משנה ברורה

Michna Beroura — siman 168

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Sur quels types de pain on bénit
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Ordre des mérites du pain (sept espèces, entier, finesse, taille, préférence), pain de non-juif, pain de kisnin, miettes et pâtes cuites ou frites : quand on dit hamotsi et Birkat hamazone, et quand mézonot.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETSur quel pain bénir : mérites, pain de non-juif, kisnin, miettes, pâtes cuites ou frites
À FAIREOrdre des mérites
Sept espèces d’abord, puis l’entier, puis la finesse, puis la taille. L’entier l’emporte même petit ou grossier
À FAIRETranche et entier ensemble
Tranche de blé sous un entier d’orge. Si l’entier est de seigle et la tranche de blé : rompre sur la tranche seule
À ÉVITERPain de non-juif préféré
Lekhathila l’écarter de la table s’il s’en garde. À égalité, le pain d’Israël précède
OUIKisnin devenu repas
S’il a fixé un vrai repas (mesure dont d’autres se rassasient, seuls ou avec mets), hamotsi, netila et Birkat hamazone
NONKisnin sans repas fixé
Mézonot puis mé’eine chaloch : pâte remplie de fruits, miel/huile/lait dont le goût l’emporte, ka’akhim très secs
OUIMiettes encore « pain »
Hamotsi s’il y a un kezayit dans une tranche, même cuite et sans apparence ; ou apparence de pain sans cuisson ; ou miettes non recollées
NONPlus du pain
Mézonot : miettes cuites sans kezayit ; trempées jusqu’à eau blanchie ; pâtes très minces et molles ; pâte jamais cuite au four, seulement bouillie ou frite dans un liquide
OUIPastida au four
Remplie de viande : Rema = hamotsi même sans repas fixé ; Taz = kisnin. Remplie de fruits : kisnin. Cas douteux : le craignant le Ciel ne mange que dans un repas
REMAUn peu d’huile et d’épices pour le le’hem michné : reste un vrai pain. Beaucoup d’épices ou de miel qui l’emportent : kisnin
On choisit le pain le plus méritant (espèces, entier, fin). Kisnin, miettes cuites sans kezayit et pâtes seulement bouillies, frites ou trop minces : mézonot, sauf repas fixé ou vrai pain cuit au four.

Glossaire

hidour mitsva
embellissement de la mitsva
lé'hem michné
les deux pains entiers du Chabbat
mouktsé
interdit de manipulation le Chabbat
שיפון
seigle
כוסמין
épeautre
שבולת שועל
avoine
פת קיבר
pain grossier
פת נקיה
pain fin
pat haba'a bekisnin
pain de kisnin, pâtisserie de céréales non destinée à un repas fixé
kezayit
volume d'une olive
mézonot
bénédiction boré miné mézonot
mé'eine chaloch
bénédiction finale « à l'image des trois »
lekhathila
a priori
toar lé'hem
apparence de pain
kevi'at se'uda
fixer un repas, manger comme un vrai repas
'haviitsa
miettes de pain recollées par un liquide
kli rishon
premier récipient, encore brûlant comme sur le feu
kli cheni
second récipient, dans lequel on a versé hors du feu
tourita denahama
trace ou apparence de pain
'halla
prélèvement obligatoire sur la pâte
soufganin
pâte frite ou cuite à l'eau
pastida
tourte farcie, souvent à la viande
kreplach
pâte farcie cuite à l'eau
ka'akhim
biscuits secs en anneau
al hamichya
formule de la bénédiction mé'eine chaloch sur les céréales
terita
galette très mince sans statut de pain

(א) מברך על השלם - משום הידור מצוה ואם לא היה לפניו רק פרוסה ונטל אותה כדי לברך עליה ובתוך כך הביאו לפניו שלמה מניח הפרוסה בתוך השלמה ומברך ואם כבר בירך על הפרוסה יבצע אותה:

On bénit sur le pain entier — par hidour mitsva. S'il n'avait devant lui qu'une tranche et qu'il l'a prise pour bénir, et que l'on apporte alors un pain entier, il place la tranche dans l'entier et bénit. S'il a déjà béni sur la tranche, il la rompt.

(ב) פת קיבר וכו' וקטן וכו' - דמעלת שלם עדיף טפי אפילו באופן זה:

Pain grossier etc. et petit etc. — car le mérite de l'entier l'emporte même dans ce cas.

(ג) מניח הפרוסה וכו' - כדי לקיים מעלת השלמה דשעורין ומעלת החיטין דחשיבא טפי משעורין משום דאקדמיה בפסוק כדכתיב ארץ חטה ושעורה וגו'. ומבואר בש"ס דמעיקר הדין פרוסה של חטין עדיפא אלא לצאת ידי שמים כל המעלות צריך להניח הפרוסה תחת השלמה וכו' וכתב המ"א דמ"מ אם היה השלמה מפת של שיפון [הוא שאנו קורין דגן ורוב הלחמים שלנו ממנו הוא] והפרוסה של חיטין [וכן אם היה של שעורין] אין להחמיר לבצוע על השלמה עם הפרוסה אלא יבצע על הפרוסה לבד דשיפון קיל אף משעורים משום דאין נזכרת בקרא בהדיא:

Il place la tranche etc. — afin de réunir le mérite de l'orge entier et celui du blé, plus estimé que l'orge parce qu'il est cité en premier dans le verset : « un pays de blé et d'orge, etc. ». Le Talmud enseigne qu'au fond du din, la tranche de blé l'emporte ; mais pour s'acquitter pleinement devant le Ciel de tous les mérites, il faut placer la tranche sous l'entier, etc. Le Maguen Avraham écrit toutefois : si l'entier est de seigle [ce que nous appelons « grain », et dont sont faits la plupart de nos pains] et la tranche de blé [ou d'orge], on n'a pas à se montrer strict en rompant sur l'entier avec la tranche : on rompt sur la seule tranche, car le seigle est inférieur même à l'orge, n'étant pas nommé explicitement dans le verset.

(ד) תחת השלמה וכו' - ואפילו הפרוסה גדולה מהשלמה נמי טוב שיניח שתיהם ביחד [פמ"ג]:

Sous l'entier etc. — même si la tranche est plus grande que l'entier, il est bon de les tenir ensemble [Peri Megadim].

(ה) ואין לחוש לשני - אע"פ שהוא לפניו והוא מוקדם בפסוק או חביב או חשוב אינו חייב לאכול ממנו בשביל הקדמה זו [ב"י וט"ז] ומסתברא דדוקא אם אינו רוצה לאכול אלא מאחר אבל אם ברצונו שוה הוא לאכול מזה או מזה ושניהם מונחים לפניו אף שאינו רוצה לאכול משניהם יחד מצוה מן המובחר לבצוע על המוקדם בפסוק ושארי המעלות:

Et l'on n'a pas à se soucier du second — bien qu'il soit devant lui, antérieur dans le verset, préféré ou plus estimé, on n'est pas tenu d'en manger pour cette antériorité [Beth Yossef et Taz]. Il est raisonnable que cela ne vaille que s'il ne veut manger que de l'autre ; mais s'il est également disposé à l'un ou à l'autre, et que les deux sont devant lui — même s'il ne veut pas manger des deux ensemble — la mitsva la plus belle est de rompre sur celui qui est antérieur dans le verset et qui a les autres mérites.

(ו) מברך על הגדולה - ודוקא כשהיו שניהם שוים ביופי אבל אם הקטנה נקיה והגדולה קיבר מברך על הקטנה:

On bénit sur la plus grande — seulement si les deux sont égales en beauté ; mais si la petite est fine et la grande grossière, on bénit sur la petite.

(ז) יחברם יחד - והמ"א מפקפק בזה ודעתו דבחול א"צ להדר אח"ז ורק דבשבת דבעינן לחם משנה שלם יעשה זה ורק שיזהר שלא יקח עץ שהוא מוקצה לזה ובא"ר נוטה לדעת השו"ע:

Il les joint ensemble — le Maguen Avraham en doute : en semaine, point n'est besoin de ce hidour ; seulement le Chabbat, où l'on veut un lé'hem michné entier, on le fera, en prenant garde de ne pas prendre un bois mouktsé pour cela. L'Elya Rabba incline vers l'avis du Choul'han Aroukh.

(ח) שלא יהא נראה - אבל אם נראה להדיא שנתחבר יחד לא מקרי שלם וכדלקמן בסימן שס"ו ס"ו:

Afin que cela ne paraisse pas — mais si l'on voit clairement qu'ils ont été joints, cela n'est pas appelé entier, comme plus bas au siman 366 seif 6.

(ט) ואפילו בשבת - ומ"מ אם יש לו אחר שלם לא יבצע ע"ז [א"ר]:

Et même le Chabbat — toutefois, s'il en a un autre entier, qu'il ne rompe pas sur celui-ci [Elya Rabba].

(י) ממה שיניחנו וכו' - דמעלת שלם עדיף ממעלת גדול וכנ"ל בס"א:

Plutôt que de le laisser etc. — car le mérite de l'entier l'emporte sur celui de la taille, comme ci-dessus au seif katan 1.

(יא) ממקום השלם שבה - ודוקא בזה דבאמת שלמה היא ורק במקום שהיתה דבוקה נראית כפרוסה לכן יבצע מצד השלם אבל בפרוסה ממש אין קפידא שיבצע מצד השלם ודי שיחתוך מן הצד [אחרונים]:

Du côté entier qui s'y trouve — seulement ici, car elle est vraiment entière, et ce n'est qu'à l'endroit où elle était collée qu'elle paraît tranchée ; aussi rompt-on du côté entier. Mais sur une vraie tranche, peu importe de rompre du côté « entier » : il suffit de couper par le côté [A'haronim].

(יב) ממין ז' - אף דכוסמין חשבינן נמי בכלל שבעת המינים דמין חטים הוא וכמ"ש בטור סימן ר"ח מ"מ אינו מפורש בהדיא בקרא דשבעת המינין ולכן שעורים חשיב טפי ממנה:

D'une des sept espèces — bien que l'épeautre soit aussi compté parmi les sept espèces, étant une espèce de blé, comme l'écrit le Tour siman 208, il n'est pourtant pas nommé explicitement dans le verset des sept espèces ; aussi l'orge est-il plus estimé que lui.

(יג) אע"פ שהכוסמין יפים - וחביב עליו דמעלת מין ז' עדיף כדלקמן בסימן רי"א ושם מבואר די"א דחביב קודם [מ"א]. ולפ"ז לא משכחת דין זה כ"א בששניהם שוים בעיניו. ולענין כוסמין ושיפון דשניהם אינם מפורשים בקרא כוסמין עדיף דהוא מין חטים. ושיפון ושבולת שועל דשניהם מין שעורים שיפון עדיף שהוא חביב טפי:

Bien que l'épeautre soit plus beau — et qu'il le préfère, car le mérite des sept espèces l'emporte, comme plus bas au siman 211 ; et là-bas il est exposé que certains disent que le préféré précède [Maguen Avraham]. Dès lors, ce din ne se rencontre que si les deux sont égaux à ses yeux. Quant à l'épeautre et au seigle, ni l'un ni l'autre n'étant nommés dans le verset, l'épeautre l'emporte, car c'est une espèce de blé. Quant au seigle et à l'avoine, tous deux espèces d'orge, le seigle l'emporte, car on le préfère davantage.

(יד) פת נקיה ופת קיבר - ושניהם מין אחד [טור] דאם הפת קיבר חשיב במינו מן הנקיה כגון חטים לגבי שעורים או שעורים לגבי כוסמין הוא קודם:

Pain fin et pain grossier — et tous deux de la même espèce [Tour] ; car si le pain grossier est d'une espèce plus estimée que le fin — par exemple blé vis-à-vis d'orge, ou orge vis-à-vis d'épeautre — il précède.

(טו) על הנקיה - ואף דהקיבר גדול ממנה דמעלת הנקיות עדיף ומיירי שהיו שניהם שוים שלמים או פרוסים דאם הקיבר לבד שלם הוא קודם להנקיה הפרוסה וכנ"ל בס"א. וזה הכלל מסעיפים אלו מעלת שבעת המינים קודם לכל ואחריו מעלת השלם ואחריו מעלת הנקי ואחריו מעלת הגדול [ח"א] ולענין מעלת חביב עיין סימן רי"א:

Sur le fin — même si le grossier est plus grand, car le mérite de la finesse l'emporte. Il s'agit du cas où tous deux sont également entiers ou également tranchés ; car si seul le grossier est entier, il précède le fin tranché, comme ci-dessus au seif katan 1. Règle tirée de ces seifim : le mérite des sept espèces précède tout ; puis le mérite de l'entier ; puis celui de la finesse ; puis celui de la taille ['Hayé Adam]. Quant au mérite du préféré, voir siman 211.

(טז) על הלבנה - ואף אם השניה גדולה ממנה אם לא שהוא חביב עליו יותר:

Sur le blanc — même si l'autre est plus grand, à moins qu'il ne le préfère davantage.

(יז) פת עובד כוכבים נקיה וכו' - אבל בשוין פשיטא דפת ישראל קודם לברך עליו [א"ר]:

Pain de non-juif fin etc. — mais à égalité, il est évident que le pain d'Israël précède pour la bénédiction [Elya Rabba].

(יח) על איזה מהם שירצה - דכל אחד יש לו מעלה זה שהוא פת ישראל [דפת עכו"ם לא התירו אלא מדוחק] וזה שהוא נקי:

Sur celui qu'il voudra — car chacun a un mérite : l'un est pain d'Israël [le pain de non-juif n'ayant été permis qu'à l'étroit], l'autre est fin.

(יט) מסלק וכו' - דין זה נובע מדברי השר מקוצי שחשש שאם יהיה מונח על השלחן יהיה בעת הברכה חביבה עליו מפני שהיא נקיה ואפשר שיצטרך לברך עליו מפני זה והרבה מאחרונים מפקפקין מאד בזה דכיון שהוא נזהר ומחזיק זה לאיסור מאי אהני ליה חביבותיה ומ"מ לכתחלה טוב לחוש לדבריו ולסלק:

Il écarte etc. — ce din vient des paroles du Sar miKoutsi, qui craignait que, laissé sur la table, ce pain ne lui devienne préféré au moment de la bénédiction parce qu'il est fin, et qu'il doive alors bénir dessus. Beaucoup d'A'haronim en doutent fort : puisqu'il s'en garde et le tient pour interdit, que lui sert sa préférence ? Toutefois, lekhathila (a priori), il est bon de craindre son avis et de l'écarter.

(כ) ואין דעתו וכו' - פי' דאף דבריש הסעיף כתב דמברך על איזו שירצה היינו היכא שבדעתו לאכול הסעודה משתיהם אבל זה שאין דעתו לאכול כלל רק פת עו"ג זה אין צריך לברך על פת אחר אף שהוא חשיב טפי וכנ"ל בס"א בהג"ה. ואף דמוציא את ב"ב בברכת המוציא והם אינם אוכלים מזה אלא מפת כשר מ"מ כיון דהוא אינו חפץ לאכול אלא זה והוא הבעה"ב הוא העיקר ואזלינן בתריה ויברך על פת שהוא אוכל:

Et il n'a pas l'intention etc. — c'est-à-dire : même si en tête du seif il a écrit qu'on bénit sur celui qu'on veut, c'est lorsque l'on compte manger le repas des deux ; mais celui qui n'entend manger que de ce pain de non-juif n'a pas à bénir sur un autre pain, fût-il plus estimé, comme ci-dessus au seif katan 1 dans la glose. Et bien qu'il acquitte sa maisonnée par le hamotsi, et qu'eux ne mangent pas de celui-ci mais de pain casher, néanmoins, puisqu'il ne veut manger que de celui-là et qu'il est le maître de maison, c'est lui qui est l'essentiel : on va après lui, et il bénit sur le pain qu'il mange.

(כא) על בעה"ב - פי' לבצוע ולהוציא את אחרים בברכתו כמו שאמרו בעה"ב בוצע כדי שיבצע בעין יפה וכיון שהאורח יאכל מפת עו"ג שהוא יפה ונקי התירו לו גם כן לבעה"ב לבצוע על הפת של עו"ג מפני כבוד האורח אבל בלא אורח אינו מותר כלל למי שנזהר מפת עו"ג לברך על הפת זה אלא יסלקם מעל השלחן וכדלעיל [כן הוא מסקנת הש"ך וט"ז ביו"ד קי"ב ע"ש] ועיין בבה"ל. ודע דכהיום שהמנהג שכל אחד מברך לעצמו ברכת המוציא לכאורה לא שייך כלל דין זה אלא כ"א יברך על פתו שאוכל [מחה"ש] ועיין בפמ"ג מה שהעיר על עיקר דין השו"ע:

Sur le maître de maison — c'est-à-dire rompre et acquitter les autres par sa bénédiction, comme on a dit : le maître de maison rompt afin de rompre d'un œil large. Puisque l'hôte mangera du pain de non-juif, beau et fin, on a aussi permis au maître de maison de rompre sur ce pain par honneur pour l'hôte. Mais sans hôte, il n'est aucunement permis à qui se garde du pain de non-juif de bénir sur ce pain : qu'il l'écarte de la table, comme plus haut [c'est la conclusion du Chakh et du Taz Yoré Déa 112]. Voir le Biour Halakha. Sache qu'aujourd'hui, l'usage étant que chacun bénit hamotsi pour soi, ce din ne s'applique apparemment plus : chacun bénit sur le pain qu'il mange [Ma'hatsit hachékel]. Voir le Peri Megadim sur le din même du Choul'han Aroukh.

(כב) אבל אם אינו חביב וכו' - ר"ל דכ"ז אם הפת זה בעצם חביבה עליו ורק שהוא מונע עצמו מפני שהוא פת עו"ג התירו לו בכאן מפני האורחים אבל אם אינו חביב עליו בעצם פת זה ואינו חפץ בו יברך על פתו הכשרה:

Mais s'il n'est pas préféré etc. — c'est-à-dire : tout cela si ce pain lui est en soi agréable et qu'il s'en abstient seulement parce qu'il est pain de non-juif ; on le lui a permis ici à cause des hôtes. Mais si ce pain ne lui est pas agréable en soi et qu'il n'en veut pas, il bénit sur son pain casher.

(כג) בכיסנין וכו' - בסעיף שאח"ז מתבאר מה הוא. ואף דבסתם פת מברכין עליו המוציא בכל שהוא ועל כזית מברכין בהמ"ז שאני אלו דאין דרך בני אדם לקבוע סעודתן עליהם ורק אוכלין אותן מעט דרך עראי לפיכך ברכתן רק במ"מ ולאחריו ברכה מעין שלש אא"כ אכל כשיעור קביעת סעודה דאז מברך המוציא ובהמ"ז דעכ"פ פת הוא:

De kisnin etc. — le seif suivant explique ce que c'est. Bien que sur un pain ordinaire on dise hamotsi pour toute quantité et Birkat hamazone pour un kezayit, ceux-ci sont différents : les gens n'ont pas l'habitude d'y fixer leur repas, on n'en mange qu'un peu à l'occasion ; aussi leur bénédiction n'est-elle que mézonot, et ensuite mé'eine chaloch — à moins d'en avoir mangé la mesure d'un repas fixé : alors on dit hamotsi et Birkat hamazone, car c'est tout de même du pain.

(כד) שאחרים רגילים לקבוע - כתבו האחרונים דאם אכלו לבדו צריך שיאכל שיעור שאחרים רגילים לשבוע ממנו לבדו ואם אכלו עם בשר או דברים אחרים שמלפתים בו הפת סגי כשאוכל שיעור שאחרים רגילין לשבוע ממנו כשאוכלין ג"כ עם דברים אחרים אך אם אכלו לבדו ושבע ממנו אף שאחרים לא היו שבעין ממנו לבדו אבל כיון שאם אכלו אותו עם דברים אחרים היו שבעין ממנו ג"כ לא אמרינן בטלה דעתו וצריך לברך עליו המוציא ובהמ"ז. והנה לענין עירובי תחומין בסימן שס"ח איתא דשיעור סעודה הוא ג' או ד' ביצים וכתבו כמה אחרונים דה"ה כאן חשיב בזה שיעור קביעת סעודה אבל כמה אחרונים והגר"א מכללם חולקים וס"ל דאין לברך המוציא ובהמ"ז אלא כשיעור סעודה קבוע שהוא של ערב ובקר וכמש"כ בב"י בשם שיבולי לקט וכן מצאתי באשכול דמוכח שהוא סובר כן וכן נוטה יותר לשון השו"ע. ומ"מ לכתחלה טוב לחוש לדעת המחמירים שלא לאכול ד' ביצים וכ"ש אם הוא דבר שיש להסתפק בו מדינא אם הוא פת הבאה בכיסנין אף דמבואר בס"ז דהולכין בזה להקל עכ"פ בודאי יש לחוש לדעת המחמירים הנ"ל:

Que d'autres ont l'habitude de fixer — les A'haronim ont écrit : s'il les a mangés seuls, il faut la mesure dont d'autres se rassasient seuls ; s'il les a mangés avec viande ou autres mets qui accompagnent le pain, il suffit de la mesure dont d'autres se rassasient lorsqu'ils mangent aussi avec d'autres mets. Mais s'il les a mangés seuls et s'en est rassasié, même si d'autres ne s'en rassasieraient pas seuls — du moment que, mangés avec d'autres mets, ils les auraient rassasiés — on ne dit pas que son avis est annulé : il doit dire hamotsi et Birkat hamazone. Quant aux érouvin de te'houmin au siman 368, la mesure d'un repas est de trois ou quatre œufs, et plusieurs A'haronim ont écrit qu'ici aussi c'est la mesure du repas fixé ; mais plusieurs A'haronim, le Gra parmi eux, contestent et tiennent qu'on ne dit hamotsi et Birkat hamazone que pour la mesure d'un vrai repas du soir ou du matin, comme l'écrit le Beth Yossef au nom des Chibolé Halékét ; j'ai aussi trouvé dans l'Echkol qu'il est de cet avis, et le langage du Choul'han Aroukh y incline davantage. Toutefois, lekhathila, il est bon de craindre l'avis des stricts et de ne pas manger quatre œufs — à plus forte raison s'il y a déjà doute de din si c'est un pain de kisnin : bien que le seif 7 tranche vers la souplesse, il faut certes craindre les stricts susdits.

(כה) המוציא ובהמ"ז - וגם נט"י וכמו בפת גמור וכמבואר לעיל בסימן קנ"ח ס"א ע"ש:

Hamotsi et Birkat hamazone — et aussi netilat yadayim, comme pour un vrai pain, ainsi qu'exposé plus haut siman 158 seif 1.

(כו) יברך עליו בהמ"ז - כיון שהשלים לשיעור קביעת סעודה אבל המוציא אין צריך לברך על מה שנמלך לאכול כיון דאין במה שמונח לפניו אחר שנמלך שיעור קביעת סעודה אלא ביחד עם מה שאכל כבר ואם באמת יש שיעור קביעת סעודה במה שלא אכל עדיין צריך ליטול ידיו ולברך המוציא וענט"י וברכת המזון:

Il dit Birkat hamazone — puisqu'il a complété la mesure du repas fixé. Mais hamotsi, il n'a pas à le dire sur ce qu'il s'est ravisé de manger, car ce qui reste devant lui après qu'il s'est ravisé n'atteint pas à soi seul la mesure du repas fixé, seulement avec ce qu'il a déjà mangé. Si vraiment ce qui n'est pas encore mangé atteint la mesure du repas fixé, il doit se laver les mains, dire hamotsi, al netilat yadayim et Birkat hamazone.

(כז) שממלאין אותן וכו' - ר"ל אף אם נילושה מתחלה במים כשאר פת כיון שכל העיסה ממולא ממינים אלו ואף דהמילוי עיקר אצלו מ"מ מין דגן חשוב ואינו בטל ולכך מברך במ"מ ופוטר הכל כמ"ש בסי' ר"ח סעיף ב' ג'. ואך אם אינו אוכל העיסה ורק הפירות שבפנים לבד מברך הברכה השייכה להפירות וכתב הט"ז דאם נלקח הפירות ואוכל רק העיסה אפ"ה מברך במ"מ ולא המוציא דיש עליה דין כיסנין כיון שנאפה עם מילוי הפירות שאין דרך לקבוע סעודה על פת כזו:

Que l'on remplit etc. — c'est-à-dire même si la pâte a d'abord été pétrie à l'eau comme un autre pain, du moment que toute la pâte est remplie de ces espèces — et bien que le fourrage soit pour lui l'essentiel — l'espèce de céréale compte et n'est pas annulée ; aussi dit-on mézonot et l'on acquitte le tout, comme au siman 208 seif 2-3. Mais s'il ne mange pas la pâte, seulement les fruits du dedans, il dit la bénédiction des fruits. Le Taz écrit : si l'on a retiré les fruits et que l'on ne mange que la pâte, on dit néanmoins mézonot et non hamotsi, car elle a statut de kisnin, ayant été cuite avec un fourrage de fruits : on n'a pas l'habitude de fixer un repas sur un tel pain.

(כח) ואגוזים ושקדים וכו' - או או קאמר ומסתברא דמיירי ג"כ שטעם המילוי ניכר בעיסה וכמו שמסיים לבסוף:

Et noix et amandes etc. — « ou » : l'un ou l'autre. Il est raisonnable qu'il s'agisse aussi du cas où le goût du fourrage se sent dans la pâte, comme il conclut à la fin.

(כט) שעירב בה - בעת הלישה והיינו אפילו היה הרוב ממים כיון שעירב בה ג"כ ממינים אלו ועי"ז נשתנה הטעם מקרי פת כיסנין:

Qu'il y a mélangé — au moment du pétrissage ; même si l'eau était majoritaire, du moment qu'il y a aussi mélangé de ces espèces et que le goût en est changé, cela s'appelle pain de kisnin.

(ל) ניכר בעיסה - דאל"ה הוי לחם גמור. ולחם שנותנין בו זאפר"ן להטעימו ולנאותו או שנותנין בו מעט צימוקין לכו"ע לחם גמור הוא [פמ"ג]:

Sensible dans la pâte — sinon, c'est un vrai pain. Un pain où l'on met du safran pour le parfumer et l'embellir, ou un peu de raisins secs, est pour tous un vrai pain [Peri Megadim].

(לא) שזה נקרא - היינו היכא דעירב בה בהלישה רק מעט דבש וחלב אינו בטל שם פת מחמת שנרגש הטעם:

Que cela s'appelle — c'est-à-dire : si l'on n'y a mélangé au pétrissage qu'un peu de miel et de lait, le nom de pain n'est pas annulé du seul fait que le goût s'en sent.

(לב) פת גמור - ומברך המוציא לכל שהוא וכן בהמ"ז לכזית כדין פת:

Vrai pain — on dit hamotsi pour toute quantité, et Birkat hamazone pour un kezayit, comme pour le pain.

(לג) הרבה תבלין או דבש וכו' - ר"ל שכ"כ תבלין מעורב בהן עד שעל ידי זה יהיה מנכר התבלין בטעם יותר מהקמח וכן בדבש ושמן וחלב בעינן שיהיה הרוב מהן ומיעוט מים שעי"ז נרגש מהן הטעם הרבה מאד עד שעי"ז הם העיקר וטעם העיסה טפל וכן בציור הראשון שכתב השו"ע שממלאין מהם בעינן ג"כ שיהיה המילוי הרבה כ"כ עד שעי"ז יהיה נרגש הטעם הרבה מאד:

Beaucoup d'épices ou de miel etc. — c'est-à-dire tant d'épices mélangées que leur goût l'emporte sur celui de la farine ; et de même pour le miel, l'huile et le lait, il faut qu'ils soient majoritaires et l'eau minoritaire, de sorte que leur goût se sente très fort, qu'ils soient l'essentiel et le goût de la pâte accessoire. De même, dans le premier cas du Choul'han Aroukh où l'on en remplit, il faut que le fourrage soit si abondant que le goût s'en sente très fort.

(לד) וכן נוהגין - שאופין ללחם משנה פת עם מעט שמן ותבלין [ד"מ] וכן הסכימו האחרונים להלכה כפסק הרמ"א:

Et ainsi l'on use — on cuit pour le lé'hem michné un pain avec un peu d'huile et d'épices [Darkhé Moché]. Les A'haronim ont aussi tranché comme le Rema.

(לה) כעבים יבשים - כך שמה בערבי ובלשון ספרד נקרא בושקיגו"ש ונעשית מה' מיני דגן ובמים לבד אך באפייתן נעשים יבשים כ"כ עד שנפרכים ואין זה נקרא אוכל אלא כוסס ואין דרכם לאכול מזה הרבה לכן אין לו דין פת:

Comme des ka'akhim secs — c'est leur nom en arabe ; en espagnol on les appelle boushiguosh. Ils sont faits des cinq espèces de céréales et d'eau seulement, mais à la cuisson ils deviennent si secs qu'ils s'émiettent : ce n'est pas appelé « manger », mais croquer, et l'on n'en mange pas beaucoup ; aussi n'ont-ils pas le statut de pain.

(לו) לחם גמור הוא - דנעשים רק מקמח ומים כשאר פת ואף שהם דקים מ"מ לא הוי כמו כעבים יבשים דס"ז דהם יבשים מאד ואינם עשוים לאכילה ורק כוססין אותם לקינוח אבל אלו עשוים לאכילה:

C'est un vrai pain — ils ne sont faits que de farine et d'eau comme un autre pain ; bien qu'ils soient minces, ils ne sont pas comme les ka'akhim secs du seif 7, très secs et non faits pour être mangés, que l'on ne croque qu'en dessert ; ceux-ci sont faits pour être mangés.

(לז) שקורין ניבלא"ש - וכתבו האחרונים דהיינו מה שקורין בלשון רוסיא נאלסילק"ע שמערבין קמח עם הרבה מים בקדירה כמו דייסא ושופכין על עלי ירקות ונאפים בתנור עם העלים [וה"ה כשנאפים על מחבת בלי שמן] ודוקא באלו שהם דקים ורכים ביותר אבל אם אינם רכים ודקים כ"כ מבואר בסי"ד דדין לחם עליו ומברך המוציא [מ"א]:

Que l'on appelle nivlach — les A'haronim ont écrit que c'est ce qu'on appelle en russe nalsilke : on mélange la farine avec beaucoup d'eau dans une marmite comme une bouillie, on verse sur des feuilles de légumes et l'on cuit au four avec les feuilles [et de même cuit à la poêle sans huile]. Cela ne vaut que pour ceux qui sont très minces et très mous ; s'ils ne sont pas si mous et minces, le seif 14 leur donne le statut de pain et l'on dit hamotsi [Maguen Avraham].

(לח) ואם קבע וכו' - וכתבו הפוסקים דאותן שקורין בפראג וואלאפלאטקע"ס שנעשין ג"כ בלילתן רכה אך מפני שמתפשטין באפייתן נעשים דקין וקלושים הרבה יותר מאותן נאלסילקע"ס שנזכר לעיל אין לברך עליהם המוציא אפילו בדקבע דאין ע"ז תורת לחם כלל ודמיא לטריתא בסט"ו:

Et s'il a fixé etc. — les décisionnaires ont écrit que ceux qu'on appelle à Prague wala-platkes, dont le mélange est aussi mou mais qui, en s'étalant à la cuisson, deviennent bien plus minces et légers que les nalsilke susdits, on ne dit pas hamotsi même si l'on y a fixé un repas : ils n'ont aucun statut de pain, et ressemblent à la terita du seif 15.

(לט) סעודתו עליהם וכו' - ומה נקרא קבע מבואר לעיל בס"ו לענין פת כיסנין וה"ה הכא:

Son repas sur eux etc. — ce qu'on appelle « fixer » est exposé plus haut au seif 6 pour le pain de kisnin ; il en va de même ici.

(מ) ואי אכיל להו וכו' - פי' להני רכין ודקין וה"ה לכל פת הבא בכיסנין המבוארים בסעיף ז' [מ"א] ועיין בה"ל שכמה אחרונים חולקים על דבריו:

Et s'il les mange etc. — c'est-à-dire ces pains mous et minces, et de même tout pain de kisnin exposé au seif 7 [Maguen Avraham]. Voir le Biour Halakha : plusieurs A'haronim contestent ses paroles.

(מא) שלא מחמת הסעודה - פי' שלא אכלם להשביע רעבונו רק לקינוח ומתיקה [דאלו אכלם למלא רעבונו אפילו לא אכלם רק מעט הם בכלל סעודה וא"צ ברכה]:

Non à cause du repas — c'est-à-dire qu'il ne les a pas mangés pour calmer sa faim, mais en dessert et pour la douceur [s'il les a mangés pour se rassasier, même un peu, ils font partie du repas et n'exigent pas de bénédiction].

(מב) טעונים ברכה - דכיון דאינו אוכל זה לשם סעודה לא נפטר בברכת המוציא ואם אוכל הרבה כשיעור קביעת סעודה המבואר בס"ו אפילו אכלם למתיקה בעלמא נפטר בברכת המוציא דכיון דאי אכלם שלא בתוך הסעודה צריך לברך המוציא ממילא בתוך הסעודה נפטר בברכת המוציא:

Ils exigent une bénédiction — car, ne les mangeant pas au titre du repas, ils ne sont pas acquittés par le hamotsi. S'il en mange beaucoup, la mesure du repas fixé exposée au seif 6, même pour la seule douceur, ils sont acquittés par le hamotsi : puisque hors du repas il faudrait dire hamotsi, dans le repas le hamotsi les acquitte.

(מג) לפניהם - וכ"ז בעניני פת אבל בעניני מעשה קדרה שבאין למזון ולתבשיל תמיד מחמת הסעודה הם באים כמבואר בסימן קע"ז ואפילו הם ממולאים בפירות כאותן שקורין עפי"ל פלאדי"ן וכדומה הפירי נעשה תבשיל תוך המולייתא וקימחא עיקר והפירי בטל לגבייהו ואין להחמיר וליקח קצת תפוחים מתוכם ולברך בפה"ע דהוי ברכה לבטלה [אחרונים]:

Devant eux — et tout cela pour les espèces de pain ; mais les mets de marmite qui viennent toujours comme aliment et plat du repas, comme exposé au siman 177 — même remplis de fruits, comme ce qu'on appelle apfel-pladin et semblables — le fruit devient un plat dans le fourrage, la farine est l'essentiel et le fruit s'annule devant elle : il ne faut pas se montrer strict en prenant quelques pommes du dedans pour dire boré péri haets, ce serait une bénédiction vaine [A'haronim].

(מד) אבל וכו' - קאי על עיקר דין פת הבאה בכיסנין וקמ"ל דזה לא הוי בכללו דאין מברכין בזה על העיסה כלל משום דהוי טפילה למרקחת כדמפרש:

Mais etc. — cela vise le din même du pain de kisnin, et enseigne que celui-ci n'en fait pas partie : on ne bénit pas du tout sur la pâte, car elle est accessoire à la confiture, comme il explique.

(מה) הם טפלים - דאין מתכונין לאכול הרקיקין ורק שעושין אותם כדי שלא יטנפו הידים מהמרקחת ולכן הוי העיסה בכלל טפל כדלקמן בסימן רי"ב. וכתבו האחרונים שם דבמדינותינו שנותנין מרקחת על הדובשנין [שקורין לעק"ך פלאדי"ן] שטובים הדובשנין למאכל בעצמן אם כן כונתם גם בשביל אכילת הדובשנין וממילא הם העיקר ומברך עליהם במ"מ ופוטר המרקחת. ופשוט דדוקא שבעת אפייה נאפין ביחד אבל אם אפה הדובשנין לבד ואח"כ מניח עליהם מלמעלה המרקחת אין נעשין המרקחת טפילה להם שכונתו לאכול שניהם ואין המרקחת באין ללפת הדובשנין וצריך לברך גם על המרקחת:

Ils sont accessoires — on n'a pas l'intention de manger les galettes, on ne les fait que pour que les mains ne se salissent pas de la confiture ; aussi la pâte est-elle accessoire, comme plus bas au siman 212. Les A'haronim y ont écrit : dans nos pays, où l'on met de la confiture sur les gâteaux au miel [appelés lekekh-pladin], et que ces gâteaux sont bons à manger par eux-mêmes, l'intention porte aussi sur les gâteaux : ils sont donc l'essentiel, on dit mézonot sur eux et l'on acquitte la confiture. Il est évident que cela ne vaut que s'ils ont été cuits ensemble ; mais si l'on a cuit les gâteaux seuls puis posé la confiture dessus, la confiture ne devient pas leur accessoire : l'intention est de manger les deux, et la confiture ne vient pas accompagner les gâteaux ; il faut aussi bénir sur la confiture.

(מו) פוטרתן - ואם אכל המרקחת מלמעלה והשאיר הרקיקין ואכלן בפני עצמן צריך לברך במ"מ עליהם אך אם אכלן ביחד ונשאר עוד קצת רקיק בלא מרקחת אין צריך לברך עליו כיון דעיקר אכילתו היה ביחד ונחשב לטפל להמרקחת אין חוששין על גמר האכילה:

Les acquitte — s'il a mangé la confiture du dessus et laissé les galettes, puis les a mangées à part, il doit dire mézonot sur elles. Mais s'il les a mangées ensemble et qu'il reste un peu de galette sans confiture, il n'a pas à bénir dessus : l'essentiel de sa consommation était ensemble, elle compte comme accessoire à la confiture, et l'on ne se soucie pas de la fin de la consommation.

(מז) פחות מכזית - וה"ה אפילו על כל דהו דאסור ליהנות מן העולם הזה בלי ברכה:

Moins d'un kezayit — et de même pour toute quantité, car il est interdit de jouir de ce monde sans bénédiction.

(מח) כלום - היינו לא בהמ"ז ולא שום ברכה אחרונה:

Rien — c'est-à-dire ni Birkat hamazone ni aucune bénédiction finale.

(מט) חביצ"א וכו' - אקדים לזה הסעיף הקדמה קצרה והוא דיש בזה שלשה אופנים. א) פת שפירר לפירורין ובשלו תלוי בזה אם הפירורין גדולים שיש בהם כזית לא נתבטל מהם שם פת אפילו אם ע"י הבישול אזל מהם תואר לחם ואם אין בהם כזית אפילו אם נראה שיש עליהם תואר לחם מברך במ"מ דשם תבשיל עליהם. ב) אם לא בשלו רק שפירר בקערה ונתחברו הפירורין יחד ע"י דבש או מרק אם יש עדיין עליהם תואר לחם מברך עליהם המוציא אפילו אם אין בהפירורין כזית ואם אין בהם תואר לחם מברך עליהם במ"מ אא"כ היה בהפירורין כזית וכנ"ל לענין בישול. ג) כשלא בישל וגם לא נתחברו הפירורין יחד ע"י משקה אפילו אם הפירורין דקין כסולת מברך עליהם המוציא דשם פת עליהם ועתה נבאר את הסעיף בעזה"י:

'Haviitsa etc. — j'avance une courte introduction à ce seif. Il y a trois cas. 1) Pain émietté puis cuit : si les miettes sont grandes et ont un kezayit, le nom de pain ne s'annule pas, même si la cuisson leur a ôté l'apparence de pain ; s'il n'y a pas de kezayit, même s'il reste une apparence de pain, on dit mézonot, car elles ont nom de mets cuit. 2) On n'a pas cuit, on a seulement émietté dans un plat et les miettes se sont recollées par du miel ou du bouillon : s'il reste une apparence de pain, on dit hamotsi même s'il n'y a pas de kezayit dans les miettes ; s'il n'y a pas d'apparence de pain, on dit mézonot, à moins qu'il y ait un kezayit dans les miettes, comme ci-dessus pour la cuisson. 3) On n'a ni cuit ni recollé les miettes par un liquide : même si les miettes sont fines comme de la semoule, on dit hamotsi, car elles ont nom de pain. Nous expliquons maintenant le seif, avec l'aide de ה'.

(נ) דהיינו פירורי לחם שנדבקים - בנתבשל אין נ"מ בין נדבקין או לא ונקט זה משום אופן השני דמיירי בלי בישול:

C'est-à-dire des miettes de pain qui adhèrent — pour ce qui est cuit, peu importe qu'elles adhèrent ou non ; il a mentionné cela à cause du second cas, qui est sans cuisson.

(נא) יחד - וה"ה אם היו רק שרוים בתוכו הרבה עד שנתלבן המים עי"ז דינו כמו נדבקין יחד וכדלקמיה בסי"א:

Ensemble — et de même si elles n'ont fait que tremper longtemps jusqu'à ce que l'eau en blanchisse : le din est comme si elles adhéraient ensemble, ainsi qu'il sera plus bas au seif 11.

(נב) אם נתבשל וכו' - היינו שנתן הלחם בכלי ראשון כשעמד על האש או עכ"פ שהיה היד סולדת בו אבל בכלי שני לא חשיב בישול ודינו כמו באופן השני דאם יש בו תואר לחם מברך המוציא אף בפחות מכזית [ודוקא אם לא נתלבן המים ע"י הלחם אבל אם נתלבן המים כדרך שמצוי כשנשרה פת במים חמין מבואר בסי"א דעי"ז נחשב הפת כאין בו תואר לחם] ואם הניח הפירורין בקערה ועירה עליהם רותחין מכלי ראשון כתבו האחרונים דספק הוא אם יש לו דין בישול או לא וע"כ אם אין בפירורין כזית ויש בו תואר לחם יברך על פת אחר תחלה:

S'il a cuit etc. — c'est-à-dire s'il a mis le pain dans un premier récipient encore sur le feu, ou du moins brûlant au point que la main s'en retire ; mais dans un second récipient, ce n'est pas une cuisson, et le din est comme au second cas : s'il y a apparence de pain, on dit hamotsi même pour moins d'un kezayit [seulement si l'eau n'a pas blanchi par le pain ; mais si l'eau a blanchi, comme il est fréquent quand on trempe du pain dans de l'eau chaude, le seif 11 enseigne que le pain compte alors comme sans apparence de pain]. S'il a mis les miettes dans un plat et versé dessus de l'eau bouillante d'un premier récipient, les A'haronim ont écrit que c'est douteux si cela a statut de cuisson ou non ; aussi, s'il n'y a pas de kezayit dans les miettes mais qu'il y a apparence de pain, qu'on bénisse d'abord sur un autre pain.

(נג) אם יש בהם וכו' - ל"ד בכולם אלא אפילו אם יש כזית בחדא פרוסה ג"כ מברך עליה המוציא ובהמ"ז וממילא יכול לאכול השאר הקטנות ג"כ:

S'il y en a etc. — non pas nécessairement dans toutes : même s'il y a un kezayit dans une seule tranche, on dit hamotsi et Birkat hamazone, et l'on peut alors manger aussi les petites.

(נד) כזית - ר"ל בהפרוסה עצמה שמברך עליה היה בה כזית מקודם ולא נפחתה משיעור זה ע"י הבישול ולא מצרפינן לה מה שנתדבקה עם חברותיה או שנתפחה ע"י המשקה:

Un kezayit — c'est-à-dire dans la tranche même sur laquelle on bénit, il y avait un kezayit auparavant, et la cuisson ne l'a pas réduit au-dessous de cette mesure ; on n'y joint pas ce qui s'est recollé aux autres ou ce qui a gonflé par le liquide.

(נה) אע"פ שאין בו וכו' - דכיון שיש בהם כזית לא נתבטל ממנה שם לחם:

Bien qu'il n'y ait pas etc. — car du moment qu'il y a un kezayit, le nom de pain ne s'annule pas.

(נו) שנראה וכו' - דכיון שנתבשל אינו חשוב תואר לחם. ואם לא בשלם בקדרה אלא טיגנם במשקה במחבת משמע ממ"א סקל"ו דלא הוי כבישול ומהני ביה תואר לחם כמו לקמיה באופן השני ולפי דעת שארי האחרונים שם אין הכרח לדבריו והנכון שבטיגון לא יאכל בשיש בו תואר לחם כ"א בתוך הסעודה. וכ"ז בשאין בהם כזית אבל אם טיגן פרוסות שיש בהם כזית אפילו אזל ליה התואר לחם פשוט דמברך המוציא וכנ"ל בבישול וכ"ש בזה:

Qui paraît etc. — car, une fois cuit, cela n'a plus valeur d'apparence de pain. S'il ne les a pas cuits en marmite mais frits dans un liquide à la poêle, il ressort du Maguen Avraham seif katan 36 que ce n'est pas comme une cuisson et que l'apparence de pain y vaut, comme plus bas au second cas ; selon les autres A'haronim là-bas, ses paroles ne sont pas nécessaires, et le juste est, en cas de friture, de ne les manger, s'il y a apparence de pain, que dans le repas. Tout cela s'il n'y a pas de kezayit ; mais si l'on a frit des tranches d'un kezayit, même si l'apparence de pain a disparu, il est évident qu'on dit hamotsi, comme ci-dessus pour la cuisson, et à plus forte raison ici.

(נז) אינו מברך וכו' - דע דבכל הני שנזכר בסעיף זה ובסעיפים שאחריו אפילו קבע סעודתו עליהם ואכל כדי שביעה מברך במ"מ ואחריו מעין שלש משום דלא הוי בכלל לחם כלל רק כמיני קדירה בעלמא:

Il ne bénit pas etc. — sache que pour tous ceux mentionnés dans ce seif et les seifim suivants, même s'il y a fixé son repas et mangé à satiété, on dit mézonot puis mé'eine chaloch, car ce n'est pas du tout du pain, seulement des espèces de marmite.

(נח) אם יש בפרוסות - היינו אפילו באחת מהן וכנ"ל:

S'il y a dans les tranches — même dans l'une d'elles, comme ci-dessus.

(נט) אם יש בהם וכו' - הטעם דעדיף בזה מאופן הא' דכיון שלא נתבשל תואר לחם שלו חשיבא שהוא ניכר וידוע יותר ומש"כ וברכת המזון היינו כשאכל כמה פירורין עד שיעור כזית. אם פירר הלחם עד שהחזירן לסולת ואח"כ חזר וגבלן בשומן וכיו"ב [שאנו קורין בלשוננו קניידלי"ך או חרענזלי"ך] עיין במ"א מה שכתב בזה והסכמת הרבה אחרונים דאם בישלן בקדירה או טגנם במחבת במשקה דחשיב כבישול אף שיש בכל אחת כזית ויותר מברך עליהם במ"מ [ואפילו אם אכל הרבה] וכן הוא מנהג העולם ואם אפאן נכון שלא יאכלם כ"א בתוך הסעודה אלא א"כ נילוש ברוב שומן או דבש דאז מברך עליהם במ"מ וכדלעיל בס"ז בהג"ה ואם גיבלן במים לבד ואפאן יש עליהם דין פת גמור:

S'il y a en elles etc. — la raison est que ce cas l'emporte sur le premier : n'ayant pas été cuit, son apparence de pain compte davantage, plus visible et plus connue. Ce qu'il a écrit « et Birkat hamazone », c'est lorsqu'on a mangé plusieurs miettes jusqu'à la mesure d'un kezayit. Si l'on a émietté le pain jusqu'à le ramener à l'état de semoule, puis pétri de nouveau avec de la graisse ou semblable [ce que nous appelons knaidlech ou chrenzlech], voir le Maguen Avraham : beaucoup d'A'haronim s'accordent que, cuits en marmite ou frits à la poêle dans un liquide — ce qui compte comme cuisson — même s'il y a un kezayit et plus dans chacun, on dit mézonot [même si l'on en a beaucoup mangé] ; tel est l'usage du monde. S'il les a cuits au four, il convient de ne les manger que dans le repas, à moins d'avoir pétri avec une majorité de graisse ou de miel : alors on dit mézonot, comme plus haut au seif 7 dans la glose. S'il les a pétris à l'eau seule et cuits au four, ils ont le statut de vrai pain.

(ס) ולא תואר לחם - היינו שע"י שהוא מפורר דק דק כסולת לא מינכר עליו תואר לחם והטעם דכיון שהוא פת בפני עצמו ואינו מחובר אינו יוצא לעולם מתורת לחם ועיין באחרונים שהסכימו דאפילו שרה הפירורין במים כיון שלא נתחברו יחד אינו יוצא מתורת פת ודוקא אם שרה זמן מועט אבל אם שהו הפירורין בתוכם עד שנתלבנו המים עי"ז מבואר בסעיף שאחריו דמברך עליו במ"מ וברכה מעין שלש:

Et pas d'apparence de pain — c'est-à-dire que, émietté très fin comme de la semoule, l'apparence de pain n'y paraît plus. La raison : c'est un pain à part, non recollé, il ne sort jamais du statut de pain. Voir les A'haronim qui s'accordent : même trempées dans l'eau, du moment qu'elles ne se sont pas recollées, elles ne sortent pas du statut de pain — seulement si le trempage fut court ; mais si les miettes sont restées jusqu'à ce que l'eau en blanchisse, le seif suivant enseigne qu'on dit mézonot et mé'eine chaloch.

(סא) דפירורין שנותנין וכו' - היינו כשאין בהם כזית דאלו יש בהם כזית א"צ תואר לחם כמש"כ בסעיף הקודם:

Des miettes que l'on met etc. — c'est-à-dire quand il n'y a pas de kezayit ; s'il y a un kezayit, l'apparence de pain n'est pas requise, comme au seif précédent.

(סב) במים - והנותנים חתיכת פת שמיבשין על הגחלים בשכר [שקורין פעניץ] ואין בהם כזית והשכר מתלבן ע"י השריה נמי דינא הכי דמברכין עליהם במ"מ ואם נתן רק מעט לחם דק דק לתוך השכר חם כדי שיתן בו טעם ולא בשביל אכילה אינו מברך רק שהכל על השכר דהוא העיקר והלחם אין בו ממשות ודבר חשוב:

Dans l'eau — et ceux qui mettent un morceau de pain séché sur les braises dans de la bière [appelé penits], s'il n'y a pas de kezayit et que la bière blanchit par le trempage, le din est le même : on dit mézonot. Si l'on n'a mis qu'un peu de pain très fin dans la bière chaude pour lui donner du goût et non pour le manger, on ne dit que chéhakol sur la bière, qui est l'essentiel : le pain n'a ni consistance ni importance.

(סג) אזיל ליה וכו' - ואף דמבואר בסוף סעיף הקודם דפירורין שאינם מבושל ולא מחובר אפילו אם אין בהם תואר לחם מברך המוציא [ואפילו היו שרוים במים כמש"כ שם] דוקא התם שלא נשתנה צורת הפת בעצם כלל שנשרה במים רק זמן מועט ומה שלא מינכר בו תואר לחם הוא רק מפני קטנותו משא"כ הכא שנשרה הרבה במים עד שנתלבנו המים עי"ז הוא סימן שנפסדה צורתה ע"י השריה ואבד ממנה שם לחם:

Elle s'en va etc. — bien que la fin du seif précédent enseigne que des miettes ni cuites ni recollées, même sans apparence de pain, reçoivent hamotsi [même trempées dans l'eau, comme il y est écrit], c'est seulement là que la forme du pain n'a pas changé en soi, le trempage n'ayant duré que peu, et que l'apparence de pain ne se voit plus seulement à cause de la petitesse ; ici, trempé longtemps jusqu'à ce que l'eau blanchisse, c'est le signe que sa forme s'est altérée par le trempage et que le nom de pain s'est perdu.

(סד) ביין אדום - דוקא אדום ומשום דכיון שנתאדם הפת ע"י היין אבד ממנה תואר לחם אבל אם שרה פתו ביין לבן בעינן דוקא שישתנה היין מצורתו ע"י הפת השרוי בתוכו וכדלעיל בסי"א:

Dans du vin rouge — seulement rouge : le pain ayant rougi par le vin, l'apparence de pain s'est perdue. Mais si l'on a trempé son pain dans du vin blanc, il faut que le vin lui-même change de forme par le pain qui y trempe, comme plus haut au seif 11.

(סה) אלא בורא מיני מזונות - ר"ל לאפוקי שלא יברך עליה המוציא. ולענין ברכת היין אם כונתו העיקר בשביל אכילת הפת והיין בא רק למתק האכילה נעשה היין טפל ואינו מברך כ"א במ"מ על הפת וכן השורה פת כיסנין ביין או ביין שרף ג"כ דינא הכי [וכ"ש השורה פרוסות שיש בהם כזית או השורה פת ביין לבן דמברך המוציא אפילו על פרוסות שאין בהם כזית וכנ"ל בודאי נעשה היין טפל להפת] אבל אם כונתו גם בשביל שתיית היין שרוצה לאכול ולשתות ביחד נכון שיברך מתחלה על קצת יין בפני עצמו בפה"ג ואח"כ יברך ברכה על הפת השרוי ואם כונתו רק בשביל היין שבו והפת בא רק למתק השתיה נעשה הפת טפל ליין ואינו מברך רק בפה"ג. והנה לפ"ז לענין שתיית קאוו"י הנהוג בינינו שטובלין בו פת כיסנין ושם הלא כונתו ג"כ בשביל שניהם נראה ג"כ דנכון הוא שקודם שבירך על הפת כיסנין יברך על הקאוו"י שהכל וישתה מעט ויותר טוב שיברך מתחלה על הפת כיסנין לבד בלא שרייה ואח"כ יברך מתחלה על מעט צוקער ברכת שהכל להוציא הקאוו"י [מאמר מרדכי]:

Seulement boré miné mézonot — c'est-à-dire pour exclure qu'on dise hamotsi. Quant à la bénédiction du vin : si l'intention essentielle est de manger le pain, le vin ne servant qu'à adoucir le manger, le vin devient accessoire et l'on ne dit que mézonot sur le pain ; de même qui trempe un pain de kisnin dans du vin ou de l'eau-de-vie [à plus forte raison qui trempe des tranches d'un kezayit, ou du pain dans du vin blanc, où l'on dit hamotsi même sur des tranches sans kezayit, comme ci-dessus : le vin devient certainement accessoire au pain]. Mais si l'intention porte aussi sur la boisson du vin, voulant manger et boire ensemble, il convient de bénir d'abord sur un peu de vin à part boré péri hagafen, puis de bénir sur le pain trempé. Si l'intention n'est que pour le vin, le pain ne servant qu'à adoucir la boisson, le pain devient accessoire au vin et l'on ne dit que boré péri hagafen. Dès lors, pour le café usité parmi nous, où l'on trempe du pain de kisnin, l'intention portant aussi sur les deux, il convient de même, avant de bénir sur le pain de kisnin, de dire chéhakol sur le café et d'en boire un peu ; mieux encore : bénir d'abord sur le pain de kisnin seul, sans trempage, puis bénir d'abord sur un peu de sucre chéhakol pour acquitter le café [Maamar Mordekhai].

(סו) שאין וכו' - דאם היה בו כזית הלא מבואר לעיל בס"י דמברך המוציא אפילו בשאבד תואר לחם:

Qu'il n'y a pas etc. — car s'il y avait un kezayit, le seif 10 plus haut enseigne qu'on dit hamotsi même si l'apparence de pain s'est perdue.

(סז) שבלילתו עבה - היינו לאחר שיצק המים לתוך הקמח לש אותה עב כמו פת:

Dont le mélange est épais — c'est-à-dire après avoir versé l'eau dans la farine, on l'a pétrie épaisse comme du pain.

(סח) אם בשלה וכו' - בשול במים וטיגון בשמן:

S'il l'a cuit etc. — cuisson dans l'eau et friture dans l'huile.

(סט) אין מברך וכו' - אפילו על פרוסות שיש בהם כזית ולא דמי למש"כ בסעיף י' דהבישול אין מבטל אותם מתורת לחם דהתם הוי לחם גמור מעיקרא שהיה אפוי משא"כ הכא דלא נאפה מעולם להכי הבישול והטיגון מבטל מתורת לחם ועיין לקמן בסי"ד בהג"ה דאם נותן במחבת מעט שמן שלא ישרף העיסה לא מקרי טיגון במשקה והוי אפיה גמורה:

On ne bénit pas etc. — même sur des tranches d'un kezayit. Cela ne ressemble pas à ce qui est écrit au seif 10, où la cuisson n'ôte pas le statut de pain : là c'était dès l'abord un vrai pain déjà cuit au four ; ici il n'a jamais été cuit au four, aussi la cuisson et la friture ôtent le statut de pain. Voir plus bas au seif 14 dans la glose : si l'on ne met dans la poêle qu'un peu d'huile pour que la pâte ne brûle pas, ce n'est pas appelé friture dans un liquide, c'est une vraie cuisson au four.

(ע) תורייתא דנהמא - ואפילו אכל הרבה וקבע סעודתיה עליהן הוי כמו דייסא ומברך במ"מ לפניה ומעין שלש לאחריה:

Tourita denahama — même s'il en a beaucoup mangé et y a fixé son repas, c'est comme une bouillie : on dit mézonot avant et mé'eine chaloch après.

(עא) ואפילו נתחייבה בחלה - ר"ל אפילו הוא בענין שקרוי לחם לענין חלה כגון שבשעת לישה לא היה בדעתו לבשלו או לטגנו ואח"כ נמלך שהוא חייב בחלה לד"ה כמבואר ביו"ד סימן שכ"ט אפ"ה אינו מברך המוציא:

Même s'il a été assujetti à la 'halla — c'est-à-dire même dans un cas appelé pain pour la 'halla, par exemple si au pétrissage il n'avait pas l'intention de le cuire à l'eau ou de le frire, puis s'est ravisé : il est assujetti à la 'halla pour tous les avis, comme exposé Yoré Déa siman 329 ; néanmoins on ne dit pas hamotsi.

(עב) שעת אפיה - דלא מקרי לחם אלא אפוי וכיון שלא נאפה בתנור או במחבת בלא משקה אין שם לחם עליה משא"כ לענין חלה הכל הולך אחר גלגול הקמח במים שאז חל חיוב הפרשת חלה שנעשית עיסה ושוב לא נפקע ממנה ע"י בישול וטיגון:

Au moment de la cuisson au four — on n'appelle pain que ce qui est cuit au four ; n'ayant été cuit ni au four ni à la poêle sans liquide, il n'a pas nom de pain. Pour la 'halla, au contraire, tout va après le mélange de la farine à l'eau, moment où naît l'obligation de prélever la 'halla, la pâte étant formée, et cela ne s'annule plus par cuisson ou friture.

(עג) ויש חולקים וכו' - דס"ל דכיון דמעיקרא היה בלילתו עבה ועתה אית ביה תואר לחם מברך המוציא ואפילו באוכל אכילת עראי שלא קבע סעודה ע"ז דלחם גמור הוא לדידהו וכדלקמן בהג"ה:

Et il y a des contradicteurs etc. — ils tiennent que, le mélange ayant d'abord été épais et l'apparence de pain s'y trouvant maintenant, on dit hamotsi, même en consommation occasionnelle sans repas fixé : c'est pour eux un vrai pain, comme plus bas dans la glose.

(עד) ונהגו וכו' - פי' כסברא הראשונה דאין צריך לברך המוציא וג' ברכות:

Et l'on a coutume etc. — c'est-à-dire selon le premier avis : on n'a pas à dire hamotsi ni les trois bénédictions.

(עה) להקל - כתב המ"א דזה דוקא בלא אכל כדי שביעה דחיוב בהמ"ז שלו הוא רק מדרבנן לכך נקטינן כדעה הראשונה להקל אבל באכל כדי שביעה דחיוב בהמ"ז הוא מדאורייתא צריך לברך בהמ"ז מספק וכן משמע מהגר"א אך כ"ז בשעה שלש ועשה בלילתו עבה היה דעתו לאפות פת אלא שאח"כ נמלך ועשה אותה סופגנין אבל כשהיה דעתו מתחלה לבשל ולטגן אותה אפילו אכל כדי שביעה אין מברך עליה בהמ"ז רק ברכה אחת מעין ג':

Vers la souplesse — le Maguen Avraham a écrit que cela ne vaut que s'il n'a pas mangé à satiété, l'obligation de Birkat hamazone n'étant alors que de rabbanan : on tient donc le premier avis pour aller vers la souplesse. Mais s'il a mangé à satiété, l'obligation de Birkat hamazone étant de la Torah, il faut dire Birkat hamazone par doute ; ainsi ressort-il aussi du Gra. Tout cela si, à l'heure du pétrissage épais, il avait l'intention de cuire du pain au four, puis s'est ravisé et en a fait des soufganin ; mais s'il avait dès l'abord l'intention de cuire à l'eau et de frire, même s'il a mangé à satiété on ne dit pas Birkat hamazone, seulement une bénédiction unique mé'eine chaloch.

(עו) וירא שמים יצא וכו' - היינו אפילו בשהיה דעתו בשעת בלילה לבשל ולטגן:

Et le craignant le Ciel sortira etc. — même si, au moment du mélange, il avait l'intention de cuire à l'eau et de frire.

(עז) ולא יאכל וכו' - היינו אפילו אכילה מועטת בלא קביעת סעודה:

Et il ne mangera pas etc. — même une petite consommation sans repas fixé.

(עח) לאחר אפיה - הלשון אינו מדוקדק כ"כ ופירושו אחר הבישול בקדירה והטיגון במחבת והסכימו הרבה אחרונים דדוקא אם יש בהפרוסות כזית דאל"ה ע"י הבישול או טיגון נתבטל שם לחם לגמרי לענין המוציא וכההיא דלעיל ס"י:

Après la cuisson au four — le langage n'est pas tout à fait précis : il s'agit après la cuisson en marmite et la friture à la poêle. Beaucoup d'A'haronim s'accordent : seulement s'il y a un kezayit dans les tranches ; sinon, la cuisson ou la friture annule complètement le nom de pain pour le hamotsi, comme plus haut au seif 10.

(עט) תואר לחם - ול"ד לס"י דלא בעינן תואר לחם ביש כזית דהתם היה תחלה פת גמור:

Apparence de pain — et cela ne ressemble pas au seif 10, où l'apparence de pain n'est pas requise s'il y a un kezayit : là c'était d'abord un vrai pain.

(פ) פשטיד"א וקרעפלי"ך וכו' - פי' שממולאין בבשר וכמ"ש סוף סימן זה בהג"ה דאלו ממולאים במיני פירות הוי פת הבאה בכיסנין וכמ"ש בסעיף ז' ומברכין לכתחלה בורא מיני מזונות בדלא קבע סעודה עלייהו ואפילו בדנאפה בתנור. וכ"ז הוא לדעת הרמ"א אכן הט"ז חולק וס"ל דגם פת הממולא בבשר ודגים וכה"ג הוי ג"כ בכלל פת הבאה בכיסנין ואה"נ בדלא קבע לכו"ע מברך עלייהו במ"מ ולאחריו מעין ג' ובסוף הסימן יתבאר להלכה בזה:

Pastida et kreplach etc. — c'est-à-dire remplis de viande, comme à la fin de ce siman dans la glose ; car s'ils sont remplis d'espèces de fruits, c'est un pain de kisnin, comme au seif 7, et lekhathila on dit boré miné mézonot si l'on n'y a pas fixé de repas, même cuits au four. Tout cela selon le Rema ; le Taz conteste et tient que le pain rempli de viande, de poisson et semblables est aussi dans le cadre du pain de kisnin : aussi, sans repas fixé, pour tous les avis on dit mézonot puis mé'eine chaloch. La halakha s'en éclaircira à la fin du siman.

(פא) מקרי תואר לחם ואין וכו' - ר"ל בי"ש הרוצה לצאת דעת היש חולקים הנ"ל [והיינו בנתבשל במים או נטגן בשמן]:

Cela s'appelle apparence de pain et l'on ne etc. — c'est-à-dire, pour le craignant le Ciel qui veut sortir l'avis des contradicteurs susdits [à savoir cuit dans l'eau ou frit dans l'huile].

(פב) וכ"ז וכו' - פי' היש חולקים הנ"ל דס"ל דהוי לחם גמור ומברך עליה המוציא ואפילו בדלא קבע סעודה מיירי דוקא בעיסה שלא נילושה מתחלתה בשמן ודבש ולכך ס"ל דכיון דהוי מתחלתה עיסה גמורה כשאר לחם לא נפקע שמה לענין חיוב המוציא אף דנטגנה אח"כ בשמן ונעשה כפת כיסנין אבל כשנלושה מתחלה בדבש וכה"ג קודם הטיגון א"כ לא היה עליה שם עיסה גמורה מעולם ולכן אף להיש חולקים אינו כלחם גמור לברך עליה המוציא בדלא קבע סעודה עלייהו דהרי היא פת כיסנין ואם קבע סעודה עלייהו לדעה קמייתא אינו מברך אלא במ"מ דהטיגון הפקיע מתורת לחם לגמרי וליש חולקים מברך המוציא וברכת המזון כדין פת כיסנין:

Et tout cela etc. — c'est-à-dire les contradicteurs susdits, qui tiennent que c'est un vrai pain et qu'on dit hamotsi même sans repas fixé, ne parlent que d'une pâte non pétrie dès l'abord à l'huile et au miel ; aussi tiennent-ils que, pâte complète dès l'abord comme un autre pain, le nom n'en est pas ôté pour l'obligation du hamotsi, même frite ensuite dans l'huile et devenue comme un pain de kisnin. Mais si elle a été pétrie dès l'abord au miel et semblable avant la friture, elle n'a jamais eu nom de pâte complète ; aussi, même pour les contradicteurs, ce n'est pas un vrai pain pour dire hamotsi sans repas fixé : c'est un pain de kisnin. Si l'on y a fixé un repas : selon le premier avis on ne dit que mézonot, la friture ayant complètement ôté le statut de pain ; selon les contradicteurs on dit hamotsi et Birkat hamazone, comme pour un pain de kisnin.

(פג) שאח"כ אפאו בתנור - וה"ה אם אפאו באילפס [גמרא] בלי משקה:

Qu'ensuite on a cuit au four — et de même cuit dans un poêlon [Guemara] sans liquide.

(פד) פת גמור הוא - דלא תימא כיון דחלטיה מעיקרא לאו בכלל לחם הוא קמ"ל:

C'est un vrai pain — n'objecte pas : l'avoir d'abord échaudé l'ôte du cadre du pain ; on enseigne que non.

(פה) ומברך עליו המוציא - ואפילו היתה בלילתו רכה שחלטה ברותחין ואח"כ אפאה בתנור מברך המוציא [מ"א בשם הטור] עוד הביא המ"א דאפילו טגנו בשמן ואפאו אח"כ מברך המוציא ומוכח שם מדבריו דס"ל דאפילו בדלא קבע עלייהו מברך המוציא אכן הט"ז ועוד הרבה אחרונים הסכימו עמו דטיגון בדבש או בשמן וכה"ג משוה אותו לפת הבאה בכיסנין כמו אם נילוש באלו המינים ובדלא קבע סעודה מברך במ"מ ועל המחיה אכן דע דאינו נקרא פת כיסנין אלא בשטגנו בכ"כ שמן עד שהיו הם העיקר בהטעם לגבי הקמח וכמו דכתב הרמ"א בכללא דפת כיסנין בס"ז ע"ש במ"ב:

Et l'on dit hamotsi — même si le mélange était mou, échaudé à l'eau bouillante puis cuit au four, on dit hamotsi [Maguen Avraham au nom du Tour]. Le Maguen Avraham rapporte encore : même frit dans l'huile puis cuit au four, on dit hamotsi ; et il ressort de ses paroles qu'il tient qu'on dit hamotsi même sans repas fixé. Mais le Taz et beaucoup d'autres A'haronim s'accordent avec lui que la friture dans le miel ou l'huile et semblable l'assimile au pain de kisnin, comme s'il avait été pétri avec ces espèces : sans repas fixé on dit mézonot et al hamichya. Sache toutefois qu'on n'appelle pain de kisnin que si l'on a frit dans tant d'huile qu'elle soit l'essentiel du goût vis-à-vis de la farine, comme l'a écrit le Rema dans la règle du pain de kisnin au seif 7 ; voir au Michna Beroura là-bas.

(פו) ומברך עליו המוציא - אפילו בדלא קבע עלייהו ועיין במ"א לעיל בס"ח דדוקא אם לא היו דקין ביותר דאל"ה הוי בכלל פת כיסנין ועיין במה שכתבנו שם:

Et l'on dit hamotsi — même sans repas fixé. Voir le Maguen Avraham plus haut au seif 8 : seulement s'ils n'étaient pas trop minces ; sinon, ils rentrent dans le pain de kisnin. Voir ce que nous y avons écrit.

(פז) וטגנו במשקה - ר"ל שלא אפאו ע"ג תנור אלא באילפס עם משקה ולהכי לכו"ע היינו אפילו לדעת יש חולקים הנ"ל לאו לחם הוא כיון שלא חל עליו שם עיסה מעולם:

Et on l'a frit dans un liquide — c'est-à-dire qu'on ne l'a pas cuit sur le four, mais dans un poêlon avec un liquide ; aussi pour tous les avis — même selon les contradicteurs susdits — ce n'est pas du pain, n'ayant jamais reçu le nom de pâte.

(פח) קמח ומים וכו' - עיין במ"א שכתב שעושין בלילתה רכה מאד ולהכי מברך עליה במ"מ בדלא קבע דאי לא היה בלילתה רכה כ"כ הלא מבואר בסי"ד דאפילו בלילתה רכה כל שלבסוף היתה אפויה בתנור מברך המוציא ועיין בה"ל:

Farine et eau etc. — voir le Maguen Avraham : on en fait un mélange très mou, aussi dit-on mézonot sans repas fixé ; car si le mélange n'était pas si mou, le seif 14 enseigne que même un mélange mou, du moment qu'il a fini cuit au four, reçoit hamotsi. Voir le Biour Halakha.

(פט) מברך המוציא וכו' - דאע"ג שבתחלתה היתה רכה מ"מ כיון שאופין אותו בגומא ומתקבץ העיסה יחדו נעשה כמו פת [רא"ש]:

On dit hamotsi etc. — bien qu'au début le mélange fût mou, du moment qu'on le cuit dans un creux et que la pâte s'y rassemble, cela devient comme du pain [Roch].

(צ) ואפילו קבע וכו' - המ"א מצדד דבקבע מברך עליו המוציא [וכן הוא דעת הב"ח לדעת הטור] וכתב בא"ר דמחמת זה אין לאכלו אלא תוך הסעודה ובמגן גבורים מכריע לדינא כהשו"ע ע"ש:

Et même s'il a fixé etc. — le Maguen Avraham incline : si l'on y a fixé un repas, on dit hamotsi [c'est aussi l'avis du Ba'h selon le Tour]. L'Elya Rabba a écrit que, pour cette raison, on ne le mangera que dans le repas. Le Maguen Guiborim tranche comme le Choul'han Aroukh ; voir là-bas.

(צא) והוא לחם - כלומר בצק דלחם שאפאו בשפוד לחם גמור הוא:

Et c'est du pain — c'est-à-dire de la pâte : le pain cuit à la broche est un vrai pain.

(צב) מברך עליו בורא מיני מזונות - היינו אפילו בדקבע עלייהו. ועיין בטור דאם עשאה ערוכה ונאה כעין גלוסקא מברך עליה המוציא והשו"ע השמיט ועיין במ"א וא"ר וביאור הגר"א מש"כ בזה ועכ"פ לאכול מזה כדי שביעה בודאי יש ליזהר שלא לאכול כ"א בתוך הסעודה:

On dit boré miné mézonot — même si l'on y a fixé un repas. Voir le Tour : si on l'a fait arrangé et beau comme une galette, on dit hamotsi ; le Choul'han Aroukh l'a omis. Voir le Maguen Avraham, l'Elya Rabba et le Biour du Gra. En tout cas, pour en manger à satiété, il faut certes prendre garde de ne le manger que dans le repas.

(צג) הנאפה בתנור - וה"ה הנאפה באילפס בלא משקה:

Cuit au four — et de même cuit dans un poêlon sans liquide.

(צד) מברך עליו המוציא - היינו אפילו בדלא קבע עלייהו ולא דמי לפת הבאה בכיסנין (דפירושו פת הממולא בפירות ובתבלין המבואר בס"ז) דלא מברך עלייהו המוציא בדלא קבע סעודה עלייהו דשאני התם דאין עשויין אלא לקינוח סעודה ולמתיקה משא"כ פשטיד"א שממולא בבשר דרך לאכלם לרעבון וכדי לשבוע והוי כמו שאר פת ובשר כשאוכל כאחד ונראה פשוט דאם עשויין רקיקין קטנים ומעורב בהם פתיתין של בשר וניכר שאין עשוים כ"א לקינוח אחר הסעודה דינו ממש כפת שמעורב בפירות ובשאר מיני מתיקה דאינו מברך עלייהו בהמ"ז בדלא קבע עלייהו. ודע דפת שנאפה במי ביצים דהיינו מה שקורין קיכלי"ך מסתפק במ"א אם הוא בכלל פת כיסנין ודה"ח והגר"ז החליטו דהוא בכלל פת כיסנין וכן במגן גבורים וכן המנהג [אח"כ מצאתי שכ"כ ג"כ בהנהגת הגר"א] ומ"מ כתב במגן גבורים די"ש לא יאכל כ"א כשכל הלישה הוא על מי ביצים ולא נתערב בו מים כלל ונראה דאם הוא דק ויבש אין להחמיר אפילו נתערב בו מים:

On dit hamotsi — même sans repas fixé. Cela ne ressemble pas au pain de kisnin (c'est-à-dire le pain rempli de fruits et d'épices exposé au seif 7), sur lequel on ne dit pas hamotsi sans repas fixé : là ils ne sont faits que pour le dessert et la douceur ; la pastida remplie de viande, on a l'habitude de la manger pour la faim et pour se rassasier, c'est comme un autre pain et de la viande mangés ensemble. Il paraît évident que si l'on en fait de petites galettes mêlées de parcelles de viande, et qu'il est clair qu'elles ne sont faites que pour le dessert après le repas, le din est exactement celui du pain mêlé de fruits et d'autres douceurs : on ne dit pas Birkat hamazone sans repas fixé. Sache que le pain cuit à l'eau d'œufs — ce qu'on appelle kikhelikh — le Maguen Avraham doute s'il rentre dans le pain de kisnin ; le Derekh Ha'hayim et le Gra"z ont tranché que oui, de même le Maguen Guiborim, et tel est l'usage [j'ai ensuite trouvé que telle est aussi la conduite du Gra]. Toutefois le Maguen Guiborim a écrit que le craignant le Ciel ne le mangera que si tout le pétrissage est à l'eau d'œufs, sans aucun mélange d'eau ; et il semble que s'il est mince et sec, on n'a pas à se montrer strict même si de l'eau y a été mêlée.

(צה) אין לברך עליו וכו' - היינו אפילו קבע סעודה עלייהו דדבר זה תליא בפלוגתא הנ"ל בסי"ג דלדעה ראשונה כיון שנתבשל במשקה יצא מתורת לחם לגמרי ובכל ענין מברך עליו רק במ"מ ולדעה שניה כיון דנילוש בלילה עבה והיה עליו שם עיסה גמורה תו לא נפקע ממנה ע"י הבישול והטיגון ומברך עליו המוציא בכל ענין וע"כ אין כדאי לי"ש לברך עליו ולאכול כ"א תוך הסעודה וכדלעיל בסי"ג:

On n'a pas à bénir etc. — même si l'on y a fixé un repas. Cela dépend de la discussion susdite au seif 13 : selon le premier avis, cuit dans un liquide, il est complètement sorti du statut de pain, et en tout cas on ne dit que mézonot ; selon le second avis, pétri en mélange épais et ayant eu nom de pâte complète, cela ne s'annule plus par cuisson ou friture, et l'on dit hamotsi en tout cas. Aussi le craignant le Ciel n'a-t-il pas à bénir dessus ni à en manger, sinon dans le repas, comme plus haut au seif 13.