משנה ברורה

Michna Beroura — siman 159

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Dans quel récipient on prend les mains, et comment l’eau parvient aux mains
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne prend les mains que d’un récipient contenant au moins une réviit. Le siman traite des récipients percés, fêlés ou incomplets, des bondes et robinets, de la force d’un homme requise pour verser, des personnes aptes à verser, de l’immersion des mains à la source ou au mikvé, et de la bénédiction.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETRécipient et manière dont l’eau parvient aux mains
À FAIRERécipient d’une réviit
Prendre les mains d’un récipient intact (bois, os, verre, cuir à liquide, terre) qui contient au moins une réviit — quart de log, un œuf et demi.
À FAIREForce d’un homme
L’eau doit venir sur les mains par la force de quelqu’un qui verse ; à un robinet, ouvrir et fermer à chaque versement.
À FAIREImmersion
On peut immerger les mains dans une source (même moins de 40 séa si elles s’y recouvrent) ou dans un mikvé de 40 séa ; on bénit « al netilat yadayim ».
À ÉVITERPercé, fêlé, calé
Trou qui laisse entrer le liquide, fêlure, objet qui ne tient pas sans calage : invalide lekhathila. Chercher un récipient entier.
À ÉVITERChapeau, sac, pompe fixe
Pas des récipients ; en grande nécessité seulement, sans bénédiction, et envelopper la main d’un linge.
OUIBonde d’origine
Barrique à bonde faite ainsi dès l’origine : on prend par la bonde ou par le haut, en remettant la bonde à chaque jet.
OUIInclinaison d’homme
S’il a incliné la barrique, le jet qui continue compte encore comme force d’homme.
NONEau d’elle-même
Barrique penchée toute seule ou bonde tombée : le jet spontané n’est pas valable.
NONSans discernement
Sourd-muet, déficient, très jeune enfant : lekhathila ne pas leur faire verser ; un singe n’est pas une force d’homme.
REMAReprendre sans bénédiction
Même selon le Rema, une netila contestée ne vaut qu’en nécessité ; s’il se présente de l’eau, on reprend sans bénédiction.
Il faut un vrai récipient d’une réviit et que l’eau arrive par force d’homme ; à défaut on immerge à la source ou au mikvé, et l’on bénit encore « al netilat yadayim ».

Glossaire

réviit
quart de log, mesure d’un œuf et demi
log
mesure de capacité ; la réviit en est le quart
kones machké
trou qui laisse entrer le liquide de l’extérieur
motsi machké
trou qui laisse seulement sortir le liquide
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
koa’h gavra
force d’un homme qui verse
sheouvin
eaux puisées, tirées au récipient
hamshakha
acheminement des eaux par le sol
nitsok
filet d’eau versé, jonction par écoulement
se’a
mesure de capacité ; quarante se’a = volume d’un mikvé
téfa’h
palme, mesure de longueur
barza / zapfen
bonde, cheville bouchant un trou de récipient
megoufa
bouchon de tonneau
handfass
fontaine portative munie d’une bonde
kelei galalim
récipients faits de bouse et de terre
kelei adama
récipients d’argile séchée au soleil, non cuits au four
beit kaboul
réceptacle, cavité destinée à contenir
chéver keli
tesson, fragment ayant perdu le statut de récipient
baal qéri
homme en état d’impureté par émission séminale
nidda
femme en état d’impureté menstruelle
térouma
prélèvement offert au kohen
kipin
voûte d’eau suspendue, non reliée au sol

(א) בכלי - דאסמכינהו רבנן על מי חטאת או על קידוש ידים ורגלים במקדש דבעי כלי:

Dans un récipient - car les Sages ont fondé cette règle sur les eaux de la vache rousse, ou sur la sanctification des mains et des pieds au Sanctuaire, qui exigent un récipient.

(ב) וכל הכלים כשרים - היינו בין של עץ או עצם או זכוכית וכן כלי עור שמיוחדין לקבל משקה וכדלקמן בס"ד ע"ש:

Et tous les récipients sont kasher - c’est-à-dire qu’ils soient de bois, d’os ou de verre, et de même un récipient de cuir destiné à contenir un liquide ; voir plus bas, avec l’aide de ה'.

(ג) אפילו וכו' - היינו אף דכל אלו אינם חשובים כלי כלל לענין קבלת טומאה אפילו מדברי סופרים עכ"פ כלים הם וכשרים לענין נט"י:

Même etc. - c’est-à-dire que même si tous ceux-ci ne sont pas considérés comme récipients du tout pour contracter l’impureté, même d’après les Scribes, ce sont néanmoins des récipients et ils sont kasher pour la netilat yadayim.

(ד) וכלי אדמה - היינו טיט שאין נצרף בכבשן רק בחמה וכדומה אבל כשנצרף בכבשן הוא כלי חרס המוזכר בתורה לענין קבלת טומאה:

Et un récipient d’argile - c’est-à-dire de terre qui n’a pas été cuite au four, mais seulement au soleil ou de façon analogue ; mais une fois cuit au four, c’est un récipient de terre cuite mentionné par la Torah pour contracter l’impureté.

(ה) שיהא מחזיק וכו' - דאל"ה אין שם כלי עליה לענין נטילה ועיין בה"ל:

Qu’il contienne etc. - sinon, le nom de récipient ne lui revient pas pour la netila ; voir le Biour Halakha.

(ו) רביעית - היא רביעית הלוג ששיעורה ביצה ומחצה:

Une réviit - c’est le quart du log, dont la mesure est un œuf et demi.

(ז) בכונס משקה - ואם נותן לתוכו מים ויוצא טיף אחר טיף בידוע שהוא כונס משקה [ב"ח וא"ר]:

Qui laisse entrer le liquide - et si l’on y met de l’eau et qu’elle sort goutte à goutte, on sait qu’il laisse entrer le liquide [Ba’h et Eliya Rabba].

(ח) והוא גדול וכו' - דאם לא היה רק נקב קטן שהמשקין יוצאין בו אבל לא נכנסין מבחוץ לתוכו חשיב ככלי שלם ונוטלין דרך פיו. ואפילו ניקב בשולי הכלי שאין מחזקת רביעית תחת הנקב כתב בב"י להתיר דלא בטל מתורת כלי מחמת נקב זה ונראה שיש להחמיר בזה אם לא בשעת הדחק שאין לו כלי אחר:

Et qu’il est plus grand etc. - car s’il n’y avait qu’un petit trou par lequel les liquides sortent, sans qu’ils puissent entrer du dehors, il est considéré comme un récipient entier et l’on prend par son ouverture. Même s’il est percé au fond et qu’il ne contient plus une réviit sous le trou, le Beit Yossef a écrit de permettre, car ce trou n’annule pas le statut de récipient ; il semble toutefois qu’il faille être strict à ce sujet, sauf en cas de nécessité, quand on n’a pas d’autre récipient.

(ט) בטל מתורת כלי - בין אם הכלי היה מיוחד למשקין או לאוכלין כמו שבארתי בבה"ל:

Il perd le statut de récipient - que le récipient ait été destiné aux liquides ou aux aliments, comme je l’ai expliqué dans le Biour Halakha.

(י) אבל אם נוטל וכו' - והטעם דלמטה מן הנקב חשיב עדיין כלי כיון שמחזיק רביעית דמה שנוטל מן הנקב הוי כמו נוטל מברזא לקמן בס"ה. וכל זה הוא דעת השו"ע שהעתיק לדינא את דברי הטור אבל הרבה פוסקים חולקין בזה וס"ל דבכלי חרס המיוחד למשקין אם היה נקב ככונס משקה חשיב כולו שבר כלי ואין נוטלין ממנו כלל אפילו דרך הנקב ואינו דומה לברזא דהתם עשוי מתחלה לכך ומ"מ אם אין לו כלי אחר יש לסמוך על דעת המחבר להכשיר דרך הנקב [ח"א] ובכלי חרס המיוחד לאוכלין [דשיעורו לענין טומאה כמוציא זיתים] וכן בשאר הכלים דאינם של חרס דלא נטהרו מטומאתן לכו"ע ע"י נקב ככונס משקה נראה ממ"א דלכו"ע מותר ליטול דרך הנקב. ודע דלפי המתבאר לקמן בסימן קס"ב ס"ג במסקנת הרבה אחרונים שם לא יהיה מותר דרך הנקב ליטול רק כשהנקב יהיה עכ"פ גדול קצת שקילוח המים יהיה נשפך ממנו בלי הפסק דאל"ה יהיה אסור לכתחלה משום דהוי כעין נטילה לחצאין. וכ"ז במקום הדחק אבל לכתחלה בודאי נכון להדר שיהיה הכלי שלם:

Mais s’il prend etc. - la raison est que sous le trou cela reste encore un récipient, puisqu’il contient une réviit : ce que l’on prend par le trou est comme prendre par une bonde, plus bas au seif 5. Tout cela est l’avis du Choulhan Aroukh, qui a recopié pour la pratique les paroles du Tour ; mais beaucoup de décisionnaires contestent et tiennent que, dans un récipient de terre cuite destiné aux liquides, un trou qui laisse entrer le liquide en fait tout entier un tesson, et l’on n’en prend pas du tout, même par le trou ; cela ne ressemble pas à une bonde, qui est faite ainsi dès l’origine. Toutefois, si l’on n’a pas d’autre récipient, on peut s’appuyer sur l’avis du Mé’haber pour permettre par le trou [‘Hayé Adam]. Dans un récipient de terre cuite destiné aux aliments [dont la mesure pour l’impureté est ce qui laisse sortir des olives] et de même dans les autres récipients qui ne sont pas de terre cuite — lesquels ne sont pas purifiés de leur impureté, de l’avis de tous, par un trou qui laisse entrer le liquide —, il ressort du Magen Avraham que de l’avis de tous il est permis de prendre par le trou. Sache que, d’après ce qui se dégage plus bas au siman 162 seif 3, selon la conclusion de beaucoup de derniers, il ne sera permis de prendre par le trou que si le trou est au moins un peu grand, de sorte que le jet d’eau s’en verse sans interruption ; sinon, ce sera interdit lekhathila (a priori), car cela ressemble à une netila par fractions. Tout cela en cas de nécessité ; mais lekhathila, il est certainement bon de rechercher que le récipient soit entier.

(יא) כיון שמחזיק רביעית - יש מאחרונים שכתבו דכ"ז בניקב אבל בנסדק אף אם מחזיק רביעית למטה מהסדק ואפילו אינו רק כמוציא משקה פסול דחשיב כשבר כלי עי"ז גם לענין טומאה והטעם משום דבנסדק עתידה להסדק כולה [ב"ח] והט"ז חולק עליו וסובר דנסדק דינו כניקב ואין לפסול אא"כ יוצא דרך הסדק טיף אחר טיף דאז הוי ככונס משקה ועיין בח"א שכתב דאם אין לו כלי אחר יוכל לסמוך על דעת הט"ז להקל בזה. ואפילו לדעת הב"ח נראה דבכלי נחשת או שאר כלי מתכות [כמו בלע"ך וכיו"ב] דחזקים הם וע"י שנסדק קצת לא יסדק כולה לא גרע נסדק מניקב ועיין בבה"ל שצדדנו דבכלי זכוכית אפילו אם הסדק דק מאד שאינו אפילו כמוציא משקה אם אין הכלי יכול לקבל עתה החמין כצונן אין ליטול בו. כתב הט"ז אם מועיל לסתום הנקב יש ללמוד ממ"ש הראב"ד פי"ד מהלכות כלים דבטיט אינו מועיל בשום כלי [וכן בסמרטוטין] ובזפת מועיל לכלי חרס דוקא ובכל דבר שהוא ממין אותו כלי כגון של מתכות במתכות או של עץ בעץ בודאי מהני וכ"כ בשע"ת ועיין מה שכתבנו בבה"ל בשם הנ"א:

Puisqu’il contient une réviit - certains derniers ont écrit que tout cela concerne un trou, mais si le récipient est fêlé, même s’il contient une réviit sous la fêlure, et même si celle-ci ne fait que laisser sortir le liquide, il est invalide, car il est alors considéré comme un tesson, y compris pour l’impureté ; la raison est qu’une fêlure est destinée à se fendre tout entière [Ba’h]. Le Taz le conteste et tient qu’une fêlure a le même statut qu’un trou, et qu’on ne l’invalide que si l’eau sort par la fêlure goutte à goutte, car alors c’est « qui laisse entrer le liquide » ; voir le ‘Hayé Adam, qui a écrit que si l’on n’a pas d’autre récipient, on peut s’appuyer sur l’avis du Taz pour être indulgent. Même selon le Ba’h, il semble que dans un récipient de cuivre ou d’autre métal [comme le fer-blanc et analogues], qui sont solides et qu’une petite fêlure ne fera pas se fendre tout entier, une fêlure n’est pas pire qu’un trou. Voir le Biour Halakha, où nous avons penché pour dire que, dans un récipient de verre, même si la fêlure est très fine et ne laisse même pas sortir le liquide, si le récipient ne peut plus recevoir le chaud comme le froid, on n’y prendra pas. Le Taz a écrit : si boucher le trou est efficace, on l’apprend de ce qu’a écrit le Raavad au ch. 14 des lois des récipients : la terre n’est efficace dans aucun récipient [ni un chiffon], le goudron n’est efficace que pour la terre cuite, et toute matière de même espèce que le récipient — métal sur métal, bois sur bois — est certainement efficace. Ainsi a aussi écrit le Chaaré Techouva ; voir ce que nous avons rapporté dans le Biour Halakha au nom du Nishmat Adam.

(יב) כלי שמחזיק וכו' - בטור וב"י איתא דה"ה בשבר כלי שהוא מחזיק רביעית שלא במסומך כגון חבית שנחלקה לארכה שהיא מקבלת על דופנה רביעית שלא במסומך אך י"א דאפילו לדידהו אין להקל בזה אא"כ יחדה לתשמיש ועיין במ"א סק"ג שהאריך בזה והעלה דאין להקל בזה בכל גווני דהואיל והיא שבר כלי לא חשיבא כלל וכן הוא דעת הגר"א בבאורו. וכ"ז דוקא בדפנות הכלי וכנ"ל אבל כלי שנפחתה מלמעלה ויכולה לעמוד על שוליה שלא במסומך ולקבל רביעית נראה דיש להקל ליטול בה אם אין לו כלי אחר אך שיזהר ליטול בה במקום שנפחת ששם הכלי נמוכה דבשפה אחרת שהכלי גבוה כמה אחרונים מחמירין וס"ל דלא חשיבא כלי כיון שאין הכלי מחזיק המים במקום ההוא שנשפכין דרך הצד שנפחת ואם בכלי זה ניקב אח"כ נקב קטן אפילו רק כמוציא משקה בלבד יש להחמיר שלא ליטול בו שוב כלל:

Un récipient qui contient etc. - dans le Tour et le Beit Yossef, il est dit qu’il en va de même d’un tesson qui contient une réviit sans être calé, par exemple une barrique fendue en long, qui reçoit sur son flanc une réviit sans être calée ; mais certains disent que même selon eux on n’est indulgent que si on l’a destinée à l’usage. Voir le Magen Avraham sk. 3, qui s’est étendu là-dessus et a conclu qu’on n’est indulgent en aucun cas, car, étant un tesson, il n’est pas considéré du tout ; c’est aussi l’avis du Gaon de Vilna dans son commentaire. Tout cela ne concerne que les parois du récipient, comme ci-dessus ; mais un récipient ébréché par le haut, capable de se tenir sur son fond sans être calé et de contenir une réviit, il semble qu’on puisse être indulgent pour y prendre si l’on n’a pas d’autre récipient, à condition de prendre à l’endroit ébréché, où le récipient est bas : sur l’autre bord, où le récipient est haut, plusieurs derniers sont stricts et tiennent qu’il n’est pas considéré comme récipient, puisqu’il ne retient pas l’eau à cet endroit, d’où elle se verse par le côté ébréché. Si ensuite un petit trou s’y perce, même seulement de quoi laisser sortir le liquide, il faut être strict et n’y plus prendre du tout.

(יג) רביעית כשסומכים אותו - לאו דוקא דה"ה אם מחזיק הרבה יותר מרביעית ע"י סמיכה אינו אסור אא"כ ישפכו המים ולא ישאר בו רביעית כשלא יסמכוהו אבל אם ישאר בו רביעית אחר שפיכה לא נתבטל משם כלי:

Une réviit lorsqu’on le cale - ce n’est pas exact : de même, s’il contient beaucoup plus d’une réviit grâce à un calage, ce n’est interdit que si les eaux se versent et qu’il n’en reste pas une réviit une fois qu’on ne le cale plus ; mais s’il en reste une réviit après le versement, il n’a pas perdu le nom de récipient.

(יד) אינו כלי - והיינו כשלא היתה תחלת תיקונו כך דאם היתה תחלת תיקונו כך הלא חשיב כלי וכדלקמן בס"ה אלא מיירי כשנפחת אח"כ קצת ממקום מושבו שאינו יכול לישב עי"ז שלא ע"י סמיכה או שהיה כלי כעין מגופה דאף אם נעשה מתחלה כך אינו חשיב כלי וכדלקמיה:

Ce n’est pas un récipient - c’est-à-dire lorsque sa confection première n’était pas ainsi : car si sa confection première était ainsi, il est considéré comme récipient, comme plus bas au seif 5. Il s’agit donc d’un récipient ensuite un peu ébréché à son assise, qui ne peut plus se tenir sans calage, ou d’un récipient en forme de bouchon de tonneau, qui, même fait ainsi dès l’origine, n’est pas considéré comme récipient, comme plus loin.

(טו) מגופה וכו' - וה"ה בכיסוי כלים שהם חדין ואין מקבלין רביעית שלא ע"י סמיכה אסור אא"כ תקנן אבל אם היו רחבים מתחלה ומקבלין רביעית כשרים משום דמשתמשין לפעמים בהן ג"כ לקבל ויש מחמירין בזה אא"כ יחדן בהדיא לקבלה:

Un bouchon de tonneau etc. - et il en va de même des couvercles de récipients qui sont pointus et ne reçoivent pas une réviit sans être calés : c’est interdit, à moins qu’on les ait aménagés. Mais s’ils étaient larges dès l’origine et reçoivent une réviit, ils sont kasher, car on s’en sert parfois aussi pour contenir ; certains sont toutefois stricts, à moins qu’on les ait expressément destinés à contenir.

(טז) שהיא חדה - היינו שהיא חדה למטה במקום שיושבת בפי החבית ולמעלה על גבה יש בה חלל לקבל:

Qui est pointu - c’est-à-dire pointu en bas, à l’endroit où il s’assied dans l’ouverture de la barrique, et qu’au-dessus, sur son dos, il y a une cavité pour recevoir.

(יז) אין נוטלים ממנה - ואף דהיא נעשית מתחלה חדה מ"מ לא נחשבה ככלי שתחלת תיקונו כך המבואר בס"ה דמותר משום שלא נעשית מתחלה בשביל לקבל בה משקין רק עיקרה לכיסוי הוא וכן לא דמי לשק וקופה המבואר בס"ד דמחמירין שם דלא מהני אף אם תקנן לשבת בלא סמיכה משום דבזה עכ"פ משתמשין בה לפעמים לקבלת משקין:

On n’en prend pas - bien qu’il ait été fait pointu dès l’origine, on ne le considère pas comme un récipient dont la confection première est ainsi, exposé au seif 5, où c’est permis, car il n’a pas été fait dès l’origine pour y recevoir des liquides, mais essentiellement pour couvrir. Cela ne ressemble pas non plus au sac et à la corbeille exposés au seif 4, où l’on est strict et où même les aménager pour qu’ils se tiennent sans calage n’aide pas, car on s’en sert malgré tout parfois pour recevoir des liquides.

(יח) שתקנן ועשה וכו' - ר"ל שתקנן במה שעשה וכו' והקשה הט"ז הלא נודות עור עשויין לקבל משקין ותחלת עשייתן כך הוא ודמי לכלי שתחלת תיקונו כך שבס"ה ולמה צריך תיקון ותירץ דאינו חשיב בית קבול שלהן בלא תיקון מושב שכשאין בהם מים אין בהם חלל אלא מונח זה על זה:

Qu’il les a aménagés et a fait etc. - c’est-à-dire qu’il les a aménagés par ce qu’il a fait etc. Le Taz a objecté : les outres de cuir sont faites pour recevoir des liquides et leur confection première est ainsi, ce qui ressemble au récipient dont la confection première est ainsi, du seif 5 ; pourquoi faut-il un aménagement ? Il a répondu que leur réceptacle n’est pas considéré sans aménagement d’une assise : quand il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de cavité, elles sont seulement posées l’une sur l’autre.

(יט) לפי שאינם עשויים - היינו דאינם עשויים כלל מתחלה לקבל בהן משקין:

Parce qu’ils ne sont pas faits - c’est-à-dire qu’ils ne sont pas du tout faits, dès l’origine, pour y recevoir des liquides.

(כ) כובע של לבדים - היינו מה שאנו קורין קאפעלושין וכן יארמעלקעס ואפילו הם של עור:

Un chapeau de feutre - c’est-à-dire ce que nous appelons chapeaux, et de même les calottes, même s’ils sont de cuir.

(כא) ע"י הדחק מותרים - היינו כשהם קשים ואין המים זב מהם. ודע דהרש"ל חולק וס"ל דכובע לא נעשה לקבלה כלל ולא עדיף משק וקופה. וכתב הח"א דבשעת דחק גדול כגון בדרך ואין לו כלי אחר מזה יטול ובלי ברכה [וכתב דאז יכרוך ידו במפה] אבל שלא בשעת דחק גדול יש להחמיר דגם עוברי דרכים בזמנינו אין שותין מאלה וכ"כ הפמ"ג דלא יברך על נטילה זו:

Par nécessité, ils sont permis - c’est-à-dire lorsqu’ils sont durs et que l’eau n’en suinte pas. Sache que le Maharshal conteste et tient qu’un chapeau n’a pas été fait du tout pour contenir et n’est pas mieux qu’un sac ou une corbeille. Le ‘Hayé Adam a écrit qu’en cas de grande nécessité, par exemple en voyage et sans autre récipient, on en prendra sans bénédiction [et il a écrit qu’on enroulera alors la main dans un linge] ; mais hors une grande nécessité, il faut être strict, car même les voyageurs de notre temps ne boivent pas dans ces objets. Ainsi a aussi écrit le Pri Megadim : on ne bénira pas sur cette netila.

(כב) שתחלת תיקונו כך - ר"ל שנעשה מתחלה להשתמש בה ע"י סמיכה:

Dont la confection première est ainsi - c’est-à-dire qu’il a été fait dès l’origine pour qu’on s’en serve en le calant.

(כג) מלא נקבים - הנה מסתימת המחבר משמע דאין חילוק בין נקבים קטנים לגדולים דהואיל בעת שמניח האצבע עליו אין המים יוצאים מקרי שפיר כלי וכשר לנטילה ולפ"ז ה"ה בליווע"ר שלנו שיש רק נקב אחד רחב למטה במקום יציאת המים וכשמסיר האצבע יוצאין המים בשפע ג"כ מותר אבל מלשון הרמב"ם [והובא בט"ז] משמע דדוקא כשהנקבים שמהן יוצאין המים הם דקין מאד שאף כשמסיר האצבע אין יוצאין המים מחמת זה רק מעט באיחור גדול אבל כשהנקבים הם גדולים אסור וכ"ש בליווע"ר שלנו דאסור ועיין בבה"ל:

Plein de trous - du silence du Mé’haber, il ressort qu’il n’y a pas de différence entre petits et grands trous : dès lors qu’en posant le doigt dessus l’eau ne sort pas, il s’appelle bien récipient et est kasher pour la netila. Selon cela, il en irait de même de nos seaux percés d’un seul large trou en bas, à la sortie de l’eau, et dont l’eau jaillit abondamment quand on ôte le doigt : ce serait aussi permis. Mais du langage du Rambam [rapporté par le Taz], il ressort que c’est seulement lorsque les trous par lesquels l’eau sort sont très fins, de sorte que même en ôtant le doigt l’eau ne sort que peu et avec un grand retard ; mais si les trous sont grands, c’est interdit, et à plus forte raison nos seaux percés sont interdits. Voir le Biour Halakha.

(כד) מותר ליטול ממנו - דהיינו שמסיר האצבע והמים יוצאים מלמטה. כתבו האחרונים דאין ליטול ידיו מהכלי (שקורין גיסקאן) דרך הדד [והיינו מה שעושין הדד כחצי עגולה] ודוקא כשהדד גבוה משפה של הכלי ומשום דאין הכלי מחזיק המשקה רק עד השפה לכן מהשפה ולמעלה אין שם כלי עליה אבל אם הדד שוה לשפת הכלי מותר ליטול גם מן הדד ואם הדד נמוך משפת הכלי יטול רק דרך הדד ולא מהשפה של הכלי ומשום דאין הכלי מקבל מים רק עד הדד נמצא דלמעלה מזה אין שם כלי עליה ויש מקילין בזה. וכל זה דוקא כשהדד הוא כחצי עגולה אבל אם הדד הוא כשפופרת (שקורין שנוי"ץ) אף שהוא בולט למעלה משפת הכלי משמע ממ"א דמותר ליטול אף דרך הדד ויש אוסרין דרך הדד:

Il est permis d’en prendre - c’est-à-dire qu’on ôte le doigt et que l’eau sort par le bas. Les derniers ont écrit qu’on ne prendra pas les mains du récipient appelé broc par le bec [c’est-à-dire le bec fait en demi-cercle], et cela seulement lorsque le bec est plus haut que le bord du récipient, car le récipient ne retient le liquide que jusqu’au bord : au-dessus du bord, le nom de récipient ne s’y applique plus. Mais si le bec est de niveau avec le bord, il est permis de prendre aussi par le bec. Si le bec est plus bas que le bord, on ne prendra que par le bec et non par le bord du récipient, car le récipient ne reçoit l’eau que jusqu’au bec, si bien qu’au-dessus de celui-ci le nom de récipient ne s’applique plus ; certains sont toutefois indulgents. Tout cela seulement lorsque le bec est en demi-cercle ; mais s’il est comme un tuyau (ce qu’on appelle schnoits), même s’il dépasse au-dessus du bord du récipient, il ressort du Magen Avraham qu’il est permis de prendre même par le bec ; certains l’interdisent par le bec.

(כה) כלי שיש בו ברזא - היינו מה שקורין (צאפי"ן) או מה שקורין (האנדפא"ס) שיש לו יתד מלמטה ובשעה שרוצה ליטול ממנו דוחה היתד למעלה ונשפך המים רק שצריך ליזהר להחזיר בכל שפיכה ושפיכה וכדלקמן בסוף ס"ט. ועיין במ"א לקמן סימן קס"ב דכשנוטל מהאנדפאס צריך ליטול רביעית בבת אחת על היד:

Un récipient pourvu d’une bonde - c’est-à-dire ce qu’on appelle zapfen, ou ce qu’on appelle handfass, qui a une cheville en bas : quand on veut en prendre, on pousse la cheville vers le haut et l’eau se verse ; seulement, il faut prendre garde de la remettre à chaque versement, comme plus bas à la fin du seif 9. Voir le Magen Avraham plus bas au siman 162 : quand on prend d’un handfass, il faut verser une réviit d’un seul coup sur la main.

(כו) למטה - ר"ל אף בשוליה אפ"ה לא נתבטל ממנה שם כלי ע"י נקב זה ומותר ליטול בין דרך הברזא ובין למעלה דרך פי החבית:

En bas - c’est-à-dire même dans son fond : malgré cela, le nom de récipient n’en est pas annulé par ce trou, et il est permis de prendre soit par la bonde, soit par le haut, par l’ouverture de la barrique.

(כז) הואיל ומתחלה נעשה וכו' - וה"ה אם נעשה נקב בכלי המבטלו משם כלי ותיקן שם ברזא להשתמש דרך שם חשיב ג"כ כאלו נעשה מתחלה לכך כיון שעתה ייחד הברזא נעשה כלי עי"ז [מ"א]:

Puisqu’il a été fait dès l’origine etc. - et il en va de même si un trou s’est fait dans un récipient, l’annulant comme récipient, et qu’on y a aménagé une bonde pour s’en servir par là : cela est aussi considéré comme s’il avait été fait ainsi dès l’origine, car, en destinant maintenant la bonde, il est devenu récipient par là [Magen Avraham].

(כח) לקבל ע"י כך - ר"ל ע"י הברזא שתחוב שם מחזיק המים שלא ישפכו דרך הנקב ומוכח מאחרונים דבכלי של חרס צריך שיהיה הברזא מהודקת שלא יהא מנטפת דרך שם דאם מנטף טיף לא עדיף מאלו לא היה שם ברזא כלל ואפילו ליטול דרך הנקב אסור אף שמחזיק רביעית מן הנקב ולמטה ובשאר כלים מותר ליטול דרך הנקב אם מחזיק רביעית ממנה ולמטה. ולפ"ז בהאנדפא"ס שלנו שהברזא בשולי הכלי מלמטה אם אינה מהודקת ומטפטף המים דרך שם נתבטלה מלהיות כלי עד שיתקנה ואסור ליטול ממנה:

Pour contenir de cette façon - c’est-à-dire que, grâce à la bonde fichée là, il retient l’eau pour qu’elle ne se verse pas par le trou. Il ressort des derniers que, dans un récipient de terre cuite, la bonde doit être bien serrée afin que cela ne goutte pas par là : si cela goutte, ce n’est pas mieux que s’il n’y avait pas de bonde du tout, et même prendre par le trou est interdit, bien qu’il contienne une réviit sous le trou. Dans les autres récipients, il est permis de prendre par le trou s’il contient une réviit au-dessous. Selon cela, dans nos handfass dont la bonde est au fond du récipient, si elle n’est pas bien serrée et que l’eau goutte par là, le récipient a perdu d’être récipient jusqu’à ce qu’on la répare, et il est interdit d’en prendre.

(כט) בחפניו - ואפילו היו ידיו טהורות:

Dans le creux de ses mains - même si ses mains étaient pures.

(ל) ושפך ממנה - היינו אחר שכבר נגמר הנטילה מיד האחת שפך מהמים הנשאר תוך פיסת ידו על היד השניה להכי אינה כלום דלא באה הנטילה מהכלי. ואם החזיק הידים זו תחת זו ושפך אחד על היד העליונה וממנה ממילא נשפך גם על היד השניה שתחתיה נטהרה עי"ז וכדלקמן בסימן קס"ב ס"ה דנטילה אחת הם:

Et il a versé de celle-ci - c’est-à-dire qu’après avoir déjà achevé la netila d’une main, il a versé de l’eau restée dans la paume sur l’autre main : cela n’est rien, car la netila n’est pas venue du récipient. Si l’on a tenu les mains l’une sous l’autre et qu’on a versé sur la main du dessus, d’où l’eau s’est versée d’elle-même aussi sur la main du dessous, celle-ci s’en est purifiée, comme plus bas au siman 162 seif 5, car c’est une seule netila.

(לא) והוא שהיתה - דמבואר לקמן בסימן קס"ב דמים הראשונים ששופכן על ידו לשם נטילה הם עצמן נטמאו בנגיעתן בידיו וא"כ אם ישפוך מיד אחת על ידו השניה לא יטהרו אותה כיון דהמים עצמן טמאים הם ולכן כתב שהיתה ידו הראשונה טהורה שאז לא נטמאו המים ששפך עליה:

Et cela, pourvu qu’elle fût - car il est exposé plus bas au siman 162 que les premières eaux versées sur la main pour la netila s’impurifient elles-mêmes au contact des mains ; dès lors, si l’on verse d’une main sur l’autre, elles ne la purifieront pas, puisque les eaux elles-mêmes sont impures. C’est pourquoi il a écrit que la première main était pure : alors les eaux versées sur elle ne se sont pas impurifiées.

(לב) טהורה - כתבו האחרונים דעכ"פ לא התיר ר"ת אלא רק לשפוך מיד זו לחברתה אבל לא לשפשף וליגע דאם ישפשף ויגע בה אף שהיא טהורה הלא תהיה נטמאת בנגיעתה בחברתה:

Pure - les derniers ont écrit que Rabbenou Tam n’a permis, en tout cas, que de verser d’une main à l’autre, mais non de frotter et de toucher : car si l’on frotte et que l’on touche, même si elle est pure, elle s’impurifiera au contact de l’autre.

(לג) רביעית בב"א - ובכגון זה אף שהיתה טמאה נטהרה ידו בשפיכה אחת וגם המים עצמן לא נטמאו דרביעית בבת אחת עשוה כמקוה המטהרת שגם המים טהורים הם כדלקמן בסימן קס"ב ולכן יכול לשפוך ממים אלו גופם שנתקבץ לתוך פיסת ידו על יד השניה מיהו זה דוקא אם שפך הרביעית על ידו כראוי דהיינו כדין נטילה על כל היד מבפנים ומבחוץ דאלו שפך כולה רק לתוך פיסת ידו אין זה נטילה כראוי וידו הראשונה עצמה טמאה וגם המים נטמאו בה:

Une réviit d’un seul coup - et dans un tel cas, même si elle était impure, sa main s’est purifiée par un seul versement, et les eaux elles-mêmes ne se sont pas impurifiées, car une réviit d’un seul coup les a rendues comme un mikvé qui purifie, si bien que les eaux aussi sont pures, comme plus bas au siman 162. On peut donc verser de ces eaux mêmes, réunies dans la paume, sur la seconde main. Toutefois, cela seulement si l’on a versé la réviit sur la main comme il se doit, c’est-à-dire selon la règle de la netila, sur toute la main, dedans et dehors : car si l’on a versé le tout seulement dans la paume, ce n’est pas une netila régulière, la première main elle-même est impure, et les eaux s’y sont impurifiées.

(לד) היא עיקר - וכן הוא דעת ש"פ דלא כר"ת [הגר"א]:

C’est l’essentiel - et tel est aussi l’avis de nombreux décisionnaires, contrairement à Rabbenou Tam [Gaon de Vilna].

(לה) לכתחלה - ורש"ל החמיר אף בדיעבד וגם לדעת רמ"א הוא דוקא בשעת הדחק אבל בנזדמנו לו מים יטול שנית ובלי ברכה:

Lekhathila - et le Maharshal a été strict même bediavad (après coup) ; et même selon le Rema, ce n’est qu’en cas de nécessité : mais si des eaux se présentent, on prendra une seconde fois, sans bénédiction.

(לו) שדולה מים וכו' - ר"ל שדולה אדם מים מן היאור בדלי ושופך לתוך הצנור שיבואו ממנו לשדות ובא זה ליתן ידיו לתוך הצנור [רחוק ממקום ששופכין בו] כדי שיקלחו המים על ידיו וסובר שיחשב לו לנטילה:

Qui puise de l’eau etc. - c’est-à-dire qu’un homme puise de l’eau du fleuve avec un seau et la verse dans le canal pour qu’elle aille aux champs, et que celui-ci vient mettre les mains dans le canal [loin de l’endroit où l’on verse] afin que l’eau coule sur ses mains, pensant que cela lui sera compté pour netila.

(לז) מכחו הם באים - ואף דנט"י מכלי הוא דוקא כיון שהוא קרוב למקום השפיכה ששופך בדלי חשוב מכח הכלי ג"כ ופשוט דאם שפך לתוך הצנור בכלי פסולה כגון במנוקב אף בנתן קרוב למקום השפיכה פסול דאינם באים מכלי אם לא באופן המבואר לקמיה:

Elles viennent de sa force - et bien que la netilat yadayim doive venir d’un récipient, du moment qu’il est proche de l’endroit du versement où l’on verse avec le seau, cela est aussi considéré comme venant de la force du récipient. Il est évident que si l’on a versé dans le canal avec un récipient invalide, par exemple percé, même en mettant les mains près de l’endroit du versement, c’est invalide, car elles ne viennent pas d’un récipient, sauf de la manière exposée plus loin.

(לח) ואם הטביל ידיו - היינו שתחבן במים שנתכנסו בתוך הצנור ובא להכשירן מכח טבילה כמבואר לקמיה בסי"ד דטבילה נמי מהני לידים כשטובלן במעין או במקוה:

Et s’il a immergé ses mains - c’est-à-dire qu’il les a enfoncées dans l’eau réunie dans le canal et veut les rendre kasher au titre de l’immersion, comme il est exposé plus loin au seif 14, car l’immersion aussi est efficace pour les mains quand on les immerge dans une source ou un mikvé.

(לט) שהם שאובין - ואין מכשירין מכח טבילה אלא במים הכשרין לטבילת הגוף ועיין לקמן בסט"ז דהראב"ד מכשיר בשאובין ארבעים סאה בקרקע אך דבאמת רבים פליגי עליה כמ"ש שם בבה"ל:

Parce qu’elles sont puisées - et l’on n’est rendu kasher par immersion que dans des eaux kasher pour l’immersion du corps. Voir plus bas au seif 16 : le Raavad permet les eaux puisées, quarante se’a dans le sol ; mais en vérité beaucoup le contestent, comme nous l’avons écrit là dans le Biour Halakha.

(מ) חוץ לצינור וממשיך - ושיעור ההמשכה שיתבטל שם שאובין עי"ז הוא ג' טפחים [פמ"ג מיו"ד סי' ר"א סל"ו] ומחמת הצנור עצמו לא הוי שאובין דמיירי שלא היה עליו שם כלי כגון שלא נעשו בו ד' שפות לקבל בתוכו דאלו היה הצנור עצמו כלי לא מהני ההמשכה דהא שאובין הן מחמת זה הצנור גופא ואין שייך שם טבילה כלל:

Hors du canal et il les achemine - et la mesure de l’acheminement qui annule par là le statut d’eaux puisées est de trois téfa’him [Pri Megadim d’après Yoré Déa siman 201 seif 36]. Du fait du canal lui-même, ce ne sont pas des eaux puisées, car il s’agit d’un cas où le nom de récipient ne lui revenait pas, par exemple sans quatre bords faits pour y recevoir ; car si le canal lui-même était un récipient, l’acheminement n’aiderait pas, puisque ce sont des eaux puisées à cause de ce canal même, et l’immersion n’y a aucune place.

(מא) שהמשיכוה - ואף דלענין טבילת הגוף מחמירין בזה אם היו כל המים שאובין אף שהמשיכוה כמ"ש ביו"ד סימן ר"א בנטילה דרבנן סמכו להקל על דעת המתירין שם [מ"א וש"א]:

Qu’on les a acheminées - et bien que, pour l’immersion du corps, on soit strict si toutes les eaux étaient puisées, même acheminées, comme il est écrit en Yoré Déa siman 201, pour la netila, qui est de nos Sages, on s’est appuyé pour être indulgent sur l’avis de ceux qui permettent là-bas [Magen Avraham et d’autres].

(מב) כשרה - ודוקא שיש בו מ' סאה [רש"ל וא"ר] דאף למאן דמיקל לקמן בסי"ד בפחות מזה הלא עיקר הדין דע"י המשכה ג"כ קולא היא ולא מקילינן כולי האי. וגם צריך שיהיו המים מכונסין ולא זוחלין והיינו שיסתום בסוף הצנור שיתכנסו המים:

Elle est kasher - et seulement s’il y a quarante se’a [Maharshal et Eliya Rabba] : car même selon celui qui est indulgent plus bas au seif 14 pour moins que cela, le fond de la règle par acheminement est déjà une indulgence, et l’on n’est pas indulgent à ce point. Il faut aussi que les eaux soient réunies et non courantes, c’est-à-dire qu’on bouche l’extrémité du canal pour que les eaux s’y rassemblent.

(מג) לתוך החריץ - ר"ל לתוך החריץ של הצנור:

Dans la rigole - c’est-à-dire dans la rigole du canal.

(מד) בכונס משקה - ומבואר לעיל בס"א דכשמוציא טיף אחר טיף כונס משקה הוא ויש רוצים לומר דבכאן צריך שיהיה גדול קצת שיהא נראה הקילוח דאז חשיב מחובר למימי היאור ועיין בב"י לעיל בראש הסימן במה שהביא בשם מהרי"ק דלפי זה הוי השיעור בנקב כעדשה:

Qui laisse entrer le liquide - et il est exposé plus haut au seif 1 que, lorsqu’elle sort goutte à goutte, c’est « qui laisse entrer le liquide ». Certains veulent dire qu’ici le trou doit être un peu grand, de sorte que le jet soit visible, car alors c’est considéré comme relié aux eaux du fleuve ; voir le Beit Yossef au début du siman, ce qu’il a rapporté au nom du Mahariq : selon cela, la mesure du trou serait comme une lentille.

(מה) מחבר הכלי ליאור - וה"ה אם בא בספינה ואינו מגיע להטביל ידיו במי הים ואין לו כלי שלם רק כלי מנוקב ככונס משקה דולה בו מן הים ומטביל ידיו בו שמימי הכלי מחוברים למי הים ע"י שהמים נוטפים דרך הנקב [ש"ג ומ"א]:

Relie le récipient au fleuve - et il en va de même si l’on est dans un bateau et que l’on n’atteint pas pour immerger les mains dans les eaux de la mer, et que l’on n’a pas de récipient entier mais seulement un récipient percé d’un trou qui laisse entrer le liquide : on y puise de la mer et l’on y immerge les mains, car les eaux du récipient sont reliées aux eaux de la mer par l’eau qui goutte par le trou [Chilté haGuibborim et Magen Avraham].

(מו) לענין טבילה - דניצוק אינו חיבור שם כלל וגם באופן דמהני שם עירוב לחבר המים הוא בשיעור גדול ולא ע"י ניצוק דק כזה:

Pour l’immersion - car un filet versé n’est pas du tout une jonction là-bas ; et même dans le cas où un mélange y relie les eaux, c’est selon une grande mesure, et non par un filet versé aussi mince.

(מז) ויש חולקין - ורש"ל הסכים כדעה זו מ"מ בשעת הדחק יש לסמוך על דעת המקילין דהוא דעת רוב הפוסקים. ואם טבל ידיו ע"י הכשר חיבור הניצוק ואח"כ נזדמן לו ליטול כראוי לא יברך על נטילה שניה דהא לרוב הפוסקים יצא ידי נטילה [א"ר] וקנים החלולים המקלחים מים מן היאור אם הניח ידיו תחת הקילוח לא הוי נטילה דאף להסוברין בס"ח דלא בעי כח גברא פסול משום דאין כאן כלי דהקנים אינם כלום שאין בהם בית קבול. וגם אין יכול להטביל ידיו ברע"ר קאסטי"ן העומד סביבם והוא שנפסק הקילוח מן הקנים אבל בעת שהולך הקילוח מן הקנים אם רוצה להטביל ידיו בהקאסטין י"ל דשרי לכו"ע אף להיש חולקין דניצוק רחב כזה לכו"ע הוי חבור והוי כאלו מטביל בהיאור. כתבו האחרונים שאין ליטול ידיו מן הפלומ"פ לפי שאינו כלי וכ"ז דוקא כשמניח ידיו סמוך למקום יציאת המים מן הצנור הבולט אבל מותר להניח ידו אחת סמוך לארץ ובידו השניה ימשוך הפלומ"פ להביא עליו המים ואח"כ יחליף ידיו או שחבירו ימשוך לו ומהני כ"ז משום דניצוק חבור והוי כאלו טובל במעין עצמו אבל אם יחזיק ידיו גבוהות מן הארץ לא מהני הנטילה משום דהוי כטובל בכיפין:

Et certains contestent - et le Maharshal s’est accordé à cet avis ; toutefois, en cas de nécessité, on peut s’appuyer sur l’avis des indulgents, qui est celui de la majorité des décisionnaires. Si l’on a immergé les mains grâce à la jonction du filet versé, puis qu’il s’est présenté de prendre comme il se doit, on ne bénira pas sur une seconde netila, car selon la majorité des décisionnaires on s’est déjà acquitté [Eliya Rabba]. Quant aux roseaux creux qui font couler l’eau du fleuve : si l’on a mis les mains sous le jet, ce n’est pas une netila, car même selon ceux qui, au seif 8, ne requièrent pas la force d’un homme, c’est invalide faute de récipient : les roseaux ne sont rien, n’ayant pas de réceptacle. On ne peut pas non plus immerger les mains dans le bassin qui les entoure, une fois le jet des roseaux interrompu ; mais tant que le jet des roseaux coule, si l’on veut immerger les mains dans le bassin, on peut dire que c’est permis de l’avis de tous, même selon ceux qui contestent, car un filet versé aussi large est une jonction de l’avis de tous, et c’est comme si l’on immergeait dans le fleuve. Les derniers ont écrit qu’on ne prendra pas les mains à la pompe, car ce n’est pas un récipient. Tout cela seulement lorsqu’on met les mains près de la sortie de l’eau du tuyau saillant ; mais il est permis de mettre une main près du sol et, de l’autre, de tirer la pompe pour amener l’eau sur elle, puis d’échanger les mains, ou qu’un compagnon tire pour soi : tout cela est efficace, car le filet versé est une jonction et c’est comme si l’on s’immergait dans la source même. Mais si l’on tient les mains hautes au-dessus du sol, la netila n’est pas efficace, car c’est comme s’immerger dans des voûtes d’eau.

(מח) הקבועים - דלנט"י כלי בעינן וכיון שהם קבועים בכותל הרי הן ככותל ואין שם כלי עליהן אע"פ שעשה להן בית קבול. ועיין בפמ"ג שמצדד לומר דדוקא ליטול מן הברזא דרך נטילה אבל לטבול בתוכן אם יש בהן ארבעים סאה יש להכשיר מטעם טבילה דמותר במ' סאה כדלקמן בסי"ד ולא הוי כטובל בכלי דכמחובר חשבינן ליה ומ"מ נראה פשוט דאין להקל בזה אלא בשהמים לא נשאבו ע"י כלי [עיין לקמן בסט"ז בבה"ל שם]:

Fixés - car pour la netilat yadayim on requiert un récipient, et du moment qu’ils sont fixés au mur, ils sont comme le mur et le nom de récipient ne leur revient pas, même si on leur a fait un réceptacle. Voir le Pri Megadim, qui penche à dire que c’est seulement pour prendre par la bonde à titre de netila ; mais pour s’immerger dedans, s’il y a quarante se’a, il y a lieu de permettre au titre de l’immersion, permise en quarante se’a comme plus bas au seif 14, et ce n’est pas comme s’immerger dans un récipient, car on le considère comme relié au sol. Toutefois, il paraît évident qu’on n’est indulgent que si les eaux n’ont pas été puisées par un récipient [voir plus bas au seif 16 dans le Biour Halakha].

(מט) כלי תחלה וכו' - הטעם כיון שהיה עליהם שם כלי תחלה בתלוש חשיב נטילה בכלי:

Récipient d’abord etc. - la raison est que, le nom de récipient leur ayant d’abord appartenu alors qu’ils étaient détachés, la netila est considérée comme faite dans un récipient.

(נ) נוטלין ממנו - ר"ל דרך ברזא שמסירה בכל שפיכה ושפיכה דחשיב עי"ז כח גברא וכמו שיתבאר בסוף ס"ט:

On en prend - c’est-à-dire par la bonde qu’on ôte à chaque versement, ce qui est considéré par là comme force d’un homme, ainsi qu’il sera exposé à la fin du seif 9.

(נא) אם הכניס ידיו וכו' - אקדים קצת כדי שיובן דברי הסעיף והוא. דהנה רוב הפוסקים אוסרין לטבול ידיו בכלי במקום נטילה משום דס"ל דבעינן בנטילה כח גברא והיינו שיבואו המים על ידיו מכח אדם ששופך עליהם וכנ"ל וסברת המקילין בזה משום דסבירא להו דלא בעי כח שופך על ידיו בנט"י ורק שיטול מכלי ולכן טבילה בתוכו חשיב להו כמו נטילה ממנה:

S’il a introduit ses mains etc. - je précède un peu pour que les paroles du seif se comprennent. La majorité des décisionnaires interdisent d’immerger les mains dans un récipient à la place d’une netila, car ils tiennent qu’on requiert, pour la netila, la force d’un homme, c’est-à-dire que l’eau vienne sur les mains par la force d’une personne qui la verse, comme ci-dessus. L’avis des indulgents est qu’on ne requiert pas, pour la netilat yadayim, la force de celui qui verse sur les mains, mais seulement qu’on prenne d’un récipient ; dès lors, s’immerger dedans leur est considéré comme en prendre.

(נב) לא עלתה נטילה - היינו אף לאותן דסבירא להו דטבילה בכלי כנטילה הוא היכא שחיבר הכלי להקרקע גרע דנראה דבא להכשיר מטעם טבילה כמו במקוה וטבילה בשאובין ליכא ועיין בבה"ל:

La netila n’est pas valable - c’est-à-dire même pour ceux qui tiennent que l’immersion dans un récipient est comme une netila : dès lors que le récipient est relié au sol, c’est pire, car il paraît qu’on veut rendre kasher au titre de l’immersion, comme dans un mikvé, et il n’y a pas d’immersion dans des eaux puisées. Voir le Biour Halakha.

(נג) י"א שעלתה - ולא בעינן מים אלא כשיעור רביעית דכנטילה ממש חשיב לדידהו וכח שופך ס"ל דלא בעינן בנט"י:

Certains disent qu’elle est valable - et l’on ne requiert d’eau que la mesure d’une réviit, car cela leur est considéré comme une netila véritable, et ils tiennent qu’on ne requiert pas, pour la netilat yadayim, la force de celui qui verse.

(נד) וי"א וכו' - ואפילו יש בהם ארבעים סאה והטעם משום דבעינן כח שופך שיתן על הידים דוקא וכנ"ל וגם דמדמינן לקידוש ידים דמקדש דקי"ל דפסול לטבול הידים בתוך הכיור כדאיתא בזבחים [כ"ב]:

Et certains etc. - même s’il y a quarante se’a. La raison est qu’on requiert la force de celui qui verse, qui donne précisément sur les mains, comme ci-dessus ; et aussi que nous comparons à la sanctification des mains du Sanctuaire, où l’on tient pour invalide d’immerger les mains dans le bassin, comme il est dit dans Zéva’him [22].

(נה) ובשעת הדחק - כגון שאין לו כלי אחרת וכלי זו אינו יכול לטלטלה:

Et en cas de nécessité - par exemple si l’on n’a pas d’autre récipient et que celui-ci ne peut être déplacé.

(נו) יכול לסמוך - וט"ז הביא בשם רש"ל דחולק ע"ז ודעתו דגם בשעת הדחק אין לסמוך ע"ז דכל הפוסקים חולקים על זה וכן משמע מהגר"א. ונראה דאפילו מי שירצה לסמוך בשעת הדחק להקל כדברי השו"ע מ"מ לא יברך על נטילה זו ומצאתי שגם הגר"ז וח"א הסכימו כן עוד כתבו דיאכל אז ע"י שיכרוך ידיו במפה:

On peut s’appuyer - et le Taz a rapporté au nom du Maharshal qu’il conteste cela et que, même en cas de nécessité, on ne s’y appuie pas, car tous les décisionnaires le contestent ; ainsi ressort-il aussi du Gaon de Vilna. Il semble que même celui qui voudrait s’appuyer, en cas de nécessité, sur l’indulgence du Choulhan Aroukh, ne bénira pas néanmoins sur cette netila ; j’ai trouvé que le Choulhan Aroukh haRav et le ‘Hayé Adam l’ont aussi conclu ainsi. Ils ont encore écrit qu’on mangera alors en enroulant les mains dans un linge.

(נז) נוטל בלא ברכה - דשמא הלכה כהמקילין וכבר יצא ע"י מה ששכשך ידיו בהם לשם נטילה:

Il prend sans bénédiction - car peut-être la règle est-elle selon les indulgents, et l’on s’est déjà acquitté en ayant agité les mains dans ces eaux au nom de la netila.

(נח) מניחה על ברכיו - והיינו דרוצה ליטול שני ידיו כאחד ואין לו אחר שיטול עליהם:

Il la pose sur ses genoux - c’est-à-dire qu’il veut prendre ses deux mains à la fois et n’a personne pour verser sur elles.

(נט) ונוטל ממנה - ומנענע בברכיו כל פעם שיצאו המים [מ"א] והיינו לכתחלה דבאופן זה כשר לכו"ע דמכחו ממש באים בכל שפיכה ושפיכה מיהו אף אם לא הטה אלא פ"א בתחלה בדיעבד כשר לפי מה שכתב המחבר לקמיה בסעיף י':

Et il en prend - et il remue des genoux à chaque fois pour que l’eau sorte [Magen Avraham]. C’est lekhathila : de cette façon, c’est kasher de l’avis de tous, car l’eau vient réellement de sa force à chaque versement. Toutefois, même s’il n’a incliné qu’une fois au début, bediavad c’est kasher, d’après ce qu’a écrit le Mé’haber plus loin au seif 10.

(ס) מוטה בארץ - היינו שלא ע"י אדם אלא מעצמה נתגלגלה דאלו בא הקילוח מתחלה ע"י הטיית אדם מכשיר המחבר לקמיה בס"י דחשיב כח גברא:

Inclinée à terre - c’est-à-dire non par un homme, mais qu’elle a roulé d’elle-même : car si le jet est venu d’abord par l’inclinaison d’un homme, le Mé’haber le permet plus loin au seif 10, cela étant considéré comme force d’un homme.

(סא) דרך נקב שבה - שנעשה בשביל ברזא ונפל הברזא והמים יוצאין מעצמן:

Par un trou qui s’y trouve - fait pour une bonde, la bonde étant tombée et l’eau sortant d’elle-même.

(סב) לא עלתה - דצריך שיבואו על ידיו מכח איזה נותן ולא שיבואו מאליהן:

Elle n’est pas valable - car il faut que l’eau vienne sur ses mains par la force de quelqu’un qui donne, et non d’elle-même.

(סג) חשיב שפיר וכו' - כיון דע"י הסרתו מקלחין המים:

C’est bien considéré etc. - puisque, par le fait de l’ôter, les eaux giclent.

(סד) בכל שפיכה ושפיכה - פי' בכל קלוח וקלוח דלא חשבינן בזה בא מכחו אלא קלוח ראשון וע"כ צריך לחזור ולהסיר בכל שפיכה ושפיכה וכתבו האחרונים דהנוטל ע"י כלי שמתוקן ע"י ברזל (שקורין תרנגול או מה שקורין קראן) צריך לסגור ולפתוח כמה פעמים לכל יד ויד דהוא דק ואינו מספיק בקילוח ראשון ליטול יד כראוי:

À chaque versement - c’est-à-dire à chaque jet : car on ne considère comme venant de sa force que le premier jet. Il faut donc ôter de nouveau à chaque versement. Les derniers ont écrit que celui qui prend par un récipient aménagé d’un robinet de fer (ce qu’on appelle coq, ou ce qu’on appelle kran) doit fermer et ouvrir plusieurs fois pour chaque main, car le jet est mince et le premier jet ne suffit pas à prendre la main comme il se doit.

(סה) אם הטה וכו' - ואפילו היכא שהמטה החבית היה אדם אחר ולא כוון כלל בזה לנטילה המכשרת לאכילה אפ"ה שפיר דמי כיון דאדם הנוטל ידיו אח"כ כוון לשם נטילה וכמבואר לקמן בסי"ג דבכונת נותן או נוטל סגי:

S’il a incliné etc. - et même si celui qui a incliné la barrique était un autre homme, qui n’avait nulle intention d’une netila rendant kasher pour manger, c’est néanmoins bien, puisque l’homme qui prend ensuite les mains a eu l’intention au nom de la netila, comme il est exposé plus bas au seif 13 : l’intention de celui qui donne ou de celui qui prend suffit.

(סו) והלך וישב לו וכו' - ולא דמי למה שמבואר בס"ט דכח גברא נחשב רק הקילוח ראשון לבד ומטעם זה צריך להחזירה בכל שפיכה ושפיכה דהתם לא עשה מעשה בגוף המים ורק שהסיר הברזא המונע המים לצאת ולכן לא חשיב בא מכחו רק קילוח ראשון היוצא מיד כשפתוח אבל הכא שעשה מעשה בגוף המים שהניע אותם ומחמת הטיתו נשפכין כ"ז ששופכין מהחביות בקילוח לעולם חשיב בא מכחו:

Et il s’en est allé s’asseoir etc. - cela ne ressemble pas à ce qui est exposé au seif 9, où la force d’un homme n’est considérée que pour le premier jet seulement, raison pour laquelle il faut remettre à chaque versement. Là-bas, on n’a pas fait d’acte sur le corps des eaux, on a seulement ôté la bonde qui empêchait l’eau de sortir ; dès lors, seul le premier jet, qui sort dès l’ouverture, est considéré comme venant de sa force. Ici, en revanche, on a fait un acte sur le corps des eaux en les mettant en mouvement, et du fait de l’inclinaison elles se versent : tant qu’elles se versent de la barrique en un jet, cela est toujours considéré comme venant de sa force.

(סז) עלתה לו נטילה - עיין בבה"ל שטוב להחמיר בזה לכתחלה:

La netila lui est valable - voir le Biour Halakha : il est bon d’être strict lekhathila.

(סח) חרש, שוטה, וקטן - דאינם בני דעת:

Un sourd-muet, un déficient mental et un mineur - car ils n’ont pas de discernement.

(סט) עובד גילולים, ונדה - אף דבנוטל ידים לתרומה אסור על ידיהם דמטמאין המים במשא [נדה מדאורייתא ואידך חכמים גזרו עליהם טומאה] בנטילה לחולין לא גזרו וי"א משום דבזמנינו תמיד כל המים טמאין שכולנו טמאי מתים לכן לא חשו לזה וכתבו האחרונים דמ"מ לכתחלה טוב ליזהר שלא ליטול ידים מהם:

Un idolâtre et une nidda - bien que, pour prendre les mains en vue de la térouma, ce soit interdit par leur intermédiaire, car ils impurifient les eaux par port [la nidda d’après la Torah, et les autres, les Sages ont décrété sur eux l’impureté], pour la netila des aliments profanes on n’a pas décrété. Certains disent que, de notre temps, toutes les eaux sont toujours impures, car nous sommes tous impurs de mort, et l’on n’y a donc pas pris garde. Les derniers ont écrit qu’il est néanmoins bon, lekhathila, de veiller à ne pas prendre les mains d’eux.

(ע) דינו כקוף - המבואר לקמיה דיש פוסלין בו והוא משום דקטן כזה אין בו דעת כלל. ובביאור הגר"א משמע דאין להחמיר בזה ולא דמי לקוף דאין נוטלין ממנו דלאו אדם הוא ולית כאן כח גברא משא"כ בזה ואף דאין בו דעת לא גרע משוטה:

Son statut est comme un singe - exposé plus loin : certains l’invalident, parce qu’un tel mineur n’a aucun discernement. Du commentaire du Gaon de Vilna, il ressort qu’il ne faut pas être strict à ce sujet, et que cela ne ressemble pas au singe, dont on ne prend pas, car ce n’est pas un homme et il n’y a pas ici de force d’un homme ; ici, en revanche, même s’il n’a pas de discernement, il n’est pas pire qu’un déficient mental.

(עא) מין חיה - ויש בה קצת דעת לתשמיש:

Une espèce de bête - et elle a un peu de discernement pour le service.

(עב) יש פוסלין - דאין כאן כח גברא:

Certains invalident - car il n’y a pas ici de force d’un homme.

(עג) ויש מכשירין - ס"ל דלא בעינן שיבוא על ידיו רק מכח נותן:

Et certains permettent - ils tiennent qu’on ne requiert pas que cela vienne sur les mains seulement de la force de celui qui donne.

(עד) יש להחמיר - ובדיעבד כשר [מ"א] ובא"ר כתב דגם בדיעבד יחזור ויטול בלי ברכה אלא דאם אין לו מים יש לסמוך על נטילה זו:

Il faut être strict - et bediavad c’est kasher [Magen Avraham]. L’Eliya Rabba a écrit que même bediavad on reprendra sans bénédiction ; mais si l’on n’a pas d’eau, on peut s’appuyer sur cette netila.

(עה) ולכתחלה יכוין - והמ"א כתב לפסול אף בדיעבד אם לא כוונו כלל עי"ש אבל הגר"א בקנ"ח ס"ז הסכים כהסוברין דבלא כונה כשר וכן הוא דעת רוב הראשונים ובדיעבד בודאי יש להקל כשאין לו מים ליטול שנית כדעת המחבר אח"כ מצאתי שכן כתב במאמר מרדכי:

Et lekhathila, qu’il ait l’intention - et le Magen Avraham a écrit d’invalider même bediavad si l’on n’a eu aucune intention, voir là. Mais le Gaon de Vilna, au seif 7, s’est accordé à ceux qui tiennent que sans intention c’est kasher ; c’est aussi l’avis de la majorité des premiers. Bediavad, il faut certainement être indulgent quand on n’a pas d’eau pour prendre une seconde fois, selon l’avis du Mé’haber. J’ai ensuite trouvé que le Maamar Mordekhai l’a écrit ainsi.

(עו) וכוונת נותן וכו' - ואם היה הנותן פחות מבן שש משמע מהפוסקים דאין מועיל כונתו:

Et l’intention de celui qui donne etc. - et si celui qui donnait avait moins de six ans, il ressort des décisionnaires que son intention n’est pas efficace.

(עז) במי מעין - היינו בכל מימות הנובעין אף שהם נזחלין למרחוק:

Dans les eaux d’une source - c’est-à-dire dans toutes les eaux jaillissantes, même si elles coulent au loin.

(עח) אפילו אין בו וכו' - דבמ' סאה פשיטא דמהני אפילו בשאר מימות שאינם נובעין:

Même s’il n’y a pas etc. - car en quarante se’a, il est évident que c’est efficace, même dans les autres eaux qui ne jaillissent pas.

(עט) כל שמתכסין - וכמו לענין טבילת כלים דקי"ל דמעין מטהר בכל שהוא כל שמתכסין בו וכ"ש בנטילה דרבנן וגם דבטבילת הגוף נמי לכמה פוסקים א"צ במעין מ' סאה דוקא אלא כשיעור שיתכסה גופו של כל אדם לפי מה שהוא ואף דלא קי"ל כן עכ"פ בנט"י יש להקל:

Dès lors qu’elles s’y recouvrent - comme pour l’immersion des récipients, où l’on tient qu’une source purifie en quelque quantité que ce soit, dès lors qu’ils s’y recouvrent ; à plus forte raison pour la netila, qui est de nos Sages. Et même pour l’immersion du corps, selon plusieurs décisionnaires, on n’a pas besoin, à la source, de quarante se’a précisément, mais de la mesure où le corps de tout homme se recouvre selon ce qu’il est ; et bien que nous ne tenions pas ainsi, pour la netilat yadayim du moins on est indulgent.

(פ) בבת אחת - דאף דכשר לטובלן אחת אחת וכמו בסי"ח שיעור המים צריך שיהיו ראויין לטובלן בבת אחת:

En une seule fois - car même s’il est kasher de les immerger l’une après l’autre, comme au seif 18, la mesure d’eau doit être propre à les immerger en une seule fois.

(פא) במי מקוה - שאינם נובעין אלא שנתכנסו במקום אחד ממי גשמים או הפשרת שלגים ואם הם עכורים הרבה עיין לקמן סימן ק"ס ס"ט:

Dans les eaux d’un mikvé - qui ne jaillissent pas, mais se sont réunies en un lieu, d’eaux de pluie ou de fonte des neiges. Si elles sont très troubles, voir plus bas siman 160 seif 9.

(פב) שדינו כמעין - דמדאורייתא אף במים מכונסין סגי לטבילת כלים ברביעית אם הם כלים קטנים שמתכסין בהמים ורק חכמים הצריכו בהם מ' סאה כמו בטבילת הגוף ולענין נטילה דרבנן לא החמירו [ר"י]:

Dont le statut est comme une source - car d’après la Torah, même des eaux réunies suffisent à l’immersion des récipients avec une réviit, s’il s’agit de petits récipients qui s’y recouvrent ; seulement les Sages ont exigé en eux quarante se’a, comme pour l’immersion du corps. Pour la netila, qui est de nos Sages, on n’a pas été strict [Rabbénou Yona].

(פג) שצריך מ' סאה - דס"ל דכיון דבטלו רבנן טבילה בפחות מן מ' סאה במים מכונסין שוב אין בו טבילה כלל לכל דבר [תוספות]:

Qu’il faut quarante se’a - ils tiennent que, les Sages ayant annulé l’immersion en moins de quarante se’a dans des eaux réunies, il n’y a plus d’immersion du tout pour aucune chose [Tossafot].

(פד) כדברי המיקל - דדברי סופרים הוא:

Selon l’avis de l’indulgent - car ce sont des paroles de Scribes.

(פה) לכתחלה - אבל בדיעבד או בשעת הדחק יש להקל. [ח"א] ועיין בה"ל:

Lekhathila - mais bediavad ou en cas de nécessité, on est indulgent [‘Hayé Adam]. Voir le Biour Halakha.

(פו) שהם זוחלין - דמי גשמים אינם מטהרין בזוחלין אלא במכונסין:

Parce qu’elles sont courantes - car les eaux de pluie ne purifient pas en courant, mais seulement réunies.

(פז) ויש בהם וכו' - ר"ל אפילו ביש בהם מ' סאה יש להסתפק אם מהני לטבילת ידים והיינו אפי' להמקילין לעיל לענין מקוה בשאין מ' סאה אפשר דהכא גרע טפי דהתם עכ"פ מן התורה לא בעינן לטבילת כלים ארבעים סאה והכא מן התורה פסול אף לטבילת כלים במי גשמים זוחלין דאלו להמחמירין לעיל וסברי דבעינן דוקא מ' סאה כמו בטבילת כל הגוף פשיטא דזוחלין לא מהני:

Et qu’il y en a etc. - c’est-à-dire que même s’il y a quarante se’a, on peut douter si c’est efficace pour l’immersion des mains. Même selon les indulgents ci-dessus, pour un mikvé sans quarante se’a, il se peut qu’ici ce soit pire : là-bas, du moins, d’après la Torah on n’a pas besoin, pour l’immersion des récipients, de quarante se’a, alors qu’ici, d’après la Torah, c’est invalide même pour l’immersion des récipients dans des eaux de pluie courantes. Quant aux stricts ci-dessus, qui tiennent qu’il faut précisément quarante se’a comme pour l’immersion de tout le corps, il est évident que des eaux courantes n’aident pas.

(פח) יש להסתפק וכו' - וע"כ יחזור ויטול בלא ברכה והגר"א פסק דלכו"ע זוחלין לא מהני כלל:

On peut douter etc. - on reprendra donc sans bénédiction. Le Gaon de Vilna a tranché que, de l’avis de tous, les eaux courantes n’aident pas du tout.

(פט) שבקרקע - אבל בכלי המחוברת לקרקע אין בה טבילה לכו"ע דאין טובלין בכלים ועיין לעיל סעיף ח':

Dans le sol - mais dans un récipient relié au sol, il n’y a pas d’immersion de l’avis de tous, car on n’immerge pas dans des récipients ; voir plus haut seif 8.

(צ) אין מטבילין - דבעינן מים הכשרים לטבילת הגוף וטעם הראב"ד הוא משום דמצינו לענין טבילת בעלי קריין לד"ת שטבילתן מדרבנן דמותר בשאובין שבקרקע כדלעיל בסימן פ"ח בב"י:

On n’immerge pas - car on requiert des eaux kasher pour l’immersion du corps. La raison du Raavad est que l’on trouve, pour l’immersion des baalé qéri selon les paroles de Torah, dont l’immersion est de nos Sages, qu’elle est permise dans des eaux puisées dans le sol, comme plus haut au siman 88 dans le Beit Yossef.

(צא) שהמשיכוה כולה - ר"ל דאף אם היתה כולה שאובין רק שהמשיך את המים דרך הקרקע למקום אחר כשר בזה וכנ"ל בסעיף ז':

Qu’on les a toutes acheminées - c’est-à-dire que même si elles étaient toutes puisées, du seul fait qu’on a acheminé les eaux par le sol vers un autre lieu, c’est kasher ici, comme ci-dessus au seif 7.

(צב) לא נטילה - דנטילה מכלי בעינן והכא לא נטל כלל מהכלי:

Ni netila - car la netila requiert un récipient, et ici l’on n’a rien pris du récipient.

(צג) בנטילה - פי' שנטל ידו אחת מכלי כדין והשניה טבל בנהר או במקוה ולענין הברכה מברך בזה על נט"י אף לדעת הרמ"א לקמן כיון שידו אחת היתה בנטילה [אחרונים]:

Par netila - c’est-à-dire qu’il a pris une main d’un récipient selon la règle, et qu’il a immergé la seconde dans le fleuve ou dans un mikvé. Quant à la bénédiction, on bénit en ce cas « al netilat yadayim », même selon l’avis du Rema plus bas, puisqu’une main a été par netila [derniers].

(צד) א"צ שתי פעמים וכו' - דכל אלו הצריכו משום דנטמאו המים כשבאו על ידיו כמבואר בסימן קנ"ח וקס"ב אבל בטבילה לא שייך זה:

Il n’est pas besoin de deux fois etc. - car tout cela n’a été exigé que parce que les eaux se sont impurifiées en venant sur les mains, comme il est exposé aux simanim 158 et 162 ; mais pour l’immersion, cela n’a pas lieu.

(צה) ולא ניגוב - עיין לעיל בסוף סימן קנ"ח במ"ב:

Ni essuyage - voir plus haut à la fin du siman 158 dans le Michna Beroura.

(צו) אינו מברך וכו' - שהיכן צונו על הטבילה אבל על נטילה נצטוינו ויש בכלל מאתים מנה שמחמת חיוב הנטילה שנצטוינו אנו מטבילין עכשיו:

Il ne bénit pas etc. - car où nous a-t-on ordonné l’immersion ? Mais sur la netila, nous avons reçu l’ordre, et dans deux cents il y a une mine : c’est à cause de l’obligation de netila qui nous a été prescrite que nous immergeons maintenant.

(צז) וי"א וכו' - והאחרונים הסכימו כדעת המחבר לברך ענט"י ורק אם המים פסולים לנטילה ורק לטבילה וכדלקמיה בסימן ק"ס ס"ט מברך על טבילת ידים:

Et certains etc. - et les derniers se sont accordés à l’avis du Mé’haber de bénir « al netilat yadayim ». Seulement si les eaux sont invalides pour la netila et seulement valables pour l’immersion, comme plus loin au siman 160 seif 9, on bénit « al tevilat yadayim ».