב"א ח"א סימן תרי"ז והביאו הרשד"ם סימן קע"ה ז' טו"ה אינם שבעה אנשים המובחרים בחכמה או בעושר וכבוד אלא שבעה אנשים שהעמידום הצבור פרנסים על עניני העיר והרי הם כאפוטרופסין עליהם וכתב עוד שם וא"ת אי כשקבלו עליהם למה לי ז' ומשני שם דאם מקבלים עליהם אנשים לעסוק בדבר ידוע ומפורט כגון בענינינו שביררו אותן למכירה אפילו אחד נמי יכולין למנות וכל מה שעשה עשוי אלא דמיירי שהעמידו עליהם פרנסים בסתם לפקח על עסקי הצבור לפיכך כשהן שבעה יש להן רשות לכל דבר כאלו עשו כן כל בני העיר אע"פ שלא העמידו אותם על דבר זה בפירוש אבל בפחות מז' אין כחן שוה להיותן ככל בני העיר עד שיטלו רשות בפירוש מבני העיר וכן כתבו כמה פוסקים:

Les sept notables de la ville — le Rachba a écrit, I, siman 617, et le Rachdam l'a cité, siman 175 : les sept notables de la ville ne sont pas sept hommes choisis pour la sagesse, la richesse ou l'honneur, mais sept hommes que la communauté a établis comme administrateurs des affaires de la ville, et ils sont comme des tuteurs pour elle. Il a encore écrit là-bas : et si tu dis, s'ils les ont acceptés sur eux, pourquoi faut-il sept ? Il répond là-bas que s'ils acceptent sur eux des hommes pour s'occuper d'une chose connue et précisée, comme dans notre sujet où on les a désignés pour la vente, même un seul peut être nommé et tout ce qu'il a fait est fait ; mais il s'agit ici de cas où on a établi sur eux des administrateurs sans précision, pour veiller aux affaires de la communauté ; c'est pourquoi, lorsqu'ils sont sept, ils ont pouvoir pour toute chose comme si tous les gens de la ville l'avaient fait, bien qu'on ne les ait pas établis explicitement pour cette chose. Mais à moins de sept, leur pouvoir n'équivaut pas à celui de tous les gens de la ville, jusqu'à ce qu'ils reçoivent explicitement l'autorisation des gens de la ville. Et plusieurs décisionnaires ont écrit de même.

(ל) אבל וכו' לכל מה שירצו - ר"ל אפילו לאיזה דבר של חול:

Mais, etc., pour tout ce qu'ils voudront — c'est-à-dire même pour une chose profane.

(לא) בפירוש וכו' כל מה וכו' - ר"ל באופן זה דינו כשבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר שרשאים אח"כ להוציא המעות לכל מה שירצו כיון שהרשוהו לזה אבל אם נתנו לו סתם רשות למכור אז המעות בקדושתן [א"ר]:

Explicitement, etc., tout ce, etc. — c'est-à-dire que de cette manière son statut est comme celui des sept notables de la ville en présence des gens de la ville, qui ont ensuite le droit de faire sortir l'argent pour tout ce qu'ils veulent, puisqu'on l'y a autorisé. Mais si on lui a donné sans précision le droit de vendre, alors l'argent reste dans sa sainteté [Elya Rabba].

(לב) מוכרין בפרסום וכו' - ר"ל דכל שמוכרין ז' טובי העיר בפרהסיא ולא בצינעא ולא מיחו בהם בני העיר מקרי במעמד אנשי העיר. ותיבת או לאו שכתב הרמ"א שיגרא דלישנא הוא ואינו מדוקדק גם במרדכי ובד"מ הארוך ליתא:

Ils vendent publiquement, etc. — c'est-à-dire que dès que les sept notables de la ville vendent en public et non en secret, et que les gens de la ville n'ont pas protesté, cela s'appelle « en présence des gens de la ville ». Le mot « ou non » qu'a écrit le Rema est une formule de langage et n'est pas précis ; il ne se trouve pas non plus dans le Mordekhaï ni dans le Darkhei Mochè long.

(לג) אפילו בנו אותו משלהם - דכיון דמעלמא אתו לשם מסתמא בני העיר הקדישוהו גם לדעת הנכנסים ולפיכך אין להם רשות למכור שמא יש אחד בסוף העולם שהיה סמוך לעיר הזאת ורגיל ליכנס בה ולדעתו הוקדשה והוא אינו מסכים במכירה ולכן אפילו הסכימו במכירה זט"ה במעמד אנשי העיר אין מכירתן מכירה דאינהו לא כייפי לבני העיר ולפרנסיה ואפילו אם ירצו להעלות אח"כ הדמים בקדושה כגון לקנות מזה ס"ת וכה"ג ג"כ אין להם רשות לזה דשמא אותן אחרים לא יסכימו לזה. וכ"ז בסתמא אבל אם ברור לן דלא בנאו אלא אדעתא דבני עירם לבד [כגון שהתנו בעת בנינם או שבשעת בנין היתה כפר ואח"כ נתרבו בה תושבים הרבה] וגם לא סייעו להם אחרים דינו ככפר. כתב המ"א בשם המבי"ט דאפילו ביהכ"נ של כרכים אם אינם מתפללין בו יכולין למכרו:

Même s'ils l'ont bâtie de leurs deniers — car, puisque des gens viennent là du dehors, on présume que les gens de la ville l'ont consacrée aussi à l'intention de ceux qui y entrent ; aussi n'ont-ils pas le droit de vendre, de peur qu'il y ait quelqu'un au bout du monde qui habitait près de cette ville et avait l'habitude d'y entrer, et à l'intention de qui elle a été consacrée, et qui ne consent pas à la vente. Aussi, même si les sept notables, en présence des gens de la ville, ont consenti à la vente, leur vente n'est pas une vente, car ceux-là n'ont pas d'emprise sur les gens de [toutes] les villes et leurs administrateurs. Et même s'ils veulent ensuite élever le prix en sainteté, par exemple acheter avec cela un sefer Torah et semblable, ils n'en ont pas non plus le droit, de peur que ces autres n'y consentent pas. Et tout cela dans le cas ordinaire ; mais s'il est clair pour nous qu'ils n'ont bâti qu'à l'intention des seuls gens de leur ville [par exemple s'ils l'ont stipulé au moment de la construction, ou si au moment de la construction c'était un village et qu'ensuite les habitants s'y sont beaucoup multipliés], et que d'autres ne les ont pas aidés, son statut est comme un village. Le Magen Avraham a écrit au nom du Mabit que même une synagogue de grandes villes, s'ils n'y prient pas, ils peuvent la vendre.

(לד) אינו נמכר - ודוקא כשמכרו בענין שלא יהיה אח"כ ביהכ"נ אבל אם אח"כ ג"כ ישאר ביהכ"נ שרבים יתפללו בו מותר דמאי נ"מ להני דאתו מעלמא אם הביהכ"נ שייך לאלו או לאלו:

Elle n'est pas vendue — et uniquement lorsqu'ils l'ont vendue de manière qu'ensuite ce ne soit plus une synagogue ; mais si ensuite elle reste aussi une synagogue où beaucoup prieront, c'est permis : qu'importe à ceux qui viennent du dehors si la synagogue appartient à ceux-ci ou à ceux-là ?

(לה) אא"כ תלו אותו וכו' - היינו שתלו בעת הבנין את הביהכ"נ על דעתו וע"כ דעתו חשובה אח"כ כז' טובי העיר וכ"ז דוקא כשבנאוהו משלהם אבל אם נדבו אחרים לזה אין מועיל מה שתלו הם בדעת היחיד דשמא יש אחד בסוף העולם שאין דעתו נוחה בזה:

À moins qu'ils ne l'aient subordonnée, etc. — c'est-à-dire qu'au moment de la construction ils ont subordonné la synagogue à son avis, et c'est pourquoi son avis compte ensuite comme les sept notables de la ville. Et tout cela uniquement s'ils l'ont bâtie de leurs deniers ; mais si d'autres ont fait don pour cela, il ne sert de rien qu'ils l'aient subordonnée à l'avis d'un particulier, de peur qu'il y ait quelqu'un au bout du monde dont l'avis n'y consent pas.

(לו) בהסכמת הצבור - דודאי לא היה דעתם שימכור היחיד ביהכ"נ שלהם בלא דעתם אלא להכי אהני דעת היחיד דלא בעי טובי העיר רק במעמד אנשי העיר לבד וגם לא מצי אינש דעלמא לעכבו [מ"א] ואם בפירוש תלו בדעת היחיד שיכול למכור ויעשה מה שירצה בלא הסכמתם א"צ לעשות בהסכמתם [נ"צ וא"ר] ועיין בבה"ל מה שכתבנו בזה:

Avec l'accord de la communauté — car certainement leur intention n'était pas que le particulier vende leur synagogue sans leur avis ; seulement, l'avis du particulier sert à ceci : qu'on n'ait pas besoin des notables de la ville, mais seulement de la présence des gens de la ville, et qu'un homme du dehors ne puisse pas non plus l'empêcher [Magen Avraham]. Et s'ils ont explicitement subordonné à l'avis du particulier qu'il puisse vendre et faire ce qu'il veut sans leur accord, il n'est pas besoin d'agir avec leur accord [Nahalat Tsvi et Elya Rabba]. Voir le Biour Halakha, ce que nous avons écrit à ce sujet.

(לז) וה"ה לכל דברי קדושה - פירוש כגון תיבה ומטפחת וכדומה הנזכרים בס"ב דינם כמו בהכ"נ עצמו לענין זה דכל היכי דאיהו נעשה אדעתא דכו"ע כגון דכרכים הנך נמי נעשו מסתמא אדעתא דכו"ע וזהו מה שכתב המחבר דכולהו גרירי בתר ביהכ"נ וכן כל דבר השייך לביהכ"נ כגון חצרות או מקוה אמרינן ג"כ כי האי גוונא ולא מצי למוכרן או לסוגרן למנוע מהן אורחין ומ"מ לא חמיר מביהכ"נ. וכן מה שנזכר בסעיף זה דזט"ה במעמד אנשי העיר בכפרים יכולים להוציא הדמים לחולין לאו דוקא בביהכ"נ אלא אפילו בתשמישי קדושה הדין כן. אך מ"מ יש חילוק בינייהו דבתשמישי קדושה אף דמותר להשתמש בדמיהם כשנמכר בזט"ה במא"ה בכפרים מ"מ הם גופא בקדושתייהו קיימי ביד הלוקח דקדושת הגוף נינהו ואין יוצא לחולין אבל ביהכ"נ ותשמישי מצוה מותר להשתמש בהן כמ"ש לקמן בסעיף ט' [מ"א וא"ר וש"א] ועיין לקמן בסעיף י' ובסימן קנ"ד ס"ג במ"ב וביאור הלכה:

Et de même pour tous les objets de sainteté — c'est-à-dire par exemple la teiva, la mitpa'hat et semblables mentionnés au seif 2 : leur statut est comme la synagogue elle-même à cet égard, que partout où elle a été faite à l'intention de tous, comme celles des grandes villes, ceux-là aussi ont été faits, on présume, à l'intention de tous. C'est ce qu'a écrit le Mé'haber : tous sont entraînés après la synagogue. Et de même toute chose qui appartient à la synagogue, comme des cours ou un mikvé, nous disons aussi de cette manière, et l'on ne peut les vendre ni les fermer pour en écarter les hôtes. Toutefois cela n'est pas plus sévère que la synagogue. Et de même ce qui est mentionné dans ce seif, que les sept notables en présence des gens de la ville, dans les villages, peuvent faire sortir l'argent vers l'usage profane, n'est pas seulement pour la synagogue, mais même pour les objets de sainteté la règle est ainsi. Toutefois il y a une différence entre eux : pour les objets de sainteté, bien qu'il soit permis d'user de leur prix lorsqu'ils ont été vendus par les sept notables en présence des gens de la ville dans les villages, néanmoins eux-mêmes restent dans leur sainteté entre les mains de l'acheteur, car ce sont des saintetés du corps, et ils ne sortent pas vers l'usage profane ; mais la synagogue et les objets de mitsva, il est permis de s'en servir, comme il est écrit plus bas au seif 9 [Magen Avraham, Elya Rabba et autres]. Voir plus bas au seif 10 et au siman 154 seif 3, dans le Mishna Beroura et le Biour Halakha.

(לח) דכולהו גרירי בתר בהכ"נ - כל כלי ביהכ"נ וספסלים ויריעות שבבהכ"נ דינם כביהכ"נ ועל כן כשמכרו זט"ה במעמד אנשי העיר בכפרים יכולים להשתמש במעות לכל מה שירצו ואי לא"ה לא [כן הוא לפי פשטות דברי המ"א שהעתיק דברי הר"ן בשם הירושלמי על דברי השו"ע ובספר קובץ על הרמב"ם הלכות תפלה פי"א כתב דנ"ל דאפילו בכרכים יכולים למכרם לדברי הר"ן דדוקא לענין מכירת בהכ"נ גופא אמרינן דלא מחלי רבים חלקם לזט"ה משא"כ בזה ולכן יכול הגבאי למכרם בצירוף אנשי העיר ולהוציא המעות לחולין]:

Car tous sont entraînés après la synagogue — tous les ustensiles de la synagogue, les bancs et les tentures qui sont dans la synagogue ont le statut de la synagogue. Aussi, lorsqu'ils ont été vendus par les sept notables en présence des gens de la ville dans les villages, on peut user de l'argent pour tout ce que l'on veut ; et sinon, non. [Ainsi selon le sens simple des paroles du Magen Avraham, qui a recopié les paroles du Ran au nom du Yerouchalmi sur les paroles du Choulhan Aroukh. Et dans le livre Kovets sur le Rambam, Hilkhot Tefila ch. 11, il a écrit qu'il lui semble que même dans les grandes villes on peut les vendre, selon les paroles du Ran : uniquement quant à la vente de la synagogue elle-même nous disons que le public n'a pas cédé sa part aux sept notables, ce qui n'est pas le cas ici ; aussi le gabaï peut-il les vendre avec le concours des gens de la ville et faire sortir l'argent vers l'usage profane.]

(לט) דינה כביהכ"נ של קהל - ונמכרת על פיהם לבד ולא בעינן דעת הנותן בזה כלל:

Son statut est comme une synagogue de communauté — et elle se vend sur leur seule parole, et l'on n'a pas du tout besoin de l'avis du donateur en cela.

(מ) וכל זה - פי' הא דכפרים או של כרכים שתלו אותו בדעת יחיד:

Et tout cela — c'est-à-dire ce qui concerne les villages, ou les grandes villes lorsqu'on l'a subordonnée à l'avis d'un particulier.

(מא) כשיש להם ביהכ"נ אחרת - המ"א פירש דר"ל כשבנאו עכשיו אחרת אבל כשיש להם שני בתי כנסיות מקודם אסור למכור אחד אבל להט"ז בריש סימן קנ"ב מותר אפילו באופן זה וכן דעת הא"ר שם כוותיה וכן משמע מביאור הגר"א אבל כ"ז דוקא כשאותו ביהכ"נ מרווח והוא מחזיק לכולם דאל"ה פשוט דלכו"ע אסור. כתבו האחרונים דאפי' בכרכים היכא דבנאו אחרת טובה מותר לסתור הראשונה דודאי כו"ע ניחא להו בזה [וכבר העתקנו זה לעיל בסימן קנ"ב] וכן עצים ואבנים מראשונה מותר להשתמש בהן ולהוציאן לחולין ע"פ זט"ה במעמד אנשי העיר דמאי איכפת להו לבני עלמא בזה כיון שיש להם מקום טוב להתפלל:

Lorsqu'ils ont une autre synagogue — le Magen Avraham a expliqué : c'est-à-dire lorsqu'ils en ont bâti maintenant une autre ; mais lorsqu'ils ont déjà deux synagogues auparavant, il est interdit d'en vendre une. Mais selon le Taz au début du siman 152, c'est permis même de cette manière, et telle est l'opinion de l'Elya Rabba là-bas avec lui, et c'est aussi ce qui ressort du Biour du Gra. Mais tout cela uniquement si cette synagogue est spacieuse et contient tout le monde ; sinon, il est évident que de l'avis de tous c'est interdit. Les Aharonim ont écrit que même dans les grandes villes, lorsqu'ils en ont bâti une autre meilleure, il est permis de démolir la première, car certainement tout le monde y consent [et nous avons déjà recopié cela plus haut au siman 152] ; et de même le bois et les pierres de la première, il est permis de s'en servir et de les faire sortir vers l'usage profane par les sept notables en présence des gens de la ville : qu'importe aux gens du monde, puisqu'ils ont un bon lieu pour prier ?

(מב) אסור וכו' - אפילו בזט"ה במעמד אנשי העיר ואפילו כשמוכרים זה כדי לקנות אחרת דומיא דסתירה דאסור אפילו באופן זה וכנ"ל בסימן קנ"ב:

Il est interdit, etc. — même par les sept notables en présence des gens de la ville, et même lorsqu'on vend celle-ci afin d'en acheter une autre, à l'instar de la démolition, qui est interdite même de cette manière, comme ci-dessus au siman 152.

(מג) למכרו - אם לא שירצו לקנות בדמים אחרת בגוונא דליכא למיחש לפשיעותא כגון שמזומן ביהכ"נ ליקח ואינו חסר אלא נתינת המעות אז מותר ע"י זט"ה במעמד אנשי העיר:

De la vendre — à moins qu'ils veuillent acheter avec l'argent une autre, d'une manière où il n'y a pas à craindre une négligence, par exemple si une synagogue est déjà prête à prendre et qu'il ne manque que de donner l'argent : alors c'est permis par les sept notables en présence des gens de la ville.

(מד) שנמכר ומותר לשנותו וכו' - פי' דבר זה הוא ע"פ המבואר ברשב"א באחד שצוה שבית זה יהיה לעניים שיאכלו הפירות ולא יעשו בני הקהל שום הברחה ואח"כ רצו הקהל למכור הבית ולקנות בדמים דבר אחר שתהא נושאת הפרות לעניים וכתב הרשב"א דצריכים הכרזה בשעת המכירה דכיון שצוה שבני הקהל לא יעשו הברחה א"כ בודאי אין הצבור יכולים ליתן בית זה במתנה למי שירצו וא"כ ה"ה דאין רשאים למכור בלא הכרזה דכל שלא הכריזו אנו רואים כאלו מוזלי בקרקע זו דדילמא אם הכריזו היה נמצא מי שיתן ביוקר ומה לי נותנים כולה במתנה ומה לי מוזלי במקצתה עכ"ד ועתה נפרש דברי רמ"א כל דבר וכו' ומותר לשנותו היינו שהמוכרים יש להם רשות בלא"ה לעשות בדבר הנמכר מה שירצו לא בעו הכרזה דלו יהא דבשביל מניעת הכרזה נמכר בזול נמי לא איכפת לן דמי גרע מאם נתנו במתנה לאחד:

Qui a été vendu et qu'il est permis de changer, etc. — c'est-à-dire que cela suit ce qui est exposé chez le Rachba, au sujet d'un homme qui a ordonné que telle maison soit pour les pauvres, qu'ils en mangent les fruits, et que les gens de la communauté ne fassent aucune soustraction ; ensuite la communauté a voulu vendre la maison et acheter avec l'argent autre chose qui porte des fruits pour les pauvres. Le Rachba a écrit qu'il faut une criée au moment de la vente : puisqu'il a ordonné que les gens de la communauté ne fassent pas de soustraction, certainement la communauté ne peut pas donner cette maison en don à qui elle veut ; aussi n'ont-ils pas non plus le droit de vendre sans criée, car toute vente sans criée, nous la considérons comme s'ils avaient bradé ce terrain : peut-être que s'ils avaient crié, on eût trouvé qui donne plus cher ; et qu'importe qu'on donne le tout en don ou qu'on brade une partie. Fin de ses paroles. Et maintenant nous expliquerons les paroles du Rema « toute chose, etc., et il est permis de la changer » : c'est-à-dire que les vendeurs ont de toute façon le droit de faire de la chose vendue ce qu'ils veulent, ils n'ont pas besoin de criée ; à supposer même qu'à cause de l'absence de criée elle ait été vendue à bas prix, cela ne nous importe pas : en quoi est-ce pire que s'ils l'avaient donnée en don à quelqu'un ?

(מה) ואין בו אונאה - מיירי במכירת קרקע ובתים ומשום שאין אונאה לקרקעות ואשמועינן דלא תימא דהוו כשליח דאפילו בכל שהוא מכרו בטל משום דיכול לומר לתקוני שדרתיך ולא לעוותי אלא הוו כשלהן אבל במכירת מטלטלין בודאי יש אונאה:

Et il n'y a pas de lésion — il s'agit de la vente de terrains et de maisons, parce qu'il n'y a pas de lésion pour les immeubles. Et il nous enseigne de ne pas dire qu'ils sont comme un mandataire, dont même pour si peu la vente est nulle, parce qu'on peut dire « je t'ai envoyé pour arranger et non pour gâter » ; mais ils sont comme [agissant] pour eux-mêmes. Toutefois, dans la vente de meubles, il y a certainement lésion.

(מו) אבל דבר שאסור לשנותו - כצ"ל. והיינו כדלעיל בשם הרשב"א שצריך הכרזה כדי שלא ימכר בזול וממילא יש אונאה ג"כ ואפילו בקרקעות [פמ"ג]:

Mais une chose qu'il est interdit de changer — ainsi faut-il lire. C'est-à-dire comme plus haut au nom du Rachba : il faut une criée afin qu'elle ne soit pas vendue à bas prix, et par suite il y a aussi lésion, même pour les immeubles [Peri Megadim].

(מז) צריך הכרזה - דוקא בקרקע אבל במכירת מטלטלין אין צריך הכרזה כדאיתא בח"מ סימן ק"ט [ט"ז]:

Il faut une criée — uniquement pour un immeuble ; mais pour la vente de meubles, il n'est pas besoin de criée, comme il est dit dans Hochen Michpat siman 109 [Taz].

(מח) דינו כביהכ"נ - ר"ל אע"ג דמתחלה נשתמשו בה להדיוט מ"מ נעשית כביהכ"נ לכל מילי ונראה דאפילו לכתחלה שרי ועיין לקמן סימן קנ"ד סכ"א ולעיל סימן קמ"ז ס"א בהג"ה והתם ענין קדושה היא והכא ביהכ"נ תשמישי מצוה היא כמ"ש הפוסקים:

Son statut est comme une synagogue — c'est-à-dire que bien qu'au début on s'en soit servi pour un usage profane, néanmoins elle est devenue comme une synagogue à tous égards. Et il semble que même lekhathila c'est permis. Voir plus bas siman 154 seif 21 et plus haut siman 147 seif 1 dans la glose : là-bas il s'agit d'une question de sainteté, et ici la synagogue est un objet de mitsva, comme l'ont écrit les décisionnaires.

(מט) אינו קדוש - דקי"ל הזמנה לאו מילתא היא ומותר לשנות הבית לחול ועיין לעיל במשנה ברורה סקי"ח דמיירי הכא שבנאוהו הקהל ממעות חולין שיש להם אבל כשגבו המעות לצורך ביהכ"נ אסור לשנות הבית להורידו מקדושתו לחול ומ"מ עדיין אין לו קדושת ביהכ"נ לכל מילי רק שאסור לשנותו (ועיין שם בבה"ל שהבאנו שם דעת הט"ז דאפילו בגבו המעות לצורך ביהכ"נ ג"כ אין האיסור לשנותו רק שמ"מ לבסוף הוא מחוייב לקיים נדרו) ויחיד שבנה ביהכ"נ אף שעדיין לא התפללו בו ואין לו קדושת ביהכ"נ מ"מ אינו יכול לחזור בו דהוי כאלו נדר צדקה לרבים אבל אם עשה מטפחת לס"ת שלו שיש לו בביתו ואין קורין בו ברבים כל שלא נשתמש בו לס"ת יכול לחזור בו דהזמנה לאו מילתא היא [מ"א] ומשמע דלא הוי נדר כלל לדעתו ועיין בפמ"ג שהביא בשם הא"ר דדין זה לא נהירא:

Elle n'est pas sainte — car nous tenons que la simple destination n'est pas déterminante, et il est permis de changer la maison vers l'usage profane. Voir plus haut dans le Mishna Beroura, seif katan 18 : il s'agit ici de cas où la communauté l'a bâtie avec de l'argent profane qu'elle avait ; mais lorsqu'on a collecté l'argent pour les besoins de la synagogue, il est interdit de changer la maison pour l'abaisser de sa sainteté vers l'usage profane. Toutefois elle n'a pas encore la sainteté d'une synagogue à tous égards, seulement qu'il est interdit de la changer (et voir là-bas dans le Biour Halakha, où nous avons rapporté l'avis du Taz : même si l'on a collecté l'argent pour les besoins de la synagogue, l'interdit de la changer n'est que [provisoire], mais à la fin il est tenu d'accomplir son vœu). Et un particulier qui a bâti une synagogue, même si l'on n'y a pas encore prié et qu'elle n'a pas la sainteté d'une synagogue, néanmoins il ne peut pas se rétracter, car c'est comme s'il avait fait un vœu de tsédaka au public. Mais s'il a fait une mitpa'hat pour son sefer Torah qu'il a chez lui et dont on ne lit pas en public, tant qu'on ne s'en est pas servi pour le sefer Torah, il peut se rétracter, car la simple destination n'est pas déterminante [Magen Avraham]. Et il en ressort que selon lui ce n'est pas du tout un vœu. Voir le Peri Megadim, qui a rapporté au nom de l'Elya Rabba que cette règle n'est pas claire.

(נ) אפילו אם בנאוהו וכו' - דאף שהיה מעשה ג"כ לא מקרי רק הזמנה בעלמא:

Même s'ils l'ont bâtie, etc. — car même s'il y a eu aussi un acte, cela ne s'appelle encore qu'une simple destination.

(נא) כיון שהיה מיוחד - ר"ל ההזמנה היתה הזמנה מעולה שהזמין אותה לעולם להתפלל בו וכמה דאיתא לעיל בסימן מ"ב דהיכא דאזמניה לסודר לעולם למיצר ביה תפלין וצר ביה אפילו פעם אחד שוב אסור למיצר ביה זוזי ולאפוקי אם הזמין אותה לבית התפלה רק לפי שעה דהיינו עד שיעבור הרגל או היריד [מפני שאז הדרך שמתקבץ אנשים] לא חשיבא הזמנה כלל ומותר אפילו בעת הרגל לאכול ולשתות בו:

Puisqu'elle était réservée — c'est-à-dire que la destination était une destination supérieure : il l'a destinée pour toujours à y prier. Et comme il est dit plus haut au siman 42 : lorsqu'on a destiné un mouchoir pour toujours à y envelopper des tefilin et qu'on y a enveloppé même une seule fois, il est ensuite interdit d'y envelopper de l'argent. À l'exclusion de s'il l'a destinée comme maison de prière seulement pour un temps, c'est-à-dire jusqu'à ce que passe la fête ou la foire [parce qu'alors la voie est que des gens se rassemblent] : cela n'est pas du tout considéré comme une destination, et il est permis même pendant la fête d'y manger et d'y boire.

(נב) ואם לפי שעה הקדישו - היינו שאמר סתם אני מזמין אותה לרגלים דמשמע הלשון בכל עת שיהיה רגל ע"כ חשובה הזמנה עולמית עכ"פ על אותו הזמן ואסור בזה הזמן. וסתם הזמנה לפי שעה כבר כתב בב"י בשם המרדכי דלא חשיבא הזמנה כלל וכמ"ש מתחלה. ולענין תנאי עיין לעיל סימן קנ"א סי"א ובמ"ב שם:

Et s'ils l'ont consacrée pour un temps — c'est-à-dire s'il a dit sans précision « je la destine pour les fêtes », le langage impliquant chaque fois qu'il y aura une fête ; c'est pourquoi cela compte comme une destination permanente, du moins pour ce temps-là, et c'est interdit pendant ce temps. Quant à une destination ordinaire pour un temps, le Beit Yossef a déjà écrit au nom du Mordekhaï que cela n'est pas du tout considéré comme une destination, comme nous l'avons écrit d'abord. Quant à une condition, voir plus haut siman 151 seif 11 et le Mishna Beroura là-bas.

(נג) אנשי הכפר ביהכ"נ - וה"ה בשל כרכים כשתלו בשעת הבנין בדעת יחיד המבואר לעיל בסוף ס"ז:

Les gens du village, une synagogue — et de même pour celles des grandes villes, lorsqu'au moment de la construction on l'a subordonnée à l'avis d'un particulier, comme exposé plus haut à la fin du seif 7.

(נד) ממכר עולם - כיון שאנשי העיר או טובי העיר מסכימים להמכירה וכדלעיל בס"ז:

Une vente perpétuelle — puisque les gens de la ville ou les notables de la ville consentent à la vente, comme plus haut au seif 7.

(נה) חוץ ממרחץ וכו' - שכל אלו הם תשמישים מגונים מאד ואסור לעשותן במקום שהיה ביהכ"נ ואפילו אם נפל הבנין במקום ההוא ונשאר רק תל בעלמא אסור להשתמש שם באלו הארבעה דברים וכן אסור לזרוע במקום ההוא שכל זה הוא גנאי למקום שהיה מתחלה ביהכ"נ:

Sauf un bain, etc. — car tous ceux-là sont des usages très dégradants, et il est interdit de les faire à l'endroit qui était une synagogue. Même si le bâtiment est tombé à cet endroit et qu'il n'en reste qu'un tertre, il est interdit de s'y servir de ces quatre choses ; et de même il est interdit d'y semer, car tout cela est un mépris pour le lieu qui était d'abord une synagogue.

(נו) ואם מכרוהו שבעה וכו' - הטעם דאז פקעה הקדושה מהמקום ההוא לגמרי ועיין בפמ"ג דמסתפק דאפשר דבעינן דוקא כשהתנו בהדיא בעת המכירה והרשו ללוקח על זה:

Et s'ils l'ont vendue, les sept, etc. — la raison : alors la sainteté s'est entièrement retirée de cet endroit. Voir le Peri Megadim, qui doute : peut-être faut-il précisément qu'ils aient stipulé explicitement au moment de la vente et autorisé l'acheteur à cela.

(נז) יעשה הלוקח וכו' - וה"ה שע"י זט"ה במא"ה מותר להוציא הדמים לכל מה שירצו אפילו לדבר חול:

L'acheteur fera, etc. — et de même, par les sept notables en présence des gens de la ville, il est permis de faire sortir l'argent pour tout ce qu'ils veulent, même pour une chose profane.

(נח) אפילו אלו ארבעה דברים - עי' בבה"ל דדין זה לא ברירא ולכתחלה בודאי צריך ליזהר בזה:

Même ces quatre choses — voir le Biour Halakha : cette règle n'est pas claire, et lekhathila il faut certainement y prendre garde.

(נט) דיחיד בשלו וכו' - הטעם דעל שלו יש לו כח כזט"ה במא"ה בשל צבור דמותר להוציא ע"י מכירה זו הדמים לכל מה שירצו וכנ"ל:

Un particulier, pour le sien, etc. — la raison : sur le sien, il a le même pouvoir que les sept notables en présence des gens de la ville pour celui de la communauté, par qui il est permis, au moyen de cette vente, de faire sortir l'argent pour tout ce qu'ils veulent, comme ci-dessus.

(ס) אפילו ס"ת - כתב הע"ת דאף לפי דעה זו דמותר ואין הדמים נתפסין בקדושה מ"מ לכו"ע אין רואה סימן ברכה בדמים אלו וכ"כ הא"ר:

Même un sefer Torah — l'Olat Tamid a écrit que même selon cet avis qui permet et que l'argent n'est pas saisi de sainteté, néanmoins de l'avis de tous on ne voit pas de signe de bénédiction dans cet argent. L'Elya Rabba a écrit de même.

(סא) כל שלא הקדישו וכו' - המ"א מצדד דאם נתנו לרבים לקרות בו אסור לכו"ע אפילו לא הקדישו ממש וכתב עוד וצ"ע על מה סומכין העולם שמוכרין ס"ת ומשתמשין בדמיהן אפילו נתנו לביהכ"נ וצ"ל כיון דהמנהג כן הו"ל כאלו התנה בתחלה שלא תחול קדושת רבים עליהן וכמ"ש ביו"ד סימן רנ"ט ס"ב בהג"ה:

Tant qu'il ne l'a pas consacré, etc. — le Magen Avraham penche : s'ils l'ont donné au public pour y lire, c'est interdit de l'avis de tous, même s'ils ne l'ont pas vraiment consacré. Il a encore écrit : il y a lieu d'examiner sur quoi s'appuie le monde, qui vend des sifrei Torah et use de leur prix même s'ils les ont donnés à la synagogue. Il faut dire : puisque telle est la coutume, c'est comme s'ils avaient stipulé au début que la sainteté du public ne s'y attache pas, comme il est écrit dans Yoré Déa siman 259 seif 2 dans la glose.

(סב) ויש מי שאוסר - ולדעה זו אפילו זט"ה במעמד אנ"ה ג"כ אסורין למכור ס"ת ולהשתמש בדמיה אא"כ הוא תועלת בשביל לימוד התורה ואם מכר צריך לקנות בדמיה ס"ת אחרת [מ"א] ומלבוש יו"ד משמע דבזט"ה במעמד אנ"ה לכו"ע מותר להשתמש בדמיה [א"ר]. כתב מ"א דדוקא בספר תורה אבל בתשמישי קדושה לכו"ע מותר ביחיד למוכרו ולהשתמש בדמיה כל מה שירצה מיהו מהמחבר ביו"ד רפ"ב סי"ח מוכח דיש מי שאוסר ס"ל דאפילו בתשמישין נמי אסור להשתמש בדמיה דיחיד אין לו כח כזט"ה במא"ה. כתבו האחרונים דאפילו בס"ת אם קנה מתחלה הס"ת כדי למכרה וכ"ש אם קבלה בחוב פשוט דמותר למכרה לכ"ע ולהשתמש בדמיה למה שירצה. איתא ביו"ד סי' ע"ר דשארי ספרים דינן כס"ת ואסור למכרן אלא ללמוד תורה או לישא אשה והנה פה כתב המחבר דיש שתי דעות אפילו בס"ת אפשר דשם מיירי כשהקדישו לרבים לקרות בו:

Et il y a qui interdit — et selon cet avis, même les sept notables en présence des gens de la ville ont aussi interdit de vendre un sefer Torah et d'user de son prix, à moins que ce soit un bénéfice pour l'étude de la Torah ; et s'il a vendu, il faut acheter avec le prix un autre sefer Torah [Magen Avraham]. Du Levouch, Yoré Déa, il ressort que par les sept notables en présence des gens de la ville, de l'avis de tous il est permis d'user de son prix [Elya Rabba]. Le Magen Avraham a écrit : uniquement pour un sefer Torah ; mais pour les objets de sainteté, de l'avis de tous un particulier peut les vendre et user de leur prix pour tout ce qu'il veut. Toutefois, du Mé'haber dans Yoré Déa début du siman 282 seif 18, il ressort que celui qui interdit tient que même pour les objets de service il est aussi interdit d'user de leur prix, car un particulier n'a pas le pouvoir des sept notables en présence des gens de la ville. Les Aharonim ont écrit que même pour un sefer Torah, s'il a d'abord acheté le sefer Torah afin de le vendre, et à plus forte raison s'il l'a reçu en paiement d'une dette, il est évident que de l'avis de tous il est permis de le vendre et d'user de son prix pour ce qu'il veut. Il est dit dans Yoré Déa siman 270 que les autres sefarim ont le statut d'un sefer Torah, et qu'il est interdit de les vendre si ce n'est pour étudier la Torah ou pour épouser une femme. Or ici le Mé'haber a écrit qu'il y a deux avis même pour un sefer Torah ; peut-être que là-bas il s'agit de cas où on l'a consacré au public pour y lire.

(סג) ללמוד תורה - היינו להתפרנס בדמיו בריוח [פמ"ג] וכתב עוד צ"ע אם מוכרין ס"ת לקנות גמרא ופוסקים ופירושיהן דהא הטעם דמוכרין ס"ת בשביל ת"ת משום דלמוד גדול שמביא לידי מעשה א"כ ה"ה אפשר דכה"ג נמי דא"א ללמוד בלא ספרים:

Pour étudier la Torah — c'est-à-dire pour s'entretenir avec son prix dans l'aisance [Peri Megadim]. Il a encore écrit : il y a lieu d'examiner si l'on vend un sefer Torah pour acheter une Guemara, des décisionnaires et leurs commentaires, car la raison pour laquelle on vend un sefer Torah pour l'étude de la Torah est que l'étude est grande, puisqu'elle mène à l'acte ; ainsi peut-être qu'il en est de même ici, car on ne peut étudier sans sefarim.

(סד) בית הכנסת - ישן:

Une synagogue — ancienne.

(סה) מבית הכנסת ישן - פי' שכבר התפללו בו כדלעיל סעיף ח':

D'une ancienne synagogue — c'est-à-dire où l'on a déjà prié, comme plus haut au seif 8.

(סו) יכולים ליתן - היינו שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר ויש אומרים דאפי' בלא מעמד אנשי העיר נמי יכולים. ובכרכים אסור בכל גווני:

Ils peuvent donner — c'est-à-dire les sept notables de la ville en présence des gens de la ville ; et certains disent que même sans la présence des gens de la ville ils le peuvent aussi. Et dans les grandes villes, c'est interdit de toute manière.

(סז) במתנה - והלוקח יכול להשתמש בם תשמיש חול:

En don — et l'acquéreur peut s'en servir d'un usage profane.

(סח) דאי לאו דהוה להו וכו' - או שמקוים שיהיה להם הנאה ממנו באיזה פעם [ריטב"א] ולפ"ז ליתנו לאנשי עיר רחוקה שבודאי לא נהנו ולא יהנו מהם לעולם אסור דהא אין כאן דבר אחר שתחול ע"ז קדושת בית הכנסת וע"כ לא נפקע קדושתה ואסור להשתמש בה. וכ"ז מיירי כשנותנין להשתמש בה בחול אבל ליתנה להן במתנה שיתפללו בתוכה מותר דהא אין כאן הורדה מקדושה וכמ"ש בהג"ה ועיין במ"א שמצדד דה"ה דמותר להם ליתן ס"ת [וה"ה כל תשמישי קדושה] במתנה דהא אינן מורידין אותן מקדושתן בזה:

Car si ce n'est qu'ils en avaient, etc. — ou qu'ils espèrent en tirer un bénéfice quelque jour [Ritva]. Selon cela, le donner aux gens d'une ville lointaine, qui certainement n'en ont pas bénéficié et n'en bénéficieront jamais, est interdit : il n'y a ici rien d'autre sur quoi s'attache la sainteté de la synagogue, aussi sa sainteté ne s'est-elle pas retirée, et il est interdit de s'en servir. Et tout cela s'applique lorsqu'on donne pour s'en servir de façon profane ; mais la donner en don pour qu'ils prient dedans est permis, car il n'y a pas ici d'abaissement de sainteté, comme il est écrit dans la glose. Voir le Magen Avraham, qui penche que de même il leur est permis de donner un sefer Torah [et de même tous les objets de sainteté] en don, car par là on ne les abaisse pas de leur sainteté.

(סט) למשכנן או להשכירן - דכיון שגוף החפץ לא נמכר עדיין ברשות בעלים הראשונים הוא ובקדושתיה קאי:

Les mettre en gage ou les louer — car puisque le corps de l'objet n'a pas encore été vendu, il reste au pouvoir des premiers propriétaires et dans sa sainteté.

(ע) או להשאילן - פי' על זמן ואח"כ יחזירם בעין דאילו בהלואה לחלוטין והלוה יחזיר לבנים אחרים תמורתם בודאי שרי דהיינו חליפין דשרינן [ריטב"א]:

Ou les prêter — c'est-à-dire pour un temps, et ensuite on les rendra en nature ; car s'il s'agit d'un prêt définitif et que l'emprunteur rendra d'autres à leur place, c'est certainement permis : ce sont des échanges, que nous permettons [Ritva].

(עא) ואפילו ע"י זט"ה - ואפי' אם היה ג"כ במעמד אנשי העיר:

Et même par les sept notables — et même s'il y avait aussi la présence des gens de la ville.

(עב) שאין כאן דבר אחר וכו' - ואע"פ שקבל מעות כשמשכנן או השכירן אין שייך לומר דחלה הקדושה על המעות שהרי אין גוף החפץ קנוי לו ועדיין נשאר בקדושתו וקא משתמש בקודש:

Car il n'y a ici rien d'autre, etc. — et bien qu'il ait reçu de l'argent lorsqu'il les met en gage ou les loue, on ne peut pas dire que la sainteté s'attache à l'argent, puisque le corps de l'objet ne lui est pas acquis et qu'il reste encore dans sa sainteté, et l'on se sert du saint.

(עג) שמורידן מקדושתן - דהיינו שהשואל והשוכר משתמש בהן בחול:

Car on les abaisse de leur sainteté — c'est-à-dire que l'emprunteur et le locataire s'en servent de façon profane.

(עד) אפילו ס"ת וכו' - וכ"ש להשאיל ביהכ"נ להתפלל בה ועיין בע"ת דזה דוקא כשהשואל והשוכר קורא בס"ת וכן מתפלל בביהכ"נ בעשרה הא לא"ה יש בזה משום זלזול קדושה והמ"א כתב בסקכ"ז דמסתימת הפוסקים משמע דבכל גווני שרי:

Même un sefer Torah, etc. — et à plus forte raison prêter une synagogue pour y prier. Voir l'Olat Tamid : cela uniquement si l'emprunteur et le locataire lisent dans le sefer Torah, et de même prient dans la synagogue à dix ; sinon, il y a en cela un mépris de la sainteté. Le Magen Avraham a écrit au seif katan 27 que du silence des décisionnaires il ressort que c'est permis de toute manière.

(עה) לבנות ביהכ"נ - וה"ה בשאר דבר מצוה:

Pour bâtir une synagogue — et de même pour une autre chose de mitsva.

(עו) אינו יכול למכור - דמסתברא דלא השליטו הקהל על אותה מצוה אלא לאותו איש ולזרעו ולא למכור לאחרים אא"כ התנו בפירוש שיכול למכור זכותו [לבוש]. כתב הט"ז דהשו"ע מיירי שכיבדו אותו בחנם אבל אם קנה מהם בדמים הוא ככל קנין דעלמא ויכול למכור זכותו לאחר ומ"מ ברור הוא כי דוקא להגון כמוהו הקנו לו זכות זה וכ"כ הא"ר וכן בדינא דלבוש כשהרשוהו בפירוש שיכול למכור זכותו הוא ג"כ דוקא להגון כמוהו [פמ"ג]:

Il ne peut pas vendre — car il est raisonnable que la communauté n'a donné pouvoir sur cette mitsva qu'à cet homme et à sa descendance, et non pour vendre à d'autres, à moins qu'ils aient stipulé explicitement qu'il peut vendre son droit [Levouch]. Le Taz a écrit que le Choulhan Aroukh traite du cas où on l'a honoré gratuitement ; mais s'il l'a acheté d'eux contre de l'argent, c'est comme toute acquisition du monde, et il peut vendre son droit à un autre. Toutefois il est clair que c'est uniquement à un homme convenable comme lui qu'ils ont transmis ce droit ; l'Elya Rabba a écrit de même. Et de même, dans la règle du Levouch, lorsqu'ils l'ont explicitement autorisé à vendre son droit, c'est aussi uniquement à un homme convenable comme lui [Peri Megadim].

(עז) דבר מצוה - מדסתם משמע כל דבר מצוה כצדקה וכיו"ב אף שאינה חמורה מקדושת בהכ"נ ואע"ג דלעיל בס"ה פסק בגבו מעות דאין משנין אלא לקדושה חמורה הכא מיירי ע"י זט"ה במעמד אנשי העיר דשרי להוציא המעות אף לקדושה קלה ואף לחולין וכנ"ל בס"ז [מ"א] והט"ז מוקי לה אף שלא ע"י זט"ה במעמד אנ"ה אלא דמיירי דשקילי המעות דרך הלואה ואח"כ יחזירו מעות אחרים לבנין ביהכ"נ ואזיל לטעמיה בסק"ב דס"ל שם בגבו מעות דמותר ליקח דרך הלואה:

Une chose de mitsva — du fait qu'il a parlé sans précision, cela implique toute chose de mitsva, comme la tsédaka et semblable, même si elle n'est pas plus grave que la sainteté de la synagogue. Et bien que plus haut au seif 5 il ait décidé, pour une collecte d'argent, qu'on ne change que vers une sainteté plus grave, ici il s'agit de [le faire] par les sept notables en présence des gens de la ville, qui ont le droit de faire sortir l'argent même vers une sainteté légère et même vers l'usage profane, comme ci-dessus au seif 7 [Magen Avraham]. Le Taz l'établit même sans les sept notables en présence des gens de la ville, mais il s'agit de cas où l'on a pris l'argent par voie de prêt et qu'ensuite on rendra d'autre argent pour la construction de la synagogue ; et il va selon sa raison au seif katan 2, où il tient que, pour une collecte d'argent, il est permis de prendre par voie de prêt.

(עח) לא ימכרום לד"מ - אע"פ שע"פ הדין מותר ע"פ זט"ה במא"ה אפילו להוציא לחולין כ"ש לד"מ מ"מ לא יעשו כן [מ"א] ויגבו מן הצבור:

Qu'on ne les vende pas pour une chose de mitsva — bien que selon la règle ce soit permis par les sept notables en présence des gens de la ville, même pour faire sortir vers l'usage profane, et à plus forte raison pour une chose de mitsva, néanmoins qu'on ne le fasse pas [Magen Avraham], et que l'on collecte auprès de la communauté.

(עט) בנו וגמרו - דוקא גמרו אבל לא גמרו את הבנין דינו כאבנים וקורות שנזכרו מקודם [ט"ז וח"מ ועיין לעיל בסימן קנ"ב בבה"ל]:

Ils ont bâti et achevé — uniquement s'ils ont achevé ; mais s'ils n'ont pas achevé le bâtiment, son statut est comme les pierres et les poutres mentionnées auparavant [Taz et Hochen Michpat ; voir plus haut au siman 152 dans le Biour Halakha].

(פ) לא ימכרו ביהכ"נ - פי' אין ראוי לאנשי העיר לעשות כן אבל מן הדין שרי בפדיון שבוים ולקדושה חמורה בכל גווני ואפילו בלא זט"ה במעמד אנשי העיר:

Qu'on ne vende pas la synagogue — c'est-à-dire qu'il n'est pas convenable que les gens de la ville fassent ainsi ; mais selon la règle c'est permis pour le rachat des captifs et pour une sainteté plus grave, de toute manière, et même sans les sept notables en présence des gens de la ville.

(פא) לא מצי וכו' - דנעשה נדר מכי אמר קרקע זו לביהכ"נ וכדאמרינן בפיך זו צדקה:

Il ne peut, etc. — car cela est devenu un vœu dès qu'il a dit « ce terrain pour la synagogue », comme nous disons « ce qui est dans ta bouche est tsédaka ».

(פב) יכולים לשנותה - ואפילו לדבר הרשות ואף שהוזמן הקרקע לביהכ"נ הזמנה לאו מילתא היא כדלעיל ס"ח ואף שהוא עומד וצווח איני חפץ אלא שיהיה לביהכ"נ לא משגחינן ביה כיון דמעיקרא סתמא אמר ולא כפליה לתנאיה דלא אמר אם לא יבנו ביהכ"נ יחזירו לי הקרקע אמרינן אדעתא דידהו יהבה מעיקרא והשתא קהדר ביה ולא מצי [מרדכי]:

Ils peuvent la changer — et même pour une chose permise. Et bien que le terrain ait été destiné à la synagogue, la simple destination n'est pas déterminante, comme plus haut au seif 8. Et même s'il se tient et crie « je ne veux que ce soit pour la synagogue », on n'y a pas égard, puisqu'au début il a parlé sans précision et n'a pas répété sa condition — il n'a pas dit « si l'on ne bâtit pas de synagogue, qu'on me rende le terrain » — : nous disons qu'il l'a donné dès le début à leur intention, et maintenant il se rétracte et ne le peut [Mordekhaï].

(פג) אינם רשאים - ר"ל שיכול לעכבם שלא לבנות עליה בהמ"ד אף שהיא קדושה חמורה מזה כנ"ל בריש הסימן והטעם כיון דאיתיהב אדעתא דכולהו לא גרע כחו מאחד משאר אנשי העיר שיכולים למחות כשרוצים לשנות ואע"ג דמבואר לעיל בסעיף ו' דלקדושה חמורה יכולים בני העיר לשנות ואפילו שלא בשבעה טובי העיר התם מיירי שאין אחד מאנשי העיר מוחה ע"ז בפירוש. ועיין במ"א שהקשה דביו"ד סימן רנ"ט ס"ב איתא בהדיא דאין הבעלים יכולים למחות מלבנות ביה"מ כיון שהיא קדושה חמורה ודחק את עצמו לתרץ ועיין בפמ"ג שמפקפק בתירוצו וגם בבאור הגר"א הקשה קושיא זה דמ"א ונשאר בדין זה בצ"ע:

Ils n'ont pas le droit — c'est-à-dire qu'il peut les empêcher de bâtir dessus une maison d'étude, bien que celle-ci soit d'une sainteté plus grave, comme ci-dessus au début du siman. La raison : puisqu'il a été donné à l'intention de tous, son pouvoir n'est pas inférieur à celui de l'un des autres gens de la ville, qui peuvent protester lorsqu'on veut changer. Et bien qu'il soit exposé plus haut au seif 6 que vers une sainteté plus grave les gens de la ville peuvent changer, même sans les sept notables de la ville, là-bas il s'agit de cas où aucun des gens de la ville ne proteste explicitement contre cela. Voir le Magen Avraham, qui a objecté que dans Yoré Déa siman 259 seif 2 il est dit explicitement que les propriétaires ne peuvent pas protester contre la construction d'une maison d'étude, puisqu'elle est d'une sainteté plus grave ; il s'est forcé à résoudre. Voir le Peri Megadim, qui met sa résolution en doute ; et aussi dans le Biour du Gra, il a soulevé cette objection du Magen Avraham et en est resté en suspens sur cette règle.

(פד) לשנותה - ומסיים המרדכי דמ"מ ראובן נמי לא מצי לשנות ולמהדר ואפילו לא מצי עתה לבנותה מפני השלטון שמא לאחר זמן ימצאו חנינה לבנותה:

De la changer — et le Mordekhaï conclut : toutefois Réouven non plus ne peut pas changer et se rétracter ; et même s'il ne peut pas maintenant la bâtir à cause du pouvoir [civil], peut-être qu'après un temps on trouvera faveur pour la bâtir.

(פה) ושבעה טובי העיר וכו' - ר"ל במעמד הקהל:

Et les sept notables de la ville, etc. — c'est-à-dire en présence de la communauté.

(פו) אין אדם וכו' - היינו בין ליחיד בין לכל הקהל:

Nul ne, etc. — c'est-à-dire ni un particulier ni toute la communauté.

(פז) אינו כלום - כן תקנו הגאונים דאל"כ כל אחד שיהיה לו דבר מה עם חבירו יאסור חלקו עליו וממילא יהא כל ביהכ"נ אסורה עליו דאין ברירה [לבוש]:

Cela n'est rien — ainsi ont institué les Guéonim : sinon, quiconque aurait quelque chose avec son compagnon interdirait sa part contre lui, et de ce fait toute la synagogue lui serait interdite, car il n'y a pas de beréra [Levouch].

(פח) אינו יכול לאסרה - היינו מצד חרגמ"ה שיש ע"ז והטעם נראה דחששו לבזיון דההוא גברא עיין גיטין נ"ז משא"כ כשיאסור לכולם ליכא כיסופא. והא דיכול לאסור לכל הקהל היינו משום דלא השאיל להם אלא בסתם הא אם השאיל להם לזמן עיין ביו"ד סימן רכ"א סעיף ו' וז' דיש פלוגתא אם חל איסור בתוך הזמן:

Il ne peut pas l'interdire — c'est-à-dire du fait du herem ancien qu'il y a à ce sujet. La raison semble : on a craint le mépris de cet homme ; voir Guitin 57. Ce qui n'est pas le cas lorsqu'il interdit à tous : il n'y a pas de honte. Et s'il peut interdire à toute la communauté, c'est parce qu'il ne leur a prêté que sans précision ; mais s'il leur a prêté pour un temps, voir Yoré Déa siman 221 seifim 6 et 7, s'il y a divergence sur le point de savoir si l'interdit prend effet pendant le temps.

(פט) למחות במי שירצה - כצ"ל. וכן הוא בד"מ:

Protester contre qui il voudra — ainsi faut-il lire. Et ainsi est-il dans le Darkhei Mochè.

(צ) אין וכו' - מפני דרכי שלום שלא יאמרו על ב"ב זה אנשים שאינם מהוגנים הם ולפיכך נמנעו הצבור מלהתפלל שם ולכן אפי' יש להצבור קצת טעם בדבר נמי אינם רשאים:

On ne, etc. — à cause des voies de la paix : qu'on ne dise pas de ces maîtres de maison que ce sont des gens qui ne sont pas convenables, et que pour cela la communauté se soit abstenue d'y prier. Aussi, même si la communauté a quelque raison en la chose, ils n'en ont pas non plus le droit.

(צא) הצבור - ואם רק מקצת מהצבור רוצים להתפרד ולהתפלל במקום אחר רשאים כיון שגם בביתו מתפללים קצת ולא נתבטל ממנו המצוה בשום פעם. אבל חברה שהיו לומדים בבית אחד כמה שנים ואח"כ רוצים ללמוד ב' חדשים בכל בית ובית אינם יכולים לשנות [אחרונים]:

La communauté — et si seulement une partie de la communauté veut se séparer et prier ailleurs, ils en ont le droit, puisqu'aussi chez lui quelques-uns prient et que la mitsva ne s'est jamais annulée pour lui. Mais une société qui étudiait dans une maison pendant plusieurs années, et qui ensuite veut étudier deux mois dans chaque maison, ne peut pas changer [Aharonim].

(צב) לשנותו - וה"ה במי שזכה באיזה ענין של כבוד או של מצוה אין מעבירים ממנו [אם לא שיש טענה גמורה למערערים] ול"ד בדברים הנוגעים תדיר אלא אפילו בדברים דמזמן לזמן קאתי נמי דינא הכי. כתבו האחרונים אנשים שהחזיקו לקבור מתים אינם יכולים למחות באחרים שבאים לקבור שבעשיית מצוה כל אחד רוצה לזכות ובמדינות שיש חבורות מנויות על כך שמניחים עסקיהם בכל השנה כשמזדמן להם מצוה זו צריך ליתן להחברה כמנהגם:

De le changer — et de même, celui qui a acquis quelque honneur ou quelque mitsva, on ne le lui enlève pas [à moins que les contestataires aient une plainte entière]. Et cela n'est pas seulement pour les choses qui reviennent sans cesse, mais même pour les choses qui viennent de temps en temps, la règle est ainsi. Les Aharonim ont écrit : des gens qui se sont établis à ensevelir les morts ne peuvent pas protester contre d'autres qui viennent ensevelir, car dans l'accomplissement d'une mitsva chacun veut acquérir [le mérite] ; et dans les pays où il y a des sociétés constituées à cette fin, qui laissent leurs affaires toute l'année lorsqu'il leur arrive cette mitsva, il faut donner à la société selon leur coutume.

(צג) בבית אחר - ר"ל בבית של יחיד אבל אם רוצים לבנות ביהכ"נ קבוע רשאים ואין בזה משום דרכי שלום (לבוש):

Dans une autre maison — c'est-à-dire dans une maison de particulier ; mais s'ils veulent bâtir une synagogue fixe, ils en ont le droit, et il n'y a pas en cela [d'atteinte aux] voies de la paix (Levouch).

(צד) שנהגו להביאם וכו' - כגון מנורות להדליק בהם או תכשיטים לתלות על ס"ת:

Dont on a l'habitude de les apporter, etc. — par exemple des lampes pour y allumer, ou des ornements à suspendre sur un sefer Torah.

(צה) אין יכולים - כיון שלא פירשו בהדיא דנותנים זאת רק בתורת שאלה בעלמא משנשתמשו בהם חל עלייהו קדושה וכתב המ"א דעכשיו המנהג פשוט שנשארים ברשות בעליהם ואם כן המביאים את הכלים מביאים אדעתא דמנהגא והוי כמו שהתנה בפירוש דלא תחול עלייהו קדושה ומ"מ יותר טוב להתנות בהדיא בשעת הבאה דהוא רק בתורת שאלה בעלמא:

Ils ne peuvent pas — puisqu'ils n'ont pas explicitement précisé qu'ils ne donnent cela qu'à titre de simple prêt, dès qu'on s'en est servi la sainteté s'y est attachée. Le Magen Avraham a écrit qu'aujourd'hui la coutume répandue est qu'ils restent au pouvoir de leurs propriétaires ; ainsi ceux qui apportent les ustensiles les apportent selon la coutume, et c'est comme s'ils avaient stipulé explicitement que la sainteté ne s'y attache pas. Toutefois il est mieux de stipuler explicitement au moment de l'apport que ce n'est qu'à titre de simple prêt.

(צו) שאם נמצא וכו' - ר"ל שנמצא בביתו בין שטרותיו:

Que si l'on trouve, etc. — c'est-à-dire qu'on a trouvé chez lui parmi ses actes.

(צז) הוי הקדש - דודאי הקדישו כיון שכתב לו על המגילה [ועיין במ"א סקמ"ה מה שהעיר בזה מח"מ סי' פ"א סעיף י"ז ובדברי הש"ך שם יתורץ קושיתו כמ"ש במחצית השקל אבל א"כ אין זה דין ברור להוציא ממון דהרבה אחרונים סוברין שם דלא כהש"ך עיין בח"מ סימן רנ"ה בפתחי תשובה]:

C'est un hekdesh — car certainement il l'a consacré, puisqu'il le lui a écrit sur le rouleau [et voir le Magen Avraham seif katan 45, ce qu'il a relevé à ce sujet d'après Hochen Michpat siman 81 seif 17 ; et par les paroles du Chakh là-bas sa difficulté se résout, comme l'a écrit le Ma'hatsit ha-Chékel. Mais alors ce n'est pas une règle claire pour extraire de l'argent, car beaucoup d'Aharonim tiennent là-bas autrement que le Chakh ; voir Hochen Michpat siman 255 dans les Pit'hei Techouva].

(צח) שהיה של אבותיו - ומונחת בביהכ"נ:

Qui était de ses pères — et qui se trouve déposé dans la synagogue.

(צט) אין הצבור יכולים - ולא אמרינן דבודאי החליטה להקדש ולא דמי לכלי הקודש של כסף שנהגו להביאם בביהכ"נ המובא בסעיף י"ח דאין הבעלים יכולים להוציאם לחולין דשאני הכא בס"ת שכן הדרך לעשות ס"ת ע"מ כן להניחה בביהכ"נ שיקראו בה רבים ושתהיה מונחת שם עד יום פקוד הבעלים אותה ליקח לביתו ואפילו היתה לבושה מעילין של צבור ולא הקפיד לא אמרינן בשביל זה מסתמא כבר סילק ידו ממנה משום דכן המנהג תדיר להחליף המעילין מס"ת אל ס"ת הן של יחידים הן של הקהל מיהו כמה אחרונים כתבו דגם הכא בס"ת מיירי שאנו יודעין בבירור שבתחלה לא הניחה לחלוטין רק שהשאילה לבהכ"נ שיקראו בה רבים ואשמועינן דלא אמרינן כיון שהניחה זמן רב מסתמא כבר החליטה להקדש אבל בהניחה סתם אמרינן דמסתמא אקדשה לעולם וכההיא דכלי הקודש בסעיף י"ח הנ"ל. ועיין במ"א סקכ"ב שכתב דמנהג העולם כהיום למכור ס"ת אפילו נתנו מתחלה לביהכ"נ לקרות בו וכתב דכיון שנהגו כן הו"ל כאלו התנו מתחלה בהדיא שלא תחול קדושת רבים עליהן ולפ"ז נראה דלכו"ע אין להחמיר בזה בדיעבד ומ"מ לכתחלה בודאי טוב להתנות בהדיא שאין נותנה לחלוטין:

La communauté ne peut pas — et nous ne disons pas que certainement il l'a livré au hekdesh. Et cela ne ressemble pas aux ustensiles sacrés d'argent dont on a l'habitude de les apporter à la synagogue, mentionnés au seif 18, dont les propriétaires ne peuvent pas les faire sortir vers l'usage profane : ici, pour un sefer Torah, la voie est précisément d'en faire un sefer Torah à cette fin de le déposer dans la synagogue pour que le public y lise, et qu'il y reste déposé jusqu'au jour où les propriétaires le réclament pour le prendre chez eux. Et même s'il était revêtu de manteaux de la communauté et qu'il n'y a pas veillé, nous ne disons pas pour cela qu'on présume qu'il s'en est déjà dessaisi, parce que telle est constamment la coutume d'échanger les manteaux d'un sefer Torah à un sefer Torah, qu'ils soient de particuliers ou de la communauté. Toutefois plusieurs Aharonim ont écrit qu'ici aussi, pour le sefer Torah, il s'agit de cas où nous savons clairement qu'au début il ne l'a pas déposé à titre définitif, mais seulement prêté à la synagogue pour que le public y lise ; et il nous enseigne que nous ne disons pas : puisqu'il l'a laissé longtemps, on présume qu'il l'a déjà livré au hekdesh. Mais s'il l'a déposé sans précision, nous disons qu'on présume qu'il l'a consacré pour toujours, comme pour les ustensiles sacrés du seif 18 ci-dessus. Voir le Magen Avraham seif katan 22, qui a écrit que la coutume du monde aujourd'hui est de vendre un sefer Torah même s'il a d'abord été donné à la synagogue pour y lire ; et il a écrit que puisque telle est la coutume, c'est comme s'ils avaient stipulé explicitement au début que la sainteté du public ne s'y attache pas. Selon cela, il semble que de l'avis de tous il n'y a pas à être rigoureux en cela bediavad ; toutefois lekhathila il est certainement bon de stipuler explicitement qu'on ne le donne pas à titre définitif.

(ק) להחזיק בו - ואפילו יש עדים מבני אותה העיר דנתנה לצבור לא מהני דנוגעין בעדות הם ואפילו אם ירצו לסלק עצמם ממנה לא מהני אא"כ יש להם ס"ת אחרת מדוייקת וכשרה כמותה [אחרונים]. ישוב שלא היה לצבור ס"ת וקראו בס"ת של יחיד ואח"כ קנו הצבור ס"ת וטוען היחיד שיש לו חזקה שיקראו דוקא בס"ת שלו אין זו חזקה דאין עמה טענה [וכמבואר בחו"מ סוף סימן קמ"ט בהג"ה ע"ש] ומ"מ אין למעט כבוד ס"ת של היחיד אלא יקראו בכל שבת בס"ת אחרת:

S'en prévaloir — et même s'il y a des témoins parmi les gens de cette ville qu'il l'a donnée à la communauté, cela n'aide pas, car ils sont intéressés dans le témoignage ; et même s'ils veulent se dessaisir d'elle, cela n'aide pas, à moins qu'ils aient un autre sefer Torah exact et kasher comme elle [Aharonim]. Un village qui n'avait pas de sefer Torah de la communauté et qui lisait dans le sefer Torah d'un particulier, puis la communauté a acheté un sefer Torah, et le particulier prétend avoir une 'hazaka pour qu'on lise précisément dans le sien : ce n'est pas une 'hazaka, car elle n'est pas accompagnée d'une prétention [comme exposé dans Hochen Michpat à la fin du siman 149 dans la glose, voir là-bas]. Toutefois il ne faut pas diminuer l'honneur du sefer Torah du particulier, mais on lira chaque Chabbat dans un autre sefer Torah.

(קא) שנשתמש בהם - עיין לעיל בסימן קמ"ז ס"א בהג"ה במ"ב מה שכתבנו בזה:

Dont on s'est servi — voir plus haut au siman 147 seif 1 dans la glose, dans le Mishna Beroura, ce que nous avons écrit à ce sujet.

(קב) הדיוט - וכ"ש מדברים שנשתמש בהן לע"ג ובזה אפילו בדיעבד אסור וצריך למכרן ולחזור ולקנות אחרת [ח"א]:

Un profane — et à plus forte raison des choses dont on s'est servi pour l'idolâtrie ; et en cela, même bediavad c'est interdit, et il faut les vendre et revenir en acheter d'autres [Haïe Adam].

(קג) לתשמיש קדושה - אבל למצוה שרי וכמ"ש למעלה בסימן קנ"ז ס"א במ"ב וספרי פסולים של העו"ג שמכורכים בשיראים לנוי אין ליקח השיראים לעשות מהן טלית דמאיסי כמו בגדי אליל וק"ו דאסור לעשות מהן תשמישי קדושה וע"כ אסור ליקח הכריכות ולכרכן על ספרי קודש שלנו [חידושי רע"א]:

Pour un usage de sainteté — mais pour une mitsva c'est permis, comme nous l'avons écrit plus haut au siman 157 seif 1 dans le Mishna Beroura. Et les sefarim pasuls des non-juifs qui sont reliés dans de la soie pour l'ornement : il ne faut pas prendre les soies pour en faire un talit, car elles sont répugnantes comme des vêtements d'idole ; et à plus forte raison est-il interdit d'en faire des objets de sainteté. Aussi est-il interdit de prendre les reliures et de les relier sur nos sefarim saints [Hidouchéi R. Akiva Eiger].

(קד) אסור לעשות וכו' - כמו שאסרה תורה להביאם למקדש ולמזבח שנאמר לא תביא אתנן זונה ומחיר כלב וגו' כי תועבת ה' אלהיך וגו' ומ"מ אינו אלא מדרבנן:

Il est interdit de faire, etc. — comme la Torah a interdit de les apporter au Sanctuaire et à l'autel, ainsi qu'il est dit : « tu n'apporteras pas le salaire d'une prostituée ni le prix d'un chien, etc., car c'est une abomination pour ה' ton Dieu, etc. » Toutefois ce n'est que de rabbanan.

(קה) מאתנן זונה - ואיסור דאתנן חל על כל מה שיתן לה ואפילו פסק עמה טלה אחד בשכרה ונותן לה הרבה כולם אסורים דכולם בתורת אתנן קאתו לה. ודין אתנן הוא דוקא כשנתן לה אתנן ואח"כ בא עליה אבל בא עליה ואח"כ נתן לה אתננה שהתנה עמה מותר כיון שבשעת ביאה לא היה קנוי לה זה האתנן. גם דאיסור אתנן הוא דוקא כשנתן הנואף להנואפת אבל אם האשה נתנה לו מותר האתנן ואם נתן האתנן לזכר לשכב עמו אסור האתנן:

Du salaire d'une prostituée — et l'interdit du salaire s'attache à tout ce qu'il lui donnera ; même s'il a convenu avec elle d'un seul agneau pour son salaire et qu'il lui en donne beaucoup, tous sont interdits, car tous lui parviennent à titre de salaire. Et la règle du salaire n'est que s'il lui a donné le salaire puis a eu commerce avec elle ; mais s'il a eu commerce avec elle puis lui a donné son salaire convenu, c'est permis, puisque au moment du commerce cet [objet du] salaire ne lui était pas encore acquis. De même, l'interdit du salaire n'est que si l'adultère l'a donné à l'adultère ; mais si la femme le lui a donné, le salaire est permis. Et s'il a donné le salaire à un mâle pour coucher avec lui, le salaire est interdit.

(קו) מחיר כלב - כגון שהחליף כלב באיזה דבר:

Le prix d'un chien — par exemple s'il a échangé un chien contre quelque chose.

(קז) כגון ביהכ"נ - כגון שנתן להזונה או שהחליף בהכלב אבנים וקורות וה"ה דלעשות מהאתנן כלי ביהכ"נ גם כן אסור:

Par exemple une synagogue — par exemple s'il a donné à la prostituée, ou échangé contre le chien, des pierres et des poutres ; et de même, faire du salaire des ustensiles de synagogue est aussi interdit.

(קח) או ס"ת - כגון שנתן לה קלף וה"ה מפות לס"ת אסור וה"ה דשום דבר מצוה אסור לעשות מהאתנן ומחיר כגון נר ושמן לביהכ"נ [א"ר בשם רי"ו] ובפמ"ג משמע דה"ה ציצית וטלית מצוה ג"כ אין לעשות מזה:

Ou un sefer Torah — par exemple s'il lui a donné du parchemin ; et de même les nappes pour un sefer Torah sont interdites. Et de même toute chose de mitsva, il est interdit de la faire du salaire et du prix, par exemple une lampe et de l'huile pour la synagogue [Elya Rabba au nom du Riou]. Et du Peri Megadim il ressort que de même des tsitsit et un talit de mitsva, on n'en fera pas non plus cela.

(קט) מהאתנן עצמה - כמו שכתבנו מקודם ואם נשתנו האתנן והמחיר כגון זיתים ועשאן שמן ענבים ועשאן יין מותר:

Du salaire lui-même — comme nous l'avons écrit auparavant. Et si le salaire et le prix ont été transformés, par exemple des olives dont on a fait de l'huile, des raisins dont on a fait du vin, c'est permis.

(קי) נתן לה מעות - וה"ה כשלקח בעד הכלב מעות מותר לקנות בהם דבר מצוה:

Il lui a donné de l'argent — et de même s'il a pris de l'argent pour le chien, il est permis d'acheter avec des choses de mitsva.

(קיא) איסור ערוה - דהיינו חייבי כריתות וי"א דה"ה חייבי לאוין וזונה נכרית לכ"ע אתננה אסור:

Un interdit d'arayot — c'est-à-dire les passibles de karet ; et certains disent que de même les passibles de lavin ; et une prostituée non juive, de l'avis de tous son salaire est interdit.

(קיב) שהוא רגיל - ר"ל שהחזיק בה ברשות הקהל [ובתשובת רדב"ז ח"ד סי"א כתב דאפילו לא הרשוהו בפירוש אלא כל שהחזיק זמן רב ושתקו ולא מיחו הוי חזקה]:

Dont il a l'habitude — c'est-à-dire qu'il s'en est prévalu avec l'autorisation de la communauté [et dans les responsa du Radbaz IV, siman 11, il a écrit : même s'ils ne l'ont pas autorisé explicitement, dès lors qu'il s'en est prévalu longtemps et qu'ils se sont tus et n'ont pas protesté, c'est une 'hazaka].

(קיג) היה סיפוק - היינו שגם באונסו או בעניו היה סיפוק בידו לתת כפי מה שרגיל:

Il avait de quoi — c'est-à-dire que même dans son oness (contrainte) ou sa pauvreté, il avait de quoi donner selon ce dont il a l'habitude.

(קיד) ונתרצה וכו' - לאו דוקא נתרצה בפירוש אלא כל שסיפוק בידו ולא חפץ ליתן איבד זכותו ונקט נתרצה משום סיפא:

Et il a consenti, etc. — non pas précisément qu'il ait consenti explicitement ; mais dès qu'il a de quoi et n'a pas voulu donner, il a perdu son droit. Il a dit « il a consenti » à cause de la fin.

(קטו) חוזר למצותו - ואין לשנותו אפילו מע"ה לת"ח אם לא שיש טענה גמורה למערער. אך אם יש ראיה ברורה שכבר נתייאש מזה אבד חזקתו. כתבו הפוסקים דה"ה פרנס שעבר מחמת אונס ומינו אחר תחתיו דכשיעבור אונסו חוזר לפרנסותו ואין ליתן לשני שום חלק בפרנסות משום איבה דראשון ומ"מ אין לנהוג בזיון בשני ויתנו לו שום מינוי של כבוד בצרכי צבור. אם עבר משררותו מחמת עבירה שעשה אפילו בשוגג אינו חוזר לשררותו כדקי"ל במכות [י"ב] לענין רוצח שגלה לעיר מקלטו ושב דאינו חוזר לשררותו שהיה לו מקודם [מ"א] והא"ר מסתפק בזה דאפשר דדוקא ברוצח ע"ש ועיין בריטב"א שם מה שכתב בזה:

Il revient à sa mitsva — et on ne la lui changera pas, même d'un 'am haarets à un talmid 'hakham, à moins que les contestataires aient une plainte entière. Mais s'il y a une preuve claire qu'il a déjà désespéré de cela, il a perdu sa 'hazaka. Les décisionnaires ont écrit que de même un administrateur qui a quitté par oness et à la place de qui on en a nommé un autre : lorsque sa contrainte passe, il revient à son administration, et l'on ne donnera au second aucune part dans l'administration à cause de l'inimitié du premier ; toutefois on ne traitera pas le second avec mépris, et on lui donnera quelque nomination d'honneur dans les besoins de la communauté. S'il a quitté sa charge à cause d'une faute qu'il a faite, même shogeg (par erreur), il ne revient pas à sa charge, comme nous tenons dans Makot [12] au sujet du meurtrier qui s'est exilé dans sa ville de refuge et est revenu : il ne revient pas à la charge qu'il avait auparavant [Magen Avraham]. L'Elya Rabba en doute : peut-être que cela n'est que pour le meurtrier, voir là-bas ; et voir le Ritva là-bas, ce qu'il a écrit à ce sujet.