Donner aussitôt au servant une part des mets qui ont une odeur ou un goût piquant ; précautions pour lui tendre du pain ; bénédictions du servant et de celui qui se joint au repas.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) שיש לו ריח - או קיוהא דהיינו טעם חמוץ [גמרא]:
Qui a une odeur — ou une kiuha, c'est-à-dire un goût aigre [Guemara].
(ב) צריך ליתן וכו' - דדבר שיש לו ריח מזיק לאדם כשאוכלין בפניו והוא תאב לו ואין נותנין לו מיד אבל דבר שאין לו ריח יכול לאכול תחלה ואח"כ יתן לשמש כדלקמן בסימן ק"ע ס"ג:
Il faut donner etc. — car une chose qui a une odeur nuit à l'homme lorsqu'on en mange devant lui, qu'il la désire et qu'on ne lui en donne pas aussitôt ; mais une chose sans odeur, on peut manger d'abord puis donner au servant, comme plus bas au siman 170 seif 3.
(ג) לשמש מיד - ובדבר מועט סגי דבזה נמי מתיישבא דעתו. וכתבו האחרונים דאפילו אם התנה עם משרתו בשעת שכירותו לפטור עצמו מזה לא מהני התנאי. ודוקא בשמש שעומד ומשמש ואינו אוכל עמהם ביחד אבל אם גם הוא מסב על השלחן עמהם לא צריך לאקדומי. איתא בגמרא דמי שהריח ריח מאכל והוא מתאוה לו אם אינו יכול להשיגו כל רוק שיבוא לתוך פיו מחמת תאות האוכל לא יבלע דיוכל לבוא לידי סכנה עי"ז אלא ישליך הרוק מפיו:
Au servant aussitôt — et une petite quantité suffit, car cela aussi met son esprit en repos. Les A'haronim ont écrit : même s'il a stipulé avec son domestique, à l'embauche, de s'en dispenser, la condition ne sert de rien. Cela ne vaut que pour un servant qui se tient et sert, et ne mange pas avec eux ; s'il est aussi accoudé à table avec eux, on n'a pas à le faire précéder. Il est dit dans la Guemara : qui a senti l'odeur d'un mets et le désire, s'il ne peut l'obtenir, toute salive qui lui vient à la bouche par le désir de l'aliment, qu'il ne l'avale pas, car un danger peut en venir : qu'il jette la salive hors de sa bouche.
(ד) מכל מין ומין - היינו אפילו בדבר דלית ביה ריחא וקיוהא דעכ"פ גם בזה מצטער הוא כשרואה שארי אנשים אוכלין והוא אינו אוכל:
De chaque espèce — même d'une chose sans odeur ni goût aigre : du moins il souffre de voir les autres manger tandis qu'il ne mange pas.
(ה) ולא יתן לו - קאי אאחד מן המסובין:
Et l'on ne lui donnera pas — cela vise l'un des convives.
(ו) בידו - ביד השמש דשמא מתוך שהוא טרוד בלקיחת הפרוסה ישפך הכוס שמביא לשלחן. וי"מ דאף כשהכוס ביד אורח לא יתן באותה שעה לשמש דשמא ירגיש האורח בבעה"ב שמביט עליו בעין רעה (משום דשמא יחסר לאורחים) ומרתת וישפך הכוס מידו:
Dans sa main — dans la main du servant : de crainte que, occupé à prendre la tranche, la coupe qu'il apporte à table ne se répande. D'autres expliquent : même si la coupe est dans la main d'un hôte, on ne donnera pas en même temps au servant, de crainte que l'hôte ne sente le maître de maison le regarder d'un mauvais œil (craignant qu'il ne manque aux hôtes), tremble et répande la coupe de sa main.
(ז) ביד בעה"ב - כנ"ל דשמא יקפיד בעה"ב ומתוך כעסו ישפך הכוס מידו ויהיה קלקלה בסעודה. יש אומרים דאף בעה"ב בעצמו לא יתן לשמש כשהכוס ביד השמש ג"כ מטעם הנ"ל דמתוך שהוא טרוד בלקיחת הפרוסה ישפך הכוס מידו ויהיה קלקלה וגנאי להמסובין בסעודה:
Dans la main du maître de maison — comme ci-dessus : de crainte que le maître de maison ne s'en formalise et que, de colère, la coupe ne se répande de sa main, ce qui gâterait le repas. Certains disent que le maître de maison lui-même ne donnera pas au servant quand la coupe est aussi dans la main du servant, pour la même raison : occupé à prendre la tranche, il répandrait la coupe de sa main, ce qui serait un désordre et une honte pour les convives.
(ח) ליתן בכי האי גונא - פי' דשאר בני הסעודה יכולין לתת זה לזה כשהכוס ביד בעה"ב שמאחר שהוא זימן אותם אינו מקפיד במה שהם נותנים זה לזה ולא חיישינן לקלקלה (תר"י) ומוכח מזה דלאחר שלא זימן אסור ליתן (אחרונים):
Donner de cette manière — c'est-à-dire que les autres convives peuvent se donner l'un à l'autre quand la coupe est dans la main du maître de maison : puisqu'il les a invités, il ne s'en formalise pas qu'ils se donnent l'un à l'autre, et l'on ne craint pas de désordre (Talmidé Rabbenou Yona). Il en ressort qu'à celui qu'il n'a pas invité, il est interdit de donner [A'haronim].
(ט) ליתן לו וכו' - פי' להשמש דחיישינן שמא מתוך טרדתו ישכח מליטול ידיו אבל באחר לא חיישינן לזה אא"כ רואהו שרוצה לאכול בלי נטילה ויש מחמירין בזה אך כשהוא נותן בתורת צדקה בודאי יש להקל כדלקמיה בס"ב בהג"ה:
Lui donner etc. — c'est-à-dire au servant : l'on craint que, de son occupation, il n'oublie de se laver les mains. Pour un autre, on ne le craint pas, à moins de le voir vouloir manger sans lavage. Certains sont stricts en cela ; mais quand on donne au titre de la tsédaka, il faut certes aller vers la souplesse, comme plus bas au seif 2 dans la glose.
(י) לא יתן לאכול וכו' - נלמד מסעיף הקודם אך לפי סברא קמייתא דדוקא להשמש משום טרדא א"כ אין מקור לדין זה אם לא שיודע בו שלא יברך שבזה כו"ע מודו דאין נותנין לו:
On ne donnera pas à manger etc. — cela s'apprend du seif précédent ; mais selon le premier avis, qui ne vise que le servant à cause de l'occupation, ce din n'a pas de source, à moins de savoir qu'il ne bénira pas : alors tous s'accordent qu'on ne lui donne pas.
(יא) בתורת צדקה - דלא מפקעינן מצות צדקה בשביל חשש שמא לא יברך ואע"ג דגבי שמש בסעיף הקודם חיישינן התם הנתינה לאו בתורת צדקה הוא שנותן לו בעבור ששמשו [ל"ח] אך אם יודע בודאי שלא יברך אסור ליתן לו אף בתורת צדקה ודוקא אם מתוך רשעתו אבל אם מתוך אונסו שאינו יכול לברך לא נפקע מצות צדקה בשביל זה [פמ"ג]:
Au titre de la tsédaka — on n'ôte pas la mitsva de tsédaka pour la crainte qu'il ne bénisse pas. Bien que pour le servant, au seif précédent, on le craigne, là le don n'est pas au titre de la tsédaka : on lui donne pour son service [Le'hem 'Hamoudot]. Mais si l'on sait avec certitude qu'il ne bénira pas, il est interdit de lui donner même au titre de la tsédaka — seulement s'il s'agit de sa méchanceté ; mais s'il s'agit d'un oness (contrainte), ne pouvant bénir, la mitsva de tsédaka ne s'annule pas pour cela [Peri Megadim].
(יב) שהוא כנמלך - שאינו יודע אם יתנו לו עוד אך אם היה דעתו בשעת ברכה ראשונה על כל מה שיביאו לו א"צ לברך:
Car il est comme s'il s'était ravisé — ne sachant pas si on lui en donnera encore. Mais s'il avait, à la première bénédiction, l'intention sur tout ce qu'on lui apporterait, il n'a pas à bénir.
(יג) אדם חשוב וכו' - דמסתמא האדם חשוב יזהיר שיתנו לו כל צרכו מפת ואינו נמלך מזה ומדנקט המחבר פת משמע דדוקא בפת יזהיר הת"ח את המסובין שיתנו לו וה"ה כל דבר דאית ביה ריח וקיוהא דמבואר לעיל דצריך ליתן לו אבל בשאר דבר שהוא רק מדת חסידות צריך לברך על כל מה שיתנו לו בכל פעם ופעם דשמא הת"ח לא יזהיר על דבר שהוא מדת חסידות [ט"ז] ועיין במגן גבורים שמפקפק בדבריו:
Un homme important etc. — car, présumément, l'homme important avertira qu'on lui donne tout le pain dont il a besoin, et il ne s'en ravisera pas. Le Mé'haber ayant mentionné le pain, il en ressort que le talmid 'hakham n'avertit les convives de lui en donner que pour le pain ; et de même toute chose qui a une odeur ou un goût aigre, dont il est exposé plus haut qu'il faut lui en donner. Mais pour une autre chose, qui n'est que conduite de piété, il doit bénir sur tout ce qu'on lui donne chaque fois, de crainte que le talmid 'hakham n'avertisse pas pour une chose qui n'est que conduite de piété [Taz]. Voir le Maguen Guiborim qui doute de ses paroles.
(יד) שנים שהיו אוכלין וכו' - ר"ל מידי דמחייב בזימון ומסתברא דאין לו רשות רק לאכול מעט כדי שיתחייב בזימון ויצטרף עמהם:
Deux qui mangeaient etc. — c'est-à-dire une chose qui oblige au zimoun. Il est raisonnable qu'il n'ait permission que d'en manger un peu, assez pour s'obliger au zimoun et s'adjoindre à eux.