משנה ברורה

Michna Beroura — siman 167

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lieu et moment de la btsi’a, et qui rompt le pain
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Où couper le pain pour hamotsi, quand le fendre par rapport à la berakha, quelle taille de tranche, le’hem michné le Chabbat et à Yom Tov, sel sur la table, interruptions entre berakha et dégustation, qui bénit et rompt, acquittement d’autrui, et cas particuliers (deuil, mineurs, mitsvot).

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETBtsi’a : où et quand couper, taille, le’hem michné, sel, qui rompt, acquittement
À FAIRECouper à l’endroit bien cuit
Côté dur, du haut et du bas ; pas le milieu mou, ni un endroit brûlé ou collé à la terre
À FAIREEntaille légère puis berakha
Lekhathila : entailler un peu avant hamotsi, bénir sur le pain encore entier, puis détacher. Ne pas couper au point que la miche se sépare
À FAIRESel devant soi avant de bénir
Attendre sel ou accompagnement. Pain déjà propre et salé : pas tenu d’attendre. Les kabbalistes trempent la tranche trois fois
À FAIREManger tout de suite
Ne parler qu’après avoir mâché et avalé un peu. Les propos nécessaires au repas ne sont pas une interruption
À FAIREDeux mains sur la miche
Ôter les gants ; soulever au Nom ; Chabbat : soulever les deux pains. Dire « hamotsi » avec le hé
À ÉVITERTranche trop grande en semaine
Plus d’un kebeitsa a l’air de voracité ; le Chabbat non. À la distribution, un kezayit à chacun pour ne pas paraître avare
À ÉVITEREntailler le Chabbat / Yom Tov
Ne pas couper du tout avant la berakha, de peur de détacher le le’hem michné
OUIAcquitter les convives
Ils dirigent le cœur et répondent amen. Distribuer de la tranche coupée. Le botséa goûte le premier
OUIQui rompt
Le maître de maison (œil généreux), sinon le plus grand en sagesse ; le kohen a préséance ; le fiancé le jour de son mariage
NONAcquitter sans manger
Hamotsi est une berakha de jouissance : on n’acquitte pas si l’on ne goûte pas, sauf les petits. Kiddouch, matsa et souka : on peut acquitter sans goûter
REMAAuditeurs qui ont parlé avant de goûter : le Rema est indulgent après coup ; presque tous les Aharonim tiennent qu’ils bénissent de nouveau
Bénir sur un pain encore entier, à l’endroit bien cuit, sel prêt, puis manger sans parole inutile. Le Chabbat on ne pré-coupe pas. Le maître de maison rompt et goûte le premier.

Glossaire

btsi’a
action de rompre le pain pour hamotsi
botséa
celui qui rompt le pain et en dit la berakha
le’hem michné
les deux pains du Chabbat et de Yom Tov
kezayit
volume d’une olive
kebeitsa
volume d’un œuf
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
hamotsi
berakha du pain, ou la tranche coupée pour cette berakha
hefssek
interruption entre la berakha et la consommation
messoubin
convives attablés
hissabev
s’accouder, marque antique du repas fixe
ein yafa
œil généreux, portion ample
arevout
garantie mutuelle des fils d’Israël
leket
épis tombés laissés au pauvre
chikhe’ha
gerbe oubliée laissée au pauvre
péa
coin du champ laissé au pauvre
terouma
prélèvement donné au kohen
maasser richon
première dîme donnée au lévi
maasser chéni
seconde dîme à consommer à Jérusalem
‘halla
prélèvement prélevé sur la pâte
talmid ‘hakham
érudit en Torah
chehakol
berakha générique « par Qui tout existe »
birkat hamazone
grâces après le repas de pain
Mé’haber
R. Yossef Karo, auteur du Choulhan Aroukh
Aharonim
décisionnaires postérieurs
Rishonim
décisionnaires anciens

(א) בוצע בפת במקום וכו' - היינו לאחר שנטל ידיו לאכילה ורוצה לברך על הלחם ולאכול הוא בוצע לכבוד הברכה במקום שנאפה היטב דהיינו במקום הקשה ולא במקום הרך באמצעיתו:

Il rompt le pain à l’endroit etc. - c’est-à-dire : après s’être lavé les mains pour manger et vouloir bénir sur le pain puis manger, il rompt en l’honneur de la berakha à l’endroit bien cuit, soit l’endroit dur, et non l’endroit mou du milieu.

(ב) ובפת דידן - עיין בביאור הגר"א שמפקפק על לשון דידן דה"ה בתנורים שלהן שמדבקין הפת בצדי התנור ג"כ דינא הכי ועיין בבה"ל:

Et pour notre pain - voir le Biour du Gra, qui met en doute le mot « nôtre » : le même din s’applique aussi à leurs fours, où l’on colle le pain aux parois ; voir le Biour Halakha.

(ג) בצד הפת - דבגמרא איתא [לחד גירסא] שבוצע ממקום שמתחיל הפת לקרום ולהתבשל ויש מפוסקים שס"ל דהוא צד העליון מהפת שהוא נגד אויר התנור וי"א שצד התחתון מתבשל תחלה שמונח על קרקעית התנור לכן צריך לחתוך מן הצד מהעליון והתחתון ויצא ידי שניהם. י"א שטוב שיחתוך בצד שהוא כנגד צד המתבקע כי בזה הצד התחיל לאפות ונדחקה העיסה עד שנתבקע הצד שכנגדו. בפרוסה יכול לבצוע במקום שנפרס וא"צ לבצוע במקום השלם רק שצריך לחתוך מצד העליון והתחתון [פמ"ג]. היכא שנשרף הככר במקום אחד או שנדבק בעפר אין לחתוך במקום ההוא לברכת המוציא:

Sur le côté du pain - la Guemara dit [selon une version] qu’on rompt à l’endroit où le pain commence à croûter et à cuire. Certains décisionnaires tiennent que c’est le côté supérieur, face à l’air du four. D’autres disent que le côté inférieur cuit d’abord, car il repose sur le fond du four ; on coupera donc du côté, du haut et du bas, et l’on s’acquitte des deux avis. Certains disent qu’il est bon de couper du côté opposé à la fente, car c’est de ce côté-là que la cuisson a commencé et que la pâte a été poussée jusqu’à fendre le côté d’en face. Sur une tranche déjà coupée, on peut rompre à l’endroit de la rupture ; on n’est pas tenu de rompre à l’endroit encore entier, seulement de couper du haut et du bas [Pri Megadim]. Si la miche a brûlé à un endroit ou s’est collée à de la terre, on ne coupe pas à cet endroit pour la berakha de hamotsi.

(ד) ויחתוך וכו' וצריך וכו' - האי וצריך הוא פירוש למה שכתב בתחלה ויחתוך וביאור הענין הוא דמדינא מברך ואח"כ פורס הככר כדי שתהיה כל הברכה אפת שלמה שהוא דרך כבוד לברכה אך כדי שלא יהיה שיהוי רב בין הברכה לאכילה ויראה כהפסקה כתבו הפוסקים דטוב לכתחלה שיחתוך מעט בככר קודם שמתחיל הברכה [ושיעור החיתוך יהיה מעט כדלקמיה] ויברך ואח"כ גומר להפריד הפרוסה מן הפת:

Il coupera etc. et il faut etc. - ce « et il faut » explique ce qu’il a écrit d’abord « il coupera ». Le fond du din : on bénit puis on tranche la miche, afin que toute la berakha porte sur un pain entier, ce qui honore la berakha. Mais pour qu’il n’y ait pas trop de délai entre la berakha et la consommation, ce qui paraîtrait une interruption, les décisionnaires ont écrit qu’il est bon a priori (lekhathila) de couper un peu la miche avant de commencer la berakha [la coupe sera légère, comme plus bas], de bénir, puis d’achever de détacher la tranche du pain.

(ה) מעט - ואפילו בפרוסה לא יחתוך לגמרי קודם הברכה כדי שיהיה נראה יותר גדולה:

Un peu - même sur une tranche, on ne coupe pas complètement avant la berakha, afin qu’elle paraisse plus grande.

(ו) שאם לא כן וכו' - ר"ל שאם יחתוך כ"כ בהככר עד כדי שיעור שאם יאחז בפרוסה לא יעלה הככר עמו וישבר לחצאין נחשב כפרוס ומובדל מהככר ואע"ג שאם יאחז בהככר יעלה ממילא הפרוסה עמו לא מקרי שלם עי"ז:

Car sinon etc. - c’est-à-dire : si l’on coupe la miche au point que, en saisissant la tranche, la miche ne monte pas avec elle et se casse en deux, le pain est tenu pour déjà détaché et séparé. Même si, en saisissant la miche, la tranche monte d’elle-même avec elle, cela ne la rend pas entière pour autant.

(ז) ויניחנה וכו' - הוא חוזר למה שכתב מתחלה ויחתוך פרוסת הבציעה:

Et il la posera etc. - cela se rapporte à ce qu’il a écrit d’abord : il coupera la tranche de la btsi’a.

(ח) קטנה - היינו קטנה מכזית [לבוש] ועיין בביאור הגר"א ובא"ר:

Petite - c’est-à-dire plus petite qu’un kezayit [Levouch]. Voir le Biour du Gra et l’Eliya Rabba.

(ט) יותר מכביצה - היינו אם פורסה כדי לאכול תיכף ממנה גופא אבל אין בכלל זה מה שפורסין חתיכה גדולה מהככר ואח"כ חותך מן אותה פרוסה גופא חתיכה להמוציא דבזה לא מיחזי כרעבתנותא וכמבואר לקמן בסוף סימן זה בט"ז עי"ש:

Plus qu’un kebeitsa - c’est-à-dire si l’on tranche pour en manger tout de suite de cette pièce elle-même. Cela n’inclut pas le cas où l’on détache un grand morceau de la miche, puis que l’on coupe de cette même tranche un morceau pour hamotsi : cela n’a pas l’air de voracité, comme expliqué plus bas à la fin de ce siman dans le Taz.

(י) ובשבת - וה"ה ביו"ט מפני שצריך לברך על לחם משנה חיישינן שמא תשבר כולה קודם הברכה או עכ"פ שמא יחתוך כ"כ בעומק שכשיאחז בפרוסה לא יעלה הככר עמו והוי כפרוס לגמרי ואנן לחם משנה בעינן וע"כ טוב יותר שלא יחתוך כלל ואף דעי"ז יצטרך ע"י החתיכה לשהות קצת בין הברכה לאכילה לא חשיבא הפסק כיון דהוא צורך אכילה אלא דבחול מחמרינן לעשות ע"צ היותר טוב:

Et le Chabbat - et de même à Yom Tov : comme on doit bénir sur le le’hem michné, on craint que la miche ne se casse tout entière avant la berakha, ou du moins qu’on ne coupe si profondément qu’en saisissant la tranche la miche ne monte pas avec elle et soit tenue pour entièrement détachée — or nous avons besoin d’un le’hem michné. Mieux vaut donc ne pas couper du tout. Même si, de ce fait, on devra tarder un peu entre la berakha et la consommation à cause de la coupe, cela n’est pas une interruption, car c’est pour le besoin du repas. En semaine seulement on est plus strict pour faire au mieux.

(יא) אינו מזיק - ר"ל שלא הפסיד עי"ז הלחם משנה שכל שאוחז בפרוסה ושאר הככר עולה עמו הוי כשלם:

Cela n’est pas nuisible - c’est-à-dire qu’on n’a pas perdu par là le le’hem michné : tant qu’en saisissant la tranche le reste de la miche monte avec elle, elle est tenue pour entière.

(יב) אבל בשבת וכו' - פי' דבשבת לא מחזי כרעבתנותא דמשום חבוב סעודת שבת הוא עושה להרבות בסעודה:

Mais le Chabbat etc. - c’est-à-dire qu’au Chabbat cela n’a pas l’air de voracité, car c’est par amour du repas de Chabbat qu’on agit ainsi pour augmenter le repas.

(יג) או שאוכל וכו' - ר"ל אפילו בחול:

Ou s’il mange etc. - c’est-à-dire même en semaine.

(יד) מן הפרוסה - פי' שעיקר המצוה לכתחלה כשמוציא אחרים ידי חובתן לתת לחם מהפרוסה שחתך לכל אחד ואחד מהם ולא מן הלחם הנשאר וצריך ליזהר בזה בסעודה גדולה [אם אחד מוציא את כולם בברכתו] שיחתוך בציעת המוציא כ"כ גדולה שיפסיק לחלק ממנה המוציא לכל המסובין:

De la tranche - c’est-à-dire que l’essentiel de la mitsva a priori, lorsqu’on acquitte les autres de leur obligation, est de donner à chacun du pain de la tranche qu’on a coupée, et non du pain restant. Il faut y veiller lors d’un grand repas [si l’un acquitte tous les autres par sa berakha] : on coupera la btsi’a de hamotsi assez grande pour en distribuer le hamotsi à tous les convives.

(טו) לכל אחד כזית - כדי שלא יהיה נראה כצר עין וכנ"ל בסוף הסעיף [ובד"מ איתא כזית או פחות מעט] וי"א עוד דבלאו האי טעמא ג"כ טוב הוא לכתחלה שיאכל אדם כזית בעת ברכת המוציא:

À chacun un kezayit - afin de ne pas paraître avare, comme ci-dessus à la fin du seif [et dans le Darké Moché : un kezayit ou un peu moins]. Certains disent encore que, même sans cette raison, il est bon a priori qu’un homme mange un kezayit au moment de la berakha de hamotsi.

(טז) המוציא - בה"א קודם המ"ם ואם בירך מוציא יצא:

Hamotsi - avec un hé avant le mem. S’il a béni « motsi », il s’est acquitté.

(יז) ואם רבים מסובים - ר"ל אם המסובים רוצים לצאת בברכתו:

Et si de nombreux convives sont attablés - c’est-à-dire si les convives veulent s’acquitter par sa berakha.

(יח) יכוונו לבם - משום דכיון דרוצה לצאת בברכת חבירו צריך ליתן דעתו לשמוע ואז הו"ל כל תיבה ששומע מפי המברך כאלו אמר בעצמו:

Ils dirigeront leur cœur - car, voulant s’acquitter par la berakha d’autrui, on doit prêter attention pour entendre ; alors chaque mot entendu de la bouche de celui qui bénit est comme si on l’avait dit soi-même.

(יט) ויענו אמן - דע"י העניה שמאמת הדבר אז נחשב כאלו הוא מברך בעצמו ומ"מ בדיעבד אינו מעכב כדלקמן בסימן רי"ג ס"ב ע"ש:

Et ils répondront amen - car par la réponse qui confirme la chose, on est tenu pour bénissant soi-même. Néanmoins après coup (bediavad) cela n’est pas indispensable, comme plus bas siman 213 seif 2.

(כ) והמברך יכוין וכו' - דענית אמן ג"כ מכלל הברכה היא ואע"ג דהוא בירך כבר בעצמו מ"מ ע"י שעונים אמן עליה הברכה חשובה יותר ולכך נכון לכתחלה לכוין לצאת בענית אמן שעונה העונה ועיין בה"ל:

Et celui qui bénit aura l’intention etc. - car la réponse d’amen fait aussi partie de la berakha. Bien qu’il ait déjà béni lui-même, le fait qu’on réponde amen sur elle donne plus d’importance à la berakha. Aussi est-il correct a priori d’avoir l’intention de s’acquitter par l’amen que répond celui qui répond. Voir le Biour Halakha.

(כא) יתן ריוח - היינו שיפסיק מעט כדי שלא יבלע תחת לשונו אחת מהממין וכן בין שאר שתי אותיות ששוות בהברכות:

Il laissera un espace - c’est-à-dire qu’il s’arrêtera un peu afin de ne pas avaler sous sa langue l’un des deux mem, et de même entre deux autres lettres identiques dans les berakhot.

(כב) קודם שיתפוס - שאין מברכין על המצות אלא סמוך לעשייתן כשהמצוה בידו לעשותה ולא קודם לכן ובדיעבד אם בירך ואח"כ נטלו בידו ג"כ אין צריך לחזור ולברך וכדלקמן בסימן ר"ו ס"ה ע"ש ובמ"ב:

Avant de le saisir - on ne bénit sur les mitsvot que juste avant de les accomplir, lorsque la mitsva est en main pour la faire, et non auparavant. Après coup, s’il a béni puis l’a pris en main, il n’a pas non plus à bénir de nouveau, comme plus bas siman 206 seif 5, voir là et dans le MB.

(כג) יתן שתי ידיו - היינו דטוב לעשות כן. ואם הוא לבוש בבתי ידים נכון שיסירם בשעת הברכה. כתבו האחרונים כשיאמר השם יגביה הככר ובשבת שמברכין על שתים יגביה שתיהם:

Il y mettra ses deux mains - c’est-à-dire qu’il est bon de faire ainsi. S’il porte des gants, il convient de les ôter au moment de la berakha. Les Aharonim ont écrit : lorsqu’il dit le Nom, il soulève la miche ; et le Chabbat, où l’on bénit sur deux pains, il soulève les deux.

(כד) התלויות בפת - כי עשר מצות אדם עושה עד שלא יאכל פרוסת פת [ירושלמי ספ"ק דחלה] בשעת החרישה לא תחרוש בשור ובחמור יחדו בשעת הזריעה שדך לא תזרע כלאים בשעת דישה לא תחסום שור בדישו. לקט שכחה ופיאה תרומה ומעשר ראשון ושני וחלה:

Qui dépendent du pain - car l’homme accomplit dix mitsvot avant de manger une bouchée de pain [Yerouchalmi, fin du 1er chapitre de ‘Halla] : au labour, tu ne laboureras pas avec un bœuf et un âne ensemble ; à l’ensemencement, tu n’ensemenceras pas ton champ de mélanges ; au battage, tu n’emmuselleras pas le bœuf pendant qu’il foule. Leket, chikhe’ha et péa, terouma, maasser richon et chéni, et ‘halla.

(כה) לא יבצע וכו' - וממילא צריך ליזהר מלהתחיל לברך הברכה ואם בירך צריך להמתין קצת מלאכול עד שיביאו המלח:

Il ne rompra pas etc. - il faut donc veiller à ne pas commencer la berakha ; et s’il a déjà béni, il doit attendre un peu avant de manger jusqu’à ce qu’on apporte le sel.

(כו) לפניו - ואם רבים המסובים צריך להמתין מלברך עד שיביאו לפני כל אחד ואחד לפי שהוא מוציא אותם בברכתו וצריכין לטעום מיד אחר הברכה:

Devant lui - et s’il y a de nombreux convives, il faut attendre pour bénir jusqu’à ce qu’on ait apporté devant chacun, car il les acquitte par sa berakha et ils doivent goûter tout de suite après la berakha.

(כז) מלח או לפתן - כדי שתהא נאכלת בטעם משום כבוד הברכה ועוד כדי שלא יצטרך אח"כ להפסיק בין ברכה לאכילה לבקש מלח ותבלין דאסור לכתחלה ואפילו אם יתאחר קצת עד שיביאו ג"כ נכון להמתין מלברך. ומש"כ נקיה כגון פת חטים וכה"ג:

Du sel ou un accompagnement - afin que le pain soit mangé avec goût, par honneur pour la berakha ; et aussi pour n’avoir pas ensuite à interrompre entre la berakha et la consommation afin de demander sel et assaisonnement, ce qui est interdit a priori. Même s’il faudra attendre un peu qu’on les apporte, il convient aussi d’attendre pour bénir. Et ce qu’il a écrit « pain propre », par exemple pain de froment et analogues.

(כח) פת חריבה וכו' - דאין בזה משום כבוד ברכה הואיל דאין דעתו לאכול כלל בסעודה זו מלח ותבלין וגם לטעם השני משום הפסק ג"כ לא שייך בזה דהא אין דעתו כלל לבקש אח"כ מלח ותבלין:

Pain sec etc. - car il n’y a pas là d’atteinte à l’honneur de la berakha, puisqu’il n’a pas du tout l’intention, dans ce repas, de manger sel et assaisonnement ; et la seconde raison, l’interruption, ne s’applique pas non plus, puisqu’il n’a pas du tout l’intention de les demander ensuite.

(כט) א"צ להמתין - ומ"מ אם רוצה להמתין קודם הברכה עד שיביאו לפניו מלח ותבלין הרשות בידו ואין לחוש להפסק בין נטילה להמוציא כיון שהוא צורך סעודה [מ"א וש"א]:

Il n’est pas tenu d’attendre - néanmoins, s’il veut attendre avant la berakha qu’on lui apporte sel et assaisonnement, il en a le droit ; on ne craint pas d’interruption entre le lavage et hamotsi, car c’est pour le besoin du repas [Maguen Avraham et autres].

(ל) דומה למזבח - כמו שאחז"ל [ברכות נ"ה] בזמן שבהמ"ק קיים המזבח מכפר על האדם עכשיו שלחנו של אדם [שנותן מלחמו לדל] מכפר עליו דכתיב וידבר אלי זה השלחן אשר לפני ה':

Semblable à l’autel - comme l’ont dit nos Sages [Berakhot 55] : du temps où le Temple existait, l’autel expiait pour l’homme ; maintenant, la table de l’homme [qui donne de son pain au pauvre] expie pour lui, ainsi qu’il est écrit : « Il me dit : c’est ici la table qui est devant ה’. »

(לא) והאכילה - שאדם אוכל לחזק כחותיו ועי"ז יהיה בריא וחזק לעבודת ה':

Et le repas - car l’homme mange pour fortifier ses forces et, par là, être sain et fort pour le service de ה’.

(לב) והוא מגין - דאיתא במדרש כשישראל יושבין וממתינין זה את זה עד שיטלו ידיהם והם בלא מצות השטן מקטרג עליהם וברית מלח מגין עליהם:

Et il protège - car il est dit dans le Midrach : lorsque Israël est assis et que l’un attend l’autre jusqu’à ce qu’ils se lavent les mains, et qu’ils sont sans mitsvot, le Satan les accuse ; l’alliance du sel les protège.

(לג) וע"ל סוף סי' ק"ע - פי' אע"ג דמבואר שם דלדידן דפת שלנו הוא במלח אין אנו נוהגין באכילת מלח אחר הסעודה מ"מ מצוה להניחו על השלחן וכתבו המקובלים לטבול פרוסת המוציא במלח ג"פ:

Et voir plus haut, fin du siman 170 - c’est-à-dire : bien qu’il y soit exposé que, pour nous dont le pain est déjà salé, nous n’avons pas l’usage de manger du sel après le repas, néanmoins c’est une mitsva de le laisser sur la table. Les kabbalistes ont écrit de tremper la tranche de hamotsi dans le sel trois fois.

(לד) יאכל מיד - דלכתחלה אסור להפסיק בשתיקה יותר מכדי דיבור כדלקמן בסי' ר"ו ס"ג עי"ש:

Il mangera tout de suite - car a priori il est interdit de s’interrompre par un silence plus long qu’un « temps de parole », comme plus bas siman 206 seif 3.

(לה) ולא ישיח - עד שיכלה ללעוס קצת מהפרוסה ויבלענו כיון דפסק השו"ע לקמן בסוף סימן ר"י דבטועם לבד אם לא בלע א"צ ברכה א"כ עיקר הברכה על הבליעה [וכן אם רבים המסובין וכל אחד יש לו ככר ומברך לעצמו לא יענה אמן על ברכתו של חבירו קודם שיטעום הוא על ברכתו] ומ"מ אם עבר ושח בעודו לועס קודם שבלע הפרוסה בדברים שאינו מצרכי סעודה צ"ע אם צריך לחזור ולברך [ובח"א כלל מ"ט מצדד דאפילו לא בלע רק הטעם שמצץ בפיו מן הלעיסה א"צ לחזור ולברך] אמנם א"צ שיאכל דוקא שיעור כזית קודם שידבר דאפילו אם אכל רק פחות מכזית אחר הברכה חשיבא אכילה לענין זה דמותר לדבר אח"כ אם הוא צריך לכך ושלא במקום הדחק טוב שיאכל מתחלה שיעור כזית:

Et il ne parlera pas - jusqu’à ce qu’il ait un peu mâché de la tranche et l’ait avalée. Puisque le Choulhan Aroukh tranche plus bas, fin du siman 210, que celui qui goûte seulement, s’il n’a pas avalé, n’a pas besoin de berakha, l’essentiel de la berakha porte donc sur la déglutition. [De même, si de nombreux convives ont chacun leur miche et bénissent pour soi, on ne répondra pas amen à la berakha d’autrui avant d’avoir soi-même goûté sur sa propre berakha.] Néanmoins, s’il a transgressé et parlé tout en mâchant, avant d’avaler la tranche, de propos qui ne sont pas des besoins du repas, il est douteux s’il doit bénir de nouveau. [Le ‘Hayé Adam, klal 49, penche à dire que même s’il n’a avalé que le goût sucé dans la bouche en mâchant, il n’a pas à bénir de nouveau.] Il n’est toutefois pas nécessaire de manger précisément un kezayit avant de parler : même s’il n’a mangé que moins d’un kezayit après la berakha, cela compte comme une consommation à cet égard, et il est permis de parler ensuite s’il en a besoin. Hors cas de nécessité, il est bon de manger d’abord un kezayit.

(לו) ואם שח - אפילו תיבה אחת:

Et s’il a parlé - même un seul mot.

(לז) מענין דברים - ואפילו הפסיק בדברים שאינו לצורך פרוסת המוציא רק מעניני צרכי סעודה ואפילו דיבר להביא הכלים שהן לצורך הסעודה לא הוי הפסק:

De propos relevant du repas - même s’il s’est interrompu par des propos qui ne concernent pas la tranche de hamotsi, mais les besoins du repas ; même s’il a parlé pour qu’on apporte les ustensiles nécessaires au repas, ce n’est pas une interruption.

(לח) שבירך על הפת וכו' - ואפילו פת שלנו דנקיה ומתובל בתבלין דפסק השו"ע לעיל דא"צ להמתין עד שיביאו מלח ולפתן מ"מ כיון שהוא חפץ לאכול הפת ע"י טיבול במלח ולפת ה"ז מעניני סעודה:

Qui a béni sur le pain etc. - même pour notre pain, qui est propre et déjà assaisonné, au sujet duquel le Choulhan Aroukh a tranché plus haut qu’on n’est pas tenu d’attendre qu’on apporte sel et accompagnement : néanmoins, dès lors qu’il souhaite manger le pain en le trempant dans le sel ou l’accompagnement, cela relève des besoins du repas.

(לט) תנו לפלוני לאכול - בין עני ובין עשיר ואפילו לא אמר שיתנו לו מפרוסת המוציא אלא אמר לב"ב שיתנו לו ככר שיברך בעצמו מ"מ מעניני סעודה הוא:

Donnez à un tel à manger - qu’il soit pauvre ou riche ; et même s’il n’a pas dit de lui donner de la tranche de hamotsi, mais a dit aux gens de la maison de lui donner une miche pour qu’il bénisse lui-même, cela relève néanmoins des besoins du repas.

(מ) מאכל לבהמה - ג"כ מעניני סעודה הוא דאסור לטעום קודם שיתן לבהמתו. כתב המ"א בשם ס"ח דלשתות אדם קודם לבהמה כדכתיב ברבקה שאמרה להעבד שתה וגם גמליך אשקה:

De la nourriture à la bête - cela aussi relève des besoins du repas, car il est interdit de goûter avant d’avoir donné à sa bête. Le Maguen Avraham a écrit au nom du Sefer ‘Hassidim que pour boire, l’homme précède la bête, comme il est écrit de Rivka qui dit au serviteur : bois, et j’abreuverai aussi tes chameaux.

(מא) לא יפסיק כלל - בכל אלו הדברים ואפילו אם היה פת שאינו נקי דצריך להמלח ג"כ אסור להפסיק קודם שיבלע מעט:

Il ne s’interrompra pas du tout - pour toutes ces choses ; et même s’il s’agissait d’un pain qui n’est pas propre et qui a besoin de sel, il est aussi interdit de s’interrompre avant d’avoir avalé un peu.

(מב) ששח - הבוצע קודם שאכל כצ"ל:

Qui a parlé - le botséa, avant d’avoir mangé : ainsi faut-il lire.

(מג) אבל אח"כ וכו' - פי' אפילו השיחו אח"כ השומעים ויוצאים בברכתו קודם שטעמו ג"כ אין קפידא בדיעבד הואיל וכבר חלה ברכת המברך מיהו לכתחלה בודאי אסור לכל אחד מהשומעים להפסיק קודם שיטעום. והנה זהו רק דעת הרמ"א אבל כמעט כל האחרונים חולקים עליו וס"ל דלא עדיף השומע מהמברך עצמו כששח קודם טעימתו שחוזר ומברך וה"נ השומעים אם הפסיקו בדברים קודם טעימתן שחוזרין ומברכין. ודע עוד דאם המברך שח קודם שטעם אף שהשומעים לא שחו כלל משמע מהפוסקים לכאורה דשוב אינם יוצאים בהברכה כמו שכתבתי בבה"ל וצ"ע לדינא:

Mais ensuite etc. - c’est-à-dire : même si les auditeurs qui s’acquittent par sa berakha ont parlé ensuite, avant d’avoir goûté, il n’y a pas non plus de difficulté après coup, puisque la berakha de celui qui bénit a déjà pris effet. Toutefois a priori il est certainement interdit à chacun des auditeurs de s’interrompre avant d’avoir goûté. Or ceci n’est que l’avis du Rema ; presque tous les Aharonim le contestent et tiennent que l’auditeur n’est pas mieux loti que celui qui bénit lui-même lorsqu’il a parlé avant de goûter, lequel bénit de nouveau ; de même les auditeurs, s’ils se sont interrompus par des propos avant de goûter, bénissent de nouveau. Sache encore : si celui qui bénit a parlé avant de goûter, même si les auditeurs n’ont pas parlé du tout, il ressort apparemment des décisionnaires qu’ils ne s’acquittent plus par cette berakha, comme je l’ai écrit dans le Biour Halakha ; le din pratique reste à examiner.

(מד) להוציא השומעים - וגם השומעים כוונו לצאת בברכתו:

Pour acquitter les auditeurs - et les auditeurs ont aussi eu l’intention de s’acquitter par sa berakha.

(מה) ואח"כ ניגב וכו' - ה"ה כשכל הנטילה וברכת ענט"י היה אח"כ ג"כ יוצא בדיעבד דכל זה לא הוי הפסק דהוי צורך סעודה וכנ"ל ולא נקט לשון זה אלא להורות לנו דאם ברכת ענט"י היה בשעה שיעקב בירך המוציא דלא יצא דהרי צריך להבין ולשמוע מה שאומר המברך ולא להפסיק בדברים אחרים ואז שומע כעונה [עיין לקמן סימן קפ"ג סוף ס"ו] ובעו"ה הרבה נכשלין בזה בליל ש"ק כשהבעה"ב מוציא בני ביתו בקידוש:

Et ensuite il s’est essuyé etc. - de même si tout le lavage et la berakha « al netilat yadayim » ont eu lieu ensuite, il s’acquitte après coup, car tout cela n’est pas une interruption, étant pour le besoin du repas, comme ci-dessus. Il n’a employé cette formulation que pour nous enseigner que si la berakha « al netilat yadayim » a eu lieu au moment où Yaakov bénissait hamotsi, il ne s’est pas acquitté : car il faut comprendre et entendre ce que dit celui qui bénit, et ne pas s’interrompre par d’autres propos ; alors « celui qui entend est comme celui qui prononce » [voir plus bas siman 183, fin du seif 6]. Par nos nombreux péchés, beaucoup trébuchent là-dessus le vendredi soir, lorsque le maître de maison acquitte les siens par le kiddouch.

(מו) ובירך ענט"י וכו' - ואע"ג דקי"ל שומע כעונה וכבר פסק המ"א לעיל בסימן קנ"ח סי"א דאם קודם שבירך ענט"י בירך המוציא לא יוכל לברך עוד ענט"י שאני הכא דלא ניגב ידיו קודם ברכת המוציא ולא נגמר המצוה עדיין אבל אם כבר נגב ג"כ לא יכול לברך עוד ענט"י כיון דכבר יצא בברכת המוציא:

Et il a béni « al netilat yadayim » etc. - bien que nous tenions que « celui qui entend est comme celui qui prononce », et que le Maguen Avraham ait déjà tranché plus haut, siman 158 seif 11, que si, avant d’avoir béni « al netilat yadayim », il a béni hamotsi, il ne peut plus bénir « al netilat yadayim » : ici c’est différent, car il ne s’était pas essuyé les mains avant la berakha de hamotsi et la mitsva n’était pas encore achevée. Mais s’il s’était déjà essuyé, il ne peut plus non plus bénir « al netilat yadayim », puisqu’il s’est déjà acquitté par la berakha de hamotsi.

(מז) מברך - על מה שיאכל אח"כ דכי בשביל שאכל עד עתה בלי ברכה יחזור ויאכל בלי ברכה [גמרא]:

Il bénit - sur ce qu’il mangera ensuite : est-ce parce qu’il a mangé jusqu’ici sans berakha qu’il continuerait à manger sans berakha ? [Guemara].

(מח) אינו מברך - שברכת הנהנין הוא כשאר ברכת המצות שאין מברכין עליהם אלא עובר לעשייתן ולא אח"כ אא"כ היא מצוה שא"א לברך עליה עובר לעשייתן כמ"ש בסימן קנ"ח סי"א ע"ש ומיהו אם אפשר לו לאכול עוד מעט טוב שיברך המוציא ויאכל:

Il ne bénit pas - car la berakha de jouissance est comme les autres berakhot des mitsvot : on ne les dit que juste avant de les accomplir, et non après, sauf s’il s’agit d’une mitsva sur laquelle on ne peut bénir juste avant de l’accomplir, comme il est écrit siman 158 seif 11. Toutefois, s’il peut encore manger un peu, il est bon qu’il bénisse hamotsi et mange.

(מט) אינו חוזר ומברך - כשיאכל עוד דברכת המוציא אינו אלא מדרבנן וספיקא לקולא ומטעם זה אפילו אם ירצה להחמיר ולברך ג"כ אינו רשאי משום ברכה שאינה צריכה מיהו אם נזדמן לפניו במסיבתו אחד שרוצה לאכול פת נכון שיוציאנו בברכת המוציא:

Il ne bénit pas de nouveau - lorsqu’il mangera encore, car la berakha de hamotsi n’est que de rabbanan et le doute est pour l’indulgence. Pour cette raison, même s’il voulait être strict et bénir, il n’y est pas autorisé, à cause d’une berakha superflue. Toutefois, si se trouve à sa table quelqu’un qui veut manger du pain, il convient de l’acquitter par la berakha de hamotsi.

(נ) במקום ברכת המוציא וכו' - היינו אף דפת הוא דבר חשוב אפ"ה מהני בדיעבד אם בירך שהכל וכ"ש על כל דבר כדאיתא לקמן בסימן ר"ו ס"א:

À la place de la berakha de hamotsi etc. - c’est-à-dire : bien que le pain soit une chose importante, néanmoins cela suffit après coup s’il a béni « chehakol » ; à plus forte raison pour toute autre chose, comme il est dit plus bas siman 206 seif 1.

(נא) בירך שהנ"ב - היינו שאמר ברוך אתה ה' אמ"ה שהנ"ב או אף שלא הזכיר תחלה כלל רק אמר בריך רחמנא וכו' לחוד יצא כיון שיש שם ומלכות דמלת רחמנא קאי במקום השם (שכן היו קורין אותו בבבל) ומלת מלכא הוא מלכות:

Il a béni « chehakol nihya bidvaro » - c’est-à-dire s’il a dit : « Baroukh ata ה’ Elokenou melekh haolam chehakol nihya bidvaro », ou même s’il n’a d’abord rien mentionné et a seulement dit « berikh Ra’hmana etc. », il s’est acquitté, puisqu’il y a le Nom et la royauté : le mot Ra’hmana tient lieu du Nom (ainsi l’appelait-on en Babylonie) et le mot Malka est la royauté.

(נב) דהאי פיתא - ואם אמר מלכא מאריה דהאי ולא הזכיר שם הפת כלל אפשר דיצא כיון שהפת מונחת לפניו ועיין בה"ל:

« De ce pain » - et s’il a dit « Malka maréh dehaï » sans mentionner du tout le nom du pain, il est possible qu’il se soit acquitté, puisque le pain est posé devant lui ; voir le Biour Halakha.

(נג) יצא - בדיעבד אבל לכתחלה אסור בשתיהן דאף דברכות נאמרין בכל לשון היינו היכא דלא שינה כלל מנוסח הברכה אבל הכא הא שינה מנוסח שקבעו חז"ל בלשה"ק ואפ"ה יצא בדיעבד כיון שעכ"פ הזכיר שם ומלכות וענין הברכה. ולפי מה שפסק המחבר לקמן בסימן רי"ד מיירי כאן דאמר מלכא דעלמא מריה וכו' ועיין במה שנכתוב שם בבה"ל ומשמע בש"ס דה"ה אם אמר ברוך המקום מלך העולם שברא פת זה דיצא:

Il s’est acquitté - après coup ; mais a priori les deux formules sont interdites. Bien que les berakhot se disent en toute langue, c’est lorsque l’on n’a rien changé à la formule de la berakha ; or ici on a changé la formule que les Sages ont fixée en langue sainte. Néanmoins on s’acquitte après coup, puisqu’on a du moins mentionné le Nom, la royauté et l’objet de la berakha. D’après ce que le Mé’haber tranche plus bas au siman 214, il s’agit ici de celui qui a dit « Malka dealma maréh etc. » ; voir ce que nous écrirons là dans le Biour Halakha. Il ressort du Talmud que de même, s’il a dit « Béni soit le Lieu, Roi du monde, qui a créé ce pain », il s’est acquitté.

(נד) שנים או רבים - נקט לשון זה משום דבבהמ"ז דינא הוא דדוקא בשלשה מזמנין יחד ומוציאין כל אחד את חבירו ובשנים אין מוציאין אחד את חבירו לכתחלה אבל בברכת המוציא אפילו לכתחלה יכול להוציא בשנים אחד את חבירו והטעם מבואר לקמן ריש סימן קצ"ג במ"ב:

Deux ou plusieurs - il a employé cette formulation parce que, pour le birkat hamazone, le din est que seulement à trois on invite ensemble et chacun acquitte l’autre, et qu’à deux on n’acquitte pas l’un l’autre a priori ; mais pour la berakha de hamotsi, même a priori l’un peut acquitter l’autre à deux. La raison est exposée plus bas au début du siman 193 dans le MB.

(נה) הסיבו - כן היה דרכן באכילתן דרך קבע להיות מטין על צדיהן השמאלית על המטה [רש"י]:

Ils se sont accoudés - tel était leur usage, pour un repas fixe, de s’incliner sur le côté gauche sur le lit [Rachi].

(נו) עם בני ביתו - משום דנגררין אחריו שהוא מיסב לכך מצטרפים עמו אפי' בישיבה גרידא [ב"י]:

Avec les gens de sa maison - car ils sont entraînés après lui du fait qu’il s’accoude ; aussi se joignent-ils à lui même par le seul fait de s’asseoir [Beit Yossef].

(נז) הוי קבע - וע"כ אפילו כל אחד אוכל מככרו מצטרפין [גמרא]:

C’est un repas fixe - aussi, même si chacun mange de sa propre miche, ils se joignent [Guemara].

(נח) ואפילו לבני חבורה - ר"ל שאינו בעה"ב עם בני ביתו דלדידהו אפילו בזמן הגמרא הוי כהסיבה וכנ"ל:

Et même pour les membres d’un groupe - c’est-à-dire : ce n’est pas le maître de maison avec les gens de sa maison, pour qui, déjà au temps de la Guemara, cela valait comme l’accoudement, comme ci-dessus.

(נט) ולדידן אפילו וכו' - צ"ל ואפילו לדידן ור"ל דלא תימא כיון שהישיבה דידן הוי כהסיבה דידהו א"כ במקום דלא בעי הסיבה לדידהו כגון שקבעו מקום לאכילתן דהיינו שאמרו נאכל כאן או במקום פלוני וכן בעה"ב עם בני ביתו דלדידהו לא צריך הסיבה הו"א דלדידן לא צריך אפילו ישיבה קמ"ל דבלא ישיבה לא מקרי קבע:

Et pour nous, même etc. - il faut lire « et même pour nous ». C’est-à-dire : qu’on ne dise pas que, notre façon de s’asseoir valant comme leur accoudement, là où eux n’avaient pas besoin d’accoudement — par exemple s’ils ont fixé un lieu pour manger, en disant « nous mangerons ici » ou « en tel endroit », et de même le maître de maison avec les gens de sa maison, pour qui l’accoudement n’était pas requis — on aurait pu croire que pour nous on n’a même pas besoin de s’asseoir ; le texte nous enseigne que sans s’asseoir, cela n’est pas appelé repas fixe.

(ס) בשלחן אחד וכו' - עיין בביאור הלכה מש"כ בשם הגר"א:

À une même table etc. - voir le Biour Halakha, ce qu’il a écrit au nom du Gra.

(סא) כיון שעמדו וכו' - ר"ל דזה נחשב כמו ישיבה ומהני כיון שאמרו נאכל והכינו בזה מקום לאכילתן וכנ"ל בסי"א:

Dès lors qu’ils se sont levés etc. - c’est-à-dire que cela compte comme une assise et suffit, puisqu’ils ont dit « nous mangerons » et ont ainsi préparé un lieu pour leur repas, comme ci-dessus au seif 11.

(סב) והולכים לא - פירוש לא מהני אמירה שאמרו מתחלה נאכל דהליכה מבטל הקביעות. ואם יושבים בעגלה אחת ואמרו נאכל כאן ואוכלין יחד מסתפק המ"א דאפשר דמצטרפי דאע"ג דבעלמא נוסע בעגלה כמהלך דמי מ"מ כיון שעכ"פ כולם יושבים באגודה אחת י"ל דמצטרפין וכן נוטה דעת הא"ר להקל ובספינה פשוט אף להמ"א להקל דמצטרפי דקביעות גמור הוא. כתבו האחרונים דשמש המשמש בסעודה יוצא בברכת המוציא אם שומע ומתכוין לצאת אע"פ שהולך ובא תדיר ואינו קבוע אצל השלחן מפני שדרך אכילתו בכך:

Et ils s’en vont : non - c’est-à-dire : l’annonce première « nous mangerons » ne suffit plus, car le déplacement annule la fixité. S’ils sont assis dans une même voiture et ont dit « nous mangerons ici » et mangent ensemble, le Maguen Avraham doute : peut-être se joignent-ils, car bien qu’en général le voyageur en voiture soit comme un marcheur, néanmoins, puisqu’ils sont tous assis en un seul groupe, on peut dire qu’ils se joignent ; l’Eliya Rabba penche aussi à l’indulgence. En bateau, c’est simple même pour le Maguen Avraham d’être indulgent : ils se joignent, car c’est une fixité complète. Les Aharonim ont écrit que le serveur qui sert au repas s’acquitte par la berakha de hamotsi s’il entend et a l’intention de s’acquitter, bien qu’il aille et vienne sans cesse et ne soit pas fixé à table, car telle est la façon dont il mange.

(סג) ואם היו אוכלים וכו' - צ"ל וכן אם וכו' ואדלעיל קאי שאמרו נאכל כאן וישבו לאכול אפ"ה לא מהני כיון שהיו מפוזרים דבעינן שיהיו במקום אחד [מאמר מרדכי]:

Et s’ils mangeaient etc. - il faut lire « et de même s’ils etc. ». Cela se rapporte à ce qui précède : même s’ils ont dit « nous mangerons ici » et se sont assis pour manger, cela ne suffit pas, puisqu’ils étaient dispersés ; il faut qu’ils soient en un seul lieu [Maamar Mordekhaï].

(סד) שלא קבעו מקום ואוכלים וכו' - חד ענינא הוא ור"ל שלא קבעו מקום בשעת אכילתן אלא שאכלו מפוזרים זה לכאן וזה לכאן לכך לא מהני אף שאמרו מתחלה נאכל כאן:

Sans avoir fixé de lieu, et ils mangent etc. - c’est un seul sujet : c’est-à-dire qu’ils n’ont pas fixé de lieu au moment de manger, mais ont mangé dispersés, l’un ici et l’autre là ; aussi cela ne suffit pas, même s’ils ont d’abord dit « nous mangerons ici ».

(סה) אם כוון וכו' - פי' בדיעבד יצא שלא הצריכו לברך כל אחד אלא לכתחלה ועיין במ"א שהניח דין השו"ע בצ"ע כי יש מהראשונים דסברי דבלא קבעי אין אחד יכול להוציא חבירו אף בדיעבד אמנם בביאור הגר"א הכריע לדינא דדברי השו"ע עיקר. ודע דדין זה שייך גם בבהמ"ז היכא דלא קבעו יחד בין בשנים ובין בשלשה אם כוון אחד להוציא את חבירו בבהמ"ז יצא בדיעבד:

S’il a eu l’intention etc. - c’est-à-dire : après coup il s’est acquitté ; on n’a exigé que chacun bénisse que a priori. Voir le Maguen Avraham, qui laisse le din du Choulhan Aroukh en suspens, car certains Rishonim tiennent que, sans fixité, l’un ne peut acquitter l’autre même après coup ; toutefois le Biour du Gra tranche pour la pratique que les paroles du Choulhan Aroukh sont l’essentiel. Sache que ce din s’applique aussi au birkat hamazone, lorsqu’ils n’ont pas fixé ensemble, que ce soit à deux ou à trois : si l’un a eu l’intention d’acquitter l’autre par le birkat hamazone, il s’est acquitté après coup.

(סו) רבים - וה"ה שנים ומיירי כשאין עמהם הבעל סעודה או שכולם בעלי סעודה ואוכלין יחד:

Plusieurs - et de même deux. Il s’agit du cas où le maître du repas n’est pas avec eux, ou où tous sont maîtres du repas et mangent ensemble.

(סז) גדול שבכולם - בחכמה מפני כבודו:

Le plus grand d’entre eux - en sagesse, par honneur pour lui.

(סח) בוצע - ומוציא האחרים בברכתו ואפילו במקום דהמנהג דכל אחד מברך לעצמו על ככרו מ"מ המנהג דגדול בוצע תחלה [פמ"ג] והחתן ביום חתונתו בוצע אע"פ שיש בהמסובין גדול ממנו:

Rompt - et acquitte les autres par sa berakha. Même là où l’usage est que chacun bénisse pour soi sur sa miche, l’usage est néanmoins que le plus grand rompe le premier [Pri Megadim]. Le fiancé, le jour de son mariage, rompt, même s’il y a parmi les convives plus grand que lui.

(סט) להקדימו - דכתיב וקדשתו ואחז"ל לכל דבר שבקדושה לפתוח ראשון ולברך ראשון:

De lui donner la préséance - car il est écrit « tu le sanctifieras », et nos Sages ont dit : pour toute chose de sainteté, ouvrir le premier et bénir le premier.

(ע) ת"ח קודם לו - ואסור להת"ח להקדימו לפניו ומבזה בזה את התורה ואיתא לקמן בסימן ר"א דדוקא אם מקדימו לפניו דרך חוק ומשפט כהונה דהיינו מפני שהוא כהן אבל אם נותן לו רשות לברך שלא מחמת כהונה רשאי:

Un talmid ‘hakham passe avant lui - et il est interdit au talmid ‘hakham de le faire passer devant soi : il avilit par là la Torah. Il est dit plus bas au siman 201 que c’est seulement s’il le fait passer devant soi à titre de règle et de droit de kéhouna, c’est-à-dire parce qu’il est kohen ; mais s’il lui donne permission de bénir autrement qu’en raison de la kéhouna, c’est permis.

(עא) טוב להקדימו - ואיתא בגמרא שמי שנזהר בזה מאריך ימים בכך:

Il est bon de lui donner la préséance - et il est dit dans la Guemara que celui qui y prend garde allonge par là ses jours.

(עב) עמהם בעה"ב - ר"ל בעל הסעודה שאוכל עמהם:

Avec eux le maître de maison - c’est-à-dire le maître du repas qui mange avec eux.

(עג) הוא בוצע - והוא קודם אפילו לכהן ות"ח כדי שיבצע בעין יפה:

C’est lui qui rompt - et il passe même avant un kohen et un talmid ‘hakham, afin de rompre d’un œil généreux (ein yafa).

(עד) ואפילו אם האורח גדול - הנה הלחם חמודות כתב שכהיום נהגו לחלוק כבוד לגדול והמ"א הסכים עמו אך כמה אחרונים מפקפקין בזה אך בסעודה שכל המסובין אוכל כאו"א מככרו ומברכין לעצמן בודאי הנכון שבעה"ב יכבד להגדול שיבצע תחלה כיון שאין כאן טעם משום עין יפה:

Et même si l’hôte est plus grand - or le Le’hem ‘Hamoudot a écrit qu’aujourd’hui l’usage est de faire honneur au plus grand, et le Maguen Avraham a approuvé ; mais plusieurs Aharonim en doutent. Toutefois, dans un repas où chacun des convives mange de sa propre miche et bénit pour soi, il est certainement correct que le maître de maison honore le plus grand pour qu’il rompe le premier, puisqu’il n’y a pas ici la raison de l’œil généreux.

(עה) יאמר תחלה וכו' - היינו אפי' הגדול הוא הבוצע או בעה"ב משום מדת ענוה צריך ליטול רשות כאלו הם גדולים ממנו ולהם נאה לברך. כשיש שם כהן שמצוה להקדימו וכנ"ל אם רוצה אחר לבצוע וה"ה לבהמ"ז צריך ליטול ממנו רשות [ולא מהני מה שיאמר ברשות הכהן אם לא נתן לו הכהן רשות]:

Il dira d’abord etc. - c’est-à-dire : même si c’est le plus grand qui rompt, ou le maître de maison, par humilité il doit demander permission comme s’ils étaient plus grands que lui et qu’il leur convînt de bénir. S’il y a là un kohen qu’il est mitsva de faire passer devant, comme ci-dessus, et qu’un autre veut rompre — et de même pour le birkat hamazone — il doit lui demander permission [et il ne suffit pas de dire « avec la permission du kohen » si le kohen ne lui a pas donné permission].

(עו) אין המסובין וכו' - כשיצאו בברכת הבוצע ועיין בפמ"ג שמצדד דאפילו אם לא נתכוין לצאת בברכתו וכל אחד מברך לעצמו כיון שכולם זקוקים לככרו של הבוצע אין מדרך הכבוד לטעום קודם שיטעום הוא:

Les convives ne etc. - lorsqu’ils se sont acquittés par la berakha du botséa. Voir le Pri Megadim, qui penche à dire que même s’ils n’ont pas eu l’intention de s’acquitter par sa berakha et que chacun bénit pour soi, puisque tous dépendent de la miche du botséa, ce n’est pas une marque d’honneur de goûter avant qu’il ait goûté lui-même.

(עז) רשאים לטעום - דהיינו שירצו לחתוך מן הככר של הבוצע ולטעום קודם לו:

N’ont pas le droit de goûter - c’est-à-dire : de vouloir couper de la miche du botséa et goûter avant lui.

(עח) אבל מותר וכו' - ואין בזה הפסקה דכ"ז צורך סעודה הוא:

Mais il est permis etc. - et ce n’est pas une interruption, car tout cela est un besoin du repas.

(עט) לכל אחד חלקו וכו' והם ימתינו - מלאכול עד שיטעום הוא תחלה. ואפילו נתן להם בפירוש רשות לזה י"א ג"כ דלא מהני. ודעת הט"ז בענין זה דאין כדאי להבוצע שיחלק לכל אחד חלקו אחרי שאינם רשאים לטעום מהם עד שיטעום הוא תחלה א"כ נחשב לו הדבר להפסק בין הברכה לאכילה וזה אסור לכתחלה אלא יראה לטעום קודם ואח"כ יחלק לכל אחד מהם וכ"כ ש"א:

À chacun sa part etc. et ils attendront - de manger jusqu’à ce qu’il ait goûté le premier. Même s’il leur a donné explicitement permission pour cela, certains disent que cela ne suffit pas non plus. L’avis du Taz à ce sujet : il ne convient pas que le botséa distribue à chacun sa part alors qu’ils n’ont pas le droit d’y goûter avant qu’il ait goûté le premier ; cela lui compte alors comme une interruption entre la berakha et la consommation, ce qui est interdit a priori. Qu’il voie plutôt à goûter d’abord, puis à distribuer à chacun. Ainsi ont aussi écrit d’autres.

(פ) אוכל מככרו - ויש לכל אחד מהם ככר שלם בפ"ע:

Mange de sa propre miche - et chacun d’eux a une miche entière à part.

(פא) רשאים לטעום קודם - אע"פ שהם יוצאים כולם בברכת המברך:

Ont le droit de goûter avant - bien qu’ils s’acquittent tous par la berakha de celui qui bénit.

(פב) ואם הוא שבת - וה"ה יו"ט:

Et s’il s’agit du Chabbat - et de même de Yom Tov.

(פג) צריך שיהא וכו' - דאם אין לפני כ"א מהמסובין לחם משנה הרי הם צריכים לסמוך על הבוצע שיש לפניו לחם משנה ולטעום מאותו לחם ואינם רשאים לטעום קודם לו:

Il faut qu’il y ait etc. - car si chaque convive n’a pas devant soi de le’hem michné, ils doivent s’appuyer sur le botséa qui a devant lui le le’hem michné et goûter de ce pain-là, et ils n’ont pas le droit de goûter avant lui.

(פד) אין הבוצע וכו' - היינו אם הוא מוציאם ידי חובתם בברכה:

Le botséa ne etc. - c’est-à-dire s’il les acquitte de leur obligation par la berakha.

(פה) אמן מפי רוב וכו' - שגם עניית אמן מכלל ברכה היא אבל המיעוט המאריכין יותר מדאי א"צ להמתין עליהם שכל המאריך באמן יותר מדאי אינו אלא טועה:

Amen de la bouche de la majorité etc. - car la réponse d’amen fait aussi partie de la berakha. Mais pour la minorité qui allonge trop, on n’est pas tenu d’attendre : quiconque allonge trop l’amen ne fait que se tromper.

(פו) הבוצע - שהוא הבעה"ב או מי שנתנו לו רשות לבצוע תחלה:

Le botséa - c’est le maître de maison, ou celui à qui l’on a donné permission de rompre le premier.

(פז) פושט וכו' - דכיון שחלקו לו כבוד לברך תחלה ולבצוע להוציא המסובין ראוי לכבדו שיפשוט ידו לקערה תחלה:

Étend etc. - car puisqu’on lui a fait l’honneur de bénir le premier et de rompre pour acquitter les convives, il convient de l’honorer en lui laissant étendre la main vers le plat le premier.

(פח) הבוצע נותן - אבל לא יזרוק חתיכת המוציא על השלחן לפני האורחים אפילו אם לא נמאס המאכל ע"י הזריקה כמו שיתבאר בסימן קע"א ועוד כיון שהיא פרוסת המוציא הוי בזיון מצוה:

Le botséa donne - mais qu’il ne jette pas le morceau de hamotsi sur la table devant les hôtes, même si l’aliment n’est pas déprécié par le jet, comme il sera exposé au siman 171 ; et de plus, puisque c’est la tranche de hamotsi, ce serait un mépris de la mitsva.

(פט) היה אבל - ובשבת פורס האבל כדרכו דלא יהיה כאבילות דפרהסיא אם יתן לו בידו:

S’il était en deuil - et le Chabbat, l’endeuillé rompt comme à l’accoutumée, afin que ce ne soit pas un deuil public s’il lui donnait dans la main.

(צ) רמז לפרוסת המוציא - משמע דאין ראוי לעשות כן כשאינו אבל דלא ליתרע מזליה:

Allusion à la tranche de hamotsi - il en ressort qu’il ne convient pas de faire ainsi lorsqu’on n’est pas en deuil, afin de ne pas détériorer sa chance.

(צא) אינו יכול לברך - אפילו אין השומע יכול לברך בעצמו:

Il ne peut pas bénir - même si l’auditeur ne peut pas bénir lui-même.

(צב) ברכת המוציא - וה"ה בכל ברכת הנהנין דדוקא ברכת המצוה שכל ישראל ערבים זה בזה וכאשר חבירו לא יצא ידי המצוה הוי כאלו הוא לא יצא משו"ה יכול להוציא אפילו הוא כבר יצא ידי המצוה משא"כ בברכות הנהנין שאע"פ שהן חובה על הנהנה לברך דאסור ליהנות מהעוה"ז בלא ברכה מ"מ בידו שלא ליהנות ולא לברך לפיכך אותו שאינו נהנה אין נקרא מחויב בברכה זו ועיין לקמן סי' קצ"ז ס"ד במ"ב לענין בהמ"ז:

La berakha de hamotsi - et de même pour toute berakha de jouissance. C’est seulement pour les berakhot des mitsvot que tous les fils d’Israël sont garants les uns des autres (arevout) : lorsque son prochain ne s’est pas acquitté de la mitsva, c’est comme s’il ne s’en était pas acquitté lui-même ; aussi peut-il acquitter même s’il s’est déjà acquitté de la mitsva. Il n’en va pas de même pour les berakhot de jouissance : bien qu’il soit obligatoire, pour celui qui jouit, de bénir — car il est interdit de jouir de ce monde sans berakha —, il a néanmoins le choix de ne pas jouir et de ne pas bénir ; celui qui ne jouit pas n’est donc pas appelé obligé de cette berakha. Voir plus bas siman 197 seif 4 dans le MB, au sujet du birkat hamazone.

(צג) אבל לקטנים וכו' - ואפילו קטנים דעלמא שאין חנוכם מוטל עליו מדינא ג"כ מותר לברך עמהם כשרוצים ליהנות ואין יודעים לברך בעצמן וכ"ש כשהם מבני ביתו ולגדולים אפילו לבני ביתו נמי לא:

Mais pour les petits etc. - et même des petits d’autrui, dont l’éducation ne lui incombe pas de par le din, il est aussi permis de bénir avec eux lorsqu’ils veulent jouir et ne savent pas bénir eux-mêmes ; à plus forte raison s’ils sont des gens de sa maison. Pour les adultes, même pour les gens de sa maison, non.

(צד) אפילו בשבת שהוא חייב וכו' - היינו של כל השלש סעודות דאף שהם חוב אין החוב עליו משום מצוה אלא כדי שיהנה מסעודת שבת ואין להמצוה עצמה חוב דהא אם נהנה ממה שמתענה א"צ לאכול כדאיתא בסימן רפ"ח ע"כ הם בכלל שאר ברכות הנהנין:

Même le Chabbat, où il est tenu etc. - c’est-à-dire pour les trois repas : bien qu’ils soient une obligation, l’obligation ne pèse pas sur lui à titre de mitsva, mais afin qu’il jouisse du repas de Chabbat ; la mitsva elle-même n’a pas d’obligation, car s’il jouit du fait de jeûner, il n’est pas tenu de manger, comme il est dit au siman 288. Aussi tombent-ils dans la catégorie des autres berakhot de jouissance.

(צה) אע"פ שאינו טועם - וה"ה כשכבר קיים מצות אכילת מצה וכבר קידש על היין והטעם בכל זה דברכת קידוש ואכילת כזית מצה היא מחובת המצות שהיא חוב על האדם וממילא הכל נכנסים בזה בכלל ערבות וכנ"ל וה"ה בליל א' וב' דסוכות שהוא חייב לאכול כזית פת בסוכה יכול ג"כ להוציא אע"פ שאינו טועם בעצמו:

Bien qu’il ne goûte pas - et de même lorsqu’il a déjà accompli la mitsva de manger de la matsa et a déjà fait kiddouch sur le vin. La raison, dans tous ces cas : la berakha du kiddouch et la consommation d’un kezayit de matsa relèvent de l’obligation des mitsvot, qui pèse sur l’homme ; tout entre donc dans la garantie mutuelle, comme ci-dessus. De même, la première et la deuxième nuits de Soukot, où il est tenu de manger un kezayit de pain dans la souka, il peut aussi acquitter bien qu’il ne goûte pas lui-même.

(צו) בין של יום - דעיקרו נתקן רק למצוה ולא בשביל הנאה וע"כ ברכה זו היא בכלל שאר ברכת המצות דקי"ל אע"פ שיצא מוציא:

Qu’il s’agisse du kiddouch du jour - car il n’a été institué essentiellement que pour la mitsva, et non pour la jouissance. Aussi cette berakha entre-t-elle dans la catégorie des autres berakhot des mitsvot, pour lesquelles nous tenons : même s’il s’est acquitté, il acquitte.

(צז) קודם וכו' - כתב של"ה שגם ישייר מן פרוסת המוציא מעט שיאכל אחר אכילתו כדי שישאר טעם המוציא בפיו. אין להאכיל לבהמה ועוף או לכותי מפרוסת המוציא או מהחתיכה שנוגעת בה חתיכת המוציא היינו דמאותה פרוסה שחתך מקודם מהלחם השלם חותך אח"כ מן אותה פרוסה חתיכה קטנה להמוציא וגם אותה הפרוסה לא יאכילם שאין כבוד בזה להמצוה:

Avant etc. - le Chela a écrit qu’on laissera aussi un peu de la tranche de hamotsi pour en manger après son repas, afin que le goût de hamotsi reste dans la bouche. On n’aura pas à donner à une bête, à un oiseau ou à un non-Juif de la tranche de hamotsi, ni du morceau qui touche le morceau de hamotsi — c’est-à-dire de cette tranche qu’on a d’abord coupée du pain entier, dont on coupe ensuite un petit morceau pour hamotsi : on ne leur donnera pas non plus de cette tranche, car ce n’est pas un honneur pour la mitsva.